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Curtis Fuller

8 mai 2021
15 décembre 1934, Detroit, Michigan - 8 mai 2021, Detroit, Michigan
© Jazz Hot 2021

Curtis Fuller, the Soul Trombone, Festival Fort Napoléon, La Seyne-sur-mer, 29 juillet 2010 © Serge Baudot
Curtis Fuller, the Soul Trombone, Festival Fort Napoléon, La Seyne-sur-mer, 29 juillet 2010 © Serge Baudot

Curtis FULLER

The Soul Trombone


Le tromboniste, compositeur, Curtis DuBois Fuller, s’est éteint dans une maison de retraite le 8 mai 2021, à Detroit, Michigan, la ville qui l’avait vu naître, il y a près de 87 ans.
Curtis Fuller est une légende du jazz, de son instrument, et une extraordinaire discographie, par la qualité autant que par le nombre d’albums (à découvrir après ce texte), en témoigne encore, malgré des moments de doute, de crise ou des éclipses dans une aussi longue carrière.
Retour sur un parcours artistique de 70 années consacrées au jazz, depuis en particulier cet orchestre militaire de Cannonball Adderley dans la base de Fort Knox, Kentucky, au moment de la Guerre de Corée, qui réunissait entre autres Junior Mance, Kirk Lightsey et donc Curtis Fuller, des représentants de la fine fleur du jazz de Detroit, Michigan, une des grandes cités du jazz aux Etats-Unis.

Yves Sportis
Photos Serge Baudot, Christian Ducasse, Alain Dupuy-Raufaste
Avec nos remerciements

©jazz Hot 2021

Curtis Fuller, avec le Timeless All Stars feat. Dizzy Gillespie, Hambourg, 1986 Image extraite de YouTube

Curtis Fuller, avec le Timeless All Stars feat. Dizzy Gillespie, Hambourg, 1986
Image extraite de YouTube

Nous avions, en 2017, publié une interview de Curtis Fuller à laquelle on se réfèrera utilement (Jazz Hot n°680). Il y relate en particulier les premières années de sa vie à Detroit, Michigan, une ville industrielle de la Manufacturing Belt au bord des Grands Lacs, fondée par le Français, Antoine de Lamothe-Cadillac, d’où le nom, Detroit, qui fait référence au détroit entre le Lac Huron et le Lac Erié, relié par le Lac St. Clair et deux rivières, une à chaque extrémité (Detroit River et St. Clair River) qui font frontière avec le Canada; d’où aussi le nom de la célèbre marque d’automobile (Cadillac).

Le père de Curtis Fuller, John Fuller, était venu de Jamaïque pour y chercher du travail, comme beaucoup, dans ce pôle industriel majeur du développement des Etats-Unis au tournant des XIXe et XXe siècles. Il avait travaillé à la Ford Motor Company, et il est décédé précocement de la tuberculose avant la naissance de Curtis, le benjamin de trois enfants, d’un frère aîné et d'une sœur. La mère de Curtis, Antoinette (Heath) Fuller, était originaire d’Atlanta, Géorgie, venue elle aussi dans ce Nord prometteur de travail et d’une plus grande liberté. La musique est présente à la maison, et la sœur de Curtis prend déjà des leçons de piano classique grâce à une maman attentionnée. Elle deviendra, selon le témoignage de Curtis, une prodigieuse interprète de Liszt et Beethoven, gagnant plusieurs compétitions.

Tout d’abord, abordons une incertitude sur la date de naissance de Curtis, encore fixée dans la plupart des nécrologies au 15 décembre 1932. Comme le note Mark Stryker auteur de l’ouvrage Jazz From Detroit (University of Michigan Press, Ann Arbor, 2019, cf. Jazz Hot 2020): «Fuller, Who Turned 84 in 2018…» (p.102), il semble plutôt que Curtis Fuller soit né en 1934. L’écart de 2 ans viendrait, selon le tromboniste, d’une nécessité de la vie, quand le jeune Curtis Fuller, pour se faire embaucher par la compagnie d’aviation Kaiser-Frazer de Detroit, en 1950, se vieillit de deux années pour atteindre les 18 ans nécessaires en falsifiant son état civil. Cette information est confirmée par le récit qu’en donne le grand article consacré en 1962 à Curtis Fuller dans Jazz Hot n°176, conforté encore par le récit du tromboniste lui-même à Robert Levin dans les notes de l’album (Curtis Fuller, The Opener, Blue Note 1567). Dans l'interview accordée à Molly Murphy dans le cadre du 2007 NEA Jazz Masters, il date le décès de sa mère du début de la Seconde Guerre, à l'âge de 6-7 ans. On note, malgré ces éléments, que Curtis Fuller lui-même donnait alternativement une année ou l’autre et qu’en 2011 encore, dans l’un de ses derniers albums (The Story of Cathy and Me), il mentionnait 1932 comme l’année de sa naissance. Donc la réalité est peut-être plus complexe et, comme le raconte Ernest J. Gaines, la vérité en Afro-Amérique n'est pas exempte d'une dimension de mystère.

S’il obtint bien le travail si précieux pour un jeune orphelin livré à la vie, il fut mobilisé, probablement en décembre 1952, dans l’armée américaine alors en pleine guerre de Corée. Il partage avec un autre citoyen illustre de Detroit, le regretté Junior Mance qui vient également de disparaître en ce début d’année 2021, le privilège de croiser la route du Sergent Julian (Cannonball) Adderley, qui dirige l’orchestre de la base militaire, et préserve ainsi plusieurs talents du jazz. (cf. Jazz Hot 2021 et Jazz Hot n°643). Kirk Lightsey et Cecil McBee firent aussi partie de cet orchestre de la base de Fort Knox, Kentucky, dirigé par Cannonball Adderley (Jazz Hot n°157, n°183, n°184).

Les premières années sans père de Curtis ne l’empêchent pas d’exercer sa sensibilité à la musique, grâce en particulier aux leçons de piano de sa sœur aînée qu'il observe et écoute avec attention, et dans le Jazz Hot n°176 de mai 1962, déjà cité, on apprend que sa mère lui fait cadeau pour ses 7 ans d’un trombone, détail qui n’est pas repris ailleurs, mais qui a du sens sur le choix de cet instrument qu’il fera plus tard définitivement. Car, malheureusement, le jeune Curtis perd sa mère l’année suivante, d’une maladie des reins semble-t-il. L’espérance de vie dans les cités industrielles du Nord n’est pas des meilleures, en particulier dans ce quartier de l’East Side de Detroit où le climat froid vient encore aggraver des conditions de vie déjà difficiles. Curtis se souvient d’un quartier mélangé où se confondent la pauvreté et le monde du travail, afro-américain, italien et de toutes les origines. Le film de Clint Eastwood, Gran Torino, évoque cette réalité à travers un ouvrier retraité de l’usine Ford, d’origine polonaise, dans une banlieue de Detroit où la vie conflictuelle des communautés d’origines plus ou moins lointaines, européenne, asiatique et africaine, est entremêlée dans un drame social et économique permanent.

Fac-simile de la double page 22-23 d'ouverture de l'article de Demètre Ioakimidis consacré à Curtis Fuller dans le n°176 de Jazz Hot, mai 1962, photo de Jean-Pierre Leloir © Jazz Hot Archives

Fac-simile de la double page 22-23 d'ouverture de l'article de Demètre Ioakimidis consacré à Curtis Fuller 
dans le n°176 de Jazz Hot, mai 1962, photo de Jean-Pierre Leloir © Jazz Hot Archives



Confié à un orphelinat du quartier de Wayne State (celui des universités), The Children’s Aid Society, mixte semble-t-il, car Curtis se souvient qu’il n’y avait pas beaucoup de «black kids» et que les jeunes «white students» avaient «la crème de la crème des instruments»; il commence pourtant par l’étude du violon jusqu’à ses 10-11 ans, quand un enseignant de l’institution lui fait sournoisement remarquer que ce n’est pas un instrument pour les gens de sa communauté. Pourtant, dans l’interview parue en 2017 accordée à Jazz Hot (n°680, déjà cité), il se souvient sans amertume: «Il y avait des concerts symphoniques le samedi. Parce que nous étions pauvres, nous avions des pass gratuits pour aller aux répétitions et aux concerts. J’ai donc entendu toutes ces formidables symphonies. C’est drôle, plus tard, le premier trombone est devenu mon prof’.»

Il semble alors être passé au bugle –bien que certaines sources évoquent aussi la récupération d’un vieux trombone– dont il joue dans l’orchestre de l’orphelinat jusqu’à 13-14 ans. Peut-être avait-il également conservé le trombone offert par sa mère, les sources disponibles ne sont pas concordantes sur ce sujet. Après l’orphelinat, il est confié à une high school d’Inkster, une bourgade à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Detroit, où il travaille dans quelques fermes des environs pour bêcher dans les champs et pour la récolte des pommes de terre et du maïs. Il joue aussi du baritone horn (baryton, sorte d’euphonium) dans l’orchestre de l’école. Curtis affirme avoir développé son goût pour le trombone dès l’orphelinat, peut-être en souvenir du cadeau maternel. Il découvre par l’écoute de disques Tommy Dorsey, puis J. J. Johnson en live lors d’un concert en 1947 où l'accompagne l'une des enseignantes. Il croise alors la route de Frank Rosolino, un autre natif de Detroit (1926-1978, cf. Jazz Hot n°537), son aîné et déjà un maître virtuose de l’instrument, car il est né dans une famille dévouée à la musique. Frank lui distille sans compter ses conseils. Les deux trombonistes ont eu une longue relation d’amitié et de complicité, c’est Curtis qui le raconte. On comprend par là d’où vient l’aisance technique de Curtis Fuller, car Frank Rosolino est un virtuose hors norme, tout autant que de l’influence de Jay Jay Johnson, autre virtuose, rencontré sur la scène par l’adolescent en 1947. On comprend ainsi le choix définitif du trombone comme instrument, l’instrument offert par sa mère et pour lequel il peut obtenir aussi des conseils dans son environnement personnel, car les enseignants des écoles ne sont pas formés aux cuivres comme il le souligne.

