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Junior Mance

17 jan. 2021
10 octobre 1928, Evanston, IL - 17 Janvier 2021, New York, NY
© Jazz Hot 2021

Junior Mance © photo X bu courtesy of Junior Mance website
Junior Mance © photo X by courtesy of Junior Mance website

Junior MANCE

The Blues and Soulful Piano of Junior Mance


Julian Clifford Mance, Jr., Junior Mance de son nom d’artiste, est décédé le dimanche 17 janvier 2021 à New York, NY. Son entourage, son épouse attentionnée Gloria Clayborne Mance avec laquelle il avait fondé son label, JunGlo, encore en 2007 (à 80 ans!) avec sa vitalité tranquille, nous avait prévenus de la détérioration brutale de son état de santé fin décembre 2020, au bout de cette terrible année d’isolement forcée, et nous avions accompagné son départ, avec d’autres amis, de messages de solidarité et de remerciements au Maître du piano et du blues pour une œuvre si personnelle, si émouvante, si impressionnante, si simplement éternelle. 
Bien qu’attendue, cette disparition n’en est pas moins chargée de ce blues profond si spécial qu’il distillait en artiste des nuances, d’émotion, de nostalgie et d’une certaine manière de quelques regrets. Car Junior Mance, une parfaite synthèse, d’un niveau exceptionnel dans son épure du blues, sa brillance technique et son exigence humaine, de tout ce que le jazz demande et représente sur le plan esthétique, musicologique, thématique, philosophique et humain, n’a jamais vraiment eu, parmi les critiques et le grand public de jazz de ce côté de l’Océan, et même partiellement aux Etats-Unis, la place à laquelle la qualité de son expression et son art le destinent maintenant: le Panthéon du jazz. Il n’est pas le seul dans le jazz si fertile en génies mésestimés, mais c’est simplement regrettable pour la collectivité humaine au regard de l’inflation de fausses valeurs qui la noie avec le résultat actuel de perte de repères et de libertés.
Jazz Hot, du moins celui des trente dernières années, s’était attaché dans les années 2000 à la réévaluation indispensable de ce grand artiste, à travers deux intéressantes interviews très détaillées parues dans les Jazz Hot n°611 en 2004 et n°643 en 2007 (accompagnées d’une discographie et de photos historiques), car Junior Mance est autant par l'œuvre musicale que par la voix un vrai Messenger du jazz, un de ceux qui transmettent non seulement par leur expression artistique mais aussi par le récit, comme les griots, l’histoire et l’âme de cette musique (il a tenté d’enseigner aux chanteurs et instrumentistes comment exprimer une émotion et l’esprit du blues authentique et sincère pendant plus de 20 ans à la New School University). C’est un de ces grands conteurs de l’âme et de l’histoire des humains à travers le jazz qu’on se délecte à la simple idée de l’écouter avant de le quitter à regret quelques heures plus tard, l’âme imprégnée de blues, comme on peut le ressentir pour Billie Holiday, Lester Young, Ray Bryant, McCoy Tyner ou Andy Bey, parmi beaucoup d’autres car la richesse du jazz est infinie. 
Le blues, la poésie, la douleur, la joie, la tristesse et l’amour, l’émotion profonde, authentique sans superficialité, complaisance ou facilité, avec la proximité humaine d’une culture et d’un langage populaire: en un mot, le blues. Pour ceux trop nombreux qui ignore encore jusqu’au nom de Junior Mance, creusez comme dit la fable du «Laboureur et ses enfants», un trésor est dans votre jardin, et il a un nom: Junior Mance!

Yves Sportis
Photos X by courtesy of Junior Mance et archives Jazz Hot
Vidéographie par Hélène Sportis




 1945. Junior Mance, jeune diplômé de la High School d’Evanston © photo X, archives Jazz Hot


1945. Junior Mance, jeune diplômé de la High School d’Evanston
© photo X, archives Jazz Hot


1947. Junior à l'âge de Julian au côté de Gene Ammons, MercuryJunior Mance n’était pas un héros à paillettes pour médias en panne d'imagination comme l’est devenu Miles Davis sur le tard, ni une figure mythologique et/ou tragique comme Albert Ayler. Il est de ces «evergreens» du jazz, de ces «natures» qui le construisent note après note avec la force, la constance, la patience et la solidité des bâtisseurs de cathédrales; car le jazz est la cathédrale musicale du XXe siècle dont le blues est la clé de voûte, indispensable à son équilibre, son existence, son expression. Le parcours d’artiste de Junior Mance s’étend sur près de 80 ans (1941-2021), et le disque permet de remonter jusqu’à ses premiers enregistrements en sideman dans l’après-guerre en 1947 avec Gene Ammons à Chicago –dont il écoutait déjà le père Albert Ammons, grand pianiste de blues et de boogie– puis en 1949 d’une légende, Lester Young qu'il retrouve en 1958 au Birdland (enregistrement de 1958 semble-t-il inédit).


Car, paradoxe habituel, si la critique de jazz est rarement en mesure d’évaluer et d’apprécier le génie de Junior Mance à son juste niveau, comme celui de certains musiciens pourtant essentiels du jazz, souvent pour des raisons de superficialité, de modes et de générations, les artistes du jazz de culture ne font pas ce type d’erreurs. Junior Mance a été prisé par ses pairs artistes de jazz à sa juste valeur dès l’origine: une discographie monumentale en sideman comme en leader en atteste. Si on se réfère aux enregistrements en sideman auxquels il a participé, c’est une liste impressionnante des plus grands artistes du jazz, et on se limite ici aux noms les plus connus. Des  trompettistes: Dizzy Gillespie, Harry Sweets Edison, Clifford Brown, Clark Terry, Nat Adderley, Howard McGhee, etc.; des trombonistes: Bennie Green, Al Grey, etc.; des saxophonistes: Lester Young, Ben Webster, Arnett Cobb, Leo Wright, James Moody, Leo Parker, Gene Ammons, Red Holloway, Cannonball Adderley, Benny Carter, Sonny Stitt, Dexter Gordon, Johnny Griffin, Paul Gonsalves, etc.; des batteurs: Art Blakey, Alvin Queen, etc.; des guitaristes: Buddy Guy, Ray Crawford, etc.; des chanteurs/ses: Dinah Washington, Etta Jones, Marion Williams, Aretha Franklin, Billie Poole, Eddie Jefferson, Jimmy Scott, Joe Williams, etc.; parfois même d’autres pianistes, comme Ray Bryant (cf. vidéographie) et son autre collègue Les McCann (dans le disque Comment, Atlantic, le pianiste et chanteur invite ses pianistes préférés dont Stanley Cowell, Roberta Flack (p, voc), Roland Hanna et Junior Mance). Dans cet environnement en sideman, Junior Mance côtoie une bonne partie du dictionnaire du jazz d’après la Seconde Guerre, et parfois d’avant-guerre, jusqu'à Louis Armstrong –il existe deux titres enregistrés le jour d'une rencontre du père Louis avec le fils Dizzy. Quand on connaît l’esprit du jazz, les sidemen dans ces contextes d'excellence sont en fait des leaders «invités». Mais la discographie n’étant pas toute la vie des musiciens, Junior Mance a effectivement côtoyé sur scène beaucoup d’autres artistes, connus comme Charlie Parker, et inconnus car en musicien de jazz, Junior n’a cessé de développer une curiosité insatiable pour ses confrères, sans préjugés.


1946. Chicago, the Bob Carter Trio: Walter Scott (g), Junior Mance (p), Bob Carter (b)  © photo X, archives Jazz Hot
1946. Chicago, the Bob Carter Trio: Walter Scott (g), Junior Mance (p), Bob Carter (b)
© photo X, archives Jazz Hot


Sa qualité d’écoute et sa grande maîtrise instrumentale lui ont permis de varier les contextes, les générations, et de protéger ses fidélités régulières à d’excellents compagnons de route dont les noms n’encombrent pas les dictionnaires du jazz, comme Ketter Betts, Martin Rivera, Don Thompson, Jackie Williams, Archie Alleyne. Il est l’un de ceux, comme Ray Bryant, Bobby Timmons, Ray Charles capables d’aborder toutes les époques du jazz avec une invention et un enracinement qui renouvellent le jazz dans ce qu'il a d'essentiel: son caractère populaire au sens le plus authentique. Junior aborde le blues des racines comme Duke Ellington, le bebop et le registre modal avec le même bonheur, sans perdre ce qui fait sa personnalité, une manière de poser les notes avec précision, de les accentuer des couleurs puissantes du blues, de ralentir le tempo à l’extrême pour faire ressortir sa qualité d’expression («Prelude to a Kiss»
dans For Dancers Only) ou de monter en intensité sur un clavier à l’instar d’un Bobby Timmons ou d’un Ray Charles, mais avec un son à lui («Come on Home» dans ce même For Dancers Only). De ses études classiques, il a retenu une maîtrise pianistique qu'il met sobrement au service de son expression et du blues, et qui le rapproche parfois aussi du Modern Jazz Quartet et de Milt Jackson, par cette synthèse entre blues et bebop. Il enseigne lui-même que Ray Charles est une pierre angulaire pour l’expression à ses élèves chanteurs et aux big bands. Il réinvente les standards pour leur faire raconter une autre histoire, comme encore le «Summertime» de George Gershwin (For Dancers Only), devenu funky, par une ligne rythmique de main gauche personnalisée, comme sait aussi le faire Horace Silver à la perfection. Il donne une nouvelle vie à «Main Stem» de Duke Ellington (The Soulful Piano of Junior Mance), comme il est un interprète naturel des thèmes de Ray Bryant qu’il ne copie ni ne trahit, simplement dont il est un frère d’âme («I Don’t Care» dans Big Chief!). La vidéographie vous propose parmi les essentiels la rencontre sur un piano des deux artistes, le style churchy et blues de Philadelphie de Ray Bryant trouvant un écho naturel dans celui de Junior Mance de Chicago: le langage commun du jazz à travers ses permanences atteint parfois des sommets; c'est ici le cas.

