Oscar Brown, Jr. © Sandra Miley (fusain)
OSCAR BROWN Jr.
Le réel et le jazz
«L'œuvre d'Oscar est une ode exubérante à la vie elle-même… Elle vous remonte le moral et représente toutes les joies et les possibilités de la vie, quelles que soient les conditions difficiles auxquelles on est confronté.» (Studs Terkel*)
Chanteur-artiste du jazz, poète, activiste social, agitateur public, auteur-compositeur, interprète, acteur, présentateur, animateur, dramaturge musical, producteur, metteur en scène, parolier, enfant du siècle des lumières afro-américain, messenger du Black Arts Movement, créateur de passages entre savoirs populaires de transmission orale et savoirs codifiés de transmission écrite, Oscar Cicero Brown, Jr. (10 octobre 1926, Chicago, IL-29 mai 2005, Chicago, IL) est né dans un quartier, à l’origine industriel, du South Side de Chicago rebaptisé «Bronzeville», sans qu’il soit nécessaire d’en donner l’explication. Sans parler des expressions de rue (rap ou hip hop) qui ont repris par opportunité et par mode quelques «recettes» de leur écoute d’Oscar Brown Jr., les amateurs de jazz connaissent parfois l’œuvre enregistrée, somme toute assez réduite quantitativement malgré son succès public et en regard de son talent artistique musical. Oscar l’explique par le fait qu’il est arrivé au jazz en 1960, tard dans l’histoire du jazz, à un moment où le jazz a connu sa première décrue, la fin de son âge d’or, c'est-à-dire de son indépendance, de ses labels spécialisés et de ses clubs mythiques: «Je suis né dans un berceau où je pensais, en grandissant, que le jazz allait devenir incontournable […] mais ça a filé à vau-l'eau.» Bien que ponctuel dans une activité polymorphe, son apport à l’expression vocale dans le jazz a été marquant et de qualité, comme auteur et interprète, dans une histoire du jazz vocal déjà aussi longue que riche, de contenus, de génies des deux sexes, depuis Bessie Smith, Louis Armstrong, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Mahalia Jackson, Big Joe Turner et tant d’autres. Il ne fait aucun doute qu’Oscar Brown, Jr. se place dans cette lignée dont lui-même s’est inspiré: le rapprocher de ses aînés les plus directs, Cab Calloway, Eddie Jefferson, Jon Hendricks, n’empêche pas de souligner la particularité de son écriture, de son phrasé, globalement de son expression, et de son long parcours qui l’expliquent. Ses actions, ses recherches, dans toutes leurs dimensions (politiques, sociales, théâtrales…), souvent plus larges que le jazz, ont été indubitablement imprégnées de l’esprit d’un jazz ancré dans le blues, et traduisent son enracinement dans l’Afro-Amérique. Car voilà, comme toujours, mais bien plus encore dans le cas d’Oscar Brown Jr., il serait superficiel, appauvrissant de réduire son œuvre à sa dimension de jazz vocalist, même si son talent dans ce domaine n’est surtout pas à séparer de l’ensemble de son œuvre quand on souhaite en sentir les nuances et la force. Oscar Brown Jr. est arrivé sur la scène du jazz tout en haut de l’affiche, dès ses débuts en 1960, avec un album exceptionnel de densité, Sin & Soul… and Then Some, qui symbolise à lui seul son talent. De sa voix expressive gorgée de blues et de swing, avec une énergie fréquente dans ce temps et ce monde, Oscar Jr. place des textes profonds sur sa musique («But I Was Cool», «Bid ‘Em In», Signifyin’ Monkey», «Mr. Kicks»…) ou celles de compositeurs du jazz («Work Song», «Dat Dere», «Sleepy»…) soutenu par un big band. L’album est très bien accueilli par le public et il est aujourd’hui légendaire. La maturité de son expression, de son art, étonne mais s’explique quand on sait qu’il a déjà effectué un bon bout de chemin, familial, social, politique, artistique dans une ville à part, Chicago.
«L’artiste doit choisir de se battre pour la liberté ou l’esclavage. J’ai fait mon choix. Je n’avais pas d’alternative.» Paul Robeson, Londres, 24 juin 1937, concert de soutien aux Républicains espagnols. A la recherche de sa vérité, celle d’un Afro-Américain dans l’Amérique d’après 1945, avec des inspirations et des motivations autant philosophiques qu’artistiques (Paul Robeson, Harry Belafonte…), Oscar Jr. n’a pas saisi l’opportunité d’une carrière lucrative et médiatique ou «simplement» artistique qui s’offrait, mais bien fait le choix politique d’une action indépendante, polymorphe, alternative, celle d’un homme déterminé au sens le plus étendu de la responsabilité, dans une époque où il perçoit avec lucidité les éparpillements et les dérives présentes et à venir de la société américaine. Ce qui a égaré la perception de la critique et des amateurs du jazz, et sans doute même de ses proches, est le fait qu’Oscar Brown Jr. a entrepris ce solide cheminement humain avec autant de constance et de sérieux que de légèreté, de liberté, avec une rapidité de décision, d’initiative, un sourire, une bonne humeur et un humour, une apparente dispersion dont il voyait seul la cohérence, qui l’ont conduit là où ne l’attendent pas les a priori normés du plus grand nombre –de ceux qui se prétendent les plus «branchés», de la critique– dans le théâtre, le social, la politique, la télévision, les luttes et revendications. Il a su, malgré l’aisance et le brillant de son talent artistique, sa notoriété précoce, «son carnet d’adresses» plus que fourni, éviter les écueils du clinquant et du «métier» pour rester, même dans son action politique, aussi jazz et profond que dans son expression musicale vocale, théâtrale et poétique. Partons à la découverte d’Oscar Brown Jr., un grand artiste et citoyen du XXe siècle dont nous célébrons le centenaire en 2026, une année de grands crus pour le jazz! Hélène et Yves Sportis Dessins (fusain) Sandra Miley Image extraite de YouTube et JAZZ HOT Remerciements © Jazz Hot 2026
SWEET HOME CHICAGO «Etre noir n’est pas toujours plaisant mais c’est l’occasion d’un exercice vigoureux pour l’âme. Cela peut enrichir un artiste.
Les mélodies que je compose proviennent d’airs, de rythmes, de chants, d’appels et de cris qui m’ont toujours ému. Mes paroles sont des vers au sujet de sentiments que j’ai éprouvés et de scènes que j’ai aimées… » (Oscar Brown, Jr., Jazz Hot n°195, février 1964) 
Ce surnom du South Side de Chicago symbolise la migration sud-nord, à l’instar de la famille d’Oscar Jr. dont le grand-père, d’une famille d’esclaves, lui-même professeur à Edwards dans le Mississippi, était parti dans le sud de l’Arkansas, où Oscar C. Sr. et son frère Sydney P., les père et oncle d’Oscar Jr., sont nés, près de Camden, AR. Au fil des migrations, Bronzeville rebaptisé parfois «Black Metropolis» à partir des années 1920 tant le quartier mute en une pépinière florissante dont le jazz, le blues et le gospel sont les ambassadeurs visibles à l’international, toute cette effervescence ayant été permise par l’essor industriel et commercial de la Ville des vents; le quartier, comme la ville et même le pays sont aussi dopés par la Chicago Black Renaissance(1), un mouvement d’émancipation du New Negro favorisant l’instruction, la production de savoirs et d’expressions, et la reconnaissance de l’Afro-Amérique, dans un contexte politiquement plus engagé, plus radical que sa jumelle à New York, la Harlem Renaissance, toutes deux locomotives en matières d’arts, de philosophies, de pratiques démocratiques et spirituelles issues de l’histoire tragique dont est née la civilisation afro-américaine, composante particulière de la civilisation américaine en raison de la ségrégation. Cette fermentation dynamique se renforce encore grâce aux idées de W.E.B. du Bois engagé dans la NAACP(2) dont le père d’Oscar Jr. devient le président de la section de Chicago en 1944, focalisant son action sur le logement, la police, l’éducation, augmentant notablement le nombre des adhérents. Oscar Sr. a transmis à son fils son énergie débordante et polymorphe, toute entière investie dans l’activisme pour faire exister leur communauté. Sa mère, Helen Clark Brown, institutrice, est également impliquée dans l’amélioration des conditions de vie de la communauté. Oscar Jr. a une sœur aussi prénommée Helen et leur vie d’enfants est protégée, agréable. La famille respecte deux traditions religieuses, baptiste Pilgrim par son père et épiscopale Saint-Edmond par sa mère. Le directeur musical de l’église Pilgrim est Thomas Dorsey (p,arr, 1899-1993), ancien bluesman converti au gospel qui forma Mahalia Jackson, laquelle avait acheté un salon de beauté en face de l’église de Thomas Dorsey en 1938. Ce salon devient un foyer du gospel avec la cuisine réputée de Mahalia à l’arrière du local. La Crise de 1929 ayant gravement impacté Bronzeville, le public se met à fréquenter davantage les églises qui résonnent de gospel. Thomas et Mahalia tournent régulièrement de 1940 à 1951.
Au Chicago Theater ou au Regal, Oscar Jr. découvre Cab Calloway, Billie Holiday, Count Basie, Earl Hines, Duke Ellington… Par-delà ses aptitudes développées grâce au cercle familial, Oscar Jr. se construit à ce moment charnière de l’acception du mot «art» pour le jazz et plus largement les expressions populaires: celui où la qualité d’art passe de la définition amidonnée académique des classes privilégiées attachées à leur besoin de paraître et de posséder, à son adoption dans le cadre démocratique en plein essor par l’observation approfondie et juste que la réalité humaine dans son ensemble, apte à sublimer toutes les réalités sociales, même les plus sordides comme celle de l’esclavage et de la ségrégation, peut créer de la beauté, de l’art, nommé alors «art populaire» dans cette période d’utopie où les classes sociales jusque-là méprisées luttent pour accéder au respect de leur dignité, l’art en étant l’une des conditions, comme dans le mouvement du Front populaire en Europe et en France. Le théâtre politique et/ou musical de l’entre-deux guerres s’installe: il s’inspire et se pratique avec et dans l’espace social, du travail, politique et revendicatif. A la deuxième Libération, en France, Jean Vilar crée le Théâtre national populaire dont l’objectif est précisément de donner accès et familiarité au plus grand nombre d’un répertoire exigeant et joué par les meilleurs talents; le cinéma n’est plus le rêve guimauve du «premier niveau d’expérience» théorisé par James Baldwin(2), mais la vie, souvent dure, ses joies simples, le sordide dont l’humanité doit prendre conscience pour s’en s’échapper et s’élever, de Fritz Lang au néo-réalisme italien en passant par Julien Duvivier ou Jacques Becker. Aux Etats-Unis, Charlie Chaplin, Frank Capra, Billy Wilder, Josef Mankiewicz, Martin Ritt, et autres cinéastes peignent la société sans ses masques, ce qui n’est pas du goût de John Edgar Hoover (FBI), du HUAC (comité des activités anti-américaines), la réaction du maccarthysme qui devient le point culminant du combat pour la liberté de conscience, surtout dans les arts.
What happens to a dream deferred? Qu'advient-il d'un rêve différé
Does it dry up Se dessèche-t-il like a raisin in the sun? comme un raisin au soleil? Or fester like a sore – Ou s'envenime-t-il comme une plaie And then run? Puis s'écoule-t-il? Does it stink like rotten meat? Pue-t-il comme de la viande pourrie? Or crust and sugar over – Ou se recouvre-t-il d'une croûte sucrée like a syrupy sweet? comme un bonbon sirupeux? Maybe it just sags Peut-être s'affaisse-t-il simplement like a heavy load. comme un lourd fardeau. Or does it explode? Ou explose-t-il? (Harlem, Langston Hughes, 1951)
En France dès le XIXe siècle, la peinture, par la quête de perception du réel (lumières, couleurs, densités, mouvement, sujets, nature) a aussi pris sa place dans le quotidien, dans les combats, dans la politique; l’art écrit, du roman à la poésie, de «La Ballade des pendus» de François Villon aux Misérables de Victor Hugo ou à l’injustice et la vengeance du Comte de Monte Cristo d’Alexandre Dumas, parmi beaucoup d’autres auteurs essentiels, a entretenu la prise de conscience, grâce au travail humble et fondateur des «hussards de la République», les enseignants qui transmettent les clés de l’émancipation individuelle et collective, en s’inspirant des artistes pour se projeter. Aux USA, la fermentation se fait davantage par les communautés, sur le tas, dans une forme d’anarchie d’un Etat en formation qui apporte une liberté moins corsetée par les préjugés sociaux de classe tels qu'ils existent en Europe, et malgré le racisme, dans une Amérique immense et sauvage, celles des inégalités sociales sans limite, de la ségrégation qui suit l’esclavage. La recherche du rêve américain, dans la vraie vie et pour tous, est semée des obstacles les plus infranchissables. Ces conditions paradoxales, extrêmes, la dureté même d’une vie fondée sur la concurrence, sont parmi les clés de compréhension du dynamisme artistique des Etats-Unis. De l’œuvre de Jack London aux Raisins de la colère de John Steinbeck et au «Strange Fruit» de Billie Holiday en 1939, au «raisin desséché au soleil» du poème Harlem de l’écrivain-activiste Langston Hughes(2) en 1951, le «deuxième niveau d’expérience» (James Baldwin) émerge dans toute sa viscéralité brutale, dans la honte jetée à la face de ceux qui dictent la morale qui les favorise. Langston Hughes est un témoin essentiel de cette prise de conscience du caractère artistique de son expression dans la vie réelle: il habite Paris en 1924 et fait la plonge au Grand-Duc, rue Pigalle, la boîte de Brick-Top alias Ada Smith, où en entendant du jazz, perçu très tôt par la ville lumière comme un art, il comprend que c’est un art populaire savant avec ses propres références culturelles (rythme, phrasé, couleurs, références, expériences), et non un folklore éphémère sans intérêt comme il l’avait appris dans son pays, les Etats-Unis. Sa pensée est fulgurante: «Toute ma poésie était du jazz». Car s’il est bien un art du réel, à la pratique démocratique du live, qui s’est largement répandu sur la planète par son message philosophique de liberté, adopté pour cette raison sans propagande, à la suite de deux guerres mondiales dont une d’extermination, suivies de deux Libérations, des décolonisations, un art qui a vécu des phénomènes tels que la Prohibition, la Crise de 1929, ou la Guerre froide pour ne citer que les principaux évènements qui l’ont alimenté après l’expérience de l’esclavage et de la ségrégation, c’est bien le jazz. Il restait à faire admettre qu’un asservissement se métabolise en civilisation de liberté alternative par le rejet-même de la société qui asservit, que ce dépassement fasse naître des arts, des sons aux danses, au théâtre, à la poésie, au roman, à la langue (le jive), aux vêtements, aux arts décoratifs, à la cuisine, à la philosophie, aux savoirs, jusqu’à la découverte d’une autre histoire. Cette reconnaissance va venir de Paris qui voit s’installer le peintre Henry Ossawa Tanner en 1891, puis W.E.B. du Bois(2) organiser avec Thomas J. Calloway (juriste et journaliste) la première exposition sur Le Noir Américain à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, et une revue entière dédiée au jazz hot en 1935. Paris où les esthètes-chroniqueurs, les artistes, les amateurs, les philosophes et écrivains, célèbrent voire adulent des artistes méprisés chez eux, comme Louis Armstrong en 1932, Duke Ellington, Coleman Hawkins, Benny Carter et bien d’autres, ce qui va permettre à l’Afro-Amérique de s’appuyer sur cette terre non américaine pour se faire (re)connaître et (re)prendre sa place sur la planète et d’abord, surtout aux Etats-Unis, au-delà d’y être perçu et d'y vivre comme un simple entertainment.
I AM HISTORY *
I am history Je suis l'histoire Time did this for me Le temps a fait cela pour moi From my present got me cast De mon présent m'a projeté Into the everlasting past Dans le passé éternel To be history Pour devenir histoire Indivisibly Indissociablement Bound to what went on before Lié à ce qui s'est passé avant Forever more A jamais (Oscar Brown Jr., What It Is, poems and opinions of) 
L’avènement du jazz, sa visibilité par la reconnaissance de l’Afro-Amérique sont des ouvertures de voies. Quel était ce rêve profond et joyeux d’Oscar Brown, Jr, un électron libre, anti-codes, anti-cloisonnement entre les pratiques sociales d’un art politisé, engagé, qui passa sa vie à «faire ses humanités», à apprendre des autres, pour partager ses découvertes avec ceux qui n’ont pas eu sa chance de naître dans sa famille, dans son temps? Un rêve irréductible et sans borne, une utopie. Ramener ou réduire sa trajectoire, sa production à quelque mode éphémère restreint considérablement sa portée, s’agissant de celui qui pensait que la voix, dans toutes ses formes, a le pouvoir de changer la vie.
C’est d’ailleurs un étrange renversement des valeurs philosophiques du jazz que sa descendance recrée au XXIe siècle simultanément des rigidités d’apprentissage académique normé –au détriment de la transmission orale transgénérationnelle– pour écumer les subventions par cooptation institutionnelle (les clubs, scènes et autres joints ont été remplacés par les écoles, universités, organismes culturels), ainsi que des acceptions commerciales artificielles depuis toujours, nationales réductrices (le jazz français, suédois, danois, etc.), géopolitique (le jazz européen, oriental…), sexiste (le jazz féminin, et bientôt le jazz LGBTQIA2S), des micro-styles à étiquettes commerciales de modes (des revivals au rap, hip hop, slam, musiques créatives et improvisées…) qui auraient fait tiquer les prolifiques-polymorphes hep cats Cab Calloway ou Slim Gaillard, autant de dérives dévoyées et découpages par corruption des intérêts particuliers segmentant l’universalité du jazz-art, subversif par essence et non conformiste comme tout art méritant cette appellation. Passer du premier au deuxième niveau d’expérience mis en lumière par James Baldwin(2) requiert le courage de s’extirper du conformisme confortable et adolescent pour accéder à un niveau de conscience qui remet en cause, pour les dépasser, les normes sociales intégrées par les moutons de Panurge (Rabelais), constitué de l’ensemble des codes intangibles imposés qui font les sociétés (cf. Les animaux malades de la Peste, Jean de la Fontaine ou Signifyin’ Monkey d’Oscar Brown). Ce saut dans la réalité, contraire aux convenances, est un véritable repoussoir social qui assigne à la marginalité celui qui verbalise et expose ce qu’il voit, ce qu’il vit sans hypocrisie et sans fard (https://www.oscarbrownjr.org/post/america-the-schizophrenic-sociopath). C’est dans cette adversité, cette marginalité, que se gravit le chemin, parfois âpre mais toujours exaltant, sur la ligne de crête escarpée de la création authentique, hot en matière de jazz, honnête/sincère, toujours alternative en regard des pouvoirs qui agissent dans tous les secteurs de l’activité humaine, l’art en particulier; une création libérée de la corruption de l’aveuglante «place au soleil», une construction pierre après pierre d’une œuvre (et non d’un produit) qui s’accompagne du nécessaire équilibre à trouver entre les moyens de vivre, de créer, et la machine à corrompre au quotidien de la reconnaissance institutionnelle, critique, officielle, commerciale ou «grand public», même et surtout quand pour des raisons d’époque le génie rencontre le succès public (Ray Charles, Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Sidney Bechet… ou Charlie Chaplin). C’est un exercice solitaire, en conscience, parfois et souvent à l’opposé de l’intérêt matériel ou de l’ego, mais indispensable à l’authenticité, à l’éternité dont ont su faire preuve tant d’artistes de jazz, célèbres ou moins célèbres, et qui ont fait du jazz un exemple, inédit à ce niveau d’intensité et d'honnêteté, d’exigence et de multiplicité des génies, de culture artistique populaire, de qualité. C’est ainsi que l’enfant choyé, heureux, Oscar Brown Jr., né dans l’âge d’or du jazz s’est trouvé dans ce dilemme, dans cet entre-deux, entre «la belle vie» promise par la société de consommation mondialisée du show biz, des emplois institutionnels qui s’ouvrent à lui pour assurer le quotidien, et la prise de risques en osant d’autres idées sur le fond et dans la forme, en bousculant des codes, grâce à un ego bien placé, une personnalité structurée précoce, renforcés par des parents qui avaient cru le perdre à sa naissance, par une solide culture, une perception fine des situations entre le premier niveau d’expérience du rêve de l’Amérique et le deuxième de l’Afro-Amérique du réel, surtout en raison de l’héritage familial fondé sur la solidarité, le devoir moral de prendre soin des autres, d’une rigueur personnelle qui pèse dans la balance. C’est avec l’esprit rivé sur le fléau de cette balance sensible que s’est tissé l’art d’Oscar Jr., en faisant son travail social pour transmettre aux déshérités les clés du deuxième niveau d’expérience par tous les moyens à sa disposition, un double objectif l’amenant à des essais, des impasses, des ruptures et des rebonds pour trouver la voie d’une philosophie profonde par la légèreté de la présentation, à l’instar des œuvres de Charlie Chaplin ou de Marcel Pagnol. Sa quête duale, une alchimie subtile entre la nécessité individuelle de dire le réel violent et du devoir d’aider des collectifs à trouver le courage d’aller de l’avant avec détermination, son caractère espiègle hérité de l’enfance, irradiant d’humanité même quand il chante l’inhumain («Bid 'Em In»), comme Billie Holiday assénant/infligeant «Strange Fruit», ne sont que repris superficiellement par la postérité «selfie»; elle ne capte d’Oscar Jr. que le moins questionnant, le plus «adaptable» en terme de mode et de commerce (rap, hip hop, slam), le plus accessible, «duplicable» en terme technique du message complexe, élaboré d’Oscar Jr.: elle le réduit à un contresens anachronique, alors même qu’Oscar Jr. a rêvé de décloisonner les arts, –un processus complexe, savant–, pour inventer un matériau composite, pétri d’histoire(s) des humains, dont celle de l’Afro-Amérique aux USA, puisant chez les artistes et philosophes, précédents et contemporains, des indignations et des utopies pour rester à la hauteur du défi; contre l’inaction. Deux mots reviennent souvent dans la réflexion d’Oscar Jr.: «essayer» et «edutainment», néologisme formé des mots education et entertainment (divertissement), «un divertissement qui instruit», comme disait Alexandre Dumas. Sa démarche artistique est ancrée dans la vie de chacun pour soumettre des débats politiques et moraux, des questions philosophiques et religieuses, où le surnaturel intervient pour permettre l’explication par le symbole, comme dans Miracle à Milan (Vittorio de Sica/Cesare Zavattini, 1951). Oscar Jr. apprenait des autres, piqué par sa curiosité insatiable, comme il partageait avec eux ses savoirs pas seulement par devoir de générosité, mais pour changer l’état des choses. Sa maïeutique, son processus de fabrication artistique par le social pour réfléchir lui-même et faire réfléchir, rendent le personnage autant que l’artiste indéchiffrable quand on se contente de le lire avec les normes de la société de consommation, comme avec celles des élites. Retour sur les chemins de traverses d’Oscar Brown Jr., pavés de facéties pour creuser en profondeur! 
Deuxième prénom du jeune Oscar, Cicero(3) lui est également légué par son père qui le porte déjà! Car Oscar Cicero Brown Sr., né en 1895, sort diplômé en droit et commerce à 21 ans, d’Howard University à Washington, DC, «le Harvard afro-américain», puis il part en 1917 faire la guerre en Europe. Au retour, il devient avocat, comme son frère Sydney P. Brown (tous deux écrivent des poèmes sur leurs vies), montant ensemble un cabinet réputé à Chicago dans le quartier des grandes salles de jazz, là où la vie est trépidante. Dans les années 1930, Oscar Sr. crée le National Movement for a 49th State, une action visant à obtenir un Etat pour les Afro-Américains descendants d’esclaves, géré par et pour eux seuls, en récupérant leur part de bénéfices du New Deal (1933-1938) voté pour juguler la Crise de 1929, «l'occasion pour la nation de réduire sa dette envers les Noirs pour l'exploitation passée», une idée toute chicagoane qui n’aboutira pas, mais restera bien ancrée dans le cerveau d’Oscar Jr., et fera se rallier en quelques années la plupart de ses membres au parti communiste (cf. Une Faim d’égalité de Richard Wright). A l’été 1940, à l’occasion des 75 ans de la fin de l’esclavage et de la Civil War, l’American Negro Exposition(2) est organisée au Chicago Coliseum par James W. Washington, homme d’affaires dans l’immobilier; Henry Ossawa Tanner y est célébré en donnant son nom à l’un des halls qui reçoit la plus grande collection d’art afro-américain alors rassemblée dont dix de ses œuvres, une version swing de l’opérette française Les Cloches de Corneville (Chimes of Normandy) y est jouée; Arna Bontemps, Langston Hughes, Duke Ellington, Paul Robeson(2), des compagnies de danses et des chœurs font partie des artistes sollicités.
Oscar Sr. fera aussi la 2e Guerre mondiale dans les troupes du débarquement en Méditerranée et dirige à son retour la NAACP de Chicago et la Chicago Negro Chamber of Commerce. Businessman avisé, toute sa vie est tournée vers l’immobilier, du courtage au problème social du logement, dans une cité rongée par la corruption et les escroqueries en tous genres (cf. Chicago de Nelson Algren), luttant tous azimuts pour améliorer la situation des Afro-Américains à cette époque en grave déficit d’égalité des droits et des libertés. Nul doute aussi que ce prénom Cicero, celui du grand avocat-homme politique-écrivain romain, donnera une portée symbolique à la construction de la personnalité revendicative de justice et la prestation artistique d’Oscar Brown Jr. (la voix et l’écrit), un alliage jazz entre politique, free speech, stand up, théâtre, poésie, spoken word, danse, s’inscrivant dans la filiation des amoureux du cabaret-café society(4) des années 1920 à 1950, même si nos contemporains, spécialistes et amateurs compris, ne perçoivent plus aujourd’hui en Oscar Brown Jr. que l’un des représentants, précurseur du vocalese(5), du slam, du rap, ou du hip hop. Homme de culture, Oscar Jr. a pourtant eu à cœur, pour garder sa chère liberté de ton et d’action, de s’inscrire dans un continuum où il apporte l’originalité et l’indépendance d’esprit qui le gardent à distance railleuse et verbalisée des paillettes du bruit médiatique et du confort matériel des happy fews des studios et des scènes traditionnelles… Entraîné dans le cercle familial comprenant au moins deux débatteurs redoutables, Oscar Jr. a une excellente diction, une élocution soignée et chante dès l’enfance. Ses aptitudes et son assurance acquises à l’âge tendre finit de se muscler au sein du cabinet familial Brown, Brown, Cyrus & Green qui lui donne le goût des histoires humaines, un sens moral et du juste, sans pour autant le convaincre d’arriver à étudier pour devenir avocat. Une fois le secondaire fini avec presque deux ans d’avance au Lycée d’Englewood situé dans le South Side, il entre en 1943 à l’Université du Wisconsin-Madison, puis va de l’Université du Michigan d’Ann Arbor à Lincoln University en Pennsylvanie et décide finalement de raccrocher définitivement ses études de droit à 25 ans sans aucun diplôme acquis; il est déjà marié et père de famille. Il faut dire que depuis ses 15 ans, Oscar Jr. mène une vie d’artiste, s’essayant avec succès à la radio comme acteur-chanteur créant le personnage de Lowell Pryor pour Secret City sur NBC sous la direction de Studs Terkel, et rémunéré royalement 10$ de l’heure —il sait qu’il a trouvé sa vocation!
Oscar Brown Jr. et Studs Terkel dans Music Is My Life Politics My Mistress: The Story of Oscar Brown Jr., Official Film by Donnie l. Betts, https://www.youtube.com/watch?v=yjNJvwDLM4E, image extraite de YouTube ( (cf. Vidéographie)
Studs Terkel (https://studsterkel.wfmt.com/) l’ami d’une vie, est né en 1912 dans le Bronx, d’une famille russe de confession juive qui s’installe à Chicago où ses parents tiennent le Wells-Grand Rooms; son travail à l’accueil est comme un théâtre, une collection de portraits qui vont inspirer Studs dans son futur travail de chroniqueur sur la diversité humaine. Adulte, Studs est acteur au sein du Chicago Workers Theater (1933) qui devient le Chicago Repertory Group en 1934, un ensemble d’activistes du théâtre produisant des pièces à thèmes socio-politiques d’actualités, pour éduquer le public, y compris avec des pièces du Federal Theatre (Arthur Miller, Orson Welles, John Houseman, Martin Ritt, Elia Kazan, Joseph Losey,…), un programme culturel du New Deal pour limiter les dégâts de la Crise de 1929 et dont Eleanor Roosevelt est la bonne fée; la Première dame est aussi envoyée par son mari, le président F. D. Roosevelt, pour soutenir Henry Wallace à Chicago (futur Progressive Party 1948-1950, puis ciblé par le HUAC dans le procès Alger Hiss) comme candidat à la vice-présidence des Etats-Unis. Mahalia Jackson est recrutée pour chanter pendant la campagne de F. D. Roosevelt de 1932 à Chicago, alors qu’elle vient de graver en 1931 ses premiers titres pour la Convention nationale baptiste et qu’elle assure son quotidien par des emplois alimentaires (elle est arrivée de New Orleans en 1928 et la Grande Depression frappe durement les Afro-Américains à Chicago, cf. Richard Wright, Une Faim d’égalité). Au sein du Federal Theatre est constitué le Negro Theatre Unit comprenant vingt-deux groupes à travers les USA, avec une production célèbre, Voodoo Macbeth (1936, https://www.filmpreservation.org/preserved-films/screening-room/voodoo-macbeth) adaptée de Shakespeare par Orson Welles, et l’African American Dance Unit qui s’est illustrée notamment en mettant le projecteur sur la Guerre d’Ethiopie (1935). L’environnement de Studs comprend Clifford Odets (dramaturge, scénariste, plus tard ciblé par le HUAC), Tennessee Williams, Billie Holiday, Paul Robeson, Pete Seeger, James Baldwin, Nelson Algren et de nombreux autres qui seront dans le collimateur du maccarthysme. Du théâtre à la radio, à cette époque, il n’y a qu’un tout petit pas que Studs va franchir et il démarre comme bénévole sur WFMT où il installe son public jusqu’en 1997! Le pas vers la TV échoue en raison de la chasse aux sorcières qui sévit dans les studios. Les deux outils de Studs sont l’enregistrement et le stylo, ses moteurs sont la curiosité et l’histoire des vies prises dans l’Histoire, le travail, les arts, et son objectif est de documenter et préserver la mémoire orale américaine, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale (Prix Pulitzer 1985), la Crise de 1929, la Guerre du Vietnam et Daniel Ellsberg. Son activisme politique a été encouragé et partagé avec sa compagne d’une vie, Ida Goldberg, assistance sociale. Comme Oscar Jr., Studs est passé par l’université de droit, et pour les mêmes raisons que lui (et que Max Gordon du Village Vanguard!), il détestait la profession d’avocat. Les deux amis se retrouveront dans la série Destination Freedom de Richard Durham sur WMAQ. Trente-six ans après leur première collaboration radiophonique, Studs interviewe régulièrement Oscar Jr., notamment en juin 1977 pour ses 50 ans, et en septembre 1996 pour ses 70 ans (cf. films, documentaires, interviews infra). Studs décède en 2008, trois ans après Oscar Jr., un compagnonnage de 64 ans…
STRAIGHT NO CHASER
When Paul Robeson broke silence asunder Quand Paul Robeson rompit le silence I remember being filled with wonder Je me souviens avoir été émerveillé At that glorious sound Par ce son glorieux Echoing sound Ce son résonnant Booming with his spiritual thunder Qui grondait comme un tonnerre spirituel Yes, it was while I was young Oui, c'est quand j'étais jeune That my consciousness got sprung Que ma conscience s'est éveillée By the speech Paul Robeson gave that day Grâce au discours que Paul Robeson a prononcé ce jour-là Back in 1948 En 1948 When I was a candidate Quand j'étais candidat To be turned on by all he would to say A être enthousiasmé par tout ce qu'il avait à dire «Paul Robeson’s Voice», poème d’Oscar Brown, Jr.
D’autres piliers dans la construction d’Oscar Jr.: Dusty Fletcher (1900-1954) est un chanteur-acteur-clown acrobate de vaudeville qui a participé entre autres à la revue afro-américaine Fast and Furious produite à Broadway en 1931, et sort le célèbre «Open the Door, Richard» en 1947, qu’il chantera à l’Apollo Theatre jusqu’à son décès; le thème est si communicatif qu’il est aussi repris par Count Basie et Louis Jordan. Ce comédien bruyant et insolent jouant un personnage décalé, est un des héros d’Oscar Jr. en matière d’expression vocale et gestuelle pour sa recherche scénique: enfant, il allait le voir au Regal Theater situé non loin du cabinet d’avocats familial, toujours cet «entre-deux» du choix de vie. La seconde inspiration d’Oscar Jr. sont les marchands ambulants (un atout aussi scénique voire chorégraphique), des métiers qu’il saisit en tant que fait artistique quand il entend la voix d’Helen Dowdy, la vendeuse de fraises dans la distribution de Porgy and Bess en 1935(4). Il cherchera longtemps le ton et la forme appropriés de la déclamation chantante du «Chee-ca-go Defen-der» des vendeurs à la criée du journal de Robert Sengstacke Abbott (1870-1940), né en Géorgie, qui, dès 1905, incite fortement ses lecteurs à migrer vers Chicago pour échapper au sud raciste tenu par le carcan Jim Crow, faisant de son journal le plus lu de l’Afro-Amérique. Juriste diplômé à Chicago en 1898, défenseur acharné des droits et libertés, ses arguments concrets portent sur l’emploi et la justice sociale, contribuant ainsi largement à la Grande migration. La devise du journal est claire: «Les préjugés raciaux américains doivent être détruits.» et Richard Wright, Chester Himes, entre autres, écrivent dans ses colonnes. Millionnaire, R.S. Abbott a conservé la même maison du South Side toute sa vie. Un autre modèle pour Oscar Jr., de droiture et du sens politique d’être indépendant dans son travail. Oscar Jr. cherche le son, le mot, le scénario, le geste, l’attitude, l’accent, l’intonation «justes», pour interpréter les situations avec vraisemblance, et va finalement les inventer lui-même: en plus des dossiers du cabinet d’avocats, son apprentissage dans le secteur de l’information va être déterminant pour devenir auteur du réel. Présentateur pour Negro NewsFront (1948-1950), premier journal radiophonique quotidien afro-américain (WJJD, WVON), créé par Vernon Jarrett, ex-journaliste de l’Associated Negro Press qui a été la première agence de presse afro-américaine située à Chicago (1919-1964, 200 journaux aux USA, Antilles, Afrique) dont le fondateur, Claude Albert Barnett, panafricaniste soutenant les décolonisations, était lié aux artistes Florence Mills, Ada Bricktop Smith, et aux politiciens ou activistes Henry Wallace, Booker T. Washington, Marcus Garvey, Kwame Nkrumah, Président de la République du Ghana, qui accueillit W.E.B. du Bois au Ghana jusqu’à son décès la veille de la Marche du 28 août 1963. Vernon Jarrett est très investi dans l’éducation des jeunes parmi ses nombreuses activités militantes. Avec lui, Oscar Jr. découvre la réalité quotidienne inquiétante des Afro-Américains qui ne sont pas de sa classe sociale, la décolonisation en marche, ce qui l’amène à s’inscrire au Parti Communiste et à s’investir dans le Civil Rights Congress, organisation active de 1946 à 1956 menée depuis 1948 par William L. Patterson(2), juriste communiste qui avait été arrêté en 1927 pour avoir défendu les anarchistes Sacco et Vanzetti et plus tard Paul Robeson. Vernon Jarrett était un proche de Langston Hughes et résidait à Chicago depuis 1938; il est signataire et porteur à Paris de la pétition adressée à l’ONU en décembre 1951, accusant l’Etat fédéral américain de complicité de génocide en raison des lynchages non poursuivis ni réprimés. Paul Robeson, de son côté, en avait remis une autre à l’ONU à New York, car son passeport lui a déjà été retiré, l’empêchant de voyager et de travailler, en raison de ses discours contre la Guerre de Corée (1950-1953), contre le nucléaire. Paul Robeson a été un contestataire très structuré sur lequel Oscar Jr. écrira plusieurs poèmes glorifiant son courage politique face aux mauvais coups répétés de l’Etat américain pour l’empêcher de dire ce qu’il pensait. De janvier à juin 1953, Paul Robeson participe aux concerts et manifestations de soutien aux époux Rosenberg qui seront exécutés en juin, malgré des mobilisations planétaires. Oscar Jr. va vivre au cœur de tous ces événements, toutes ces informations qui agitent le monde, les Etats-Unis, parmi lesquelles il inclut dans ses chroniques la poésie (Countee Cullen, Langston Hughes…), le jazz-blues-gospel. Oscar Brown Jr. tentera encore de trouver une voie d’action pragmatique en se présentant aux élections de l’Illinois General Assembly de 1948 sous l’étiquette du Progressive Party d’Henry Wallace dont les analyses nationales et internationales se rapprochent à ce moment-là de celles du Parti Communiste américain. Oscar Jr. travaille aussi sur la radio WMAQ pour l’émission Destination Freedom (cf. Vidéographie) proposant les biographies de personnalités historiques afro-américaines ayant contribué à tracer le chemin vers la liberté, une émission conçue et produite par Richard Durham(2), écrivain et communiste, ex-journaliste à New Masses(4) et au Chicago Defender, une activité qu’Oscar Jr. garde jusqu’en 1951. Cette période 1947-1953 est celle du maccarthysme qui exclut de la vie publique et de leur travail ceux qui affichent leur esprit critique, leur indépendance, leur non conformisme à l’american way of life, poussant par exemple James Baldwin à s’exiler en France dès 1948 pour sa sécurité. Le FBI dirigé par John Edgar Hoover de 1935 à 1972 ouvre des dossiers sur toute personne suspectée jusqu’aux 3000 pages sur Eleanor Roosevelt, femme du Président! Tous les moyens sont bons pour entraver la vie des opposants, voire les exécutions sommaires; le HUAC (Comité des activités anti-américaines) fonctionne de 1938 à 1975, tous ceux qui ne sont pas «pour» les USA sans réserve, c’est-à-dire en fait de l’avis du FBI d’Hoover, sont suspectés de communisme, et harcelés à ce titre, plusieurs artistes en mourront. Sur le plan personnel, parfois complexe à éclaircir dans une vie aussi riche (nous restons ouverts à des compléments d’information), Oscar Jr. est marié depuis décembre 1947 avec Irene Eva Hebert(6), assistante sociale, puis créatrice de tissages et photographe, avec laquelle il a ses deux premiers enfants, Napoleon et Donna; en 1951, il arrête de s’inscrire par intermittence en première année de droit (cinq universités en huit ans), et se présente, toujours avec son idée de «faire du concret», de nouveau sans succès, aux primaires républicaines à la Chambre des Représentants en 1952; il travaille avec Richard Durham dans les relations publiques pour des syndicats, des musiciens aux ouvriers de l’emballage ou des abattoirs: là aussi, il apprend la stratégie dans les rapports de force. Il trouve ensuite un emploi dans la publicité recruté par l’agence Sam Gershuny & Sheldon Sosna, lesquels l’initient aux actions coordonnées de sit-in dans les restaurants chics de leur quartier pour dénoncer la ségrégation! Un de leurs proches, patron d’hôtels, propose de sponsoriser un journal TV afro-américain avec Oscar Jr. comme présentateur; mais l’émission démarre à 5h30 du matin, ce qui est trop matinal pour Oscar Jr. qui, de plus, y affiche ses idées hostiles à la Guerre de Corée, ce qui met fin à son contrat. Après son premier divorce, Oscar Jr. se remarie avec Maxine Fleming (1926-1981) en 1954 et part jusqu’en 1956, de ses 28 à 30 ans, faire son service militaire.
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 Oscar Brown, Jr. © Sandra Miley (fusain)
THE JAZZ EXPERIENCE: Mr. KICKS!
«Je suis né dans un berceau où je pensais, en grandissant, que le jazz allait devenir incontournable. Le genre de jazz que Max Roach, Charlie Parker, Dizzy Gillespie et tous ces types… mais ça a filé à vau-l'eau. Les clubs de jazz ont fermé, les musiciens sont devenus de plus en plus introspectifs, au point de ne plus vraiment communiquer avec le public. Et puis, le rock and roll, un genre très simpliste de « dong dong ding…» (Oscar Brown Jr., 6 juin 1977 sur WFMT/Studs Terkel, Chicago) 1950-1970
Depuis 1954, les actions organisées par Martin Luther King Jr. au sein du Mouvement des Droits civiques, commencent à remporter des succès, dont le boycott des bus de Montgomery en 1955. Démobilisé et sans emploi, une place de secours attend Oscar Jr. au sein du cabinet d’avocats familial ou dans l’immobilier; mais son esprit est ailleurs; sa réflexion avance, son écriture de chansons mûrit, l’envie de travailler dans le show biz à la TV, d’avoir une troupe de théâtre musical, pour trouver sa voie-voix lui permettraient de défendre ses choix sociaux et politiques à l’instar d’Harry Belafonte (Jazz Hot-Tears 2023). Ce dernier, dont le mentor est aussi Paul Robeson, mène une carrière médiatique tout en étant le collecteur et bailleur de fonds des actions de Martin Luther King Jr., et s’autorise à dire tout haut ce qu’il pense. Oscar Jr. commence à chanter dans les boîtes de jazz de Chicago pour faire connaître ses textes et ses idées; en 1957, il écrit les paroles de «Strong Man» pour Abbey Lincoln, un titre inclus dans l’album de celle-ci That’s Him (Riverside) avec Wynton Kelly (p), Sonny Rollins (ts), Kenny Dorham (tp), Paul Chambers (b), Max Roach (dm). Côté vie privée, il a trois autres enfants avec Maxine: Iantha, David auquel il dédie à sa naissance «Brown Baby» en 1957 chantée par Mahalia Jackson (1959), puis Nina Simone et Lena Horne. Maggie, née en 1963, est la dernière de cette deuxième union.
Oscar Brown Jr., Chanteur engagé, par Philippe Nahman, Jazz Hot n°195, 1964

