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Tina May

26 mars 2022
30 mars 1961, Gloucester, Royaume Uni - 26 mars 2022, Londres, Royaume-Uni
© Jazz Hot 2022

Tina May, Caveau de La Huchette, 27 octobre 2010 © Jérôme Partage




Tina May, Caveau de La Huchette,
27 octobre 2010 © Jérôme Partage





Tina MAY

J’ai des amours…
 


Tina May aimait en effet le jazz, la musique en général, le théâtre, la scène et les artistes, Paris, Londres et son pays… La disparition prématurée de la chanteuse britannique Tina May, à la veille de ses 61 ans, a suscité émotion et tristesse dans la communauté des musiciens et des amateurs de jazz, tant à Londres qu’à Paris où nous avions l’habitude de l’entendre, encore récemment, en particulier au Caveau de La Huchette et au Café Laurent… Toujours souriante et pleine d’énergie, Tina May, outre un indéniable sens du swing, a exploré une grande diversité de styles et de répertoires, du jazz mainstream jusqu'au jazz contemporain et à la musique improvisée, voire la chanson française  (Jazz Piquant, avec Tony Coe, Sings Piaf), développant un parcours original et ambitieux, notamment à travers une longue complicité avec la pianiste Nikki Iles, le saxophoniste et clarinettiste Tony Coe, écrivant elle-même des paroles sur des compositions instrumentales de Dexter Gordon, Nat Adderley, Joe Zawinul, Kenny Wheeler, Joe Henderson ou Ray Bryant avec lequel elle a gravé en 2002 le superbe Tina May Sings the Ray Bryant Songbook. C'est l'une des belles rencontres de la carrière de cette exploratrice du jazz qui n'a jamais hésité à prendre le risque et le plaisir de se confronter aux musiciens de tous les styles, sans exclure aucune des composantes du jazz, comme en attestent ses enregistrements avec Mark Murphy, Enrico Pieranunzi, Frank Griffith, Scott Hamilton, Nikki Iles, Tony Coe… Très éclectique et excellente technicienne, musicienne parmi les musiciens, elle a su fondre ses qualités vocales dans l'esprit de chacune de ses rencontres avec autant de respect que d'admiration pour les artistes dont elle partageait la vie avec une joie communicative.
Egalement comédienne (son début de carrière au théâtre et plus tard Lady in the Dark, Kurt Weill), Tina May était une artiste complète, une parolière aussi, dont le point d’ancrage n’a cessé d’être le jazz, un art de vivre qui a guidé sa vie sans l'empêcher d'aimer toutes les musiques et plus largement la vie comme elle le disait dans l'interview accordée dans Jazz Hot n°637. Une discographie, une vidéographie et l
hommage de quelques-un(e)s des musicien(ne)s qui l'ont côtoyée la rappellent…
Jérôme Partage
Photos: Jérôme Partage, Yves Sportis
image extraite de YouTube
avec nos remerciements



Tina May a été immergée dans le jazz dès l’enfance. Née dans la ville de Gloucester, dans le sud-ouest de l’Angleterre, elle grandit dans le village de Frampton-on-Severn qui restera son port d’attache. Ses parents, Daphne, directrice d’une entreprise de cosmétique, et Harry, ancien footballeur professionnel devenu industriel, étaient tous deux amateurs de jazz, possédaient une importante collection de disques, notamment de jazz, et jouaient du piano. C’est donc assez naturellement que Tina pratique la clarinette, à l’instar de sa sœur aînée, Vivienne, qui optera pour la guitare et le violon, formant ainsi un petit orchestre familial. Tina, qui suit également des cours de chant lyrique, d’où elle tirera une technique irréprochable, se destine à une carrière artistique, tout en entreprenant, après le lycée, des études de français à l’Université de Cardiff à la demande de son père qui, après le décès de sa mère, souhaite qu’elle assure son avenir professionnel. Sa licence de français en poche, Tina passe une année à Paris entre 1982 et 1983, ce qui lui donne l’occasion de se mêler à la scène jazz de ce côté du Channel.