Il quitte l’école à 16 ans. C'est à ce moment  qu'il se vieillit pour l'état civil pour chercher et trouver du travail. Puis il est incorporé en 1952-1954 dans l’armée où Cannonball Adderley poursuit intensément la formation au jazz des jeunes musiciens qu’il recrute avec générosité (Curtis se souvient de la gentillesse de Cannonball, comme Junior Mance se souvient que Cannonball lui a sauvé la vie), dans un orchestre où jouait Junior au moment où Curtis y arrive.

Quand Curtis est démobilisé, en 1955, il étudie brièvement avec Elmer Janes, le tromboniste basse du Detroit Symphony qu'il avait admiré en 1947. Il en profite pour approfondir la musique à l’Université de Wayne State de Detroit. Grâce à Clarence Eddins, propriétaire d'un club, le Blue Bird, un parent de sa mère qui l'aide parfois financièrement, il côtoie nombre de musiciens, dont Barry Harris, également de Detroit et déjà pédagogue par vocation, qui affine les connaissances théoriques de Curtis Fuller. Les rencontres avec les musiciens sur la riche scène de Detroit, dont Joe Henderson et Tommy Flanagan que fréquente Curtis Fuller dans les différents groupes locaux, offrent aussi au jeune tromboniste un apprentissage accéléré et de première importance, sur scène directement. Dans l’orchestre de Hindal Butts (dm), il joue alors avec Kenny Burrell (g), Bill Burrell (son frère, b), Pepper Adams (bar, sax), Tommy Flanagan (p).

Le jazz à Detroit, en dehors de Kirk Lightsey et Junior Mance, c’est aussi les frères Jones (Hank, Thad et Elvin), Billy Mitchell, Barry Harris, Milt Jackson, Tommy Flanagan, Joe Henderson, Louis Hayes, Donald Byrd, Kenny Burrell, Frank Rosolino, Pepper Adams, Gerald Wilson, Ron Carter, Marcus Belgrave, Oliver Jackson, ceux qui s’y installent comme Yusef Lateef, Paul Chambers, ceux, comme Miles Davis, John Coltrane, Sonny Stitt, et beaucoup d'autres, qui y passent parce qu'ils y trouvent un public connaisseur, des clubs et des accompagnateurs de haut niveau. Detroit, c’est enfin une effervescence sociale, une émulation artistique et une vivacité intellectuelle qui développent la faculté particulière de transmission culturelle, que facilite encore une tradition de solidarité et de luttes, particulièrement au sein de la population afro-américaine (cf. Jazz Hot n°682). Cette sensibilité aux arts, à la musique en particulier, se développe également au sein des écoles de musique indépendantes souvent dirigées par des musiciennes érudites de la communauté afro-américaine comme Bertha Hansbury dès 1909. C’est la scène où naissent des solidarités dans un climat artistique, social et politique particulièrement hot. La création de labels indépendants comme Motown et Strata, de collectifs artistiques à connotation sociale comme Strata encore, font partie de l'histoire originale de Detroit. Curtis Fuller se souvenait encore dans les années 2000 de cette incroyable solidarité dans le jazz: «Il y avait beaucoup d’amour et une réelle proximité.» Il ne fait aucun doute que Curtis, qui a grandi dans cette atmosphère en a été durablement marqué dans sa recherche permanente de collectifs.

En 1956, Yusef Lateef (1920-2013, Jazz Hot n°184, n°565 et n°666), un citoyen adoptif de Detroit où il a étudié l’alto à l’adolescence, et où il revient étudier la composition et la flûte à la Wayne State University en 1950, est engagé pour trois années au Klein Show Bar, le club élégant de George Klein «qui paye bien les musiciens» selon ce qu’en dit Curtis Fuller. Curtis Fuller intègre l’orchestre où l’on trouve entre autres et successivement Hugh Lawson (p, 1935-1997), Oliver Jackson (dm, 1933-1994), Louis Hayes (dm). C’est avec le groupe de Yusef Lateef que Curtis Fuller se rend à New York pour un engagement en 1957, et qu’il s’y serait fixé suite à une proposition d’engagement de Miles Davis chez qui il aurait rencontré John Coltrane. La vérité est sans doute légèrement plus complexe, puisque le premier enregistrement de Curtis Fuller, Jazz in Transition dans un collectif musical, à l’invitation de Paul Chambers (1935-1969) qu’il côtoie à Detroit, se fait le 20 avril 1956 à Cambridge, près de Boston, MA, pour le label Transition, et que les musiciens en dehors de Paul Chambers (b) et lui, sont déjà John Coltrane (cf. Jazz Hot n°491, n°492, Spécial 1998), Pepper Adams (bar, 1930-1986), Roland Alexander (p, 1935-2006) et Philly Joe Jones (dm, 1923-1985). Nul doute que sa réputation avait déjà franchi les portes de Detroit, que le terrain était préparé pour le voyage de New York et que le début fulgurant à New York n’en est que l’issue attendue (cf. discographie).

1957 à New York est en effet une année folle pour le jeune tromboniste tout juste débarqué qui va enregistrer 7 albums sous son nom et plus de 20 albums dans l’année, entre autres l’un des plus célèbres de l’histoire du jazz, Blue Train de John Coltrane, pour le label Blue Note (cf. discographie). Il raconte pour Dave Stryker (Jazz From Detroit, ouvrage déjà cité) comment fut baptisé le nouveau thème de John Coltrane «Moment’s Notice», suite à l’une de ses réflexions sur la difficulté d’enregistrer un thème complexe qui avait été si peu répété. A New York, il côtoie immédiatement le gotha du jazz, même parfois plus «ancien», avec des guillemets car dans ces années le jazz est encore jeune, et il est accueilli par des «anciens» comme Dizzy Gillespie, Miles Davis (rencontré déjà à Detroit et qui l’incite à le rejoindre à New York pour un engagement au Cafe Bohemia), John Coltrane (pour jouer au Birdland, où vient l’écouter son modèle Jay Jay Johnson), Bud Powell, Sonny Rollins, Art Blakey, Clifford Jordan, qui ne sont guère plus âgés. Il participe aux orchestres de James Moody, Lee Morgan, Benny Golson, Jimmy Smith, Yusef Lateef avec lesquels il enregistre également dans une véritable boulimie-ferveur de découvertes et de rencontres. Le tromboniste a aussi conquis Alfred Lion, le patron de Blue Note (une dizaine d’enregistrements se fait chez Blue Note en 1957) et Rudy Van Gelder, l’ingénieur du son qui deviendra légendaire. C’est l’occasion aussi pour Curtis de croiser la route de jeunes talents comme Sonny Clark. La rencontre avec Blue Note ne l’empêche pas d’enregistrer aussi pour d’autres labels: Prestige, Savoy et Verve entre autres. Cette époque n’était pas exclusive, on savait partager les talents, et l'émulation ainsi favorisée a donné quelques-unes des plus belles perles du jazz enregistré.

Curtis Fuller au sein des Jazz Messengers d'Art Blakey en 1963 au Festival de jazz de San Remo, Italie, image extraite de YouTube (cf. vidéographie)

Curtis Fuller au sein des Jazz Messengers d'Art Blakey en 1963 au Festival de jazz de San Remo, Italie,
image extraite de YouTube (cf. vidéographie et DVD)

La décennie prodigieuse qui attend Curtis Fuller jusqu’en 1967, c’est une vingtaine d’enregistrements en leader (1957 à 1961, après quoi il cesse tout enregistrement sous son nom pendant dix ans), et près d'une centaine d’enregistrements en sideman ou coleader. Car le rythme ne ralentit pas de 1958 à 1961 où Curtis Fuller enregistre une cinquantaine de disques aux côtés de ce que le jazz a de meilleur dans le bebop et le hard bop, dont une quinzaine en leader, pour Roulette, Blue Note, Savoy, Epic et finalement Impulse! avec deux disques en 1961 et 1962 (Soul Trombone et Cabin in the Sky). Ses formations comptent Hank Mobley, Lee Morgan, Freddie Hubbard, Benny Golson, Slide Hampton, etc., et quand il est sideman, il a pour leader John Coltrane, Lou Donaldson, Abbey Lincoln, Philly Joe Jones, Machito, Jimmy Heath, Frank Wess, Jimmy Smith, Paul Chambers, Gigi Gryce, Art Farmer et Benny Golson au sein du Jazztet dont il est coleader de fait, Phil Woods, Jackie McLean, Dave Bailey, Blue Mitchell, Quincy Jones et Gil Evans au sein de leurs orchestres. Autant dire que c’est une époque euphorique où il ne sait plus où donner du trombone. Le trombone, instrument fort bien défendu depuis le début de l’histoire du jazz par de multiples artistes de haut niveau, a trouvé, après la Seconde Guerre, beaucoup de virtuoses pour en développer encore la place dans le jazz, et Curtis Fuller en est devenu l’un des phares les plus puissants.

