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Ray Drummond

1 nov. 2025
23 novembre 1946, Brooklyne, MA - 1er novembre 2025 (Teaneck, NJ)
© Jazz Hot

Ray Drummond, Vienne, 1992 © Pascal Kober
Ray Drummond, Vienne, 1992 © Pascal Kober

Ray Drummond

Jazz excursions

             Pour moi, le jazz c’est d’abord le swing et l’impro. Mais je reconnais qu’il y a du jazz qui ne swingue pas, 
             qui joue sur les couleurs et des rythmes différents, comme chez Keith Jarrett, Jan Garbarek, John Surman, 
             Eberhard Weber. C’est une musique qui a sa profondeur, je pourrais jouer avec ces gens-là. (…) 
             Le jazz, c’est d’abord un esprit, la tradition du conteur. Ça raconte une histoire, la musique parle à travers vous. (…)
             Le blues est à la fois le père et la mère du jazz. Je ne pense pas qu’un musicien qui ne connaît pas 
             le blues puisse réellement jouer du jazz. 
                                                           (Ray Drummond, Jazz Hot n°529, 1996)


Parmi les maîtres de la contrebasse qui ont inspiré plusieurs générations de musiciens, Ray Drummond figure en bonne place aux côtés de Jimmy Blanton, Oscar Pettiford, Charles Mingus, Ray Brown, Richard Davis, Paul Chambers, Ron Carter et tant d'autres. Instrumentiste largement autodidacte, rouage essentiel des sections rythmiques, pilier de la scène jazz new-yorkaise, soliste brillant débordant de lyrisme et de musicalité, compositeur, arrangeur, pédagogue, celui que ses collègues musiciens surnommaient affectueusement «Bulldog» était un artiste d’une profondeur et d’une finesse exceptionnelles, toujours à la recherche de la note juste, de l’arrangement parfait. L’interview qu’il avait accordée à Jazz Hot en 1996 (n°529) dépeint un musicien à la fois savant, déterminé et exigeant.
La liste de ses collaborations est vertigineuse: son ample discographie d'une qualité exceptionnelle en donne un bon aperçu (il apparaît sur plus de 300 sessions!). On se souvient en particulier de ses compagnonnages avec Kenny Barron, Alvin Queen et Houston Person. Sans oublier l’œuvre accomplie en tant que leader, tout aussi remarquable.




Raymond Charles Drummond est né le 23 novembre 1946 à Brookline, MA, mais passe ses premières années au rythme des déménagements successifs imposés par la carrière de son père, d’abord saxophoniste et clarinettiste dans un orchestre militaire puis officier de l’armée de l’air. En douze ans, Ray fréquente ainsi pas moins de quatorze écoles, des deux côtés de l’Atlantique, notamment en Californie et en Allemagne. Cela ne l’empêche pas de former très tôt son oreille au jazz. Dès l’enfance, il commence à collectionner les disques : «J’ai été un amateur de jazz bien avant d’être musicien» confiait-il(1). Parallèlement, il pratique la trompette et le cor d’harmonie dans des formations scolaires jusqu’à ce qu’au collège, à Monterey CA, son professeur de musique lui propose de devenir le contrebassiste de l’orchestre. Ray a alors 14 ans. Il a déjà pris quelques leçons sur l’instrument et relève le défi avec succès, comme s’y attendait son enseignant qui comptait sur son sérieux habituel. Quelques temps après, alors que la famille est installée à Los Angeles, Ray assiste à ses premiers concerts, fréquentant assidûment le Shelly Manne’s Hole et le It Club. Il achève sa scolarité dans un lycée de Nuremberg.


                    Quand j’avais 10 ans, je regardais un dessin animé qui s’intitulait «Bulldog Drummond». 
                    C’est Kenny Washington qui m’a ensuite baptisé «Bulldog». Et ça me plaît.
                                                           (Ray Drummond, Jazz Hot n°529, 1996)


Ray poursuit des études supérieures en Californie sans envisager de faire de sa passion du jazz un métier. Il obtient d’abord une licence en sciences politiques au Claremont Men’s College (aujourd’hui Claremont McKenna College) puis travaille dans une compagnie d’assurance. Vivant à Palo Alto, CA, il prépare ensuite un master d’administration financière à l'Université de Stanford (1970-71) où sa première épouse occupe un poste au département sociologie. Mais Ray ne se sent pas en phase avec les autres étudiants. Ne se voyant pas passer les décennies suivantes dans un milieu professionnel ancré dans la superficialité, Ray décide à l’issue de sa formation de changer de projet de vie: il sera contrebassiste de jazz! Un choix qui repose sur une expérience déjà riche puisque depuis son retour en Californie, il accumule les gigs avec des musiciens locaux: concerts en club, participation à des big bands, mariages, bar-mitsvah… A cette époque, il a même un engagement chaque lundi dans une pizzeria de San Jose avec Chet Baker qui tente alors de relancer sa carrière après des années d’addiction. Le trompettiste, au creux de la vague, dépend de l’aide sociale et vit chez sa mère, à Milpitas, au nord de San Jose. C’est d’ailleurs là qu’ont lieu les répétitions du groupe. Ray effectue même un tout premier enregistrement à Berkeley, CA en sideman du batteur William Richard Smiley Winters (H.M.I.C.–Head Musician In Charge, Touche, c.1970).

