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Chico Freeman, at Ronnie Scott's, 27 September 2004 ©David Sinclair

Chico FREEMAN


Just Play

En mars 2015, Jazz Hot fêtait ses 80 ans. A cette occasion, la revue organisait une exposition-anniversaire à la Fondac'tion Boris Vian, à Paris, et, plusieurs débats, dont le dervier, le samedi 11 avril, portait sur la vie et les itinéraires de musiciens, ce qui a nous a valu un bel après-midi de conversations enflammées (cf. le compte rendu de ces journées). A cette occasion, Chico Freeman était venu en ami de longue date de la revue, témoigner d'une vie particulièrement riche.

Le saxophoniste a pu évoquer son histoire, la place du jazz à Chicago, ville dont il est originaire, sa famille, avec les frères Freeman –son père Von (1922–2012), ses oncles Bruz (1921–2006) et George (1927)–, ses années à l’AACM. Il a aussi partagé sa conception de la musique et discuté avec les musiciens, venus nombreux, de l’état actuel du jazz dans sa pratique, sa culture et son économie. Nous renvoyons à la lecture Jazz Hot n°620, dont il faisait la couverture et dans lequel il revenait sur son parcours. On peut aussi utilement relire, sur cette atmosphère propre à Chicago, la belle interview que Von Freeman accorda à Jazz Hot (n°622), ainsi que celle d'autres musiciens comme Fred Anderson (Jazz Hot n°653).

John Betsch, Hal Singer et Chico Freeman, Fondation Boris Vian, 80 ans de Jazz Hot, avril 2015 ©Patrick Martineau


Aujourd’hui installé à Bienne, en Suisse, Chico (Earl Lavon, Jr.) Freeman (né le 17 juillet 1949) cumule les projets et les sorties d'albums: Spoken Into Existence avec son nouveau quartet, The Arrival en duo avec l’excellent bassiste Heiri Känzig, membre du Vienna Art Orchestra de Mathias Rüegg, All in the Family avec le guitariste George Freeman, The Sound of You avec la chanteuse Estelle Kokot, ou encore Exotica, un projet en cours avec Didier Lockwood.

Ecouter ces albums comme un tout témoigne de l’incroyable soif musicale de ce grand saxophoniste, de sa profusion créative, qui ne se disperse jamais, et du vertige de son jeu dans ces différentes situations. Nous l'avons constaté sur la grande scène de Jazz à Vienne où il était, en 2015, l'invité spécial d'une belle formation réunie autour de Billy Harper, réunissant beaucoup de ses compagnons musiciens au long cours (Cecil McBee, Billy Hart, George Cables…), puis, le même soir, produisant au Théâtre de minuit avec son quartet, en compagnie d'Antonio Faraò, Heiri Känzig et Billy Hart, sa musique de toujours qui alterne une tension extrême et des moments de relâchement, pleins de sérénité et de spiritualité. L'identité de Chico Freeman est justement faite de cette intensité et de cette amour de la vie qui ne le quitte jamais.

Fidèle à la tradition, à la culture de Chicago, au message humaniste de son père, à sa curiosité de nouvelles couleurs et textures du jazz, Chico Freeman, au jeu multiple, profond, s’est affranchi de tous les préjugés, et il reste un éternel jeune lion, généreux, au rire communicatif.

Propos recueillis par Mathieu Perez

Discographie et vidéos par Guy Reynard

Photos de Pascal Kober, Patrick Martineau et David Sinclair


© Jazz Hot n°675, printemps 2016


Chico Freeman, Jazz à Vienne 2015 ©Pascal Kober



Jazz Hot: Pourquoi avoir intitulé votre album Spoken Into Existence?

Chico Freeman: «Spoken into existence» est une formule à laquelle j’ai toujours cru et qui signifie que le mot est la chose. Si vous voulez vraiment quelque chose, dites-le. L’affirmer est la première étape. J’ai voulu cet album mais je n’avais pas de label. J’avais un concert de prévu et l’envie que ça existe. C’est un concept.

Pouvez-vous l’expliciter?

Avant de m’installer à New York, John Coltrane –comme mon père– a exercé une grande influence sur moi. Il est mort le jour de mon anniversaire en 1967. J’ai senti un lien supplémentaire avec lui. Je pensais pouvoir me rapprocher de lui en jouant avec les membres de son fameux quartet. Je l’ai dit, et j’ai fini par le faire.

