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Raymond Fonsèque

19 nov. 2011
27 novembre 1930, Paris - 19 novembre 2011, Evreux (27)

Raymond Fonsèque

Raymond Fonsèque est décédé à la clinique Pasteur à Evreux le 19 novembre 2011. Militant d'une certaine idée du jazz, tromboniste d'une grande sureté et justesse, idéal en collective, éclectique en solo (des genres Kid Ory à J.J. Johnson, par le biais de son propre style), excellent tubiste, rédacteur en chef de la revue Jazz Dixie/Swing, collectionneur (des éditions Melrose), pionnier du ragtime revival, arrangeur doué (parfait pour Bill Coleman), auteur de méthodes (« le tromboniste débutant », « le tubiste débutant », 2006, Fonsèque & Co), il fut aussi un musicien-chercheur, sinon reconnu, tout au moins combatif (le Super Tempérament).

Né à Paris le 27 novembre 1930, d'un père relieur (né en 1891) et d'une mère pratiquant le piano, il débute donc par le piano à l'âge de six ans, à Orsay. Pendant les années de guerre, la famille Fonsèque vit repliée dans la banlieue de Bordeaux. Privé de piano, Raymond Fonsèque y étudie le violoncelle au conservatoire. En cours privés, il s'initie à l'harmonie. La guerre terminée, il est de retour dans la Vallée de Chevreuse. En 1946, il découvre le jazz. En 1947, il assiste à son premier concert de jazz à l'Ecole Normale de Musique (Robert Mavounzy, Claude Luter) et il abandonne le violoncelle pour un trombone, à 17 ans, au sein de l’harmonie-fanfare d’Orsay. Raymond Fonsèque joue aussi dans l'orchestre du Hot Club de la Vallée de Chevreuse (qu'il a fondé) en compagnie des frères Lacroix, Georges (cornet) et Roger (batterie). Il est autodidacte, mais il ne le restera pas. Il étudiera auprès de Gabriel Masson qui donnait des cours de trombone à la maison Selmer et auprès de Jean Greffin. Roger Guérin et Nat Peck lui ont aussi donné des conseils sur le jeu des cuivres. En 1949, Raymond Fonsèque devient professionnel et il dirige son propre orchestre. Son talent est déjà souligné dans le no5 de La Revue du Jazz (mai 1949). En 1949 toujours, il joue à la brasserie de La Coupole à Biarritz avec Christian Chevallier (p) et son frère aîné (dm). Il interprétait à cette époque deux morceaux au saxo soprano (!) en plus de son rôle de tromboniste. Par la suite, Raymond Fonsèque s'impose comme un personnage incontournable des caves et des clubs parisiens. Jusqu'en juillet 1950, il joue au Kentucky pour Robert Péguet, toujours avec Christian Chevallier, mais aussi avec Gilles Thibaut et Louis Henry à la trompette. Après l'été 1950, passé à Monte-Carlo dans l'orchestre André Réwéliotty (où il se lie d’amitié avec Marcel Bornstein, trompette), il se trouve une première fois avec Don Byas, attraction de l'orchestre Robert Péguet (au Tabou en septembre 1950). Fin 1950, il fait son service militaire dans le 93ème Régiment d’Infanterie à Courbevoie comme joueur de tuba. Avec d’autres militaires, il suit les cours de la classe de tuba et trombone basse de Maître Paul Bernard au Conservatoire de Paris. Il continue donc ses activités et remplace Claude Gousset (parti sous les drapeaux en Allemagne) dans l'Orchestre du trompette Mickey Larché au Caveau de la Huchette (1951). Démobilisé en 1952, l’année sera chargée. Il est membre de l'Orchestre Michel Attenoux qui remporte le trophée à un tournoi de musiciens "amateurs" (sic), Raymond est lui-même sacré meilleur tromboniste, ce qui lui vaut un cadeau de la maison Selmer : un trombone basse petite-perce avec un piston au lieu du futur barillet. Raymond Fonsèque est en 1952, le premier à jouer du