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Jimmy Heath

19 jan. 2020
25 octobre 1926, Philadelphie, PA - 19 janvier 2020, Loganville, GA
© Jazz Hot 2020


Jimmy Heath Big Band, Blue Note, New York, 7 mars 2016 © Mathieu Perez.








Jimmy Heath Big Band, Blue Note, New York, 7 mars 2016 

© Mathieu Perez








Après le contrebassiste Percy (1923-2005), c’est le second mousquetaire des trois Heath Brothers de Philadelphie, Jimmy –le saxophoniste, ténor, alto, soprano, baryton, flûtiste, arrangeur et compositeur– qui rend les armes non sans avoir défendu le jazz avec panache et endurance (le titre du dernier opus des Heath Brothers, Al Tootie et Jimmy, en 2008), à la fois comme artiste instrumentiste, compositeur et arrangeur de premier plan mais aussi comme messager auprès de plusieurs générations de publics et de musiciens, et comme éminent pédagogue.
Jimmy était un modeste. Fort heureusement, Jazz Hot l’a régulièrement rencontré depuis 1991, avec trois interviews (Jazz Hot n° 515, n°615 et n°630) qui se complètent et nous permettent aujourd’hui de dresser un portrait assez précis d’un musicien qui a côtoyé les géants du jazz de toutes les époques, comme le rappelle le titre de son autobiographie I Walked With Giants. Ce voisinage si large dit très bien que Jimmy Heath était l’un de ces musiciens extraordinaires que tous les grands artistes ont recherché… Mais ce titre ne dit pas que Jimmy Heath fut de plus un passeur entre les générations du grand message du jazz, et c’est une dimension essentielle de sa personnalité et de son œuvre.





1975. The Heath Brothers, Marchin'On, Strata-East, avec une photo des parents: Percy, Sr. et Arelethia

1975. The Heath Brothers, Marchin' On, Strata-East 
avec une photo des parents Heath: Percy, Sr. et Arelethia


James Edward Heath est né dans une famille modeste –le père est ouvrier mécanicien– déjà portée sur la musique et le jazz puisque Percy, Sr., le père, est clarinettiste pendant que la mère, Arelethia, chante à la chorale de l’église locale. Son frère aîné, Percy, Jr., étudie le violon avec assiduité, avant de se consacrer plus tard à la contrebasse à la Granoff School, là où étudiera aussi John Coltrane. Quant au benjamin, Albert Tootie Heath, il a bénéficié de l'introduction de ses deux aînés pour débuter avec John Coltrane (1957), avant une riche carrière qui a croisé celle de ses deux frères. 

Jimmy commence son parcours professionnel auprès de Nat Towles, un leader de territory band, un orchestre dans l’esprit blues & swing qui sillonne les Etats-Unis et en particulier la vallée du Mississippi de New Orleans à Chicago en passant par Kansas City, et Jimmy y découvre la passion des arrangements et de la composition, au point qu’il monte à son retour à Philadelphie, en 1947, un premier big band avec des inconnus qui ne vont pas le rester longtemps: Johnny Coles, Calvin Massey, John Coltrane, Benny Golson, Nelson Boyd, Specs Wright… (Jazz Hot n°515)

C’est la proximité de son frère aîné qui lui ouvre les portes de la formation d’Howard McGhee (1947-1948) puis celles du Big Band de Dizzy Gillespie (1949-1950), très novateur en matière d’orchestrations, et c’est à cette fin des années 1940 qu’il quitte Philadelphie pour New York. Il a 22 ans.

Dans le big band de Dizzy, il côtoie, dans la section des saxophonistes, John Coltrane, à l’alto comme lui, et Paul Gonsalves, au ténor. Dizzy Gillespie est vraiment son modèle: capable d’écrire pour grandes et petites formations, le trompettiste insuffle à Jimmy une profonde compréhension et passion du bop et de l’écriture, même si «Little Bird», un des surnoms de Jimmy (qu’il attribue avec modestie à sa petite taille) fait penser à Charlie Parker. Comme il le dit à Jazz Hot, Charlie Parker était un instrumentiste hors norme dont les idées ont influencé tout le monde; mais Jimmy prend plutôt modèle sur Dizzy, l’organisateur des sons et le fédérateur d’énergie. Dizzy avait d’ailleurs coutume de dire dans une formule très directe: «Si vous connaissez Jimmy Heath, vous connaissez le bop.»