2011

Je suis parti à New York, et j’ai joué avec Elvin Jones, McCoy Tyner et Reggie Workman 1. Il n’y a que Jimmy Garrison que je n’ai pas connu. Beaucoup de choses sont arrivées comme ça par la pensée positive et son affirmation. Il faut avoir la vision de ce que vous voulez pour que ça arrive. Ce n’est pas un concept qui définit la musique, même si la composition utilise cette approche. J’ai écrit tous ces titres de cet album pour mes filles en pensant à un aspect positif de leur personnalité, que j’avais envie de restituer par la musique.

Quel est votre processus créatif?

Ça varie. Je peux me réveiller avec des mélodies à l’esprit, ou penser à des harmonies et les travailler au piano, ou composer sans instrument. Les façons de faire sont multiples. Parfois, je suis inspiré par quelque chose que j’entends.

Antonio Faraó, Chico Freeman, Heiri Känzig, Billy Hart, Jazz à Vienne 2015 ©Pascal Kober

Dans cet album, vous jouez avec Antonio Faraò (p), Heiri Känzig (b) et Michael Baker (dm). Comment avez-vous monté ce groupe?

C’est une histoire intéressante. Il y a environ deux ans, j’avais un concert de prévu au Chorus à Lausanne. J’avais envie d’assembler un quartet parce que j’avais beaucoup de matière pour ce type de formation. Alors, j’ai commencé à rechercher des musiciens. J’ai retrouvé Michael Baker en Suisse. Je le connaissais depuis que j’avais joué avec Elvin Jones. Antonio vivait en Italie, et je l’ai appelé. Au départ, je voulais le bassiste anglais Alec Dankworth. Nous avons beaucoup joué ensemble, mais il n’était pas disponible. Darryl Hall non plus. Je ne parvenais pas à trouver de bassiste. Quelqu’un m’a conseillé Heiri Känzig. Je suis allé sur le web, et j’ai écouté sa musique. J’ai adoré! Je l’ai contacté, il était intéressé et dispo’. Mais il ne pouvait assister à une répétition que le jour même du concert, à la balance. Il était pris par des tournées. J’ai envoyé la musique aux musiciens pour qu’ils se préparent. On a finalement répété le jour même. Ce soir-là, le club était plein à craquer. On a joué, et c’était magique! Après ça, j'ai voulu garder ces musiciens ensemble.

Au fil des années, vous avez toujours joué avec d’excellents pianistes. Qu’a de spécial Antonio Faraò?

Il connaît très bien la culture afro-américaine. Il comprend la musique d’Herbie Hancock et McCoy Tyner. McCoy est mon pianiste préféré avec Wynton Kelly et Ahmad Jamal. Antonio a une approche originale de la musique et une voix personnelle. J’adorais aussi Fritz Pauer 2. De son vivant, il était l’un des meilleurs pianistes au monde.


George Cables, Chico Freeman, Billy Harper, David Weiss, Cecil McBee, Eddie Henderson, Donald Harrison, Billy Hart, Jazz à Vienne 2015 © Pascal Kober


Votre abord de l’improvisation a-t-il beaucoup changé?

Ça change tout le temps. J’avais la réputation d’être un musicien free alors que je ne me suis jamais considéré comme tel. Même quand je faisais de la musique expérimentale, j’expérimentais avec des formes, des mélodies et des approches différentes de l’harmonie. J’utilisais toujours un élément musical. Oui, j’ai joué avec Cecil Taylor, et je faisais partie de l’AACM. Mais, à New York, j’étais connu comme le musicien le plus in des musiciens out (Rires). Dans divers articles et interviews, on le mentionnait toujours. Mon approche de l’improvisation a toujours été en développement. Je n’ai jamais aimé être enfermé dans un seul concept. Quand je jouais avec mon père, nos personnalités se sont comme interverties. Il est devenu beaucoup plus out, et moi in. Quand j’ai lancé les Leaders, l’idée était de réunir toutes les musiques, de la musique expérimentale à la tradition, en une seule voix.

2014

Quel était votre état d’esprit en composant Spoken Into Existence?

J’ai cinq filles qui vivent partout dans le monde, et leurs mères sont de belles personnes. Quand je pense à elles, cela me rend serein. Elles me rendent très heureux. Il était temps pour moi de penser à  l'avenir, de leur laisser quelque chose. Le jazz, c’est la recherche de la vérité. Cet album est le moment de vérité dans lequel je me trouvais en le composant. C’est très honnête.

Depuis l’enregistrement, avez-vous joué avec ce groupe?