1946. St. Louis, the Jimmy Dale Band avec Junior Mance (p) et Gene Ammons (ts, le second à partir de la droite), Jimmy Dale est près du micro. Gene Wright (b) et Wesley Landers (dm) complètent la section rythmique.
1946. St. Louis, the Jimmy Dale Band avec Junior Mance (p) et Gene Ammons (ts, le second à partir de la droite),
Jimmy Dale est près du micro. Gene Wright (b) et Wesley Landers (dm) complètent la section rythmique
© photo X, archives Jazz Hot

Dans le registre bebop, il peut imprimer à un standard comme «Love for Sale» un traitement virtuose sur un tempo ultrarapide qui ne perd ni une once des accents du blues, ni de sa qualité d’expression (Big Chief!). Ses qualités d’interprétations et de personnalisation sur les standards (le splendide «Sweet and Lovely», The Soulful Piano of Junior Mance), les compositions du jazz («Ruby, My Dear», de Thelonious Monk dans Big Chief!), explosent sur son propre répertoire –car Junior Mance est un compositeur régulier sur ses enregistrements. «Harlem Lullaby» (For Dancers Only), «The Uptown» (The Soulful Piano of Junior Mance) ont été des succès. Sur le blues, la matière essentielle de son répertoire, il est un maître, aussi essentiel que Ray Charles ou B.B. King. Il semble, comme «notre Astérix», être tombé dans la marmite remplie de potion magique, mais celle du blues pour Junior.

1949. The Gene Ammons Group au Bop City, San Francisco, CA: Junior Mance (p), Leroy Jackson (b), Jerry Elliott (b),  Gene Ammons (ts), Wesley Landers (dm), Pee Wee Jackson (tp) © photo X, archives Jazz Hot
1949. The Gene Ammons Group au Bop City, San Francisco, CA: Junior Mance (p), Leroy Jackson (b), Jerry Elliott (b), 
Gene Ammons (ts), Wesley Landers (dm), Pee Wee Jackson (tp) © photo X, archives Jazz Hot

Pour ce rapide tour stylistique, nous nous sommes contentés de trois albums des années 1960 et 1980, dont chacun des thèmes mérite un arrêt sur son. De nombreux autres thèmes et albums méritent ce même traitement car la permanence de l'art chez Junior Mance rejoint celle des grands artistes du jazz: une particularité du jazz qui tient aux valeurs essentielles de cette musique, de l’âme du jazz. C’est d’une densité expressive rare, d’une permanence stylistique et d'une sophistication qui transcendent les époques, une musique d’une beauté de tous les instants dont il est impossible de dire que c’est du bebop, du mainstream, du blues, du traditionnel, du piano moderne: Junior Mance est tout à la fois, c'est de l’Art, et c'est une des incarnations du jazz au sens large! Le plus étonnant est que son impressionnante production (70 disques en leader environ et plus de 100 en sideman) ne présente que de rares faiblesses, celles qu’il signale lui-même avec clarté, humour et presque en s'excusant dans l’interview donnée à Jazz Hot n°643: l’enregistrement de musique à succès du moment, des expérimentations forcées, demandées par un producteur (Harlem LullabyWith a Lotta Help From My Friends), de quelques musiques de films (The Soul of Hollywood) et/ou avec quelques violons mal arrangés, le tout dans la seconde partie des années 1960: une question d’époque. Bien que ces rares enregistrements ne soient pas dénués des qualités du pianiste ou de thèmes de bon niveau, on comprend ce que Junior Mance en dit dans son interview… Le reste de sa production présente une diversité de répertoire servie par une grande personnalité musicale, pleine d'âme et ancrée dans le blues, l'Eglise et les racines, car Junior Mance est un artiste sûr de ses choix et un virtuose de l'expression. Il a à son service une gamme exceptionnelle d'effets expressifs. C’est pourquoi Dizzy Gillespie en fit l’un de ses compagnons de musique, et comme l’explique Junior Mance en rapportant avec sa modestie habituelle la leçon de Dizzy que le pianiste révère («Je t’ai choisi pour que tu joues à ta façon, pas comme un autre.»); une leçon retenue et appliquée sans compromis. Junior Mance a dédicacé à son maître et à sa musique un enregistrement en 1992 (Here 'Tis, Sackville), quelques mois avant la disparition du grand trompettiste, et si tout le répertoire est celui de Dizzy, l'expression est entièrement celle de Junior Mance (un splendide «Con Alma»!). Enfin Junior Mance était le pianiste du dernier enregistrement de Dizzy, intitulé To Diz With Love (Telarc) au sein d'une fameuse section rythmique entre les deux Washington –Peter (b) et Kenny (dm)– pour offrir à Dizzy et ses invités trompettistes ce dernier rendez-vous (Jon Faddis, Doc Cheatham, Wynton Marsalis, Wallace Roney, Claudio Roditi, Lew Soloff, Red Rodney, Charlie Sepulveda).


1938. Les jams à la maison de Junior Mance à 10 ans © Photo X, archives Jazz Hot

1938. Les jams à la maison de Junior Mance à 10 ans
© Photo X, archives Jazz Hot

Revenons quelque peu sur une biographie si bien racontée par Junior Mance lui-même dans les deux numéros de Jazz Hot déjà évoqués qui sont essentiels pour la compréhension de cette personnalité sereine. Inutile ici de reprendre tout ce que Junior Mance a si bien raconté avec ses mots, des sourires, la maîtrise du récit, son naturel et l'amour du jazz et de ses artistes. Nous vous recommandons de vous y reporter (Jazz Hot n°611 et n°643). Cependant, il est utile de rappeler ici que c’est à 17 ans (1943 donc, comme il le raconte) que Junior Mance rencontre Gene Ammons. En 1946, ils sont tous les deux membres de l'orchestre d’Harold C. Fox, utilisant alors le pseudonyme de Jimmy Dale (qui prête à confusion) comme on le voit sur la photographie plus haut. Il a été recruté –ce qui l'étonne encore dans les années 2000– car dès ses 15 ans (en 1941), Junior Mance nous le dit, il est déjà professionnel pour contribuer à ses études, car sa famille est modeste. C’est à 5 ans qu’il a commencé à aborder le piano avec un père qui lui-même en jouait à la maison et avec une mère férue de blues, mais qui aurait préféré voir son fils devenir médecin. Il prend des cours privés à 8 ans et, à 10 ans, il rencontre Count Basie en coulisses après un concert grâce à son père, un adepte de Count mais aussi des pianistes de blues et boogie woogie locaux dont les célèbres Jimmy Yancey et Albert Ammons, le père de Gene.

La précocité de Junior Mance, le biotope chicagoan, expliquent la longueur de la carrière (près de 80 ans) et le feeling particulier de son expression marquée par le blues dans une période ou jazz et blues sont imbriqués dans la ville et dans la musique. Junior en fait un trait essentiel de son art car son feeling et toute son œuvre refusent la séparation imposée par les circuits de production, sur la scène et pour l’enregistrement. Il explique lui-même qu’on dansait dans les clubs sur tout, le bebop aussi, et que beaucoup de clubs programmaient des artistes sans distinction entre blues et jazz. On retrouve, encore en 2021, cette réalité à travers la musique de George Freeman (g), le frère de Von et l'oncle de Chico, du même âge que Junior (1927) qui a oscillé, et continue de le faire, sans aucun hiatus entre free jazz, bebop et blues 
à Chicago sans se poser d'autres questions que de s'exprimer dans le grand langage commun musical sur fond de blues avec les musiciens de son entourage…

1947-49. Gene Ammons, "Jug" Sessions, EmArcy
1947-53. Gene Ammons, Red Top, Savoy1949. Lester Young, The Immortal, Savoy1950-52. Sonny Stitt, Stitt’s Bits, Vol. 2, Prestige










