Err

bandeau-anniv-2020.jpg
Actualités
Rechercher   << Retour

Steve Grossman

13 août 2020
18 janvier 1951, New York, NY - 13 août 2020, Glen Clove, NY
© Jazz Hot 2020

Steve Grossman, Laigueglia PercFest, Italie, 2007 © Umberto Germinale-Phocus
Steve Grossman, Laigueglia PercFest, Italie, 2007 © Umberto Germinale-Phocus



Steve GROSSMAN

Jazz Dreamer



Révélé au public pour sa collaboration, à l’âge de 18 ans, avec Miles Davis, puis avec Elvin Jones, Steve Grossman était une référence du saxophone ténor: un son rond et puissant, un swing et un lyrisme qui transparaissait quel que soit le contexte stylistique, une personnalité musicale qui faisait l’admiration de toute la communauté jazz. Sa carrière chaotique, entravée par des problèmes de santé dus en particulier à une addiction à l'héroïne, ne lui a pas permis, malgré l'estime de ses pairs, d’accéder à une large reconnaissance, en particulier dans son pays natal, ayant passé trente ans de sa vie en Europe. Steve Grossman, après une première époque fusion, faisait vivre la tradition bebop avec une rare intensité, signant quelques magnifiques albums en compagnie –entre autres– de Cedar Walton, Barry Harris, McCoy Tyner ou encore Johnny Griffin. 
Affaibli ces dernières années, il est mort le 13 août d’un arrêt cardiaque, à l’âge de 69 ans.  

 


 

Né à Brooklyn, le 18 janvier 1961, Steve Grossman a grandit à Plainview, NY, sur Long Island, et à Pittsburgh, PA, où sa famille s’est établie durant quelques années. Celle-ci a constitué un creuset déterminant pour le jeune Steve, entouré d’une mère, Rosalind, pianiste amateur et passionnée de jazz, d’un père, Irving, cadre dans la maison de disque RCA, et d’un frère, de cinq ans son aîné, Hal, trompettiste (décédé en 2006). Son apprentissage débute à l’âge de 8 ans. Il veut se consacrer à la batterie, mais la classe de musique de son école élémentaire n’ayant plus de baguettes disponibles, Steve se rabat, suivant la suggestion de sa mère, sur le saxophone. Cette attirance première pour la batterie contribuera à marquer le style du futur saxophoniste d’Elvin Jones: «Je joue de la batterie avec un saxophone, voyez-vous. Je suis un saxophoniste pour batteurs, un batteur frustré!» confiait-il à Jazz Hot en 19851. Il débute à l’alto et se jette à corps perdu dans la musique de Charlie Parker. Bird and Diz (1949-50, Verve) est le premier disque qu’il achète. L’oiseau lui paraissant hors de portée, il prend pour modèle Jackie McLean mais écoute aussi beaucoup Sonny Stitt et Cannonball Adderley. D’ailleurs, le quintet qu’il monte avec son frère à l’âge de 13 ans («The Uniques»), prend exemple sur celui des frères Nat et Cannonball. Et c’est avec cette formation, qu’un an plus tard, à la suite d’un concours, il joue en première partie du Duke Ellington Orchestra au festival de Pittsburgh. Le Duke fut d’ailleurs impressionné par la performance du garçon qui en garda toute sa vie une grande fierté.

 

Steve Grossman, Finalborgo, Italie, 2008 © Umberto Germinale-Phocus
Steve Grossman, Finalborgo, Italie, 2008 © Umberto Germinale-Phocus


Dès l’âge de 16 ans, Steve Grossman débute une carrière professionnelle. Il effectue son premier engagement aux côtés d’Elvin Jones (rien de moins!) –son idole, qu’il connaît depuis ses 14 ans–, Billy Green (p) et Wilbur Ware (b), pour une semaine au Pookie Club en juillet 1967. A la même époque, il commence à jouer avec un batteur de Long Island, Jimmy Sutherland qui le fait évoluer vers l’esthétique coltranienne: «Il a exercé une très forte influence sur moi. Je jouais avec lui depuis l’âge de 16 ans et ce fut l’un des premiers batteurs à comprendre dans les années soixante ce qu’Elvin faisait, au moment où il le faisait. Ensemble, nous jouions des morceaux de Coltrane et c’est ainsi que j’ai été sensibilisé à ce que faisait Coltrane. Avant, je jouais de l’alto et j’écoutais Jackie McLean. Je me suis mis au soprano, puis au ténor.»1. Désormais dans les pas de Coltrane –qui vient de disparaître–, Steve Grossman s’inscrit parallèlement à la Juilliard School (1967-1969) tout en fréquentant les lofts du Lower Manhattan en compagnie de ses amis Dave Liebman (s) et  Gene Perla (b). Il multiplie aussi les expériences en club, croisant la route de Woody Shaw, Kenny Dorham, Charles Tolliver, Kenny Barron ou encore Philly Joe Jones. En outre, il rejoint à 17 ans le groupe fondé par George Cables (Jazz Hot n°680), The Jazz Samaritans, qui a vu se succéder plusieurs contrebassistes et batteurs, dont Lenny White.