Pas beaucoup. C’est la première fois que tous les membres de mon groupe vivent en Europe. Aujourd’hui, un problème auquel les musiciens sont confrontés, c’est qu’ils ne peuvent pas choisir les groupes avec lesquels ils veulent jouer. Des promoteurs les appellent dans le seul but de servir un modèle économique. Mais si vous regardez les grands groupes de l’histoire du jazz, celui de Coltrane, Miles, Mingus, le Modern Jazz Quartet, les musiciens jouaient beaucoup, et ils passaient beaucoup de temps ensemble à développer un son nouveau. Aujourd’hui, il est très difficile de garder des musiciens, parce qu’ils doivent survivre. Et les promoteurs veulent des gens connus. Ils ne pensent qu’à l’argent, pas à la musique.
2014-2015


En plus de Spoken Into Existence, vous avez aussi enregistré All in the Family avec le guitariste George Freeman (1927), votre oncle, toujours basé à Chicago. Pourquoi avoir attendu tant de temps avant d'eregistrer avec lui?

Parce que, pendant des années, j’étais en tournée avec mon père et j’enregistrais avec lui. On a fait les albums Fathers & Sons (cf. discographie à la fin de ce texte), et nous avons tourné en Europe et dans le monde. C’est arrivé comme ça, et j’ai suivi le mouvement. Aujourd’hui, mon père n’est plus là, et mon oncle est devenu une icône de Chicago. Nous avons été contactés par une maison de disque, et j’ai trouvé que c’était une bonne opportunité.

Quel est le style de George Freeman?

Il ne sonne comme personne. Il a toujours eu un son très original. Il tient la guitare comme un saxophone. Il est très mélodique et aime l’espace. Je n’ai jamais entendu ça chez d’autres guitaristes. C’est un peu le Miles Davis de la guitare. C’est pour ça qu’il était le choix parfait pour Gene Ammons…

Quels sont vos albums préférés de votre oncle?

Je pense à trois situations: son travail avec Gene Ammons, avec les frères Freeman qui jouent pour Charlie Parker et Dizzy, et à un concert que j’ai fait avec lui et des membres de l’AACM à Chicago dans les années 1970. George est incroyable!

George Freeman est-il membre de l’AACM?

Non, mais les musiciens de l’AACM le respectent. Il n’a jamais fait partie de l’association. Mon père non plus.

Connaissez-vous des guitaristes qui ont pu être influencés par votre oncle?

George Benson m’a dit que George l’avait influencé. George est un guitariste respecté.

Il a travaillé essentiellement à Chicago?

Il a aussi tourné dans tous les Etats-Unis avec Gene Ammons, et il a travaillé avec Charles Earland.

Quel est le concept de l’album All in the Family?

J’ai pris trois musiciens que je connaissais bien: Harrison Bankhead (b), Kirk Brown (p) et Joe Jenkins (dm). Je voulais que cet album soit différent des autres parce qu’il est censé porter sur Chicago. J’ai choisi d’inclure des interludes, qui sont soit des improvisations avec le groupe soit des éléments percussifs. J’ai repris cette idée de Maurice White3 qui avait mis des interludes dans ses disques d’Earth, Wind and Fire. Je voulais aussi des couleurs et des textures différentes. L’album est un panorama de Chicago. C’est une ville qui tend les bras au reste du monde. Les musiciens allaient à Chicago avant de s’installer à New York. C’est pourquoi Reto Weber figure sur l’album et qu’il joue du hang, cet instrument qu’il a créé. Je voulais aussi que le guitariste Mike Allemana participe à l’aventure. George et lui ont un groupe ensemble. All In The Family porte sur la communauté jazz, avec les musiciens, les fans, et l’histoire de cette culture. Tous les grands musiciens de Chicago ont joué avec mon père. En faisant cet album, beaucoup de souvenirs sont remontés.

Chico Freeman, au Cri du Port, Marseille 1991 ©Guy Reynard

En plus de ces deux albums, vous avez trois autres projets en cours. En quoi consiste celui avec la chanteuse Estelle Kokot?

J’ai écrit beaucoup de chansons un peu romantiques avec Jan Pulsford pour des vocalistes. Estelle Kokot en a enregistré. Elle est d’Afrique du Sud mais vit en Grande-Bretagne. L’album s’intitule The Sound of You. J’ai encore beaucoup de chansons qui n’ont jamais été enregistrées.

Quelle est la nature du projet avec Didier Lockwood?