Evanston, où il est né, est un faubourg «
dry» (sans alcool), donc sans club, mais à 10 minutes de Chicago où il est facile de se rendre. Après de sérieuses études générales (avec latin), Junior a quelque peu trahi les attentes de sa mère en choisissant la porte de la Roosevelt School of Music à la place de celle, voisine, du Roosevelt College, devenu Roosevelt University, où il devait étudier la médecine. Il était en réalité déjà professionnellement engagé dans le jazz, mais surtout son cœur avait choisi la musique pour exprimer sa personnalité. A la Roosevelt School, il étudie le classique, le jazz y était interdit. C’est à l’occasion de grandes grèves aux Etats-Unis en 1946 qui menacent aussi les enregistrements (il y avait déjà eu une grève totale des enregistrements de plus d’une année en 1943), que Gene Ammons, dont la réputation est déjà solide, est sollicité par Mercury Records, installé à Chicago, pour enregistrer dans l’urgence. Ce qui vaut à Junior son premier disque avec Gene Ammons en 1947 où il se prénomme encore «Julian» (cf. l’étiquette du 78t. plus haut). Après l’enregistrement, Gene part en tournée à New York et à travers les Etats-Unis jusqu'à San Francisco (cf. la photographie plus haut au Bop City) avec dans ses bagages Junior, ce qui met un point final à ses études musicales classiques qui n'ont pas été inutiles comme il s'en souvient en 2004 et 2007. Le jeune pianiste profite du «paradis» new-yorkais pour côtoyer la scène du jazz en pleine effervescence. Les deux amis se séparent en 1949 quand ils sont sollicités, Gene par Woody Herman et Junior par Lester Young, des offres qui ne se refusent pas pour de jeunes musiciens! Ils se retrouvent brièvement en 1951 et déjà Junior a croisé la route de Sonny Stitt.


1949. Lester Young Group, Old Savoy Ballroom, Harlem, NY: (left to right) Junior Mance (p), Jerry Elliott (tb), Leroy Jackson (b), Lester Young (ts), Jesse Drake (tp), Tim Kennedy (dm) © photo X, archives Jazz Hot
1949. Lester Young Group, Old Savoy Ballroom, Harlem, NY: (left to right) Junior Mance (p), 
Jerry Elliott (tb), Leroy Jackson (b), Lester Young (ts), Jesse Drake (tp), Tim Kennedy (dm) 
© photo X, archives Jazz Hot

Rattrapé par le service militaire au moment de la guerre de Corée en 1951, il doit à sa rencontre avec Cannonball Adderley, qui dirige l’orchestre de la base de la 36e armée stationnée à Fort Knox, d’éviter un départ-suicide puisque la quasi-totalité de l’unité de Junior ne reviendra pas de Corée. Junior en garde une reconnaissance éternelle à Cannonball qu'il rappelait encore en 2007. De retour en 1953 à Chicago, il est à la tête du trio maison du Bee Hive, avec Israel Crosby (b) et Buddy Smith (dm), un club qui fait aujourd'hui partie de la légende de la ville. Junior accompagne les artistes de jazz confirmés de passage: Coleman Hawkins, Sonny Stitt, Eddie Lockjaw Davis, Charlie Parker, et cela contribue à installer la réputation du toujours jeune pianiste et lui procure un carnet d'adresses.

1954. Dinah Washington, After Hours With Miss D, EmArcy1954. Dinah Washington, Dinah Jams, EmArcy1954. Clifford Brown, Brownie: The Complete EmArcy Recordings of, EmArcy1956. Dinah Washington, In the Land of Hifi, EmArcy













C’est Dinah Washington, installée alors à Chicago, qui finit par engager le pianiste en 1954. Des enregistrements historiques et des tournées viennent immortaliser cette collaboration; c’est un moment intense pour Junior qui croise, grâce à Dinah, la route de Clifford Brown, Clark Terry, Max Roach, Harold Land, Ketter Betts, Richie Powell et beaucoup d’autres… Dinah, qui ne se trompe jamais pour ses sections rythmiques (Wynton Kelly, Jimmy Cobb…) a installé Junior au sommet de la création dans le jazz de cette époque, et nul doute que la nature même de l'expression de Dinah, si empreinte de blues, conforte le pianiste dans ses choix esthétiques et enrichit son expression.

1954. Recording session with EmArcy Records (left to right) Ricky Henderson (as), Dinah Washington (voc), Bobby Shad (producer), Junior Mance (p), Clark Terry (caché)-Session de "After Hours with Miss D"
1954. Recording session with EmArcy Records: (left to right) Ricky Henderson (as), Dinah Washington (voc),
Bobby Shad (producer), Junior Mance (p), Clark Terry (caché)-Session de "After Hours with Miss D"
© photo X, archives Jazz Hot

1955. Joe Gordon, Introducing, EmArcy1956. Johnny Griffin, JG, Argo1956. Clark Terry/Paul Gonsalves, The Jazz School, EmArcy1956. James Moody, Return From Overbrook, Chess 810













En 1956, Cannonball Adderley, «le sauveur» de Junior, quitte sa Floride et lui propose de le rejoindre. C’est l’occasion pour Junior de s’installer définitivement à New York. Deux ans plus tard, les deux musiciens se séparent, sollicités par les stars du moment, Miles Davis pour Cannonball et Dizzy Gillespie pour Junior. Ces années 1950 permettent à Junior Mance non seulement de côtoyer sur scène mais aussi d'enregistrer avec des artistes de haut niveau: en dehors de Gene Ammons, Dinah et Cannonball, on peut également citer Sonny Stitt, Art Blakey, Johnny Griffin, Paul Gonsalves, Carmen McRae, Joe Gordon, Art Farmer, James Moody, Jimmy Cleveland, Benny Golson, et de réaliser un premier enregistrement en coleader intitulé The Chicago Jazz Cookers, avec Johnny Griffin et Wilbur Ware.

1956. Cannonball Adderley, In the Land of Hi-Fi With, EmArcy1957. Cannonball Adderley, Sophisticated Swing, EmArcy1957. Art Blakey, Hard Drive, Bethlehem1957. Wilbur Ware, The Chicago Sound, Riverside











1959. The Dizzy Gillespie Quintet: (en bas) Junior Mance (p), Leo Wright (as); (haut) Teddy Stewart (dm), Dizzy Gillespie, Art Davis (b) © photo X, archives Jazz Hot
1959. The Dizzy Gillespie Quintet: (en bas) Junior Mance (p), Leo Wright (as); (haut) Teddy Stewart (dm), Dizzy Gillespie (tp), Art Davis (b)
© photo X, archives Jazz Hot


1959. Dizzy Gillespie, "Have Trumpet, Will Excite!"C’est avec Dizzy Gillespie qu’il révère pour ses qualités de pédagogue en particulier, que Junior finit son «université» du jazz. C’est pendant cet engagement qu’il commence une carrière de leader sur scène et dans les studios d’enregistrements. On l’a vu dans le paragraphe consacré à la description de son style, Junior arrive au moment idéal, au tournant des années 1950-1960, pour faire éclater une expression marquée par le blues et la puissance de conviction, dans l’air du temps parce que la communauté afro-américaine traverse une période de revendication de ses droits à l’égalité, de son identité humaine et artistique. La traduction de ces réalités sociales et politiques, est directement perceptible dans l'ensemble du jazz de cette époque, déterminant même sur la profondeur et la puissance de l'expression. Junior Mance est l’un des représentants majeurs d’un style de piano moderne qui a les deux pieds dans le blues, la musique d'église, la musique du quotidien. Sa parenté expressive est évidente avec Ray Charles, Ray Bryant, Bobby Timmons, Horace Silver, mais aussi avec Red Garland, Randy Weston, dont il est le contemporain exact, Wynton Kelly, Oscar Peterson, et beaucoup d'autres, qui impulsent le renouvellement du piano jazz enraciné dans la tradition, celle bien sûr de Earl Hines, Duke Ellington, Count Basie, Teddy Wilson, Art Tatum, Erroll Garner, Hank Jones et depuis Albert Ammons, Jimmy Yancey (il faut écouter «Yancey Special» et «Careless Love» dans Junior Mance Special, Sackville), un piano jazz hot où le blues et le swing sont au centre de l'expression. Bud Powell et Thelonious Monk ont entretemps apporté une intensité nouvelle à la manière pianistique, sans doute liée à leur génération car Charlie Parker et d'autres la partagent, intensité bien présente chez Junior dans ses enregistrements des années 1950-1960. La modernité, c'est-à-dire l’actualisation et l’originalité du discours musical restent des principes essentiels dans le jazz de toutes les époques depuis son origine: la place de l'individu comme contributeur du collectif. Dans les générations suivantes, McCoy Tyner, Horace Parlan, Stanley Cowell, Harold Mabern, Kenny Barron, Georges Cables, Mulgrew Miller, Eric Reed, Marcus Roberts, Cyrus Chestnut, sont les prolongements-extensions de cette tradition expressive marquée par le blues, et bien sûr pour n’en citer que quelques-uns, car la tradition expressive du piano jazz est pléthorique au XXe siècle, de qualité et d’une grande diversité avec, toujours, l'esprit blues et cette conviction chevillée au cœur de l’expression. Le travail de Junior Mance auprès de ses élèves pendant plus de vingt ans a été de transmettre cet esprit, cette conviction.


