|
Cap d’Ail
|
21 sep. 2011
|
|
Cap Jazz, du 10 au 12 août
|
Sur trois jours, dans un amphithéâtre de plein air d’à peine 300 places, en bord de mer aux portes de Monaco, Cap Jazz est un modèle de ce que l’on attend d’un « petit » festival. Qualité d’écoute et de vision parfaite, proximité inespérée avec les artistes (leurs loges sommaires étant les vestiaires du club de tennis voisin), programmation concoctée par un musicien, enfin, tarifs dérisoires (10_) et ambiance « bon enfant » qui tranchent avec ce qui prévaut habituellement sur la Côte d’Azur. Le 10, le NJO de Pierre Bertrand qui, après son passage au Nice Jazz Festival, continue à présenter avec succès le programme de Festival, son récent CD, y avait invité Minino Garay (perc, voc), mais aussi Tony Russo, valeureux vétéran de la trompette, ravi de prendre de fougueux chorus au milieu de tous ces petits jeunes…
Le 11, deux formations se succédaient. D’abord, les choristes de Doodlin’ reprennent sur des arrangements très travaillés à trois voix, des standards bien connus (« Stompin’», « Everybody Loves My Baby », « In a Mellow Tone », « Cheek to Cheek »…). Superbement soutenues par un quartet au sein duquel on remarquait aussi les talents de solistes de Patrice Galas (p) et de Jean-François Bonnel (cl, as, ts). Puis ce fut le nouveau trio de David Reinhardt. Loin de dormir sur son héritage, le fils de Babik s’exprime sur ses propres compositions ou celles de Kenny Burrell (ou René Thomas), dans un style très éloigné de celui de son grand-père Django. Brillamment aidé pour cela par Florent Gac (org) au style très personnel et par le fabuleux drumming de Yoann Serra. Pas ingrat pour autant, il acceptera, toutefois, mais en se gardant bien de toute improvisation, d’exposer Nuages, l’hymne familial…
Le 12, Marc Peillon (directeur artistique avisé du festival, mais avant tout contrebassiste) présentait 5AM, son nouveau quintet avec les Américains Anthony Gravish (tp) et Michael Campagna (ts) et les Italiens Alessandro Collina (p) et Rodolfo Cervetto (dm) qui, sur des compositions personnelles et dans un mode réjouissant évoquant les Jazz Messengers (période Hubbard/Shorter), a remporté un succès très justifié. Au dernier concert, la formation d’André Ceccarelli (parrain du festival et surtout merveilleux batteur) fut l’occasion d’un véritable choc. Si Pierre De Bethmann (p) et Sylvain Romano (b) se sont déjà fait un nom, en revanche, Baptiste Herbin (as, ss) est encore un inconnu. Cela ne saurait durer tant ce jeune homme de 24 ans fait preuve de qualités. Compositeur de tous les thèmes et improvisateur d’une imagination stupéfiante de variété, il a littéralement subjugué l’auditoire par l’ampleur de sa technique et de sa culture, l’authenticité de son discours, et, malgré cela, la simplicité et l’humilité avec laquelle il présente ses morceaux et ses accompagnateurs. Ceci faisant, à mon sens l’un des plus grands moments de l’été 2011 sur la Côte d’Azur.
Daniel Chauvet / Photo du Quartet d'André Ceccarelli : Daniel Chauvet
|
|