Dans cette fin des années 1950, il fait aussi la rencontre de grands maîtres du jazz, encore jeunes, comme Lester Young qui lui propose un engagement, et de Billie Holiday qui, en une phrase, lui passe, à sa manière, le message de l’expression (cf. Jazz Hot n°680) en lui faisant comprendre que la virtuosité ne fait pas tout le jazz. Si ces deux artistes s'éteignent prématurément en 1959, Curtis Fuller rappelait souvent cette rencontre, et sa carrière, faite d'échanges avec les plus jeunes comme avec les anciens, atteste qu’il en a compris toute l’étendue et la profondeur jusque dans son expression artistique (cf. discographie).


La section de cuivres des Jazz Messengers d'Art Blakey, San Remo, 1963: Wayne Shorter, Curtis Fuller, Freddie Hubbard, image extraite de la vidéo YouTube (cf. vidéographie et DVD)
La section de cuivres des Jazz Messengers d'Art Blakey, San Remo, 1963: 
Wayne Shorter, Curtis Fuller, Freddie Hubbard, 
image extraite de la vidéo YouTube (cf. vidéographie et DVD)

C’est à la suite de cette spectaculaire arrivée à New York, marquée par une intense activité en club, en tournée et dans les studios, en leader et sideman, qu’il enregistre enfin en 1961, au sein des Messengers d’Art Blakey (déjà croisé en club et en studio avec Jimmy Smith). Chez Impulse!, il participe à l’album justement intitulé !!!!!Impulse!!!!!, déterminant pour la suite de sa vie, même s’il effectue à l’été 1961 une tournée sud-américaine dans l’orchestre de Coleman Hawkins, une de ces rencontres qui ne se refusent pas (un enregistrement témoigne de cette tournée), car dès lors, et jusqu’à 1964, il intègre durablement les Jazz Messengers du grand batteur, arrêtant ses enregistrements en leader (le dernier se fait en 1962 pour Impulse!, cf. discographie) pour près d’une dizaine d’années. Il consacre toute son énergie à l’une des belles moutures des Messengers qui comptent alors Freddie Hubbard (tp), Wayne Shorter (ts), Cedar Walton (p) Reggie Workman (b) de 1962 à 1964. Après la grande période avec Lee Morgan, Benny Golson, Bobby Timmons, Jymie Merritt, il n’en fallait pas moins au grand Art Blakey pour prolonger le Message. Curtis Fuller apporte ses compositions, encouragé par le batteur, bien que Wayne Shorter, le directeur musical du groupe, soit le principal pourvoyeur des thèmes du groupe.

Si Curtis Fuller quitte les Jazz Messengers à la fin de l’année 1964, après avoir participé à plus d’une dizaine d’enregistrements qui fixent un des sons de cette époque rayonnante pour le jazz, il a durablement été marqué par cette formation qu’il réintègre à d’autres moments de sa vie (fin des années 1970, années 1980), comme s’il en était l’un des permanents reconnus, traité par Art Blakey comme l’un des professeurs de son «université», au même titre que Benny Golson, Jackie McLean, et quelques autres anciens du groupe. Les jeunes Marsalis (Branford et Wynton), Terence Blanchard, et les nouvelles générations de Messengers récupèrent ainsi une partie de leur héritage des riches années d'après guerre qu'avait en partie oblitéré l'irruption de la consommation de masse de musique de mode à partir de 1960. On peut dire également que Curtis Fuller est de ces Jazz Messengers, comme Benny Golson avec qui il partage une longue amitié, qui ont définitivement imprimé leur empreinte, leur son, dans la manière et l’histoire de cette formation des Jazz Messengers. Curtis s’est toujours souvenu de l’exigence de cette formation, «la plus créative» selon ses mots qu’il ait connue, et des enseignements sans détour d’Art Blakey, un code de vie personnifié pour plusieurs générations de musiciens.

De 1965 à 1967, Curtis Fuller, selon son propre aveu à Mark Stryker, mène une vie plutôt agitée et pas toujours positive. Il faut dire que cette deuxième partie des années 1960 n’est plus du tout euphorique: le climat politique, social, culturel se détériore après les immenses conquêtes et espérances pour l’égalité de l’Afro-Amérique de 1963-65: les grands leaders comme Malcolm X puis Martin Luther King, Jr., sont assassinés, d’autres sont exilés, emprisonnés. Le jazz souffre des attaques de la société de consommation de masse, les labels indépendants historiques, comme Blue Note, Prestige, sont progressivement absorbés par de grandes compagnies ou de grands distributeurs. Le nombre d’enregistrements décroît vertigineusement, comme celui des engagements. Certains musiciens de jazz, et pas des moindres, disparaissent dans un grand continent qui les nie, on l’a vu pour Henry Grimes, Giuseppi Logan, récemment décédés en 2020, mais on peut aussi évoquer le cas de Lucky Thompson (1924-2005, Jazz Hot n°109, n°623) ou Freddie Redd, récemment disparu, parmi beaucoup d'autres qui choisissent la marge, parfois la plus dénuée de tout. Enfin, certains disparaissent définitivement, comme Bud Powell, John Coltrane, un ami proche pour Curtis Fuller, Wes Montgomery, Albert Ayler… En 1967, Curtis perd non seulement John Coltrane mais aussi sa sœur dont il était resté très proche, un double traumatisme qui conduit Curtis Fuller à abandonner le jazz, et à intégrer un temps l’entreprise Chrysler à Manhattan.

Heureusement, un bon samaritain du jazz, Dizzy Gillespie, arrive à persuader le tromboniste de le rejoindre dans son orchestre pour une tournée mondiale (1968-1969). Après cet épisode dépressif, Curtis Fuller ne quittera plus jamais la famille du jazz, au sens le plus large, comme le comprenait Curtis Fuller depuis sa rencontre avec Billie Holiday: de Louis Armstrong et Count Basie à Woody Shaw, Stanley Cowell, une famille où il trouve la solidarité et la chaleur dont il a besoin, sans doute davantage encore parce qu'il est né à Detroit.

Il faut citer dans les amitiés de Curtis Fuller, ceux qui l’ont véritablement entouré de leur soutien, car ils sont les acteurs de la solidarité du jazz, les gardiens de sa solidité malgré le temps, ceux qui ont permis à cette musique de se perpétuer: il y a bien entendu Dizzy Gillespie, Art Blakey, chez qui Curtis Fuller est véritablement chez lui, quand il le veut, et il y revient toujours avec plaisir. Mais il y a encore Count Basie dans l’orchestre duquel Curtis joue sereinement pendant trois ans, de 1975 à 1977 (quatre enregistrements, des tournées). Il accompagnera peu après l’orchestre de Lionel Hampton (1979-1980).

Il y a les amis au long cours comme Benny Golson, Jimmy Heath, Joe Henderson, Cedar Walton, Tommy Flanagan, David Fathead Newman… Curtis Fuller est souvent la star invitée de ces musiciens, Benny Golson et Jimmy Heath en particulier, des années 1950 aux années 2000 (cf. discographie).

Le Jazztet: Art Farmer, Rufus Reid, Benny Golson, Curtis Fuller, Albert Tootie Heath, Festival International de Jazz de Nîmes 1982© Christian Ducasse
Le Jazztet: Art Farmer, Rufus Reid, Benny Golson, Curtis Fuller, Albert Tootie Heath
Festival International de Jazz de Nîmes 1982 © Christian Ducasse


Dans les années 1980, Curtis a développé des complicités artistiques et participé à des projets sur la base d'une vie riche en amitiés et en talents, et donc des groupes réguliers: Eastern Rebellion, créé par Cedar Walton (p) au tournant des années 1970-1980, avec Bob Berg (ts), Sam Jones (b), Billy Higgins (dm); le Timeless All Stars avec un formidable orchestre: Harold Land (ts), Bobby Hutcherson (vib), Cedar Walton (p), Buster Williams (b), Billy Higgins (dm); puis au cours de la décennie, le Jazztet avec Benny Golson et Art Farmer, réactivation du célèbre groupe de la fin des années 1950; et à la fin de cette décennie, le Satchmo Legacy Band, avec Alvin Batiste (cl), Freddie Hubbard (tp), Al Casey (g), Kirk Lightsey (p), Red Callender (b), Alan Dawson (dm); le Paris Reunion Band avec Nat Adderley (tp), Nathan Davis (ts, ss), Carlos Ward (ts), Kirk Lightsey (p), Jimmy Woode (b), Louis Hayes (dm).

Curtis Fuller est de toutes ces aventures du jazz –des all stars qui méritent leur étiquette– souvent enregistrées par le label Timeless de Wim Wigt, l’agent-tourneur hollandais, avec lequel Curtis Fuller retrouve une certaine complicité et stabilité comme du temps du label Blue Note d’Alfred Lion.

A côté de cette intense vie artistique, très collective, il propose aussi des projets personnels, régulièrement depuis 1971, mais en petit nombre, quand il a repris le fil de ses enregistrements en leader pour le label Mainstream. Il publie ainsi, de 1971 à 2011, moins de 20 enregistrements en leader ou coleader avec Kai Winding et Paul Jeffrey. La vie artistique de Curtis Fuller a été jalonnée de nombreuses tournées, en particulier dans les années 1970-1980 avec ses groupes all stars, et c'est le collectif qui a sa préférence, qui est sa vie.