Dès ses premiers engagements, il développe le goût pour la composition (il va écrire plus de 120 compositions, certaines parmi les plus jouées du bebop) et pour les arrangements en big band. Parallèlement à ses engagements, il devient donc également arrangeur et compositeur pour nombre de petites formations dont celles de Miles Davis, J. J. Johnson, Clifford Brown, Kenny Dorham, Kenny Clarke, musiciens avec qui il enregistre parfois.


The Eminent J. J. Johnson, Vol. 1 & 2, Blue Note



1953-1955. The Eminent J. J. Johnson, Vol. 1 & 2,
Blue Note 1505-1506
Avec J. J. Johnson, avec selon les thèmes: Kai Winding, Clifford Brown, Hank Mobley, Jimmy Heath, John Lewis, Wynton Kelly, Horace Silver, Charles Mingus, Paul Chambers, Percy Heath, Kenny Clarke, Sabu






Dans cette période, il contracte une addiction à la drogue qui lui vaut de graves ennuis de santé, puis, en 1955, un séjour dans les prisons très jazz & blues de l’administration américaine. Nombre de musiciens y font des séjours prolongés pour consommation de drogue. C’est alors dans le cadre carcéral qu’il dirige un big band peaufinant sa science des arrangements et qu’il travaille aussi la flûte, ajoutant l’instrument à sa panoplie déjà très large de saxophones. Il compose également dans cette période de réclusion, et c’est son frère Tootie qui fait sortir ses œuvres. Chet Baker et Art Pepper enregistrent en particulier cinq de ses compositions dans l’album Playboys sorti en 1956 chez Pacific Jazz. Jimmy Heath reprendra ces compositions 20 ans plus tard dans Picture of Heath (Xanadu, 1975).


1960. Jimmy Heath, Really Big!, Riverside



En 1959, Jimmy Heath retourne à Philadelphie après sa détention, et rejoint la formation de Kenny Dorham. Ses déplacements, ses tournées, sont limités en raison de ses problèmes avec la justice et, s’il rate quelques opportunités d’engagements, de 1959 à 1964, il enregistre ses premiers disques en leader chez Riverside (The Thumper, Really Big!, The Quota, Triple Treat, Swand Seed, On the Trail). Mais c’est surtout en sideman et comme arrangeur et compositeur, qu’il multiplie les collaborations et les enregistrements, côtoyant les musiciens les plus marquants du bebop et hard bop: Lee Morgan, Freddie Hubbard, Milt Jackson (souvent), Blue Mitchell, Donald Byrd, Art Farmer, Red Garland, Curtis Fuller, Sonny Stitt, Clark Terry, mais aussi quelques musiciens plus jeunes comme Stanley Cowell (le pianiste aussi de la formation des Heath Brothers), Charles Tolliver, Julian Priester (du label autogéré Strata-East) et plus tard Antonio Hart.

Jimmy Heath arrange pour l’orchestre de Ray Charles au début des années 1960. Il joue et enregistre également avec des musiciens de la génération précédente (Benny Carter) et élargit son registre à l’histoire du jazz dans ses projets. Car Jimmy Heath a aussi joué avec Coleman Hawkins, Ben Webster, Erroll Garner, et tous les musiciens de la tradition du jazz, sans aucune rupture, si ce n’est la nouveauté de sa personnalité et le son de sa génération.

1974. Jimmy Heath, The Time and the Place, Landmark.jpg



Dans les années 1970, Jimmy Heath poursuit ses nombreuses collaborations et ses enregistrements avec toujours des musiciens de haut niveau avec ce que le jazz a de meilleur (Sonny Stitt, Clark Terry, Stanley Cowell, Milt Jackson, Art Farmer, et en 1976, il coécrit avec la poétesse Beth Jackson une Afro-American Suite of Evolution, une forme particulière composée de textes et d’une longue partition, qui sera donnée au Town Hall de New York, pour six chanteurs, avec orchestre et bandes sonores enregistrées.

