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Jazz Covers

20 nov. 2013
par Joaquim Paulo, Taschen, Cologne, 2012, 560 p. www.taschen.com
© Jazz Hot n°665, automne 2013



Le bel ouvrage des Editions d’art Taschen, sous la férule de l’éditeur brésilien Julius Wiedemann et du collectionneur portugais Joaquim Paulo, paru en 2009, trouve dans cette édition de luxe de 2012, couverture cartonnée, format 33 tours, en deux volumes réunis dans un coffret, un prolongement de l'édition précédente en couverture souple déjà chroniquée dans nos colonnes. En effet, dans les 25000 disques de sa collection, Joaquim Paulo a sélectionné  environ 700 pochettes, rares ou célèbres voire mythiques.
L'excellence des designers, des producteurs et labels de l'époque permettaient effectivement de hisser la qualité de l'édition au niveau de la musique, phénomène exceptionnel, parallèle à celui de ces productions de livres d'art que le XXe siècle a produit.
La nouvelle édition reprend l'essentiel de la première édition, dans un format supérieur, sur un papier plus luxueux (la première édition était déjà très correcte), et avec une mise en valeur des interviews par rapport à la précédente édition. On retrouve donc les interventions de Rudy Van Gelder, Michael Cuscuna, Creed Taylor, Ashley Kahn, Bob Ciano, Fred Cohen.
il y a des petits changements de maquettes, de textes commentant parfois les pochettes, des ajouts de quelques pochettes en fonction de la nouvelle mise en valeur des textes des interviews, même si l'essentiel est commun aux deux éditions.
Pour ceux qui ne possèdent pas la première édition ou pour les inconditionnels, c'est donc une occasion de plus d'apprécier une des dimensions, et pas la moindre, du jazz dans une édition très riche.
Comme le disent plusieurs des interviewés, chacun à leur façon, avoir un 33 tours dans la main, avec des textes de pochettes, un travail artistique sur les pochettes, n'a rien à voir avec l'édition en CD. On peut le regretter, non seulement pour les objets, les textes, mais aussi parce que cette excellente production a participé à construire le public de jazz, à l'instruire au sens noble, à le passionner, à le rendre exigeant et à rendre le jazz très solide. Pendant longtemps, l'essentiel de la communication du jazz est passé par cette excellence qui correspondait à l'excellence d'une musique populaire et était à portée de la plupart des bourses. Un disque était un objet d'art dans toutes ses dimensions. Et les amateurs, comme les musiciens et les producteurs, les concevaient en tant que tels. Que Taschen, éditeur de livres d'art, mette aujourd'hui en valeur ce travail graphique n'est donc pas un hasard. Il fallait le faire.
Yves Sportis