 

2004. Tina May/Nikki Iles/Tony Coe, More Than You Know, 32Jazz






De retour en Angleterre, elle multiplie les expériences entre théâtre, cabaret, opéra et concerts de jazz, ce qui l’amène à s’installer à Londres où, comme à Paris, elle investit la scène jazz, croisant le chemin de nombreux musiciens, dont Ronnie Scott qui l’invitera à chanter dans son célèbre club. Elle forge son talent auprès du Big Band de la BBC, des groupes d'Humphrey Lyttelton et de Stan Tracey dans un registre mainstream. Elle est depuis sa jeunesse une admiratrice d'Ella Fiztgerald. Parmi ses rencontres, on note également une participation au groupe d'Egberto Gismonti. Elle fait alors la connaissance de Paul Jolly, fondateur en 1990 du label 33Jazz, basé à Luton, au nord de Londres, pour lequel Tina May réalise son premier enregistrement en 1992 avec le disque Never Let Me Go; une collaboration qui durera près de trente ans avec une quinzaine d’albums sous son nom et quelques autres en invitée. Dès lors, Tina May enchaîne les belles rencontres, à commencer par ses compatriotes et partenaires réguliers, les pianistes Nikki Iles (Change of Sky, 33Jazz, 1997) et David Herridge (installé à Paris), les saxophonistes Tony Coe (Jazz piquant, 33Jazz, 1998) et Karen Sharp (avec laquelle elle s’était produite à Jazz’Ivry en juin 2015, cf. Jazz Hot n°672).


2002. Tina May/Ray Bryant, Tina May Sings the Ray Bryant Songbook, 33 Jazz




Elle élargit notablement le cercle de ses rencontres au hasard de ses tournées avec Scott Hamilton (I'll Take Romance, Linn Records, 2002), Ray Bryant (Tina May Sings the Ray Bryant Songbook, 33Jazz, 2002), Enrico Pieranunzi (Home Is Where the Heart Is, 33Jazz, 2014) ou le pianiste allemand Andy Lutter (Cafe Paranoia, 33Jazz, 2017), sans oublier les musiciens français avec lesquels les liens sont particulièrement étroits: Dany Doriz, qui la reçoit à de multiples reprises dans son Caveau de La Huchette et l’emmène dans ses tournées; Pauline Atlan qui monte avec elle le duo vocal Sisters in Swing (accompagné de Philippe Duchemin, p, Patricia Lebeugle, b, et Nicolas Peslier, g, comme en 2018 au Festival Jazz à l’Amirauté) ou encore le pianiste Patrick Villanueva. 

Parallèlement, Tina May développe une activité pédagogique, animant des ateliers et des master-classes, donnant des conférences et des cours au Trinity College of Music et 
à la Royal Academy of Music de Londres, à l'Université de West London, au Royal Welsh College of Music and Drama de Cardiff, au Leeds College of Music et au Conservatoire de Birmingham

 


Dany Doriz (vib), Philippe Duchemin (p), Patricia Lebeugle (b), Tina May (voc), Caveau de La Huchette, 27 octobre 2010 © Jérôme Partage
Dany Doriz (vib), Philippe Duchemin (p), Patricia Lebeugle (b), Tina May (voc),
Caveau de La Huchette, 27 octobre 2010 © Jérôme Partage


Son dernier album, enregistré en janvier 2020 pour 33Jazz, Tina May Sings the Songs of Duncan Lamont, illustre encore le chemin singulier emprunté par Tina May qui imprime ici son expression swing sur le songbook du saxophoniste et chef d’orchestre écossais Duncan Lamont (1931-2019) qui écrivit notamment pour Cleo Laine, Blossom Dearie, George Shearing, Natalie Cole et Norma Winstone. Le disque sort au printemps 2021 alors que Tina May fête ses 60 ans.

Tina May, toujours imaginative, préparait un projet sur la musique du légendaire saxophoniste ténor anglais, Tubby Hayes. Moins d’un an après, frappée par la maladie, Tina s’éteint à Londres le 26 mars 2022, après avoir suivi en direct le streaming du benefit concert organisé pour elle au Pizza Express par ses amis musiciens, notamment Nikki Iles et Norma Winstone.

 

Tina May avait représenté Jazz Hot et lu un hommage en notre nom à l'occasion de la disparition du grand photographe, David Sinclair, en 2019.

Tina May avait épousé Clark Tracey (le fils de Stan) avec lequel elle a enregistré quelques albums au début des années 1990. Ils avaient plus tard divorcé.