1971. Michael White, Spirit Dance, Impulse

A l'été 1971, le contrebassiste déménage à San Francisco où Chet l’emploie encore quelques temps. Ayant investi la scène jazz de la Baie, il prend part au premier album du violoniste d'Alice Coltrane, Michael White: Spirit Dance (Impulse!, 1971). A cette nouvelle vie de musicien professionnel, correspond un nouvel amour: Susan, sa compagne pour les années qui viennent. Ray se produit aux côtés de Tom Harrell, Johnny Griffin (1973), Bobby Hutcherson** (1973-74) et Sonny Stitt sur un live au Keystone Korner(2) de San Francisco (Work Done, HighNote, 1976). En 1975, Ray devient enseignant au Monterey Peninsula College, une activité qu’il poursuivra toute sa vie, dirigeant de très nombreuses master-classes notamment à Stanford, au Berklee College of Music (Boston, MA) et à la Sibelius Academy d’Helsinki (Finlande).




                    Pour moi, le maître est Duke Ellington; en tant que pianiste, chef d’orchestre et compositeur. 
                    Et quatre bassistes illustrent pour moi le jeu de contrebasse idéal: Jimmy Blanton, 
                    Oscar Pettiford, Ray Brown et Paul Chambers.
                                                           (Ray Drummond, Jazz Hot n°529, 1996)


1978. Johnny Griffin, Return of the Griffin, Galaxy

En 1977, afin de se rapprocher de la métropole du jazz, New York, Ray et Susan s’installent dans le New Jersey où ils donnent naissance à leur fille unique, Maya. Les concerts et sessions en studio se multiplient avec Thad Jones-Mel Lewis Orchestra, Bobby Watson, Ted Curson**, Slide Hampton**, George Coleman, Lee Konitz**, Pharoah Sanders** et de nouveau Johnny Griffin. La décennie 1980 voient arriver de nouvelles collaborations, dont Alvin Queen, Art Farmer, Wynton Marsalis, Ricky Ford, Lew Tabackin, Peter Leitch, David Murray, Freddie Hubbard et Woody Shaw. Ray Drummond devient un contrebassiste incontournable de la scène new-yorkaise, enchaînant les semaines d'engagement au Bradley's, au Village Vanguard ou au Village Gate.




1996. Kenny Barron Trio, Live at Bradley's Vol. 2, EmArcy
Les années 1980 sont aussi marquées par une rencontre musicale majeure, Kenny Barron (Jazz Hot n°575-2000), qui restera un partenaire privilégié. Tout d’abord, se constitue en 1983, sous l’égide du frère du pianiste, le saxophoniste Bill Barron (Variations in Blue, Muse), une rythmique Kenny Barron/Ray Drummond/Ben Riley qui fera date, d’une part au service de différents leaders –principalement Frank Wess**, Stan Getz, Gary Bartz, Barry Harris**, Jeffery Smith–, d’autre part, en tant que «Kenny Barron Trio» avec trois magnifiques enregistrements: The Only One (Reservoir, 1990), Lemuria-Seascape (Candid, 1991) et Live at Bradley's Vol. 1&2 (EmArcy, 1996). En outre, tout au long des années 1990, le pianiste et le bassiste se retrouvent fréquemment, dans des contextes divers, en compagnie d’autres batteurs: Louis Hayes, Albert Heath**, Ron Davis, Keith Copeland, Lewis Nash, Grady Tate, Marvin Smith ou encore Alvin Queen.



Ce dernier est d’ailleurs à l’origine des débuts en leader de Ray Drummond sur le plan discographique. En effet, le batteur qui fonde en 1980 son propre label, Nilva (cf. interview, Jazz Hot 2024) bénéficie du soutien déterminent du contrebassiste dans cette entreprise (cf. L'hommage des musiciens, infra) et lui offre en retour l’opportunité de graver deux premiers disques sous son nom: Susanita (1984) et Maya’s Dance (1985) dédicacé à sa fille. On relève également parmi les projets de Ray Drummond de belles associations pianistiques avec John Hicks (1987), Bill Mays (1989), Hank Jones** (1990) et des albums aux motifs plus complexes, comme Excursion (Arabesque Jazz, 1992).