J’admire Didier depuis longtemps. Il peut jouer beaucoup de styles différents. Il y a encore peu de temps, dire d’un musicien qu’il était « éclectique », ce n’était pas un compliment. Maintenant, ça devient un compliment. Je trouve que j’ai des points communs avec Didier. J’ai appelé ce projet « Exotica ». Il y a aussi le violoncelliste suédois Svante Henryson et Reto Weber.

Le projet Exotica est né de cette rencontre avec Didier Lockwood?

Avant d’approcher Didier, l’idée était de former un trio.

Qu’appréciez-vous chez lui?

Didier est un vrai improvisateur et un musicien aux multiples talents. Il peut jouer du saxophone et de la trompette. Ce n’est pas qu’un technicien, il joue avec le cœur.

Avec quels autres violonistes avez-vous joué?

Avec Leroy Jenkins, Billy Bang et le violoncelliste Muneer Abdul Fataah.

Sentez-vous une différence dans l’approche du jazz chez les musiciens européens?

Parfois dans les sections rythmiques européennes, l’approche du rythme n’est pas celle que j’aime. Dans la culture européenne, on n’insiste pas sur le groove, qui n’est pas tenu en grande estime, à la différence de l’harmonie et de la mélodie. Le rythme, le groove sont plutôt relégués à la culture afro-américaine. Quand on parle de jazz, parfois les batteurs ne comprennent pas le concept de groove, et ça n’a rien à voir avec le fait de bien garder le temps. Mais ce n’est pas toujours le cas. Un batteur comme Joris Dudli comprend exactement ce qu’est le groove. C’est l'un de mes batteurs préférés. J’ai eu un quartet avec Fritz Pauer et Joris pendant cinq ans. Je l’ai vraiment vu à l’œuvre. J’adore la culture européenne, mais quand je veux du groove, je veux que ça soit bien fait. Heiri Känzig et Antonio Faraò, eux aussi, ont un groove incroyable.

2014Vous avez enfin enregistré The Arrival, un album en duo avec Heiri Känzig…

On s’est tellement bien entendu qu’on voulait simplement jouer à nouveau ensemble. Ça s’est très bien passé. Tout ce qu’on a joué était de la musique originale. Un saxophone et une basse.


1. McCoy Tyner et Chico Freeman: https://www.youtube.com/watch?v=N8FYj5YiFT0
2. Fritz Pauer, 1943-2012. Pianiste autrichien qui a joué entre autres avec Don Byas, Booker Ervin, Art Farmer, Dexter Gordon, Friedrich Gulda.
https://www.youtube.com/watch?v=p-Rgu-wVwUs. On peut écouter et voir une vidéo réunissant Chico Freeman, Fritz Pauer et Joris Dudli: https://www.youtube.com/watch?v=jRpe_U4MUv4

3. Maurice White (1941) est récemment décédé le 4 février 2016. (cf. la rubrique Tears-Larmes.)

CONTACT: http://v2.chicofreeman.com


Jazz Hot n°620

CHICO FREEMAN et JAZZ HOT:
n°356-357-1978, n°412-1984, n°482-1991, n°620-2005



DISCOGRAPHIE

Leader/coleader
LP 1975. Streetdancer, Rising, Dharma 807
CD 1976. Morning Prayer, Candid 79412
CD 1977. Chico, India Navigation 1031
CD 1977. Beyond the Rain, Contemporary/OJC 479-2
LP 1977. Kings of Mali, India Navigation 1035
CD 1978. Warriors, Black Saint 120019-2 (coleaders Bobby Battle, Fred Hopkins, Don Pullen)
CD 1978. The Outside Within, India Navigation 1042
CD 1979. No Time Left, Black Saint 120036
CD 1979. Spirit Sensitive, India Navigation 1045
CD 1980. Peaceful Heart, Gentle Spirit, Contemporary Records 14005
CD 1981. Fathers and Sons, Columbia 37972 (coleader Von Freeman, Ellis & Wynton Marsalis)
CD 1981. Destiny's Dance, Contemporary/OJC 799-2
LP 1982. The Search, India Navigation 1059
CD 1982. Tradition in Transition, Wounded Bird 6163
CD 1984. Tangents, Wounded Bird V1557811
CD 1984. Pied Piper, Black Hawk 508
CD 1984-87. Tales of Ellington, Blackhawk 537
CD 1985. More Mistletoe Magic, Quicksilver 4009
CD 1986. Groovin' Late: Live at Ronnie Scott's, DRG 91425
CD 1987. Lord Riff and Me, Candid 79421
CD 1988. At Ronnie Scott's, Hendring Wadham 004
CD 1988. You'll Know When You Get There, Black Saint 120128-2
CD 1989. Freeman & Freeman, India Navigation 1070 (coleader Von Freeman)
CD 1989. Luminous, Ronnie Scott's Jazz House 010 (coleader Arthur Blythe)
CD 1989. The Mystical Dreamer, In & Out 70062
CD 1989. Up and Down, Black Saint 120136-2
CD 1990. Sweet Explosion, In & Out 7010 (Brainstorm)
CD 1992. In the Moment, Edgetone 003
CD 1992. Threshold, In & Out 7022 (Brainstorm)
CD 1993. The Unspoken Word, Ronnie Scott's Jazz House 34
CD 1994. Focus, Contemporary Records 14073
CD 1995. The Emissary, Clarity Recordings 1015
CD 1996. Still Sensitive, India Navigation 1071
CD 1999. Face to Face: Live at Jazzfest Berlin '99, Double Moon/Challenge 71018
CD 2002. Oh, by the Way, Double Moon/Challenge 71027
CD 2004. Out of Many Comes the One, Arabesque 0162 (coleader Franco Ambrosetti)
CD 2004. David Murray, Chico Freeman with Özay, ITM 920009
CD 2010. The Essence of Silence, Jive Music Austria 5637710344
CD 2012. Elvin: Tribute to Elvin Jones, Jive Music Austria 5637951558
CD 2014. The Arrival, Intakt Records 251
CD 2014. Spoken Into Existence, Jive Music 2080-2
CD 2014-15. All in the Family, Southport 143 (coleader George Freeman)