L'équipe de Jazz Hot partage la peine des proches de Tina May, en particulier de ses ami(e)s musicien(ne)s, de sa sœur, Vivienne, de 
sa fille, Gemma, de son fils, Ben et de son compagnon, le saxophoniste Simon Spillett.

Un tribute lui est rendu à Paris, le 28 mai 2022 au Petit Journal St-Michel, organisé par Pauline Atlan et Patrick Villanueva.


SOURCES



DISCOGRAPHIE

1999. Tina May, Live in Paris, 33 Jazz
1999. Tina May, Live in Paris, 33 Jazz


Leader/coleader

CD 1992. Tina May, Never Let Me Go, 33Jazz 005

CD 1993. Tina May, Fun, 33Jazz 013

CD 1994. Tina May, It Ain't Necessarily So, 33Jazz 017

CD 1995. Tina May, Time Will Tell..., 33Jazz 029

1992. Tina May, Never Let Me Go, 33 Jazz1993. Tina May, Fun, 33 Jazz1994. Tina May, It Ain't Necessarily So, 33 Jazz1995. Tina May, Time Will Tell..., 33 Jazz













CD 1997. Tina May/Nikki Iles, Change of Sky, 33Jazz 039

CD 1998. Tina May/Tony Coe, Jazz piquant, 33Jazz 042

CD 1999. Tina May, One Fine Day, 33Jazz 050

CD 1999. Tina May, Live in Paris, 33Jazz 055

1997. Tina May/Nikki Iles, Change of Sky, 33 Jazz1998. Tina May/Tony Coe, Jazz piquant, 33 Jazz1999. Tina May, One Fine Day, 33 Jazz1999. Tina May, Live in Paris, 33 Jazz













CD 2000. Barbara Jay/Lee Gibson/Tina May, The Ella Fitzgerald Songbook Revisted, Spotlite Jazz 565

CD 2002. Tina May, I'll Take Romance, Linn Records 202 (avec Scott Hamilton)

CD 2002. Tina May/Ray Bryant, Tina May Sings the Ray Bryant Songbook, 33Jazz 150

CD 2004. Tina May/Nikki Iles/Tony Coe, More Than You Know, 33Jazz 100

2000. Barbara Jay/Lee Gibson/Tina May, The Ella Fitzgerald Songbook Revisted, Spotlite Jazz2002. Tina May, I'll Take Romance, Linn Records2002. Tina May/Ray Bryant, Tina May Sings the Ray Bryant Songbook, 33 Jazz2004. Tina May/ Nikki Iles/Tony Coe, More Than You Know, 33 Jazz













CD 2005-06. Tina May, A Wing and a Prayer, 33Jazz 134
CD 2007. Tina May, Divas,
Hep Jazz 2099

CD 2008. Ray Guntrip and Tina May, Out of the Blue, Rayguntripmusic.com 0002

CD 2009. Tina May, I Never Told You, 33Jazz 200

2005-06. Tina May, A Wing and a Prayer, 33 Jazz2007. Tina May, Divas, Hep Jazz2008. Ray Guntrip and Tina May, Out of the Blue, Rayguntripmusic.com2009. Tina May, I Never Told You, 33 Jazz













CD 2010. Ray Guntrip and Tina May, Were You Belong, Rayguntripmusic.com 0003

CD 2011. Tina May Paris Quintet, No More Hanky Panky, 33Jazz 220

CD 2011. The Frank Griffith Big Band with Guest Tina May, Holland Park Non-Stop, Hep Jazz 2095

CD 2011. Tina May, Sings Piaf, 33Jazz 221

2010. Ray Guntrip and Tina May, Were You Belong, Rayguntripmusic.com2011. Tina May Paris Quintet, No More Hanky Panky, 33 Jazz2011. The Frank Griffith Big Band with Guest Tina May, Holland Park Non-Stop, Hep Jazz2011. Tina May, Sings Piaf, 33 Jazz













CD 2014. Tina May, My Kinda Love, Hep Jazz 2101

CD 2014. Tina May Meets Enrico Pieranunzi with Special Guest Tony Coe, Home Is Where the Heart Is, 33Jazz 250
CD 2015. Tina May With The Steve Plews Trio, Telling Jokes, ASC Records 165