 

1969-72. Miles Davis, Big Fun


C’est par l’entremise de ce dernier que se produit la rencontre qui va propulser Steve Grossman au plus haut niveau: «J’avais beaucoup joué dans les lofts avec Lenny White, l’un des batteurs de Bitches Brew et il m’a présenté à Miles dans un club2. Plus tard, Liebman et moi, nous jouions dans un club, un après-midi, et Miles est venu. A la pause, il m’a pris à part, et m’a fait sortir pour me montrer sa voiture avec les six impacts de balles de révolver dans la carrosserie. Il m’a dit: "Surveille mon sac !...". C’était sa façon de me dire que j’étais accepté. Il m’a appelé une semaine après pour un enregistrement.»1 Entre novembre 1969 et août 1970, Steve Grossman au soprano remplace ainsi Wayne Shorter, occupé à former Weather Report avec Joe Zawinul et Miroslav Vitous. Steve enchaîne les séances en studio, cumulant des heures d’enregistrement, parfois en l’absence du leader, qui se retrouvent sur six albums3. Il participe également à la tournée qui accompagne la sortie de Bitches Brew enregistré en août 1969. La relation avec le trompettiste est houleuse, bien que celui-ci soit d’une grande bienveillance à l’égard du jeune prodige pas complètement à l’aise avec le concept mis en place par un Miles Davis en pleine expérimentation électrique. Cette phase terminée, Steve Grossman ne le retrouvera qu’en juillet 1991 pour un grand concert «Miles and Friends», à Paris, à la Grande Halle de La Villette4.

 

Steve Grossman, église anglicane d'Alassio, Italie, 2012 © Umberto Germinale-Phocus

Steve Grossman, église anglicane d'Alassio, Italie, 2012

© Umberto Germinale-Phocus



Après une période intermédiaire de six mois durant laquelle il reprend, avec un peu d’amertume, une vie de musicien de club. Gene Perla –qui est alors le bassiste d’Elvin Jones– fait rentrer dans le groupe ses copains Steve Grossman et Dave Liebman. Si pendant la période Miles, Steve Grossman joue du soprano, la période Elvin va révéler Steve Grossman au ténor. Il est particulièrement heureux aux côtés du batteur qu’il vénère. Durant cette collaboration (1971-1976) –qui donne lieu à sept albums, dont le Live at the Lighthouse (Blue Note, 1973)–, Steve Grossman s’élance en leader en 1973 avec un premier album sous son nom marqué par la fusion davisienne: Some Shapes to Come (PM Records5), entouré de son complice Gene Perla, de Jan Hammer (p, synth) et de Don Alias, l’un des batteurs de Bitches Brew. Cette formation sert de matrice au groupe qu’il forme ensuite avec le bassiste et le batteur, Stone Alliance, qui produit trois albums dont un avec le trompettiste brésilien Márcio Montarroyos (Márcio Montarroyos & Stone Alliance, 1977, PM Records), fruit d’un séjour au Brésil de quatorze mois entre 1976 et 1977. Le ténor enchaîne avec un autre séjour, à Paris, au cours duquel il enregistre, en novembre 1977, Born at the Same Time avec Michel Graillier (p), Patrice Caratini (b) et Daniel Humair (dm). En janvier 1978, il enregistre New Moon avec Jean-François Jenny-Clarke, qui prélude à une période de grandes difficultés: «Au bout de cinq mois, je suis rentré à New York et j’ai décroché un contrat avec Atlantic pour faire deux disques de fusion. Il était stipulé dans mon contrat que je n’avais pas le droit de jouer en 4/4! Une fois le premier disque fait, Atlantic m’a payé pour ne pas faire le second! Après ça, je n’ai plus beaucoup joué. Je n’ai plus travaillé de façon régulière jusqu’à fin 1983. Je prenais de l’héroïne depuis la fin des années soixante-dix, vous voyez.»1