         
    1992. Ray Drummond, Excursion, Arabesque Jazz
Lorsque certains écoutent Excursion, ils ne sont pas très sûrs que ce soit un disque de jazz. 
C’est naturellement du jazz qui a des racines beaucoup plus profondes que n’importe quel 
enregistrement où les musiciens entrent en studio et doivent apporter un petit peu 
d’Afrique, un rien de Brésil, une pincée de Cuba. Continuum est dans la lignée du précédent. 
C'est de la musique improvisée qui swingue.
                                                          (Ray Drummond, Jazz Hot n°529, 1996)


L’aventure Excursion se poursuit, devenant un groupe à part entière comprenant Joe Lovano, Craig Handy, Danilo Perez, le batteur Marvin Smitty Smith et le percussionniste sénégalais Mor Thiam. En 1998, le all-stars présente les nouvelles compositions de Ray Drummond au Monterey Jazz Festival. Un festival où Ray avait travaillé comme placeur quand il était étudiant!



2014. Houston Person, The Melody Lingers On, HighNoteAutre rencontre d’importance, Houston Person (Jazz Hot n°595-2002), avec lequel Ray Drummond enregistre une première fois en 1990 pour Lorez Alexandria (May I Come In, Muse), puis pour d’autres vocalistes, notamment Ernie Andrews**(1992), Etta Jones (1993) et Della Griffin (1996). De plus, durant vingt ans, Ray Drummond est le contrebassiste de référence du ténor, présent sur treize de ses albums entre 1996 et 2015 (cf. discographie).

Les années passent ainsi sans que la carrière de sideman de Ray Drummond ne faiblisse en qualité: au début des années 1990, il est membre du Mingus Dinasty dirigé par Jack Walrath (Jazz Hot 2022) et ne cessera de perpétuer l'héritage de Charles Mingus. Par ailleurs, il est aux côtés de Curtis Fuller**, Benny Golson**, Ray Bryant**, Jessica Williams**, Abbey Lincoln**, Grachan Moncur III** ou encore Ben Riley** pour des retrouvailles sur son Grown Folks Music (Sunnyside, 2010). L’excellence est aussi au rendez-vous sur ses projets en coleader, comme le trio The Drummonds avec le batteur Billy Drummond (sans lien de parenté) et son épouse, la pianiste canadienne Renee Rosnes. Ensemble, ils publieront quatre disques entre 1999 et 2003 (cf. discographie). De même, le contrebassiste se trouve associé au collectif One For All monté par Jim Rotondi (Jazz Hot Tears 2024), Steve Davis, Eric Alexander, David Hazeltine, Joe Farnsworth et Peter Washington qu’il remplace sur les albums The Long Haul (Criss Cross, 2000) et No Problem (Venus, 2003). Dans les années 2010, «Bulldog» continue de se produire dans les clubs de New York, notamment avec les derniers grands acteurs du jazz de culture comme Barry Harris ou Kenny Barron (cf. Vidéographie). Son dernier enregistrement en sideman date de 2019 (Mark Sherman, My Other Voice, Miles High).


Hank Jones (p), Milt Jackson (vib), Ray Drummond (b), Mickey Roker (dm), Jazz à Juan 1997 © Umberto Germinale-Phocus
Hank Jones (p), Milt Jackson (vib), Ray Drummond (b), Mickey Roker (dm), Jazz à Juan 1997 © Umberto Germinale-Phocus


Artisan du jazz exigeant, Ray Drummond a également été un messenger accompli, transmettant son héritage artistique aux plus jeunes, toujours accueillant et disponible avec ceux qui venaient chercher conseil auprès de lui à la fin des concerts, comme Christian McBride ou Benny Green (cf. son témoignage dans L'hommage des musiciens, infra).

Ray Drummond s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille, le 1er novembre 2025, cinq ans après sa chère Susan. Jazz Hot adresse ses condoléances à sa fille Maya, à ses quatre frères et sœurs, ainsi qu’à l’ensemble de ses proches.

Jérôme Partage
Photos Umberto Germinale-Phocus, Pascal Kober
Remerciements à Kenny Barron, Benny Green et Alvin Queen
Image extraite de YouTube
Avec nos remerciements


1. Entretien avec Monk Rowe (cf. Vidéographie).
2. A propos du Keystone Korner: interview de Todd Barkan (Jazz Hot n°671-2015)