1959 voit des disparitions majeures sur la planète jazz: Lester Young, Sidney Bechet, Billie Holiday, sans oublier Boris Vian, un agitateur d’idées (J’irai cracher sur vos tombes, Le déserteur, Complainte du progrès…) pour Jazz Hot et la France. En début de cette triste année, les familles étant proches, Oscar Jr. est présenté à Bob Nemiroff, producteur-auteur et mari de la dramaturge-activiste Lorraine Hansberry, à l’occasion de la représentation à Chicago de sa pièce A Raisin in the Sun, inspirée par un vers du poème Harlem (cf.supra) de Langston Hughes. Bob Nemiroff promeut le travail d’Oscar Jr. à New York, puis le fait venir avec Floyd Morris (p,org,arr,1926-1988) pour enregistrer d’emblée en leader chez Columbia-New York seize sessions entre 1960 et 1962 dont son premier LP gravé entre juin et octobre 1960, Sin & Soul, qui remporte un joli succès par son énergie et son originalité. A tel point que Nina Simone titre un de ses albums Forbidden Fruit (Colpix, 1961), du nom d’un des thèmes du disque d’Oscar Jr., reprenant également «Rags and Old Iron» et «Work Song». Oscar Jr. travaille au Village Vanguard où Harry Belafonte a débuté en octobre 1951, un lieu historique du cabaret-café society, héritier des cafés bohèmes où la politique côtoie les arts dont le théâtre, la musique, la poésie, la peinture… (cf. Jazz Hot 2025, Le Village de Max Gordon).