trombone-basse en jazz. Puis à la fin de l’été 1952, il est le premier en France à tester le trombone « complet » Courtois (appelé trombone basse) acheté 50.000 francs de l’époque. Cependant Michel Attenoux et Gérard Badini le poussent à revenir au trombone ténor car l’autre « n’est pas un instrument de jazz » ! Il achète d’occasion, un trombone « Super Swing » Courtois qu’il ne trouve pas fameux. Cette  association difficile avec Attenoux, lui permet d'enregistrer (chez Vogue) et de jouer au Metro Jazz (futur Trois Mailletz trois mois plus tard), lancé par Charles Delaunay et Jacques Souplet, pour le fameux trompette Peanuts Holland. Raymond Fonsèque est déjà un bon arrangeur. Ses «mini-concertos» pour trompette joués par Peanuts Holland à la salle Pleyel (le 19 décembre 1952, Swing M 33 311) devant un public hostile (c'était trop...moderne!), sont des bijoux. Raymond Fonsèque passe ses étés, de 1952 (avec Nelson Williams) à 1954, avec Maxim Saury. En mars 1953, Raymond joue toujours pour Attenoux et le jour de relâche de l’orchestre, le lundi, il anime un quatuor de trombones. Il innove donc en jouant un soir par semaine en quatuor de trombones soutenu par André Persiani (p), Jean Baissat (b) et Roland Audinet (dm). Il avait réuni autour de lui Gaston Biosca, Sandy Fall (ou Bernard Holzer) et Michel Netter. Bien sûr, il écrit les arrangements. A nouveau, Michel Attenoux et Gérard Badini lui demandent d’arrêter cette expérience. Cette fois, Raymond quitte Attenoux et monte un orchestre avec l’habituelle front-line, en plus du quatuor de trombones du lundi, pour se produire à son compte au Riverside. Raymond n’hésite pas à payer des publicités dans Jazz Hot et …dans le métro. En 1953, Raymond Fonsèque joue pour Big Bill Broonzy (au Riverside), avec Mezz Mezzrow, Buck Clayton et Maxim Saury au Vieux Colombier (et le méconnu Bill Thompson, tp, excellent disque M.A.D. JF-CD-2056). Fin 1953 à septembre 1954, il tourne en Europe avec Lil Hardin-Armstrong et Taps Miller en compagnie des Dixie Cats d'Armand Gordon. Il joue aussi avec Sidney Bechet qui est son influence majeure en jazz. Le concert donné à Bruxelles (en mars 1954) fut enregistré (labels Fat Cat et Vogue). En 1954, il passe au Bidule, avec l'Orchestre Armand Gordon qui révèle Charles Saudrais (dm) et Jean-Claude Naude. L’orchestre fait une séance avec Gérard Badini (cl) et Moustache Galepides (dm) en grande forme (16 novembre 1954, Europe Disque DM 45601). En 1955, Raymond Fonsèque joue pour le trompette Maurice Emo et il fait des remplacements dans le pupitre des...cors (au trombone!) de l'orchestre de Sadi à la Rose Rouge. Il dirige aussi un quartet au Club Montpensier (François Jeanneau, ss, Gaby Apayre, p, Jean Guérin, dm). En 1955-56, dans ce même club, il lance avec Luis Fuentes un duo de trombones dans le genre Jay & Kai d'une certaine notoriété à l'époque. Non seulement tromboniste-arrangeur-chef d'orchestre, Raymond Fonsèque s'impose aussi comme tubiste. Il se partage avec Elie Raynaud toutes les affaires de tubiste de jazz sur la place de Paris. Ainsi, en janvier 1956, il est le tubiste de la séance Sam Gordon & Son Ragtime Band dont il a écrit les arrangements (notamment «Little Lawrence» de Jelly Roll Morton). C'est en fait l'orchestre Armand Gordon, une formation qui, avec une fluctuation de personnel, réalise des 45 tours pour les labels Acropole et Polydor dont Raymond Fonsèque est l'arrangeur, et parfois tubiste ou tromboniste (1957). C'est aussi avec cet orchestre qu'il enregistre avec George Lewis une émission de radio Pour ceux qui aiment le Jazz (1957).
