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Lucky Peterson

17 mai 2020
13 décembre 1964, Buffalo, NY - 17 mai 2020, Dallas, TX
© Jazz Hot 2020

Lucky Peterson, Marseille, 1995 © Ellen Bertet
Lucky Peterson, Marseille, 1995 © Ellen Bertet

Lucky PETERSON

The Son of Blues




La disparition brutale de Lucky Peterson a provoqué un véritable séisme dans l'univers du circuit du blues. Par l'importance qu'il avait prise au sein d'une génération talentueuse, dont les chefs de file sont Joe Louis Walker, Kenny Neal ou Melvin Taylor, on peut rapprocher ce choc à celui causé par ce décès de Roy Hargrove en 2018 dans le circuit jazz. Lucky Peterson avait su, grâce à sa personnalité, son talent de multi-instrumentiste (g, p, org, voc, dm…) et d'homme de scène, étendre le public du blues sur le continent européen depuis le début des années 1990, dont une relation particulièrement étroite avec la France marquée de nombreux albums de qualité. Musicien toujours en éveil, il aimait les rencontres et avait un profond respect pour la grande tradition de la musique afro-américaine sous toutes ses formes, du blues au jazz en passant par la soul, le funk ou le gospel. Il savait également diversifier son approche du blues avec toujours un souci d'authenticité.

Au début de la crise sanitaire, il préparait une nouvelle tournée dont l'annulation lui avait inspiré un «Coronavirus Blues» enregistré dans sa chambre d'hôtel parisienne. Elle aurait été le prolongement de son dernier opus 50. Just Warming Up! fêtant son demi-siècle de carrière autour du blues, lui qui voulait tout simplement «vivre! C'est tout ce qu'un grand musicien doit faire: la longévité, stay around!» comme il l’avait confié à Jazz Hot (n°629, 2006). Il était rentré chez lui à Dallas et c'est là malheureusement qu'il a succombé un dimanche après-midi, victime de plusieurs AVC.




Lucky Peterson, Festival de Jazz de Vitoria-Gasteiz, 1998 © Jose Horna


Lucky Peterson, Festival de Jazz de Vitoria-Gasteiz, 1998 © Jose Horna


Né en 1964 à Buffalo, NY, Judge Kenneth Peterson a porté le blues dès son plus jeune âge. Son père James Peterson était lui-même musicien et possédait le club The Governor's Inn. Lors d'un entretien au cours de sa tournée de 1993, en première partie de James Brown, il m'avait confié que «le club se situait au rez-de-chaussée, et nous habitions au premier étage. La programmation au club m'a permis d'entendre des musiciens exceptionnels comme John Lee Hooker, Jimmy Reed, Koko Taylor ou Muddy Waters. Ce qui était formidable, c'est qu'il y avait toujours de la musique sept jours sur sept. En fait, je baigne dans le blues depuis toujours, cela fait partie de ma culture.» A l'âge de 4 ans, il apprend la batterie et l'orgue Hammond. Il ajoute à ce sujet: «C'est une vieille histoire. Je devais avoir 5 ans lorsque l'organiste Bill Doggett était à l'affiche de notre club, et il avait un orgue B3 qui me fascinait. La nuit précédant le concert, j'ai voulu faire le malin en mettant l'orgue en marche. Mais en descendant les escaliers, l'alarme s'est déclenchée et Bill Doggett est apparu avec une arme à la main, croyant à un cambriolage. Lorsqu'il m'a vu devant l'instrument, il m'a demandé si je voulais jouer et s'est mis à jouer. J'ai su à partir de ce moment que je jouerais de cet instrument» (Jazz Hot n°501, 1993).
Peu de temps après, lors d'un passage au club, c'est Willie Dixon qui remarque cet enfant au talent affirmé et lui fait enregistrer la matière de plusieurs 45t. (Yambo et Today) qui sont repris partiellement sur l'album 33t Our Future: 5 Year Old Lucky Peterson (1970-71, Today). Les 45t figurent alors dans les jukes box de la région. Lucky Peterson prolonge cette première expérience sur les plateaux de télévision, dont celui du célèbre Tonight Show de Johnny Carson (20 janvier 1972) ou dans l'émission Soul! (1er mars 1972, cf. vidéos).
Malgré le succès d'estime de son second album, The Father, the Son, the Blues, enregistré avec son père un an plus tard sur le même label, le jeune Lucky Peterson retourne à ses études. Cette enfance de prodige du blues se déroule dans un monde extraordinaire pour le garçon qui continue d'apprendre la musique dans le club familial, jouant avec la formation d'un père omniprésent. A cette époque, il prend des cours d'orgue avec Dr. Lonnie Smith et Jimmy Smith, vivant la musique au quotidien tout en s'initiant à la guitare lors de jams interminables.

