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Claude Gousset

17 jan. 2022
21 novembre 1929, Paris - 17 janvier 2022, Sens (Yonne)
© Jazz Hot 2022

Roland Lobligeois (b), Jacky Williams (dm), Claude Gousset (tb), Guy Lafitte (ts), Festival International de Nîmes, juillet 1978 © Guy Schoukroun
Roland Lobligeois (b), Jacky Williams (dm), Claude Gousset (tb), Guy Lafitte (ts),
Festival International de Nîmes, juillet 1978 © Guy Schoukroun

Claude GOUSSET

Un indispensable sideman
 


L'histoire du trombone en France a perdu avec Claude Gousset l'une de ses fortes personnalités. La trompette –qui a supplanté le cornet– et le saxophone ténor –surtout, qui a éclipsé la clarinette– se sont imposés comme les instruments maîtres de la soufflerie en jazz, laissant peu d'espace de prestige au trombone qui n'en a pas moins un parcours historique vénérable (depuis la sacqueboute) et une fonction musicale complémentaire bien établie depuis les premières années du XXe siècle, notamment par le jeu tailgate (Arthur Pryor, Kid Ory) voire les premiers effets expressifs (smears). La virtuosité, le trombone la trouvera dans l'imitation solistique de la trompette en jazz, essentiellement celle de Louis Armstrong (Jimmy Harrison, Jack Teagarden). Aux Etats-Unis (Miff Mole, Tommy Dorsey) et en France (Léon Vauchant, Guy Paquinet), les premiers pionniers du jazz, subjugueront aussi bien Ravel que Toscanini, en dépassant pour un temps, c'est à dire jusqu'à l'arrivée des années 1940, les aptitudes techniques des trombonistes classiques. En France, Gabriel Masson qui enseigna à Raymond Fonsèque, mettra un terme à cette inégalité, en insufflant son expérience en jazz dans le domaine dit «sérieux». Quant à la génération suivante, celle des actifs dans les années 1950-60, elle alimentera en trombonistes remarquables les trois mondes pas forcément concurrents chez les musiciens (sinon les jazz fans), allant souvent de l'un aux autres, le dixieland, le mainstream (dont les big bands) et un modernisme bien tempéré pour les oreilles actuelles, genres qui influencent les variétés du moment qui les impliquent aussi. Remarquons ici, qu'il y eut plus de progrès de Pryor à Dorsey qu'il n'y en eut, objectivement, du Trummy Young de Jimmie Lunceford au J.J. Johnson bopper, contrairement à ce que les spécialistes progressistes veulent faire croire. Nous parlons de la distance en moyens techniques instrumentaux et non des contributions en technique musicale (conceptions harmoniques notamment).

 

La maîtrise d'une technique instrumentale est nécessaire pour défendre une technique musicale et, dans les faits, rares sont les autodidactes de l'instrument; Claude Gousset était une exception performante. Pour ce qui est de la technique musicale propre au jazz (travail du son, des effets, de la mise en place rythmique ternaire) nous fûmes tous autodidactes avant les années 1970, par un apprentissage sur le tas, souvent dans la transmission orale des aînés plus expérimentés. Alors qu'en France les orchestres dits «niou» (plus dixieland comme l'admettait Claude Bolling qu'authentiquement New Orleans) et les grandes formations de variétés jazzées étaient populaires, des trombonistes de classe dont Claude Gousset, furent légion, pour le travail de section avec les Paquinet, André (1926-2014) et son frère Michel (1931-1970), deux disciples de Bill Harris, Bill Tamper (1922-1991) et Charles Verstraete (1924-2003), des solistes modernes pratiquant aussi le traditionnel, Benny Vasseur (1926-2015) et Luis Fuentes (1933-1996), des solistes traditionnels pratiquant aussi le moderne, Bernard Zacharias (1929-1986) et Raymond Fonsèque (1930-2011). Ce dernier était le plus complet, également arrangeur comme Zacharias et Gousset, ayant trempé dans les variétés comme Gousset, et aussi premier pupitre de section comme Paquinet (Orchestre Jacques Denjean; Olympia). Ils ont précédé Michel Camicas (1933-2018), Raymond Katarzynski (1935-2015), le premier à jouer jazz et classique si l'on excepte Fonsèque dans l'orchestre symphonique pour Duke Ellington (salle Wagram, 1963) et Marc Steckar (1935-2015) qui contribua à l'utilisation du trombone-basse après Gaby Vilain (1924-1990), depuis 1956, et le premier à le jouer dès 1952, Raymond Fonsèque. Ces instrumentistes ont beaucoup joué ensemble ou se substituaient les uns, les autres (d'où les erreurs discographiques), formant une sorte de famille de la coulisse. Vinrent ensuite des héritiers comme François Guin (1938) et Daniel Barda (1944). Ce sont quelques exemples, le but n'étant pas d'être exhaustif. Claude Gousset, tromboniste des trois mondes, complice des variétés et arrangeur de talent, a su se faire une place au sein d'une concurrence sérieuse, à une époque où le besoin en musiques était considérable. A côté de complicités humoristiques auprès de Marcel Zanini (dès 1954) et Moustache, les grandes étapes jazz de Claude Gousset furent vécues avec Sidney Bechet, Michel Attenoux, Claude Bolling, Jean-Claude Naude, l'Anachronic Jazz Band, les Four Bones de François Guin, en plus de partages avec des stars françaises comme Alix Combelle, Roger Guérin, Raymond Fonsèque, Guy Lafitte, Pierre Gossez, Stéphane Grappelli et américaines comme Jimmy Archey, Vic Dickenson, Bill Coleman, Don Byas, Paul Gonsalves, Cat Anderson, Illinois Jacquet, Harry Edison, Zutty Singleton et Lionel Hampton.
Michel Laplace
Avec nos remerciements à Richard Larché
Photo Guy Schoukroun


Claude Gousset, «remarquable tromboniste, compositeur et arrangeur» (Raymond Fonsèque, 2011), est né à Paris, rue Lafayette dans le Xe arrondissement où il a longtemps vécu. En 1943, Claude Gousset étudiait à l'Ecole des Arts Appliqués. C'est en amateur qu'il pratique d'abord la flûte. Après la libération, en 1946, un militaire américain amène le jeune Claude Gousset dans la cave de Mme Perrodo, au 5 rue des Carmes (Ve arrondissement), devenue un club privé de jazz pour les jeunes, avec l'Orchestre Claude Luter qui prit le nom de l'endroit, les Lorientais. La formation de Luter dédiée à la musique de King Oliver compta Pierre Merlin, Claude Rabanit (cnt), Christian Viénot (tb), Mowgli Jospin (p), Claude Philippe (bjo), Guy de Fatto (b) et Michel Pacout (dm). Claude Gousset est tombé sous le charme de cette façon de jouer la musique sans avoir une attirance pour un instrument en particulier. Claude Gousset s’essaye à la clarinette, au sax soprano, au banjo et au cornet. Et puis, un ami d'école, le trompettiste autodidacte Jean Mickey Larché (1927-1970) lui demande de se joindre à son orchestre comme tromboniste! Pour ce faire, Claude Gousset va d'abord louer au magasin Couillé (anciennement Pasdeloup), boulevard Saint-Michel, un trombone à coulisse pour 500 francs mensuels. Il aime l'instrument et le travaille d'après les parties d'Honoré Dutrey (1894-1935) dans les 78 tours de King Oliver de 1923, désormais disponibles en France (ils ne l'étaient pas avant-guerre). C'est au marché aux puces de Saint-Ouen que Mickey et Claude ont acheté ensemble, et respectivement, une trompette et un trombone. Une fois connu, Mickey Larché dont l'agent artistique était Daniel Filipacchi, fera de la publicité pour les trompettes Couesnon. Les débuts de Mickey et Claude remontent à 1947. Avec Larché, Gousset joue au Louisiane, rue Chaptal, à Paris (1949). Puis en octobre 1950, l'orchestre de Larché avec Gousset incorpore le clarinettiste Pierre Atlan (1926-1988). En 1951-52, Gousset fait son service militaire dans le 12e Régiment du Génie stationné à Trèves, en Allemagne de l'Ouest. Il se fait remplacer chez Larché par son cadet Raymond Fonsèque. Claude Gousset, comme beaucoup de musiciens, en France comme aux Etats-Unis, bénéficie de l'enseignement musical militaire. Remarquons que ce régiment fut dissout peu après, le 31 décembre 1952.

 

1955. Jimmy Archey et l'Orchestre Michel Attenoux, Barclay




Revenu à la vie civile, Claude Gousset devient musicien professionnel et il retourne dans l'orchestre de Mickey Larché. Cette formation joue à La Huchette, puis au Kentucky Club, à Paris. Larché lui donne l’occasion de jouer avec Mezz Mezzrow, Guy Longnon et Zutty Singleton (1952). Mickey avait fait l'année précédente un remplacement de Lee Collins chez Mezzrow. Claude Gousset, en compagnie de Mezz, Bernard Wolfe et Hugues Panassié, a rencontré une première fois Louis Armstrong, notamment dans sa chambre à l'hôtel Claridge. L'autobiographie de Louis, Ma Nouvelle Orléans venait d'être éditée, le 1er octobre 1952, par René Julliard et Louis donnait un concert au Théâtre des Champs Elysées le 9 novembre. Avec Larché, Claude Gousset accompagne Lil Armstrong, puis Sidney Bechet (1953, six mois, aux Trois Mailletz, avec Bernard Hérout, cl, Eddie Bernard, p). Alors qu'il se produit toujours au Kenrucky Club, l'orchestre de Mickey Larché réalise un disque chez Vogue le 16 mai 1953. C'est la première séance de Claude Gousset qui grave là, «6 Rue Jouvenet» et «Un petit machin» aux côtés du chef (tp), Bernard Hérout (cl) et Maurice Martin (dm). Il y eut pas moins de trois Martin batteurs, Maurice, Jean et Teddy! Claude Gousset se produit une première fois avec Bill Coleman (1953) et avec le trompette Peanuts Holland, très actif en France à cette époque. Peanuts Holland (1910-1979), dont le talent considérable et novateur ne semble avoir été remarqué que par Gunther Schuller, a incidemment réalisé son meilleur disque, en concert à la salle Pleyel le 19 décembre 1952, avec l'orchestre de Michel Attenoux sur des arrangements de Raymond Fonsèque (Swing M33 311). On entend le public siffler parce que Peanuts lui semble trop «moderne». Fonsèque nous a précisé que le personnel indiqué est inexact, il y a notamment Gilles Thibaut (tp) et non pas Jacques Chrétien. Michel Attenoux (1930-1988) est un autre personnage haut en couleur du jazz. Après des études de piano classique, il a adopté le sax soprano sous l'inévitable influence de Bechet et débuté en amateur vers 1949. Son premier orchestre (Jean-Louis Duran, tb) va rapidement côtoyer celui de Mickey Larché (1950). Dès 1952, Attenoux sait recruter des musiciens de valeur comme Gérard Badini (cl), Jacques Chrétien (tp), Marcel Blanche (dm) et il remporte le Tournoi de Jazz Amateur. Charles Delaunay mise sur la qualité de l'Orchestre Attenoux et l'emploie dans son émission radiophonique publique qui se déroule tous les dimanches au cinéma Rex et qui s'appelle Jazz Variétés. Après le concert avec Peanuts Holland et avec Benny Vasseur à la place de Fonsèque parti sur un désaccord, l'Orchestre Attenoux assure les tournées d'été Jazz Variétés, en 1952 et 1953, notamment celles des plages françaises. À l'automne 1953, Bernard Zacharias a remplacé Vasseur. Puis, en alternance avec celui de Mickey Larché, l'Orchestre Michel Attenoux est choisi pour accompagner Sidney Bechet aux Trois Mailletz, Fonsèque ayant repris sa place. À la différence d'autres groupes accompagnant Bechet, l'orchestre Attenoux était très professionnel et toujours d'un bon niveau. Signalons au passage que pour le concert Bechet à Bruxelles donné au Palais des Beaux Arts, le 7 mai 1954 avec l'Orchestre Attenoux, publié en disque (Nec Plus Ultra/Vogue 502012), le soliste au trombone n'est pas Zacharias d'après la pochette mais Fonsèque, comme pendant toute la tournée 1954 (Lyon, Metz, Sarrebrück). Gousset remplace ensuite Fonsèque et joue pour Attenoux jusqu'en 1957. Il a ainsi l'occasion d'enregistrer un premier 33t 25 cm, le 24 janvier 1955. Il y a six titres dont «Savoy Blues» en compagnie de Louis Henry (tp), Attenoux (ss), Badini (cl), Georges Arvanitas (p), Guy Pedersen (b), Moustache Galépidès (dm). Dans «Jungle Blues», Gousset, proche de Jimmy Archey, manipule bien le plunger. Cette même formation enregistre trois jours plus tard, au studio Magellan, un autre 25 cm pour le compte du remarquable tromboniste américain Jimmy Archey (1902-1967). Bien sûr, «le petit géant» Archey qui travailla pour King Oliver, a le rôle principal au trombone. Michel Attenoux est à cette époque le disciple le plus crédible du grand Sidney («Texas Moaner Blues» dans lequel Archey est au sommet, bien soutenu aux balais par Moustache). L'équipe Archey-Gousset expose et riffe comme un seul homme dans «Christopher Columbus». L'exposé à deux trombones de «Swanee River» sur une rythmique mainstream est d'un bel effet. Louis Henry (1925-2020) prend le bon solo qui précède celui d'Archey dans le très dynamique «That's a Plenty». Les deux 33 tours 25 cm ont été réédités en double LP Jazz à Saint-Germain-des-Prés, Barclay 80991, et la séance de Jimmy Archey en CD Gitanes Jazz Productions 013045-2 couplée avec un enregistrement d'Albert Nicholas (1954, Bernard Zacharias, tb). A propos du grand clarinettiste néo-orléanais Albert Nicholas (1900-1973), les deux Claude, Gousset et Bolling, ont enregistré pour lui, le 27 juin 1955, chez Vogue, notamment un bon «Royal Garden Blues» (Guy Longnon, tp, Jacques Popoff Medvedko, b, Kansas Fields, dm).