Son expérience ne se limite pas au jazz traditionnel et au jazz moderne, il est aussi très demandé dans les grands orchestres de variété. En mai-juin 1956, il joue chez Jacques Hélian avec Luis Fuentes (tb), Guy Pedersen (b) et Kenny Clarke (dm). A cette époque, il déclare à la revue Jazz Hot qu'il achète des disques «de tous styles de jazz». Il retourne chez Jacques Hélian en 1958 (avec Dizzy Reece, Pierre Dutour, tp, Bob Garcia, ts, Al Levitt, dm). En 1957-58, il se produit au Club des Champs-Elysées avec Francis Weiss (cl) et Raymond Le Sénéchal (p). Au tuba, fin 1958, il enregistre des charlestons pour Claude Luter et fait l’année suivante une télévision en trio avec Claude Bolling et Léo Petit (bj). En 1959, Raymond Fonsèque teste une embouchure de trombone en plastique tant au sein de l'Orchestre Maurice Mouflard (Gilbert Dias, tp, Pierre Gossez, sax, Sylvio Gualda, dm) que lors de la séance Joue des inédits de Sidney Bechet d'André Réwéliotty avec Franco Manzecchi (dm) et un René Franc (cl) en grande forme (Vogue EPL 7678).
La séance de ses Hot Dogs faite un peu plus tôt, en novembre 1958 à Cachan, vaut tout spécialement pour Gérard Badini (cl) très inspiré, Jean Abush (g) et des arrangements pour section de cuivres (Marcel Bornstein, Rolf Bührer, William Hardy, tp, Raymond Fonsèque, tb). De septembre 1959 à 1960, il dirige depuis son tuba l'orchestre du Vieux Colombier. Il a notamment engagé Xavier Chambon (tp), François Guin (tb), Wani Hinder (cl) et Yannick Singéry (p). Le groupe laisse un disque (Plastisonor MIC 130). En 1960, au tuba, il joue dans l'historique High Society Jazz Band avec Pierre Atlan (cl), Martine Morel (p) et un personnage qu'il aime beaucoup, Pierre Merlin (cnt). Avec cette formation, il accompagne la chanteuse Billie Poole (vedette du Mars Club) pour une émission télévisée de Jean-Christophe Averty, il enregistre des 45 tours pour Mowgli Jospin (répertoire de King Oliver, CAT no2 & 5) et il accueille Louis Armstrong le 5 décembre 1960 à l’Aérogare des Invalides (Louis arrive pour le tournage du film Paris-Blues). En 1960, il remonte un quatuor de trombones, le T4, augmenté d'un sax ténor (Jean-Louis Chautemps) et d'un bugle (Bernard Vitet). Il a à ses côtés François Guin, Michel Camicas et Marc Steckar (puis Charles Orieux).
Pour Jean-Christophe Averty, et avant bien d’autres, il expérimente les grands ensembles de cuivres (1960). Ainsi, il enregistre un arrangement pour 15 tubas sur «Swanee River» avec Marcel Blanche à la batterie. Il est soliste à l'euphonium et emploie Charles Orieux, François Guin et des tubistes classiques. Il enregistre aussi son arrangement pour 16 trombones sur «A Hot Time» avec à ses côtés Charles Verstraete, Charles Huss, Christian Guizien, Marc Steckar, François Giun et Charles Orieux! En fait Raymond innove en France en jouant dès cette époque de l’euphonium.
De septembre 1961 à juillet 1964, il est premier trombone chez Daniel Janin à l'Olympia (sa section comprend Marc Steckar et Emile Vilain). Il y joue les arrangements de Sy Oliver ou accompagne Edith Piaf, entre autres. A cette époque, Roger Guérin utilise le pupitre complet de trombones de l’Olympia de Raymond Fonsèque pour ses affaires au cinéma Marcadet (Fred Gérard est au pupitre des trompettes). Raymond Fonsèque, pour un temps requin de studio, dirige et arrange les séances de Johnny Hallyday (1961-62). Durant l'automne 1961, il passe au Casino d'Enghien avec son propre orchestre. Cette formation, augmentée de Pierre Braslavsky (ss), a fait un disque qui vaut aussi pour Jacques Chrétien (tp) et Jean Abush (g) (Swing-Land CD 0104).