Oscar Jr. qui avait écrit les paroles de chansons avec Max Roach, se voit écarté de leur projet initial commun en 1959 (à l’origine titré «The Beat»), lequel devient l’album We Insist! Freedom Now Suite du seul Max Roach; les deux musiciens engagés dans les Droits civiques se sont brouillés tant pour des raisons politiques que du fait de leurs personnalités. Abbey Lincoln(7) chante sur le disque gravé à la fin de l’été 1960 et vingt ans plus tard, lors de la réédition de l’album, Max Roach ne se sent plus lié à Oscar Brown Jr., ce qui laisse à celui-ci un goût amer, même s’il décide de ne pas donner suite à ce différend, précisément pour rester fidèle à ses (et à leurs) convictions.
1961 est une année intense pour Oscar Jr. sur le front théâtral. Si le théâtre musical populaire trouve son ancrage avec L’Opéra de Quat’ Sous (Bertolt Brecht-Kurt Weill, 1928) puis Porgy and Bess (DuBose Heyward-Ira et George Gershwin, 1935), le théâtre du réel avec musique improvisée se dévoile, en juillet 1959, avec la pièce The Connection de Jack Gelber et Freddie Redd (cf. Jazz Hot Tears 2021), jouée au Living Theatre de New York, un lieu qui lutte ouvertement contre la chasse aux sorcières depuis 1947; cette pièce, donnée plus de 700 fois off-Broadway, puis dans tous les Etats-Unis, deux ans à Londres, à Paris, reprise au cinéma, est un événement, une mutation, car elle montre des musiciens, acteurs-amateurs qui changent au fil des représentations, jouent leur musique et parlent avec leurs mots sur la drogue de façon très directe. L’idée de produire des non-professionnels du théâtre sur leurs situations personnelles, collectives et sociales, de travail, sur leurs quotidiens, remonte à la production syndicale Pins & Needles en 1937 (cf. Jazz Hot 2025, Emanuel Eisenberg), une pièce appréciée pour sa véritable révolution de conception par Max Gordon du Village Vanguard et soutenue par Eleanor Roosevelt, comme celle-ci, peu avant son décès, soutiendra Mr. Kicks & Co d’Oscar Brown Jr. vingt ans plus tard. A partir de 1960, Oscar Jr. commence à écrire des pièces musicales qu’il conceptualisera par l’acronyme DOME (dramatic organization of musical expression, cf. Les pièces d’Oscar Brown Jr., infra). Le 28 mars 1961, Dave Garroway, animateur du show TV de la matinale sur NBC-New York, Today, invite Oscar Brown Jr. et sa troupe pendant une émission entière, fait rarissime, pour présenter les chansons du projet Kicks & Co, et lever des fonds afin de pouvoir monter la production à Chicago: la collecte de 400 000 dollars à vocation culturelle est une cagnotte sans précédent, d’autant que ce sera légalement interdit ensuite pour continuer à cadenasser la parole des artistes. La guerre froide se déroule sur tous les fronts! Oscar Jr. qui a déjà travaillé avec le compositeur-pianiste-arrangeur Alonzo Lonie Levister(8) pour son album Sin & Soul, l’a repris dans cette équipe; c’est un esprit aussi inventif qu’Oscar Jr., lequel écrira pour le livret d’un opéra en deux actes composé par Alonzo en 1970, Slave Song donné à Washington.

Le 13 mai 1961, Oscar Jr. chante au Carnegie Hall dans le cadre du programme «Blues at Carnegie» avec Muddy Waters, Big Maybelle, Jimmy Witherspoon, Jimmy Reed, un événement dont l’enregistrement Vee-Jay n’a pu être réalisé et dont il ne reste malheureusement aucune trace audio. Kicks & Co est donné du 27 septembre au 17 octobre 1961, avec l’aide de Bob Nemiroff, Lorraine Hansberry et l’acteur Burgess Meredith (black-listé par le HUAC), mais tout s’arrête, faute d’argent, après les avant-premières et quatre représentations au McCormick Place-Arie Crown Theater de Chicago. Oscar Jr. attribuera cet échec à son manque d'expérience pour coordonner un trop grand nombre de professionnels aguerris et d’égos, chacun ayant une idée différente du projet; la collecte est engloutie dans ce flop. Toujours en 1961, Oscar Jr. écrit une opérette en deux actes, en pentamètres iambiques et quatrains rimés, Crecie, une histoire d'amour entre deux esclaves de Caroline du Sud en 1830, un spectacle donné à Chicago dans un cadre scolaire. Oscar Jr. découvre dans la rime classique, un pouvoir rythmique qu’il rajoute à sa palette de griot, qui lui permet de scander ses inflexions et intonations de voix, un ressort qu’il utilisera régulièrement ensuite. En français, ce qui est un autre défi sur le plan des accents rythmiques de la langue elle-même, Claude Nougaro est sans doute l’un de ceux qui a le mieux transcrit l’apport d’Oscar Brown Jr. et poétisé cet entre-deux du vocal-scénique.

L’album Between Heaven and Hell («Entre le paradis et l’enfer») gravé fin 1961 (cf. Discographie) reprend quelques titres de sa pièce morte dans l’œuf, et signe la fin d’un épisode rude mais riche d’enseignements pour Oscar Jr. (cf. Vidéographie/documentaire 2005). A l’avenir, il préfèrera monter des spectacles selon ses propres critères (avec ou sans professionnels du spectacle), plus restreints en taille de projet, mais dont il gardera la maîtrise. Cette expérience et ce dilemme quant à la taille d’un projet artistique et à son financement, rappellent les questionnements de nombreux cinéastes indépendants (Oscar Micheaux, Charlie Chaplin, Frank Capra, Roberto Rossellini…) déterminés à garder le final cut (maîtrise du montage et du projet dans sa totalité), quitte à réduire les frais et tenir eux-mêmes les cordons de la bourse, pour ne pas être les pantins des financeurs/producteurs et voir leurs réalisations mutilées et dévoyées; le même phénomène de reprise en main de production par les auteurs existe dans le disque que ce soit avec des initiatives indépendantes (Erroll Garner) ou collectives (Strata East) pour ne donner que deux exemples. Dans le théâtre, Tennessee Williams ou Bertolt Brecht ont aussi très tôt affirmé leur esprit d’indépendance et leur indispensable liberté pour travailler qui prévalaient sur toutes autres considérations. A noter que Between Heaven and Hell est la seule collaboration d’Oscar Brown Jr. avec Quincy Jones (natif de Chicago) qui, en 1960, a dû, lui aussi, faire face en Europe à la faillite du spectacle de Broadway en tournée, Free and Easy, comprenant une troupe de 70 artistes (dont les jazzmen Clark Terry, Budd Johnson, Julius Watkins, Les Spann, Buddy Catlett, Joe Harris…) devant trouver des engagements de fortune pour survivre du jour au lendemain, et épargner pour payer leurs voyages retours; Quincy Jones a lui-même dû rentrer précipitamment aux USA pour travailler et éponger ses dettes dans la production.
Oscar Brown Jr. présentateur de l’émission TV Jazz Scene USA, Los Angeles, 1962, Image extraite de YouTube (cf. Vidéographie)
1962 s’ouvre sur de nouvelles perspectives annoncées par le disque bien nommé In a New Mood… Oscar Jr. part à Los Angeles pour présenter l’émission TV Jazz Scene USA (26 épisodes, cf. Vidéographie) produite par Jimmie Baker qui avait précédemment produit la série TV Stars of Jazz(9). Changement également dans sa vie privée, puisqu’il rencontre Jean Pace qui sera sa troisième compagne jusqu’en 1985; elle est née en 1929 dans le Mississippi, comme les grands-parents d’Oscar Jr.; elle est actrice, danseuse, chanteuse, productrice parfois et ils travailleront ensemble. Avec Jean Pace, Oscar Jr. sera père de ses deux derniers enfants. Oscar III, dit «Bobo» né en 1957 qui devient bassiste de jazz, ses deux autres demi-frères aînés, Napoleon, David étant respectivement batteur et pianiste; Africa, la benjamine, naît en 1969. Alors qu’il joue régulièrement avec son père, Oscar Bobo Brown III décèdera prématurément dans un accident de la circulation à Chicago en 1996. Africa (voc) et sa demi-sœur aînée Maggie (voc) ont construit le projet de conservation de la mémoire et de l’œuvre de leur père, dont le site qui lui est dédié (cf. infra). Ce projet a été financé par la Logan Foundation(10) très liée à la ville de Chicago et à son Université car Dan Logan avait, quand il était jeune journaliste, interviewé Oscar Brown Jr., une personnalité «pêchue» et attachante qui l’avait marqué!

Pour l’heure, Oscar Brown, Jr. enregistre à Chicago Tells It Like It Is, son dernier album chez Columbia en février 1963, avant de passer chez Fontana, ce qui clôt l’épisode douloureux Mr. Kicks & Co, et ses liens avec les activistes Bob Nemiroff et Lorraine Hansberry. Oscar Jr. aurait voulu signer avec des compagnies de disques en tant qu’auteur et non en tant que chanteur-interprète, un des combats des artistes de jazz pour rester maîtres de leur musique au moment où l’industrie phonographique passe progressivement de l’artisanat à l’industrie puis à la finance, entre 1960 et 1965. Toujours en 1963, Oscar Brown Jr. part en Europe et son one man show «Oscar Brown Jr. Entertains» rencontre un joli succès au Prince Charles Theatre de Londres, une salle de spectacle indépendante qui vient d’ouvrir. Oscar Jr. reste partout sur le devant de la scène… En mai 1963, Lorraine Hansberry et James Baldwin rencontrent Robert Kennedy, alors ministre de la justice, qui leur donne peu d’espoir dans l’avancement constitutionnel des droits civiques; le 12 juin 1963, le militant Medgar Evers est assassiné. Ces événements de très mauvais augure pour la condition des Afro-Américains, amènent Martin Luther King, Jr. à écrire et tester son fameux discours le 23 juin à Detroit, MI, avant de le déclamer, de le prêcher avec une force incantatoire (encore un art de la voix) le 28 août à Washington, DC, lors de la Grande Marche pour l'emploi et la liberté(11). Parmi de nombreux artistes ce jour-là, la voix de Mahalia Jackson enflamme l'auditoire (https://www.youtube.com/watch?v=-hQeGDSB6Ss). Le 15 septembre, a lieu l’attentat de Birmingham, AL, tuant et blessant une trentaine de jeunes dans une église baptiste: «Brown Baby», la chanson d’Oscar Jr., est reprise en leur hommage comme un hymne au droit à vivre. La même année, Lorraine Hansberry est atteinte d’un cancer du pancréas dont elle décède en janvier 1965, elle a 34 ans; elle était de quatre ans la cadette d’Oscar Brown Jr., et Chicago perd l’un de ses enfants les plus prometteurs. Tous sont bien conscients que le combat pour les droits civiques sera payé au prix fort en terme de vies perdues, et notamment celle, à court terme, de Malcolm X en février 1965.

Entre ses trois points d’Amérique (Californie, Chicago, Côte Est, surtout New York), ses quatre familles et ses activités professionnelles diverses, Oscar Jr. passe par le prestigieux Festival de Newport, RI, avec George Wein (p), Slam Stewart (b) et Ben Riley (dm) le 5 juillet 1964, qui sera son deuxième album de l’année (Oscar Brown, Jr. at Newport Jazz Festival, naguère en ligne mais plus disponible à ce jour) avec Oscar Brown, Jr.: Goes to Washington (Fontana). L’année 1964 est celle de l’arrivée de la dictature au Brésil, amenant d’excellents musiciens notamment aux Etats-Unis, d’autant que la vague bossa nova-samba, consécutive au succès du film Orfeu Negro (Marcel Camus, 1959), a largement popularisé ces musiques chaloupées, tantôt de tristes saudades, tantôt déchaînées jusqu’à la transe des rites vaudous (cf. Raul de Souza, Jazz Hot-Tears 2021).