 

On notera au passage que la génération comme celle de Gousset hérite directement des pionniers comme Bechet, Nicholas, Archey. Ce n'est pas un «revival», puisqu'il n'y a pas eu de rupture de transmission. Gousset revient en studio avec l'orchestre d'Attenoux pour réaliser deux séances, les 1er (face 1) et 16 (face 2) mars 1956, qui font le 25 cm Musique contre le Cafard (Barclay 84026: «Rock Around the Clock »!). Henry Droux et Roger Paraboschi remplaçaient Pedersen et Moustache. Il se trouvait alors que Moustache avait monté un big band. Et début 1956, cet orchestre a enregistré le 33t 25 cm, 10 œuvres, un seul disque, Véga V35S742 qui commence par «Toutes les heures qui sonnent (Rock Around the Clock)» et se termine par «Bugle Call Rag». Cette belle formation, anonyme sur la pochette et dans la réédition sur CD Frémeaux & Associés comprenait, outre Moustache, Roger Guérin (lead tp!), Bernard Hulin, Guy Longnon (tp), Raymond Fonsèque (tb1), Claude Gousset, Luis Fuentes (tb), Gérard Badini, Maurice Meunier (cl), Raymond Fol et Pierre Michelot. Depuis 1953, chez Tony Proteau, l'admirable Roger Guérin (1926-2010) jouait lead trompette de big band, une orientation qui n'a pas duré étant soliste dans l'âme. Morgane Production a sorti en 2004 un énigmatique DVD sous le titre Antibes et le Jazz. 1950-1960 qui mérite le détour. Car après quelques images de la plage de Juan-les-Pins et de l'Orchestre Claude Luter (Longnon, Rabanit, tp, Zacharias, tb) on tombe sur un document qui n'a rien à voir mais qui est d'une belle importance historique puisque ce sont des extraits du 1er Festival Européen de Jazz Nouvelle-Orléans qui s'est tenu le 10 mars 1956 à Paris, au Palais des Sports, présenté par Pierre Andrieu et patronné par la revue Jazz Magazine. Après une parade, on découvre ce Moustache's Band (selon le programme), en pleine action jouant l'arrangement sur «Bugle Call Rag» de son disque. La différence est que Louis Henry et Bernard Hérout (1930-2012) remplaçaient Longnon et Meunier. Le document montre aussi Benny Waters avec l'orchestre du tromboniste Michel Zagradsky (Jacques Chrétien, tp), Bill Coleman avec celui de René Franc (Maurice Emo, tp, Fonsèque, tb), Mezz Mezzrow avec Attenoux (Henry, tp, Gousset, tb), Humphrey Lyttelton et divers autres.

 

1958. Michel Attenoux, Vive le Jazz!, Barclay




Claude Gousset enregistre ensuite régulièrement avec Attenoux et avec Moustache pour lequel il écrit les arrangements. Pour Attenoux, c'est le 8 juin 1958 l'album Vive le Jazz! (Barclay 84035, Raphael Pujalti remplace Paraboschi, Pierre Attenoux, tp, est ajouté). Puis l'orchestre d'Attenoux est remanié, mais Gousset y reste, cette fois aux côtés de regretté Bernard Hulin (tp) avec Gérard Badini (cl), Georges Arvanitas (p), Jean-Marie Ingrand (b) et Mac Kac Reilles (dm). Bernard Hulin (1926-1981), trompettiste préféré de Jean-Pierre Melville, pas loin d'égaler son ami Roger Guérin, est aujourd'hui oublié. Son problème était l'alcool qu'il avait en commun avec Philippe Brun. Mais si Brun devait parfois fuir la scène sous les huées à cause de son état, d'après Dominique Chanson qui jouait pour lui (1958), le jeu d'Hulin n'était pas altéré par sa consommation comme le prouve la séance de juin 1955, de l'Orchestre Geo Daly, pour Columbia (FP 1059) dans laquelle, selon le premier trompette Fred Gérard, il est malgré son ébriété et un instrument en mauvais état, un soliste très inspiré et swinguant («The Night of a Cat», «The Day of a Dog»). Cette équipe Hulin-Gousset laisse neuf titres enregistrés pour Attenoux chez Barclay, le 26 juin 1957 dont «Semiramis», «De Profundis», «Le Pou et l'Araignée» (très bon solo avec plunger d'Hulin). Le 22 octobre 1958, au studio Gaumont Palace, si les souffleurs sont les mêmes, il y a maintenant Jacques Denjean (p), Charlie Blareau (b) et Dave Pochonet (dm) pour engranger des standards dans le style mainstream. Les solos de Bernard Hulin avec sourdine dans «C Jam Blues» et «Bugle Call Rag» sont fantastiques d'inspiration, swing et punch! Gousset n'est pas en reste (exposé avec plunger très Nanton, dans «St James Infirmary», tandis que Denjean pense au Duke). Ces titres furent réédités en CD. Badini et Attenoux doublent respectivement au sax ténor et sax alto («Flying Home»). Attenoux a trouvé la filiation Bechet-Hodges («Sunny Side»). Cependant son maître Bechet fait l'objet d'un hommage dans un 45t offert par la crème de gruyère La Vache Grosjean, réalisé par cette formation de 1958 (mais Arvanitas, p, Charles Saudrais, dm): «Petite Fleur» et «Les Oignons» (au revers, l'énigmatique Orchestre James Award s'illustre dans un «Gettin' Up» qui évoque du Guy Lafitte…). En fait ces deux morceaux et deux autres, «Si tu vois ma mère» et «Dans les rues d'Antibes», sont aussi regroupés en 45t Panorama 1235, diffusé dans les Monoprix.

 

C'est après cela, toujours en 1958, que Claude Gousset quitte Attenoux après un engagement aux Trois Mailletz avec Badini et Philippe Combelle. C'est là que, vers 1960, Attenoux commence à préférer l'alto et le jazz mainstream. Attenoux était un gastronome et quelqu'un de porté sur la bonne humeur. Mais il n'était pas fiable sur les horaires, ni les finances. Michel Attenoux était comme Bernard Hulin, un personnage qui paraissait inventé pour l'idée que l'on se fait des jazzmen. En 1961, Attenoux a quitté les Trois Mailletz pour des raisons personnelles. L'orchestre sera confié au trop méconnu Dominique Chanson (né en 1932). Peu avant de disparaître de la scène du jazz (jusqu'en 1968), Attenoux a enregistré, à notre avis, son chef d'œuvre. Jacques Tati a restauré son film Les Vacances de M. Hulot et il a voulu une nouvelle version de «Quel temps fait-il à Paris?» d'Alain Romans précédemment enregistré par Aimé Barelli. Michel Attenoux (ss) et son orchestre regroupant Dominique Chanson (ts), Jacques Denjean (p), Jean-Pierre Sasson (g), Pascal Groffe (b) et Charles Saudrais (dm) se sont rendus en septembre 1960, au studio Polydor, rue des Dames, pour donner la nouvelle version dans laquelle le sopraniste est admirable. Ce film étant un classique, beaucoup ont entendu Michel Attenoux sans le savoir. Sans Sasson mais avec Claude Gousset, et André Persiani à la place de Denjean, cette formation a accompagné Bill Coleman aux Trois Mailletz (1960, cf. Vidéographie).

 

Claude Gousset n'était pas fidèle et il a aussi généreusement contribué, en 1956-57, à la production discographique, chez Vega, du batteur-animateur Moustache, souvent proche des variétés: Moustache à Moscou (big band, avec banjo), Moustache en Italie, Moustache à Harlem (Nadine Young, voc), Moustache Toréador (Moustache, voc, Longnon, tp, Gousset, tb, Attenoux, ss-as, Bonal, g), Moustache chez le Père-Noël (Longnon, Gousset, Vasseur, Attenoux, R. Fol), Moustache et le Rock'n'roll (Longnon, Gousset, Vasseur, Attenoux, ss-as, Mercadier, ts, R. Fol, Bonal, Mac Kac, dm, Nadine Young, voc), Moustache au Tyrol (Longnon, Gousset, Vasseur, Meunier, cl, Attenoux, ss), Calypso (Longnon, Gousset, Attenoux, ss, peut-être Hérout, cl), Boston à la Moustache (Longnon, Hulin, Gousset, Vasseur, Meunier). Une grande partie de ces disques a été rééditée par Frémeaux & Associés. Nous ne sommes parfois pas loin des fêtes de la bière. Il est vrai que ces musiciens de talent donnaient souvent des bals notamment pour les Grandes Ecoles comme HEC, ESSEC, SUPELEC. On entend aussi le trombone de Claude Gousset, en 1957, dans un 45t Polydor 20774 du pianiste méconnu Armand Gordon (1930-1992) aux côtés de Rolf Burheer (tp), Wani Hinder (cl), Jacques Rebreyend (bjo), Raymond Fonsèque (tu, arr) et Raphael Pujalti (dm)(«Stomp Off, Let's Go», «Goober Dance»). Signalons au passage que le nom de ce trompettiste est souvent (mal) orthographié Buhrer. Rolf Burheer, simplifié en Burher (1932-2006) était un Suisse allemand, comme Erwin Wani Hinder (1933-2021), bien intégrés au milieu du jazz en France. Avant cette séance, les disques de Gordon de 1956 utilisaient Luis Fuentes ou Christian Guérin au trombone. En novembre 1957, Claude Gousset réalise, en trois séances, un album du chanteur Brother John Sellers au sein de l'orchestre de Guy Lafitte qui emploie Bill Coleman (tp), Michel de Villers (as, bar), Georges Arvanitas (p), Jean-Pierre Sasson (g), Pierre Sim ou Gilbert Rovère (b) et Christian Garros (dm). Claude Gousset participe aussi à deux titres du 25 cm Guy, «The Jeep is Jumpin'» et «Tranquillement» enregistré le 30 septembre 1959 avec Roger Guérin, Arvanitas, Paul Rovère et Garros.