 

1991. Steve Grossman, Do It


De fait, après l’album Perspective gravé pour Atlantic en 1978, Steve Grossman n’enregistre plus en leader avant 1984. Il se produit épisodiquement dans les clubs new-yorkais, vit surtout grâce aux leçons particulières et au soutien paternel. Il trouve cependant un débouché non négligeable au Japon depuis ses premières collaborations avec le trompettiste Terumasa Hino. Puis, à la suite d’une tournée européenne avec le Gil Evans Orchestra, en 1981, il s’installe à Amsterdam. Hormis des déplacements en Amérique du Sud et au Japon, il ne quitte plus guère le continent européen, résidant le plus souvent à Bologne, après être passé par Milan et Rome. Le saxophoniste séjourne aussi à Paris –il y est installé quand paraît son interview dans Jazz Hot de juin 1985. Il passe cependant régulièrement encore par New York pour jouer et enregistrer.
Ayant pris le dessus sur son addiction, il opère en effet un retour dans un registre bebop dans l’esprit rollinsien, via une série de superbes albums: Hold the Line (Sound Design, 1984),  Way Out East Vol. 1 & 2 (Red Records, 1984), Love Is the Thing (Red Records, 1985) avec Cedar Walton (p) ou encore Steve Grossman Volume 1 & 2 (1985) et Katonah (1986) pour le label japonais DIW. Il s’était expliqué dans Jazz Hot de ce lien avec la tradition à une époque ou une partie des musiciens et de la critique (en particulier dans la France de Jack Lang) fantasmaient sur le «l'obsolescence du jazz dépassée par la musique improvisée»: «Je n’essaie pas d’être un pionnier. Je sors du bebop, même si mon premier gig a été avec Miles. (…) Le bebop est une musique très complexe. Qu’y a-t-il de nouveau de toutes façons?»1 Sous contrat avec la maison Dreyfus à partir de 1991, Steve Grossman livre une très belle série de disques, dialoguant avec les plus grands: Art Taylor (dm) sur Bouncing with Mr. A.T. (1989, sorti en 1996), Art Taylor encore ainsi que Barry Harris (p) et Reggie Johnson (b) sur Do It (1991), McCoy Tyner (p) sur In New York (1991), Harold Land (ts) sur I’m Confessin’ (1992, sorti en 2007), Elvin Jones sur Time to Smile (1993), Steve Grossman Quartet with Michel Petrucciani (1993, sorti en 1998), Johnny Griffin & Steve Grossman Quintet (2000). A
u XXIe siècle, Steve Grossman n’a enregistré que rarement.

 

Steve Grossman et Steve Kuhn, Monte-Carlo Jazz Festival, 2009 © Umberto Germinale-Phocus
Steve Grossman et Steve Kuhn, Monte-Carlo Jazz Festival, 2009 © Umberto Germinale-Phocus


En 2009, il retourne aux Etats-Unis –où il ne s’était plus rendu depuis 1994–, mais ne s’y réinstalle définitivement qu’au milieu de la décennie 2010. Il doit alors faire face à plusieurs problèmes de santé dont les séquelles d’un accident de voiture. C’est encore diminué par celui-ci qu’il avait donné un ultime concert à Parisau Sunside, en mai 2015 .


Jérôme Partage
Photos Umberto Germinale-Phocus

1. Jazz Hot n°422 juin 1985.

2. La rencontre avec Miles Davis a eu lieu au Village Gate.

3. Les disques du Miles Davis sont à cette période fréquemment le résultat de collages de différentes séances avec différents groupes. C’est le cas de Big Fun, dont l’enregistrement s’étale entre novembre 1969 et juin 1972 (Steve Grossman participe aux séances du 19 et du 28 novembre 1969 et du 3 mars 1970). Le double LP ne sera commercialisé qu’en 1974.

4. Miles avait cependant repris contact avec Steve Grossman en 1972 pour lui proposer d’enregistrer avec lui On the Corner. Le saxophoniste, épuisé par ses tournées avec Elvin Jones, déclina et fut remplacé par Dave Liebman. 

5. PM Records a été créé en 1972 par Gene Perla alors que Dave Liebman cherchait vainement un label pour produire son album Open Sky.