Ses derniers enregistrements en sideman se font aux côtés de David Fathead Newman, en 2007, dans une expression très profonde, d’un grand classicisme, ou avec l’ami de toujours Benny Golson en 2006, dans une forme qui rappelle davantage les mânes des Jazz Messengers d’Art Blakey auxquels il rendait toujours hommage dans ses présentations sur scène, comme avec cet enregistrement chez Telarc de 1998 intitulé simplement «The Jazz Messengers: The Legacy of Art Blakey» avec Benny Golson, Terence Blanchard (tp), Geoff Keezer (p), Peter Washington (b), Lewis Nash (dm).

Mike LeDonne, Curtis Fuller, John Webber, Charles Davis, Joe Farnsworth,  Jazz à Fort Napoléon, La Seyve-sur-Mer, 29 juillet 2010 © Serge Baudot
Mike LeDonne, Curtis Fuller, John Webber, Charles Davis, Joe Farnsworth,
Jazz à Fort Napoléon, La Seyve-sur-Mer, 29 juillet 2010 © Serge Baudot

Nous avions pu encore l’écouter en tournée à l’été 2010 en Europe (Foix, La Seyne-sur-Mer en France), au sein d’un quintet avec Charles Davis (ts), Mike LeDonne (p), John Webber (b) et Joe Farnsworth (dm), et Curtis Fuller était venu une dernière fois à Paris, au Sunset, en février 2013, accompagné par Josh Bruneau (tp), Ralph Reichert (ts), Rob Bargad (p), Milan Nikolic (b) et Joris Dudli (dm). Jazz Hot en avait donné des comptes rendus (Jazz Hot n°653 et Jazz Hot n°662).

Curtis Fuller, Jazz à Foix, 2010  © Alain Dupuy-Raufaste



Curtis Fuller, Jazz à Foix, 2010 
© Alain Dupuy-Raufaste

En leader, son dernier enregistrement semble être Down Home pour le label Capri en 2011. Mais il avait aussi enregistré en 2010, l’année de sa dernière tournée en Europe, un disque très émouvant, personnel, en hommage à son épouse décédée en 2010 d’un cancer, Catherine Rose Driscoll, simplement intitulé: The Story of Cathy & Me (Challenge Records), dans lequel les parties musicales sont introduites par la voix fragile de Curtis Fuller évoquant la vie aux côtés de son épouse qui l’avait soutenu chaque jour depuis 1980 dans sa carrière et dans ses épreuves. Car dans les années 1990, Curtis avait connu une nouvelle éclipse, quand il a eu à surmonter un long et pénible cancer, parvenant à rejouer de son instrument au prix d’un ré-apprentissage, sans doute pas avec la virtuosité qui a établi sa légende mais certainement avec toute la profondeur de l’expression dont lui parlait Billie Holiday ce fameux soir de 1958 où, jeune artiste, il découvrait New York, le carrefour du jazz d'alors, les grands artistes qui l'émerveillaient depuis son enfance, et où il s’engageait de toute son âme sur cette voie du jazz auquel il a tant apporté.


En 2007, Curtis Fuller a été honoré du titre de Jazz Master par le National Endowment for the Arts. Lors du Detroit Jazz Festival 2017, un coup de chapeau avait été donné à son œuvre, un hommage qu'il considérait comme l'un des plus importants et des plus émouvants, selon sa fille, Mary (Detroit Metro).


Curtis Fuller laisse dans le deuil Mary, sa fille, qui a annoncé son décès, et 7 autres enfants: Ronald, Darryl, Gerald, Dellaney, Wellington, Paul, Anthony, 9 petits-enfants et 13 arrière-petits-enfants. Curtis avait été marié une première fois avec Judith Patterson dont il avait divorcé. Jazz Hot partage leur peine.

Jazz Hot n°174-1962



CURTIS FULLER &
JAZZ HOT: 
n°174-1962 (couverture), n°176-1962 (étude), n°680-2017 (interview)



Autres sources:
Jazz From Detroit, par Mark Stryker, University of Michigan Press, Ann Arbor (cf. Jazz Hot 2020)
nécrologies parues dans la presse: New York Times, JazzTimes, Detroit Metro.



*

I Remember Curtis
par Kirk Lightsey


1989. The Satchmo Legacy Band, Salute to Pops, Vol.2, Soul NoteCurtis Fuller and I are both from Detroit, but we only really met in the 1950s when I went to listen to him play with Yusef Lateef. For me he was the premiere trombonist, the other one being George Bohanon, also from Detroit.
He was one of the great trombonists at that time that was following his own route. He had this sound, this mellow sound probably and because he would put a knitted skull cap on the bell of his horn it made his sound completely different. He didn’t try to play like J.J., he played like Curtis and that’s what we liked about him.
He was very high-spirited, good natured, always laughing and we always had a good time.
He moved to New York before me but then we got to play together on several tours. Once we went on tour with Freddie Hubbard playing Pops’ music, along with Red Callender (b), Alvin Batiste (cl) and Alan Dawson (p). Curtis Fuller and Freddie Hubbard were tight as a dixie hat band. So, when we had to come to talk to Freddie about the music, we had to go through Curtis. Curtis was trying to protect Freddie because they were friends like that. He and I were not that tight, but we were still good friends.
Curtis Fuller, Detroiter, great trombonist, and great friend.

Curtis Fuller et moi venons tous les deux de Detroit, mais nous ne nous sommes vraiment rencontrés que dans les années 1950, lorsque je suis allé l'écouter jouer avec Yusef Lateef. Pour moi, il était le meilleur tromboniste, l'autre étant George Bohanon, également de Detroit.
Il était l'un des grands trombonistes de l'époque qui suivait sa propre voie. Il avait ce son, ce son doux, sans doute parce qu'il mettait un bonnet tricoté sur la cloche de son instrument. Cela rendait le son complètement différent. Il n'essayait pas de jouer comme J.J., il jouait comme Curtis, et c'est ce que nous aimions chez lui.
Il était de très bonne humeur, gentil, toujours en train de rire, et nous passions toujours de bons moments.
Il a déménagé à New York avant moi, mais nous avons ensuite joué ensemble sur plusieurs tournées. Une fois, nous sommes partis en tournée avec Freddie Hubbard jouer la musique de Pops, avec Red Callender (b), Alvin Batiste (cl) et Alan Dawson (p). Curtis Fuller et Freddie Hubbard étaient très proches. Lorsque nous devions parler à Freddie de la musique, il fallait passer par Curtis. Curtis essayait de protéger Freddie parce qu'ils étaient amis à ce point. Lui et moi n'étions pas si proches, mais nous étions toujours de bons amis.
Curtis Fuller, Détroitien, excellent tromboniste, et grand ami.

*

DISCOGRAPHIE



Leader/coleader
LP  1957. Curtis Fuller, New Trombone, Prestige 7107 (CD=OJC-077-2)
LP  1957. Curtis Fuller With Red Garland, New Jazz 8277 (CD=OJC-1862-2)
LP  1957. Curtis Fuller and Hampton Hawes with French Horns, Prestige 16-5 (CD=OJC 1942-2)
LP  1957. Curtis Fuller, The Opener, Blue Note 1567
1957. Curtis Fuller, New Trombone, Prestige1957. Curtis Fuller With Red Garland, New Jazz1957. Curtis Fuller and Hampton Hawes, Prestige1957. Curtis Fuller, The Opener, Blue Note














LP  1957. Curtis Fuller, Bone & Bari, Blue Note 1572
LP  1957. Curtis Fuller, Jazz… It’s Magic!, Curtis Fuller/Tommy Flanagan, Regent 6055 (Savoy 12209)
LP  1957. Curtis Fuller, Blue Note 1583 (Art Farmer, Sonny Clark, George Tucker, Louis Hayes)
LP  1958. Curtis Fuller/
Hank Mobley/Lee Morgan/Billy Root, Monday Night at Birdland, Roulette 52015 (CD=Fresh Sound 631)
1957. Curtis Fuller, Bone & Bari, Blue Note1957. Curtis Fuller, Jazz… It’s Magic!, Curtis Fuller/Tommy Flanagan, Regent1957. Curtis Fuller, Blue Note 15831958. Curtis Fuller/Hank Mobley/Lee Morgan/Billy Root, Monday Nights at Birdland, Roulette












LP  1958. Curtis Fuller/
Hank Mobley/Lee Morgan/Billy Root, Another Monday Nights at Birdland, Roulette 52022 (CD=Fresh Sound 632)
LP  1958. Curtis Fuller, Two Bones, Blue Note 3064 (Slide Hampton)
LP  1959. Curtis Fuller, Sliding Easy, United Artists 4041
LP  1959. Curtis Fuller, Blues-ette, Savoy 12141
1958. Curtis Fuller/Hank Mobley/Lee Morgan/Billy Root, Another Monday Night at Birdland, Roulette1958. Curtis Fuller, Two Bones, Blue Note1959. Curtis Fuller, Sliding Easy, United Artists1959. Curtis Fuller, Blues-ette, Savoy