C’est ainsi qu’Oscar Jr., toujours fasciné par les pratiques sociales des humains (voix, danses, costumes, rythmes, mystiques, maquillages) rencontre le guitariste brésilien Luiz Henrique (1938-1985), au Café-A-Go-Go de Greenwich Village, en août 1965, où ils se produisent tous les deux. Dans les loges, ils jouent de façon informelle et inventent un registre musical et de mots tricotés entre leurs deux cultures, proches par la transmission orale et les spirits. Un autre musicien brésilien va intégrer le trio, le bientôt légendaire Sivuca (acc,p,g,voc,arr,1930-2006) qui vit à New York à cette époque; Sivuca fait partie de l’environnement de Miriam Makeba, Harry Belafonte, Hermeto Pascoal, Airto Moreira, Chico Buarque. C’est dans ce contexte latin que naissent simultanément deux projets d’Oscar Jr. en 1966, avec ses «nouveaux amis», plus Jean Pace et Master Henry Gibson: l’album Finding a New Friend, second et dernier album chez Fontana enregistré à New York, et le spectacle musical (Alegria), c’est-à-dire Joy’66(12) monté au Happy Medium Theater Club de Chicago et dans Central Park à New York. En 1965, à Chicago, l’AACM est créée(1); ce n’est pas sans incidence sur l’esprit d’Oscar Jr. qui décide d’écrire la pièce Lyrics of Sunshine and Shadow, inspirée du poète et écrivain Paul Laurence Dunbar, l’un des premiers à avoir utilisé la langue afro-américaine parlée de son temps, et le premier à écrire le livret d’une comédie musicale montée avec succès à Broadway en 1903, In Dahomey. Pour cet opus, Oscar Jr. choisit la musique de Phil Cohran (tp,cnt,frh,bar,harp, AACM, 1927-2017) un Chicagoan d’adoption qui a travaillé avec Jay McShann, le Sun Ra Arkestra, et créé l’Afro-Arts Theater dans le South Side, dédié aux musiciens afro-américains. Cette pièce est un pont entre les arts et les artistes afro-américains sur soixante ans.
L’idée philosophique d’Oscar Jr. pour la première version de Joy’66 est que la jeune génération aura la sagesse d’opter pour la joie et la musique, plutôt que de continuer les processus de mort et de guerre; les aspirations profondes des femmes, symbolisée par Eve, donnent un sens à la vie des hommes représenté par Adam(12). L’époque est alors aux luttes pacifistes avec des fleurs contre les fusils de la Guerre du Vietnam, contre le nucléaire, au slogan «Peace & Love» des beatniks, des hippies, des rêveurs testant différentes substances, dont San Francisco est un point de ralliement. En 1966, le Mouvement des Droits civiques remporte des victoires constitutionnelles depuis deux ans, et le jazz, d’Ella Fitzgerald à John Coltrane est encore, pour peu de temps, la référence mondiale de la libération par une musique universelle qui se créé par des collectifs en live: une ambiance qui reflète sans aucun doute l’état d’esprit optimiste d’Oscar Jr. Le cinquième tableau musical de Joy’66, «Womens Ways»/«Wimmen's Ways», en vers, deviendra le poème central de sa pièce In de Beginnin' (1977, cf. infra) joué au Body Politic Theatre de Chicago; les femmes et les enfants sont les deux sujets préférés d’Oscar Jr. comme représentant la vie elle-même. Joy’66 va connaître une maturation à l’aune de la vie politique, sociale et artistique des USA.
HYMN TO THE HOMELESS * «La majorité d'entre nous ne fait que du sentiment au sujet des souffrances d'autrui. Mais c'est seulement quand une véritable expérience nous tord les tripes que nous comprenons vraiment.» (Claude McKay, 1889-1948, Un sacré bout de chemin, 1937)

Martin Luther King, Jr. a emménagé depuis janvier 1966 avec sa famille dans un taudis de North Lawndale (West Chicago) à 3 km de Cicero(3) pour s’attaquer frontalement aux problèmes sociaux, d’égalité sociale et économique, ceux du logement, des écoles, des emplois, de la police. L'intitulé de cette nouvelle campagne de King est: «le Chicago Freedom Movement». Après son discours du 10 juillet 1966, des émeutes éclatent du 12 au 15 juillet suite à une arrestation pour vol dans le West Side de Chicago. La Garde nationale ramène l’ordre rapidement. Lors d’une marche le 5 août dans le quartier de Marquette Park, Martin Luther King Jr. et ses compagnons sont attaqués et blessés. Il dira, marqué par le relatif échec de son passage à Chicago: «J'ai vu de nombreuses manifestations dans le Sud, mais je n'ai jamais rien vu d'aussi hostile et d'aussi haineux qu'aujourd'hui.» https://kinginstitute.stanford.edu/chicago-campaign. Reparti de Chicago pour d’autres actions de même nature, le leader des droits civiques déclare, dépité, le 24 mars 1967: «Il semble qu'en réalité, les organismes publics aient renié l'accord et aient, de fait, donné du crédit à ceux qui qualifient l'accord sur le logement de mascarade et de tissu de fausses promesses» (cf. L’autre rêve de Martin Luther King, de Barbara Necek). Les émeutes de l’été 1966 dans le West Side de Chicago, la création du Black Panther Party en octobre 1966 à Oakland, CA, puis le décès de John Coltrane, les émeutes très graves en 1967, particulièrement à Detroit, MI, puis l’assassinat de Martin Luther King Jr. en avril 1968, les premiers petits-déjeuners gratuits à San Francisco en janvier 1969 distribués par les Black Panthers de la Rainbow Coalition, l’accueil à Alger du Black Panther Eldridge Cleaver et le Festival panafricain d’Alger en juillet 1969 sont autant d’événements qui dépeignent la densité des luttes et des tragédies de cette période.

L’été 1966 (celui des émeutes du West Side) marque un tournant dans la prise de contrôle de territoires par les gangs, chacun voulant protéger et avantager les siens dans la jungle à partager. Cette ambiance explosive a un tel potentiel dramatique, politique et social qu’Oscar Brown Jr. décide d’aller à la rencontre du gang des Blackstone Rangers, prudemment accompagné et introduit par Muhammad Ali (aka Cassius Clay), champion mondial de boxe, alors empêché de boxer par l’Etat américain jusqu’en 1971 en raison d’un procès pour insoumission car il refuse de faire la Guerre au Vietnam qui dure depuis 1955. Rien n’est simple, mais la mobilisation collective débloque encore quelques situations; un poète face aux gangs est plus convaincant avec un boxeur-symbole à ses côtés! C’est ainsi qu’Oscar Jr. arrive à mettre les Blackstone en relation avec son père pour trouver des solutions de relogement au cas par cas. Parallèlement, il a monté avec eux un spectacle musical, Opportunity, Please Knock dès 1967. Malgré leur colère et leur violence, il aime profondément cette jeunesse; il sait qu’elle essaie d’exprimer, comme lui-même, ses frustrations, ses aspirations, son besoin d’exister enfin quelque part pour quelqu’un; Oscar Jr. est impressionné par leurs talents insoupçonnés, touché par leur énergie vitale. La poétesse Gwendolyn Brooks(14) pour laquelle Oscar Jr. a une grande admiration et avec laquelle il a travaillé pour son titre «Elegy» gravé en décembre 1961 (cf. Discographie), enseigne «l’écriture créative» (par opposition à l’apprentissage académique) à certains membres des Blackstone. Des adultes talentueux s’impliquent pour tendre la main à une génération en perdition pour les convaincre de produire, pour s’autonomiser en vue de leur émancipation de la survie de la rue comme de la manipulation des pouvoirs. L’expérience avec les Blackstone a un tel écho, qu’en 1968, le premier maire afro-américain récemment élu à Gary, Indiana, Richard G. Hatcher, avocat de formation, proche de Martin Luther King Jr. et Jesse Jackson, demande à Oscar Jr. d’organiser des tournois d’été pour apaiser la violence dans sa ville en y trouvant de jeunes talents parmi lesquels seront primés les Jackson Five ou Avery Brooks.

La période 1967-1969 reste en Afro-Amérique et notamment à Chicago, l’une des plus tendues, car si le Civil Rights Act (3 juillet 1964) et le Voting Rights Act (4 août 1965) ont fait reculer la ségrégation dans les textes fédéraux, la réaction raciste qui s’enclenche sur le terrain est très violente dans tout le pays. Martin Luther King Jr., le plus médiatique et dernier vivant des grands leaders des droits civiques, y répond de plus en plus durement en intensifiant ses discours et attaques de morale publique contre cette Amérique qui déteste certains de ses enfants(11), en revendiquant, à la manière de Malcolm X peu d’années avant, le «chèque» que l’Amérique doit à ses pauvres. A l’été 1967, la répression des 159 émeutes aux Etats-Unis, dont celles de Newark, Detroit, ont provoqué des dizaines de morts, des centaines de blessés et des milliers d’arrestations. Quelques mois après, Martin Luther King Jr., dont le séjour à Chicago a été tumultueux, est assassiné en avril 1968, suivi dans ce cortège macabre en décembre 1969 par le très jeune leader Fred Hampton (1948-1969) natif de Chicago, exécuté par le FBI pour avoir fait la jonction de toutes les tendances pour les droits civiques, grâce à son charisme, et parce qu’il dirige le Black Panthers Party de la ville, sous la bannière de sa Rainbow Coalition regroupant tous les déshérités, quelques soient leurs origines, couleurs, religions, classes sociales, sexes, options politiques. Le jeune leader reprend ainsi le flambeau de la doctrine fédératrice de Martin Luther King Jr. et devient la cible du pouvoir fédéral, le FBI d’Hoover ne voulant surtout pas d’un nouveau Martin Luther King Jr. A ses côtés, ce 4 décembre 1969, meurt Mark Clark âgé de 22 ans, aussi black panther de la Rainbow Coalition, qui faisait la navette avec la Côte Ouest (San Francisco-Oakland) et activiste à la NAACP depuis ses 15 ans. A Chicago en 1969, se livre aussi une âpre bataille de plusieurs mois en coulisses (https://www.youtube.com/watch?v=pHWF1y6A5PM), sous la houlette du mentor d’Oscar Jr., Richard Durham –à cette époque devenu membre de Nation of Islam–, scénariste et producteur du projet Bird of the Iron Feather (L’Oiseau à plume de fer) pour WTTW Chicago (NET/PBS, TV éducative), pour charger deux Afro-Américains de la réalisation du premier feuilleton qui sera en bout de course entièrement afro-américain. La série est tournée dans le South Side, traite du racisme, de la corruption, de la pauvreté, de la ségrégation scolaire, des exactions policières. Diffusée début 1970, elle remporte un Chicago-Midwest Emmy Award et un vif succès populaire, racontant l’histoire, inspirée de plusieurs biographies réelles combinées, de Jonah Rhodes, inspecteur de police afro-américain, soupçonné par les deux communautés d’être un traître, et tué lors des émeutes du West Side de 1966. L’épisode «The Target» traite de l’assassinat de Fred Hampton et Mark Clark. Muhal Richard Abrams (p, membre fondateur de l’AACM) fait la musique et Oscar Brown Jr. chante le thème principal (https://www.youtube.com/watch?v=OfMCJp9whuw); le titre de la série a été emprunté à Frederick Douglass (Jazz Hot-Roots & Words) qui comparaît les Afro-Américains à des «oiseaux aux plumes de fer, incapables de voler vers la liberté». Le projet est financé par la Fondation Ford à hauteur de 600 000 dollars, mais les dépassements de budget entraînent la réduction, des 100 prévus, à 21 épisodes réalisés, afin de rémunérer tous les participants aux tarifs des collègues euro-américains: une bataille qui aboutit à amputer la série.

Dans cette effervescence, Oscar Jr. trouve encore l’énergie de remonter un nouveau Joy’69 avec Sivuca et Jean Pace. La pièce musicale est donnée d’avril à septembre 1969 à San Francisco, puis le 27 janvier 1970 au New Theatre de New York, version enregistrée par RCA (cf. Discographie), un mois après les assassinats à Chicago en décembre 1969 de Fred Hampton et de Mark Clark, autres Black Panthers, sur l’ordre du FBI d’Hoover. La confrontation des émotions contradictoires va amener Oscar Jr. à chercher de nouveaux sentiers, pour exprimer sa voix et en vivre. Dans la période 1966-1970, en dehors des deux albums liés à la maturation du projet Joy, la discographie jazz d’Oscar Jr. s’interrompt: ses années sans autre disque correspondent à la fin des producteurs indépendants du jazz dont les emblématiques Alfred Lion et Francis Wolff de Blue Note (cf. Jazz Hot 2025, Blue Note), du fait des fusions de majors désormais concentrées vers le quantitatif et la rentabilisation. Dans cette mutation phonographique (l’abandon de la qualité du fait-main), Oscar Jr. ne se sent ni désiré, ni en phase; il va reprendre ses propres mises en scène musicales, les DOME (dramatic organization of musical expression). Ses quatre ans de réflexion correspondent aussi à des changements profonds à l’échelle de la planète, opposant les revendications politiques de 1968 à la financiarisation et à la consommation de masse qui s’imposent malgré quelques recherches d’utopie, tentatives de vie en collectif avec retour à la terre et autres recherches mystiques, y compris dans un tiers monde idéalisé, comme l’Afrique, l’Inde, le Tibet… ou la Californie des baba-cools à l’autre bout du spectre. Le jazz, avant-garde et catalyseur du XXe siècle, est déjà ringardisé par la mode et la consommation et marginalisé par l'industrie du disque qui se concentre. Ce passage est le point de bascule où les arts et la culture aux racines populaires sont submergés par la mondialisation de l’économie de masse, la mode de la pop, du rock, du jeunisme, de fusion-world induits par les nouveaux exotismes du tiers-mondisme et des mysticismes les plus divers: une fuite du réel, un renoncement et une perversion de cette culture populaire portée par le jazz depuis l’entre-deux-guerres, encouragés parfois par certains de ses acteurs éminents plus préoccupés de carrière et de revenus que de transmission.

Pour l’heure, l’évolution sur quatre ans de Joy est aussi celle de la pensée d’Oscar Jr., au fil d’une actualité chargée de nouvelles contraintes qui s’accélère, au fil également de ses autres projets montés avec des acteurs non professionnels qui mettent le projecteur sur la violence, l’insalubrité, le racisme, les gangs, une société rigidifiée que ses DOME, spectacles de théâtre-cabaret, scénarisent par des textes sans détour sur des situations crues. Les pièces d’Oscar Brown Jr. sont organisées autour de thèmes socio-politiques, mises en musique et chorégraphiées. Le traitement passe par une poésie sensorielle faite de rythmes, de phrasés parlés ou chantés, de couleurs de costumes ou de mots, de langues et d’accents, l’univers naturel de ceux qui parlent de leurs vies. Oscar Jr. interprète les cris de colporteurs d’un temps qui s’efface par la disparition des petits métiers de la rue, rejoue les scènes de ventes d’esclaves d’un temps révolu mais toujours pas digéré, reprend les paroles de ces enfants qui s’interrogent à différents âges, ces enfants qui marquent pour lui le temps qui fuit. Oscar Jr. gorge ses mots de réalisme, de tripes, mais aussi de jugements moraux sur l’état de la société, questionnant la philosophie, abordant toute sa vie jusqu’à sa propre vieillesse. Le diable, les personnages de la bible, les révérends occupent une place non négligeable dans son œuvre pour révéler les humains qui restent le cœur de son métier polymorphe. L’humour d’Oscar Jr. est grinçant, acide ou tendre. Sa compassion est authentique, poignante, portée en étendard, car il parle toujours d’histoires vraies qui symbolisent la vie des gens simples.
Il sait modeler, articuler les mots sur les compositions de jazz: «Dat Dere» (Bobby Timmons), «Work Song» (Nat Adderley), «All Blues» (Miles Davis), «Afro Blue» (Mongo Santamaria), «Sleepy» (Bob Bryant), «Watermelon Man» (Herbie Hancock), «Jeannine» (Duke Pearson), «Long As You're Living» (Julian Priester/Tommy Turrentine), un savoir qu’il utilise aussi dans sa poésie, son théâtre musical. Le jazz, dont le temps médiatique est compté au tournant de la décennie 1970, surnage par le simple fait qu’une partie de ses artistes et de ses activistes, la plus authentique, le maintient en vie; soit que leur voix ne peut disparaître aussi soudainement, soit qu’ils soient rentrés dans une forme de résistance marginale, consciente ou simplement culturelle, pour les nouvelles générations (la galaxie Strata-East comme les Jazz Messengers d’Art Blakey en sont des exemples…).
L’œuvre polymorphe (sociale, musicale, théâtrale) d’Oscar Brown Jr. se fonde sur le matériau du terrain. A la suite de Martin Luther King, Jr., de ses marches et actions (1966, cf. supra), il s’intéresse aux conséquences de la corruption immobilière à Chicago qui va bon train. En effet, de nouveaux plans d’urbanismes(13) sèment encore le chaos dans le logement des quartiers défavorisés, sujet de réflexion central d’Oscar Brown, Sr., son père, qui lutte depuis plus de vingt ans pour des logements sociaux décents et stables, une lutte qui va de pair avec le suivi scolaire indispensable pour émanciper l’Afro-Amérique. Depuis l’après-guerre, les plans successifs expulsent les Mexicains, Portoricains et Afro-Américains ballotés d’un endroit à l’autre, les quartiers euro-américains pauvres voyant arriver les nouveaux habitants avec la détestation de concurrents supplémentaires. Dans un pays où la survie n’est pas assurée par un quelconque contrat social mais par la concurrence, la liberté de tout, y compris de haïr, fait partie du jeu.