 


Claude Gousset avec l'orchestre de Claude Bolling, 12 septembre 1957, images Ina.fr
Claude Gousset avec l'orchestre de Claude Bolling, 12 septembre 1957, images Ina.fr



C'est en big band, en janvier 1958, qu'on trouve Claude Gousset dans une séance d'enregistrement à Paris pour André Persiani, sortie en 45t sur label Trianon (Persiany joue Count Basie). Dans cette formation, Gousset est aux côtés de Bill Tamper (tb1), Georges Gay (tp1), Lucien Juanico, Fernand Verstraete (tp) et Christian Garros (dm). Sur le 33t 25cm de cette séance, on trouve aussi «Blue and Sentimental», avec Michel Attenoux en soliste (Columbia). Il y eut également deux bons 25 cm pour le spécialiste du cornet-trompette Selmer, Lucien Gilles Thibaut (1927-2000), réalisés à la Schola Cantorum début novembre 1958, où le leader et Gousset sont en compagnie de Badini, alias G. Binida, Jacques Denjean (p), Charlie Blareau (b), Marcel Blanche (dm) et Colette Magny, débutante (voc). Sortis sur étiquette Le Club National du Disque (CV 211 et 216), Thibaut y montre une autorité à la Armstrong. Des titres seront réédités sur CD. On a trop oublié combien Gérard Badini fut un exceptionnel clarinettiste («Memories of You»). Claude Gousset est parfait, sans copier mais dans l'esprit Trummy Young («Star Fell on Alabama»), Urbie Green («Black and Blue») et Jack Teagarden («La Petite Valse», introduction aux «Yeux Noirs»). Oui, Gilles Thibaut fut bien le parolier de Claude François («Comme d'habitude») et Johnny Hallyday («Que je t'aime»). Mais son titre de gloire fut d'être filmé dans l'Orchestre Claude Luter au cours d'une jam sur «Struttin' With Some BarBQ» avec Louis Armstrong au Vieux-Colombier de Paris. Claude Gousset retrouve Sidney Bechet en studio, le 12 décembre 1958, pour réaliser le 45t Sidney Bechet joue Noël, en compagnie de Jean-Claude Pelletier (org), Alix Bret (b) et Kansas Fields (dm) («Silent Night», «White Christmas»). Cette équipe a aussi révisé «Les Oignons».

 

Après l'expérience de Raymond Fonsèque, de septembre 1955 à mai 1956, au club Montpensier à Paris, qui attire sur lui une certaine notoriété en pratiquant le style Jay & Kai avec Luis Fuentes (tb) et Jean-Claude Naude (p), en tandem avec Bernard Zacharias, alias Bernard Zac, Claude Gousset reprit à son tour cette formule à deux trombones et rythmique. Ce qui a d'ailleurs donné le seul disque sorti en presque leader de Claude Gousset, un 45t sur label Versailles de quatre titres dont deux du répertoire de Charles Trenet, «Vous qui passez sans me voir» et «Rendez-vous sous la pluie». En 1957-58, Gousset joue pour Geo Daly et Raymond Fol au Club Saint-Germain en compagnie de Maurice Meunier (cl, ts), Jean Bonal, Mac Kac ou Moustache, parfois Stéphane Grappelli. Il est resté six mois dans ce célèbre lieu. C'est là, dans un club presque vide, un soir de 1958, que Gousset a vu, avant qu'il ne soit trop tard, Billie Holiday et Lester Young passer un moment ensemble.

 

En 1958, sa première épouse décède et Claude se plonge dans l'hyperactivité. Cette année-là, il remporte le référendum Jazz Hot et Charles Delaunay le fait jouer au Festival Jazz de Cannes. Après l'historique lancement du concept du Festival de Jazz sur la Côte d'Azur par Hugues Panassié en 1948, dix ans plus tard, Charles Delaunay l'a réactivé à Cannes. C'est une manifestation pas moins prestigieuse et historique, qui comme la précédente restera, hélas, sans lendemain. L'offre du 8 au 13 juillet 1958 est considérable et par chance en partie fut couverte par Jean-Christophe Averty pour la télévision: Sidney Bechet, Albert Nicholas, Teddy Buckner, Vic Dickenson, J.C. Heard, Joe Turner, Sammy Price, Roy Eldridge, Coleman Hawkins, Don Byas, Dizzy Gillespie, Zoot Sims, Stan Getz, MJQ, Kenny Clarke, Donald Byrd, Ella Fitzgerald, des artistes français tels que André Reweliotty, Jean-Louis Duran, Mowgli Jospin, Claude Luter, Michel Attenoux, Hubert Rostaing, Yvonne Blanc, Geo Daly, Guy Lafitte, Michel de Villers, Michel Hausser, Henri Renaud, Dante Agostini, Barney Wilen, Pierre Michelot, Martial Solal et nous ne sommes pas exhaustifs. Charles Delaunay a confié, à l'époque, que les musiciens français lui ont posé des problèmes en réclamant des cachets supérieurs à ce qu'était leur notoriété auprès des jazz fans. Il y eut au moins une défection de taille pour un autre motif. Roger Guérin était annoncé dans les programmes pour le concert de clôture, le 13, dans la bataille réunissant aussi Teddy Buckner, Bill Coleman, Roy Eldridge et Dizzy Gillespie. Mais, en juillet 1958, Pierre Gossez pressenti pour participer à l'International Youth Band de George Wein et Marshall Brown, céda sa place à Roger Guérin pour y représenter la France. La formation a passé trois semaines à New York et huit jours à Newport où elle a accompagné Louis Armstrong. C'est donc ainsi que Roger Guérin contrairement aux annonces ne put participer à cette jam et au Festival de Jazz de Cannes, ni d'ailleurs à la séance du 5 juillet pour Serge Gainsbourg («Charleston des déménageurs de piano») où il s'est fait remplacer par Jacques Jay (également, exceptionnellement, copiste). En revanche, Claude Gousset a bien assuré dans «Perdido» et un blues, en all-stars avec Teddy Buckner, Don Byas, Michel de Villers, Sammy Price, Arwell Shaw et J.C. Heard. Charles Delaunay a toujours proposé des jam sessions (disques Swing, Festival International de Jazz de Paris), avant donc George Wein très porté lui-aussi sur ces confrontations festives. Au cours de l'été 1958, Claude Gousset se trouvait de toutes façons sur la Côte d'Azur. Il jouait avec Sidney Bechet au Vieux-Colombier de Juan-les-Pins, en compagnie d'Attenoux, Daly, Bonal, Medvedko et Moustache. D'ailleurs, le 13 août, Moustache a épousé à la mairie d'Antibes, Simone van Lanker. Brigitte Bardot et Sacha Distel étaient au nombre des invités. Puis, Claude Gousset a ensuite passé un mois avec Maxim Saury au Théâtre de l'Alliance, à Paris, avant de se produire au Théâtre de l’Etoile à Paris avec Yves Montand. Montand fera appel aux services de Gousset pendant dix ans. Montand sort l'album Recital 58 où il est accompagné par Claude Gousset (tb), Hubert Rostaing (cl), Bob Castella (p), Freddy Balta (acc), Didi Duprat (g), Emmanuel Soudieux (b) et Roger Paraboschi (dm).

 


Don Byas (ts), Michel de Villers (bar), Teddy Buckner (tp), Claude Gousset (tb), Festival Jazz de Cannes, 8 juillet 1958, image extraite de YouTube
Don Byas (ts), Michel de Villers (bar), Teddy Buckner (tp), Claude Gousset (tb),
Festival Jazz de Cannes, 8 juillet 1958, image extraite de YouTube



Avant tout cela, Claude Gousset a participé aux premières séances historiques du big band de l'indispensable pianiste-arrangeur Claude Bolling (1930-2020), pour Frank Ténot sur le label Le Club Français du Disque. Il y joue troisième trombone avec les pointures du studio: André Paquinet (lead), Benny Vasseur (tb2) et Gaby Vilain (btb) (Les succès de Duke Ellington). Claude Gousset participera à l'album consacré à Django mais pas à celui dédié aux succès de la Nouvelle Orléans. Par contre, on l'entend, en mai 1956, dans le très mainstream «Lorraine Blues» où Claude Bolling sollicite en soliste Fred Gérard (1924-2012) qui confirme qu'il n'est pas seulement un lead trompette, et trois trombones (Claude Gousset, Bernard Zacharias, Benny Vasseur). Ce titre a été retenu pour l'Anthologie du Jazz n°3 (Club National du Disque CND 598). La collaboration entre les deux Claude sera constante à partir de 1957 lorsqu'il remplace Benny Vasseur parti à Monte-Carlo chez Aimé Barelli, alors que Bolling opte surtout pour la formule du septet/sextet dixieland comme il disait (trompette, trombone, clarinette/sax avec rythmique) en concert comme en disque (parfois avec des renforts). Claude Gousset et Bernard Hulin y reforment leur tandem gagnant. La première séance de ce combo, sous le nom des dixie-faunes, remonte à septembre 1957 pour un 45t comprenant «Oh, c'est divin» (Gérard Badini, cl, Jean-Jacques Tilché, bjo), «Mon bon vieux phono» et «La Marie-Vison» (Gérard Lévêque, cl, Francis Le Maguer, bjo). Ce dernier titre, l'orchestre l'a aussi enregistré avec la chanteuse Jacqueline François. Nos jazzmen n'ont pas eu à aller à la variété, c'est la variété qui est allée au jazz en cette époque bénie. La formation de Bolling emploie le fidèle Arthur Motta (dm) et chose particulière, Pierre Gossez au sax basse à la place du tuba ou de la contrebasse. Raymond Fonsèque reprendra cette idée treize ans plus tard avec Patrick Deroide (1947-2019). Pierre Gossez (1928-2001) dont on a oublié le talent de jazzman égal à celui de son complice Georges Grenu (1925-2013), officie au ténor dans une émission de télévision donnée par ce combo en septembre 1957. Le 45t suivant, A vous de danser, est bouclé le 25 novembre 1957. Il additionne le même septet, sauf Charles Blareau (b) à la place de Gossez, avec son big band (des requins): «Sensas» (alias «Too Much», succès d'Elvis Presley) est du maintream pur swing. Etonnante introduction de piano beethovennienne avant l'exposé de trompette avec plunger dans «Cry Me a River» (superbes solos de Badini, pulpeux, et du leader, sobre). On retrouve ces titres dans l'album Sensas, avec du Bécaud («Le jour où la pluie viendra», avec Gousset) et du Aznavour («Sarah», sans Gousset). Ce 33t a décroché un Grand Prix du Disque de l'Académie Charles Cros.