1960. Eddie Lockjaw Davis-Johnny Griffin, Griff and Lock, Jazzland1960. Johnny Griffin-Eddie Lockjaw Davis, Tough Tenors, Riverside1960. Leo Wright, Blues Shout, Atlantic1960. Katie Bell Nubin, Soul, Soul Searching, Verve













La suite du parcours de Junior Mance est dense jusqu’à la fin des années 1960, avec l’habituel creux des enregistrements pour le jazz de culture des années 1970, et une nouvelle carrière à partir des années 1980, en leader le plus souvent sur des labels comme Sackville, Chiaroscuro, Enja, en solo, trio et petites formations. Dans une forme de sérénité et de liberté, Junior Mance prend plaisir à partager son art avec toujours cette conviction blues qui perd quelque peu de sa puissance de jeunesse pour gagner en profondeur avec la maturité, le vécu du sage qu’il est devenu, du conteur de la tradition. Il développe le principal de sa œuvre enregistrée en leader (plus d'une quarantaine d'enregistrements) dans cette partie de sa vie, beaucoup de beaux albums en solo, duo, trio voire quintet, effectue quelques tournées dans le monde de prestige, notamment au Japon où il jouit d'une grande notoriété et enregistre encore en 2007 en duo au côté du splendide contrebassiste Richard Davis. On le découvre encore à Paris en 2010 au Duc des Lombards (cf. la vidéographie) en pleine possession de son art. 

En 2007, il crée, avec la complicité de son épouse Gloria, un label indépendant, JunGlo, et continue à plus de 80 ans de s'exprimer avec l'enthousiasme d'un jeune homme, plusieurs albums témoignent de cette dernière partie de son œuvre.

La discographie qui suit cet article n’est pas là pour faire de la couleur ou pour faire impression sur le plan quantitatif: c'est comme toujours un travail de collecte, de synthèse qui raconte doublement l’histoire des artistes: qualitativement par les artistes côtoyés par Junior et chronologiquement car le parcours de Junior Mance est long et intense dans la durée. Avec les deux belles interviews de Jazz Hot n°611 et 643, celles réalisées par d'autres aussi, que vous trouverez dans la vidéographie, et qui permettent de retrouver le sourire, la mémoire et l'humour de Junior. Avec la musique de jazz que vous écouterez dans les disques disponibles chez les disquaires (la plupart) comme dans les vidéos, vous pourrez aborder au monde merveilleux d’un grand artiste: Monsieur Junior Mance. Dans cette période d’enfermement, c’est une ouverture vers l’autre monde, celui que nous avons perdu pour l’instant, celui de la liberté, celui du jazz qui, sans être parfait, avait permis le développement et l'expression d'artistes aussi créatifs et emblématiques du jazz que Junior Mance. C’est salutaire au sens étymologique. C'est le trésor que laisse Junior Mance.

Entre novembre 1965 et janvier 1966, pour le film A Man Called Adam de Leo Penn, musique de Benny Carter, avec entre autres Louis Armstrong, Sammy Davis Jr., Ossie Davis, Cicely Tyson (New York, NY), Junior Mance est l'un des musiciens avec Aaron Bell (b) et Herbie Lovelle (dm) qui accompagnent Mel Tormé (cf. vidéographie, premier lien, note de la Library of Congress). Pour la télévision, Junior Mance a participé au Tonight Show de Johnny Carson le 1er janvier 1971 en tant que musicien invité (source IMDB). Enfin, la musique de la bande-son du film de Clint Eastwood Bridges of Madison County (Sur la route de Madison, Warner Bros., 1995) sous la direction de Lennie Niehaus fait appel à ses compositions toujours selon IMDB.

Gloria-et-Junior-YouTube, bande-annonce du documentaire Sunset and the Mockingbird
Gloria Clayborne Mance, son épouse et manager, qui travaille au New York City Department of Education, a organisé un documentaire, Sunset and the Mockingbird, réalisé par Jyllian Gunther, sortie en 2021, qui relate dans la bande annonce quelques moments émouvants des dernières années de Junior Mance, dans leur appartement 
et leur quartier, à Manhattan. Malgré les difficultés liées au grand âge, on retrouve le musicien, entouré et heureux dans son environnement où le jazz et son parcours sont omniprésents. Junior est toujours habité de cet amour du jazz-blues qu'il a contribué à enrichir et de cette énergie qui lui permet encore de chanter le blues et de faire quelques pas de danse. C'est dans cet appartement que Junior Mance est décédé le 17 janvier 2021. Il avait fait une chute le mois précédent à l'origine de la détérioration brutale de son état de santé.



Nous avions eu le privilège, grâce à Gloria, de lui adresser un message avant son décès pour le remercier d’avoir embelli ce monde avec tant générosité artistique et humaine. 

Jazz Hot partage aujourd’hui la peine de Gloria, de sa famille et de ses proches.



Jazz Hot n°611-2004Jazz Hot n°643-2007

JUNIOR MANCE & JAZZ HOT:

n°611-2004, n°643-2007



SITE: www.juniormance.net










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DISCOGRAPHIE


Leader/coleader

LP  1954. Mercury 40th Anniversary V.S.O.P. Album, Mercury 824116-1 (2 titres=CD Junior, Fresh Sound 582)
LP  1957. Johnny Griffin-Wilbur Ware-Junior Mance, The Chicago Cookers, Jazzland 12 (=CD The Chicago Sound, OJC 1737-2/Fresh Sound 548)
LP  1960. Junior Mance and His Swinging Piano, Junior, Verve 8319 (=CD Junior, Fresh Sound 582)
LP  1960. The Soulful Piano of Junior Mance, Jazzland 930 (=CD Sweet and Lovely, Milestone 47100/The Junior Mance Trio, Fresh Sound 684)
LP  1961. The Junior Mance Trio, Big Chief!, Jazzland 953 (=CD Sweet and Lovely, Milestone 47100/The Junior Mance Trio, Fresh Sound 684)
1957. Junior Mance/Johnny Griffin/Wilbur Ware, The Chicago Cookers, Jazzland1960. Junior Mance, Junior, Verve1960. The Soulful Piano of Junior Mance-Jazzland1961. The Junior Mance Trio, Big Chief, Jazzland












LP  1961. Junior Mance Trio, At the Village Vanguard, Jazzland 941 (OJC 204/The Junior Mance Trio, Fresh Sound 684)
LP  1961. Junior Mance TRio, At the Village Vanguard Plus, Ozone 23 (=CD/The Junior Mance TrioFresh Sound 684)
LP  1962. Junior Mance, The Soul of Hollywood, Jazzland 963 (=2xCD the Junior Mance Trio & Orchestra, Milestone 47097-2)
LP  1962. Junior Mance Trio, Happy Time, Jazzland 977 (=CD Original Jazz Classics 1029-2)
1961. Junior Mance Trio, At the Village Vanguard, Jazzland1961. Junior Mance Trio, At the Village Vanguard Plus, Ozone1962. Junior Mance, The Soul of Hollywood, Jazzland1962. Junior Mance, Happy Time, Jazzland












LP  1962. Junior Mance Trio, Junior’s Blues, Riverside 447 (=CD Original Jazz Classics 1000-2)
LP  1964. Junior Mance, Get Ready, Set, Jump !!!, Capitol 2092
LP  1964. Junior Mance, Straight Ahead!, Capitol 2218
LP  1964. The Junior Mance Trio, That’s Where It Is!, Capitol 2393
1962. Junior Mance Trio, Junior’s Blues, Riverside1964. Junior Mance, Get Ready, Set, Jump!!!, Capitol1964. Junior Mance, Straight Ahead!, Capitol1964. The Junior Mance Trio, That’s Where It Is!, Capitol












LP  1966. Junior Mance, Harlem Lullaby, Atlantic 1479 (=CD Collectables Jazz Classics 6606)
LP  1967. Junior Mance, I Believe to My Soul, Atlantic 1496 (=CD Collectables Jazz Classics 6606)
LP  1967. Junior Mance, The Good Life, Tuba 5003/Jazz Lips 763 (=CD Jazz Lips 763)
45t. 1968. Junior Mance, Atlantic 2588 (I Wish I Knew/Silent Night)
1966. Junior Mance, Harlem Lullaby, Atlantic1967. Junior Mance, I Believe to My Soul, Atlantic1967. Junior Mance, The Good Life, Tuba45t 1968. Junior Mance, I Wish I Knew, Atlantic.jpg