CD 1959. Curtis Fuller, Blues-ette, Part II, Savoy 75624
LP  1959. Curtis Fuller Jazztet With Benny Golson, Savoy 12143
LP  1959. 
The Curtis Fuller Sextet, Imagination, Savoy 12144
LP  1960. Images of Curtis Fuller, Savoy 12164 (CD=Savoy Jazz 50604)
1959. Curtis Fuller, Blues-ette, Part II, Savoy1959. Curtis Fuller Jazztet With Benny Golson, Savoy1959. The Curtis Fuller Sextet, Imagination, Savoy1960. Images of Curtis Fuller, Savoy












LP  1960. Curtis Fuller, Boss of the Soul-Stream Trombone, Warwick 2038 (CD=Fresh Sound 1609)
LP  1960. 
Curtis Fuller/Freddie Hubbard/Yusef Lateef, Gettin’ It Together, TCB 1001
LP  1961. The Magnificent Trombone of Curtis Fuller, Epic 16013 (CD=Epic  5045)
LP  1961. Curtis Fuller and the Jazz Ambassadors, 
Jazz Conference Abroad, Smash 67034 (= LP Trip 5580)
1960. Boss of the Soul-Stream Trombone, Warwick1960. Curtis Fuller, Freddie Hubbard, Yusef Lateef Gettin’ It Together, TCB1961. The Magnificent Trombone of Curtis Fuller, Epic1961. Curtis Fuller and the Jazz Ambassadors: Jazz Conference Abroad, Smash












LP  1961. 
The Curtis Fuller Quintet Feat. Zoot Sims, South American Cookin', Epic 16020 
LP  1961. Curtis Fuller! Soul Trombone: The Jazz Clan, Impulse! AS-13
LP  1962. Curtis Fuller, Cabin in the Sky, Impulse! AS-22
LP  1971. Curtis Fuller, Crankin’, Mainstream 333 
1961. Curtis Fuller Quintet Feat. Zoot Sims, South American Cookin’, Epic 1961. Curtis Fuller Soul Trombone: The Jazz Clan, Impulse!1962. Curtis Fuller, Cabin in the Sky, Impulse!1971. Curtis Fuller, Crankin’, Mainstream












LP  1972. Curtis Fuller, Smokin’, Mainstream 370
LP  1978. Curtis Fuller, Four on the Outside, Timeless SJP 124 (CD=Bellaphon 124)
LP  1978. Curtis Fuller, Fire and Filigree, BeeHive 7007
LP  1979. Kai Winding and Curtis Fuller, Giant Bones ’80’, Sonet 834
1972. Curtis Fuller, Smokin’, Mainstream1978. Curtis Fuller Four on the Outside, Timeless1978. Curtis Fuller, Fire and Filigree, BeeHive1979. Kai Winding and Curtis Fuller, Giant Bones ’80, Sonet












LP  1982. Curtis Fuller Meets Roma Jazz Trio, Timeless SJP 204
CD 1996. Curtis Fuller/Paul Jeffrey Sextet, Together in Monaco, Amosaya 2531
CD 2002. Kai Winding/Curtis Fuller, Bone Appétit, Black & Blue 955.2
CD 2002. Curtis Fuller in New Orleans, Progressive 7178
1982. Curtis Fuller Meets Roma Jazz Trio, Timeless1996, Curtis Fuller-Paul Jeffrey Sextet, Together in Monaco, Amosaya2002, Kai Winding/Curtis Fuller, Bone Appétit, Black & BlueCD 2002. Curtis Fuller in New Orleans, Progressive












CD 2003. 
Curtis Fuller With Brad Goode, Up Jumped Spring, Delmark 550
CD 2003. Curtis Fuller, Keep It Simple, Savant 2062
CD 2010. Curtis Fuller, I Will Tell Her, Capri Records 74100-2
CD 2010. Curtis Fuller, The Story of Cathy & Me, Challenge 73309
2003. Curtis Fuller with Brad Goode, Up Jumped Spring, Delmark2003. Curtis Fuller, Keep It Simple, Savant2010. Curtis Fuller, I Will Tell Her, Capri Records2010. Curtis Fuller, The Story of Cathy & Me, Challenge












CD 2011. Curtis Fuller & the Peter Beets Quartet, Live at Amersfoort Jazz Festival, Maxanter Records 75974
CD 2011. Curtis Fuller, Down Home, Capri Records 74116
2011. Curtis Fuller & the Peter Beets Quartet, Live at Amersfoort Jazz Festival, Maxanter Records2011. Curtis Fuller, Down Home, Capri Record













Coffrets/intégrales

CD 1957-59. The Complete Blue Note/United Artists Curtis Fuller Sessions, Mosaic 3-166
CD 1959-60. Curtis Fuller: The Complete Savoy Recordings, Lonehill Jazz 10348-3

CD 1957-59. The Complete Blue Note/United Artists Curtis Fuller Sessions, Mosaic







1959-60. Curtis Fuller: The Complete Savoy Recordings, Lonehill Jazz















Sideman/collectifs
LP  1956. Jazz in Transition, Transition 30 (LP Paul Chambers-John Coltrane, High Step, Blue Note LA 451-H2 (= CD Paul Chambers, Chamber’s Music, Fresh Sound 610)
LP  1957. Yusef Lateef, Morning, Savoy 2205 (=Jazz for Thinkers+Jazz Moods+Stable Mates)
LP  1957. Yusef Lateef, Before Dawn, Verve 8217
LP  1957. Paul Quinichette, On the Sunny Side, Prestige 7103
1956. Jazz in Transition, Transition1956. Paul-Chambers-John-Coltrane, High Step, Blue Note1957. Yusef Lateef, Morning, Savoy1957. Paul Quinichette, On the Sunny Side, Prestige












LP  1957. Cliff Jordan, Blue Note 1565
LP  1957. Sonny Clark, Dial ’S’ For Sonny, Blue Note 1570 (=CD 8 75338 2)
LP  1957. Bud Powell, The Amazing Bud Powell, Vol. 3-Bud!, Blue Note 1571 
LP  1957. Jimmy Smith, House Party, Blue Note 4002 (=CD Blue Note 5 24542 2)
1957. Cliff Jordan, Blue Note1957. Sonny Clark, Dial 'S' For Sonny, Blue Note1957. Bud Powell, The Amazing Bud Powell, Vol.3, Bud!, Blue Note1957. Jimmy Smith, House Party, Blue Note












LP  1957. Lee Morgan, City Lights, Blue Note 1575 (=CD Blue Note 3 62676 2)
LP  1957. Jackie McLean, Makin’ the Changes, New Jazz 8231
LP  1957. Sonny Clark, Sonny’s Crib, Blue Note 1576
LP  1957. Donald Byrd-John Jenkins, Star Eyes, Savoy 1114
1957. Lee Morgan, City Lights, Blue Note1957. Jackie McLean, Makin' the Changes, New Jazz1957. Sonny Clark, Sonny's Crib, Blue Note1957. Donald Byrd-John Jenkins, Star Eyes, Savoy












LP  1957. John Coltrane, Blue Train, Blue Note 1577
CD 1957. Benny Golson and His Orchestra, Walkin’, Fresh Sound 302
LP  1958. John Coltrane-Wilbur Harden, Dial Africa, Savoy 1110
LP  1958. Lou Donaldson, Lou Takes Off, Blue Note 1591
1957. John Coltrane, Blue Train, Blue Note1957. Benny Golson and His Orchestra, Walkin, Fresh Sound1958. John Coltrane/Wilbur Harden, Dial Africa, Savoy1958. Lou Donaldson, Lou Takes Off, Blue Note












LP  1958. Kenny Dorham, This is the Moment! Sings and Plays, Riverside 275 (= CD OJC 812-2)
LP  1958. Abbey Lincoln, It’s Magic, Riverside 277
LP  1958. Blue Mitchell, Big 6, Riverside 273
LP  1959. Benny Golson, The Other Side of Benny Golson, Riverside 290
1958. Kenny Dorham Sings and Plays, This Is the Moment, Riverside1958. Abbey Lincoln, It’s Magic, Riverside1958. Blue Mitchell, Big 6, Riverside1958. Benny Golson, The Other Side of Benny Golson, Riverside












LP  1959. Philly Joe Jones Big Band, Drums Around The World, Riverside 302 (= CD OJC 1792-2)
LP  1959. Machito and His Afro-Cuban Jazz Ensemble, With Flute to Boot, Roulette 52026
CD 1959. Gil Evans Orchestra Feat. Johnny Coles, Great Jazz Standards, Pacific Jazz 7 46856 2
LP  1959. Jimmy Heath Sextet, The Thumper, Riverside 1160
1959. Philly Joe Jones, Big Band Sounds, Drums Around the World, Riverside 1959. Machito and His Afro-Cuban Jazz Ensemble With Flute to Boot, Roulette1959. Gil Evans, Orchestra, Feat. Johnny Coles, Pacific Jazz1959. Jimmy Heath Sextet, The Thumper, Riverside












LP  1959. The Frank Wess Septet, Opus de Blues, Savoy 12142
LP  1959. Benny Golson, Gone With Golson, New Jazz 8235
LP  1959. Benny Golson, Groovin’ With Golson, New Jazz 8220/Prestige 5545 (=CD OJC 226-2)
LP  1959. Art Farmer, Brass Shout, Liberty 50073
1959. The Frank Wess Septet, Opus de Blues, Savoy1959. Benny Golson, Gone With Golson, New Jazz1959. Benny Golson, Groovin’ With Golson, New Jazz/Prestige1959. Art Farmer, Brass Shout, Liberty