Dans l’atmosphère d’effondrement et de révolte après le décès de Martin Luther King, Jr. en 1968, Oscar Jr. part s’installer en 1969 avec Jean à San Francisco dans la Bay Area (San Francisco-Oakland), un refuge, un îlot alors moins violent, moins ségrégué, attirant artistes et jazzmen, où les black panthers –Mark Clark fait partie de la section locale de San Francisco– ont démarré l’opération Free Breakfast for Children, en janvier de cette année-là, à l'église épiscopale Saint-Augustin de West Oakland, et en mars, à l'église du Sacré-Cœur de San Francisco, nourrissant indifféremment les enfants pauvres de toutes origines, prenant en charge leurs acheminements du domicile à l’école. Leurs actions sociales, accompagnées de mobilisation politique des parents et des jeunes, se sont ensuite étendues à d’autres villes et dans d’autres secteurs (nourriture adultes, santé-cliniques-ambulances, scolarité, recherche médicale, vêtements, prisons, logements). Cette reprise tonique de programmes sociaux pragmatiques corrélés à un discours politique amène Oscar Jr. non seulement à remonter Joy qui sera renommée Joy’69(12) mais aussi à s’intéresser à l’adaptation de la pièce de Joseph Dolan Tuotti (Big Time) Buck White, dont il tient lui-même le rôle-titre à San Francisco. Au début décembre 1969, la pièce est donnée au George Abbott Theatre de Broadway(15) interprété par Muhammad Ali, toujours interdit de ring pour insoumission. Buck White raconte l’histoire d’un leader politique afro-américain qui prêche et explique le Black Power à un groupe politiquement immature! Leurs actualités multiples font qu’Oscar Jr. et Jean sont invités deux fois au Dick Cavett Show en janvier et en juillet 1970. Dans la décennie, Oscar Jr. est invité à produire ses œuvres dont Crecie, Slave Song (musique Alonzo Lonie Levister) à Howard University de Washington, DC, au Hunter College de New York et au Malcolm X College de Chicago.
I MUST BE DOING SOMETHING RIGHT*
«Essayez d’imaginer l’Amérique sans les Noirs. A quoi ressemblerait sa musique? Comment serait le langage? Nous avons contribué énormément au développement et à la poussée de la personnalité des Etats-Unis.» (Oscar Brown, Jr., Jazz Hot n°195, février 1964)
Entre 1972 et 1974, Oscar Jr. grave trois albums en leader, à New York, Los Angeles et Chicago pour Atlantic: Movin’ On, avec Thad Jones (tp,flh), David Newman (ts,fl), Cornell Dupree (g), Brother Where Are You, avec Joe Newman, Ernie Royal (tp), Frank Wess, Robin Kenyatta (as) et Fresh, avec Arthur Hoyle, Murray Watson (tp), Billy Branch (hca). 1975 marque la fin concrète de la Guerre du Vietnam, un des combats menés par feu-Martin Luther King Jr. Cette année-là, Oscar Jr. remonte Evolution of the Blues Song à San Francisco, dont la première avait été présentée 15 ans avant, au Festival de Monterey, CA, en 1960, puis le 2 juillet 1961 avec Jon Hendricks à Newport (cf. Jazz Hot n°168, 1961), mettant en vedette la chanson coup de poing d’Oscar Jr. «Bid 'Em In», le dialogue inhumain d’une vente aux enchères d’esclaves femmes. Installé à Oakland en 1975, Oscar Jr. termine son projet de transposer Œdipe d’Eschyle dans une enquête de meurtre, dans le sud d’après la Civil War qui aura pour titre définitif (après 1869) Reverend Rex. Puis Oscar Jr. est invité dans une émission spéciale de CBS WBBM-TV, Oscar Brown Is Back in Town, récompensée par deux Chicago-Midwest Regional Emmy Awards. L’année 1976 est une année triste pour Oscar Jr. parmi beaucoup d’autres, car Paul Robeson décède après une vie qui en a compté plusieurs. Harry Belafonte fait partie des porteurs de son cercueil. Ce héros commun aux deux artistes leur a légué implicitement la responsabilité de continuer à lutter pour les droits des humains dont ceux des Afro-Américains. 
Au printemps 1977, Oscar Jr. organise une production familiale à la First Baptist Congregational Church de Chicago pour In de Beginnin’ (cf. Les pièces d’Oscar Brown Jr., infra), premier tableau d’un tryptique musical tiré de la bible avec sa fille Africa (8 ans) dans le rôle d’Eve, Jean Pace jouant le Serpent, Iantha le Seigneur, une cousine le Diable, une petite voisine Adam (que des filles!) et Oscar Jr. comme révérend. Au mois de juin, Oscar Jr. et Jean passent régulièrement au Earl of Old Town, un club folk à la mode du centre-ville de Chicago; il donne aussi une première lecture de Reverend Rex à LaSalle Street Church de Chicago. In de Beginnin’ est reprise dans un cadre plus professionnel et moins familial à New York, Memphis, Grand Rapids, Philadelphie et Buffalo. Ses deux derniers tableaux de la Genèse sont Raisin’ Caïn (écrit en 1978 et monté en 1984 à Chicago State University) et Covenants (écrit en 1979). Le traitement des sujets religieux ou surnaturels par Oscar Jr. est revu à l’aune des questions existentielles, morales, politiques, intimes, consécutives au désordre de son temps, qu’il ressent et qui l’indignent. En 1978, Oscar Jr. joue le rôle de l’échevin (l’alderman) dans le film Stony Island d’Andrew Davis, inspiré de l’histoire du frère de celui-ci, relatant la vie d’un groupe de rhythm & blues du South Side en pleine mutation socio-urbaine à Chicago; Billy Preston y joue son propre rôle. Entre 1975 et 1980, Richard Durham et Muhammad Ali co-écrivent The Greatest: My Own Story, l'autobiographie du boxeur qui sera adaptée au cinéma en 1977 par Tom Gries (natif de Chicago et beau-fils de Muggsy Spanier) et leur article remarqué «Pourquoi je dois me battre» paraît dans Umoja Sasa, la revue étudiante alternative de Cornell University, NY.
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En 1980, Oscar Jr. présente 12 des 13 épisodes de la série TV From Jump Street: The Story of Black Music(16) pour PBS (Washington, DC) comprenant les thèmes suivants: le jazz vocal (Billie Holiday, Louis Armstrong, Duke Ellington) avec Carmen McRae et Al Jarreau; gospel & spirituals, présentant le service religieux au Way of the Cross Church of Christ, Washington DC, le révérend James Cleveland, le DC Mass Choir, les Mighty Clouds of Joy; le blues dont le titre est: «La campagne rencontre la ville», avec Willie Dixon, Sonny Terry, Brownie McGhee; l’héritage ouest-africain, Hugh Masekela et le Wo'se Dance Theatre; les pionniers du jazz avec des images d’archives (Alvin Alcorn, Roy Eldridge); les pionniers du be-bop avec Dizzy Gillespie, James Moody, et le hard bop avec Jackie McLean, narrant leur histoire depuis 1936; le rôle de la musique afro-américaine dans le théâtre et le cinéma avec Pearl Bailey et L.O. Sloan’s Refined Jubilee Minstrels; les liens jazz-blues avec Willie Dixon, Roy Eldridge et Jackie McLean; Soul avec Stevie Wonder; Afro-Américains et industrie phonographique avec George Benson et Quincy Jones (cf. Vidéographie); rhythm & blues avec Bo Diddley et The Dells.
2002. Great Nitty Gritty dans le Chicago Defender En 1982, Oscar Jr. renouvelle l’expérience Opportunity, Please Knock avec Great Nitty Gritty faisant cette fois jouer les habitants de Cabrini Green(17), un quartier dévasté, tenus par les gangs, la drogue et l’alcool. Après un procès retentissant pour discrimination raciale, la Chicago Housing Authority (organisme municipal du logement social créé en 1937) qui gère cet ensemble de logements, est mise sous séquestre de 1969 à 2010; la situation ne fait qu’empirer, même si, après l’élection triomphale en 1979, grâce au soutien du révérend Jesse Jackson, la première femme maire de Chicago, Jane Byrne part habiter la cité trois semaines au printemps 1981 pour mettre un coup de projecteur sur cette incurie générale; elle fait fermer des commerces illégaux, vide 800 logements de ses occupants criminels et ramène provisoirement la sécurité par une présence policière sur place.
Reprenant, plus ou moins consciemment, des idées déjà mises en œuvre par le néo-réalisme italien (Visconti, De Seta, De Sica, Pasolini…) et la littérature américaine, ce que creuse Oscar Jr. dans ses réalisations est l’authenticité produite en scène par les protagonistes du réel –acteurs non comédiens– habituellement écrasés dans des intérêts particuliers et ballottés par les billards politiciens où ils ne sont que les pions d’une vie politique dont ils sont tenus à l’écart. Pour permettre l’expression de leurs perceptions de ce détournement et de leur frustration, Oscar Jr. leur ouvre le micro dans leur langue, pour décrire aussi les problèmes consécutifs aux manigances des édiles corrompus. Oscar Jr. pense que faire réinterpréter leur situation et leur perception par des acteurs professionnels serait affadir, travestir, trahir, instrumentaliser, déposséder et, en fin de compte, les nier dans leur réalité. Ce n’est pas son intention car son projet est de faire surgir le réel. Ce travail de recherche d’authenticité rappelle en effet celui de Pier Paolo Pasolini depuis les années 1950 utilisant les dialectes, dans ses films et sa poésie, ou celui de Claude McKay décrivant le début du XXe siècle à Marseille dans Banjo, ou encore La Terre tremble de Luchino Visconti avec des pêcheurs-acteurs, Pastori di Orgoloso de De Seta avec ses bergers-acteurs de Sardaigne, Le matin se fait attendre de Nelson Algren (autre enfant de Chicago) sorti en 1942, un coup de poing dans les tripes souligné par la préface de Richard Wright, un autre «exilé» politique en 1946 à Paris passé par Chicago. Cela relève de la même démarche que celle des écrits et films de Marcel Pagnol utilisant les idiomes, expressions, us et coutumes, gestuelles de la Provence et de Marseille. Autant d’œuvres remplies de témoignages aujourd’hui à valeur documentaire, tant les cultures ont été, depuis, laminées, effacées, normalisées, taylorisées dans le déferlement de la consommation mondialisée. Dix ans après l’avènement du parlant rajoutant du réel par les dialogues, Louis Jouvet, dans une de ses tirades dont il a le secret, résumait ce fondement indispensable de l’art qu’est le réel dans Entrée des artistes (1938, Marc Allégret) en lançant avec son accent tranchant: «Il faut mettre un peu d’art dans sa vie et un peu de vie dans son art.» (https://www.youtube.com/watch?v=mh2Ao3IsrZc)
Seize ans après la campagne de Martin Luther King, Jr. en 1966, l’état catastrophique du logement à Chicago est remis en lumière par Oscar Jr. en 1982 dans Great Nitty Gritty en 1982. Si Oscar Sr., son père, tient bon malgré la situation qui dégénère, son frère, Sydney P. Brown(18), avocat réputé, poète à ses heures, et oncle adulé d’Oscar Jr., décède d’une crise cardiaque; encore un héros de la cause qui disparaît. En 1983, le premier maire afro-américain, Harold Washington, succède à Jane Byrne, et Oscar Jr. grave à Chicago la musique de The Great Nitty Gritty avec son fils Oscar Bobo Brown III (non sorti, cf. Discographie). Après la parenthèse de respiration à Cabrini Green, les projecteurs médiatiques et du pouvoir s’étant éteints, la situation redouble de violences, la destruction matérielle s’accentue. Mais Oscar Jr., lui, voit toujours les jeunes perdus dans ce type de chaos comme «l'or dans le ghetto» et sa pièce comme «magique»!

Zora Is My Name, adaptée par Ruby Dee En 1990, Oscar Jr. joue dans l’adaptation par Ruby Dee de Zora Is My Name, une pièce filmée de Neema Barnette (PBS-TV, 90 min.) sur Zora Neale Hurston (1891-1960), une des têtes pensantes de la Harlem Renaissance. Ruby, formée à l’American Negro Theater dans son jeune temps, y campe le personnage de Zora; à la ville, la comédienne est l’épouse d’Ossie Davis, acteur lié à Alain LeRoy Locke, un autre intellectuel moteur de la Harlem Renaissance; le couple Ossie-Ruby étaient proches de Paul Robeson, Sidney Poitier, Harry Belafonte et comme eux tous, de fervents activistes des droits civiques. Le réseau d’Oscar Jr. est serré, et alors qu’il semble «papilloner» pour qui n'est pas attentif à ses recherches, il choisit en fait chaque participation, chaque action pour son sens politique, le fil d’Ariane d'Oscar Jr. Il enchaîne la même année en tournant la série Brewster Place (11 épisodes avec Oprah Winfrey) dans les Harpo Studios de Chicago pour ABC-TV. Le 1er octobre, son père Oscar C. Brown Sr. décède. Oscar Jr. a partagé avec lui 64 ans de luttes et d’utopies. En 1991, il tourne un rôle de coach en Illinois pour le film Up Against the Wall de Ron O’Neal. Cet acteur-réalisateur vient du théâtre (acteur dans Un raisin au soleil, Un tramway nommé Désir); il a donné des cours au Harlem Youth Arts Program, joué dans des pièces off Broadway, et remporté en 1970 le prix Pulitzer-théâtre en jouant dans la pièce du dramaturge afro-américain Charles Gordone No Place to Be Somebody. Il a également joué Shakespeare et fera partie du casting d’Original Gangstas avec Oscar Jr. En 1992, Oscar Jr. tient le rôle, pour trois épisodes, d’un pianiste de jazz jaloux, Miles Taylor, dans la série Roc (72 épisodes).
* MUSIC IS MY LIFE, POLITICS MY MISTRESS
«En proposant mes œuvres gratuitement, j'entends inciter les autres à adopter un comportement similaire, en concevant des moyens de produire et de populariser toutes les formes d'art comme jamais auparavant. Un tel effort pourrait devenir une mode salutaire, s'implanter dans l'esprit du public et entraîner un changement positif dans le cœur humain.[…] C'est peut-être un concept trop tiré par les cheveux pour se concrétiser, mais il vaut bien plus la peine d'être essayé que la plupart des programmes actuellement mis en œuvre en cette période d'attaques meurtrières perpétrées par des fascistes. Qu'avons-nous à perdre?» 1995-2005

En août-septembre 1995, Oscar Jr. campe le rôle d’un commerçant battu suite à son témoignage dans une affaire de crime pour Original Gangstas de Larry Cohen tourné à Gary en Indiana et en Illinois, après avoir enregistré en juillet à Richmond, CA, Then and Now (Weasel Disc) avec son fils Oscar Bobo (Beau) Brown III (b,voc) qui décède, renversé par un chauffard ivre, l’année suivante. En 1996, Columbia réédite en CD le LP de 1960 sous le titre Sin & Soul...and Then Some (Péché & âme… et davantage), avec cinq titres inédits (cf. Discographie).

Le disque suivant sera le seul enregistré en Europe, à Hambourg, Live Every Minute (1998, Minor Music), avec Stanley Turrentine, Pee Wee Ellis et le NDR Big Band. En dehors de Floyd Harris (p,org,clav,arr), Alonzo Lonie Levister (p), et Joe Newman (tp) avec lesquels il a enregistré à plusieurs reprises à ses débuts, le musicien avec lequel Oscar Jr. a partagé la plus longue conversation musicale est sans doute le guitariste-bassiste de Chicago, Phil Upchurch (Jazz Hot n°503, 1993), de 1964 à 1992; il était le musicien maison des Frères Chess pour leurs labels chicagoans: Chess, Cadet, Rotary.

Au tournant du millénaire, honoré du titre de professeur «regents» à University of California de Riverside, il passe régulièrement au Jazz Bakery de Los Angeles, y fêtant ses 75 ans, tantôt pour un concert thématique sur Chicago, tantôt sur sa vieillesse qui lui pèse, puisant chez les maîtres, Thelonious Monk, Charlie Parker, pour les habiller de ses propres pensées du moment, honorant Billie Holiday ou interprétant… Jacques Brel, accompagné par le splendide pianiste Billy Childs. Le dernier album en leader, We’re Live (Mag Pie/ESP-Disk, 2001), est un live au HotHouse de Chicago avec ses filles Maggie et Africa. De l’autre côté du pays, en février-mars 2002, pour les vingt ans de sa pièce, une reprise de Great Nitty Gritty donne lieu à quatre représentations par le Olive-Harvey College au sud-est de Chicago. Il travaille sur cette pièce avec des groupes de jeunes pendant les trois étés 2002, 2003, 2004, accompagné de Maggie.
Entre 2002 et 2005, Oscar Brown Jr. participe à trois émissions de Def Poetry(19), un programme entre poésie, spoken word et slam. Les 22 et 23 octobre 2004, il est invité lors de l’inauguration de Jazz at Lincoln Center au Frederick P. Rose Hall (situé dans le Time Warner Center) pour Speaking of Jazz aux côtés de Rashied Ali, Sonny Fortune, Reggie Workman, Billy Childs (qui l’accompagne en duo piano-voix pour un magnifique «Elegy» dans le documentaire de Donnie L. Betts, cf. Vidéographie), Sonia Sanchez, John Sinclair, Amiri Baraka, Gil Scott-Heron entre autres.