Dans ces mêmes années, en 1975, débutent les enregistrements des Heath Brothers avec Marchin’ On et dont le dernier, Endurance, sera enregistré en 2008.

En 1992, il participe à la célébration des 40 ans du Modern Jazz Quartet, formation où son frère Percy a vécu la partie la plus réputée de son œuvre. Révéré par ses pairs, Jimmy collabore à toutes sortes de réunions et d’hommages avec Slide Hampton (Dedicated to Diz, 1993), The New York Allstars (Jazz Summit, 1994), Frank Wess (Surprise!, Surprise!, 1996) , T.S. Monk (Monk on Monk, 1997), Jon Faddis (Dizzy Gillespie Alumni All Stars, Things to Come, 2000), Gerald Wilson (New York, New Sound, 2003), avec toujours cet amour des grands orchestres et des arrangements.

En leader, les années 2000 lui avaient permis d’enregistrer encore quelques disques: Turn Up the Heath (Planet Arts, 2006), Endless Search (Origin, 2010), Our Jazz Family (JZAZ Records2012), Togetherness: Live at the Blue Note (Jazz Legacy 2014), My Ideal (Jazz Elite 2014).

1997. The Heath Brothers, As We Were Saying…, Concord
The Heath Brothers,
As We Were Saying…, Concord, 1997

Avec les Heath Brothers, un dernier enregistrement en 2008, après la disparition de Percy, clôt une série 12 productions de haut niveau, d’un jazz brillant et parfaitement mis en place, toujours classique et pourtant renouvelé par l’esprit de famille comme il aimait à le dire: «Vous pouvez avoir de bons rapports musicaux, mais il existe un certain feeling un peu spécial que je retrouve lorsque nous jouons ensemble [avec Percy et Al Tootie], un ingrédient supplémentaire. Je ne peux pas dire ce que c’est, simplement nous venons des mêmes gènes.» Il rappelait fréquemment que les trois frères cumulaient des dizaines d’années d’expérience, auprès de John Coltrane, Ben Webster, Coleman Hawkins, Ornette Coleman, Monk, Miles, Dizzy, les frères Adderley et tant d’autres, et que c’était la clé de leur apprentissage.
Pour une discographie complète, on consultera Jazz Hot n°615. Comme le remarquait encore Jimmy dans son interview accordée à Jazz Hot, les frères Heath ont enregistré des centaines de disques avec tous ceux qui comptent dans le jazz et Jimmy de rajouter avec une nuance de regret: «Les seuls avec qui nous n’avons pas joué sont Basie et Duke».

Jimmy Heath et Randy Weston, two giants of jazz © PhotoX, by courtesy of Jimmy Heath (envoyé lors du décès de Randy Weston)


Jimmy Heath et Randy Weston, two giants of jazz
© Photo X, by courtesy of Jimmy Heath 
(envoyée par Jimmy Heath lors du récent décès de Randy Weston)












Jimmy Heath avait coutume de dire qu’il devait sa formation aux grands artistes qu’il avait côtoyés, que c’est sur cette base qu’il est devenu un éminent pédagogue du Queens College (1986), une institution aussi académique que réputée dont il n’était pourtant pas dans les habitudes de recruter des enseignants «non diplômés». C’est pourtant grâce à Jimmy Heath que l’institution a forgé son programme jazz. Sa vocation de pédagogue n’était pas nouvelle: dès 1964, il était membre fondateur de l’équipe enseignante du programme Jazz Mobile qui a organisé des concerts et des cours à destination des jeunes de Harlem dans le but de les relier à leur culture. 

Jimmy Heath raconte qu'il a étudié la science de l’orchestration en côtoyant Gil Fuller, Tadd Dameron, Dizzy Gillespie et quelques autres, et cette formation en vaut certainement beaucoup d’autres très académiques.