LP  1959. Blue Mitchell, Blue Soul, Riverside 309 
CD 1959. Bob Brookmeyer, Portrait of the Artist, Fresh Sound 568
LP  1959. Jimmy Smith, The Sermon, Blue Note 4011
LP  1959. The Benny Golson Quintet, Gettin’ With It, New Jazz 8248
1959. Blue Mitchell, Blue Soul, Riverside1959. Bob Brookmeyer, Portrait of the Artist, Fresh Sound1959. Jimmy Smith, The Sermon, Blue Note1959. The Benny Golson Quintet, Gettin’ With It, New Jazz












LP  1960. Paul Chambers, 1st Bassman, Vee Jay 3012
LP  1960. Gigi Gryce, Sayin’ Somethin’!, New Jazz 8230
CD 1960. The Art Farmer/Benny Golson Jazztet Feat. Curtis Fuller, Back to the City, Contemporary/OJC-842-2
LP  1960. Art Farmer-Benny Golson, Meet the Jazztet, Argo 664
1960. Paul Chambers, 1st Bassman, Vee Jay1960. Gigi Gryce, Sayin’ Somethin'!, New Jazz1960. The Art Farmer/Benny Golson Jazztet Feat. Curtis Fuller, Back to the City, Contemporary1960. Art Farmer-Benny Golson, Meet the Jazztet, Argo












LP  1960. Yusef Lateef, The Centaur and the Phoenix, Riverside 9337
LP  1960. Ahmed Abdul Malik, East Meets West, RCA 2015
LP  1960. The Dave Bailey Sextet, One Foot in the Gutter: A Treasury of Soul, Epic 17008
LP  1960. Bob Brookmeyer, Jazz Is a Kick, Mercury 60600
1960. Yusef Lateef, The Centaur and the Phoenix, Riverside
1960. Ahmed Abdul Malik, East Meets West, RCA1960. The Dave Bailey Sextet, One Foot in the Gutter: A Treasury of Soul, Epic1960. Bob Brookmeyer, Jazz Is a Kick, Mercury












CD 1960. Pat Thomas/Barbara Long, Jazz Patterns+Soul, Fresh Sound Records V114
LP  1961. Phil Woods, Rights of Swing, Candid 8016
CD 1961. Jazz No Municipal, American Jazz Festival Tour 1961, Imagem 1010 (tournée avec Coleman Hawkins)
LP  1961. Quincy Jones and His Orchestra, The Quintessence, Impulse! AS-11
1960. Pat Thomas/Barbara Long, Jazz Patterns+Soul, Fresh Sound Records
1961. Phil Woods, Rights of Swing, Candid 80161961. Jazz No Municipal, American Jazz Festival Tour 1961, Imagem1961. Quincy Jones and His Orchestra, The Quintessence, Impulse!












LP  1961. Quincy Jones and His Orchestra, Around the World, Mercury 6014
LP  1961. Quincy Jones, The Great Wide World of Quincy Jones, Mercury 60221
LP  1961. The Dave Bailey Sextet, Bash!, Jazz Line 71290
LP  1961. Jackie McLean, A Long Drink of the Blues, Prestige/New Jazz 8253
1961. Quincy Jones and His Orchestra, Around the World, Mercury1961. Quincy Jones, The Great Wide World of Quincy Jones, Mercury1961. The Dave Bailey Sextet, Bash!, Jazz Line1961. Jackie McLean, A Long Drink of the Blues, Prestige/New Jazz












LP  1961. Benny Golson, Take a Number From 1 to 10, Argo 681
LP  1961-64. Art Blakey, Pisces, Blue Note GXF 3060
LP  1961. Kenny Dorham, Osmosis, Black Lion 760146
LP  1961. !!!!!Impulse!!!!!Art Blakey!!!!!the Jazz Messengers!!!!!, Impulse! AS-7
1961. Benny Golson, Take a Number From 1 to 10, Argo
1961-64. Art Blakey, Pisces, Blue Note1961. Kenny Dorham, Osmosis, Black Lion1961. !!!!!Impulse!!!!!Art Blakey!!!!!the Jazz Messengers!!!!!, Impulse!












LP  1961. Art Blakey & the Jazz Messengers, Mosaic, Blue Note 4090
LP  1961. Art Blakey & the Jazz Messengers, Buhaina’s Delight, Blue Note 4104
CD 1961. Billy Eckstine & Quincy Jones, At Basin Street East, EmArcy 832 592-2
LP  1961. Quincy Jones and His Orchestra, Live at Newport ’61, Mercury 60653
1961. Art Blakey & the Jazz Messengers, Mosaic, Blue Note
1961. Art Blakey & the Jazz Messengers, Buhaina’s Delight, Blue Note1961. Billy Eckstine & Quincy Jones, At Basin Street East, EmArcy1961. Quincy Jones and His Orchestra, Live at Newport ’61, Mercury












LP  1961. Kenny Dorham, Hot Stuff From Brazil, West Wind 015
LP  1962. Benny Golson, Just Jazz!, Audio Fidelity 2150
CD 1962. Art Blakey & the Jazz Messengers, Three Blind Mice, Vol. 1 Blue Note 7 84451 2
CD 1962. Art Blakey & the Jazz Messengers, Three Blind Mice, Vol. 2 Blue Note 7 84452 2
1961. Kenny Dorham, Hot Stuff From Brazil, West Wind1962. Benny Golson, Just Jazz!, Audio Fidelity1962. Art Blakey & the Jazz Messengers, Three Blind Mice, Vol. 1, Blue Note1962. Art Blakey & the Jazz Messengers, Three Blind Mice, Vol. 2, Blue Note












LP  1962. Art Blakey and the Afro-Drum Ensemble, The African Beat, Blue Note 4097
LP  1962. Art Blakey Jazz Messengers, Caravan, Riverside 438
LP  1963. Freddie Hubbard, The Artistry of Freddie Hubbard, Impulse! AS-27
LP  1963. Art Blakey's Jazz Messengers at Birdland, Ugetsu, Riverside 464
1962. Art Blakey and the Afro-Drum Ensemble, The African Beat, Blue Note
1962. Art Blakey Jazz Messengers, Caravan, Riverside1963. Freddie Hubbard, The Artistry of Freddie Hubbard, Impulse!1963. Art Blakey's Jazz Messengers at Birdland, Ugetsu, Riverside












LP  1963. Art Blakey and the Jazz Messengers, Golden Boy, Colpix 478
LP  1964. Philly Joe Jones & Elvin Jones, Together!, Atlantic 1428 (CD=Atlantic 80784-2)
CD 1964. Jimmy Heath, Nice People, Riverside/OJC-6006-2
LP  1964. Art Blakey & the Jazz Messengers, Free For All, Blue Note 4170
1963. Art Blakey and the Jazz Messengers, Golden Boy, Colpix
1964. Philly Joe Jones & Elvin Jones, Together!, Atlantic1964. Jimmy Heath, Nice People, Riverside1964. Art Blakey & the Jazz Messengers, Free For All, Blue Note












LP  1964. Art Blakey and the Jazz Messengers, Kyoto, Riverside 493 (=CD OJC 145-2)
CD 1964. Art Blakey & the Jazz Messengers, Indestructible, Blue Note 7 46429 2
LP  1964. Lee Morgan, Tom Cat, Blue Note 1058 (= CD Blue Note 7 84446 2)
LP  1964. Art Blakey & Jazz Messengers, ’S Make It, Limelight 82001
1964. Art Blakey and the Jazz Messengers, Kyoto, Riverside
1964. Art Blakey & the Jazz Messengers, Indestructible, Blue Note1964. Lee Morgan, Tom Cat, Blue Note1964. Art Blakey & the Jazz Messengers, ’S Make It, Limelight












LP  1964. Stanley Turrentine, In Memory of, Blue Note LT-1037
LP  1964. Buddy DeFranco, Blues Bag, Vee-Jay Records 2506
LP  1965. Donald Byrd-Kenny Burrell, Body & Soul, Status 8317
LP  1965. Hank Mobley, A Caddy for Daddy, Blue Note 4230
1964. Stanley Turrentine, In Memory of, Blue Note
1964. Buddy DeFranco, Blues Bag, Vee-Jay Records1965. Donald Byrd-Kenny Burrell, Body & Soul, Status1965. Hank Mobley, A Caddy for Daddy, Blue Note












LP  1966. Joe Henderson, Mode for Joe, Blue Note 4227
LP  1967. Wayne Shorter, Schizophrenia, Blue Note 84297
LP  1968. Houston Person, Blue Odyssey, Prestige 7566
CD 1968. Dizzy Gillepsie, In Milan 1968, Hobby & Work Italiana 005
1966. Joe Henderson, Mode for Joe, Blue Note
1967. Wayne Shorter, Schizophrenia, Blue Note1968. Houston Person, Blue Odyssey, Prestige1968. Dizzy Gillepsie, In Milan 1968, Hobby & Work Italiana