 

1962. Claude Bolling, Madison Twist, Philips




C'est en big band que Bolling réalise le 45t Bad Boy, en février 1958. Gousset s'y trouve aux côtés de Raymond Katarzynski, Bill Tamper et Benny Vasseur. Le premier trompette est Fred Gérard. Les dixie-faunes de Bolling font du jazz grand public et ils enregistrent le 4 novembre 1958 avec Badini (cl), Gousset (tb), Gossez (sax basse) et semble-t-il Fernand Verstraete à la place d'Hulin (tp) («Ain't She Sweet», 45t Charleston). Dans ce combo, les trompettistes passent, mais le tromboniste Gousset reste! Dans le 45t Slow, enregistré le 12 juin 1959, la moyenne formation comprend Claude Gousset, Badini, Gossez (bs), Tilché, Hess, Paraboschi et Fernand Verstraete. Sur le 33t, Dansons, Philips P76 176, se trouve une version d'octobre 1959 de «Si tu vois ma mère» de Bechet bien harmonisée pour la section de sax comprenant Michel Attenoux (ss), Jo Hrasko (as), Gérard Badini et Pierre Gossez (ts) (solos: F. Verstraete, tp, Gousset, tb). Claude Bolling revient en studio le 5 mai 1960 avec son septet dans lequel la trompette de Verstraete a laissé place à celle de Vincent Casino (la pochette ne donne pas d'indications de personnel) et il enregistre un autre 45t titré Charleston. Cette fois, ce sont quatre standards dont «Doin' the Raccoon», «Dinah» et «Alexander's Ragtime Band» (Gousset, Badini, Tilché, Gossez, sax basse, Paraboschi). Dans le 45t suivant, Claude Bolling and his Big Piano, Gousset (en wa-wa), Badini (ts, véhément) et Bolling (low down) font l'intérêt de «Forever, je t'aime». Vincent Casino n'y joue pas. Il y a aussi un très swinguant «Big Piano Blues» (du madison avant l'heure). Jean-Christophe Averty réalise le 25 mars 1961, l'émission télévisée Claude Bolling Special Show dont Philips tire matière à un excellent 33t 25 cm. L'orchestre est le septet avec des renforts: Vincent Casino, Ivan Jullien (tp), Raymond Katarzynski, Claude Gousset (tb), Claude Civelli (as), Gérard Badini (ts, cl), Pierre Gossez (bar), Bolling (p), Michel Gaudry (b), Roger Paraboschi (dm). Claude Bolling reprend des morceaux déjà enregistrés comme «Le Piège» orchestré (Claude Gousset, solo), «Lorraine Blues» (solos: Badini, Civelli, Jullien, Katarzynski). En 1962, le septet de Claude Bolling, dont Gousset, accompagne Brigitte Bardot dans un Passing Show d'Averty avec Raymond Fonsèque (tb, tu) en supplémentaire («Sunny Side of the Street», «Jazz de 1925»). Bolling et Bardot feront un album en 1962 qui donne le swinguant «Everybody Loves My Baby». Puis, l'année même, le personnel du sextet est remanié: Pierre Dutour (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (ts), Claude Bolling (p), Bob Quibel (b), Peter Giger (dm). Ce groupe réalise le 25 mai, deux 45t consacrés au madison (dans plusieurs titres Nat Peck remplace Gousset au cours de la séance: «Madison Time», «Mad Madison»). Ces morceaux sont regroupés sur un album Madison Twist, qui propose trois autres morceaux en plus, enregistrés en juillet 1962 dont «Ne Boude Pas» qui n'est autre qu'une version de «Take Five» par le combo dans lequel Jean-Claude Naude remplace Dutour, avec l'ajout de Raymond Guiot (fl). On retrouve cette équipe avec Guiot et des percussions supplémentaires, le 26 octobre pour une bossa nova, «Saint Germain du Brésil» (Philips 424 298). L'album instrumental, Joue les airs de Brigitte, propose de l'excellent jazz comme dans «Everybody Loves my Baby», ici dans une version à la Basie (Gousset, tb). Il a fallu cinq séances entre le 27 décembre 1962 et le 19 janvier 1963 pour faire cet album. Le suivant, Bolling's Band's Blowing, fut réalisé en trois séances en juin, par le sextet avec Jean-Pierre Guignon (org). Il reprend «Nuances» enregistré sept ans plus tôt pour le label Bally. Après deux 45t consacrés au hully gully, autre danse yé yé en vogue, le sextet de Claude Bolling, dont Gousset, remplace celui de Roger Guérin dans l'émission Age Tendre et Tête de Bois de l'harmoniciste Albert Raisner (1922-2011). L'émission est diffusée le samedi après-midi en direct du Moulin de la Galette à Montmartre. Le sextet de Bolling accompagne Johnny Hallyday, Adiano Celentano et bien d'autres mais à chaque émission, Albert Raisner qui aimait le jazz, lui accordait un instrumental. L'émission de Raisner changera de nom en 1965 et devient Tête de Bois & Tendres Années (Henri Salvador, Guy Marchand, Claude François avec Bolling, Dutour, Gousset). Elle a duré jusqu'en 1968. Cette émission nous laisse de nombreuses vidéos de ce sympathique combo de Bolling avec Gousset.

 

A l'ombre de cette vaste production «bollingtonienne», Claude Gousset, en 1960-61, remplace Raymond Fonsèque chez le clarinettiste André Reweliotty. En mars 1960, pour Reweliotty (1929-1962), Gousset participe à une séance avec deux trombones, Gaston Balenglow étant son complice de la coulisse. C'est en 1960 que sortent deux 45t regroupés, sous le titre Coquetèle Danse, soit sept titres par Alix Combelle entouré de Gousset, Georges Arvanitas, Jean Bonal, Roland Lobligeois (b) et Philippe Combelle. À partir de 1960 également, Gousset se retrouve chez Jack Diéval (avec Badini, Jacques Hess et Philippe Combelle), pour des tournées (Grèce, etc.) et pour accompagner Francis Lemarque et, dans des galas en Israël, les chanteurs Maria d'Aparecida et Jacques Brel, sans parler des deux concerts pour la RTF en pleine mer sur le paquebot Théodore Herzl (1960). Le bon pianiste et chef d'orchestre Jack Diéval (1920-2012) avait déjà employé Claude Gousset deux ans plus tôt. Et en 1962, Claude Gousset joue toujours au sein du Jazz aux Champs-Elysées All-Stars de Jack Diéval, cette fois en compagnie de Sonny Grey (tp) et de Dominique Chanson (fl, ts). Cette formation avec Henri Renaud et Dave Pochonet à la place de Diéval et de Philippe Combelle, a enregistré le 19 octobre 1962, des titres réédités en CD mentionnant la présence de Claude Gousset qui n'y participe pas! Auparavant, en avril 1961, Claude Gousset était dans le pupitre de trombones de Raymond Fonsèque (lead) dans le big band monté par le très bon pianiste Jacques Denjean (1929-1995), aux côtés de François Guin (tb3) et Michel Camicas (tb4). Cependant l'année suivante, Gousset retrouvera Yves Montand pour des tournées, notamment au Japon. Et il sera encore avec Montand à l'Olympia six ans plus tard. Ainsi, Claude Gousset, remplacé par Marc Steckar (tb2) ne participe pas au 33t 25 cm de Jacques Denjean (Polydor 45565), salué par les spécialistes de l'époque. Avant son départ, en formation réduite, Claude Gousset a trouvé le temps de faire un 45t de madisons pour le compte de Denjean (Dutour, tp, Noureddine, Chautemps, as, Badini, Chanson, ts, Jouot, bar, Arvanitas, Pierre Sim, Philippe Combelle!). Pour Jean-Christophe Averty, et avant bien d’autres, Raymond Fonsèque expérimente les grands ensembles de cuivres (Passing Shows, TV). Le 17 décembre 1961, Raymond enregistre donc son arrangement de «Lassus Trombone» pour onze trombones avec outre lui-même, François Guin, Marc Steckar, Henri Tallourd, Emile et Gaby Vilain, Claude Gousset, Charles Verstraete, Michel Camicas, Jean-Marie Dietschy et Raymond Vaillant. Il sera diffusé le 1er janvier 1962. Les 16 et 18 juin 1962, à Paris, Claude Gousset participe à une séance de rock & roll parue sous le nom du guitariste Mickey Baker, sur étiquette Versailles, En direct des USA (sic). Y ont contribué, des experts comme Roger Guérin, Michel de Villers (as, bar), Georges Arvanitas (p, org), Pierre Cullaz (g), Léo Petit (bjo), Michel Gaudry (b) Armand Molinetti ou Daniel Humair (dm). A cette époque, sur des arrangements de Mickey Baker, Gousset, Arvanitas, Cullaz accompagnent le chanteur Billy Bridge, cette fois avec Pierre Michelot (b), Arthur Motta ou Armand Cavallaro (dm).

 

1965. Cat Anderson, Claude Bolling & Co., Philips




En 1965, les 29 et 30 janvier, Cat Anderson a enregistré tout un album avec Claude Bolling & Co qui sont Buster Cooper, Chuck Connors (tb), Paul Gonsalves (ts), Charlie Blareau (b) et Sam Woodyard (dm). Dix titres dont deux, «Clementine» et «The Twins», dans lesquels sont ajoutés Pierre Dutour (tp), Claude Gousset (tb) et Gérard Badini (ts). C'est en 1969 que Claude Gousset a rencontré Duke Ellington au Caveau de La Huchette, les présentations ayant été faites par Claude Bolling. Pour de coupables raisons commerciales, compte tenu du succès remporté par Jacques Loussier, Jean-Jacques Tilché, ex-guitariste devenu directeur artistique chez Philips, demande à Claude Bolling de jazzer Mozart. Il en résulte, enregistré en octobre 1965, un disque qui fit sensation, Jazz Gang Amadeus Mozart. Claude Bolling a utilisé son septet régulier, dont Gousset, avec des requins en renfort dont l'excellent Pierre Sellin (tp), Michel Portal (cl), Pierre Gossez (ss), Charles Verstraete (tb), Gaby Vilain (btb) et dans La Petite Musique de Nuit des cordes dirigées par Jean Gitton. Le 22 juillet 1968, agité par le prolongement des «événements», le combo de Claude Bolling participe au Festival de Jazz d'Antibes, à la même soirée que le Grand Orchestre de Don Ellis et le quartet Pharoah Sanders! J'ai assisté à ce beau concert du sextet comprenant donc Pierre Dutour, Claude Gousset, Gérard Badini, Claude Bolling, Charlie Blareau et Peter Giger, pour du swing bien extériorisé.