CD 2017. Tina May & The Andy Lutter Trio, Cafe Paranoia, 33Jazz 256

2014. Tina May, My Kinda Love, Hep Jazz2014. Tina May Meets Enrico Pieranunzi with Special Guest Tony Coe, Home Is Where the Heart Is, 33 Jazz2015. Tina May With The Steve Plews Trio, Telling Jokes, ASC Records2017. Tina May & The Andy Lutter Trio, Cafe Paranoia, 33 Jazz













CD 2020. Tina May, Sings the Songs of Duncan Lamont: 52nd Street (and Other Tales), 33 Jazz 284

2020. Tina May, Sings the Songs of Duncan Lamont: 52nd Street (and Other Tales), 33 Jazz









 




Sidewoman

CD 1994. Ute, It's a Soul Thing, 33Jazz 014

CD 1994. Michael Hashim, Transatlantic Airs, 33Jazz 023

CD 1998. Collectif, Pendulum, 33Jazz 047

CD 2000. John & Alec Dankworth Generation Big Band, Jazz at The Globe 2000, WCM 501/2

CD 2005. Jacqui Hicks, With a Song in My Heart, 33Jazz 124



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VIDEOGRAPHIE
(par Hélène Sportis)

Tina May, JazzHivern, Andorre, 20 février 2015, image extraite de YouTube
Tina May, JazzHivern, Andorre, 20 février 2015, image extraite de YouTube
 

Chaînes YouTube de Tina May

https://www.youtube.com/channel/UC2kyLtUT2TdYACsJfVf4H7g/playlists

https://www.youtube.com/user/tinamayjazz/videos

https://www.youtube.com/channel/UCpJyB1St6SW3F6IVdxd1ALw

 

2002. Tina May, Ray Bryant (p), Don Sickler (tp,flh,arr), Bobby Porcelli (as,fl,afl,cl), Patience Higgins (ts,bcl), Jay Blandford (bar,cl,bcl), Tim Givens (b), Vince Sheryco (ds,perc), Len Bryant (voc), album Tina May Sings the Ray Bryant Songbook, Englewood Cliffs, NJ, label 33 Jazz, 22-24 novembre 2002

https://www.youtube.com/watch?v=6aO_fUByxRM&list=OLAK5uy_nvjNPF9QZe5YIG2pLg3p9NaMCY3eG-ln8

 

2010. Tina May, Frank Harrison (p), Mark Hodgson (b), Stephen Keogh (dm), «Lazy Afternoon, Si tu partais, A Flower Is a Lovesome Thing», live at the Pizza Express Jazz Club, Soho, Londres

https://www.youtube.com/watch?v=g_FrHsKRTZc

https://www.youtube.com/watch?v=jbM9QX2TDc8

https://www.youtube.com/watch?v=rtoz6IeTK1E

 

2013. Tina May, John Crawford (p), Simon Little (b), Steve Taylor (dm), «Where Were You in April», live at the Pizza Express Jazz Club, Soho, Londres, 18 août

https://www.youtube.com/watch?v=6GuvdZqaJO8

 

2014. Tina May et le Tad Newton's Jazz Friends: Tad Newton (tb), Mike Wills (s,cl), Gary Wood (cnt), Alan Haughton (p), Tomas Pedersen (b), Ronnie Fenn (dm), «Caravan», mai

https://www.youtube.com/watch?v=HQSov-y_g1Q

 

2015. Tina May, Barry Green (p), Ignasi González (b), Stephen Keogh (dm), JazzHivern, Auditori Nacional, Andorre, 20 février, © mira audiovisual

https://www.youtube.com/watch?v=jgaw1bM20CA

 

2015. Tina May, Patrice Galas (p), Cedric Caillaud (b), François Laudet (dm), Dan Vernhettes (tp), Jazz à Ivry, juin

https://www.youtube.com/watch?v=CFYy7PMnH3Y

 

2017. Tina May et le Rachael Johnson's Band, Tad Newton Jazz Evening, «La chanson de Lola» dans Les Parapluies de Cherbourg (Michel Legrand), Bedford Golf Club, Royaume Uni

https://www.youtube.com/watch?v=gScJili0lhY

 

2021. Tina May, Terence Collie (p), «My Life in Music», © Mood Indigo Jazz, 1er juin

https://www.youtube.com/watch?v=UulPdzNozkY


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To Tina with Love
(propos recueillis par Mathieu Perez)