45t 1968. Junior Mance, Silent-Night, Atlantic










LP  1968. Junior Mance, Live at the Top-Guest Artist David Newman, Atlantic 1521 (=CD Collectables Jazz Classics 6617)
LP  1969. Buddy Guy/Junior Mance/Junior Wells, Buddy and the Juniors, Blue Thumb Records 20 (=CD MCA 10517)
LP  1970. Junior Mance, With a Lotta Help From My Friends, Atlantic 1562 (=CD Collectables Jazz Classics 6166)
LP  1970. Dexter Gordon With Junior Mance, At Montreux, Prestige 7861 (=CD OJC 7861-2)
1968. Junior Mance, Live at the Top-Guest Artist David Newman, Atlantic1969. Buddy Guy/Junior Wells/Junior Mance, Buddy and the Juniors, Blue Thumb1970. Junior Mance, With a Lotta Help From My Friends, Atlantic1970. Dexter Gordon/Junior Mance, At Montreux, Prestige












CD 1970. Junior Mance Trio, Live in Montreux 1970, B-Side Records 824601 (+4 titres de 1959-62-67)
LP  1972. Junior Mance, That Lovin’ Feelin’, Milestone 9041 (=2xCD the Junior Mance Trio & Orchestra, Milestone 47097-2)
LP  1973. The Junior Mance Touch, Polydor 5051 (=CD Jazz Lips 763)
LP  1976. Junior Mance, Holy Mama, Inner City 6018/East Wind 8036
1970. Junior Mance Trio, Live in Montreux 1970, B-Side Records1972. Junior Mance, That Lovin’ Feelin’, Milestone1973. The Junior Mance Touch, Polydor1976. Junior Mance, Holy Mama, Inner City












LP  1977. Junior Mance, Live at Sweet Basil, Flying Disk VIBN-3/6005
LP  1980. Junior Mance Trio, Deep, JSP 1013 (=CD Smokey Blues, JSP 219 + 1 titre)
CD 1982-83. Junior Mance Trio, The Shadow of Your Smile, After Beat/Pony Canyon 30243
LP  1983. Junior Mance-Martin Rivera Duo, The Tender Touch of:, Nilva NQ 3405
1977. Junior Mance, Live at Sweet Basil, Flying Disk1980. Junior Mance Trio, Deep, JSP 10131982-83. Junior Mance Trio, The Shadow of Your Smile, After Beat/Pony-Canyon1983. Junior Mance-Martin Rivera Duo, The Tender Touch of:, Nilva












LP  1983. Junior Mance-Martin Rivera, For Dancers Only, Sackville 3031
LP  1983. Junior Mance with David Fathead Newman, Truckin’ and Trakin’, Bee Hive 7015
CD 1986-88. Junior Mance Special, Sackville 2-3043
LP  1989. Junior Mance, Live at Good Day Club, All Art/Paddle Wheel 14
1983. Junior Mance-Martin Rivera, For Dancers Only, Sackville1983. Junior Mance with David Fathead Newman, Truckin’ and Trakin’, Bee Hive1986-88. Junior Mance Special, Sackville1989. Junior Mance, Live at Good Day Club, All Art












DVD 1990. 100 Gold Fingers Vol. 1 & 2, King 137/8 (2 titres dont un duo avec Ray Bryant, 2 DVDs avec Hank Jones, John Lewis, Tommy Flanagan, Kenny Barron, Ray Bryant, Duke Jordan, Marian McPartland…)
CD 1991. Junior Mance, Opus de Funk, Lob Inc. LFA 1066/TDK 5068
CD 1992. Junior Mance, Here ‘Tis, Sackville 2-3050
DVD 1990. 100 Gold Fingers, Vol. 1, King1990. 100 Gold Fingers, Vol. 2, King1991. Junior Mance, Opus de Funk, Lob 1066/TDK 50681992. Junior Mance, Here’Tis, Sackville












CD 1992. Berne, Baby, Berne!, Marians 1976941-2 (1 titre, album collectif)
CD 1993. 100 Gold Fingers Piano Playhouse ’93, Fujitsu/TDK 5193 (1 titre, album collectif)
CD 1994. Junior Mance, Blue Mance, Chiaroscuro 331
CD 1994. Junior Mance Trio, Softly As in a Morning Sunrise, Enja 8080-2
1992. Junior Mance, Berne Baby Berne, Marians1993. 100 Gold Fingers, Piano Playhouse ’93, Fujitsu/TDK 51931994. Junior Mance, Blue Mance, Chiaroscuro1994. Junior Mance, Softly as in a Morning Sunrise, Enja












CD 1994. Junior Mance, Jubilation, Sackville 2-2046
CD 1995. Junior Mance, At Town Hall Vol.1, Enja 9085-2
CD 1995. Junior Mance, At Town Hall Vol.2, Enja 9095-2
CD 1995. Junior Mance, The Floating Jazz Festival Trio+Benny Golson, Chiaroscuro 340 (Ketter Betts-Jackie Williams)
1994. Junior Mance, Jubilation, Sackville1995. Junior Mance, At Town Hall-Vol. 1, Enja1995. Junior Mance, At Town Hall-Vol. 2, Enja1995. Junior Mance, The Floating Jazz Festival Trio + Benny Golson, Chiaroscuro












CD 1996. Junior Mance,  The Floating Jazz Festival Trio+Joe Temperley: The Music of Duke Ellington, Chiaroscuro 352 (Ketter Betts-Jackie Williams)
CD 1997. Junior Mance, Milestones, Sackville 2-3065
CD 1997. Junior Mance, The Floating Jazz Festival Trio+Henry Johnson & Red Holloway, Chiaroscuro 359 (Ketter Betts-Jackie Williams)
CD 1998. Junior Mance Trio, Nadja, Enja 9114-2
1996. Junior Mance/The Floating Jazz Festival Trio + Joe Temperley, The Music of Duke Ellington,  Chiaroscuro1997. Junior Mance, Milestones, Sackville1997. Junior Mance/The Floating Jazz Festival Trio 1997+Henry Johnson et Red Holloway, Chiaroscuro1998. Junior Mance, Nadja, Enja












CD 1998. Junior Mance, MANCE: The Floating Jazz Festival Trio With Etta Jones & Lou Donaldson, Chiaroscuro 363
CD 2000. Junior Mance+Joe Temperley, Monk, Chiaroscuro 370 (1 titre enregistré en 1996)
CD 2000. Junior Mance, Blues, Ballads and "A” Train, Trio Records 558
CD 2000. Junior Mance Trio+1, Yesterdays, Pony Canyon/M & I  30102
1998. Junior Mance, MANCE:The Floating Jazz Festival Trio With Etta Jones & Lou Donaldson2000. Junior Mance+Joe Temperley, Monk, Chiaroscuro2000. Junior Mance, Blues, Ballads and 'A' Train, Trio Records2000. Junior Mance trio+, Yesterdays, Pony Canyon/M & I












CD 2001. The Junior Mance Trio, Live at Shanghai Jazz, Shanghai Jazz 0003
CD 2001. Junior Mance Trio & Eric Alexander, Groovin’ Blues, After Beat 30245/M & I 30152/30630
CD 2002. Junior Mance Trio, On the Road, Trio Records 559
CD 2004. Junior Mance Trio, Soul Eyes, Tokuma 30303
2001. The Junior Mance Trio, Live at Shanghai Jazz2001. Junior Mance Trio & Eric Alexander, Groovin’ Blues, After Beat 302452002. Junior Mance Trio, On the Road, Trio Records2004. Junior Mance Trio, Soul Eyes, Tokuma












CD 2004. Junior Mance Trio, The First: Live at 3361*Black, Tokuma 3034
CD 2004. Junior Mance Trio, The Second: Live at 3361*Black, Tokuma 3035
CD 2006. Junior Mance Trio, Ballads 2006, Pony Canyon 3038/M & I 30380
CD 2006. Junior Mance, Groovin’ With Junior, Sackville 2-3070
2004. Junior Mance, The 1st: Live at 3361*Black, Tokuma2004. Junior Mance, The 2nd: Live at 3361*Black, Tokuma2006. Junior Mance Trio, Ballads,Pony Canyon 3038/M & I 303802006. Junior Mance, Groovin’ With Junior, Sackville












CD 2007. Junior Mance Trio, Live at Café Loup, JunGlo 01
CD 2007. Richard Davis With Junior Mance, Blue Monk, King Records 737
CD 2008. Junior Mance Quintet, Out South, JunGlo 02
CD 2008. Junior Mance Trio+Houston Person, Blue Minor, Mojo 1312
2007. Junior Mance Trio, Live at Café Loup, JunGlo2007. Richard Davis/Junior-Mance, Blue Monk, King Records2008. Junior Mance Quintet, Out South, JunGlo2008. Junior Mance Trio+Houston Person, Blue Minor, Mojo












CD 2009. The World of Junior Mance, King 594
CD 2011. Junior Mance Quintet, Letter From Home, JunGlo 03
CD 2012. Junior Mance, The Three of Us, JunGlo 04
CD 2015. Junior Mance, For My Fans, It’s All About You, JunGlo 06
2009. Junior Mance, The World of, King Records2011. Junior Mance Quintet, Letter From Home, JunGlo2012. Junior Mance, The Three of Us, JunGlo2015. Junior Mance, For My Fans, It’s All About You, JunGlo