En 1962, il initie les concerts pédagogiques où il illustre les styles, du ragtime au bop, à la tête de musiciens versatiles comme Ivan Jullien (tp), Francis Weiss (cl), Michel Attenoux (ss, as) et Philou Blot (b). De 1961 à 1967, il poursuit son expérience en quatuor de trombones qu'il baptise cette fois Trombone Incorporated (François Guin prendra le relais avec les Four Bones). En juin 1962, il participe au Festival d'Antibes-Juan les Pins en tant que premier trombone du big band de Jacques Denjean. Sa section comprend François Guin, Michel Camicas et Marc Steckar, des musiciens rodés à jouer ensemble. Philippe Combelle est à la batterie. Raymond Fonsèque est avec Ivan Jullien l'arrangeur de l'orchestre qui laisse un disque remarqué (Polydor 25cm 45585). Raymond Fonsèque joue aussi pour Claude Bolling, notamment pour la télévision avec Brigitte Bardot en 1962. En 1963, il est aussi chef d'orchestre pour la Rose d'Or de la Chanson, à la tête de musiciens comme Michel Portal (premier alto) et Peter Giger, le batteur de Claude Bolling. Cette année-là, Raymond Fonsèque est au nombre des musiciens français tous genres confondus engagés en renforts pour une séance à la salle Wagram de Duke Ellington (Harlem).
En 1963-65, il écrit dans la revue Jazz Hot (rubrique Technique du Jazz), puis il tient la rubrique du Jazz Club de France dans la revue Jazz Magazine (1967-70). Il fait jouer ses arrangements par le big band de Paris-Charonne qui révèle entre autres Pierre Lamalle (tb). En 1965-69, il travaille au Lido et se trouve à enregistrer pour Jef Gilson en compagnie de Woody Shaw, Sonny Grey, Nathan Davis et Michel Portal (1965)! En 1966, Raymond Fonsèque est classé premier au référendum de la revue Jazz Hot dans la catégorie trombone, devant Luis Fuentes, Claude Gousset et Michel Camicas. En 1966 aussi, il devient président du Jazz Club de France. Il lance un périodique, Le Jazz en France qui dure six mois.
De mars 1966 à fin 1969, il fait les programmes du Caveau de la Huchette où il propose un orchestre différent chaque soir, des vétérans (M. Saury, M. Attenoux, le HSJB), et des jeunes (Haricots Rouges, Jazz-O-Maniacs, etc). En fait Raymond Fonsèque s'intègre tout naturellement à ce que l'on appelle le «deuxième Revival français» (1966-75). Il a supervisé la première séance des Haricots Rouges le 2 mars 1964 (il remplace même Barda, débutant au trombone, dans «Tjinda Padamou», Ducretet 460V623), mais il se distingue surtout à la tête de ses propres formations qui notamment réhabilitent le ragtime et le brass band, et qui révèlent de jeunes talents.
En 1967-76, il accompagne régulièrement Bill Coleman. Il enregistre avec Benny Waters (1973) et surtout avec Bill Coleman (1969 et 1979, Petite Fleur Milan Jazz CD 873 121). Le disque Bill and the Boys fut salué par Johnny Simmen. En 1969, il oeuvre pour la musique de parade (le méconnu Pop Corn Brass Band). Il opte très tôt pour les animations de rues, selon des formules économiques comme les Three Dimensions (en 1974-75, avec Marie-Ange Martin, g-bj et Marc Renard, cl-ts). Il existe des enregistrements réalisés au Théâtre du Val de Gally à Villepreux où Raymond Fonsèque fait d’incroyables démonstrations d’euphonium (« Sweet Georgia Brown », « Work Song », etc). Il se produit stratégiquement avec des « guest stars » (avant la mode) comme Michael Silva, Wallace Davenport (Caveau de la Huchette) et Cat Anderson. Il existe un disque avec Cat Anderson (1979, Ellington Moods, Milan Jazz 873 135) et des inédits (1978-79, « Ain’t Misbehavin’ », « Jungle Blues », etc). Mais surtout Raymond Fonsèque s'entoure de jeunes (Daniel Huck, Olivier Franc, Philippe Baudoin, Jacques Doudelle, en 1979-80). Raymond Fonsèque passe au Festival du Marais avec l'Anachronic Jazz Band (1980) et en 1981, il reçoit le Prix Sidney Bechet de l'Académie du Jazz. On le voit, remplaçant, à la télévision au sein du big band de Bob Quibel qui devient celui de Jean-Claude Naude pour le Festival de Jazz de Montauban (1984) où il passe aussi avec son goupe, le Vieux Truc (ensemble qui venait de faire, le 26 juin 1984, une excellente séance, Swing-Land CD 0104) et ses stagiaires (Frank Jaccard, p, le signataire, tp). En 1976-84, il jouait un trombone duplex Superbone de chez Holton (coulisse et pistons), mais aussi du trombonium-euphonium comme lors d'une étonnante séance à trois (Fonsèque, avec Daniel Huck, as-cl et Dan Girard, bj, Cave du HCF, 21 mars 1978 : Swing-Land CD 01904). On retiendra l'introduction de Louis Armstrong sur «West End Blues» jouée par Fonsèque à l'euphonium! En 1986, le Vieux Truc devient le Fonsèque & Co (Michel Bonnet, tp).