STEVE GROSSMAN & JAZZ HOT: N°422-Juin 1985


DISCOGRAPHIE

Leader/coleader

LP  1973. Steve Grossman Quartet, Some Shapes to Come, PM Records 002 (=CD The Bible, Jazz Maniacs 804865145)

LP  1974. Steve Grossman Quintet, Jazz a Confronto 23, Horo 101-23

LP  1975-76. Steve Grossman, Terra Firma, PM Records 012 (=CD Solid 46301)

LP  1975-76. Stone Alliance: Steve Grossman/Gene Perla/Don Alias, PM Records 013 (=CD Another Side 1020)

LP  1976. Stone Alliance: Steve Grossman/Gene Perla/Don Alias, Con Amigos, PM Records 015 (=CD Another Side1025)

LP  1977. Márcio Montarroyos & Stone Alliance, PM Records 014 (=CD Jazz Maniacs 804865146)

LP  1977. Steve Grossman, Born at the Same Time, OWL 010 (=CD OWL 010-2)

LP  1978. Steve Grossman/Jean-François Jenny-Clarke, New Moon, Musica 3027

LP  1978. Steve Grossman, Perspective, Atlantic 19230 (=CD Wounded Bird 9230)

LP  1984. Steve Grossman Quartet, Hold the Line, Sound Design 1342-50

LP  1984. Steve Grossman, Way Out East Vol. 1, Red Records 176 (=CD Red Records 123176-2)

LP  1984. Steve Grossman, Way Out East Vol. 2, Red Records 183 (=CD Red Records 123183-2)

LP  1985. Steve Grossman with Cedar Walton, Love Is the Thing, Red Records 189 (=CD Red Records 123189-2)

LP  1985. Steve Grossman, Volume 1, DIW 8007

LP  1985. Steve Grossman, Volume 2, DIW 8008

LP  1986. Steve Grossman, Katonah, DIW 8010 (=CD 811)

LP  1986. Ray Mantilla Space Station featuring Steve Grossman, Synergy, Red Record 198 (=CD Red Records 123198-2)

CD 1987. Steve Grossman, Live at the Someday Volume 1, Someday 1002

CD 1989. Steve Grossman, Bouncing with Mr. A.T., Dreyfus 36579-2 (avec Art Taylor)

CD 1990. Steve Grossman, Moon Train, Phrases 74868

CD 1990. Steve Grossman/Alby Cullaz/Simon Goubert, Reflections, Musidisc 500212

CD 1990. Steve Grossman, Live at Café Praga, Timeless 314

CD 1990. Steve Grossman, My Second Prime, Red Records 123246-2

CD 1990. The Jazz Tribe: Bobby Watson/Steve Grossman/Jack Walrath/Walter Bishop Jr./Charles Fambrough/Joe Chambers/Ray Mantilla, Red Records 123254‑2

CD 1991. Steve Grossman, Do It, Dreyfus 191032-2

CD 1991. Steve Grossman, In New York, Dreyfus 191087-2 (avec McCoy Tyner)

CD 1992. Steve Grossman featuring Harold Land, I’m Confessin’, Dreyfus 36902-2

CD 1993. Steve Grossman, Time to Smile, Dreyfus 36566-2 (avec Elvin Jones)

CD 1993. Steve Grossman/Cedar Walton Trio, A Small Hotel, Dreyfus 36561-2

CD 1993. Steve Grossman Quartet with Michel Petrucciani, Dreyfus 36602-2

CD 2000. Johnny Griffin & Steve Grossman Quintet, Dreyfus 36615-2

CD 2009. Damon Brown Quartet with Steve Grossman, This Time the Dream's On Me, Nomad Jazz 001

CD 2010. Antonio Ciacca Quintet with Steve Grossman, Lagos Blues, Motéma 32

CD 2013. Martin Sasse Trio & Steve Grossman, Take the "D" Train, Nagel Heyer 2103


