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Willie Jones III

Among Friends



Willie Jones III © Adrianna Mateo, by courtesy

Enraciné dans la tradition du hard bop, Willie Jones III a développé un style personnel, précis et plein de swing.
Pour s’en rendre compte, il suffit d’écouter son dernier album explosif, en leader,
Plays The Max Roach Songbook (2013). Accompagné d’Eric Reed (p), Dezron Douglas (b), Jeremy Pelt (tp), Stacy Dillard (ts) et Steve Davis (tb), Jones joue avec le feu de ses héros et l'état d'esprit sans compromis d’un leader de jazz straight-ahead.

Né à Los Angeles le 8 juin 1968, vivant à New York depuis 1997, Willie Jones III a approfondi tous les aspects créatifs de la vie du musicien, en tant que sideman, leader
, compositeur et producteur. En sideman, il a surtout accompagné Arturo Sandoval (1995-1998), Roy Hargrove (1998-2005) et Cedar Walton (2009-2013), sans oublier les nombreux concerts, tournées et enregistrements avec des musiciens historiques comme Horace Silver, Herbie Hancock, Houston Person, pour en citer quelques-uns. Jones a sorti cinq albums sous son nom, qui contiennent tous la grâce d’Eric Reed
– son alter ego musical – sur WJ3 Records, le label qu’il a fondé en 1999. Il a aussi produit sur ce même label Something Is Beautiful (2011) et Reflections Grareful Heart (2013) d’Eric Reed ainsi que The Cyrus Chestnut Quartet (2012) et Soul Brother Cool (2013) de Cyrus Chestnut. En tant que représentant du jazz de culture, Willie Jones III est aujourd’hui incontournable.

Propos recueillis par Mathieu Perez
Photos Adrianna Mateo, Ernest Gregory, Mathieu Perez


© Jazz Hot n° 669, automne 2014



Jazz Hot : Que retenez-vous de votre enfance passée à Los Angeles dans les années 1970 ?

Willie Jones III : Grandir à L.A. dans les années 1970, c’était super ! Il y avait encore beaucoup de musiciens de jazz comme Teddy Edwards, Billy Mitchell, Freddie Hubbard etc. Et il y avait pas mal de musiciens locaux et de clubs à cette époque. On n’avait pas besoin d’aller à Hollywood ou à Culver City pour écouter du jazz.

Votre père, Willie Jones (1932-2011), était un musicien de jazz professionnel. Quels sont vos premiers souvenirs de musique live ?

Mon père était musicien donc j’assistais aux répétitions et aux jam sessions. C’est à mon fondement.

Willie Jones III © Ernest Gregory, by courtesy


Où jouait-il ?

Il jouait localement. Il jouait avec Henry Franklin, Teddy Edwards, Oscar Brashear, George Bohanan. C’était le directeur musical des Platters. C’était ce qui le faisait vivre. Et il jouait du jazz dans toute la ville. C’est ce qu’il était dans son être, un musicien de jazz. Il faisait aussi de la formation vocale pour des personnalités comme Ann-Margret et Shirley MacLaine.

Avez-vous été attiré par la batterie dès le plus jeune âge ?

Dès le premier jour. J’ai eu l’occasion de voir tous ces musiciens. C’est ce que je voulais faire. Quoiqu’il se passe, je voulais toujours jouer de la batterie. Puis, je m’y suis mis plus sérieusement.

Avez-vous eu des professeurs pour vous guider ?

J’ai pris des cours particuliers avec Clarence Johnson quand j’avais 14 ans, mais je ne m’exerçais pas sérieusement (rires). Je m’y suis vraiment mis deux ans plus tard. Mais ça a été mon introduction aux cours particuliers. Et mon père m’emmenait à des concerts. Plus tard, j’allais seul aux jam sessions et je voyais des musiciens comme Larry Gales.

Souhaitiez-vous toujours ne jouer que du jazz straight-ahead ?

J’aime toutes sortes de musique mais, pour en vivre, il n’a jamais été question pour moi de jouer autre chose que du jazz straight-ahead.

A quel moment êtes-vous allé étudier à CalArts (California Institute of the Arts) ?

Après le lycée, je suis allé au City College1 de Los Angeles pendant deux ans. Je jouais un peu partout dans la ville. CalArts parrainait une sorte de workshop dans les Watts Towers2. Je pense que James Newton y enseignait. Il enseignait aussi à CalArts. Et, avec le bassiste Marcus Shelby et le guitariste Hideaki Tokunaga, j’ai bénéficié d’une bourse pour y étudier.