*recherche alphabétique des articles en ligne

RAY DRUMMOND & JAZZ HOT

* Dans JAZZ HOT:
• Rubrique «Recherches dans Jazz Hot»: pour connaître les archives sur les musiciens et autres acteurs du jazz cités dans le texte, les références données dans le présent article n’étant que parcellaires…
https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ID=2429560
• Table des numéros de Jazz Hot par année:
https://www.jazzhot.net/PBSCCatalog.asp?CatID=692881
• Index alphabétique des Tears en ligne
**:
https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2202601
Table des index de Jazz Hot par rubrique:
https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2429540

n°529 Avril 1996: interview, discographie (1971-1993)
• n°534 Octobre 1996, CD Larry Willis with Ray Drummond and Victor Lewis, Serenade, Sound Hills
• n°544 Octobre 1997: Milt Jackson/Hank Jones/Ray Drummond/Mickey Roker/Nicholas Payton/Jesse Davis à Bayonne
n°548 Mars 1998, Kenny Barron/Gary Bartz/Ben Riley/Ray Drummond à Jazz en Tête-Clermond-Ferrand
• n°561 Juin 1999, CD Kenny Barron/Gary Bartz/Ray Drummond/Ben Riley-Jet All Stars Quartet, Jazz en tête, Space Time Records
• n°611 Juin 2004: Michel Sardaby/Ray Drummond/Winard Harper au Duc des Lombards
• n°623 Septembre 2005: Charlie Parker Legacy Band à Estoril
• n°625 Novembre 2005: Charlie Parker Legacy Band à Marciac
• n°633 Octobre 2006: Ronnie Matthews/Ray Drummond/Alvin Queen à Vitoria-Gasteiz

*

DISCOGRAPHIE

1985. Ray Drummond, Maya’s Dance, Nilva


Leader-coleader
LP 1984. Ray Drummond, Susanita, Nilva 3409
  Manny Boyd, Branford Marsalis (ss,ts), John Hicks (p) Ray Drummond (b) Alvin Queen (dm)
CD 1985. Ray Drummond, Maya’s Dance, Nilva 3415
  Tom Harrell, Eddie Henderson (tp,flh) Manny Boyd, John Richmond (ss,ts) Niels Lan Doky (p)
Ray Drummond (b)
  Alvin Queen (dm)
CD 1987. John Hicks & Ray Drummond, Two of a Kind, Evidence 22017-2
CD 1989. Ray Drummond Quintet Feat. Steve Nelson & David "Fathead" Newman, Camera in a Bag, Criss Cross Jazz 1040
  David Fathead Newman (ts,fl) Steve Nelson (vib) Kenny Barron (p)
Ray Drummond (b) Marvin Smitty Smith (dm)
CD 1989. Bill Mays & Ray Drummond, One to One, DMP 473
1984. Ray Drummond, Susanita, Nilva1987. John Hicks & Ray Drummond, Two of a Kind, Evidence1989. Ray Drummond Quintet Feat. Steve Nelson & David "Fathead" Newman, Camera in a Bag, Criss Cross Jazz1989. Bill Mays & Ray Drummond, One to One, DMP

CD 1989. Bill Mays & Ray Drummond, One to One 2, DMP 482
CD 1990. Ray Drummond/Hank Jones/Billy Higgins, The Essence, DMP 480
CD 1992. Ray Drummond, Excursion, Arabesque Jazz 0106
  Joe Lovano, Craig Handy (s,fl) Danilo Perez (p)
Ray Drummond (b) Marvin Smitty Smith (dm) Mor Thiam (perc)
CD 1994. Ray Drummond, Continuum, Arabesque Jazz 0111
  Randy Brecker (tp) Thomas Chapin (fl) Steve Nelson (vib)
John Scofield (g) Kenny Barron (p) Ray Drummond (b)
  Marvin Smitty Smith (dm,perc) Mor Thiam (perc)
1989. Bill Mays & Ray Drummond, One to One 2, DMP1990. Ray Drummond/Hank Jones/Billy Higgins, The Essence, DMP1992. Ray Drummond, Excursion, Arabesque Jazz1994. Ray Drummond, Continuum, Arabesque Jazz

CD 1994. The Jet All Star Quartet, Live at Jazz en Tête, Space Time 9704
  Gary Bartz (as,ss) Kenny Barron (p)
Ray Drummond (b) Ben Riley (dm)
CD 1995. Ray Drummond, Vignettes, Arabesque Jazz 0122
  Gary Bartz (as,ss) Chris Potter (ts) Renee Rosnes (p)
Ray Drummond (b) Billy Hart (dm)
CD 1997. Swing Summit, Passing the Torch, Blue Chip Jazz 4003-2
  Jon Faddis (tp) Steve Turre (tb,shell) Frank Wess (ts,fl) Kenny Barron (p) Ray Drummond (b) Ben Riley (dm)
CD 1997. Ray Drummond, 1-2-3-4, Arabesque Jazz 0141
  Craig Handy (ts,ss) Stephen Scott (p)
Ray Drummond (b) Billy Hart (dm)
1994. The Jet All Star Quartet, Live at Jazz en Tête, Space Time1995. Ray Drummond, Vignettes, Arabesque Jazz1997. Swing Summit, Passing the Torch, Blue Chip Jazz1997. Ray Drummond, 1-2-3-4, Arabesque Jazz