Jimmy Heath a étudié le saxophone avec un disciple de Johnny Hodges, Mr. Terry, et avec Paul Amati, un membre de l’orchestre de Philadelphie. Pour la composition et les arrangements, il a été accompagné et aidé par Rudolph Schramm («Il était important pour moi car il m’a expliqué comment je faisais ce que je faisais, et j’ai pu l’enseigner à d’autres. Ce n’était pas seulement l’analyse. Il m’a aidé à aller plus loin.»), un disciple de Joseph Schillinger (1895-1943) dont la méthode de composition a aussi guidé George Gershwin, Tommy Dorsey, Benny Goodman, Oscar Levant, et bien d’autres.

Jimmy Heath appréciait beaucoup de musiciens, et chez chacun, il savait discerner des qualités originales. Il avait aussi ses admirations: pour Dizzy Gillespie d'abord, qui d'après lui réunissait toutes les qualités d'un artiste: arrangeur, compositeur et instrumentiste d'exception; mais aussi pour Charlie Parker, John Coltrane, Coleman Hawkins, Lester Young et Ben Webster, pour le talent de compositeur et d'harmoniste de Thelonious Monk, et pour celui d'arrangeur et d'altiste de Benny Carter, l'une de ses inspirations les plus anciennes; il n'oubliait jamais de citer Louis Armstrong, comme l'homme de base du jazz; Duke Ellington et Count Basie comme le sommet de l'art en big band. Au fond, Jimmy Heath était un vrai amateur de jazz, et l'étendue de ses admirations explique sans doute son éternelle modestie. (Jazz Hot n° 515)

Jimmy Heath Big Band, Blue Note, New York, 7 mars 2016 © Mathieu perez



Jimmy Heath Big Band, Blue Note, New York, 7 mars 2016
© Mathieu Perez



Nul n'ignorait que Jimmy Heath était un savant parmi ses pairs, un passeur, un
messenger, une de ces bibliothèques indispensables à l’architecture de l’ensemble jazz. Jeb Patton, l’excellent pianiste, raconte très bien dans son interview (Jazz Hot n°680) l’importance qu’a eue Jimmy Heath pour les jeunes musiciens qui ont eu le bonheur de croiser sa route. Il y a ainsi des personnages de la transmission, pas toujours très connus, comme Jaki Byard, Roland Hanna et Jimmy Heath qui sont de véritables ponts entre les générations.

Si les trois frères ont réalisé de brillantes carrières distinctes, il se sont réunis très régulièrement dans la formation des Heath Brothers, et une belle discographie familiale en témoigne (cf. Jazz Hot n° 615, où Jimmy Heath est en couverture). Il reste aujourd’hui Albert Tootie Heath, le batteur, né en 1935, pour représenter cette longue saga familiale et musicale qui a enrichi le patrimoine du jazz. Philadelphie est une ville propice à ces grandes familles du jazz (les Bryant-Eubanks, les Barron par exemple), une réalité humaine du jazz du nord au sud et de l’est à l’ouest des Etats-Unis (les Jones, Marsalis, Freeman, Turrentine, Adderley, etc.).

En 1993, son album intitulé Little Man, Big Band (Verve, 1992) a été nominé pour un grammy, l’année où, à la Maison Blanche, lors du concert de jazz produit par le Thelonious Monk Institute (Jimmy Heath a été membre du conseil d’administration de l’institution), un certain Bill Clinton, Président des Etats-Unis, a emprunté avec gourmandise le saxophone de Jimmy Heath pour se frotter aux artistes de jazz invités. Jimmy Heath rappelle avec malice qu’il l’avait remis avec discrétion dans la bonne tonalité: «Il a trébuché, mais il est retombé sur ses pieds


Un an après Percy, Jimmy a été honoré, en 2003, du titre de Jazz Master par les National Endowment for the Arts, l’une des plus hautes distinctions en matière d’art aux Etats-Unis, décernée par l’agence culturelle fédérale créée par le Président Lyndon B. Johnson.