Qui étaient vos mentors ?

J’ai eu plusieurs mentors. C’est vraiment James Newton qui m’a fait entrer à CalArts et c’était un des mes professeurs. C’est aussi lui qui m’a donné mes premiers engagements. Tout ça a ouvert un nouveau monde pour moi.

Combien de temps avez-vous étudié à CalArts ?

Je suis resté deux ans.



Parmi vos professeurs, il y avait Tootie Heath. Qu’avez-vous appris de lui ?

Tootie est une sorte de batteur/humoriste! Il a beaucoup d’humour et, en même temps, prend la musique et la batterie très au sérieux. Il est très musical. Il voulait toujours me faire jouer plus parce que j’avais déjà développé de la technique avant d’arriver à CalArts. Mais je n’étais pas très musical.

Comment travailliez-vous avec lui ?

Il y avait deux batteries installées dans une salle privée sur lesquelles on jouait des morceaux. Il me faisait jouer en solo et me montrait des points spécifiques.

La rencontre de Billy Higgins (Jazz Hot n°474) a été un tournant pour vous.

Officiellement, je n’ai jamais pris de leçon avec Billy Higgins. Je le regardais s’exercer tout le temps. C’était comme regarder un solo de batterie. Il avait un workshop qui existe toujours à L.A., qui s’appelle World Stage.

Etiez-vous curieux des autres batteurs historiques ?

J’étais curieux d’écouter tous les batteurs possibles. Mes premières influences étaient Philly Joe Jones, Max Roach, Jimmy Cobb, Art Blakey. Ce sont les premiers batteurs que j’ai entendus. Dès l’âge de 20 ans, je me suis vraiment plongé dans leur travail.




Quand êtes-vous allé à New York pour la première fois ?

A CalArts, j’ai eu l’occasion de concourir à la Monk Competition. C’était en 1992. C’était la première fois que j’allais à New York. Je n’ai pas gagné le concours bien-sûr mais ce voyage a enfoncé le clou. Billy (Higgins) me conseillait de partir à New York. Là, j’y ai rencontré Benny Carter, Wynton Marsalis, etc., et j’ai baigné dans cette atmosphère avec tous ces autres batteurs. Vous voyez, à L.A., j’étais le seul batteur qui jouait du jazz sérieusement. A partir de ce moment, je voulais vivre à New York. Je suis rentré étudier pendant un an puis je suis parti en tournée.

Quand avez-vous formé votre premier groupe, Black Note ?

Ce groupe a commencé dans le workshop de Billy Higgins. C’est là qu’on s’est rencontrés. On a joué autour de L.A. et en Californie. On a enregistré quelques albums.

Quelle a été votre première expérience de tournée ?

Ma première expérience de tournée était avec Arturo Sandoval. J’ai commencé à jouer avec lui quand j’étais toujours à CalArts. C’était en 1993. Son batteur habituel, Aaron Serfaty, était un copain de classe à CalArts. C’est un très bon batteur. Il a été engagé pour une tournée de six semaines avec un autre groupe et m’a demandé de le remplacer. Et, en moins de deux, je jouais du latin jazz (rires) !


Combien de temps avez-vous joué avec Arturo Sandoval (Jazz Hot n°626) ?

J’ai été son batteur pendant trois ans mais, avant ça, je faisais des remplacements.

Venant du jazz straight-ahead, vous sentiez-vous à l’aise dans le latin jazz ?

C’était incroyable ! En fait, je n’ai pas apprécié cette expérience autant que j’aurais du. Lors de la première tournée que j’ai faite avec lui, il jouait la musique de Clifford Brown. Donc il y avait beaucoup de jazz straight-ahead. Mais il jouait beaucoup de morceaux latins. Avec le recul, je me dis que j’aurais du exploré ces types de rythme avec plus de sérieux.


Comment était-ce de jouer avec lui ?

C’était super. Avec Arturo, c’est une question de technique. C’est un génie ! Il peut jouer du piano, des timbales et de la trompette bien sûr. Il peut tout faire ! Tout était agencé comme un spectacle. Je devais maîtriser ma technique (rires). C’était ma première fois sur ce type de scène avec ce type d’énergie ! J’étais en nage tous les soirs (rires) ! Arturo était toujours très gentil avec moi et très patient. A cette époque, je trouvais que mon jeu n’était pas terrible avec ce style de musique. Mais, en 1995, il se trouve que je suis devenu son batteur régulier.