CD 1999. The Drummonds, When You Wish Upon a Star, Video Arts 1027
  Renee Rosnes (p)
Ray Drummond (b) Billy Drummond (dm)
CD 2000. One For All, The Long Haul, Criss Cross Jazz 1193
  Jim Rotondi (tp) Steve Davis (tb) Eric Alexander (ts) David Hazeltine (p) Ray Drummond (b) Joe Farnsworth (dm)
CD 2000. The Drummonds, Letter to Evans, Video Arts 1030
  Renee Rosnes (p)
Ray Drummond (b) Billy Drummond (dm)
CD 2001. The Drummonds, A Beautiful Friendship, Video Arts 1032
  Renee Rosnes (p)
Ray Drummond (b) Billy Drummond (dm)
1999. The Drummonds, When You Wish Upon a Star, Video Arts2000. One For All, The Long Haul, Criss Cross Jazz2000. The Drummonds, Letter to Evans, Video Arts2001. The Drummonds, A Beautiful Friendship, Video Arts

CD 2003. One For All, No Problem, Venus TKCV-35322
  Steve Davis (tb) Eric Alexander (ts) David Hazeltine (p) Ray Drummond (b) Joe Farnsworth (dm)
CD 2003. The Drummonds, Once Upon a Time, Video Arts 1035
  Renee Rosnes (p)
Ray Drummond (b) Billy Drummond (dm)
CD 2007-08. Generations Band, Tough Guys, ICA
  Marcus Belgrave (tp) Andrew Speight (as) Eric Alexander (ts) Ronnie Mathews (p),
Ray Drummond (b) Jimmy Cobb (dm)
CD 2009. The December 2nd Quartet featuring Dominick Farinacci with Special Guest Benny Green, Stars, Vega 7001
  Dominick Farinacci (tp,flh) Dena DeRose (p,voc) Benny Green (p) Ray Drummond (b) Akira Tana (dm)
2003. One For All, No Problem, Venus2003. The Drummonds, Once Upon a Time, Video Arts2007-08. Generations Band, Tough Guys2009. The December 2nd Quartet featuring Dominick Farinacci with Special Guest Benny Green, Stars, Vega