Jimmy Heath a été le premier musicien de jazz a recevoir le titre de Docteur émérite de la Juilliard School of Music. Il précisait avec son humour: «C'est bien d'être encore là pour en profiter…» (Jazz Hot n°630)



Jimmy Heath, I Walked With Giants, Autobiography



Jimmy Heath a écrit une autobiographie dont le titre lui ressemble: I Walked With Giants (Temple University Press, Philadelphie, 2010), préfacée par Bill Cosby et avec une introduction de Wynton Marsalis, musicien qui a bénéficié de ses conseils pour l'orchestration, et pour lequel, Jimmy a une grande admiration et amitié. Dans son livre, les récits s’entrecroisent pour dépeindre une vie d’une richesse sans pareille au contact des plus grands: Dizzy bien entendu, mais aussi les frères Heath, Philadelphie à son âge d’or du jazz et cette pléiade de musiciens extraordinaires, du cru ou de passage, que Jimmy y a côtoyés: Johnny Coles, Bud Powell, John Coltrane, Bobby Timmons, McCoy Tyner, Miles Davis, Lee Morgan, Clifford Brown, les fidèles Milt Jackson et Kenny Dorham, Sonny Rollins, Dexter Gordon, Benny Golson, et tant d’autres géants dont the «Little Man» –en référence à sa petite taille, cette fois– faisait indubitablement partie, même s’il était le dernier à vouloir que ce soit dit.

The Heath Brothers, Al & Jimmy Heath, Endurance, Jazz Legacy 0901004, 2008






A sa sortie de prison en 1959, Jimmy Heath avait rencontré Mrs. Mona Brown qu’il a épousée peu après. Elle l’a accompagné depuis soixante ans et lui survit, ainsi que plusieurs enfants et petits-enfants. Mona et Jimmy ont perdu l’un de leurs enfants, Jeffrey, décédé à 46 ans en 2010.
Jimmy Heath avait eu d’un premier mariage un fils, James Mtume de son nom d'artiste, James Forman de son nom à la ville, né en 1946 à Philadelphie, percussionniste, chanteur et songwriter, qui a joué dans le jazz et le rhythm & blues (Miles Davis de 1971 à 1975). James est également producteur, homme de radio et activiste.

Albert Tootie Heath reste aujourd’hui la mémoire vivante de la légende des Heath Brothers de Philadelphie.


Yves Sportis
Photos Mathieu Perez et X by courtesy of Jimmy Heath


Jazz Hot n°615, 2004, Jimmy Heath



Jimmy HEATH et JAZZ HOT: 515-1994 (interview)n°615-2004 (couverture, interview, discographie), n°630-2006(interview)


WEBSITE: http://www.jimmyheath.com/


AUTOBIOGRAPHIE: I Walked With Giants, Jimmy Heath, Temple University Press, Philadelphie, 2010, http://tupress.temple.edu/book/0317


DISCOGRAPHIE: Jazz Hot N°615










VIDEOS

1979. The Heath Brothers Quartet, «A Sound for Sore Ears», Rome

2002. Jimmy Heath, Clark Terry, James Williams, Ray Brown, Les Harris, Jr.

2009. Jimmy Heath, Mulgrew Miller, David Wong, Albert Tootie Heath, Giants of Jazz Concert, South Orange (NJ),

2009. The Heath Brothers Quartet,
Jimmy Heath (ts), Jeb Patton (p), Peter Washington (b), Albert Tootie Heath (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=iB_AjlpNFXM

2014. Jimmy Heath & Thelonious Monk International Jazz Competition winners, «New Picture»,
Jimmy Heath (ts), Melissa Aldana (ts), Chris Pattishall (p), Russell Hall (b), Jamison Ross (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=rg_JcWgiu3o

2016. Jimmy Heath & WDR Big Band, «Bruh Slim», Cologne
2016. Jimmy Heath & WDR Big Band, «Changes», Cologne

2016. Jimmy Heath & WDR Big Band, «Without You No Me», Cologne

2016. Jimmy Heath Big Band, Jazz at Lincoln Center, New York

2017. The Heath Brothers, Philadelphia Real Book Concerts
Jimmy Heath (ts), Terell Stafford (tp), Jeb Patton (p), David Wong (b), Albert Tootie Heath (dm)


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