 

Le trompette armstrongien Jean-Claude Naude (1933-2008) quitte Maxim Saury après dix ans d'activité commune et se lance en 1965, encouragé par Charles Orieux, à la tête d'un big band qui va faire sensation. Les premiers titulaires outre Naude et Gousset, sont pour les cuivres, Michel Poli, Rolf  Burheer, Louis Toesca, Louis Laboucarié (tp), Christian Guizien, Charles Orieux (tb). Le premier alto est Jacques Noureddine et le batteur Teddy Martin. Le premier concert, Sur les traces de Count Basie, est donné le 20 mai au Théâtre de l'Est Parisien, avec outre ceux cités, Roger Deblock (lead tp), Dominique Chanson et Gérard Badini (ts), Henri Jouot (bar) et Jacky Samson (b). Au répertoire, il y a des arrangements de Gousset: «Mon Légionnaire», «Pont des Arts», «Something for Lester». Ce résultat de grande qualité fut le résultat de répétitions soutenues. Il sera bientôt en concurrence avec le Paris Jazz All Stars d'Ivan Jullien (héritier du big band de Luis Fuentes-Roger Guérin). Qui a écrit que les big bands ont disparu après l'ère Swing? Ils sont aussi nombreux que les big bands en activité à cette époque (Duke Ellington, Count Basie, Woody Herman, Ray Charles, Maynard Ferguson, Kurt Edelhagen, etc). L'album Enfin, sorti chez Tele Record, a obtenu 3 étoiles sur 5 dans Jazz Hot n°236 (novembre 1967, p.31). L'enregistrement a été réalisé les 8 et 9 mai 1967. Les cuivres étaient Henri Van Haeke, Franck Duterte (lead tp), Tony Russo, Poli, Laboucarié (tp), André Paquinet (lead tb), Gousset, Orieux (tb) et le batteur était Yves Legrand. Le disque s'ouvre, plein swing, sur «Le Temps d'un Alléluia» dans lequel Gérard Badini et Dominique Chanson s'affrontent de façon dingue. On retrouve le génial Dominique Chanson (fl) avec Naude (sourdine) dans «Walkin' rue Saint-Honoré», digne de l'équipe Basie période Frank Wess-Thad Jones. C'est aussi un parfum basien qui s'échappe de «Latitude 34-40° Nord» (sens des nuances) et de l'arrangement de Claude Gousset sur la ballade «W.R.» (Naude, flh). Claude Gousset s'exprime en solo parfaitement jazz dans «Dernière Minute» et, pour faire bisquer André Paquinet, dans son style pour «Mon Légionnaire». Henri Van Haeke (1923-1991) était le lead trompette préféré de Naude pour le jazz («Dernière Minute», «Natsu», «Looka Heah»). Raymond Fonsèque a particulièrement aimé ce disque et tout spécialement l'arrangement de «Quiet» sur une composition de Naude qui a un côté Neal Hefti et «Lil' Darling». L'Orchestre de Naude, dont le répertoire est fait de compositions originales, avait la classe américaine. Le 25 juillet 1967, j'ai assisté au festival d'Antibes à l'excellente prestation de ce big band. La formation comprenait alors Naude (solo tp), Maurice Thomas (tp1), Loulou Vezant, Tony Russo, Louis Toesca, Louis Laboucarié (tp), André Paquinet, Claude Gousset, Charles Orieux (tb), Teddy Hameline (as1), Jean-Marie Bilhaert (as), Marcel Canillard, Jacques DiDonato (ts), André Beun (bar), Georges Arvanitas (p), Jacky Samson (b) et Yves Legrand (dm). Gousset n’est pas sur le dernier album du big band de Naude, en novembre 1971 (Special Blend, Blue Swan 51171). Puis, Naude a jeté l'éponge. Ce ne sont pas tant les difficultés économiques qui certes existaient, que l'impossibilité chronique de garder un personnel fixe car les professionnels étaient sollicités par des offres plus lucratives.

 


Claude Gousset à la gauche de la section de trombone du big band de Jean-Claude Naude, Théâtre de la Mutualité, Paris, 3 novembre 1965, image extraite de DailyMotion
Claude Gousset à la gauche de la section de trombone du big band de Jean-Claude Naude,
Théâtre de la Mutualité, Paris, 3 novembre 1965, image extraite de DailyMotion



En 1966, Claude Gousset participe avec Hubert Rostaing (cl) et Paul Piguillem (g) à une séance pour Aimé Barelli et le label Riviera («Mary Poppins»). De 1961 à 1967, Raymond Fonsèque reprend son expérience en quartet de trombones testée en mars 1953 et qu'il baptise cette fois Trombone Incorporated. Occupé au Lido puis aux Folies-Bergère, Raymond fait répéter cet ensemble de trombones le dimanche. Y participent à tour de rôle, Claude Gousset, François Guin, André Siot, Daniel Bruley, Michel Camicas, Charles Orieux et le superbe pianiste Marc Hemmeler (1938-1999). Un concert du Trombone Inc en 1965, au Caveau de la Montagne, a été enregistré. Avec une rythmique efficace (Marc Hemmeler, p, Bob Quibel, b, Alain Benmayer, dm), l’équipe est constituée de Michel Camicas, Claude Gousset, Charles Orieux et Raymond Fonsèque aux trombones («Moten Swing», «Up Down and Around», «Moonglow», «The Huckle Buck», «Lament», «All of Me», «W.R.», «Taste of Honey»). La prestation est superlative. En 1967, Roger Guérin et Claude Gousset sont les cuivres de l’Orchestre Claude Luter. Il en résulte un 33t réalisé le 11 septembre et 14 novembre de cette année-là, jazzant des tubes de variétés («Voilà», «Tonton Cristobal»). Les batteurs sont Peter Giger puis Marcel Blanche, et Henri Jouot (bar) a participé à la deuxième séance. Claude Gousset refera une séance pour Claude Luter en big band en mars 1971 (avec Jean-Claude Naude, Pierre Dutour ou Pierre Sellin, tp), dont il est aussi l’arrangeur.

 

François Guin reprend les Trombones Incorporated de Raymond Fonsèque qui deviennent les Four Bones. Guin se produit aussi à la tête du combo les Swingers, sorte de prolongement du sextet de Bolling avec d'ailleurs Gérard Badini (ts). Dès 1968, les Four Bones de Guin, avec Gousset, André Paquinet et Charles Orieux jouent en Italie sur la demande d'Adriano Mazzoletti (enregistrements pour la RAI). Comme toutes ces formations françaises professionnelles de l'époque, il y a de fréquents changements de personnel. En avril 1969, au Caveau de La Huchette, les Four Bones sont Guin, Gousset, avec cette fois Raymond Katarzynski et Luis Fuentes. Cette année-là, Alexandre Rado obtient d'Eddie Barclay que les Swingers et les Four Bones fassent un album avec en soliste invité Paul Gonsalves. Avec eux, il y aura deux autres ellingtoniens, Norris Turney (as, fl) et Chuck Connors (tb). Les Four Bones sont alors Michel Camicas, Luis Fuentes, Claude Gousset et Daniel Bruley. En mai 1970, au studio Hoche, les Swingers et les Four Bones réalisent un deuxième album, In the Groove, d'après des arrangements signés Fonsèque («Up Down and Around», solistes: Gousset et Camicas), Guin («Does Anybody Miss Me», Vasseur au trombone basse!; «Swingers in the Groove»). Dans ce disque plein de swing, les Four Bones sont six: Guin, Gousset, Camicas, Vasseur, Bruley et André Paquinet. Par contre, Claude Gousset n'est pas dans les Four Bones le 17 juillet 1970, lors de leur prestation au Festival d'Antibes avec Roy Eldridge (Guin, Paquinet, Vasseur, Camicas). En 1971, Gousset, Guin et Fuentes participent ensemble à une séance de variétés dirigée par Jean-Claude Petit, dans laquelle ils se trouvent en compagnie de Tony Russo, Michel Barrot, Henri Van Haeke, Pierre Dutour (tp), Jean-Louis Chautemps, Philippe Maté (ts), deux cornistes dont Daniel Dubar. Les Four Bones se retrouvent ensuite pour une magistrale séance de Guy Lafitte pour RCA (Gousset, Vasseur, Camicas, Orieux).

 

1973. Clarence Gatemouth Brown, Pressure Cooker



Pour une deuxième période, à partir de 1971, Claude Gousset rejoint Michel Attenoux (as) en plein come-back. C'est d'abord dans un sextet qui sollicite l'excellent clarinettiste Jean Tordo (1927-2017) très apprécié des jazzmen français. Puis, Gousset joue au sein d'un sextet de pur jazz mainstream avec Patrick Artero (tp), André Villéger (ts), Gabriel Garvanoff (p), Jean-Pierre Mulot (b) et Teddy Martin (dm). Attenoux a délaissé le soprano pour l'alto dans la lignée des styles de Tab Smith et de Johnny Hodges, bourré de swing et d'inspiration. Patrick Artero est au sommet de son drive et André Villéger «gonsalvise» à souhait. Gousset est l'auteur de tous les arrangements du disque réalisé au printemps 1974 pour Promophone et dont la qualité fut saluée, y compris par le difficile Raymond Fonsèque. Il n'y a que des compositions originales, six sont signées Attenoux et six par Gousset. Cette équipe soudée qui swingue sur des tempos propices, démontre qu'on peut créer dans la tradition. La touche basienne est bien sûr sollicitée dans «Soundly» qui permet à Claude Gousset, sur tempo médium-lent, de donner une leçon d'expressivité avec le plunger et dans «Blues With a Glance» (tempo lent). Il fait une démonstration de trombone sweet digne de Lawrence Brown dans «Flirtissimo» (tempo lent) et même d'Urbie Green dans sa composition «A Certain Kind of Dream». Dans «Flat Four» et «Empty Fob» nous avons le Gousset plus rude (les américains disent du rought and ready propre au pur jazz) ainsi qu'en alternative avec Artero dans «Last One After Six». Le 26 janvier 1975, ce même Jazz Group participe à un hommage à Hugues Panassié et leur prestation de «Take the A Train» a été éditée en disque. Ce remarquable ensemble s'est produit au Newport Festival déplacé à New York (1975) et pour un disque avec Eddie Lockjaw Davis. En marge de ce Jazz Group régulier, Attenoux et Gousset enregistrent en 1973, au studio Barclay, pour Al Grey et Clarence Gatemouth Brown, avec Xavier Chambon (tp), Hal Singer (ts) et Chris Columbo (dm).

 

Claude Gousset a aussi co-dirigé le big band du conservatoire de Saint-Germain-en-Laye, et tourné avec Eddy Mitchell (1972-73). Alors que Claude Bolling relance avec succès l'art du big band dès 1974, Jean-Claude Naude fit une tentative valeureuse mais sans lendemain. Elle laisse une trace avec la parution en 1975 de l'album A New Kind of Band dont les solistes sont Naude (tp), Gousset (tb) et Villéger (cl). Enregistré au studio Pathé de Boulogne, les 22 et 23 février 1975, sur des arrangements de Naude, l'orchestre sous la direction de Lucien Lavoute est superlatif: Henri Van Haeke (lead tp), Fred Gérard, Maurice Thomas, Roger Guérin (tp), André Paquinet (lead tb), Benny Vasseur, Jacques Bolognesi (tb), Charles Orieux (btb), Daniel Landréat (tu), Jean-Marie Billaert, Paul Scheckler (as), Georges Grenu, Georges Bessières, Denis Fournier (ts), André Beun (bar), Gérard Cambus (p), Michel Gésina (g), Jacky Samson (b), André Ceccarelli (dm) et Jean-François Leroux (perc). Peu avant, le 15 février 1975, Claude Gousset a joué à la salle 105 de l'ORTF au sein des Four Bones reconstitués (Guin, Vasseur, Camicas) soutenus par Jean Colombo (p), Michel Peyraton (b) et Franco Manzecchi (dm). Mais, lorsque j'ai assisté à un concert des Four Bones au Festival de Nîmes, le 13 juillet 1979, Gousset n'était plus là et l'équipe comprenait François Guin (tb, tb amplifié, fl, voc), Charles Verstraete (tb1), Benny Vasseur (tb), Guy Arbion (btb). En revanche, l'année précédente, lors de ce même festival, j'ai pu voir et entendre Claude Gousset, le 15 juillet, en compagnie de Guy Lafitte (ts), André Persiani (p), Roland Lobligeois (b) et Jackie Williams (dm) («It Don't Mean a Thing»)! Mais à la Grande Parade de Nice, le 13 juillet 1978, Guy, Roland et Claude s'étaient retrouvés avec rien moins que Harry Edison, Hank Jones et Jo Jones! Deux jours plus tôt, au cours de cet irremplaçable festival, Claude Gousset fit une jam comme George Wein les aimait sur «Mop Mop» avec Pee Wee Erwin (tp), Illinois Jacquet, Paul Bascomb (ts), Dick Hyman (p), Pierre Michelot (b), Oliver Jackson (dm) ainsi que quatre accompagnements de la chanteuse Carrie Smith. Et le jour suivant, ce fut la collaboration entre Gousset, Vic Dickenson et Dicky Wells derrière la chanteuse Helen Humes, avec Edison, Lafitte, Persiani, Lobligeois et Jackie Williams! Enfin, le 12 juillet, George Wein a augmenté le combo du merveilleux trompette Jonah Jones par la présence de Gousset, Vic Dickenson, Wild Bill Davison (cnt), Johnny Mince (cl) et Bob Wilber (as). Cette Grande Parade du Jazz à Nice ne fut que du bonheur pour de nombreux jazzmen français mis en contact avec les références américaines. Alain Bouchet ne dirait pas le contraire.