Sideman

• 1971-1993: n°529-1996

• Complément 1994-2019
CD 1994. Kevin Mahogany, Songs and Moments, Enja 8072-2
CD 1994. Larry Willis, Serenade, Sound Hills 8063
CD 1994. Benny Golson Funky Quintet Featuring Nat Adderley, That's Funky, Meldac 20106
CD 1995. Kenny Burrell, Lotus Blossom, Concord Jazz 4668
CD 1995. Jack Walrath & Hard Corps, Journey Man!, Evidence 22150-2
CD 1996. George Coleman, Danger High Voltage, Two and Four 003
CD 1996. Kenny Barron Trio, Live at Bradley's, EmArcy 549099-2
CD 1996. Kenny Barron Trio, Live at Bradley's Vol. 2, EmArcy 983112-4
CD 1996. Ted Curson, Travelling On, Paddle Wheel 289
CD 1996. Horace Tapscott, Thoughts of Dar Es Salaam, Arabesque Jazz 0128
CD 1996. Kenny Burrell and The Jazz Heritage All Stars, Live at The Blue Note, Concord Jazz 4731
CD 1996. Teddy Edwards & Houston Person, Close Encounters, HighNote 7002
CD 1996. Della Griffin, The Very Thought of You, Savant 2001
CD 1996. Houston Person, Person-ified, HighNote 7004
CD 1997. Roseanna Vitro, Catchin' Some Rays (The Music of Ray Charles), Telarc 83419
CD 1997. Charles McPherson, Manhattan Nocturne, Arabesque Jazz 0134
CD 1997. Kenny Burrell, Love Is the Answer, Concord Jazz 42053-2
CD 1997. Ray Bryant Trio, Ray's Tribute to His Jazz Piano Friends, JMI Jazz 7503-2
CD 1997. David Murray, Creole, Justin Time 115-2
CD 1998. Clifford Adams, The Master Power, Naxos Jazz 86015-2
CD 1998. Steve Nelson, Fuller Nelson, Sunnyside 1134
CD 1998. Houston Person, My Romance, HighNote 7033
CD 1998. Slide Hampton, Inclusion, Twin 898
CD 1999. Houston Person, Soft Lights, HighNote 7049
CD 1999. James Spaulding, Escapade, HighNote 7039
CD 1999. Ray Bryant, Play the Blues, M&I 30266
CD 1999. Stan Hope, Pastels, Savant 2020
CD 1999. Joe Locke, Beauty Burning, Sirocco Jazz 1008
CD 2000. Etta Jones, Easy Living, HighNote 7059
CD 2000. Richard Wyands, As Long as There's Music, Savant 2031
CD 2000. Nneena Freelon, Soulcall, Concord Jazz 4896-2
CD 2000. David Murray Power Quartet, Like a Kiss That Never Ends, Justin Time 153-2
CD 2000. Harold Land, Promised Land, Audiophoric J2-0001
CD 2001. Houston Person, Blue Velvet, HighNote 7090
CD 2001. Jessica Williams, This Side Up, MaxJazz 203
CD 2001. Teddy Edwards, Smooth Sailing, HighNote 7088
CD 2002. Jesse Davis, The Setup, Alltribe 725
CD 2002. Abbey Lincoln, It's Me, Verve 106802
CD 2003. Jessica Williams, Live at Yoshi's Volume 1, MaxJazz 210
CD 2003. Jessica Williams, Live at Yoshi's Volume 2, MaxJazz 214
CD 2003. Jim Rotondi, The Pleasure Dome, Sharp Nine 1029
CD 2004. Michel Sardaby, At Home: Tribute to My Father, Sound Hills 8128
CD 2004. Grachan Moncur III Octet, Exploration, Capri 74068
CD 2004. Stan Hope, Put on a Happy Face, Savant 2063
CD 2005. Roger Mennillo, Bigoudis, Autoproduit
CD 2006. Jackie Ryan With Special Guests Cyrus Chestnut, Eric Alexander, Doozy, OpenArt 0726-2
CD 2006. David Murray Black Saint Quartet, Sacred Ground, Justin Time 204-2
CD 2007. Houston Person, Thinking of You, HighNote 7177
CD 2007. Chip White, Double Dedication, Dark Colors
CD 2008. Greg Abate, Wave Street Sessions, Wave Street Studios 0003
CD 2009. Pamela Luss with Houston Person, Sweet and Saxy, Savant 2103
CD 2009. Houston Person, Mellow, HighNote 7206
CD 2010. Houston Person, Moment to Moment, HighNote 7217
CD 2010. Ben Riley Quartet featuring Wayne Escoffery, Grown Folks Music, Sunnyside 1305
CD 2011. Houston Person, So Nice, HighNote 7229
CD 2012. Houston Person, Naturally, HighNote 7245
CD 2013. Houston Person, Nice 'N' Easy, HighNote 7257
CD 2013. Lisa Ferraro, Serenading the Moon, Pranavasonic Universal PVS1724
CD 2014. Houston Person, The Melody Lingers On, HighNote 7269
CD 2015. Houston Person, Something Personal, HighNote 7282
CD 2016. Danny Bacher Band, Swing That Music, Whaling City Sound 080
CD 2019. Mark Sherman, My Other Voice, Miles High 8633

*

VIDÉOGRAPHIE

Barry Harris (p) et Ray Drummond (b), Dizzy's Club, New York, 2019, image extraite de YouTube
Barry Harris (p) et Ray Drummond (b), Dizzy's Club, New York, 2019, image extraite de YouTube


Chaîne YouTube de Ray Drummond
https://www.youtube.com/channel/UCZL0B0owXQq67GpOLMJ73vw

1980. Ray Drummond, Johnny Griffin (ts), Ronnie Matthews (p), Peter Washington (dm), festival Jazz à Juan, 24 juillet
https://www.youtube.com/watch?v=87JV4A9_kFc
https://www.youtube.com/watch?v=yYC8xwilWVI
https://www.youtube.com/watch?v=E0-KujsCwjE
https://www.youtube.com/watch?v=9Mlugdd5mmQ

1981. Ray Drummond, Johnny Griffin (ts), Ronnie Matthews (p), Kenny Washington (dm), The Village Vanguard, New York, NY
https://www.youtube.com/watch?v=izeXsgJ9exg

1983. Ray Drummond, Wynton Marsalis (tp), Branford Marsalis (ts,ss), Kenny Kirkland (p), Jeff Tain Watts (dm), Varsovie (Pologne) 20 octobre, Oslo (Norvège) 31 octobre, Estoril (Portugal) 5 novembre

1989. Ray Drummond, David Fathead Newman (ts,fl), Steve Nelson (vib), Kenny Barron (p), Marvin Smitty Smith (dm), 
album Camera in a Bag, Englewood Cliffs, N.J., 28 décembre

1990. Ray Drummond, Hank Jones (p), Billy Higgins (dm), album The Essence, New York, NY, 26 octobre

1993. Ray Drummond, Etta Jones (voc), Houston Person (ts), Eddie Allen (tp), Jimmy Hill (as), Benny Green (p), 
Winard Harper (dm), album At Last, New York, NY, 21 avril