Sideman

CD 1947. Gene Ammons, Jug Sessions, EmArcy 2 400
CD 1947. Gene Ammons, Red Top, Savoy Jazz 0242
LP  1947. Leo Parker, New Sounds in Modern Music, Savoy 8081
CD 1949. Lester Young, The Savoy Recordings 2, Savoy 650 133 (Charlie/Le Jazz CD4)
CD 1949. Lester Young, Live at the Royal Roost 1948, Unique Jazz 1047
CD 1949-51. Gene Ammons, Young Jug, Chess/GRP 18012
LP  1950. Gene Ammons-Sonny Stitt, Battle of the Saxes, Prestige 107
CD 1950-52. Sonny Stitt, Kaleidoscope, Prestige 060-2
LP  1954. Dinah Washington, After Hours With Miss D, Emarcy 26032 (=CD The Complete Dinah Washington on Mercury, vol. 3, Mercury 834 675-2)
CD 1954. Dinah Washington, Dinah Jams, EmArcy 814 639-2
CD 1954. Clifford Brown, Brownie: The Complete EmArcy Recordings of Clifford Brown, EmArcy 838 306-2 (=CD Cliifford Brown and the Ladies of Jazz, LoneHill Jazz 10325)
45t. 1954. Dinah Washington, Queen of the Juke Box, Baldwin Street 310
CD 1954. Joe Gordon, Early Sessions, Fresh Sound 380
LP  1955. Joe Gordon, Introducing Joe Gordon, EmArcy 36025 (=CD Fresh Sound 380)
LP  1956. Dinah Washington, In the Land of Hi-Fi, EmArcy 36073
CD 1956. Cannonball Adderley, Sessions : Live, Calliope 3014
LP  1956. Johnny Griffin, JG, Argo 624 (=CD Cadet 9005)
CD 1956. James Moody, Return From Overbrook, Chess 810
CD 1956-59. James Moody, Hey ! It’s James Moody, Lone Hill 10195
LP  1956. Cannonball Adderley, In the Land of Hi-Fi With, EmArcy 36077 (=CD Verve 522 651-2)
LP  1956. Nat Adderley, To the Ivy Leavy from Nat, EmArcy 36100 
LP  1956. Cannonball Adderley, Sessions Live, Calliope 3014 (=CD LoneHill 10279)
LP  1956. Paul Gonsalves/Clark Terry, The Jazz School, EmArcy 36093
LP  1957. Cannonball Adderley, Sophisticated Swing, EmArcy 36110
CD 1957. Art Blakey, Hard Drive, Bethelehem 6023 (=CD 6001-2)
CD 1957. Ella Fitzgerald-Billie Holiday, At Newport, Verve 559 809-2 (Junior accompagne Carmen McRae)
CD 1957. The George Shearing & Cannonball Adderley, At Newport, Pablo 5315-2
LP  1957. Wilbur Ware, The Chicago Sound, Riverside 12-252 (=CD OJC 1737-2)
CD 1958. Cannonball Adderley, Cannonball’s Sharpshooters, Verve 528 408-2
CD 1958. Art FarmerAlbum, Modern Art, Blue Note 84459-2
CD 1958. James Moody, Last Train From Overbrook, Argo 637
LP  1958. Sandy Mosse, Relaxing With Sandy, Argo 639
CD 1959. Dizzy Gillespie, Have Trumpet, Will Excite!, Verve 314 549 744-2
LP  1959-60. Dizzy Gillespie, Giganti del Jazz 62
CD 1959. Dizzy Gillespie, Copenhagen Concert, SteepleChase 36024
LP  1959. Virgil Gonsalves, Jazz at Monterey!, Omega 1047
CD 1960. Dizzy Gillespie, No More Blues, Moon 065-2
CD 1960. Eddie Lockjaw Davis-Johnny Griffin, Griff and Lock, Jazzland/OJC 264-2
CD 1960. Johnny Griffin-Eddie Lockjaw Davis, Tough Tenors, Jazzland/OJC 1094-2
LP  1960. Leo Wright, Blues Shout, Atlantic 1358
CD 1960. Dizzy Gillespie, The Verve / Philips Dizzy Gillespie Small Group Sessions, Mosaic MD7-234
CD 1960. Dizzy Gillespie, Live at Newport 1960, Four Jazz Legends, Omega 3025
CD 1960. Katie Bell Nubin, Soul, Soul Searching, Verve MGV3004
CD 1961. Hank Crawford-Leo Wright, Soul Clinic/Blues Shout, Collectables 6281
CD 1961. Ray Crawford, Smooth Groove, Candid 79028
CD 1961. Eddie Lockjaw Davis-Johnny Griffin, Live at Minton’s-First Set, Prestige 24206
CD 1961. Eddie Lockjaw Davis-Johnny Griffin, Tenor Scene, Prestige/OJC 940-2
CD 1961. Johnny Griffin-Eddie Lockjaw Davis, Lookin’ at Monk, Jazzland/OJC 1911-2
LP  1961. Bennie Green, Glidin’ Along, Jazzland 43 (=CD OJC 1869-2)
CD 1961. Eddie Jefferson, Letter From Home, Riverside 12-411/OJC 307-2
CD 1961. Howard McGhee, Sharp Edge, Black Lion 760110
CD 1961. Wild Bill Moore, Bottom Groove/Wild Bill’s Beat, Milestone 47098-2
CD 1961. Clark Terry, Mellow Moods, Prestige 24136-2
LP  1962. The Metronomes, Melba Liston, Something Big, Jazzland 78
45t.  1962. Louis Jordan, Tangerine 924-926-930-937-947
LP  1962. Joe Williams, Jump for Joy, Bluebird 52713-2
LP  1962. Billie Poole, Confessin’ the Blues!, Riverside 12-458 (=CD OJC 1886-2)
LP  1963. Nat Adderley, Little Big Horn, Riverside 12-474 (=CD OJC 1001-2)
CD 1963. Joe Williams, At Newport '63, RCA 2663919-2
CD 1963-64. Joe Williams, Me and the Blues, RCA 2879-2
CD 1964. Joe Williams, Havin' a Good Time, Hyena 9331 (avec Ben Webster)
CD 1964. Ben Webster, Live at Pio’s, Enja 2038-2
LP  1964. Eddy Lockjaw Davis, Johnny Griffin, Junior Mance, Live! The Midnight Show at Minton’s Playhouse, Prestige 7330
LP  1965. Benny Carter, A Man Called Addam, Reprise 6180
LP  1965. Etta Jones Sings, Roulette 25329
CD 1968-69. Aretha Franklin, Soul O69, Rhino 71523-2
CD 1969. Gene Ammons, The Boss Is Back, Prestige 24129
LP  1969. Buddy Guy, Hold That Plance, Vanguard 79323
CD 1969. Les McCann, Comment, Atlantic 1547
LP  1969. Marion Williams, The New Message/Standing Here Wondering, Atlantic 8228 (=CD Collectables 7484)
CD 1969. Jimmy Witherspoon With the Junior Mance Trio, Stony Plain 123
CD 1972. Buddy Guy, Hold That Plane, Vanguard 79323
LP  1973. Gene Ammons-Sonny Stitt, Together Again for the Last Time, Prestige 10100
LP  1982. Alvin Queen, Glidin’ and Stridin’, Nilva 3403
CD 1982. Sonny Stitt, Last Stitt Sessions, Vol. 1 & 2, Muse 6003
CD 1983. Irene Kral, Better Than Anything, Fresh Sound 0069
LP  1984. Arnett Cobb, Keep on Pushin’, Bee Hive 7017
CD 1990. Ken Peplowski, Illuminations, Concord Jazz 4449
CD 1992. Ernie Andrews, No Regrets, Muse 5484
CD 1992. Dizzy Gillespie, To Diz With Love, Telarc 83307 (repris dans Dizzy Gillespie, Triple Play, Telarc 83451)
CD 1993. Frank Vignola, Appel Direct, Concord Jazz 4576
CD 1994. Lionel Hampton, For the Love of Music, MoJazz 314 530 554-2
CD 1994. Sonny Stitt, Loose Walk, Philology 43
CD 1995. Al Grey feat. Harry Sweets Edison & Junior Mance, Centerpiece: Live at the Blue Note, Telarc 83379
CD 1995. Original Soundtrack, Bridges of Madison County, Malpaso 45949
CD 1995. Takashi Ohi, Time Stream, Denon 78898
CD 1996. Jay Leonhart, Great Duets, Chiaroscuro 353
CD 1997. Jimmy Witherspoon, With the Junior Mance Trio, Stony Plain 1231
CD 1997. Harry Sweets Edison, Live at the Iridium, Telarc 83425
CD 1997. Bernard Pretty Purdie, Soul to Jazz II, ACT 9253-2
CD 1999. Yoshiyuki Yamanaka, Great Times, Origin 82375
CD 2000. Red Holloway, Standing Room Only, Chiaroscuro 361
CD 2000. Clark Terry, One on One, Chesky JD198
CD 2001. Jimmy Scott, Source, Wea 35262
CD 2004. Barbara Morrison, Live at the Dakota, Dakota 2
CD 2007. Jose James, The Dreamer, Brownswood Prod 026
CD 2008. Kengo Nakamura, 55 Records 5528