 
Bruce Adams (tp), Patricia Lebeugle (b), Tina May (voc), Pauline Atlan (voc), Nicolas Peslier (g), Jazz à l'Amirauté, Pléneuf-Val-André (22), 14 août 2018 © Yves Sportis
Bruce Adams (tp), Patricia Lebeugle (b), Tina May (voc), Pauline Atlan (voc), Nicolas Peslier (g),
Jazz à l'Amirauté, Pléneuf-Val-André (22), 14 août 2018 © Yves Sportis


Alan BARNES (as, bar, bcl, cl)
It is indisputable that Tina was a great singer and performer but it is her kindnesses I shall remember. Always a generous host at home and insisting on helping out when ever she visited others. One afternoon while I made tea, she weeded my whole garden and told me the names of everything growing there. On another occasion I mentioned to her that I’d smashed my coffee pot. Early next morning she was straight round with a replacement. Little events but indicative of a large and generous soul.

Il est incontestable que Tina était une grande chanteuse et interprète, mais c’est sa gentillesse dont je me souviendrai. Elle nous accueillait chez elle avec son éternelle générosité et insistait pour aider chaque fois qu'elle rendait visite à d'autres. Un après-midi, alors que je faisais du thé, elle a désherbé tout mon jardin et m'a dit le nom de tout ce qui y poussait. A une autre occasion, je lui ai dit que j'avais brisé ma cafetière; tôt le lendemain matin, elle m’en apportait une. De menus événements, mais révélateurs d'une âme belle et généreuse.


Dany DORIZ (vib)
C'était une femme charmante, d'une gentillesse exceptionnelle. C'était aussi une très grande professionnelle, avec une technique extraordinaire et, chose rare pour une chanteuse européenne: elle scattait! Elle adorait les ballades, c'est ce qui domine dans ses albums. Elle est venue pendant des années au Caveau de La Huchette et en tournée, de même que nous avons aussi joué ensemble en Grande-Bretagne de nombreuses fois. Elle avait acheté une maison en France et pensait y finir ses jours. Malheureusement, elle n'a pas eu le temps de réaliser ce projet.  

She was a charming woman, exceptionally kind. She was also a very great professional, with an extraordinary technique and, a rare thing for a European singer: she scatted! She loved ballads, that's what dominates in her albums. She came for years to The Caveau de La Huchette and on tour, just as we also played together in Great Britain many times. She had bought a house in France and was thinking of ending her days there. Unfortunately, she did not have time to complete this project.


Nikki ILES (p)
My musical soulmate is the wonderful singer Tina May and I've been lucky enough to play with her for nearly 26 years. There isn't anybody like her –she was a unique and beautifully open musician. Nothing fazed her musically. She could scat effortlessly on anything, whether from the American song book or the more contemporary standards by the likes or Enrico Pieranunzi, Kenny Wheeler, Chick Corea and Steve Swallow. She embodied every note she sang and communicated so much to her audiences and the musicians who were lucky enough to play with her. She was one of our greatest jazz singers, deeply rooted in the jazz tradition, learning on the bandstand in her beloved Paris –but always interested in so much more. She relished her life as a musician and lived it to the full inspiring and moving so many people along the way. I miss her very much and are thankful we have her legacy of recordings and she will live on through them. Turn Out the Stars, dear Tina.

Mon âme sœur musicale est la merveilleuse chanteuse Tina May. J’ai eu la chance de jouer avec elle pendant près de 26 ans. Il n'y a personne comme elle –elle était une musicienne unique et magnifiquement ouverte. Rien ne la déstabilisait musicalement. Elle pouvait scatter sans effort sur n'importe quoi, que ce soit l’American Song Book ou des standards plus contemporains d'Enrico Pieranunzi, Kenny Wheeler, Chick Corea et Steve Swallow. Elle donnait corps à chaque note qu'elle chantait et communiquait tellement à son public et aux musiciens qui ont eu la chance de jouer avec elle. Elle était l'une de nos plus grandes chanteuses de jazz, très enracinée dans la tradition du jazz, apprenant son métier sur scène dans son Paris bien-aimé –mais toujours intéressée par bien plus. Elle a savouré sa vie de musicienne et l'a vécue pleinement, inspirant et touchant tant de gens sur son chemin. Elle me manque beaucoup. Je suis reconnaissante que nous ayons en héritage ses enregistrements et elle vivra à travers eux. Turn Out the Stars, chère Tina.