1996. Ray Drummond, Kenny Barron (p), Ben Riley (dm), album Live at Bradley's Volume I & II, New York, NY, 3-6 avril

1996. Ray Drummond, Della Griffin (voc), Houston Person (ts), David Braham (p), Vinnie Corrao (g), Kenny Washington (dm), album The Very Thought of You, Brooklyn, NY, 26 novembre

2000. Ray Drummond, Kenny Barron (p), Ben Riley (dm), festival Jazzaldia, San Sebastian, Espagne, 21-26 juillet
https://www.youtube.com/watch?v=MFqZKa3QKMo

2002. Ray Drummond, Terell Stafford (tp), Warren Vaché (flh), Jesse Davis (as), Harry Allen (ts), Benny Green (p), Carl Allen, Bobby Durham (dm), Jam-session in Vienne, Bataille Prod., réal. Serge Bergli, 12 juillet
https://www.youtube.com/watch?v=09iu20mMgNk

2003. Interview de Ray Drummond par Monk Rowe, NY Toronto, Canada, Archives Hamilton College, 9 janvier
https://www.youtube.com/watch?v=YhckVvLNjww

2003. Jessica Williams, Ray Drummond (b), Victor Lewis (dm), album Live at Yoshi's Volume One & Two, MaxJazz, Oakland, CA,
9-10 juillet
https://www.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_keTtkfMBp7HS9qKnuAcE-GCu0pweu1wco

2011. Ray Drummond, Louis Hayes (dm), Francesco Cafiso (as), Edgar Dorantes (p), «Invitation», Xalapa, Mexique
https://www.youtube.com/watch?v=TU7J89cY0Hs

2015. Ray Drummond, Hod O’Brien (p)
, Mezzrow, New York, NY, 17 juillet
https://www.youtube.com/watch?v=od8YnNAaeDY

2017. Ray Drummond, Kenny Barron (p), «How Deep Is the Ocean», Mezzrow, New York, NY, 18 août

2019. Ray Drummond, Barry Harris (p), Leroy Williams (dm), Dizzy’s Club, New York, NY, juin
https://www.youtube.com/watch?v=9pbmEHR06DU

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Ray Drummond, Jazz à Juan 1997 © Umberto Germinale-Phocus
Ray Drummond, Jazz à Juan 1997 © Umberto Germinale-Phocus


Ray Drummond

L'hommage des musiciens


Kenny BARRON (p)
I had known Ray for so long that I can’t remember how or where we met except that it was in New York. He may have been working with pianist John Hicks. I remember falling in love with the deep warm sound of his bass, as well as his feeling or the way he could swing.
When we finally started working together along with drummer Ben Riley, I was in seventh heaven. As a trio we did several recordings and I was lucky enough to perform on several recordings where Ray was the leader. Ray was a great musician, but he was also a very warm and beautiful human being and I treasured every moment we got to make music together.

Je connaissais Ray depuis si longtemps que je ne me souviens plus comment ni où nous nous sommes rencontrés, si ce n'est que c'était à New York. Il travaillait peut-être avec le pianiste John Hicks. Je me souviens être tombé amoureux du son profond et chaleureux de sa basse, ainsi que de son feeling et de sa façon de swinguer.
Quand nous avons enfin commencé à travailler ensemble avec le batteur Ben Riley, j'étais au septième ciel. Nous avons fait plusieurs enregistrements en trio, et j'ai eu la chance de jouer sur plusieurs albums où Ray était le leader. Ray était un grand musicien, mais c'était aussi un être humain très chaleureux et merveilleux, et j'ai chéri chaque moment où nous avons pu faire de la musique ensemble.


Benny GREEN (p)
Ray Drummond was just about the workingest bassist in NYC between the mid 1970s and late 1990s. His career certainly didn’t begin or end there, but over the seasons, I’ve seen bassists and drummers go from being in vogue and heavily in demand to becoming virtually forgotten. Ray Drummond was like a pianist’s third hand in how ingeniously he heard, understood, and supported where you were going in the moment. Every bassist of my generation whom I’ve spoken with about Ray shares the utmost respect for his soloist abilities. Too often the bassist solos last in sequence, but like Christian McBride or Peter Washington or Bob Hurst, Ray wiped out all the soloists who preceded him, taking no prisoners each and every time.
When I first spoke with Ray, I was praising a certain musician who’d played with him on a record. But Ray wanted me to know that he didn’t dig how that musician had interpreted a particular harmony in one of Ray’s originals. (...) His comment wasn’t made to diminish the stature of the great musician to me at all. His message was a cautionary note for me to strive to give composer/arranger/bandleaders what they ask for, to be a selflessly adaptable musician, and to be able to deliver the perfect ingredient: something fresh for all musical occasions.