*

VIDEOGRAPHIE
par Hélène Sportis

2002, Junior Mance interprète «Georgia on My Mind», Stuttgart © YouTube
2002, Junior Mance interprète «Georgia on My Mind», Stuttgart © YouTube



1947. Junior Mance, Gene Ammons (ts), Leo Parker (bs), Eugene Wright (b), Ellis Bartee (dm), «Concentration», «Jack's Town», «Blowin' Red's Top», (label Aladdin), Toogood Studios, Chicago, IL, 23 septembre

1947. Junior Mance, Gene Ammons (ts), Leo Parker (bs), Eugene Wright (b), Charles Williams (dm), «Red Top», Club El Sino, Detroit, MI, octobre

1947. Junior Mance, Leo Parker (bs) All Stars, Gene Ammons (ts), Howard McGhee (tp), Eugene Wright (b), Charles Williams (dm), «El Sino», «Ineta», «Wild Leo», «Leaping Leo», Club El Sino, Detroit, MI, (label Savoy), 4 octobre

1947. Junior (Julian) Mance, Gene Ammons (ts) Sextet, Gail Brockman (tp), Ernest McDonald/John «Flaps» Dungee (as,bs), Eugene Wright (b), Ellis Bartee (dm), Earl Coleman (voc), George Stone/A.K. Salim (arr), «McDougal's Sprout», «Hold That Money»,  «Shermanski», «Odd-En-Dow», «Harold the Fox», «Jeet Jet», «Going For The Okey Doak», «E.A.A.K. Blues», «Blowing The Family Jewels», «Sugar-Coated», «Dues in Blues», «Jay Jay», (label Mercury/EmArcy), Chicago, IL, 23 octobre, 1er et 10 décembre

1949. Junior Mance, Gene Ammons (ts) and his Orchestra, Jesse Miller (tp), Ernest McDonald (as), Leo Blevins (g), Leroy Jackson (b), Wes Landers (dm), Marcel Daniels (voc), «Little Irv», «Daddy Sauce's Airlines», «Abdullah's Fiesta» (label Mercury), New York, NY, 5 février

1949. Junior Mance, Lester Young (ts), Jesse Drakes (tp), Jerry Elliott (tb), Leroy Jackson (b), Roy Haynes (dm), «Crazy Over Jazz-Take3», «Ding Dong», album Blue Lester, Combo Takes (label Savoy), 

1950. Junior Mance, Sonny Stitt (ts), Gene Ammons (bs),  Billy Massey (tp), Matthew Gee (tb), Eugene Wright (b), Wes Landers (dm), Larry Townsend (voc), «To Think You've Chosen Me», «After You've Gone», «Our Very Own», «’s Wonderful», album Stitt’s Bits, (label Prestige), New York, NY, 8 octobre

1950. Junior Mance, Gene Ammons/Sonny Stitt (ts), Eugene Wright (b), Wes Landers (dm), «Stringin' The Jug, Part 1 et 2», «When I Dream Of You» (quartet sans Sonny Stitt), «A Lover Is Blue» (quartet sans Sonny Stitt), album Battle of the Saxes, (label Prestige), New York, NY, 28 octobre

1951. Junior Mance, Gene Ammons (ts,voc), Sonny Stitt (bs), Billy Massey (tp), Matthew Gee (tb), Eugene Wright (b), Teddy Stewart (dm), «Around About One A.M.», «Jug» , «Wow!», «Blue And Sentimental», album  Gene Ammons And His Band, (label Prestige), 754, 10th Avenue, New York, NY, 16 janvier

1951. Junior Mance, Sonny Stitt (ts), Gene Ammons (ts), Bill Massey (tp), Wade Marcus (tb), Eugene Wright ou Gene Ramey (b), Teddy Stewart (dm), «More Moon», «Blues Up And Down», «Ain't Misbehavin’», «After You've Gone», album The Vibes Are On, (label Chazzer), live enregistré/diffusé (Symphony Sid Torin, radio WJZ) du Birdland, New York, NY, 10 mars

1953. Junior Mance, Sonny Stitt (ts), Eugene Wright (b), Art Blakey (dm), «Nevertheless», «Jeepers Creepers», album Sonny Stitt Quartet (label Prestige), New York

1954. Junior Mance, Dinah Washington, Clark Terry (tp), Gus Chappel (tb), Rick Henderson (as), Eddie "Lockjaw" Davis (ts), Keter Betts (b), Ed Thigpen (dm), Candido Camero (bgo), «Blue Skies», «Bye Bye Blues», «A Foggy Day», «I Let A Song Go Out Of My Heart», album After Hours With Miss D, (label EmArcy), New York City, 15 juin

1954. Junior Mance, Clifford Brown/Maynard Ferguson/Clark Terry (tp), Harold Land (ts), Herb Geller (as), Richie Powell (p), Keter Netts/George Morrow (b), Max Roach (dm), «What Is This Thing Called Love »,  album Jam Session, (label EmArcy), Hollywood, CA, 14 octobre

1956. Junior Mance, Julian «Cannonball» Adderley (s), Ernie Royal (tp), Nat Adderley (crt), Jimmy Cleveland/Bobby Byrne (tb), Jerome Richardson (ts,fl), Danny Bank (bs), Keeter Betts (b), Charlie «Specs» Wright (dm), Ernie Wilkins (arr,lead), album-titre Blues for Bohemia (label EmArcy-Mercury), 8 et 18 juin

1957. Junior Mance, Wilbur Ware (b) Quintet, Johnny Griffin (ts), John Jenkins (as), Wilbur Campbell/Frankie Dunlop (dm), album The Chicago Sound (label Riverside), Reeves Sound Studios, New York, NY, 16 octobre et 18 novembre

1959. Junior Mance (p,voc!), Dizzy Gillespie, Louis Armstrong, Les Spann (g), Sam Jones (b), Lex Humphries (dm), «Umbrella Man», «St Louis Blues», Timex All Star Jazz Show, CBS TV, 7 janvier

1959. Documentaire Dizzy Gillespie NRK 1990, minute 39’28’’
1959, Documentaire sur Dizzy-Gillespie, en quintet avec Junior Mance © YouTube
1959, Documentaire sur Dizzy-Gillespie, en quintet avec Junior Mance © YouTube

1959. Junior Mance (1er disque en leader), Ray Brown (b), Lex Humphries (dm), «Blues for Beverlee», «Jubilation», 2 compositions de Junior Mance, album Junior Mance and his Swinging Piano-Junior, (label Verve), New York, 9 avril

1960. Junior Mance, Dizzy Gillespie, Leo Wright (as,fl), Art Davis (b), Teddy Stewart (dm), «Tour de force», «I Found a Million Dollar Baby», «Willow Weep For Me», «Lorraine», «Ooh-Shoo-Bee-Doo-Be», «Wheatleigh Hall», «I can't get started», Rome, RAITRE

1963. Junior Mance, Irene Kral (voc,lead), Bob Cranshaw (b), Mickey Roker (dm), album-titre Better Than Anything (label Äva Records), World Pacific Studios, Hollywood, CA, 17 et 18 juin
pour le film de Clint Eastwood The Bridges of Madison County (1995)

1965-1966. Junior Mance, musique de Benny Carter pour le film A Man Called Adam, de Leo Penn avec entre autres Louis Armstrong, Sammy Davis Jr., Ossie Davis, Cicely Tyson, New York, NY, novembre-janvier

1968. Junior Mance, David "Fathead" Newman (ts,fl), Wilbur Little (b), Rudy Collins (dm), «Before This Time Another Year», «I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free», «That's All», «Turning Point», album Live at the Top of the Gate (Atlantic 1969), Village Gate, New York

1970. Junior Mance Trio, Martin Rivera (b), Oliver Jackson (dm), «Cubano Chant», album Live in Montreux 1970, Casino, 17 juin

1970. Junior Mance, Dexter Gordon, Martin Rivera (b), Oliver Jackson (dm), en concert, «Body and Soul», «Blue Monk», Montreux, 18 juin

1985. Junior Mance, Howard Johnson/Nick Brignola/Cecil Payne/Ronnie Cuber (bs), Rufus Reid (b), Walter Bolden (dm), Ray Barretto (cga), Berlin, 1er novembre
https://www.youtube.com/watch?v=9Jn8AqJMOr0

1993, Junior Mance-Ray Bryant Duo, Tokyo, «ßlue Monk» © YouTube
1993, Junior Mance-Ray Bryant Duo, Tokyo, «Blue Monk» © YouTube

1993. Junior Mance et Ray Bryant, Bob Cranshaw (b), Alan Dawson (dm), «Slow Freight», «Blue Monk» à quatre mains, 100 Gold Fingers’93, Yubin Chokin Hall, Tokyo, 5 juin
https://www.youtube.com/watch?v=04ZGDo7Em4E