 

Comme Raymond Fonsèque avant lui, Claude Gousset amène son expertise au service des expériences de Jef Gilson en grand orchestre (1975-76). La formation s'est produite à la Maison de la Radio en 1975, réunissant des instrumentistes de tradition comme Gousset, Emile Vilain (btb, frère de Gaby), Artero et Roger Guérin (tp), Marc Richard (ts), Claude Guyot (vib), des jeunes (Didier Sondeyker, as, Alain Hatot, ts) et des aventuriers (André Jaume, ts, François Jeanneau, ss, Jean-Charles Capon, cello, Mino Cinelu, dm). On ne saurait passer sous silence la séance d'enregistrement pour Lionel Hampton au studio Hoche de Paris, le 25 mai 1976. Trois titres ont été publiés par Blue Star dont «Ring Dem Vibes». Les seuls souffleurs conviés, outre Gousset, étaient Michel Attenoux (as), Gérard Badini (ts), tandis que la rythmique réunissait Raymond Fol (p), Billy Mackel (g), Michel Gaudry (b) et Sam Woodyard (dm).

 

On ne peut passer non plus à côté de l'aventure que Claude Gousset a vécu, de 1976 à 1978, au sein de l'Anachronic Jazz Band de Philippe Baudoin et Marc Richard. Dans le premier album, Open OP02, Claude est en compagnie de Patrick Artero (tp), André Villéger (ts), Göran Erickson (as) et Gérard Gervois (tu) pour une lecture de «'Round About Midnight » et «Jordu». J'ai vu cet ensemble à la Grande Parade de Nice le 15 juillet 1977, mais Daniel Barda remplaçait Gousset. Il a été enregistré pour la radio, le lendemain. Toujours avec Barda et même Marcel Bornstein à la place d'Artero, l'Anachronic Jazz Band a partagé un concert parisien en mai 1978 avec l'Europamerica de Jef Gilson (Earl Cross, tp, Byard Lancaster, as, Marc Richard, André Jaume, Jean-Louis Chautemps, Philippe Maté, ts, Jacques Thollot, dm) qui s'est défoulé sur des compositions de Jelly Roll Morton («Grandpa's Spells», «Shreveport Stomp»). En fait, l'Anachronic comme Jef Gilson démontraient ce que l'on ne devrait jamais oublier: le type d'interprétation importe plus que le morceau joué. Et la façon de jouer détermine si c'est jazz ou non. L'Anachronic Jazz Band fut en effet un adorable orchestre de jazz. Ces artistes, avec Dominique Vernhes à la place d'Erickson et Gousset qui y participe, ont proposé un autre album en 1978 qui s'en prenait notamment à «Joy Spring», «Daahoud» et «Be bop». En 1979, Claude Gousset, contrairement à son ami Michel Attenoux, ne participe pas au disque des Petits Français de Moustache (Vasseur, Guin) avec en invités Joe Newman, Harry Edison et Cat Anderson. Qu'importe, Claude Gousset a eu d'autres occasions de s'aligner avec des stars.


Dès la fin des années 1970, j'ai pu constater les difficultés rencontrées par les leaders de big bands à recruter de jeunes trombonistes et, lors des cours des pionniers de l'enseignement jazz (Gilson, Fonsèque…), le peu de candidats à la coulisse alors qu'il y avait pléthore de saxophonistes. Deux causes à cela: un matraquage des médias spécialisés en faveur des saxophonistes et la plus grande facilité à débuter sur un saxophone que sur un trombone ou une trompette. La trompette bénéficiait encore de quelques instrumentistes spectaculaires nous amenant des émules. Un Urbie Green n'était qu'un musicien pour musiciens, admiré des Paquinet et Gousset mais pas assez reconnu des spécialistes pour jouer un rôle de locomotive à vocations. De ce fait, les désormais vétérans comme Claude Gousset restaient indispensables sur tous les terrains. On est vite vieux dans le monde très jeuniste du jazz. Souvenons nous que pour certains spécialistes, un Louis Armstrong de 53-54 ans était jugé fini alors même qu'il enregistrait d'objectifs chefs-d'oeuvre.

 

1980. François Biensan Septet, Jumpin' With Sam, Black and Blue




En 1980-81, le septet de François Biensan avec le fameux batteur du Duke, Sam Woodyard (1925-1988), a offert de grands moments ellingtoniens à Claude Gousset. Il y est en famille avec Marc Richard (as), André Villéger (ts), Baudoin et Pierre-Yves Sorin (b). Cette formation a enregistré un album en février 1980, réalisé une émission radiophonique le 26 décembre 1980 («Les Sabots d'Hélène» de Brassens, «Come Sunday»), puis elle a fait un passage remarqué sur les ondes de France Musique le 26 décembre 1981. On entendit aussi Claude Gousset avec Dany Doriz (vib). Ils ont enregistré quelques titres en juin 1982 au Caveau de La Huchette. Outre Gousset (soliste, directeur artistique), la section de trombones comprend Charles Léandre, Christian Guizien et Lionel Jouot. Ce tonique ensemble repose aussi sur Philippe Slominski (lead tp), Jean Aldegon (lead as) et Michel Denis (dm). Et il y a une longue fréquentation de Gousset avec le Slow Club, rue de Rivoli, à Paris. Il y joue avec le clarinettiste-sax soprano René Franc (1929-2002), père d'Olivier. Franc et Gousset y jouent avec Louis Henry (années 1970, des enregistrements existent), puis Alain Bouchet (en 1981). Doriz et Gousset apparaissent en 1991 dans l'émission Slow Club présenté par Jacques Fabry et Claude Luter. Outre avec le sextet de Doriz (Carl Schlosser, ts), Claude Gousset y figure aussi avec Zanini (Philippe Milanta, p) dans des scènes pour la danse sollicitant jazz dixieland et mainstream (Claude Luter, Maxim Saury, Marc Laferrière, Mighty Flea Conners, Jacques Doudelle) et rock & roll (Tony Marlow, King Pleasure, Pierre-Louis Cas). Enfin, Claude Gousset contribue à la Super Swing Machine de Gérard Badini, et il joue pour Oscar Klein (1987-91), le Paris All Stars d'Irakli (en relais avec Klaes Arne Reinhold, 1989-92) et bien sûr, avec Marcel Zanini jusqu'en 1992.

 

Pour des raisons de santé, Claude Gousset prit sa retraite en 1992. Certes, il continua à jouer à l’occasion, notamment au sein du Little Big Band de Maxim Saury (1996) et en mars 2002 avec les Four Bones (Guin, Fonsèque, Vasseur). Gourmet et gastronome averti, Claude Gousset a publié sa recette du Ris de Veau aux petits légumes dans le n°3 de la revue d'Alain Guerrini, Le Jazzophone (1979, p.30). Il était cultivé et tout particulièrement calé en histoire romaine. Claude Gousset nous a montré que le fait d'être asthmatique n'interdit en rien de jouer un instrument à vent. Autodidacte du trombone, il ne l'est pas resté car, en début de carrière, il a bénéficié des conseils de Billy Byers. C’est Quentin Jackson qui lui enseigné le jeu avec le plunger. Lors de la tournée du All Stars de Louis Armstrong, en 1960, alors que le combo de Claude Bolling les a accueillis à Nice, Trummy Young a conseillé Claude Gousset dans le choix d'une embouchure. Claude Gousset a joué le trombone Conn modèle Constellation et le trombone Martin modèle Urbie Green. L'un des préférés de Claude Gousset était Jack Teagarden.

 

Portrait de Mickey Larché par Claude Gousset, by courtesy of Richard Larché


Portrait de Mickey Larché par Claude Gousset,
by courtesy of Richard Larché



Pendant six ans, à partir du 1er avril 1977, Claude Gousset a enseigné au CIM d'Alain Guerrini. Il est aussi l’auteur d’une méthode, Une Approche de l’improvisation jazz (Paul Beuscher). Essentiellement sideman, Claude Gousset a copieusement enregistré en tant que robuste soliste du trombone ou musicien de section connaissant les codes du swing et comme arrangeur efficace. Il a su parler «fluently» cette langue étrangère qu'est le jazz, aux mêmes titre et niveau que Guérin, Hulin, Naude, Fonsèque, Attenoux, Lafitte, les Combelle, Chanson, Bolling, Arvanitas, Michelot, Garros et d'autres instrumentistes dominants dans les années 1950-60, en France. Ces artistes n'ont pas eu la prétention de fabriquer un «jazz français» contrairement à quelques «créatifs» des générations suivantes, sachant que cette démarche n'a pas plus de sens que de franciser la langue anglaise! Son fils, Bruno Gousset, a choisi le piano qu'il a étudié auprès de Florencia Raitzin. Il s'est formé en musicologie à la Sorbonne (1976-82), et il enseigne l'esthétique et l'analyse à l'Ecole Normale de Musique Alfred Cortot, à Paris. Depuis 2010, Claude Gousset vivait dans l'Yonne dans la maison qu'avait construit l'un de ses grands-pères originaire de cette région. Il y était entouré de ses dessins, gravures et peintures. Selon Richard Larché, artiste peintre et fils de Mickey, Claude Gousset avait aussi un réel talent de dessinateur. Le départ de Claude Gousset plonge les connaisseurs dans une grande nostalgie bien justifiée.