The Story of Oscar Brown, Jr. Music Is My Life, Politics My Mistress
En février 2005, Oscar Jr. et sa famille assistent à la première du documentaire de Donnie L. Betts(20) Music Is My Life, Politics My Mistress (La musique est ma vie, la politique ma maîtresse) au Magic Johnson Theater de Los Angeles. Le titre du documentaire, en clin d’œil au livre de Duke Ellington, synthétise en une formule le parcours sinueux pour parvenir aux fins exigeantes d’Oscar Brown Jr. et ce qu’a symbolisé le jazz, plus ou moins consciemment, pour de nombreux amateurs et professionnels du jazz, activistes, artistes: une philosophie de vie, avant que la société de consommation n'engloutisse cette liberté dans la surconsommation par l'illusion de l'abondance.
Le pianiste Norman Simmons également né à Chicago en 1929 (Jazz Hot-Tears 2021) se remémorait son choix de vie bien avant cette mutation anthropologique de l’être vers l’avoir à la charnière des années 1960-1970:
«Au sens artistique, je n'ai pas réfléchi à la façon dont je voulais gagner ma vie… J'ai juste réfléchi à la façon dont je voulais vivre… Nous avions un cours sur les carrières… La démocratie était plus présente dans la musique, c'est là que les individus s'acceptent à un autre niveau que dans le reste de la société, et j'ai décidé que c'était là que je voulais être.» (Norman Simmons, Interview par Monk Rowe en 2007) Comme Oscar Brown Jr., Norman Simmons a dédié sa vie à transmettre l’authentique feu sacré du jazz, pas un son, pas un genre, un style, une apparence ou un emballage, mais une philosophie profonde véhiculée par la vie mise dans un art, musical, scénique, vocal, pour revendiquer le besoin existentiel d’être entendu à égalité dans le débat, d’être libre, d’être considéré dignement, autant de notions qui composent la démocratie réelle. L’une des missions, intériorisées sans étalage, des artistes de Chicago(1) a souvent, et davantage, été de favoriser l’épanouissement des potentiels individuels, pour l’amélioration de la condition humaine de l’Afro-Amérique en particulier, au-delà d’une reconnaissance personnelle et fugace, de paillettes. Souvent réducteurs ou ignorants dans leur perception de la personnalité et de l’action d’Oscar Brown Jr., les admirateurs-amateurs de jazz comme ceux qui se réclament de ses héritiers hors du jazz, regrettent étrangement pour Oscar Jr. son manque d’exposition médiatique ou de reconnaissance apparente, parce qu’ils ne conçoivent pas, ne sentent pas, que ce qu’Oscar Jr. appelait être «hip», être «à la pointe, à l’avant-garde», c’est, pour son époque active (1950 à 2005), une action polymorphe, sociale, politique, artistique tout ensemble, pour l’instruction, la liberté de chacun et du collectif. C'est sans aucun rapport avec le fait d’être «branché» de notre société narcissique et mondaine d’aujourd’hui. Oscar Jr. voulait proposer, exposer, débattre, convaincre, transmettre, émouvoir. 
«Faire carrière» au sens balzacien devait d’ailleurs d’autant moins l’intéresser qu’il revendiquait ne pas vouloir payer l’impôt déjà acquitté par ses ancêtres esclaves (https://www.oscarbrownjr.org/post/ax-the-tax-on-blacks), un argument qui se conçoit, comme celui de Martin Luther King Jr. qui parlait de «traite à tirer», de «chèque à payer», pour rattraper le travail gratuit des ancêtres esclaves pendant quatre siècles. Ce mot «hip» est l’héritage du Glossary of Jive Talk/Hepster Dictionary de Cab Calloway, son dictionnaire sorti en 1938; Cab Calloway qu’avait admiré Oscar Jr. depuis son enfance quand ce Harlem Hep Cat était de passage à Chicago pour une bouffée d’oxygène sonore et visuelle, une liberté d’être différent, un bain de fraîcheur vocal en mots et sons rythmés, lancés à gorge déployée, tout sourire dehors, comme Oscar Brown Jr. plus tard, cheveux en bataille, impeccablement «zazou». Cab Calloway auquel on attribue aussi l’origine de ce vocable francisé de «zazou» pour qualifier l’accoutrement constitué de vêtements bien coupés, colorés, amples, fluides, reflétant un état d’esprit de liberté débridée, après sa venue avec la Revue du Cotton Club à Paris, en 1937; être zazou est devenu un signe de rébellion contre la France vichyste, l’Occupation nazie, risques compris: c’est ça être «hip», afficher des alternatives, ne pas «se conformer», prendre de vrais risques! Le contraire de l’instinct grégaire, de l'exploitation à des fins commerciales ou de la mode dans cette nouvelle connotation de «hip». Seulement sept ans après le Hepster Dictionary, en 1945, à la seconde Libération, Slim Gaillard publie son propre dictionnaire de Voot O'Reenee; ce magnifique musicien sera, lui aussi, un des fleurons de l’expression vocale dans et par le jazz, avec une imagination et une vitalité débordantes. La voix, vecteur du blues, du gospel, du jazz, des prêches, du théâtre, du cinéma, de l’humour comme de la peine, comme potentiel de transformation de la société est une évidence, une réalité à Chicago en 1967, lorsqu’on voit la complicité entre Martin Luther King Jr. et Mahalia Jackson (https://www.youtube.com/watch?v=zjDT63A78XA).
Une des chansons préférées d’Oscar Jr. était «Lift Every Voice and Sing» (Elève la voix et chante)(21) dont il n’est pas l’auteur, qu’il n’a jamais enregistrée (chantée peut-être), lui, à qui on prête l’écriture de 500 à 1000 chansons et poèmes, dont certains sont édités. Oscar Jr. était convaincu du pouvoir de la voix. Comme si l’essentiel avait été dit dans son documentaire, trois mois après la première, Oscar Brown Jr. décède à l’âge de 78 ans, le 29 mai 2005 au St. Joseph Hospital de Chicago et un hommage lui a été rendu le 24 juin au Christ Universal Temple, dans le South Side. Pour les dix ans de son décès, une rue a été rebaptisée à son nom le 30 mai 2015 près du Harper Theatre où il avait produit Summer in the City et Buck White, sur Harper Street entre les 52e et 53e Rues. En 2018, Maggie et Africa, les deux plus jeunes filles d’Oscar Jr. mettent en place le projet d’archives sur la vie et l’œuvre d’Oscar Brown Jr. au Logan Center(10), grâce à Dan Logan, comme 60 ans plus tôt, Oscar Jr. avait pu faire émerger son travail inventif avec l’aide de Bob Nemiroff: Chicago est une famille solidaire qui cultive son patrimoine et enrichit la mémoire collective, la condition primordiale d’émancipation de l’humanité. *
* Citations et titres de Poèmes tirés de What It Is, Poems and Opinions Of, Oscar Brown, Jr., Oyster Knife Publishing, Chicago, IL, 104 p., 2005 1. Sur le contexte chicagoan de l’époque: - Jazz Hot Tears 2025, George Freeman: https://www.jazzhot.net/PBEvents.asp?ActionID=67240448&PBMItemID=38420 - Jazz Hot 2025 AACM 1965-2025: https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ID=2489315
2. Sur les activistes du monde afro-américain: • NAACP: National Association for the Advancement of Colored People • James Baldwin: Jazz Hot-Movies 2020, I Am Not Your Negro • W.E.B. du Bois: (francophone) organise l’Exposition «Le Noir américain» à l’Exposition universelle de Paris de 1900 • American Negro Exposition, 1865-1940, Chicago: • Richard Durham: biographie, archives à Chicago • Langston Hughes: site officiel, biographie, archives, entre autres à la New York Public Library • Paul Robeson: sites officiels, biographie, archives, entre autres à la New York Public Library • William L. Patterson: biographie, archives à Howard University, Washington, DC
3. Cicero: le philosophe romain Ciceron (106-43 avant JC) était avocat et homme politique redouté pour ses harangues rigoureuses et ciselées, dont le fond moral, subtil et stratégique pour attaquer les corrompus, était encore renforcé par son art oratoire et déclamatoire littéraire, ses constructions de phrases, leur rythme d’élocution posée, mettant des reliefs de tonalités vocales, à la métrique étudiée, tous ces aspects appuyant aussi le sens de ses propos et démonstrations. Juriste chevronné, toutes ses compétences le faisaient repérer comme un incorruptible, ce qui lui vaudra de mourir assassiné comme opposant dangereux, notamment à Marc Antoine qui sapait la République romaine pour faire advenir l’Empire qui fera s’effondrer Rome dans une corruption ayant gangrené les notions de bien public, d’intérêt général, et de Senatus Populusque Romanus, un principe démocratique des décisions prises en vertu du sénat et du peule romain. Un célèbre procès gagné contre Verrus en 70 av. JC, un politique véreux élu en Sicile volant des œuvres d’art, a été si rude, qu’il a fait exiler celui-ci à Marseille… D’autre part, il existe une ville de la banlieue ouest de Chicago dont le nom est Cicero, nommée ainsi en hommage à Cicéron.Ville de retranchement d’Al Capone dans les années 1920, elle connaitra de nombreux scandales de corruption, notamment immobilière, et curieusement, l’évêque Marcinkus, natif de Cicero, sera mêlé aux affaires Sindona-Mafia/Ambrosiano/ Banque du Vatican/Loge P2 jusqu’en 1993. En 1951, dans cette ville, alors très raciste, 4000 personnes vont jusqu’à incendier l’immeuble où réside la famille d’un chauffeur de bus afro-américain, nécessitant l’intervention de la Garde nationale de l’Illinois pour les exfiltrer. En 1966, suite à l’assassinat d’un adolescent dans la rue, de nombreuses marches pour les Droits civiques défilèrent contre le racisme dans toute la région de Chicago (logements, écoles) et le jeune révérend Jesse Jackson conduisit la marche de Cicero particulièrement risquée. 4. Dossier JAZZ HOT 2025: Le Nouveau Monde des Max GORDON, Herbert JACOBY, Barney JOSEPHSON, Philippe STEIN, Lorraine GORDON, Ralph BERTON, Alfred LION, Francis WOLFF, Max MARGULIS, Emanuel EISENBERG, Ruth MASON… https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ID=2410151 • Cabaret-Café Society: cf. JAZZ HOT 2025, Le Village de Max Gordon, Une pépinière d'arts populaires https://jazzhot.oxatis.com/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2410708. • Porgy and Bess tournée de 1935: cf. JAZZ HOT 2025, «Herbert Jacoby, Jazz et Politique» https://jazzhot.oxatis.com/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2410143. • New Masses: cf. Jazz Hot 2025, Blue Note: Max Margulis et Emanuel Eisenberg https://jazzhot.oxatis.com/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2410783#MaxMargulis https://jazzhot.oxatis.com/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2410783#EmanuelEisenberg spartacus-educational.com/JmassesN.htm5. Le (jazz) vocalese est un mot se rattachant à la tradition vocale (paroles/gestuelle adaptées à la rythmique et aux sons surtout à partir du bebop), héritière d’une longue tradition d’utilisation de bruits d’animaux (comme en danse afro-américaine), d’imitations de son/d’accents de langues étrangères, voix d’opéra à effets comiques, depuis Leo Watson (1898-1950, https://www.youtube.com/watch?v=5Woz3XFEk2I), chanteur de Kansas City, MO, (ville de Charlie Parker), utilisant le swing, le blues, le gospel pour caler le scat, des contrechants, des mots parlés en situation, le jive (Ella Fitzgerald et Ray Charles, Paris 1989, https://raycharlesvideomuseum.nl/route-66-with-ella-fitzgerald/), le no-sense (Charlie Chaplin, Les Temps Modernes 1936, https://www.youtube.com/watch?v=xFw6Gd4Lh_4), les circonstances d’improvisations pour scander les thèmes ((Ella Fitzgerald, Antibes 1966, https://www.youtube.com/watch?v=gGlg1AbkeJw), les onomatopées (Dizzy Gillespie, Antibes 1962, https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i05038331/dizzy-gillespie-hoops-shoo-be-doo-be), des riffs vocaux dans un cadre instrumental (Cubano Chant, 1957, Art Blakey Jazz Messengers/Candido Camero/Ray Bryant https://www.youtube.com/watch?v=7rLhrCq69jk), phrasé, inflexions vocales, call & response, mises en scènes dansées (Cab Calloway années 1930, https://www.youtube.com/watch?v=9pIc8yabPp0) Les artistes les plus notables de cette expression vocale particulière sont Eddie Jefferson, Slim Gaillard, Babs Gonzales, King Pleasure (https://www.youtube.com/watch?v=yl4_7bbTdbE), Dizzy Gillespie, Dave Lambert/Jon Hendricks/Annie Ross, les Manhattan Transfer, ou en France, très tôt avec Charles Trenet (https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i21222580/charles-trenet-a-propos-du-jazz), puis les Frères Jacques (https://www.youtube.com/watch?v=126OV4I4lxw), Boris Vian, Georges Brassens, Claude Nougaro, Les Double Six qui ont tous compris l’impact sur le public d’allier rythme, sons, mots réels ou inventés, mise en scène, chorégraphie et techniques vocales.
6. Irene Eva Hebert (1929-2017): https://www.leesfuneralhome.com/obituaries/irene-lane
7. Abbey Lincoln, actrice engagée, dans le film Nothing but a Man de Michael Roemer tourné à l’été 1963 (Grande Marche pour l'emploi et la liberté, Washington , DC, 28 août 1963), Jazz Hot-Jazz Movies 2023 https://jazzhot.oxatis.com/PBCPPlayer.asp?ID=2304429#NothingButaMan
8. Alonzo Lonie Levister (1925-2016): https://artmusiclounge.wordpress.com/2017/03/16/r-i-p-lonie-levister/ https://amhistory.si.edu/jazz/Morgenstern-Dan/Morgenstern_Dan_Transcript.pdf
9. Stars of Jazz: https://jazzhot.oxatis.com/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2241169#Starsofjazz
10. Logan Foundation: Chicago, projet pour les archives d’Oscar Brown Jr. https://www.oscarbrownjr.org/obj-archive-project https://www.logancenter.uchicago.edu/history https://loganfdn.org/david-logan-1918-2011/ https://www.uchicagoartsblog.art/archive/2018/12/27/our-dad-was-the-grand-pap-of-rap-oscar-brown-jr
11. Le discours de Martin Luther King Jr. (1929-1968), lors de la Grande Marche pour l'emploi et la liberté, sur Washington, DC, 28 août 1963 et les discours suivants jusqu’à son décès. https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ID=2209901#MLK
12. Joy, pièce en devenir, va mûrir plus de deux ans avant de reprendre avec Sivuca sans Luiz Henrique, d’avril à septembre 1969 à San Francisco, Album Joy’69, RCA 1970: https://www.oscarbrownjr.org/demo/joy%3A-original-cast-recording Liste des tableaux: https://www.youtube.com/watch?v=OINyAI31yE4
13. Sur le contexte social et politique: Logement, émeutes et gangs à Chicago en 1966, les Blackstone Rangers https://chicagoganghistory.com/history/1966/14. Gwendolyn Brooks (1917-2000): poétesse du Southside de Chicago, elle a le prix Pulitzer en 1950 pour Annie Allen, un recueil de poésies. Elle a été soutenue dès son adolescence par Langston Hughes, Richard Wright, James Weldon Johnson, écrivant sur le quotidien et sa vie à Bronzeville, a été activiste et militante à de nombreux titres dont la NAACP. https://www.poetryfoundation.org/poets/gwendolyn-brooks Son poème «of De Witt Williams on his way to Lincoln Cemetery» a été mis en musique par Ralph Burns (comp,p,arr, 1922-2001), arrangé en blues orchestral par Quincy Jones pour Oscar Brown Jr., et titré «Elegy(Plain Black Boy)» sur l’album Between Heaven and Hell (cf. discographie) https://www.youtube.com/watch?v=UFdvudqApvU https://www.poetryfoundation.org/poems/43312/of-de-witt-williams-on-his-way-to-lincoln-cemetery
15. (Big Time) Buck White: George Abbott Theatre de Broadway, New York, du 15 novembre (la première), puis du 2 au 6 décembre 1969 https://www.ibdb.com/broadway-production/buck-white-3305 16. From Jump Street, The Story of Black Music: https://www.imdb.com/fr/title/tt1459309/fullcredits/?ref_=ttspec_sa_1 https://www.imdb.com/fr/title/tt1459309/episodes/?season=1&ref_=tt_eps_sn_1
17. Cabrini Green (Cité/quartier nord de Chicago): tristement nommé «le petit enfer» dès 1860, ce quartier concentre à lui seul l’histoire de tous les fléaux urbains: ségrégation, bidonville, pauvreté, chômage, mafias, gangs, snippers, viols, criminalité d’intimidation, enrôlement des enfants, défenestrations, les trafics remplaçant l’emploi, malgré les projets de (re)constructions successives de 1942 à 1962. https://chicagoganghistory.com/housing-project/cabrini-green/ Joe Segal, un ami d’une vie d’Oscar Brown Jr., y a habité toute sa vie avec sa famille: https://www.jazzhot.net/PBEvents.asp?ActionID=67240448&PBMItemID=36114 et Ramsey Lewis y a grandit https://www.jazzhot.net/PBEvents.asp?ActionID=67240448&PBMItemID=37434
18. Sydney P. Brown, (1894-1982): https://bullcityalphas.org/2020/11/25/a-moment-in-alpha-history-the-house-of-alpha/
19. Def Poetry, HBO, New York: https://www.imdb.com/fr/title/tt0329823/
20. Donnie L. Betts était le réalisateur idéal pour Oscar Brown Jr.: il a fondé deux compagnies de théâtres, travaillé à la radio, à Broadway, repris la série Destination Freedom de Richard Durham… https://nocredits.com/about-us/ https://nocredits.com/black-radio-days/ 21. «Lift Every Voice and Sing»: composée en 1900 par James Weldon Johnson (1871 Jacksonville, FL - 26 juin 1938, Wiscasset, ME), juriste et avocat, enseignant du primaire aux universités, poète (God's Trombones: Seven Negro Sermons in Verse, 1927), auteur compositeur (Harlem Renaissance et Broadway dont Tolosa sur l'annexion américaine d'îles du Pacifique), écrivain (Autobiographie d'un ex-homme de couleur, 1912; 2 anthologies: The Book of American Negro Poetry et The Book of American Negro Spirituals), diplomate en Amérique latine (Colored Republican Club) sous Theodore Roosevelt, Rapport sur l'occupation américaine en Haïti (1920), leader des Droits civiques (NAACP à partir de 1916), défenseur de la Loi fédérale Dyer contre le lynchage (1919) après avoir enquêté sur le lynchage par immolation d'Ell Persons en 1917 à Memphis, TN https://naacp.org/find-resources/history-explained/civil-rights-leaders/james-weldon-johnson • «Lift Every Voice and Sing», surnommé «National Negro Anthem»/hymne national noir, a été célébré par la sculptrice Augusta Savage à l’Expo Universelle de New York 1939-1940, et repris, entre autres, dans les films Keep Punching de John Clein en 1939, Do The Right Thing de Spike Lee en 1989 (joué par Branford Marsalis); la musique a été composée par le frère de James Weldon, John Rosamond Johnson (1873-1954), lequel chante dans les tournées Porgy and Bess entre 1935 et 1938. https://naacp.org/find-resources/history-explained/lift-every-voice-and-sing • Lift Every Voice and Sing est aussi le titre d'un album de Max Roach avec les J.C. White Singers (1971, Atlantic) https://www.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_mD3Qw5jX1qiRrZMT_cOOu17DWQRqUKRDM et a été joué et chanté en tant que morceau entre autres par Ray Charles: https://www.discogs.com/fr/release/1113065-Ray-Charles-A-Message-From-The-People https://www.youtube.com/watch?v=DX2nBHYkFeY Par Art Blakey & the Jazz Messengers, Valery Ponomarev (tp), Curtis Fuller (tb), David Schnitter (ts), Robert Watson (as), James Williams (p), Dennis Irwin (b), Ray Mantilla (perc), album In my Prime, Hollande, Timeless, 4 décembre 1978 https://www.youtube.com/watch?v=2-S-_NfTJc0 Par Houston Person (ts), Harold Vick (ts,fl), Babe Clarkes (bar), Garnett Brown, Jack Jeffers (tb), Ernie Royal, Money Johnson, Thad Jones (tp), Paul Griffin (p), Jimmy Watson (org), Bill Butler (g), Gerry Jemmott (b), Bernard Purdie (dm), Buddy Caldwell (cga), Houston Express, Prestige, 1971 W- Russell Malone (g), Rick Germanson (p), Gerald Cannon (b), Willie Jones III (dm), album Love Looks Good On You, HighNote Records, 2014 https://www.youtube.com/watch?v=OTwcAg9l52w Par le Preservation Hall Jazz Band: Charlie Gabriel, Louis Ford (ts), Calvin Johnson (ss), Wendell Brunious (flh), Kevin Louis, Stephen Lands (tp), Ronell Johnson (p,org,tb), Kyle Roussel (p), Ben Jaffe (b), Walter Harris, Kerry Fatman Hunter (dm), 3 décembre 2020 https://www.youtube.com/watch?v=b9U2UGkkpoI
AUTRES SOURCES:
♦ Site d’Oscar Brown Jr.: https://www.oscarbrownjr.org/
♦ Archives Oscar Brown Jr., 1936-1996, don à Howard University, Washington, DC: https://dh.howard.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1255&context=finaid_manu
♦ Oscar Brown Jr., TV, cinéma: https://www.imdb.com/fr/name/nm0112933/?ref_=ttfc_fcr_3_22
♦ Titres des chansons d’Oscar Brown Jr: cf. discographie infra
♦ Livre: What It Is, Poems and Opinions of Oscar Brown, Jr., Septembre 2005, Oyster Knife Publishing https://www.oscarbrownjr.org/product-page/what-is-it
* OSCAR BROWN Jr. dans JAZZ HOT:  • JAZZ HOT n°168 Septembre 1961, p.15-17 https://www.jazzhot.net/PBSCProduct.asp?ItmID=3654315 • JAZZ HOT n°195 Février 1964, p. 16-17 https://www.jazzhot.net/PBSCProduct.asp?ItmID=3654342 • JAZZ HOT n°210 Juin 1965, Oscar Brown Jr. chez Fontana https://www.jazzhot.net/PBSCProduct.asp?ItmID=3654357 • JAZZ HOT n°541 juin 1997, CD Oscar Brown Jr, Sin & Soul … and Then Some, Columbia/Legacy https://www.jazzhot.net/PBSCProduct.asp?ItmID=3654832 • JAZZ HOT n°622 Supplément Juillet-Août 2005, Tears Oscar Brown Jr. https://www.jazzhot.net/PBSCProduct.asp?ItmID=3654683
* AUTRES RECHERCHES dans JAZZ HOT: •«Recherches dans Jazz Hot»: pour approfondir les archives sur les musiciens et autres acteurs du jazz, les références données dans le présent article n’étant que parcellaires… https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ID=2429560 • Table des numéros de Jazz Hot par année: https://www.jazzhot.net/PBSCCatalog.asp?CatID=692881 • Index alphabétique des Tears en ligne: https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2202601 •Table des index de Jazz Hot par rubrique: https://www.jazzhot.net/PBCPPlayer.asp?ADContext=1&ID=2429540
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OSCAR BROWN, Jr.
DISCOGRAPHIE DÉTAILLÉE
 1959, Chicago, ILOscar Brown, Jr. With the Hardin-Aires/The Shelton Teen Agers and The Montgomery Band Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), musiciens non identifiés 1. Teen-Age Love 45t. Ebony 100 NB: autre face, Lil Hardin Armstrong and the Hardin Aires
1959-1960, Chicago, IL
Oscar Brown, Jr. Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), musiciens non identifiés 1. But I Was Cool 2. Three Squares and a Bunk 45t. Mad 1299
 20 juin 1960, New York, NY Oscar Brown, Jr.: Sin & Soul… and Then Some Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics)* 1. Mr. Kicks 2. Hazel's Hips 3. Humdrum Blues LP Columbia 1577 (3) CD Columbia/Legacy 64994 NB: Le LP est titré «Sin & Soul», le CD qui le reprend est titré «Sin & Soul… and Then Some» et comporte donc des thèmes supplémentaires.
23 juin 1960, New York, NY Oscar Brown, Jr.: Sin & Soul… and Then Some Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics)* 1. Signifyin' Monkey 2. Forbidden Fruit 3. Straighten Up and Fly Right 4. But I Was Cool 5. Sleepy LP Columbia 1577 (1, 4, 5) CD Columbia/Legacy 64994
24 juin 1960, New York, NY Oscar Brown, Jr.: Sin & Soul… and Then Some Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics)* 1. Work Song 2. Watermelon Man 3. Somebody Buy Me a Drink 4. Rags and Old Iron LP Columbia 1577 CD Columbia/Legacy 64994
25 août 1960, New York, NY Oscar Brown, Jr.: Sin & Soul… and Then Some Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics)* 1. Brown Baby 2. World of Grey LP Columbia 1577 (1) CD Columbia/Legacy 64994
31 août et 6 septembre 1960, New York, NYWe Insist! Max Roach’s Freedom Now Suite Max Roach (dm, comp), Abbey Lincoln (voc), Booker Little (tp 2, 5), Julian Priester (tb 2, 5), Coleman Hawkins (ts 1), Walter Benton (ts 2, 5), James Schenck (b), Michael Olatunji (perc), Ray Mantilla (perc 4), Thomas Joseph DuVall (perc 4), Oscar Brown Jr. (lyrics 1,2,4) 1. Driva' Man 2. Freedom Day 3. Triptych: Prayer, Protest, Peace 4. All Africa 5. Tears For Johannesburg LP Candid Records 8002 CD Candid Records 9002 NB: sous titré au dos de l’album Max Roach and Oscar Brown, Jr.'s We Insist! Freedom Now Suite, Oscar Brown est co-crédité comme auteur pour les thèmes 1,2,4 avec Max Roach. A l’origine projet commun de Max Roach et Oscar Brown, Jr., dans le cadre des célébrations du centenaire de l’émancipation prévu en 1963, il n’a pas été à son terme, Oscar Brown, Jr. se retirant et Max Roach publiant cet album sans même en avertir Oscar Brown, Jr. qui n’est donc que l’auteur de trois textes. Il est cependant mentionné, et ce disque reste une des étapes importantes de la vie artistique du chanteur, même si on n’entend pas sa voix sur l’enregistrement.
14 octobre 1960, New York, NYOscar Brown, Jr.: Sin & Soul… and Then Some Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics)* 1. Dat Dere LP Columbia 1577 CD Columbia/Legacy 64994
19 octobre 1960, New York, NY Oscar Brown, Jr.: Sin & Soul… and Then Some Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics)* 1. Bid 'Em In 2. Afro Blue LP Columbia 1577 CD Columbia/Legacy 64994
23 octobre 1960, New York, NY Oscar Brown, Jr.: Sin & Soul… and Then Some Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics)* 1. But I Was Cool 2. Sleepy LP Columbia 1577 CD Columbia/Legacy 64994 * Musiciens pour l’ensemble des séances de Sin & Soul… and Then Some: Oscar Brown, Jr. (voc), Billy Butterfield (tp), Joe Wilder (tp), Phil Bodner (s), Walt Levinsky (s), Joe Soldo (s), Floyd Morris (p), Alonzo Levister (p), Bernie Leighton (p), Don Arnone (g), Everett Barksdale (g), Al Chernet (g) George Duvivier (b), Frank Carroll (b), Joe Benjamin (b), Osie Johnson (dm), Panama Francis (dm), George Devens (dm), Bobby Rosengarden (dm), Willie Rodriguez (perc)
25 octobre 1961, New York, NY
Oscar Brown, Jr. Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman tp), Phil Woods (as), Joe Benjamin (b), Ralph Burns, Quincy Jones (arr,cond) + autres musiciens tp, tb, dm non identifiés 1. Lucky Guy 2. Love Is Like a New Born Child 3. Excuse Me for Livin' 4. Most Fools Are Dope NB: Inédits
19 novembre 1961, New York, NYOscar Brown, Jr.: Between Heaven and Hell Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman tp), Phil Woods (as), Joe Benjamin (b), Ralph Burns, Quincy Jones (arr,cond) + autres musiciens tp, tb, dm non identifiés 1. Hazel's Hips 2. Mr. Kicks LP Columbia 1774/8574 NB: «Ay Bwana K» inédit (22/11/61)
10 décembre 1961, New York, NY
Oscar Brown, Jr.: Between Heaven and Hell Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman tp), Phil Woods (as), Joe Benjamin (b), Ralph Burns, Quincy Jones (arr,cond) + autres musiciens tp, tb, dm non identifiés 1. World Full of Grey 2 Opportunity, Please Knock 3. Hymn to Friday 4. Love Is Like a New Born Child 5. Sam's Life 6. Forbidden Fruit LP Columbia 1774/8574
12 décembre 1961, New York, NY Oscar Brown, Jr.: Between Heaven and Hell Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman tp), Phil Woods (as), Joe Benjamin (b), Ralph Burns, Quincy Jones (arr,cond) + autres musiciens tp, tb, dm non identifiés 1. When Malindy Sings 2. Excuse Me For Living 3. Elegy (Plain Black Boy) 4. Lucky Guy LP Columbia 1774/8574
5 avril 1962, New York, NYOscar Brown, Jr.: In a New Mood… Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman (tp), George Devens (vib, perc), Ralph Burns (arr, cond), autres musiciens non identifiés 1. God Bless the Child 2 Nobody Knows You When You're Down and Out LP Columbia 1873/8673 CD CBS/Sony 28DP5148 NB: «Ac-cent-tchu-ate the Positive» inédit
7 avril 1962, New York, NY Oscar Brown, Jr.: In a New Mood… Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman (tp), George Devens (vib, perc), Ralph Burns (arr, cond), autres musiciens non identifiés 1. Sixteen tons 2. Where or When 3. Straighten Up and Fly Right LP Columbia 1873/8673 CD CBS/Sony 28DP5148 NB: « September Song» inédit
28 mai 1962, New York, NY Oscar Brown, Jr.: In a New Mood… Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman (tp), George Devens (vib, perc), Ralph Burns (arr, cond), autres musiciens non identifiés 1. Please Send Me Someone to Love 2. Work Song 3. Go Down Moses LP Columbia 1873/8673 CD CBS/Sony 28DP5148
29 mai 1962, New York, NY Oscar Brown, Jr.: In a New Mood… Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman (tp), George Devens (vib, perc), Ralph Burns (arr, cond), autres musiciens non identifiés 1. Hey There 2. Mood Indigo 3. It Ain't Necessarily So 4. One For My Baby and One More for the Road LP Columbia 1873/8673 CD CBS/Sony 28DP5148
12 au 14 octobre 1963, Chicago, ILOscar Brown, Jr.: Tell It Like It Is! Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Floyd Morris Orchestra (p, arr, cond), musiciens non identifiés et chœur* 1. Sing Hallelujah* 2. The Snake* 3. A Young Girl 4. The Tree and Me 5. Tall Like Pine* 6. All Blues 7. One Foot In the Gutter 8. If I Only Had* 9. Jeannine 10. So Help Me (A Little 3/4 For God and Co.) 11. Man, Earnest Boy LP Columbia 2025/8825
1964, The Cellar Door, Washington, D.C.Oscar Brown, Jr.: Goes to Washington Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Floyd Harris (p, org, clav) Phil Upchurch (g), Herbert Brown (b), Curtis Boyd (dm) 1. One Life 2. Beautiful Girl 3. Maxine 4. Maggie 5. Living Double in a World of Trouble 6. Glorious Tired Feeling 7. Tower of Time 8. Muffled Drums 9. Brother, Where Are You? 10. Forty Acres and a Mule 11. Call of the City 12. Summer in the City 13. Brother Where Are You? (alternate take) LP Fontana 27540/67540 CD Verve 557 452-2
5 juillet 1964, Newport, RI
Oscar Brown, Jr. at Newport Jazz Festival, Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), George Wein (p), Slam Stewart (b), Ben Riley (dm) 1. All Blues 2. Sleepy 3. One Foot In the Gutter 4. Song Introduction 5. Work Song 6. Forty Acres and A Mule 7. When My Baby Is the First Lady 8. Muffled Dreams Wolfgang's Vault 247 NB: Site d'archives en ligne. Un temps disponible, le lien est aujourd'hui introuvable.
1966, New York, NYOscar Brown, Jr. & Luiz Henrique: Finding a New Friend Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Luiz Henrique (g), musiciens non identifiés 1. Laia Ladaia (Lye-uh Li-dye’-uh) 2. Nothin' But a Fool 3. Manha De Carnaval 4. Much As I Love 5. I Had No Idea 6. Wham! Bam! Thank You Mam! 7. Finding a New Friend 8. Dawn Comes Again 9. Listen to Me 10. The Answer to My Prayer 11. Seeing Maria 12. Barra Limpa (Ba-ha Leem’-pa) LP Fontana 27549/67549
Janvier-Février 1970, New York, NYOscar Brown, Jr./Jean Pace/Sivuca: Joy Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics)*, Jean Pace (voc)°, Sivuca aka Severino Dias de Oliveira (accor, p, g, voc+), James Benjamin (b), Everaldo Ferrera (dm), Norman Shobey (cga, voc#) 1. Time* 2. What Is a Friend*+# 3. Funny Feelin'° 4. Under the Sun° 5. Wimmen's Ways* 6. Brown Baby° 7. Mother Africa's Day*+ 8. A New Generation*° 9. Sky and Sea+ 10. If I Only Had° 11. Nothing But a Fool*+ 12. Much As I Love You*+# 13. Afro Blue° 13. Funny World* LP RCA 01166
30 mai 1972, New York, NYOscar Brown, Jr.: Movin' On Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), William Eaton (cond, arr), Thad Jones (tp, flh), Eddie Williams (tp), Charles Lewis (tp, flh), Ray Beckenstein (as, fl), David Newman (ts, fl), Arthur Clarke (bar, bcl), Richard Tee (p), Cornell Dupree (g), Bill Salter (b 1-6), Gordon Edwards (b 7-9), Jimmy Johnson (dm 1-6), Bernard Purdie (dm 7-9), Ralph MacDonald (perc), Jean Pace (voc 8-9), Cissy Houston & Tender Loving Care (voc, back voc 4,7) 1. A Dime Away From a Hotdog 2. No Place to Be Somebody 3. Walk Away 4. Feel the Fire 5. Gang Bang 6. First Lady 7. A Ladiesman 8. To Stay in Good With You 9. Young Man LP Atlantic 1629/2935 CD Atlantic Masters 81227 3678-2 NB: «I'm With You» inédit
2-3 avril 1973, New York, NYOscar Brown, Jr.: Brother Where Are You Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Joe Newman (tp), Ernie Royal (tp), Jack Jeffers (tb), Frank Wess (as), Robin Kenyatta (as), Seldon Powell (ts), Charlie Fowlkes (bar), Floyd Morris (p, arr), David Spinozza (g), Keith Loving (g) Bill Salter (b) Ray Lucas (dm) Cissy Houston & Tender Loving Care (voc , back voc) 1. From My Window 2. Who Knows What Goes When the Doors Close ? 3. The Lone Ranger 4. If You Come Back LP Atlantic 1649
8 août 1973, Los Angeles, CA Oscar Brown, Jr.: Brother Where Are You Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Eric Kaz (hca*), Joe Sample (p, elp, clavinet), Sivuca (g, p, acc, voc, arr), Lanny Hartley (p), David T. Walker (g), Chuck Rainey (elb), Leon Ndugu Chancler (dm), Bobbye Porter Hall (perc), The Waters (back voc) 1. Under the Sun* 2. Memory Lane 3. Brother Where Are You 4. I Love San Francisco 5. Like a Flower 6. The Joneses 7. Separate Ways LP Atlantic 1649
Août 1974, Chicago, ILOscar Brown, Jr.: Fresh Oscar Brown, Jr. (voc), Arthur Hoyle (tp), Murray Watson (tp), Paul Serrano (tp), Clifford Davis, Steele Seals (ts), Billy Branch (hca), Tennyson Stephens (kb), Marvin Yancy (kb), Phil Upchurch (g), Bryan Gregory (g), Bernard Reed (b), Brian Grice (dm), Morris Jennings (dm), Henry Gibson (perc), Richard Evans (arr) 1. Rilly? 2. Sally B. White 3. Hazel's Hips 4. Chicken Heads 5. Don't Mess With Bessie 6. The Ghetto Scene 7. Granny 8. But I Was Cool 9. Let's Get Drunk (and Be Somebody) 10. Bull "Bleep” LP Atlantic 18106 CD Atlantic Masters 81227 3677-2