1993. Junior Mance/Ray Bryant Duo, Tokyo, «Solo Freight» © YouTube
1993. Junior Mance-Ray Bryant Duo, Tokyo, «Solo Freight»

1995-1999. Junior Mance, interview de Monk Rowe et Michael Woods, Fillius Jazz Archive at Hamilton College, Clinton, NY, 27 juillet 1995 (1ère partie), 18 janvier 1999 (2ème partie)

2001. Junior Mance et Ray Bryant, «Slow Freight», bœuf en club, Tokyo, juin (dernier 100 Golden Fingers ensemble)


2001. Junior Mance et Ray Bryant, bœuf en club, Tokyo
2001. Junior Mance et Ray Bryant, bœuf en club, Tokyo

2002. Junior Mance, piano solo, «Georgia on My Mind», Jazz Open, Stuttgart, Allemagne

2007. Junior Mance au Café Loup, paroles, photos et musique, Greenwich Village, New York, NY, ©Act II Productions

2007. Junior Mance, Richard Davis (b), «Single Petal of a Rose», «Blue Monk», album Blue Monk, label King Records, Tokyo, 2 novembre

2010. Junior Mance, Raphael Dever (b), Mourad Benhammou (dm), «Whisper Not», Duc des Lombards, Paris, ©Tristan Mazire, 15 janvier (2009 indiqué par erreur au générique)

2011. Junior Mance, documentaire interviews et musique, Gloria Clayborne Mance (manager et épouse de Junior Mance), Ryan Anselmi/Andrew Hadrow (s), Kim Garey (dm), Hide Tanaka (b) , Blue Room, Kansas City, 5 février, ©Anselmi Productions

2011. Junior Mance, Hide Tanaka (b), Kim Garey (dm), «I Wish I Knew How It Would Feel to be Free», Kitano Hotel, New York City, août

2012. Junior Mance, Michi Fuji (vln, ancienne élève), The New School Jazz 25th Anniversary Concert at Tishman Auditorium, New York-Greenwich Village, NY
NB: 1988-2011: Junior Mance a enseigné pendant 23 ans à la New School for Jazz and Contemporary Music
https://www.youtube.com/watch?v=FXPFJx-EaC4

2017. Junior Mance évoque Dinah Washington © YouTube/Artists of Jazz
2017. Junior Mance évoque Dinah Washington © YouTube/Artists of Jazz

2017. Junior Mance évoque Dinah Washington, ©Artists of Jazz


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ALVIN QUEEN (dm)
A Few Memories of Junior Mance


1982. Alvin Queen, Junior Mance et Martin Rivera, Glidin' and Stridin', NilvaWhen I grew up in NYC during the early 60's I had the opportunity to hear Junior Mance live and at the Apollo Theater in Harlem.  I used to listen to the Symphony Sid Jazz radio program which aired every night for true jazz listeners.  Junior performed with many of the great jazz players and his work has been documented with such great artists as: Dinah Washington, Dizzy Gillespie, and Cannonball Adderley.
Unfortunately, I never had the opportunity to meet Junior in person before the early 80's. Junior came to the Bern Jazz Festival in Switzerland with Ed Thigpen on Drums, and Martin Rivera on Bass.  I can remember Martin always liked to control and play much freer which was inconsistent with keeping time for Junior.  I received a call from the Jazz Promotor the following year to ask if I could fix and fit-in with what Junior and Martin were doing.
After my arrival, I fit-in perfectly with the Junior Mance Trio, and this was the time when things started happening.  I believe this was the year of 1981; Junior and I became the best of friends during this period of time.  We travelled throughout Europe playing many concerts in Spain, Belgium, Holland, and France.  Junior shared many stories with me about performing with Dizzy Gillespie and Dinah Washington.  He also mentioned that he was in the American Military with Nat, and Cannonball Adderley.
I learned a great deal from Junior because many pianists didn't play the blues so slow and tell a story at the same time while they performed.  There were only a few piano players that I can recall such as:  Les McCann, Ray Charles, Ray Bryant, Jimmy Witherspoon, and Shirley Horn who could play at such slow tempos during this period of time.  
I had just started my own Record Company, Nilva Records, and I only had two products on my label at the time, Alvin Queen in Europe (Nilva 3401) and Ashanti (Nilva 3402).  I personally asked and invited Junior and Martin to join me on my next recording which was, Alvin Queen, Gridin and Stridin (Nilva 3403) which was released in 1982.
This recording became very successful for us, and I was asked to bring this special trio to Japan in 1983.  We had the opportunity to tour the entire Country for over three weeks, and were asked to repeat this tour in 1984 for another three weeks.  In the meantime I decided to do another recording with Junior Mance and Martin Rivera this time only a duo entitled, The Tender Touch (Nilva 3405) which was released in 1983.  Junior will definitely be missed by all generations that he shared his life and music with.  Particularly how a blues is supposed to be played.  He had a very special style, and I was very honored to accompany him for many years; yes, he will be sorely missed, but the legacy of his music will remain.
When I would visit NYC, I would go down to the upstairs bar of the Village Gate where Junior and Martin sometimes played for well over three months without any time off.  Many of the greats visited them from time to time to have a drink,  Ron Carter, Clark Terry, Bill Cosby, just to name a few.
Fond Memories of  Junior will most definitely live on, and I hope to meet-up again with him in the Lord's Kingdom.  Many Thanks again Junior and Marty for sharing your music with me.

1983. The Tender Touch of Junior Mance and Martin Rivera, NilvaQuand j'ai grandi à New York au début des années 1960, j'ai eu l'occasion d'entendre Junior Mance en live à l’Apollo Theater de Harlem. J'écoutais le programme radio de jazz de Symphony Sid qui était diffusé tous les soirs pour les vrais auditeurs de jazz. Junior a joué avec de nombreux grands musiciens de jazz, et son travail a été documenté avec des artistes aussi importants que Dinah Washington, Dizzy Gillespie et Cannonball Adderley.
Malheureusement, je n'ai jamais eu la chance de rencontrer Junior en personne avant le début des années 1980. Junior est venu au Bern Jazz Festival en Suisse avec Ed Thigpen à la batterie et Martin Rivera à la basse. Je me souviens qu’Ed Thigpen tendait toujours vers un jeu beaucoup plus libre qui ne collait pas bien avec la mise en place de Junior. J'ai reçu un appel de son manager l'année suivante pour me demander si je pouvais revenir au swing et m'intégrer dans la musique de Junior et Martin.
A mon arrivée, je me suis parfaitement intégré au trio de Junior Mance, et c'est à ce moment-là que les choses ont commencé. Je crois que c'était en 1981; Junior et moi sommes devenus les meilleurs amis pendant cette période. Nous avons voyagé à travers l'Europe pour de nombreux concerts en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en France. Junior a partagé avec moi de nombreuses histoires sur Dizzy Gillespie et Dinah Washington. Il m’a également raconté qu'il avait été dans l'armée américaine avec Nat et Cannonball Adderley.
J'ai beaucoup appris de Junior car de nombreux pianistes ne jouaient pas le blues aussi lentement et ne racontaient pas une histoire lorsqu’ils jouaient. Seuls quelques pianistes dont je me souviens comme Les McCann, Ray Charles, Ray Bryant, Jimmy Witherspoon et Shirley Horn pouvaient jouer sur des tempos aussi lents à cette époque.
Je venais de créer ma propre maison de disques, Nilva Records, et je n'avais alors que deux enregistrements sur mon label, Alvin Queen in Europ (Nilva 3401) et Ashanti (Nilva 3402). J'ai personnellement demandé et invité Junior et Martin à jouer sur l’enregistrement suivant, Alvin Queen, Gridin' and Stridin' (Nilva 3403), sorti en 1982.
Cet enregistrement nous a apporté beaucoup de succès, et on m'a invité au Japon avec ce trio spécial en 1983. Nous avons eu l'opportunité de tourner dans tout le pays pendant plus de trois semaines, et on nous a demandé de réitérer cette tournée en 1984 pendant encore trois semaines. Dans l’intervalle, j'ai décidé de faire un autre enregistrement avec Junior Mance et Martin Rivera, cette fois seulement en duo, intitulé The Tender Touch (Nilva 3405) qui est sorti en 1983. 
Junior manquera certainement à toutes les générations avec lesquelles il a partagé sa vie et sa musique. Surtout comment un blues doit être joué. Il avait un style très particulier, et j'ai été très honoré de l'accompagner pendant de nombreuses années; oui, il nous manquera cruellement, mais l'héritage de sa musique restera.
Quand j’allais à New York, je descendais au bar du Village Gate où Junior et Martin jouaient parfois bien plus de trois mois sans relâche. Beaucoup de Grands allaient les voir jouer de temps en temps pour prendre un verre: Ron Carter, Clark Terry, Bill Cosby, pour n'en nommer que quelques-uns.
Les bons souvenirs de Junior continueront certainement à vivre, et j'espère le retrouver au Royaume du Seigneur. Merci encore Junior et Marty d'avoir partagé votre musique avec moi.

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