 

Lucky Peterson, Marseille, 1995 © Ellen Bertet
Lucky Peterson, Marseille, 1995 © Ellen Bertet


Durant les années 1970, la famille Peterson alterne les séjours entre Buffalo et la Floride. Le jeune Lucky tout juste adolescent va faire ses véritables débuts professionnels en tenant les claviers derrière le légendaire Little Milton (g) pour un blues teinté de soul. Le superbe Live at Westville Prison (1983, Delmark) laissera une trace de cette première expérience de sideman, avec une tournée internationale qui passe par la France, au sein du «Chicago Blues Legends» où l'on retrouve également l'excellent Big Voice Odom (voc) et Magic Slim (g) & Teardrops. Lucky Peterson en profite pour enregistrer deux disques pour le label Isabel au fameux studio Davout à Paris, sous l’égide de Little Milton: The Blues Is Allright avec les Teardrops, où l'on retrouve aussi John Primer (g), et l'autre avec Big Voice Odom (voc), Feel So Good, comprenant Magic Slim & Teardrops. Il revient en Europe en 1984 au sein du «Young Blood Blues Band» qu'il dirige avec Melvin Taylor (g). Lors de cette tournée, il enregistre, le 21 mars, toujours pour Isabel, deux albums, l'un sous son nom, Ridin, et l'autre sous celui de Melvin Taylor, Plays the Blues for You. Il entre la même année dans la formation de l'icône de la soul-blues du Sud Bobby Blue Bland (voc), un pilier de la scène de Memphis longtemps associé à B.B. King et dont l'album Two Steps in the Blues (Duke Records, 1961) reste un modèle du genre. A ce sujet il confiera «J'ai appris à devenir un homme de spectacle. Chez Little Milton, j'ai observé le sens du chorus à la guitare; de Bobby Blue Bland, la facilité dans le chant. Toujours donner l'impression d'être cool.» (Jazz Hot n°501, 1993).

 

Lucky Peterson, Triple Play


En 1988, il s'installe à Dallas, TX tout en maintenant un lien familial avec la Floride et devient un sideman recherché pour ses qualités d'instrumentiste, cornaqué par le producteur local Bob Greenslee qui le fait enregistrer pour le label King Snake avec des artistes tels que Kenny Neal (g), Lazy Lester (harm, g), Rufus Thomas (voc), Troy Tuner (g), Joe Beard (g), Noble Thin Man Watts (s) et le trompettiste Nat Adderley! Par ailleurs, il lui fait graver deux albums pour le label Alligator: Lucky Strikes et Triple Plays qui lui donneront une certaine notoriété. Il participe aussi au fameux Harp Attack! autour de Junior Wells (voc, hca), Billy Branch (hca), James Cotton (voc, hca) et Carey Bell (hca), l'un des fleurons du catalogue Alligator. Egalement en 1990, il participe à la bande originale du film Tune in Tomorrow (de Jon Amiel) dirigée par Wynton Marsalis.

Junior Wells/Carey Bell/James Cotton/Billy Branch/, Harp Attack!