Ray Drummond était sans doute le bassiste le plus sollicité à New York entre le milieu des années 1970 et la fin des années 1990. Sa carrière ne s'est certes pas limitée à cette période, mais au fil des saisons, j'ai vu des bassistes et des batteurs passer du statut de musiciens en vogue et très demandés à celui de musiciens pratiquement tombés dans l'oubli. Ray Drummond était comme la troisième main d'un pianiste, tant il savait écouter, comprendre et soutenir avec ingéniosité ce que vous étiez en train de faire à un moment donné. Tous les bassistes de ma génération avec lesquels j'ai parlé de Ray partagent le plus grand respect pour ses talents de soliste. Trop souvent, les solos de basse viennent en fin de séquence, mais comme Christian McBride, Peter Washington ou Bob Hurst, Ray éclipsait tous les solistes qui l'avaient précédé, indiscutablement et à chaque fois.
Lorsque j'ai parlé à Ray pour la première fois, je faisais l'éloge d'un certain musicien qui avait joué avec lui sur un disque. Mais Ray voulait que je sache qu'il n'appréciait pas la façon dont ce musicien avait interprété une harmonie particulière dans l'un de ses morceaux originaux. (...) Son commentaire n'avait pas pour but de diminuer l'importance de ce grand musicien à mes yeux. Son message était plutôt un avertissement pour moi, m'incitant à m'efforcer de donner aux compositeurs/arrangeurs/chefs d'orchestre ce qu'ils demandent, à être un musicien altruiste et capable de s'adapter, et à être en mesure de fournir l'ingrédient parfait : quelque chose de nouveau pour toutes les occasions musicales.


Alvin QUEEN (dm)
I would like to share my deepest condolence to one of the worlds greatest bass player and teacher that I have ever known. I also knew his wife Susan and his daughter Maya. I believe the first time I met Ray was when he was part of Wynton Marsalis' band in the early 1980s, then I ran into him once again here Europe working with the Johnny Griffin Quartet, featuring Ronnie Mathews and Kenny Washington. We turn out to be the best of friends and playing together all over Europe for jazz promoter Jordi Sunol who was organizing many different projects that included such artists as Hank Jones, Kenny Barron, Harry Sweets Edison, Frank Wess, Al Grey Buddy Tate, Roland Hanna, Sarah Vaughan, Kenny Burrell any many others.
Ray gave me a lot of support on creating my record label, Nilva. He was a definitely great help: he took care of bringing the musicians together and participated in the recordings, notably for my album Ashanti (1981) with John Hicks, Bill Saxton, Dusko Goykovich, and James Spaulding, which was a great success. In addition, I produced Ray's first two albums as a leader on my label: Susanita (1984) and Maya's Dance (1985), on which he was accompanied by many great musicians. Ray also appeared on Bill Saxton's album Beneath the Surface (1984), released on Nilva, in a trio with John Hicks and myself, and on my album Jammin' Uptown (1985).
I would just like to say thank you Ray for everything and rest in peace you have to have given a lot to the jazz world.

Je tiens à exprimer mes sincères condoléances pour l'un des plus grands bassistes et professeurs que j'ai côtoyés. Je connaissais également sa femme Susan et sa fille Maya. Je crois que la première fois que j'ai rencontré Ray, c'était lorsqu'il faisait partie du groupe de Wynton Marsalis au début des années 1980, puis je l'ai revu ici en Europe, où il travaillait avec le Johnny Griffin Quartet, aux côtés de Ronnie Mathews et Kenny Washington. Nous sommes devenus de très bons amis et avons joué ensemble dans toute l'Europe pour le promoteur de jazz Jordi Sunol qui organisait de nombreux projets avec des artistes tels que Hank Jones, Kenny Barron, Harry Sweets Edison, Frank Wess, Al Grey Buddy Tate, Roland Hanna, Sarah Vaughan, Kenny Burrell et bien d'autres.
Ray m'a beaucoup soutenu dans la création de mon label, Nilva. Il m'a été d'une grande aide: il s'est occupé de réunir les musiciens et a participé aux enregistrements, notamment pour mon album Ashanti (1981) avec John Hicks, Bill Saxton, Dusko Goykovich et James Spaulding, lequel a connu un grand succès. De plus, j’ai produit avec mon label les deux premiers albums en leader de Ray: Susanita (1984) et Maya's Dance (1985) où il était entouré de nombreux grands musiciens. Ray était également présent sur l’album de Bill Saxton sorti chez Nilva, Beneath the Surface (1984), en trio avec John Hicks et moi-même, et sur mon disque Jammin’ Uptown (1985).
Je tiens simplement à dire merci à Ray pour tout ce qu'il a fait et à lui souhaiter de reposer en paix. Il a beaucoup apporté au monde du jazz..

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