Andy LUTTER (p)
Timing is everything –in history, in life, in music and even more in a jazzmusicians life. I met this great singer Tina through lucky timing in the 90' and played for a week in a club in Munich. She kept a melody of mine in her head for many years until she came up with lyrics and a recording of this ("Bop 'til you drop"). Good timing!
After that, I wished to make an album with her lyrics and my music for many years - but there were her two little kids and her busy life.
But I kept being in touch with her until we finally started working on the material and finally recorded the album Cafe Paranoia, which also contains lyrics of our mutual friend Mark Murphy, the famous "bebop infected" singer and lyricist who collaborated with us. The recording captures many of those moments of the right timing and the right understanding within music that we shared. It has been such a long way to get to that point and now that she left so soon is real bad timing. How much I would love to perform those Haikus with Tina:
"Age only matters if one is a cheese.
And if this you find confusing, buy a cheese –
unwrap it, and give it a good talking to."
"The colour of the tundra is not on my mind
my eye is saved from death because alone tundraness is
sky, endless sky. So am I endless. I am saved."

Le timing est tout –en histoire, dans la vie, dans la musique et plus encore dans la vie d'un musicien de jazz. J'ai rencontré cette magnifique chanteuse Tina par hasard dans les années 1990, j'ai joué pendant une semaine avec elle dans un club à Munich. Elle a gardé une de mes mélodies dans sa tête pendant de nombreuses années jusqu'à ce qu'elle propose des paroles et de l’enregistrer («Bop 'til You Drop»). Bon timing!
Après cela, j'ai souhaité faire un album avec ses paroles et ma musique pendant de nombreuses années –mais il y avait ses deux enfants en bas âge et sa vie bien remplie.
Mais je suis resté en contact avec elle jusqu'à ce que nous commencions enfin à travailler sur le matériau et que nous enregistrions enfin l'album Cafe Paranoia, qui contient également les paroles de notre ami commun Mark Murphy, le célèbre chanteur et parolier «fou de bebop» qui a collaboré avec nous. L'enregistrement saisit bon nombre de ces moments de bon timing et de la bonne compréhension de la musique que nous avons partagée. Le chemin a été si long pour en arriver là et maintenant qu'elle est partie si tôt, c'est vraiment un mauvais timing. Combien j'aimerais interpréter ces haikus avec Tina :
«L’âge n'a d'importance que si l'on est un fromage.
Et si cela vous déroute, achetez un fromage–
déballez-le et parlez-lui un bon moment.»
«La couleur de la toundra n'est pas dans mon esprit
mon œil est sauvé de la mort car seule la toundra est
ciel, ciel sans fin. Alors suis-je sans fin. Je suis sauvé.»



Enrico PIERANUNZI (p)
I never thought I would be in front of my computer writing what I am writing. The sudden and dramatic passing of dear Tina May is a great sorrow and loss. Tina was an artist like no other, talented, brilliant, creative. For this sad occasion I wanted to listen again to some tracks of the CD we recorded together some years ago (Home Is Where Heart Is): her voice full of life, of joy, her extroverted, imaginative musicality, her communicative warmth... What a contrast between all this and what happened! I prefer to try to remember Tina in the splendor of her singing, of her vocal virtuosity, in the beauty and humor of the lyrics she wanted to put on my songs. I am sure she would smile and be happy. A big hug Tina, thank you for everything, for the gift you gave us to be the wonder you were.

Je n'aurais jamais pensé que je serais devant mon ordinateur en train d'écrire ce que j'écris. Le décès soudain et dramatique de la chère Tina May est une grande douleur et une grande perte. Tina était une artiste pas comme les autres, talentueuse, brillante, créative. Pour cette triste occasion, j'ai voulu réécouter quelques morceaux du CD que nous avons enregistré ensemble il y a quelques années (Home Is Where Heart Is): sa voix pleine de vie, de joie, sa musicalité extravertie et imaginative, sa chaleur communicative... Quel contraste entre tout cela et ce qui s'est passé! Je préfère essayer de me souvenir de Tina dans la splendeur de son chant, de sa virtuosité vocale, de la beauté et l'humour des paroles qu'elle a voulu mettre sur mes chansons. Je suis sûr qu'elle sourirait et serait heureuse. Je t’embrasse, Tina. Merci pour tout, pour le cadeau que tu nous as offert d'être la femme merveilleuse que tu étais.