Il lui faut attendre la proposition de Jean-Philippe Allard, alors directeur de PolyGram Jazz, pour entamer la période la plus florissante de sa carrière. Désormais dotés de moyens importants, ses albums bénéficient d’une production luxueuse dès I'm Ready (1992) avec la présence du producteur John Snyder qui a déjà travaillé avec de nombreuses personnalités du jazz pour le label CTI dont Chet Baker, Paul Desmond, Jim Hall, Charlie Haden ou Dave Brubeck. Il s'entoure ainsi de solides musiciens dont Tony Coleman (dm), Wilbur Bascom (b), Ernie Lancaster (g) ou The Uptown Horns, sans oublier deux invités prestigieux, Larry McCray (g) et surtout Illinois Jacquet (ts) sur un shuffle survolté: «Junk Yard». Une version audacieuse du classique «Who's Been Talkin'?» d'Howlin' Wolf connaît un succès en Europe et Lucky Peterson fait quelques apparitions à la télévision, touchant ainsi un public moins spécialisé. Il enchaîne avec une tournée en première partie de James Brown en 1993 où il démontre des qualités de showman doublées d'une culture jazz, impressionnante pour un jeune musicien surdoué comme la génération en connaît. L'album Beyond Cool (1993) garde toujours cet équilibre entre blues, soul et thèmes plus funky comme cette version en compagnie des Memphis Horns de «Compared to What», thème immortalisé par Eddie Harris.

 

Lucky Peterson, Marseille, 1995 © Ellen Bertet
Lucky Peterson, Marseille, 1995 © Ellen Bertet


La suite est encore marquée par d'excellents disques, comme cet hommage à Mahalia Jackson sur Spirituals & Gospel (1996) avec Mavis Staples (voc), une collaboration plus orientée vers le funk avec Bootsy Collins (eb) sur Lifetime (1995), le blues épicé de New Orleans en compagnie de Jon Cleary (p) et des Texacali Horns sur Double Dealin, sans oublier un retour plus roots sur Move (1997) et Lucky Peterson (1999) avec le vétéran de la scène de Chicago Johnny B Gayden (g) ainsi que Dennis Chambers (dm). Lucky Peterson y démontre une grande maîtrise tant dans les arrangements singuliers de grands classiques qu’en tant qu’interprète aux claviers, à la guitare ou au chant trempé dans le gospel. Il profite de cet ancrage au sein d'Universal pour développer son expérience de sideman auprès d'Abbey Lincoln (voc) sur A Turtle's Dream (1995), entouré de Rodney Kendrick (p) et de Victor Lewis (dm), tout en collaborant à l'ensemble de la collection Gitanes Blues Productions de Verve dont font partie Jimmy Johnson, Big Daddy Kinsey, Joe Louis Walker et James Cotton. Il s'octroie au passage quelques escapades avec Junior Wells pour un convaincant Better Off With the Blues (1993) et une rencontre plus jazz à l'orgue avec la chanteuse Gabrielle Goodman en compagnie de Mulgrew Miller (p) sur Until With Love (1994).

Durant cette prolifique période des années 1990, il arpente les scènes européennes en véhiculant cette image de bluesman hors-pair retrouvant l’étendue de l'expression afro-américaine, dans l'esprit d'un Ray Charles, et de prêcheur profane, devant un public dépassant allègrement le cadre des amateurs de blues. On se souvient de ses descentes au milieu du public ou des nombreuses jams auxquelles il participait dans les festivals. Son contrat lui permet aussi quelques collaborations auprès de géants du blues prêtant sa guitare, son piano ou son orgue Hammond B3 sur les productions d'Etta James (voc), Junior Wells, Carl Weathersby (g), Trudy Lynn (voc), Carey Bell (hca), Kenny Neal (g,voc) ou un bel hommage à Howlin' Wolf en compagnie de Hubert Sumlin (g), Eddie Shaw (s) et Henry Gray (p).

