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Gérard Conte

23 mai 2012
1er février 1931, Gorcy Cussigny (54) – 23 mai 2012, Clichy (92)
© Jazz Hot n°659, printemps 2012

Gérard Conte est mort le 23 mai 2012 à l'hôpital Beaujon de Clichy (Hauts-de-Seine) des suites de la maladie d'Alzheimer.
Gérard Conte était né le 1er février 1931 à Gorcy Cussigny (Meurthe-et-Moselle), à une dizaine de km de Longwy, non loin de la frontière belge. C'est pendant la guerre qu'il quitta sa région natale pour rejoindre Bordeaux, où son frère suivait déjà ses études médicales. Il y fit également les siennes. Et c'est diplômé de l'Assistance sociale, qu'il rejoignit Paris où il commença par s'occuper des jeunes travailleurs du bâtiment, en les intéressant à une première passion, l'astronomie. C'est au sein d'une structure de ce secteur d'activité qu'il terminera sa carrière en tant que directeur des ressources humaines.
Son activité professionnelle ne l'empêcha néanmoins jamais de s'adonner à ce qui sera la passion de sa vie, le jazz et particulièrement la musique de La Nouvelle-Orléans. Passion commune, cette musique lui permit de rencontrer une jeune Finlandaise, Eila, qu'il épousa en 1956 et qui lui donna un enfant, Philippe, aujourd'hui âgé de 45 ans.
Homme passionné, Gérard Conte ne se contenta pas d'aimer le jazz ; il entendit en être acteur. C'est ainsi qu'il prit l'attache de Charles Delaunay, au début des années cinquante, rejoignant l'équipe de Jazz Hot en 1953, dont il appréciait l'ouverture d'esprit malgré la « guerre du jazz » qui sévissait dans le milieu ; il lui resta fidèle jusqu'en 1992.
Ses premiers articles (avril et mai 1953) des 44 articles qu'il publia dans notre revue étaient déjà consacrés aux musiciens et aux orchestres de jazz traditionnel. L'année où il créa l'Association Française des Amateurs de Jazz Nouvelle-Orléans (AFAJNO), il eut besoin de faire partager les raisons de sa démarche en écrivant dans nos colonnes une sorte de manifeste, « Peut-on encore aimer le Nouvelle-Orléans ? » (Jazz Hot n° 193, décembre 1963).
Son militantisme en faveur de cette musique le verra œuvrer pendant toute sa retraite pour la création d'un endroit honorant la mémoire de son plus célèbre représentant, Louis Armstrong. Une place - jardin sera enfin inaugurée dans le 13ème arrondissement de Paris, où il résidait, par le maire du lieu, Jacques Toubon, le 20 juin 1998, en présence de l'orchestre d'Irakli, maître « es-armstrognie ».
Nous n'oublierons pas que Gérard fut des rares à continuer d'écrire dans notre revue lorsque la nouvelle équipe reprit le flambeau de Jazz Hot en 1991, en publiant notamment un bel article, « Le Louisianisme de Louis Armstrong », dans le premier numéro de la nouvelle série (Jazz Hot n° 487, septembre 1991), consacré à « Louie ».
Du fait de sa maladie, Gérard avait dû, depuis quelques années, renoncer à plusieurs de ses activités jazziques. Mais ses amis continuaient à lui rendre visite. Ils l'accompagnèrent à sa dernière demeure en musique comme il se doit. Jazz Hot se joint à la peine d'Eila, de Philippe, de sa famille et de ses nombreux amis.
Félix W. Sportis