Vous avez joué avec beaucoup de musiciens historiques. Les aviez-vous déjà rencontrés à Los Angeles ?

Willie Jones III, Charnet Moffett et David Williams, Paris (2014) © Jean SzlamowiczA L.A., j’étais un des jeunes musicos à jouer du jazz. Donc si George Coleman passait et qu’il avait besoin d’un batteur, on m’appelait. J’ai joué une semaine avec lui à la Jazz Bakery. J’ai fait une tournée de trois semaines avec Milt Jackson sur la côte ouest. Et c’était en plus de mon engagement avec Arturo. Je courais partout. Je savais que c’étaient d’excellents engagements mais il m’a fallu des années pour comprendre avec qui j’avais joué et me rendre compte que je vivais ce dont j’avais toujours rêvé.

Quand vous êtes-vous installé à New York ?

Je suis parti pour New York au mois de juin 1997. Et dans la même semaine, je jouais au Blue Note avec Arturo Sandoval. Et quelques mois plus tard, je rejoignais le groupe de Roy Hargrove.

Vous êtes restés avec Roy Hargrove (Jazz Hot n°594) plusieurs années.

Je suis resté huit ans.

Avez-vous eu beaucoup d’engagements une fois installé à New York ?

Je jouais avec Arturo quand je me suis installé à New York et je jouais aussi avec Roy. Entre les deux, j’ai joué avec Horace Silver et on a enregistré un disque ensemble.


Comment la rencontre d’Horace Silver (
Jazz Hot n°528) s’est-elle faite ?

J’ai rencontré Horace quelques années auparavant à L.A. J’avais aussi auditionné pour lui deux ans avant de m’installer à New York mais je n’avais pas été engagé… Je pensais que je devais l’être (rires) ! C’était en 1995 ou 1996. Une fois à New York, il m’a appelé et m’a demandé de revenir à Los Angeles pour une audition. J’ai refusé très poliment mais s’il voulait que je joue avec lui, ce serait avec grand plaisir. Et il m’a appelé et j’ai rejoint son groupe. C’était l’été 1997.

Vous m’avez dit avoir eu l’occasion de rencontrer Donald Byrd à cette époque.

Donald Byrd était venu à un des concerts où je jouais avec Horace Silver. Je l’ai rencontré quelques fois. C’était un vrai de vrai. Mon père avait Modern Jazz Perspective. C’est un de mes disques préférés.

Donc vous aviez des engagements sitôt arrivé à New York. Avec qui avez-vous joué ?

J’ai travaillé dès mon arrivée à New York. J’ai eu beaucoup de chance. J’ai joué avec Roy Hargrove, Horace Silver, Hank Jones, Herbie Hancock, Cedar Walton.

Vous avez joué avec Roy Hargrove, dans son quintet et avec le RH Factor. Que retenez-vous de cette expérience ?

Le RH Factor était une super expérience mais cette musique n’était pas mon style. Mon idée était de partir quand le quintet s’est arrêté. Mais ils m’ont convaincu de rester et il voulait faire une tournée avec deux batteurs. Je connaissais déjà Jason Thomas, un excellent batteur. Cette tournée s’est transformée en deux ans. C’était super. On a joué de l’excellente musique funk. C’était une très bonne expérience. J’aime en particulier les albums Hard Groove et Distractions.

Eric Reed (Jazz Hot n°641) apparaît dans tous vos albums en leader. Est-ce le musicien dont vous vous sentez le plus proche ?

J’ai rencontré Eric à l’église. Nous avons à peu près le même âge. Eric est le musicien de jazz que je connais depuis le plus longtemps. On s’est rencontrés avec mon oncle, qui est un chanteur de gospel. C’était il y a des années. C’était avant qu’Eric ne joue du jazz. Je n’en étais pas sûr mais je sentais qu’il devait aimer le jazz parce qu’il jouait si bien. Quelques années plus tard, je l’ai vu jouer avec Wynton Marsalis. C’était le même type avec qui je jouais à l’église. Des musiciens de ma génération, c’est mon pianiste préféré avec Cyrus Chestnut. Eric et moi avons un lien musical très fort. Il a tout ce que j’aime entendre chez un pianiste. Donc si j’ai un projet en leader, j’aime en général qu’il en fasse partie.