LP  1969. The Dizzy Gillespie Reunion Big Band, 20th and 30th Anniversary, MPS 15207
LP  1969. Herbie Mann, Afro Jazziac Featuring Herbie Mann, Jazz Non Stop/Vogue 105
LP  1970. Gary McFarland, Today, Skye Records 14
LP  1970. Stanley Cowell/Charles Tolliver/Cecil McBee/Jimmy Hopps & Big Band, Music Inc., Strata-East 1971
1969. The Dizzy Gillespie Reunion Big Band, 20th and 30th Anniversary, MPS1969. Herbie Mann, Afro Jazziac Featuring Herbie Mann, Jazz Non Stop/Vogue1970. Gary McFarland, Today, Skye Records 1970. Stanley Cowell/Charles Tolliver/Cecil McBee/Jimmy Hopps & Big Band, Music Inc., Strata-East












LP  1971. Joe Henderson, In Pursuit of Blackness, Milestone 9034
LP  1972. Mike Longo, The Awakening, Mainstream Records 357 (=CD P-Vine 357)
CD 1973. Jimmy Heath, Love and Understanding, Xanadu 1231
LP  1973. Albert Heath, Kwanza, Muse 5031 (=CD Oops!, Xanadu 5015)
1971. Joe Henderson, In Pursuit of Blackness, Milestone1972. Mike Longo, The Awakening, Mainstream Records1973. Jimmy Heath, Love and Understanding, Xanadu1973. Albert Heath, Kwanza, Muse












CD 1974. Jimmy Heath, The Time and the Place, Landmark 1538-2
LP  1975. Stanley Turrentine, The Sugar Man, CTI 3007
LP  1975. Count Basie, Basie Big Band, Pablo 2306-756
CD 1975. Count Basie Big Band, Fun Time, Pablo 2310-945-2
1974. Jimmy Heath, The Time and the Place, Landmark1975. Stanley Turrentine, The Sugar Man, CTI1975. Count Basie, Basie Big Band, Pablo1975. Count Basie Big Band, Fun Time, Pablo












LP  1976. Count Basie and his Orchestra, I Told You So, Pablo 2310.767
LP  1977. Count Basie And His Orchestra, Prime Time, Pablo 2310-797
LP  1977. Art Blakey and the Jazz Messengers, In My Prime Vol.1, Timeless SJP 114
LP  1978. Art Blakey and the Jazz Messengers, In My Prime Vol.2, Timeless SJP 118
1976. Count Basie and his Orchestra, I Told You So, Pablo1977. Count Basie And His Orchestra, Prime Time, Pablo1977. Art Blakey and the Jazz Messengers, In My Prime Vol.1, Timeless1978. Art Blakey and the Jazz Messengers, In My Prime Vol.2, Timeless













CD 1978. Bill Evans Trio & Guests, Live in Nice 1978, Jazz Lips 778
LP  1978. Robert Watson, All Because of You, Roulette 5010
LP  1978. Walter Bishop, Jr., Cubicle, Muse 5151
LP  1979. Woody Shaw, Woody III, Columbia 35977 (= CD Wounded Bird Records 5977)
1978. Bill Evans Trio & Guests, Live in Nice 1978, Jazz Lips1978. Robert Watson, All Because of You, Roulette1978. Walter Bishop, Jr., Cubicle, MuseLP  1979. Woody Shaw, Woody III, Columbia












LP  1979. Dexter Gordon, Great Encounters, Columbia 35978 (= CD Columbia 471876 2)
CD 1979. Slide Hampton, World of Trombones, 1201 Music 9015-2
LP  1979. Mickey Tucker, Theme For a Woogie-Boogie, Denon YX 7804
LP  1979. Cecil Payne, Bright Moments, Spotlite 21
1979. Dexter Gordon, Great Encounters, Columbia
1979. Slide Hampton, World of Trombones, 1201 Music 1979. Mickey Tucker, Theme For a Woogie-Boogie, Denon1979. Cecil Payne, Bright Moments, Spotlite












LP  1979. Lionel Hampton & His Geants of Jazz, Hamp in Harlem, Timeless SJP 133
LP  1979. Cedar Walton/Curtis Fuller/Bob Berg/Sam Jones/Billy Higgins, Eastern Rebellion 3, Timeless SJP 143
LP  1980. Woody Shaw, For Sure! Columbia 36383
LP  1980. Lionel Hampton, Live in Europe, Elite Special 91 632
1979. Lionel Hampton & His Geants of Jazz, Hamp in Harlem, Timeless
1979.Cedar Walton/Curtis Fuller/Bob Berg/Sam Jones/Billy Higgins, Eastern Rebellion 3, Timeless1980. Woody Shaw, For Sure! Columbia
1980. Lionel Hampton, Live in Europe, Elite Special












LP  1980. Benny Golson Featuring Curtis Fuller, California Message, Jugoton 66217/Baystate 8013
LP  1980. Benny Golson Quintet Featuring Curtis Fuller, One More Mem’ry, Timeless SJP 180
LP  1980. Lionel Hampton and His Big Band, ‘Outrageous’, Timeless SJP 163
LP  1981. Dizzy Gillespie Quintet, Jazzbühne Berlin ’81 Vol.13, Repertoire 4913
1980. Benny Golson Featuring Curtis Fuller, California Message, Jugoton/Baystate
1980. Benny Golson Quintet Featuring Curtis Fuller, One More Mem’ry, Timeless
1980. Lionel Hampton and His Big Band, ‘Outrageous’, Timeless1981. Dizzy Gillespie Quintet, Jazzbühne Berlin ’81 Vol.13, Repertoire












CD 1982. The Jazztet, Voices All, Eastworld 38-3020
LP  1982. The Timeless All Stars, It’s Timeless, Timeless 178
CD 1982. Timeless Allstars, At Onkel Pö's Carnegie Hall, Hamburg 1982, NDR Info/Jazzline PÖ N77063
LP  1983. Timeless All Stars, Timeless Heart, Timeless SJP 182
1982. The Jazztet, Voices All, Eastworld1982. The Timeless All Stars, It’s Timeless, Timeless1982. Timeless Allstars, At Onkel Pö's Carnegie Hall, Hamburg 1982, NDR Info/Jazzline PÖ1983. Timeless All Stars, Timeless Heart, Timeless












LP  1983. Art Farmer & Tommy Flanagan’s Super Jazz Trio, Stablemates, Jazz Ball Records 879
CD 1983. The Jazztet, Moment to Moment, Soul Note 121066-2
LP  1983. The New Jazztet, Nostalgia, Baystate 8089
LP  1983. Cedar Walton/Curtis Fuller/Bob Berg/Alfredo Chocolate Armenteros/David Williams/Billy Higgins, Eastern Rebellion 4, Timeless SJP 184
1983. Art Farmer & Tommy Flanagan’s Super Jazz Trio, Stablemates, Jazz Ball Records1983. The Jazztet, Moment to Moment, Soul Note
1983. The New Jazztet, Nostalgia, Baystate 8089
1983.Cedar Walton/Curtis Fuller/Bob Berg/Alfredo Chocolate Armenteros/David Williams/Billy Higgins,  Eastern Rebellion 4, Timeless












LP  1985. Cedar Walton Quintet Live, Cedar’s Blues, Red Records 179
LP  1985. One Night With Blue Note Preserved, Blue Note 85117 (coffret 4 disques)
CD 1986. The Timeless All Stars, Essence, Delos 4006
CD 1987. The Satchmo Legacy Band, Salute to Pops, Vol. 1, Soul Note 121116-1
1985. Cedar Walton Quintet Live, Cedar’s Blues, Red Records1985. One Night With Blue Note Preserved, Blue Note1986. The Timeless All Stars, Essence, Delos1987. The Satchmo Legacy Band, Salute to Pops, Vol. 1, Soul Note












CD 1987. The Satchmo Legacy Band, Salute to Pops, Vol. 2, Soul Note 121166-2
LP  1987. Paris Reunion Band, Hot Licks, Sonet 1002
LP  1988. Paris Reunion Band, Jazz Bühne Berlin ’88, AMIGA 8 56 418
CD 1989. Paris Reunion Band, We Remember Klook Live at the Moonwalker, Sonet 1030
1989. The Satchmo Legacy Band, Salute to Pops, Vol. 2, Soul Note1987. Paris Reunion Band, Hot Licks, Sonet1988. Paris Reunion Band, Jazz Bühne Berlin ’88, Amiga1989. Paris Reunion Band, We Remember Klook, Live at the Moonwalker, Sonet












CD 1991. Johnny Griffin, The Cat, Antilles 422-848 421-2
CD 1991. Benny Golson, Domingo, Dreyfus Jazz 191 132-2
CD 1992. Benny Golson, I Remember Miles, Alfa Jazz 277/Evidence 22141-2/
CD 1993. Larry Willis Sextet, A Tribute to Someone, AudioQuest 1022
1991. Johnny Griffin, The Cat, Antilles1991. Benny Golson, Domingo, Dreyfus Jazz1992. Benny Golson, I Remember Miles, Alfa Jazz/Evidence1993. Larry Willis Sextet, A Tribute to Someone, AudioQuest












CD 1998. The Jazz Messengers, The Legacy of Art Blakey-Live at the Iridium, Telarc 83407
CD 1999. Benny Golson, One Day, Forever, Arkadia Jazz 70744
CD 2003. Joe Farnsworth, It’s Prime Time, Avatar 38842
CD 2004. David Fathead Newman, Song for the New Man, HighNote 7120
1998. The Jazz Messengers, The Legacy of Art Blakey-Live at the Iridium, Telarc1999. Benny Golson, One Day, Forever, Arkadia Jazz2003. Joe Farnsworth, It’s Prime Time, Avatar2004. David Fathead Newman, Song for the New Man, HighNote