Karen SHARP (ts)
It is not easy to sum Tina up as she was a woman of such depth and talent. I knew and loved her her as a friend and fellow musician who was warm, funny, intelligent, passionate and always supportive. We worked together for around 15 years and I am forever grateful that she and I crossed paths. There are so many « moments » but I can recall one tour in Scotland with Tina and Nikki Iles where we arrived to meet Tina at Glasgow airport to find she had laryngitis and barely any voice. With three gigs to perform I was panicking but Tina was not deterred and she used her very limited range of around 5/6 notes to produce the most wonderful music and we got rave reviews! Tina was born to perform, she was a true musician with a unique talent. Rest in peace, gorgeous lady.

Il n'est pas facile de résumer Tina car elle était une femme d'une telle profondeur et d'un tel talent. Je la connaissais et l'aimais comme une amie et collègue musicienne chaleureuse, drôle, intelligente, passionnée et toujours encourageante. Nous avons travaillé ensemble pendant environ 15 ans, et je suis éternellement reconnaissante que nous nous soyons rencontrées. Il y a eu tant de «moments forts». Je me souviens d'une tournée en Ecosse avec Tina et Nikki Iles. Nous sommes arrivées pour accueillir Tina à l'aéroport de Glasgow. Elle avait une laryngite, presque aucune voix. Avec trois concerts à jouer, je commençais à paniquer, mais Tina n'a pas été découragée. Elle a utilisé une gamme très limitée d'environ 5 ou 6 notes pour produire la musique la plus merveilleuse. Nous avons eu des critiques élogieuses! Tina était née pour chanter. C’était une vraie musicienne, avec un talent unique. Repose en paix, femme fabuleuse.


Simon SPILLETT (ts)
Tina was my partner for two and a half years, two of which were spent living together. To me she is so much more than a hugely talented, internationally respected jazz vocal star: she lit up my heart as no-one else ever has. She was my love. Right now, life without her seems bleak and empty. The condolences from across the globe, every one of which is a reminder of Tina's gift for connecting with all kinds of people onstage and off, are so heartening. She spread happiness wherever she went. And she gave to me the deepest, most meaningful days of my life. One thing I remember her saying to me was that "you have to believe every note you sing and be in the moment at all times." That was her belief in all areas of life: she loved every day, seized every opportunity and was positivity itself. Her smile was as infectious as it was dazzling.
Many people will mourn Tina as an artist -and to my mind she was the best jazz vocalist we've ever produced in the UK- but I am mourning her as so much more. In fact, words can't do justice to my feelings about her loss. She had so much more to give the world. Her illness and death are the cruelest of blows. She was not only a peerless vocalist but a shining example of the best of humanity. I shall miss her forever. And she's in my heart for all time.
I love you Tina, now and always.

Tina a été ma compagne pendant deux ans et demi, dont deux passés à vivre ensemble. Pour moi, elle est bien plus qu'une star du jazz vocal, extrêmement talentueuse et respectée à l'échelle internationale: elle a illuminé mon cœur comme personne d'autre ne l'a jamais fait. Elle était mon amour. En ce moment, la vie sans elle semble sombre et vide. Les condoléances du monde entier, dont chacune rappelle le don de Tina pour se connecter avec toutes sortes de personnes sur scène et en dehors, sont si réconfortantes. Elle répandait le bonheur où qu'elle aille. Et elle m'a donné les jours les plus beaux et avec le plus de sens de ma vie. Je me souviens d'une chose qu'elle m'a dite: «Tu dois croire chaque note que tu chantes et être dans l'instant présent à tout moment.» Elle avait cette conviction dans tous les domaines de la vie: elle aimait chaque jour, saisissait chaque opportunité et était la positivité même. Son sourire était aussi contagieux qu'éblouissant.
Beaucoup de gens pleureront Tina en tant qu'artiste –et à mon avis, elle était la meilleure chanteuse de jazz que nous ayons jamais produite au Royaume-Uni– mais je la pleure pout beaucoup d'autres raisons. En fait, les mots ne peuvent refléter mes sentiments à propos de sa perte. Elle avait tellement plus à donner au monde. Sa maladie et sa mort sont les coups les plus cruels. Elle n'était pas seulement une chanteuse hors pair, mais un brillant exemple du meilleur de l'humanité. Elle me manquera pour toujours. Et elle est dans mon cœur pour toujours.
Je t'aime Tina, maintenant et toujours.