Quelles qualités recherchez-vous chez un autre musicien ?

Il faut que ça swingue et que ce soit très musical. Eric Reed en est la quintessence. Si vous jouez du jazz, il faut que ça swingue.

Connaissiez-vous Cedar Walton (Jazz Hot n°520) avant de jouer avec lui ?

J’ai rencontré Cedar par l’intermédiaire de Billy Higgins. C’était donc il y a des années. J’ai été son batteur pendant cinq ans. Et même avant ça, il m’arrivait de remplacer Lewis Nash, Joe Farnsworth, Kenny Washington.


Était-ce un rêve de jouer avec lui ?

En parlant de réaliser ses rêves, en voilà un ! Je me souviens des concerts du Cedar Walton Trio à L.A. avec Billy Higgins et David Williams. Je ne les ratais jamais ! J’ai appris tous ses morceaux il y a des années. Ses compositions restent avec vous. Il n’a pas la reconnaissance qu’il mérite pour tout ce qu’il a écrit.

Quel était le style de Cedar Walton ?

C’était un pianiste incroyable. En tant que leader, il savait ce qu’il voulait mais il vous donnait beaucoup de place pour vous exprimer. Il respectait votre créativité et ce que vous pouviez apporter. Parfois certains leaders veulent tout gérer. C’est comme être dans une camisole. Je préfère quand on fait plus confiance aux musiciens. Cedar était très fort pour ça.

Étiez-vous familier avec son répertoire avant de jouer avec lui ?

Avant de jouer avec lui, je pensais connaître la plupart de ses compositions. Quand j’ai commencé à travailler avec lui, je me suis rendu compte que je n’en connaissais pas la moitié. Et j’en connaissais beaucoup !

Étiez-vous proche de Cedar Walton ?

Nous avions un lien. J’avais une amitié avec Cedar et David (Williams) avant de travailler avec eux. Billy Higgins m’a présenté aux musiciens avec lesquels il jouait. Cedar passait au workshop de Billy. David aussi. Mais quand j’ai rejoint le trio et me suis mis à voyager avec eux, c’est devenu comme une famille.

Willie Jones III, Sunside, Paris (mai 2013) © Mathieu Perez


Vous avez créé votre propre label, WJ3 Records, sur lequel vous avez enregistré cinq albums en leader. Vous avez aussi produit Eric Reed et Cyrus Chestnut (
Jazz Hot n° 559). Comment ce label a-t-il évolué ?

Au départ, personne ne voulait me signer. Je voulais juste enregistrer. C’était donc par nécessité que je l’ai créé. Certains s’enregistrent pour décrocher un gros contrat. Moi, cela ne m’intéresse pas du tout. Si avant, c’était par nécessité, aujourd’hui j’ai créé un corpus qui va jusqu’à Eric Reed et Cyrus Chestnut. Je veux poursuivre dans cette voie et continuer ce que Max Roach, Mingus avaient tracé avec leurs propres labels.

Quelles ont été vos inspirations dans vos albums en leader ?

Pour les deux premiers, Volume 1… Straight Swingin’ and Volume 2… Don’t Knock The Swing, je voulais garder une trace des personnes avec qui je travaillais à ce moment-là. Dans le premier, il y avait Gerald Cannon à la basse et Sherman Irby au saxophone, avec qui j’avais joué dans le groupe de Roy Hargrove. Puis il y avait l’autre saxophoniste, James Mahone, qui avait travaillé avec moi dans le groupe Black Note. Nous sommes partis à New York ensemble. Il y avait Billy Childs sur quelques morceaux. Je voyais Billy à L.A. Donc c’était important pour moi de documenter ma relation avec eux. Et il y avait Eric Reed bien sûr.


C’est une sorte de biographie musicale…

Oui. Dans le deuxième album, il y avait à nouveau Gerald Cannon, Roy Hargrove, Steve Davis, avec qui j’avais travaillé autour de New York. Oui, c’est une sorte de biographie musicale. Ca vous donne une idée d’où vous en êtes dans votre carrière. Dans le troisième album, Volume 3, j’ai commencé à réfléchir plus en termes de conception. Je voulais un trio et jouer avec deux musiciens en particulier, Eric Reed et Dwayne Burno. Pour The Next Phase, je voulais avoir le son de Timeless All Stars de Cedar Walton avec le vibraphone, le trombone et le ténor. Je pensais à un son en particulier.