CD 2006. Joe Farnsworth, Drumspeak, Commodore 331
CD 2006. Benny Golson, The Many Moods of Benny Golson, Arkadia 70745
CD 2007. David Fathead Newman, Diamondhead, HighNote 757179
2006. Joe Farnsworth, Drumspeak, Commodore 3312006. Benny Golson, The Many Moods of Benny Golson, Arkadia2007. David Fathead Newman, Diamondhead, HighNote 757179













DVD

1963. Art Blakey's Jazz Messengers, Live in San Remo 1963, Impro-Jazz 531


1963. Art Blakey's Jazz Messengers
Live in San Remo 1963
Impro-Jazz 531


DVD 1985. One Night With Blue Note, dirigé par John Charles Jopson, EMI Distribution

1985. One Night With Blue Note
dirigé par John Charles Jopson
EMI Distribution

DVD 2005. Paris Reunion Band, Paris Reunion Band in Stuttgart, Kultur D4006

2005. Paris Reunion Band
Paris Reunion Band in Stuttgart
Kultur D4006










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VIDEOGRAPHIE
par Hélène Sportis

Curtis Fuller, Billy Higgins, Harold Land, Bobby Hutcherson, Buster Williams, Cedar Walton Timeless All Stars Live at Subway Club in Cologne, 11 mars 1986, image extraite de YouTube (cliquer sur l'image)

Curtis Fuller, Billy Higgins, Harold Land, Bobby Hutcherson, Buster Williams, Cedar Walton
Timeless All Stars Live at Subway Club in Cologne, 11 mars 1986, image extraite de YouTube (cliquer sur l'image)  



Chaînes YouTube de Curtis Fuller

1956. Curtis Fuller, Pepper Adams (bar), John Coltrane (ts), Roland Alexander (p), Paul Chambers (b), Philly Joe Jones (dm), «Trane's Strain», album Jazz in Transition, Transition Records, Boston-Cambridge, MA, 20 avril

1957. Curtis Fuller, Sonny Red (as), Red Garland (p), Paul Chambers (b), Louis Hayes (dm), album Curtis Fuller With Red Garland, New Jazz/Prestige, Rudy Van Gelder Studio, Hackensack, NJ, 14 mai

1957. Curtis Fuller, Hank Mobley (ts), Bobby Timmons (p), Paul Chambers (b), Art Taylor (dm), «Soon», album The Opener, Blue Note, Rudy Van Gelder Studio, Hackensack, NJ, 16 juin

1957. Curtis Fuller, Tate Houston (bar), Sonny Clark (p), Paul Chambers (b), Art Taylor (dm), «Algonquin», album Bone & Bari, Blue Note, 4 août

1959. Curtis Fuller, Benny Golson (ts), Tommy Flanagan (p), Jimmy Garrison (b), Al Harewood (dm), «Five Spot After Dark», album Blues-ette, Savoy, Rudy Van Gelder Studios, New York, NYC, 21 mai

1959. Album The Curtis Fuller Jazztet with Benny Golson (ts), Lee Morgan (tp), Wynton Kelly (p), Paul Chambers (b), Charlie Persip (dm), Savoy, Rudy Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, NJ, 25 août

1959. Curtis Fuller, Benny Golson (ts), Thad Jones (tp), McCoy Tyner (p), Jimmy Garrison (b), Dave Bailey (dm), album Imagination, Savoy, Rudy Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, NJ, 17 décembre

1960. Curtis Fuller compositeur, «Accident», «Darryl'S Minor», «Be Back Ta-Reckla», «Judyful», Yusef Lateef (ts,fl), Wilbur Harden/Lee Morgan (tp), McCoy Tyner (p), Jimmy Garrison/Milt Hinton (b), Clifford Jarvis/Bobby Donaldson (dm), album Images of Curtis Fuller, New York, NY, 6-7 juin

1961. Curtis Fuller, Freddie Hubbard (tp), Jimmy Heath (ts), Cedar Walton (p), Jymie Merritt (b), Jimmy Cobb-Granville T.Hogan (dm), «The Clan», «Dear Old Stockholm»,  album Soul Trombone and the Clan, Impulse!, Capitol Studios, New York, NYC, 16-17 novembre 

1961. Curtis Fuller, Zoot Sims (ts), Tommy Flanagan (p), Jymie Merritt (b), Dave Bailey (dm), «Besame Mucho», «Autumn Leaves», «One Note Samba», album South American Cookin', Epic, 23 août 

1960. Curtis Fuller, Yusef Lateef (fl,ts), Freddie Hubbard (tp), Walter Bishop, Jr. (p), Buddy Catlett (b), Stu Martin (dm), «Flutie», «But Beautiful», «If I Were a Bell», album Boss of the Soul-Stream Trombone, Warwick, New York, NYC, décembre

1963. Curtis Fuller, Art Blakey’s Jazz Messengers, Freddie Hubbard (tp),Wayne Shorter (ts), Cedar Walton (p), Reggie Workman (b), 8e Festival Internazional du Jazz de San Remo, Italie, 23 mars (existe aussi en DVD)

1963. Curtis Fuller, Art Blakey’s Jazz Messengers, Freddie Hubbard (tp),Wayne Shorter (ts), Cedar Walton (p), Reggie Workman (b), Olympia, Paris

1964. Curtis Fuller (comp), Art Blakey, Wayne Shorter (ts), Lee Morgan (tp), Cedar Walton (p), Reggie Workman (b), «Sortie», album Art Blakey & the Jazz Messengers-Indestuctible, Blue Note, 15 mai (pour ce titre mais aussi 24 avril), Rudy Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, NJ

1971. Curtis Fuller, Bill Hardman (tp), Ray Moros (ts), George Cable (p), Bill Washer (g), Stanley Clarke (b), Lenny White (dm,perc), album Crankin', Red Lion/Mainstream Records, 27-28 juillet

1981. Curtis Fuller Quartet Live at the Smithsonian Institute, Washington DC, Cedar Walton (p), Walter Booker (b), Jimmy Cobb (dm), 4 avril, audio

1981. Curtis Fuller, Benny Golson (ts), Bill Mays (p), Bob Magnusson (b), Roy McCurdy (dm), album Benny Golson Quintet Featuring Curtis Fuller-One More Mem'ry, Baystate, A & M Studios, Los Angeles, CA, 19-20 août

1982. Curtis Fuller, Art Blakey and his All Star Jazz Messengers, Benny Golson (ts), Wynton Marsalis (tp), Terence Blanchard (tp), Johnny O’Neal (p,voc), Lonnie Plaxico (b), «Blues March», Tokyo, 22 juin

1982. Curtis Fuller, Jazztet Reunion Art Farmer (flh,tp), Benny Golson (ts), Mickey Tucker (p), Albert Tootie Heath (dm), Rufus Reid (b), live au North Sea Jazz Festival, Carroussel Hall du Congresgebouw, La Haye, Hollande, prod. AvroTV, 18 juillet

1983. Eastern Rebellion, Cedar Walton (p), Bob Berg (ts), David Williams (b), Billy Higgins (dm), Teatro Rossini, Civitanova, Marche, Italie, RAI, 4 mai

1985. Curtis Fuller, Art Blakey, Freddie Hubbard (tp), Johnny Griffin (ts), Walter Davis Jr.(p), Reggie Workman (b), «Moanin'», Live at the Town Hall, New York City, NYC, One Night With Blue Note, 22 février

1986. Curtis Fuller, Dizzy Gillespie & Timeless All Stars, Harold Land (ts), Bobby Hutcherson (vib), Cedar Walton (p), Buster Williams (b), Billy Higgins (dm), Live in Hamburg, Allemagne, alphaNDR, 9 mars

1986. Curtis Fuller, Timeless All Stars, Harold Land (ts), Bobby Hutcherson (vib), Cedar Walton (p), Buster Williams (b), Billy Higgins (dm), Live at the Subway jazzclub, Cologne, Allemagne, J3+, 11 mars

2002. Curtis Fuller (comp), Javon Jackson (ts), Maurice Brown (tp), Peter Martin (p), Bill Huntington (b), Jason Marsalis (dm), «Good Bait», album Curtis Fuller in New Orleans, Progressive Records, 25 avril

2003. Curtis Fuller (comp), Javon Jackson (ts), Doug Carn (p), Rodney Jordan (b), Fritz Wise (dm), «A la mode», «Arabia», album Keep It Simple, Savant Records, Rocky Mountain Studios, Hilton Head, SC, 28-29 septembre 2003

2004. Curtis Fuller, interview, The Leigh Kamman Legacy Project, novembre

2005. Curtis Fuller/Andre Hayward/Delfeayo Marsalis/Fred Wesley (p, b, dm, non identifiés), Jazz Festival Trombone Summit, Ritz Theatre, 10 avril

2010. Curtis Fuller, Charles Davis (ts), Mike Ledonne (p), John Webber (b), Joe Farnsworth (lead,dm), Duc des Lombards, Paris 27 juillet

2013. Curtis Fuller, Joshua Bruneau (tp), Ralph Reichert (ts), Rob Bargad (p), Milan Nikolic (b), Joris Dudli (dm), «Minor's Holiday», Moods jazzclub, Zürich, Suisse, 12 février

2017. Curtis Fuller et Benny Golson, conversations

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