 

La décennie suivante est plus contrastée, en raison de problèmes personnels et de santé qui vont amener Lucky Peterson à alterner, pour le label anglais JSP, des productions routinières, enregistrées chez lui au Texas, avec quelques collaborations pas toujours heureuses. Il revient à l'essence du blues lors de son retour chez EmArcy avec un projet ambitieux de coffret de trois albums autour de l'orgue Hammond B3, Organ Soul Sessions toujours produit par Jean-Philippe Allard. Il y renoue avec un univers proche du jazz, un jazz de culture où le blues est roi, entouré de pointures tel que Houston Person (ts), Rodney Jones (g), Cornell Dupree (g) ou Cindy Blackman (dm) dans un répertoire où l'on croise Thelonious Monk, Duke Ellington, Horace Silver, Quincy Jones, Lee Morgan, Kenny Burrell ou Herbie Hancock. Il signe également un bel album acoustique, You Can Always Turn Around, chez Dreyfus Jazz, un album ambitieux, entre jazz, fusion et funk, Sun en compagnie de Bill Laswell (eb), Henry Threadgill (s) et Graham Haynes (tp), le fils de Roy Haynes.

 

Lucky Peterson, Marseille, 1995 © Ellen Bertet
Lucky Peterson, Marseille, 1995 © Ellen Bertet

Ces dernières années, il avait retrouvé une forme de sérénité et le succès, notamment avec son album The Son of the Bluesman et surtout son beau Tribute to Jimmy Smith avec Archie Shepp (s) et Herlin Riley (dm), baladant son orgue et sa guitare du Duc des Lombards au Sunset en passant par le New Morning, le Théâtre de l'Odéon et à  l’automne dernier, finissant sa tournée The Blues Are Back pour ses 50 ans de carrière commencée en 2018, au Théâtre Alexandre Dumas de St-Germain-en-Laye (cf. VIDEOS) avec Tamara Tramell (voc), son épouse texane de Dallas, et son groupe The Organization. Une histoire d'amour avec la France et sa capitale qu'il fréquentait encore quelques jours avant le début du confinement. Sa disparition précoce s'inscrit dans la lignée des grands musiciens trop tôt disparus en cette année 2020 désastreuse pour le jazz de culture. 

Lucky Peterson laisse cependant une œuvre déjà respectable quantitativement et remarquable de qualité, d'une grande cohérence et plénitude artistique, comme les musiciens qui ont su réunir et tenir aussi fortement tous les fils de l’expression afro-américaine
. Son jeune âge donne d'énormes regrets aux amateurs de tous les continents. Au-delà de l’artiste de scène, il restait un homme abordable et sympathique, toujours illuminé par son beau sourire, in the tradition.


David Bouzaclou
Photos Ellen Bertet et Jose Horna




LUCKY PETERSON ET JAZZ HOT: 501-1993, 531–1996, 629-2006

DISCOGRAPHIE

Leader/coleader

45t 1970. Our Future: 5 Year Old Lucky Peterson: Funky Alphabet/Our Future, Today 1504 (repris dans le LP Our Future))
45t 1970. Lucky Peterson Blues Band: 1.2.3.4./Lucky's Tune, Yambo 77704/05 (=Today 1512)
45t 1970. Lucky Peterson Blues Band: 
All on Account of You/Sing the Blues Till I Die, Yambo 77705/6 (=Today 1514)
LP  1970-71. Our Future: 5 Year Old Lucky Peterson, Today 1002

LP  1972. James and Lucky Peterson, The Father, the Son, the Blues, Today 1011

CD 1984. Ridin', Isabel 919.2

CD 1987. Triple Play, Alligator 4789

CD 1989. Lucky Strikes!, Alligator 4770

CD 1992. I'm Ready, EmArcy/Gitanes Jazz 517 513–2

CD 1993. Beyond Cool, Verve/Gitanes Jazz 521 547–2

CD 1995. Lifetime, Verve/Gitanes Jazz Productions 527 771–2 (=529 811-2)

CD 1996. Spirituals & Gospel: Dedicated to Mahalia Jackson, Verve/Gitanes Jazz 533 562–2 (avec Mavis Staples)