1. Etablissement supérieur public et gratuit.
2. Le Watts Towers Arts Center est un centre d’art qui ouvert ses portes en 1970.



Contact

www.williejones3.com


Discographie

Leader

CD 2001. Vol 1 … Straight Swinging, WJ3 Records 31001
CD 2003. Vol 2 … Don't Knock the Swing, WJ3 Records 31003

CD 2006. Vol 3, WJ3 Records 31005

CD 2010. The Next Phase, WJ3 Records 31008

CD 2013. Willie Jones III Plays the Max Roach Songbook, WJ3 Records 31012


     

Sideman

CD 1982-2003. Montreal Jazz Festival Vol 1 : Very best Live, Universal 986287
CD 1991. Black Note, 43rd & Degnan, World Stage 1011

CD 1993. Black Note, L.A. Underground, Red Records RR 123259-2

CD 1993. Cliff Brown, In the Meantime, All-in-One 31731

CD 1993. Black Note, Jungle Music, Columbia 57825

CD 1994. Kei Akagi, Mirror Puzzle, Audioquest AQ 1028

CD 1995. Black Note, Nothing but the Swing, Impulse! IMPD 177

CD 1996. Hideaki Tokunaga, The Wind Told Me, Moo 5005

CD 1996-97. Matt Otto, 53 West 19th, Noir Records 21

CD 1996-97. Joe Gaeta, Art of the Workingman, Rhombus Records / Positone 7009

CD 1997. Arturo Sandoval, Hot House, N2K Encoded Music 10023

CD 1997. Anthony Wilson, Anthony Wilson, Mama Foundation MMF 1018

CD 1997. Kamau Daaoud, Leimert Park, Mama records 1019

CD 1998. Anthony Wilson, Goat Hill Junket, Mama Foundation MMF 1022

CD 1998. Horace Silver, Jazz … Has … a Sense of Humor, Impulse! IMPD 293-2

CD 1998. Anthony Wonsey, Open the Gates, Cris Cross Jazz 1162

CD 1998. Ryan Kisor, Point of Arrival, Criss Cross 1180

CD 1998. Doug Lawrence, High Heel Sneakers, Fable Records 54303

CD 1998. Anthony Wonsey, Open the Gates, Criss Cross 1162

CD 1998. Charles Wright, Going to the Party, M$Wm Records 2001

CD 1998. Ryan Kisor, The Usual Suspects, Fable Records 54267

CD 1999. Roy Hargrove, Moment to Moment, Verve 543 540-2

CD 1999. Eugene Maslov, The Face of Love, Mack Avenue 1002

CD 2000. Phil Woods, Voyage : Phil Woods with the Bill Charlap Trio, Chiaroscuro CR 368

CD 2000. Sherman Irby, Black Warrior, Black Warrior 1001

CD 2000. Jim Rotondi, Reverence, Criss Cross 1209

CD 2000. John Harrington, Love's Divine, Orchard 7468

CD 2001. Peter Beets, New York Trio, Criss Cross 1214

CD 2001. Jesse van Ruller, Here and There, Cris Cross 1217

CD 2001. Ryan Kisor, The Dream, Cris Cross 1215

CD 2002. Ryan Kisor, Awakening, Criss Cross 1239

CD 2002. Roy Hargrove RH Factor, Hard Groove, Verve 065192

CD 2002. Peter Beets, New York Trio Page Two, Criss Cross 1237

CD 2003. Jon Mayer, The Classics, Reservoir RSRCD 175
CD 2004. Roberta Gambarini, Easy to Love, In & Out 02070842

CD 2004. Grant Stewart, Grant Stewart + 4, Criss Cross 1269

CD 2004. Sherman Irby, Faith, Black Warrior 1002

CD 2004. Roy Hargrove RH Factor, Strength EP, Verve 9863348


     

     