Patrick VILLANUEVA (p, acc)
Il manque toujours quelque chose quand on parle de Tina May: elle aimait les chats, était d’ascendance écossaise, écrivait les paroles de compositions originales, participait à des actions de charité, avait des convictions politiques, était francophile et parfaitement bilingue, avait étudié la clarinette et le théâtre, et tellement d’autres choses.
Depuis presque quarante ans, sa voix, son rire, sa bienveillance illuminent ma vie. Elle est présente au détour d’un épisode de Doctor Who, d’un haggis à la frontière écossaise, d’une bière au pub, d’un coup de téléphone depuis sa voiture en partance pour un gig, et d’une infinité de moments que nous avons partagés. Comme ce voyage pour le festival d’Edimbourg dans une Spitfire, avec un parapluie à l’intérieur parce que la capote fuyait.
Et puis bien sûr l’extraordinaire chanteuse. Une voix féline, qui passait du swing le plus franc à l’expression la plus fine de la mélodie et des paroles, toujours à l’écoute et jamais déstabilisée par ce que je lui proposais, et qui, je dois l'admettre, n’était pas toujours évident. Chacune de nos rencontres était à la fois une habitude, voire une routine, mais aussi une exploration pleine de fraîcheur, de nouveauté et surtout d'humour. C’était une musicienne comme j’en ai rencontré peu, aussi à l’aise au Caveau de la Huchette que sur la scène de l’Opéra de Lyon.
Tout cela ne suffirait pas à en faire une grande artiste, s'il n'y avait les blessures profondes qu'elle ne laissait jamais paraître en public, et qu'elle  transformait en beauté pure.
Ceux qui la connaissaient pourraient ajouter un nombre incalculable d'anecdotes. Chacun l’aimait à sa façon, parce qu'elle incarnait l’amour de la vie.
Elle me manquera toujours…

There is always something missing when we talk about Tina May: she loved cats, was of Scottish descent, wrote the lyrics to original compositions, participated in charity work, had political convictions, was a Francophile and perfectly bilingual, had studied the clarinet and the theatre, and so many other things.
For almost 40 years, her voice, her laughter, her benevolence have illuminated my life. She is present around an episode of Doctor Who, a haggis on the Scottish border, a beer in the pub, a phone call from her car leaving for a gig, and many more moments we shared. Like this trip to the Edinburgh Festival in a Spitfire, with an umbrella inside because the top was leaking.
And then of course the extraordinary singer. A feline voice, which went from true swing to the finest expression of the melody and the lyrics, always attentive and never fazed by my musical ideas, and which, I must admit, were not always obvious. Each of our encounters was both a habit, even a routine, but also an exploration full of freshness, novelty and above all humor. She was a musician like few I have met, as comfortable at the Caveau de la Huchette as on the stage of the Opéra de Lyon.
All of this would not be enough to make her a great artist, if it weren't for the deep wounds that she never allowed to appear in public, and which she transformed into pure beauty.
Those who knew her could add countless anecdotes. Everyone loved her in their own way, because she embodied the love of life.
I will always miss her...


Norma WINSTONE (voc)
Tina was a beautiful singer and a beautiful person. I remember meeting her when she first emerged on the London scene. She came to my house a couple of times just to talk about life and music. I was asked at that time by a journalist if I had heard any new singer on the scene that had impressed me and I answered "Tina May". She had a lovely voice and such a wide range of musical interests, and what I loved was that she did not just stick to the 'standards' repertoire but explored more contemporary compositions and wrote her own lyrics. She was a great performer too. The music world will mourn her loss.

Tina était une chanteuse magnifique et une belle personne. Je me souviens de l'avoir rencontrée lorsqu'elle est apparue pour la première fois sur la scène londonienne. Elle est venue plusieurs fois chez moi juste pour parler de la vie et de la musique. Un journaliste m'a demandé à ce moment-là si j'avais entendu une nouvelle chanteuse qui m'avait impressionnée. J’ai répondu: «Tina May». Elle avait une belle voix et un vaste éventail d'intérêts musicaux. Ce que j'aimais chez elle, c'est qu'elle ne s'en tenait aux standards. Elle explorait des compositions plus contemporaines et écrivait ses propres paroles. Elle était aussi une excellente interprète. Le monde de la musique va pleurer sa perte.

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