SOURCE: Le Monde de la Trompette et des Cuivres de Michel Laplace (2014, DVD-Rom)

CLAUDE GOUSSET et JAZZ HOT

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DISCOGRAPHIE

45t 1957. Bernard Zac et Claude Gousset, Musique en Coulisse, Versailles
45t 1957. Bernard Zac et Claude Gousset, Musique en Coulisse, Versailles


Coleader
45t 1957. Bernard Zac et Claude Gousset, Musique en Coulisse, Versailles 90S169

Sideman
78t 1953. Mickey Larché et son Orchestre, Vogue V5167
LP  1955. Michel Attenoux et son Orchestre, Barclay BLP 84002
CD 1955. Jimmy Archey et l'Orchestre Michel Attenoux. Classic Jazz at Saint-Germain-des-Prés, Gitanes 013045-2
LP  1955. Albert Nicholas, New Orleans Clarinet, Vogue LD 490-30
LP  1956. Michel Attenoux and His New Orleans Orchestra, Music to Chase the Blues Away, Felsted 87021
LP  1956. Claude Bolling, Les Succès de Duke Ellington, Le Club Français du Disque J69
LP  1956. Claude Bolling and All Stars, French Jazz, Bally 12003
LP  1956. Claude Bolling et son Grand Club Orchestra, Les succès de Django Reinhardt, Le Club Français du Disque J90
CD 1956-58. Moustache. Jazz & Rock'n'Roll in France 1953-1958, Frémeaux & Associés 5804
LP  1956. Michel Attenoux et son Orchestre Nouvelle Orléans, Barclay 84035
LP  1957. Michel Attenoux et son Orchestre, Musique pour salle de garde, Barclay 84065
45t 1957. Armand Gordon et son Ragtime Jazz Band, Jazz au Vieux Colombier, vol.2, Polydor 20774
45t 1957. Claude Bolling et ses Dixie-Faunes, Philips 432 202
45t 1957. Claude Bolling et son Sept de Danse, A vous de danser, Philips 432 225
LP  1957. Brother John Sellers, Columbia FPX 149
LP  1957-58. Claude Bolling et son Orchestre, Sensas, Philips P76 160
45t 1958. Claude Bolling et sa Grande Formation, Philips 424 104
45t 1958. Claude Bolling, Bad Boy, Philips 432 238
45t 1958. Claude Bolling et ses Dixie-Faunes, Charleston, Philips 424 082
45t 1958. Claude Bolling et son Orchestre, Sarah, Philips 432 253
LP  1958. Yves Montand, Récital 58, Philips 77.321
CD 1958. Michel Attenoux et son Orchestre, Millenium Jazz Records 940-574-2
45t 1958. Orchestre Michel Attenoux, Hommage à Sidney Bechet, Grosjean Rama 108
LP  1958. André Persiany joue Count Basie, Columbia FP 1111
LP  1958. André Persiany, Swinging Here and There, Pathé C 054-11721
LP  1958. Gilles Thibaud et son Orchestre, Jazz pour danser, Club National du Disque CV 211
CD 1958. Gilles Thibaud et son Orchestre New Orleans, Millenium Jazz Records 940-574-2
45t 1958. Sidney Bechet joue Noël, Vogue EPL 7572
45t 1959. Claude Bolling et son orchestre, Slow, Philips 424 144
LP  1959. Dansons avec Claude Bolling, Philips P76 176
LP  1959. Guy Lafitte. Guy, Columbia FP 1124
45t 1960. Claude Bolling et son Orchestre, Charleston, Philips 424 189
45t 1960. Claude Bolling and His Big Piano, Philips 424 309
45t 1960. Alix Combelle et sa Formation, Coquetèle Danse, Le Club Français du Disque 243
LP  1960-61. André Reweliotty et son Orchestre Nouvelle Orléans, Vogue LD 542-30
CD 1961. Claude Bolling Special Show, Gitanes Jazz Productions 016 502-2
45t 1961. Jacques Denjean et son Orchestre, The Big M Madison Time, Polydor 21873
LP  1962. Claude Bolling, Madison Twist, Philips P77 159L
45t 1962. Claude Bolling et son Orchestre, Bossa Nova, Philips 424 298
LP  1962. Mickey Baker Plays Mickey Baker, En direct des USA, Versailles STDX 8029
45t 1962. Billy Bridge, Orchestre dirigé par Mickey Baker, Odéon MOE 2332
LP  1962-63. Claude Bolling joue les airs de Brigitte, Philips P77 187
LP  1963. Yves Montand, A l'Etoile, Philips B 77 912L
LP  1963. Yves Montand, Récital 63, Philips B 77 901L/77 902L
LP  1963. Claude Bolling Sextet, Bolling's Band's Blowing, Philips B77 965
CD 1964. François de Roubaix, Les Strip-Teaseuses, Music Bow Records 002
LP  1965. Cat Anderson, Claude Bolling & Co., Philips B77 731
LP  1965. Claude Bolling, Jazz Gang Amadeus Mozart, Philips 842 129PY
45t 1966. Aimé Barelli, Mary Poppins, Riviera 231135M
LP  1967. Jean-Claude Naude et son Grand Orchestre, Enfin, Télé Record TR 18005
45t 1967. Claude Luter et son Orchestre, Vogue CLVLX221
LP  1969. Paul Gonsalves avec les Swingers & les Four Bones, Riviera ST 521 137, Blue Star 80 703
LP  1969-73. François Guin et les Swingers+Four Bones, Barclay 920 486 (compilation)
LP  1970. Les Swingers & Les Four Bones, In the Groove, Riviera ST 521 151
LP  1971. Jean-Claude Petit, RCA 440 744
LP  1971. Claude Luter & His Big Band, Jazz Parade in New Orleans, Vogue SLD 804
LP  1971. Michel Attenoux, Give "Peace” a Chance to... the Dixieland, Pierre Cardin CAR 335
CD 1971. Bill Coleman and The Swingers & Four Bones 1971, Blu Jazz O19
LP  1972. Guy Lafitte + The Four Bones, Sugar and Spice, RCA 740 109
LP  1973. Al Grey, Grey's Mood, Black and Blue 33 085
LP  1973. Clarence Gatemouth Brown, Pressure Cooker, Alligator 4745
LP  1973. Clarence Gatemouth Brown, More Stuff, Black and Blue 33 561
LP  1974. Michel Attenoux Jazz Group, Promophone 8
CD 1975. Collectif, Hommage à Hugues Panassié Merci Hugues, Milan 198 532-2
LP  1975. Jean-Claude Naude Grand Orchestre, A New Kind of Band, Disques Balance BB 220275
LP  1975. Jean-Claude Naude Septet, New Orleans for Ever, Disques Balance LD 70 475
LP  1975. Eddie Lockjaw Davis/Michel Attenoux et son Orchestre, What's New?, Mahogany 558104
LP  1976. Anachronic Jazz Band, Open OP02
LP  1976. Lionel Hampton. Ring Dem Vibes, Blue Star 80706
LP  1978. Anachronic Jazz Band, Paris Live, Open OP09
CD 1978. Carrie Smith, Nice Jazz 1978, Black and Blue 1000
CD 1978. Helen Humes, Nice Jazz 1978, Black and Blue 1001
CD 1978. Illinois Jacquet, Nice Jazz 1978, Black and Blue 1004
CD 1978. Guy Lafitte, Nice Jazz 1978, Black and Blue 1005
CD 1978. Harry Edison, Nice Jazz 1978, Black and Blue 1007
LP  1980. Zanini joue et chante Marcel Zanini, Free Bird FLY 16
CD 1980. Marcel Zanini, Featuring Sam Woodyard, Esoldun 332 (compilation 1972-89)
LP  1980. François Biensan Septet, Jumpin' With Sam, Black and Blue 33 149
LP  1981. Philippe Baudoin/Daniel Huck, Happy Feet and Friends, Open 06
LP  1982. Dany Doriz Big Band, Jazzmosphere JZ 7911
CD 1989. Paris All Stars, Göteborgs Tradjazzfestival 1989, Notochord 211
CD 1989. Paris All Stars, Tribute to Louis Armstrong, autoproduit CALI 005
CD 1991. Oscar Klein European Dixieland All Stars, B Ton BCD 7019-3
CD 1992. Collectif, L'Anthologie du Caveau de la Huchette, Frémeaux & Associés 5676 (1 titre avec Marcel Zanini)
45t 1958. Sidney Bechet joue Noël, Vogue1973. Al Grey, Grey's Mood, Black and Blue1976. Lionel Hampton. Ring Dem Vibes, Blue Star1978. Harry Edison, Nice Jazz 1978, Black and Blue














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VIDEOGRAPHIE

Claude Gousset dans le French All Stars Trombone Quartet + Jack Diéval Trio, vers 1986, archives Michel Laplace
Claude Gousset dans le French All Stars Trombone Quartet + Jack Diéval Trio, vers 1986, archives Michel Laplace
 

1955. Michel Attenoux (cl) & his Orchestra: Louis Henry (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (cl), Georges Arvanitas (p), Guy Pedersen (b), Moustache Galepides (dm), Paris, 24 January, 24:27 9. Jungle Blues

1955. Louis Henry (tp), Jimmy Archey, Claude Gousset (tb), Michel Attenoux (ss), Gérard Badini (cl), Georges Arvanitas (p), Guy Pedersen (b), Moustache Galépidès (dm), studio Megellan, Paris, 27 January, Christopher Columbus (pas Sensation!!!)
https://www.youtube.com/watch?v=cqLWQvSWoVg


1956. Claude Bolling et le Grand Club Orchestra: Fred Gérard, Robert Fassin, Henri Van Haeke, Fernand Verstraete, Roger Guérin (tp), André Paquinet, Benny Vasseur, Gaby Vilain, Claude Gousset (tb), Gérard Badini (cl), Jo Hrasko, René Nicolas (as), Pierre Gossez, Marcel Hrasko (ts), Armand Migiani (bs), Claude Bolling (p), Pierre Michelot (b), Arthur Motta (dm), Paris, February 22, C Jam Blues (tp solo order: FV, FG, RG)
https://www.youtube.com/watch?v=3uX9EFmMwGQ

1956. Moustache Dixieland Jazz Band: Roger Guérin (lead tp!), Bernard Hulin, Guy Longon (tp), Raymond Fonsèque (tb1), Claude Gousset, Luis Fuentes (tb), Gérard Badini, Maurice Meunier (cl), Raymond Fol (p), Pierre Michelot (b), Moustache (dm), Paris, Toutes les heures sonnent (rock around the clock)
https://www.youtube.com/watch?v=KOFdGtYVdCU

1956. 1er Festival Européen de Jazz Nouvelle Orléans, Moustache's Band: Roger Guérin (lead tp!), Bernard Hulin, Louis Henry (tp), Raymond Fonsèque (tb1), Claude Gousset, Luis Fuentes (tb), Gérard Badini, Bernard Hérout (cl), Raymond Fol (p), Pierre Michelot (b), Moustache (dm), Paris, Palais des Sports, le 10 mars, Bugle Call Rag
https://www.dailymotion.com/video/xd0ial

1957. Bernard Zac (Zacharias) et Claude Gousset (tb), others unidentified, Vous qui passez sans me voir, Versailles 90S169
https://www.youtube.com/watch?v=BFAat78VIU0

1957. Claude Bolling et son Orchestre (septet): Bernard Hulin (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Lévêque (cl), Claude Bolling (p), Francis Le Maguer (bj), Pierre Gossez (bass-sax), Arthur Motta (dm), Paris, 16 September, Mon bon vieux phono
https://www.youtube.com/watch?v=awPI43Y-PTE

1957. Claude Bolling Orchestra : Bernard Hulin (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (cl), Pierre Gossez (ts), Bolling (p), Pierre Michelot (b), Arthur Motta (dm), 12 September, Jammin' the Blues
https://www.youtube.com/watch?v=gyQCWBL4OoE