CD 1997. Move, Verve/Gitanes Jazz 537 897–2

CD 1998. Lucky Peterson, Blue Thumb/Gitanes Jazz 547 433–2

CD 2000. Double Dealin, Verve 549 475–2

CD 2002. Black Midnight Sun, Birdology 36643 (=Dreyfus Jazz 36643–2)

CD 2004. If You Can't Fix It, JSP 5100 (avec James Peterson)

CD 2007. Tête à tête, JSP 8805 (avec Andy Aledort et Larry McCray)

CD 2009. Organ Soul Sessions: The Music Is the Magic, EmArcy 531 239–9

CD 2009. Organ Soul Sessions: Mercy, EmArcy 531 380–0

CD 2009. Organ Soul Sessions: Brother Where Are You?, EmArcy 531 380–1

CD 2010. You Can Always Turn Around, Dreyfus Jazz 46050–369672

CD 2010. Heart of Pain, JSP 8824

CD 2011. Every Second a Fool Is Born, JSP 8831

CD 2012. Travelin' Man, JSP 8854

CD 2012. I'm Back Again, Blues Boulevard 250357

CD/DVD 2012. Live at The 55 Arts Club Berlin, Blackbird Music 201210

CD 2014. The Son of a Bluesman, Jazzbook/Jazz Village 570035

CD/DVD 2014. July 28th 2014 (Live in Marciac), Jazzbook/Jazz Village 570076

CD 2016. Long Nights, JSP 3001

CD 2017. Tribute to Jimmy Smith, Jazzbook/Jazz Village 570135

CD 2019. 50. Just Warming Up!, Jazz Village 570165  


1971-Lucky Peterson, Our Future: 5 Year Old Lucky Peterson1984-Lucky Peterson, Ridin'1989-Lucky Peterson, Lucky Strikes!1992-Lucky Peterson, I'm Ready
1995-Lucky Peterson, Lifetime1996-Lucky Peterson & Mavis Staples, Spirituals & Gospel1999-Lucky Peterson2003-Lucky Peterson, Black Midnight Sun
2007-Lucky Peterson, Tête à tête2009-Lucky Peterson, Organ Soul Sessions: Mercy2014-Lucky Peterson, The Son of a Bluesman2019-Lucky Peterson, 50. Just Warming Up!

Sideman

LP  1982. James Peterson Blues Band, Trying to Keep the Blues Alive, Judge 101
CD 1982. Andrew Big Voice Odom, Isabel/Evidence 26027-2

CD 1982. Little Milton, The Blues Is Allright, Isabel Records/Evidence 26026–2

45t 1982-83. James Peterson, Cheating Woman/That Certain Feeling, Fantastic 1007/8
CD 1983. Little Milton, Live at Westville Prison, Delmark 681

CD 1984. Melvin Taylor, Plays the Blues for You, Isabel 599 202

LP  1987. Kenny Neal, Bio on the Bayou, King Snake 005

CD 1988. Kenny Neal, Big News From Baton Rouge!!, Alligator 4764

CD 1988. Lazy Lester, Harp & Soul, Alligator 4768

CD 1988. Rufus Thomas, That Woman Is Poison!, Alligator 4769

CD 1989. Kenny Neal, Devil Child, Alligator 4774

CD 1989. Alex Taylor, Voodoo in Me, King Snake 015

CD 1989. Razzy Bailey, Blues Juice, King Snake 014

LP  1989. Iko–Iko, Snowstorm in the Jungle, King Snake 009

CD 1990. Noble Watts & Nat Adderley, Noble & Nat, King Snake 4041
CD 1990. James Peterson, Too Many Knots, Ichiban 1130
CD 1990. James Peterson, Rough and Ready, King Snake 4031

CD 1990. James Cotton/Junior Wells/Carey Bell/Billy Branch, Harp Attack!, Alligator 4790

CD 1990. Big Daddy Kinsey and Sons, Can't Let Go, Blind Pig 73489

CD 1990. Jumpin' Johnny Sansone & the Blues Party, Mr Good Thing, King Snake 4039