1983, Chicago, ILOscar Brown, Jr.: The Great Nitty Gritty Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Oscar Bobo Brown III (b, arr) 1. Theme From Nitty Gritty LP SerYo Records 2110 NB: Single 12”/33t, durée 10’
1992, Minneapolis, MN
Phil Upchurch: Whatever Happened to the Blues Ricky Peterson (org), Phil Upchurch (g), Paul Peterson (b), Michael Bland (dm), Lenny Castro (perc), Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics) 1. All blues CD Go Jazz/Bean Bag 55566 NB: Oscar Brown est sideman sur un titre de cet enregistrement de Phil Upchurch
17-21 juillet 1995, Richmond, CAOscar Brown, Jr.: Then and Now Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Reid Johnson (tp)7, Melecio Magdaluyo (ts, fl)1,4,5,7, Lance Kaufman (p, vib, org), Cork Marcheschi (harp, theremin)7, Randy Clark (g)6, Oscar Beau «Bobo» Brown III (b, eb, back voc), Bobby Lurie (dm), Marc Franchito (cello)8 1. Honeydo 2. Give Me More 3. The Entertainer 4. Hymn to the Homeless 5. Debris 6. Cyberspace Is the Place 7. Journey Through Forever 8. Old Man CD Weasel Disc 744213333424 NB: Sur cet album Then and Now, 8 autres titres qui correspondent à Then (alors): Dat Dere, Opportunity Please Knock, Somebody Buy Me a Drink, Signifyin’ Monkey, Afro Blue, Rags and Old Iron, Elegy, Work Song sont réédités à partir des enregistrements Sin & Soul (1960) et Between Heaven and Hell (1962). Les 8 thèmes ci-dessus enregistrés en 1995 correspondent à Now (maintenant).
15-17 juin 1998, HambourgOscar Brown, Jr.: Live Every Minute Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Stanley Turrentine (ts), Aaron Graves (p), Stephen Diez (g), Lucas Lindholm (b), Gerry Brown (dm) 1. Long As You're Living 2. Haven't I Loved You Somewhere
Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Pee Wee Ellis (ss, ts), Aaron Graves (p), Stephen Diez (g), Lucas Lindholm (b), Gerry Brown (dm) 3. It's October
Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Ingolf Burkhardt (tp), Joe Gallardo (tb), Pee Wee Ellis (ss, ts), Aaron Graves (p), Stephan Diez (g), Lucas Lindholm (b), Gerry Brown (dm) 4. The Snake
Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Pee Wee Ellis (ss, ts), Aaron Graves (p), Lucas Lindholm (b), Gerry Brown (dm) 5. A Column of Birds
Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Aaron Graves (p) 6. Old Lovers Song Oscar Brown, Jr. (voc), the NDR Big Band: Lennart Axelsson (tp), Ingolf Burkhardt (tp), Claus Stötter (tp), Reiner Winterschladen (tp), Joe Gallardo (tb), Nils Landgren (tb), Stefan Lottermann (tb), Christoph Schweitzer (tb), Fiete Felsch (sax), Peter Bolte (sax), Christof Lauer (sax), Lutz Büchner (sax), Steffen Schorn (sax), Vladislaw Sendecki (p), Stephen Diez (g), Lucas Lindholm (b), Gerry Brown (dm), Steve Gray (cond) 7. Dat Dere 8. Mr. Kicks 9. World Full of Gray 10. Hazel's Hips 11. Billie's Bounce CD Minor Music 801071
22 avril 2001, Hot House, Chicago, ILOscar Brown, Jr. & Maggie Brown: We’re Live Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Maggie Brown (voc), Africa Pace Brown (introd)6,8, Miguel de la Cerna (p), Aaron Graves (p)13, Yoseph Ben Israel (b), Avreeyal Ra (dm), Angela, Cheryl, Cassandra et Caroline Brown (backvoc)8 1. Young Jazz 2. Bird to Word-Billie Brown’s Bounce 3. Bird Chase 4. Midnight (on the Beach) 5. A Tree and Me 6. All Blues Madley* 7. Strongman 8. Insight* 9. When Malindy Sings 10. All Over (Ode Owed Youth) 11. My Little Maggie 12. Brown Baby 13. Old Lover’s Song° CD ESP-Disk 4071 NB: paru à l’origine en autoproduction sur Mag/Pie Records