1973. Steve Grossman Quartet, Some Shapes to Come1974. Steve Grossman Quintet, Jazz a Confronto 231975-76. Steve Grossman, Terra Firma1975-76. Stone Alliance
1977. Márcio Montarroyos & Stone Alliance,1977. Steve Grossman, Born at the Same Time1978. Steve Grossman/Jean-François Jenny-Clarke, New Moon1978. Steve Grossman, Perspective
1984. Steve Grossman Quartet, Hold the Line1984. Steve Grossman, Way Out East Vol. 21985. Steve Grossman with Cedar Walton, Love Is the Thing1987. Steve Grossman, Live at the Someday Volume 1
1991. Steve Grossman, In New York1992. Steve Grossman featuring Harold Land, I’m Confessin’1993. Steve Grossman/Cedar Walton Trio, A Small Hotel1993. Steve Grossman Quartet with Michel Petrucciani
2000. Johnny Griffin & Steve Grossman Quintet2009. Damon Brown Quartet with Steve Grossman, This Time The Dream's On Me, 2010. Antonio Ciacca Quintet with Steve Grossman, Lagos Blues2013. Martin Sasse Trio & Steve Grossman, Take the "D" Train

Sideman

LP  1968. Weldon Irvine, Weldon and the Kats, Luv'n'Haight 007 (=CD Shout 258)

CD 1969-72. Miles Davis, Big Fun, Columbia/Legacy 63973
LP  1970. Miles Davis, Live-Evil, Columbia G 30954 (=CD Columbia 65135)

LP  1970. Miles Davis, Live at the Fillmore East (March 7, 1970): It's About That Time, Columbia G 30038 (=CD Columbia 8718627225172)

LP  1970. Miles Davis, A Tribute to Jack Johnson, Columbia 30455 (=CD Columbia 93599)

LP  1970. Miles Davis, Black Beauty: Miles Davis at Filmore West, CBS/Sony SOPJ39 (=CD Columbia C2K 65138)

LP  1970. Miles Davis, Get Up With It, Columbia 33236 (=CD Columbia 63970)

LP  1970. Terumasa Hino, Journey to Hair, Canyon 1001 (=CD Octave Lab 2383)

LP  1970. Terumasa Hino, Alone Together, Columbia 10027 (=CD Columbia 80432)

LP  1971. Elvin Jones, Merry to Round, Blue Note 84414

LP  1972. Elvin Jones, Mr. Jones, Blue Note LA110‑F (=CD Blue Note 7 84447-2/84448-2)

LP  1972. Elvin Jones, Live at the Lighthouse, Blue Note LA015‑G (=CD Blue Note 7 84447-2/84448-2)

LP  1972-74. Dizzy Reece, Possession, Exorcism, Peace, Honey Drew 6619

LP  1973. Elvin Jones, The Prime Element, Blue Note LA506‑H2 (=CD Blue Note 7 493385-2)

LP  1973. Teruro Nakamura, Unicorn, Three Blind Mice 18

LP  1973. Teruro Nakamura Group, Rising Sun, Kitty 1004

LP  1974. Elvin Jones Quintet, Mr. Thunder, East West 7501

LP  1975. Elvin Jones, New Agenda, Vanguard 79362 (=CD Vanguard 79362)

LP  1975. Fred Tompkins, Somesville, Festival 9002

LP  1976. Elvin Jones, The Main Force, Vanguard 79372 (=CD Vanguard 79372)

LP  1976. Masabumi Kikuchi, Wishes/Kochi, East Wind 8043 (=CD East Wind 9046)

LP  1978. George Ohtsuka, Maracaibo Cornpone, Trio Records PAP-9122 (=CD Absord Music Japan ‎507)

LP  1979. Teruro Nakamura Rising Sun Band, Big Apple, Agharta 0027

LP  1979. Teruro Nakamura Rising Sun Band, At Carnegie Hall, Agharta 0026

LP  1980. Teruro Nakamura Rising Sun Band, Route 80, Agharta 0064

LP  1980. Masabumi Kikuchi, Susto, Columbia FC 37372 (=CD Sony 169)

LP  1980. Dan Wall, Song for the Night, Landslide 1002

LP  1981. Terumasa Hino, Double Rainbow, Columbia 37420

LP  1981. The Gil Evans Orchestra, Lunar Eclipse, New Tone 6711

LP  1983. University of North Texas Jazz Singers, Icarus, Mark 57608

CD 1987. Nicole Croisille, Jazzille, Cy Records 733620

CD 1989. Riccardo Fassi Tankio Band featuring Steve Grossman, Il Principe, Splasc(h) ‎180.2

CD 1990. René Urtreger, Serena, Carlyne Music 17

CD 1991. Simon Goubert, Haïti, Seventh Avenue 11

CD 1995-96. Six 1/2, New York-Paris-Nice, Dreyfus 36584-2

CD 1999. Giampaolo Ascolese Trio featuring Steve Grossman, The Clinica 21 Concert, Philology 174.2

