Err

pubentetesite.jpg
Actualités
Rechercher   << Retour

Lydie Solomon

6 jan. 2013
Harmonie
Nouveauté-Découverte
Mon Voyage, Don’t Pretend, El Efecto Mariposa, Little Moon, Invisible Metamorphosis, In the Midst of Life, Concerto pour piano et orchestre en sol majeur, La Puerta del Vino
Lydie Waï (voc, p), Thierry Lier (p), Darryl Hall (b), John Betsch (dm), Nicolas Rageau (b), Remilson Nery (perc), Pablo Nemirovsky (bandonéon), François-Xavier Clarenc (cello)
Date et lieu d’enregistrement non précisés pour la session 1 ; session 2 enregistrée en 2000, Meudon
Durée : 53’ 55’’
Autoproduit (www.lydie-solomon.com)

Eldorado
Nouveauté - Découverte
Fandango, Sonate de Domenico Scarlatti n° IX, Pour le tombeau de Paul Dukas, La puerta del vino, Alborada del gracioso, Córdoba, Gitanerias, Malagueña, India, Prélude à la mélodie secrète, Meditación, Sonate n°1 op. 22, Perdido, El nido ausente op. 50, Malagueña, Puck Arrabal
Lydie Solomon (p)
Enregistré du 25 au 27 mars 2011, Paris
Durée : 1h 10’ 19’’
Consultatis 001 (www.lydie-solomon.com)

La pianiste classique Lydie Waï Salomon (née en 1982), diplômée de l’ESSEC et également formée à la comédie (2009, le film Vivre! d’Yvon Marciano) a été reconnue par François-René Duchâble (oeuvres à deux pianos, 2005-2006). A côté de sa carrière classique (en ce moment un programme Brahms, Schumann, Chopin, Liszt), elle connaît la tentation d’expressions plus variée, notamment au chant. L’album Harmonie essaie de synthétiser ses influences, de la musique cubaine, argentine et jazz. On y entend une grande sensibilité mais sans doute pas encore la maîtrise qui est la sienne aujourd’hui (contraste entre sa virtuosité pianistique et son chant). Elle possède en tout cas un talent certain pour écrire de belles mélodies en collaboration avec Thierry Lier. « Invisible Metamorphosis » est du reste un excellent blues de Thierry Lier façon Bobby Timmons où brillent Darryl Hall et John Betsch. La deuxième session de l’album est consacrée à Ravel (« Concerto pour piano et orchestre en sol majeur ») et Debussy (« La Puerta del Vino »).

Eldorado est son premier véritable album et il s’intéresse à la musique hispanisante (« La puerta del vino » de Debussy et « Alborada del gracioso » de Ravel), espagnole (« Fandango » de Padre Antonio Soler ; « Pour le tombeau de Paul Dukas » de Manuel de Falla ; « Sonate de Domenico Scarlatti n° IX » de Granados ; « Malagueña » d’Albeniz), mexicaine (« Meditación » de Carlos Chávez), cubaine (« Córdoba », « Gitanerias » et « Malagueña » du pianiste Ernesto Lecuona), argentine (« India » de José Asunción Flores ; « Puck Arrabal » de Piazzolla ; «El nido ausente op. 50 » de Julián Aguirre ; « Sonate n°1 op. 22 » d’Alberto Ginastera). Il comporte aussi deux magnifiques compositions personnelles dans cette veine (« Perdido » et « Prélude à la mélodie secrète », dans un registre qui est par ailleurs proche de Chopin). Ce qui intéresse le jazz dans ce répertoire « classique », c’est un certain cousinage rythmique qui a nourri le jazz par la filiation afro-cubaine (le clave de la habanera) et, sur le plan expressif, la fameuse Spanish tinge que revendiquait Jelly Roll Morton. L’écoute des musiques populaires est présente chez ces compositeurs à divers titres. On sait par exemple que Debussy était attentif à la musique afro-américaine, en particulier au ragtime (« Le petit nègre », « Golliwogg’s Cakewalk »). On retrouve donc ici, fort logiquement ces traces expressives et rythmiques parentes, qui ressurgiront dans le jazz (chez Horace Silver par exemple : « Calcutta Cutie », « Que Pasa ? », « Senor Blues », etc.). Le choix d’un tel répertoire est lumineux et l’interprétation de Lydie Solomon montre beaucoup de sentiment, qu’il s’agisse de laisser parler la délicatesse ou la fermeté, de construire des ambiances sombres ou graciles, lyriques ou méditatives. Un bel album à la variété cohérente où la musique est toujours jouée avec un véritable engagement émotionnel.
Jean Szlamowicz