CD 1990. Dr Hector & The Groove Injectors, House Calls, King Snake 4029

CD 1990. Wynton Marsalis, Tune in Tomorrow. The Original Soundtrack, Columbia 47044

CD 1990. Ace Moreland, Sizzlin' Hot, King Snake 4030

CD 1990. Sarasota Slim, Bourbon to Beale, Appaloosa 069–2

CD 1990. Joe Beard, No More Cherry Rose, King Snake 4040

CD 1990. Troy Turner, Teenage Blues in Baton Rouge, King Snake 4038

CD 1991. Ernie Lancaster Featuring Lucky Peterson, Ernestly, Ichiban/King Snake 9011

CD 1992. Floyd Miles & Friends, Crazy Man, Ichiban 9022

CD 1992. Lonnie Shields, Portrait, Rooster Blues 72626

CD 1992. Etta James, The Right Time, Elektra/Warner 7559–61347–2

CD 1992. Frankie Lee, Doug Newby and the BluzBlasters, Sooner or Later, Flying Fish 70595

CD 1993. Big Daddy Kinsey, I Am the Blues, Verve/Gitanes Blues Productions 314 519 175–2

CD 1993. Noble Thin Man Watts, King of the Boogie Sax, Wild Dog 9102

CD 1993. Joe Louis Waler, Blues Survivor, Verve/Gitanes Blues Productions 314 519 063–2

CD 1993. Junior Wells, Better Off With the Blues, Telarc Blues 83354

CD 1993. Midnight Creepers, Breaking Point, Wild Dog Blues/King Snake 9101

CD 1994. James Cotton, Living the Blues, Verve/Gitanes Blues Productions 314 521 238–2

CD 1994. Gabrielle Goodman, Until With Love, JMT Records 697 124 046–2

CD 1994. Kenny Neal, Hoodoo Moon, Alligator 4825

CD 1994. Jimmy Johnson, I'm a Jockey, Birdology, Verve 314 521 5862

CD 1994. Orchestre National de Jazz/Laurent Cugny, Yester Now, Verve 522 511–2

CD 1994. Sarasota Slim, Hungry Man, Appaloosa 101–2

CD 1995. Carey Bell, Deep Down, Alligator 4828

CD 1995. Abbey Lincoln, A Turtle's Dream, Verve/Gitanes Jazz Productions 314 527 382–2

CD 1996. Tony Coleman, Out in the Open, King Snake 029

CD 1996. Orchestre National de Jazz/Laurent Cugny, In Tempo, Verve 532 438–2

CD 1997. Collectif, Paint It Blue: The Songs of the Rolling Stones, House of Blues/RUF 1020

CD 1998. Henry Gray/Calvin Jones/Sam Lay/Colin Linden/Eddie Shaw/Hubert Sumlin, A Tribute to Howlin' Wolf,
Telarc Blues 83427

CD 1998. Trudy Lynn, U Don't Know What Time It Is, Bird & Blues/WEA Music 3984–24680-2

CD 1999. Carl Weathersby, Come to Papa, Evidence 26108–2

CD 1999. Collectif, Hellhound on My Trail (Songs of Robert Johnson), Telarc Blues 83521

CD 2001. Collectif, The Blues White A1bum, Telarc Blues 83553

CD 2002. James Cotton Blues Band, 35th Anniversary Jam of James Cotton Blues Band, Telarc Blues 83550

CD 2002. Melvin Taylor & Slack Band, Rendez-vous With the Blues, Evidence 26123–2

CD 2002. Collectif, Exile on Blues St, Telarc Blues 83571

CD 2005. Bernard Allison, Larry McCray, Carl Weathersby, Triple Fret, JSP 8802

CD 2005. Marcus Miller, Silver Rain, Dreyfus Jazz FDM 36 673–9

CD 2005. Nigel Kennedy, Blue Note Sessions, Blue Note 0946 3 57050 2 7

CD/DVD 2006. Nina Van Horn, From Huntsville to Jordan, Cristal Records 119

CD 2006. Tommy McCoy, Lay My Demons Down, Green Swamp 11616

CD 2008. Kenny Neal, Let Life Flow, Blind Pig 5122

CD 2008. Ayo, Gravity at Last, Polydor 006007531120 45

CD 2010. Cookie McGee, One Way Ticket: The New Queen of Texas Blues. Live, Wolf Records 120.632