CD 1999. Danilo Memoli, Jazz, Agape 002

CD 2003. Gianluca Esposito Quartet, A Conversation With a Big Man, Wide Sound 125

1970. Miles Davis, Live-Evil1970. Miles Davis, Live at the Fillmore East1970. Miles Davis, A Tribute to Jack Johnson1970. Miles Davis, Get Up With It
1971. Elvin Jones, Merry to Round1972. Elvin Jones, Live at the Lighthouse1973. Elvin Jones, The Prime Element1975. Elvin Jones, New Agenda
1979. Teruro Nakamura Rising Sun Band, Big Apple1981. Terumasa Hino, Double Rainbow1981. The Gil Evans Orchestra, Lunar Eclipse1987. Nicole Croisille, Jazzille
1990. René Urtreger, Serena1991. Simon Goubert, Haïti1999. Giampaolo Ascolese Trio featuring Steve Grossman, The Clinica 21 Concert2003. Gianluca Esposito Quartet, A Conversation With a Big Man


VIDEOS


1973. Steve Grossman, Elvin Jones (dm) Quartet: Dave Liebman (ss, ts, fl), Gene Perla (b), «The Children/Merry Go Round», «Soul Trane», Jazz Session d’André Francis (réal. Bernard Lion)

https://www.youtube.com/watch?v=F_SVp5QtuHI

 

1976. Steve Grossman Stone Alliance: Gene Perla (b), Don Alias (dm, perc), «Creepin’», Santiago, Chili

https://www.youtube.com/watch?v=Y3BltIhgjok

 

198… Steve Grossman & Modern Big Band (dir. Gerardo Lacoucci), Alatri Jazz Festival, Italie

https://www.youtube.com/watch?v=nvKmIUPjFiU

 

1989. Steve Grossman, Flavio Boltro (tp), Massimo Urbani (ts), Stefano Sabatini (p), Marco Fratini (b), Giampaolo Ascolese (dm), «Star Eyes», Teatro Tenda a Strisce, Rome, Italie

https://www.youtube.com/watch?v=JaS4RWpgu-w

 

1991. Steve Grossman, Miles and Friends: Miles Davis (tp), Jackie McLean, Kenny Garrett (as), Bill Evans, Wayne Shorter (ss), Joseph Foley McCreary, John McLaughlin, John Scofield (eg), Chick Corea (ep), Deron Johnson, Herbie Hancock, Joe Zawinul (key), Dave Holland (b), Darryl Jones, Richard Patterson (eb), Al Foster, Ricky Wellman (dm), Grande Halle de La Villette, Paris, 10 juillet 1991

https://www.youtube.com/watch?v=cEZGW4R2mK8

 

1994. Steve Grossman, Aldo Zenino (b), Billy Brooks (dm), «In a Sentimental Mood», «Angelica», Festival de Jazz à Genève, Suisse

https://www.youtube.com/watch?v=VCQL5Wk_TgQ

https://www.youtube.com/watch?v=r-nKYTkEufI

 

2007. Steve Grossman, Rosario Giuliani (as), Biréli Lagrène (g), Franck Avitabile (p), Diego Imbert (b), André Ceccarelli (dm), «Star Eyes», Monaco Dreyfus Night

https://www.youtube.com/watch?v=m0CzVpXahy8

 

2010. Steve Grossman, interview par Brian Pace + extraits concert avec Larry Willis (p), John Webber (b), Joe Farnsworth (dm), Jazz Standard, New York, NY

https://www.youtube.com/watch?v=BRkF5ZeLvJo

 

2011. Steve Grossman Two Tenors Quintet:  Joe Lovano (ts), Nico Menci (p), Sal La Rocca (b), Alvin Queen (dm) + Valerio Pontrandolfo (ts), «Take the Coltrane», festival Dinant Jazz Nights, Belgique

https://www.youtube.com/watch?v=qaijn17CA70

 

2013. Steve Grossman, Dmitry Popov (as), Ilya Lushtak (g), Anthony Wonsey (p), Jon Webber (b), Jason Brown (dm), «Yarbird Suite», The Hat Bar, St Peterbourg, Russie

https://www.youtube.com/watch?v=mOysOMXgDBE

 

2014. Steve Grossman Peter King (as), Alain Jean-Marie (p), Duylinh N’Guyen (b), Simon Goubert (dm), festival Jazz en Baie, Carolles (50)

https://www.youtube.com/watch?v=K0f172BWTN4


*