2002, Chicago, ILJazz Yule Love II Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Calvin Brunson (p), Cecile Savage (b), Steve Cobb (dm) 1. Another Year CD Mack Avenue 1029 NB: 1 titre par Oscar Brown, Jr., autres titres par d'autres artistes

2002, Chicago, ILLegends & Lions: Blues Oscar Brown, Jr. (voc, lyrics), Calvin Brunson (p), Cecile Savage (b), Steve Cobb (dm) 1. But I Was Cool CD Mack Avenue 1032 NB: 1 titre par Oscar Brown, Jr., autres titres par d'autres artistes
Index discographique
45t 1959. Oscar Brown, Jr. With the Hardin-Aires, The Shelton Teen Agers and The Montgomery Band, Teen-Age Love, Ebony 100 45t 1959-60. Oscar Brown, Jr., But I Was Cool/Three Squares and a Bunk, Mad 1299 LP 1960. Oscar Brown, Jr.: Sin & Soul…, Columbia 1577 (CD Sin & Soul… and Then Some, Columbia/Legacy 64994) LP 1960. We Insist! Max Roach’s Freedom Now Suite, Candid 8002 (CD Candid 9002) LP 1961. Oscar Brown, Jr.: Between Heaven and Hell, Columbia 1774/8574 LP 1962. Oscar Brown, Jr.: In a New Mood…, Columbia 1873/8673 (CD CBS/Sony 28DP5148) LP 1963. Oscar Brown, Jr.: Tell It Like It Is!, Columbia 2025/8825 LP 1964. Oscar Brown, Jr.: Goes to Washington, Fontana 27540/67540 (CD Verve 557 452-2) EL 1964. Oscar Brown, Jr. at Newport Jazz Festival, Wolfgang's Vault 247 (le lien en ligne a disparu) LP 1966. Oscar Brown, Jr. & Luiz Henrique: Finding a New Friend, Fontana 27549/67549 LP 1970. Oscar Brown, Jr./Jean Pace/Sivuca: Joy, RCA 01166 LP 1972. Oscar Brown, Jr.: Movin' On, Atlantic 1629/2935 (CD Atlantic Masters 81227 3678-2) LP 1973. Oscar Brown, Jr.: Brother Where Are You, Atlantic 1649 LP 1974. Oscar Brown, Jr.: Fresh, Atlantic 18106 (CD Atlantic Masters 81227 3677-2) LP 1983. Oscar Brown, Jr.: The Great Nitty Gritty, SerYo Records 2110 (single 12”/33t) CD 1992. Phil Upchurch: Whatever Happened to the Blues, Go Jazz/Bean Bag 55566 CD 1995. Oscar Brown, Jr.: Then and Now, Weasel Disc 744213333424 CD 1998. Oscar Brown, Jr.: Live Every Minute, Minor Music 801071 CD 2001. Oscar Brown, Jr. & Maggie Brown: We’re Live, ESP-Disk 4071 CD 2002. Jazz Yule Love II, Mack Avenue 1029 (1 titre par Oscar Brown, Jr.) CD 2002. Legends & Lions: Blues, Mack Avenue 1032 (1 titre par Oscar Brown, Jr.)
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OSCAR BROWN, Jr.
VIDEOGRAPHIE
Chaînes YouTube d’Oscar Brown Jr:
1948-1951. «Destination Freedom», émissions de la radio WMAQ, Chicago, conçues et produites par Richard Durham, auxquelles Oscar Brown Jr. et Studs Terkel participent, «O Freedom» indicatif générique chanté par Paul Robeson
1961. Oscar Brown Jr., "Dat Dere”, The Ed Sullivan Show, CBS-TV, New York, 9 avril
1961. Oscar Brown Jr., Oscar Brown Jr. discusses his life and music, interview by Studs Terkel, (20 ans de leur 1ère rencontre) WFMT-Chicago/Studsterkel, The Chicago History Museum, 17 avril
1962. Oscar Brown Jr., interview by Studs Terkel, WFMT-Chicago/Studsterkel, The Chicago History Museum, 26 juin
1962. Oscar Brown Jr., "Mr Kicks”, "Swing Low”, paroles et musique Tommy Ambrose Show, CBC-TV, Toronto, 23 avril
1962. Emissions TV Jazz Scene USA, présentée par Oscar Brown Jr., CBS, Los Angeles, CA
1963. Interviewing Oscar Brown Jr., WFMT-Chicago/Studsterkel, by Studs Terkel, The Chicago History Museum
1965. Oscar Brown Jr. entertains, dir & prod Stewart Morris, UK, "Dat Dere", "One Foot in the Gutter", "But I Was Cool", "Forbidden Fruit", "Like a Newborn Child", "Little Maggie" Pas de lien disponible
1965. Oscar Brown Jr., Oscar Brown Jr. - Work Song, 13 mars
1966. Blues From the Ghetto, dir D. E. McDonough, USA, Interviews with Oscar Brown Jr., Charles Mingus, Harry Belafonte …
1977. Presenting Music with Oscar Brown, Jr, WFMT-Chicago/Studsterkel, by Studs Terkel, The Chicago History Museum, 6 juin, avec lien audio et transcription
1980. Emissions TV-PBS, From Jump Street: The Story of Black Music, de Robert Kaiser, présentées par Oscar Brown Jr., Washington, DC 11 décembre 1980: George Benson & Quincy Jones
1986. Camden Jazz Festival, Father Time, UK, dir Dick Fontaine, Musique Bobby Watson, "Moanin'” by Bobby Timmons, avec Art Blakey and the Jazz Messengers: Terence Blanchard (tp), Tim Williams (tb), Donald Harrison (as), Jean Toussaint (ts), Mulgrew Miller (p), Lonnie Plaxico (b); The Jazz Warriors: Colin Graham (tp), Philip Bent (fl), Courtney Pine (ts), Steve Williamson (as), Gail Thompson (bar). Interviews avec Dizzy Gillespie, Walter Davis Jr., Benny Golson, Curtis Fuller, Wynton Marsalis, Wayne Shorter, Bobby Watson, Oscar Brown Jr., enregistré au Shaw Theatre de Londres Pas de lien disponible
1996. Interviewing jazz singer and songwriter Oscar Brown, Jr., (70 ans) by Studs Terkel, WFMT-Chicago/Studsterkel, The Chicago History Museum, 16 septembre
1997. Oscar Brown Jr. à l’University of California, Riverside, CA, avec Fred Griffin (ts), 13 décembre
2005. Music Is My Life, Politics My Mistress: The Story of Oscar Brown Jr., documentaire de Donnie L. Betts, avec entre autres Abbey Lincoln, Amiri Baraka, musique Ron Miles, prod. No Credits Productions, 110 mn NB: Texte de Paul Robeson au Sénat contre le projet Mundt-Nixon, 30 mai 1948, objet du poème de Oscar Brown Jr. mentionné dans le documentaire de Donnie L. Betts https://www.youtube.com/watch?v=6y-xfqP6FOE
When Paul Robeson broke silence asunder Quand Paul Robeson rompit le silence I remember being filled with wonder Je me souviens avoir été émerveillé At that glorious sound Par ce son glorieux Echoing sound Ce son résonnant Booming with his spiritual thunder Qui grondait comme un tonnerre spirituel Yes, it was while I was young Oui, c'est quand j'étais jeune That my consciousness got sprung Que ma conscience s'est éveillée By the speech Paul Robeson gave that day Grâce au discours que Paul Robeson a prononcé ce jour-là Back in 1948 En 1948 When I was a candidate Quand j'étais candidat To be turned on by all he would to say A être enthousiasmé par tout ce qu'il avait à dire «Paul Robeson’s Voice», poème d’Oscar Brown, Jr.
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OSCAR BROWN, Jr.
L'ŒUVRE LITTÉRAIRE Poèmes, essais, théâtre  Oscar Brown Jr., image extraite de YouTube, Music Is My Life Politics My Mistress The Story of Oscar Brown Jr. Official Film by Donnie l. Betts, https://www.youtube.com/watch?v=yjNJvwDLM4E
♦ Poèmes et Essais https://www.oscarbrownjr.org/wordsmith
Dont ceux dédiés à Paul Robeson: • https://www.oscarbrownjr.org/post/paul-robeson-s-voice • https://www.oscarbrownjr.org/post/righteous-trap • https://www.oscarbrownjr.org/post/red-black • https://www.oscarbrownjr.org/post/at-narragansett
Et ceux sur le jazz: • https://www.oscarbrownjr.org/when-listening-to • https://www.oscarbrownjr.org/post/the-entertainer
♦ Pièces d’Oscar Brown Jr. https://www.oscarbrownjr.org/playsDOME: Organisation Dramatique d’Expression Musicale, où le récit prend forme au fil de l’agencement des chansons/chorégraphies/mise en scène sans utiliser de dialogues parlés.
♦ 1960. Kicks & Co.: Mr. Kicks, serviteur de Satan, corrompt deux étudiants leaders-activistes d’une université afro-américaine du sud des Etats-Unis, ensuite à Chicago, pendant les sit-in des années 1960.
♦ 1961. Crecie: Opérette en deux actes, en pentamètres iambiques et quatrains rimés. En 1830, Crecie et Cato sont amoureux mais esclaves dans une plantation de coton de Caroline du Sud. ♦ 1965-69. Alegria/Joy’66 et Joy’69: du carnaval de Rio aux plages de Bahia, la jeune génération opte pour la joie et la musique. Les aspirations profondes des femmes (Eve) donnent un sens à la vie des hommes (Adam). ♦ c. 1965. Lyrics of Sunshine and Shadow: inspiré du poète et écrivain Paul Laurence Dunbar, l’un des premiers à avoir utilisé la langue afro-américaine de son temps, et le premier à avoir écrit le livret d’une comédie musicale montée avec succès à Broadway (1903), In Dahomey. Oscar choisit la musique de Phil Cohran (tp,cnt,frh,bar,harp,AACM,1927-2017), un Chicagoan d’adoption qui a travaillé avec Jay McShann, Sun Ra Arkestra, et créé l’Afro-Arts Theater dans le South Side, dédié aux musiciens afro-américains. ♦ 1965. Summer in the City: chansons inspirées des cris des colporteurs dont les chiffonniers-ferrailleurs ambulants, marchands de pastèques, vendeurs à la criée du Chicago Defender… «... Après une enquête plus approfondie , j'ai découvert que ces chiffonniers étaient pour la plupart des immigrants qui fuyaient les pogroms des ghettos juifs d'Europe de l'Est, et que beaucoup avaient été érudits et chantres à l'église (ndlr: la synagogue). Et quand ils sont arrivés ici, ils n'avaient rien à faire dans leur domaine. Ils sont devenus de simples brocanteurs qui allaient de ville en ville. Ils utilisaient l'incantation de l'église (ndlr: religieuse) pour réclamer à cor et à cri ce qu'ils achetaient, des journaux, des chiffons et du vieux fer... «Rags and Old Iron» est l'une de mes chansons les plus fortes, peut-être la plus forte de tout mon répertoire. Il y a aussi «Watermelon Man» dont il existe deux versions une masculine et une féminine. Dans le spectacle Summer in the City que nous avons donné il y a onze ans (ndlr: 1966) au Harper Theater (ndlr: Chicago), nous avons combiné les deux versions et créé un spectacle de danse.», 6 juin 1977, Studs Terkel: https://studsterkel.wfmt.com/programs/presenting-music-oscar-brown-jr ♦ 1967. Opportunity, Please Knock: spectacle travaillé avec les Blackstone Rangers pour raconter le développement des gangs, de la corruption immobilière, des conflits de territoires dus au problème du logement. ♦ 1969. Buck White: adaptation (paroles et musique) de la pièce de Joseph Dolan Tuotti Big Time Buck White. Un leader politique afro-américain prêche le Black Power à un groupe politiquement immature ♦ 1970. Slave Song: opéra en deux actes, musique Alonzo Lonie Levister ♦ 1975. Black Stars: pièce musicale co-écrite avec Jean Pace. En 1960, pour arriver à leurs fins, deux amis acteurs afro-américains à la conquête d’un Hollywood dévoyé, vont aller jusqu’à l’accident pour l’un et au suicide pour l’autre, entre militantisme et drogue. ♦ 1975. Reverend Rex ou Rex Edison: inspiré par la légende d’Œdipe-roi. Après la guerre de Sécession, un prédicateur et homme politique afro-américain est chargé par le gouverneur d’une ville du sud où le Ku Klux Klan sévit, d’enquêter sur le meurtre ancien d’un planteur blanc qu’il lui-même a tué. ♦ 1975. A Year: une chanson par mois, et une pour les quatre saisons représentent une métaphore poétique de la vie, avec chorégraphie, photographies et images animées. ♦ 1977. Ignorapa: un monstre aux deux têtes d’ignorance et d'apathie fait attaquer des élèves insouciants par son gang de Méchants, de Cupides, d’Arrogants et Trafiquants. Le héros seul leur échappe grâce à un ami adulte, à son ego et son estime de lui-même. ♦ 1977. In De Beginnin’: n°1 des trois adaptations musicales en vers de la Genèse, Adam et Eve revisitent la guerre des sexes. Le point de départ est les 5e tableau musical de Joy’66, «Womens Ways»/«Wimmen's Ways». ♦ 1977. Merry Go Minstrel: Edutainment (divertissement éducatif), cette pièce musicale fait jouer des élèves du primaire (Mary McLeod Bethune* school de Chicago) s’exprimant dans une langue populaire, au sujet de leur apprentissage de l’alphabet, de leur comportement et de l’importance de la lecture. Mary McLeod Bethune*: 1875-1955 https://www.womenshistory.org/education-resources/biographies/mary-mcleod-bethune ♦ 1978. Raisin’ Cain: n°2 des trois adaptations musicales en vers de la Genèse, Caïn tue son frère Abel puis rencontre le Diable qui le félicite et le recrute pour commettre d'autres crimes. Ses parents Adam et Eve sont interpelés par la situation. Cet opus donne lieu aux débats sur les motivations morales de la justice divine. ♦ 1979. Covenants: dernière des trois adaptations, mais non musicale, en vers de la Genèse, Abraham et Sarah s’efforcent de s’installer et de pratiquer leur judaïsme dans un environnement hostile. ♦ 1982. Great Nitty Gritty: qualifiée de "comédie musicale miracle” par Oscar Brown, ce DOME a été monté avec les jeunes de Cabrini Green, quartier défavorisé de Chicago, suite à la violence corrélative aux problèmes de logements et de ségrégation. L’esprit de Jean-Baptiste Pointe DuSable, le fondateur de Chicago, propose à Willie, mortellement blessé au pied de sa statue, lors d’une fusillade entre gangs, de le sauver s’il change de comportement. ♦ 1983. Sliced Apple: Des passagers du métro observent la vie à New York et Harlem (photographies) avec le jazz et le blues dansés sur scène. ♦ 1983. Journey Through Forever: un homme âgé en fauteuil roulant chante sa perception de la vieillesse, alors qu’il est soigné par son infirmière bienveillante qui l’incite à prendre la situation du bon côté; mais son esprit imagine recevoir AllTheTime, quatre séductrices… NB: Cette pièce musicale a été donnée lors de l’ouverture inaugurale du théâtre sonorisé, ETA dans le Southside de Chicago, une initiative d’Abena Joan Brown (1928-2015), femme d'affaires et productrice de théâtre afro-américaine qui a aussi fondé la Creative Arts Foundation à Chicago pour permettre aux artistes afro-américains de travailler. https://www.etacreativearts.org/history ♦ 1986. Maple Leaf: Des paroles sur les ragtimes de Scott Joplin racontent sa fin à l'hôpital psychiatrique de Manhattan. Sa femme Lottie est à ses côtés, mais un esprit nommé «Ragtime» vient lui rappeler ses souvenirs. NB: Oscar Brown a également écrit un poème sur Scott Joplin: The Entertainer https://www.oscarbrownjr.org/post/the-entertainer ♦ DNC. CyberSoul: Beah Acker, poétesse-programmeuse sans domicile fixe après la perte de son job alimentaire, n’a plus que son ordinateur portable, nommé «Dot Comedy», pour contenir sa poésie. Pendant que Beah dort, une organisation rebelle, «Rebooters», visite Dot qui s’inquiète d’une cyber-folie d’ordinateurs surpuissants mais sans âme. Beah décide alors de créer une cyber-âme sur le web. La musique prévue pour cette pièce est jazz, rhythm & blues et rap.
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