CD 2013. Tamara Peterson, Whatever You Say, JSP 8848

CD 2015. Zac Harmon, Right Man. Right Now, Blind Pig 5167

CD 2015. Miss Angel With Shawn Kellerman, Down in Mississippi, Electro-Fi 3446

CD 2018. Big Dez, Last Train, Autoproduit 816335

1982-Little Milton, The Blues Is Allright1988-Kenny Neal, Big News From Baton Rouge !!1990-Wynton Marsalis, Tune in Tomorrow. The Original Soundtrack1992-Etta James, The Right Time
1995-Abbey Lincoln, A Turtle's Dream2002-Melvin Taylor & Slack Band, Rendez-vous With the Blues2005-Bernard Allison-Larry McCray-Carl Weathersby, Triple Fret2018-Big Dez, Last Train



VIDEOS

Chaîne YouTube de Lucky Peterson, «Lucky Strike»https://www.youtube.com/channel/UC8y5eTdlQtjYZJ9kjOrARLQ
Chaîne YouTube de James & Lucky Peterson: https://www.youtube.com/channel/UCCxDKnsvFWRzHjNdCK697vg
Chaîne YouTube de Lucky Peterson: https://www.youtube.com/channel/UC7QMsNcQXs9lz6djag2sqvg


1971. Lucky Peterson, disque enfant chez Yambo Records, «1,2,3,4», «Good Old Candy», 

1971. Lucky Peterson, album chez Today Records, Our Future: 5 Year Old Lucky Peterson: «Funky Alphabet»/«Our Future»

1972. Lucky Peterson, 1er mars, Soul! TV show, «Our Future», «Funky Alphabet»

1972. The Father The Son The Blues, Today 1011 (avec James Peterson)

1998. Lucky Peterson, Live au festival de Montreux, Mavis Staples (voc)
https://www.youtube.com/watch?v=hvkAVQzFNyY


2004. Lucky Peterson, Live au New Morning,
Rico McFarland (g), Linus Iran Nance (kb), Charles Davis (eb), Alphonso Lavell jones (dm)

https://www.youtube.com/watch?v=alzAG7rCAQA&t=84s


2009. Lucky Peterson, Live au festival Jazz à Vienne,
Bill Eden (ts), Noël Johnston (g), Jamil Rahman Byron (dm)

https://www.youtube.com/watch?v=UXLv2NinaLc&t=122s


2012. Lucky Peterson, Live au festival Jazz in Marciac,
Wynton Marsalis (tp), Dan Nimmer (p), Carlos Henriquez (b), Walter Blanding (ts), Ali Jackson (dm), Lucky Peterson (g, org, voc), «Nobody Knows The Trouble I've Seen», «Sometimes I Fell Like a Motherless Child», «C.C. Rider»

https://www.youtube.com/watch?v=bBa5HynDByw

https://www.youtube.com/watch?v=5f383C7COag

https://www.youtube.com/watch?v=Z91Jm-OuEoQ


2013. Lucky Peterson & B.B. King, «The Thrill Is Gone»

2019. Lucky Peterson, Live au New Morning, Paris, 11 mars
https://www.youtube.com/watch?v=m8cU2jm1Ou8


2019. Lucky Peterson, 50 ans de carrière, tournée The Blues Are Back, Théâtre Alexandre Dumas, St-Germain-en-Laye, 15 octobre, Lucky Peterson (voc,g,org. Hammond B3,p) & The Organization: Shawn Kellerman (g), Rachid Guissous (kb), Timothy Waites (b), Raul Valdes(dm), invitée : Tamara Tramell (voc)

2020.
Lucky Peterson, solo (g,voc), «Coronavirus Blues», Paris, 17 mars

https://www.youtube.com/watch?v=TWcxoDAWthI

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