En 1980, Raymond Fonsèque succède à Marc Steckar comme professeur dans les écoles de musique des Mureaux et de Conflans. Il succède à Michel Laplace comme trésorier de l'Association Cuivres en France (président Pierre Pollin, 1990-93) et il y apprend le métier de rédacteur (Gazette des Cuivres), ce qui lui a permis ensuite de lancer cette fois avec succès sa propre revue Jazz Dixie/Swing (en 1993). Retiré de ses fonctions d'enseignant, il ne cesse pas la pratique du trombone et du tuba : avec le Trumpet Workshop de Michel Laplace (en invité dans «Stardust», dont le soliste est Fred Gérard. Festival Monts du Lyonnais, 1990), Fidgety Feet de Jean-Marie Hurel (Festival A Tout Vent du Havre, 1991), Fabrice Eulry Trio (Nuit du Ragtime, au tuba, 1993), les Four Bones (1994-9), Guy Laborie (en 1998, après son opération du coeur). En 1993-95, il a dirigé l'Orchestre Régional de Jazz 78-95, alias Jazz Society, ex-Conflans Big Band. Cette formation jouait volontiers les arrangements de Sammy Nestico, une autre idole de Raymond Fonsèque. Raymond Fonsèque aborde le nouveau millénaire dès le 2 février 2001 à Chatou en présentant son Bones' Band (Benny Vasseur, Claude Gousset, François Guin et lui) accompagné par le trio rythmique Pierre Dieuzey. En août 2006, il joue dans l’Orchestre de l’Olympia reconstitué (avec André Paquinet). Victime d’un accident vasculaire cérébral en février 2009, Raymond Fonsèque rejoue du trombone en concert dès juin. Parallèlement au trombone, il reprit la pratique du piano qu'il jouait déjà lors du concert hommage à Hugues Panassié, critique qu'il a connu et qu'il respectait (Paris, 1975, Flame LP 1003-4).
En 1967, il a découvert Expliquer l'Harmonie, un ouvrage de Jacques Chailley qui l'a mis sur la piste de Pythagore, Aristoxène, Zarlino, Mersenne, Rameau et Helmholtz. En 1982, il aboutit au livre Etude sur le mécanisme harmonique. En 1983, il découvre un système à 24 sons au lieu des 12 (du système bien tempéré) qu'il appelle le Super Tempérament. En février 1983, il dépose un brevet pour un clavier à 24 sons différenciés. Ceci l'amène aussi à créer des instruments à vent tels qu'un trombone à pistons compensés avec trigger (avec Pierre Hulot) et un bugle à quatre pistons (1990) adapté aux doigtés factices qu'il a mis au point. En 1986, il a présenté son Super Tempérament à la Faculté des Sciences de Paris et, l'année suivante, à la 118ème réunion du Groupe d'Acoustique Musicale. Mais ses découvertes impliquent une remise en cause et un réapprentissage qui empêchent sans doute, pour l'heure, qu'elles s'imposent. De plus, on ne les attendait pas d'un musicien classé jazz traditionnel (donc classé ringard). Il s’est battu jusqu’à la fin pour cette justesse au comma près.
Raymond Fonsèque, victime d’une fracture du col du fémur, a surpris tout le monde en s’éteignant brutalement le matin du 19 novembre 2011, laissant derrière lui une contribution plus que substantielle aux mondes du jazz, des cuivres et de l’harmonie musicale. Raymond Fonsèque a eu des obsèques en musique le vendredi 25 novembre en l’église de Chéronvilliers, petite commune qui l’a accueilli en 1995.
Michel Laplace

(source : Trompette, Cuivres & XXe Siècle, CD-Rom de Michel Laplace, 2008).

© Jazz Hot n°657, automne 2011