CD 2005. Eric Reed, Here, MaxJazz MXJ 216

CD 2005. Peter Zak, For Tomorrow, SteepleChase SCCD 31592

CD 2005. Julius Toledano, Just the Beginning, Sharp Nine Records 1034

CD 2006. Wycliffe Gordon-Eric Reed, We, Vol. 2, WJ3 Records 31006

CD 2006. Tom Scott, Bebop United, Telarc MCGJ 1021

CD 2006. Roy Hargrove RH Factor, Distractions, Verve 000598702

CD 2006. Roy Hargrove, Nothing Serious, Verve 9888507

CD 2007. Marcus printup, London Lullaby, SteepleChase 31655

CD 2007. Marilyn Scott, Every Time We Say Goodbye, Venus 890974

CD 2007. Kurt Elling, Nighmoves, Concord Jazz 7230138

CD 2007. Houston Person, Thinking of You, High Note HCD 7177

CD 2007. Tom Guarna, Wingspan, SteepleChase 31634

CD 2007-2008. Joe Cohn, Shared Contemplations, Criss Cross 1309

CD 2008. Eric Reed, Stand !, WJ3 Records 31007

CD 2008-10. Ernestine Anderson, Nightlife, High Note HCD 7213

CD 2009. Eric Reed & Cyrus Chestnut, Plenty Swing, Plenty Soul, Savant SCD 2104

CD 2009. Ernestine Anderson, A Song for You, High Note HCD 7187

CD 2009. Cory Weeds, Everything's Coming Up Weeds, Cellar Live Records 11909

CD 2009. Yotam Silberstein, Next Page, Positone 8050

CD 2009. Pamela Luss, Sweet and Saxy, Savant SCD 2103

CD 2009. Cedar Walton, Voices Deep Within, High Note HCD 7204

CD 2009. Stevie Holland, Before Love Has Gone, 150 Music 9

CD 2009. Steve Davis, Live at Smalls, Smallslive SL 0005

CD 2009. Noah Haidu, Slipstream, Positone 8077

CD 2010. Lisa Kirchner, Something to Sing About, Albabany Music Distribution TROY 1268

CD 2010. Tim Mayer, Resilience, Jazz Legacy 1101015

CD 2010. Cyrus Chestnut, The Cyrus Chestnut Quartet, WJ3 100100

CD 2010. Houston Person, Moment to Moment, High Note HCD 7217

CD 2010. Justin Robinson, In the Spur of the Moment, WJ3 Records 31011

CD 2010. Charles Wright, Music in the Times We Live in, M$Wm Records 2002

CD 2010. Suzanne Pittson, Out of the Hub : The Music of Freddie Hubbard, Vineland Records VLCD 7757

CD 2011. Cedar Walton, The Bouncer, Half Note 7223

CD 2011. Piero Odorici, Savant SCD 2115

CD 2011. Elio Villafranca, Caribean Tinge : Live from Dizzy's Club Coca Cola, Motéma 233854

CD 2011. Floriaan Wempe, Flo's Flow, Challenge Records 73347

CD 2011. Charles Wright, That Funky Thang, M$Wm Records 2005

CD 2012. Jacques Lesure, When She Smiles, WJ3 Records 31014

CD 2012. Desron Douglas, Live at Smalls, Smallslive SL 0028

CD 2013. Cyrus Chestnut, Soul Brother Cool, WJ3 Records 31013

CD 2013. Steve Turre, The Bones of Art, High Note HCD 7251

CD 2013. Justin Robinson, Alana's Fantasy, Criss Cross 1371


Vidéos

The Willie Jones III Sextet, « To Lady », extrait de Plays The Max Roach Songbook/Live at Jazz at Lincoln Center's Dizzy's Coca-Cola (2012)

Willie Jones III (dm), Eric Reed (p), Dezron Douglas (b), Jeremy Pelt (tp), Stacy Dillard (ts), Steve Davis (tb)

Willie Jones III, « The Thorn », extrait de The Next Phase (2009)

Willie Jones III (dm), Eric Reed (p), Dezron Douglas (b), Greg Tardy (sax), Steve Davis (tb), Warren Wolf (vib)

Cedar Walton Trio, « Cedar’s Blues », Live 2013

Cedar Walton (p), David Williams (b), Willie Jones III (dm)

Roy Hargrove Quintet, « Circus », Festival de Jazz de Berne (Allemagne), 2000

Roy Hargrove (tp), Sherman Irby (sax), Larry Willis (p), Gerald Cannon (b), Willie Jones III (dm)

Horace Silver, « The Mama Suite Part 1: Not Enough Mama », extrait de Jazz Has A Sense Of Humor (1999)

Horace Silver (p), Ryan Kisor (tp), Jimmy Greene (sax), John Webber (b), Willie Jones III (dm)

Arturo Sandoval, « Hot House », extrait de Hot House (1998)



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