1957. Septet Claude Bolling: Bernard Hulin (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (ts), Claude Bolling (p), Charlie Blareau (b), Arthur Motta (dm)+Big Band (Fassin, Gérard, Verstraete, Guérin, tp; Katarzynski, Tamper, Vasseur, tb, R. Nicolas, as, André Rolland, as, Gossez, Grenu, ts, Migiani, bs, Masselier, b), Paris, 25 November, Sensas
https://www.youtube.com/watch?v=My6pYGxgshs

1958. Gilles Thibaut (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini alias G. Binida (cl), Jacques Denjean (p), Richard Blareau (b), Marcel Blanche (dm) et Colette Magny (voc), Schola Cantorum, Paris, November, Mack the Knife
https://www.youtube.com/watch?v=UWscC9NDD7A

1958. Festival de Cannes, Don Byas (ts), Teddy Buckner (tp), Claude Gousset (tb), Michel de Villers (bar), Sammy Price (p), Arvell Shaw (b), J. C. Heard (dm), 8 July, Perdido
https://www.youtube.com/watch?v=KJC0dSGTIe8

1958. Festival de Cannes, Don Byas (ts), Teddy Buckner (tp), Claude Gousset (tb), Michel de Villers (bar), Sammy Price (p), Arvell Shaw (b), J. C. Heard (dm), 8 July, Blues in B-flat (montage)
https://www.youtube.com/watch?v=k7z6XPMokUI

1958. Michel Attenoux (ss), Bernard Hulin (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (cl), Georges Arvanitas (p), Charlie Blareau (b), Charles Saudrais (dm), crème de gruyère La Vache Grosjean, Petite Fleur
https://www.youtube.com/watch?v=cICT4aqoxK4

1958. Sidney Bechet (ss), Claude Gousset (tb), Jean-Claude Pelletier (org), Alix Bret (b), Kansas Fields (dm), December, Les Oignons
https://www.youtube.com/watch?v=Nm7v08426_U

1959. Roger Guérin (tp), Claude Gousset (tb), Guy Lafitte (ts), Georges Arvanitas (p), Paul Rovère (b), Christian Garros (dm), Paris, 30 September, 00:00 1. The Jeep is Jumping
https://www.youtube.com/watch?v=0dxFA8zU0rA&t=375s

1960. Hommage à Duke Ellington, Claude Bolling (p), Pierre Sellin, Vincent Casino (tp), Raymond Katarzynski/Claude Gousset (tb), Gérard Badini (cl, ts), Denis Fournier (as), Pierre Gossez (bs), Jacques Hess (b), Roger Paraboschi (dm), Christiane Legrand (voc), Club St Germain, Paris, archives INA, 9 avril
http://www.youtube.com/watch?v=n0K4fjJgays

1960. Bill Coleman (tp Martin Committee), Michel Attenoux (as), Dominique Chanson (ts, fl), André Persiani (p), Pascal Groffe (b), Charles Saudrais (dm), Trois Mailletz, «It's Wonderful». Le trombone de Claude Gousset est derrière Bill, mais Claude ne joue pas!, ORTF, archives INA, 16 juillet
https://www.youtube.com/watch?v=CFrSY3MXxOw

1960. Croisière de musique sur le paquebot Théodore Herzl avec Jack Diéval (on voit G. Badini, Cl. Gousset, J. Hess, Ph. Combelle)
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/raf05011505/croisiere-en-musique-sur-le-theodore-herzl-en-compagnie-de-jack-dieval-et

1961. Brigitte Bardot (voc), Vincent Casino (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (p), Claude Bolling (p), unnown (g), Richard Blareau (b), Peter Giger (dm), Everybody Loves My Baby
https://www.dailymotion.com/video/x17tua5

1961. Raymond Katarzynski, Claude Gousset (tb), Vincent Casino (tp1), Ivan Jullien (solo tp), Gérard Badini (ts), Claude Civelli (as), Pierre Gossez (bs), Claude Bolling (p), Michel Gaudry (b), Roger Paraboschi (dm), 25 March, Rock-A-Bye Basie
https://www.youtube.com/watch?v=2nPATqPBqpY

1961. Raymond Fonsèque Trombone Ensemble: Raymond Fonsèque (tb, arr), François Guin, Marc Steckar, Henri Tallourd, Emile et Gaby Vilain, Claude Gousset, Charles Verstraete, Michel Camicas, Jean-Marie Dietschy, Raymond Vaillant (tb), possibly Marcel Blanche (dm), Paris, 17 December, Lassus Trombone
https://www.youtube.com/watch?v=BMIAvj7jvYQ

1962. Brigitte Bardot (g), Vincent Casino (tp), Claude Gousset (tb), Raymond Fonsèque (solo tb), Gérard Badini (p), Claude Bolling (p), Richard Blareau (b), Peter Giger (dm), Sunny Side of the Street
https://www.youtube.com/watch?v=QehdGIE-_Rc

1962. Pierre Dutour (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (ts), Claude Bolling (p), Bob Quibel (b), Peter Giger (dm), madison
https://www.youtube.com/watch?v=LXqAfIlkZDg

1962. Jean-Claude Naude (tp), Claude Gousset (tb), Raymond Guiot (fl), Gérard Badini (ts), Bolling (p), Bob Quibel (b), Peter Giger (dm), Paris, 16 or 19 July, Ne boude pas (Take Five)
 https://www.youtube.com/watch?v=jrzOD6wGNwc

196?. Claude Bolling Sextet, Golf Drouot, démonstration du blues par Albert Raisner: Pierre Dutour (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (ts), Claude Bolling (p), Bob Quibel (b), Peter Giger (dm)
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i06215512/mickey-baker-dans-un-blues?fbclid=IwAR04wceHjBzWDMgNWcpTpsmw5u8lCEG66TP1SaGsULkAmABN15ZTh4X8JTw

1965. Pierre Sellin (solo tp), Pierre Dutour (tp), Charles Verstraete, Claude Gousset (tb), Michel Portal, Gérard Badini (cl), Claude Bolling (p, arr), Fernand Garbasi (bj), Charlie Blareau (b), Peter Giger (dm), Paris, October, Sonate n°11, Rondo alla turca (Mozart)
https://www.youtube.com/watch?v=J6ZncVP-BfA

1965. Jean-Claude Naude & son Orchestre, incl. Rolf Burheer (tp), Bill Tamper, Claude Gousset, Charles Orieux (tb), Gérard Badini, Dominique Chanson (solo ts), Jacky Samson (b), Paris, Mutualité, 3 November, Le temps d'un alleluhia
https://www.dailymotion.com/video/x16qhff

1965. Raymond Fonsèque (tb, ld, arr), Claude Gousset, Michel Camicas, Charles Orieux (tb), Marc Hemmeler (p), Bob Quibel (b), Alain Benmayer (dm), Paris, Caveau de la Montagne, Summer 1965 (unissued) 09:34 04. The Huckle Buck 51:53 12. Moonglow
https://www.youtube.com/watch?v=KiktJsTyf-c

1965. Raymond Fonsèque (solo tb, ld, arr), Michel Camicas, Claude Gousset, Charles Orieux (tb), Marc Hemmeler (p), Bob Quibel (b), Alain Benmayer (dm), Paris, Caveau de la Montagne, Summer 1965 18:24 06. All of Me (unissued)
https://www.youtube.com/watch?v=6OVzAv-PJ_E&t=38s

1968. Claude Bolling et son Orchestre: Pierre Sellin (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (cl), Charlie Blareau (b) Roger Paraboschi (dm) & Orchestre Raymond Lefèvre (Fred Gérard, Fernand Verstraete, Vincent Casino, tp, André Paquinet, Charles Verstraete, Benny Vasseur, tb, René Simon, bs), 1er février, Lover
https://www.youtube.com/watch?v=iOLZ0XvWod4

1968. Claude Bolling et son Orchestre: Pierre Sellin (tp), Claude Gousset (tb), Gérard Badini (cl), Charlie Blareau (b) Roger Paraboschi (dm) & Orchestre Raymond Lefèvre (Fred Gérard, Fernand Verstraete, Vincent Casino, tp, André Paquinet, Charles Verstraete, Benny Vasseur, tb, René Simon, bs), 1st February, I Got Rhythm
https://www.youtube.com/watch?v=e85f2LeQVME

1973. Al Grey (tb) with (collective) Xavier Chambon (tp), Claude Gousset (tb, titles 4–6, 8 & 9), Michel Attenoux (as), Jimmy Forrest, Hal Singer (ts), Tommy Flanagan (p), Stan Hunter (org), Clarence Gatemouth Brown (g), John Duke (b), Chris Columbus, Bobby Durham (dm), April 1973/October 1975, Grey's Mood ( Full Album )
https://www.youtube.com/watch?v=cxGw29ZgvGI

197?. Claude Gousset (tb), Louis Henry (tp), René Franc (cl, ss), others unidentified, Paris, Slow Club (unissued) 05:37 03. Blues in Eb (Texas Moaner)
https://www.youtube.com/watch?v=KiktJsTyf-c

197?. Claude Gousset (tb), Louis Henry (tp), René Franc (cl, ss), others unidentified, Paris, Slow Club (unissued) 34:12 09. Ain't Misbehavin'
https://www.youtube.com/watch?v=KiktJsTyf-c

1976. Claude Gousset (tb), Michel Attenoux (as), Gérard Badini (ts), Lionel Hampton (vib), Raymond Fol (p), Billy Mackel (g), Michel Gaudry (b) et Sam Woodyard (dm), 25 May, Hamp's Thing
https://www.youtube.com/watch?v=rX5LpxUyTY8

1978. Jonah Jones (tp), Wild Bill Davison (cnt), Vic Dickenson, Claude Gousset (tb), Johnny Mince (cl), Bob Wilber (as), Bob Fields (p), Jérôme Darr (g), Yvan Rolle (b), Clyde Lucas (dm) Grande Parade de Nice, 12 July, Royal Garden Blues
https://www.youtube.com/watch?v=pwcVoyCfz-o

1978. Harry Edison (tp), Claude Gousset (tb), Guy Lafitte (ts), Hank Jones (p), Roland Lobligeois (b), Jo Jones (dm), 13 July, In a Mollow Tone
https://www.youtube.com/watch?v=d5JjYY37nPg

1978. Anachronic Jazz Band: Marcel Bornstein (tp), Claude Gousset (tb), Marc Richard (as, cl, arr), Dominique Vernhes (cl, as), André Villéger (cl, ts, bs), Philippe Baudoin (p), Lionel Benhamou (bj) Dominique Obadia (dm), Dingolfing dans l'usine BMW, (Munich, RFA), 18 October, Anachronic Blues
https://www.youtube.com/watch?v=gKHfQdr12MY

c1986. Benny Vasseur, Claude Gousset, Michel Camicas, Charles Verstraete (tb) acc. by Jack Diéval trio, unidenfied tune
https://www.youtube.com/watch?v=tzX867RO_7U

1991. Claude Gousset (tb), Carl Schlosser (ts), Dany Doriz (vib), Georges Arvanitas (p), Jacky Samson (b), Michel Denis (dm), Slow Club, Paris, Air Mail Special
https://www.youtube.com/watch?v=EYRyeN7hDjM

1996. Maxim Saury (cl)'s Little Big Band: Alain Bouchet (cnt), Benny Vasseur, Claude Gousset (tb), Rolf Burheer (vtb), Marc Richard (as), Nicolas Montier (ts), Wani Hinder (bs), Pierre Kellner (p), Jean-Pierre Mulot (b), Robert Ménière, Michel Denis (dm), Paris, Petit Journal Montparnasse: 01.04 solo de Gousset
https://www.youtube.com/watch?v=3gOcCUS-Tno

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