The Leaders
CD 1986. The Leaders, Mudfoot, Black Hawk 520-2
CD 1987. The Leaders, Out Here Like This, Black Saint 120119-2
CD 1988. The Leaders, Unforeseen Blessings, Black Saint 120129-2
CD 1993-94. The Leaders, Slipping and Sliding, Sound Hills 8054
CD 2006. The Leaders, Spirits Alike, Challenge Records 71060

Roots
CD 1991. Roots, Salutes the Saxophone Vol. 1, In & Out 7016-2
CD 1991. Roots, Salutes the Saxophone Vol. 2, In & Out 7017-2
CD 1992. Roots, Stablemates, In & Out 7021-2
CD 1995. Roots, Saying Something, In & Out 7031-2

Sideman
CD 1977. Cecil McBee, Music from the Source, Enja 3019 2
LP 1977. Cecil McBee, Compassion-Music from the Source Vol. 2, Enja 3041
CD 1977. Cecil McBee, Alternate Spaces, India Navigation 1043
LP 1977. Mickey Bass, Sentimental Mood, Chiaroscuro 2031
LP 1978. Ahmed Abdullah, Live at Ali's Alley, Cadence Records 1000
CD 1979. Jay Hoggard, Days Like These, Arista 9516
CD 1980. Jack DeJohnette, Tin Can Alley, ECM 1244 517 754-2
CD 1980. Jay Hoggard, Rain Forest, Contemporary/OJC 800-2
LP 1980. Edward Vesala, Heavylife,  Leo 009
CD 1980. McCoy Tyner, 13th House, Milestone/OJC 1089-2
CD 1981. Kip Hanrahan, Coup de Tête, Nagel Heyer Records 10072
LP 1981. The New York Montreux Connection, Columbia 376520
LP 1982. The Young Lions, Elektra Musician 96,01961
CD 1982. McCoy Tyner, La Leyenda de La Hora, Koch Jazz 7866
LP 1982. Jack DeJohnette, Inflation Blues, ECM 1244
CD 1986. Kirk Lightsey, Everything Is Changed, SunnySide 1020
CD 1988-90. Kip Hanrahan, Tenderness, American Clave 1016
CD 1991. Carmen Lundy, Moment to Moment, Arabesque 0102
CD 1993. Dom Um Romão, Saudades, Water Lily Acoustics 16
CD 1994. Norman Hedman, Flight of the Spirit, Monad 132
CD 1994. Ozay, Antiquated Love, Basic 50004
CD 1995. Kip Hanrahan, All Roads Are Made of the Flesh, American Clave 1029
CD 1995-96. Sangoma Everett, Courage to Listen to Your Heart, TCB Records 97202
CD 1996. Albert Mangelsdorff, The Wake Keeping, Amori 009
CD 1996. Norman Hedman, Healing Hands, Monad 138
CD 1996. Arthur Blythe, Night Song, Clarity Recordings 1016
CD 1997. Sexus, Universal, Schoolcut Records 1
CD 1997. Ed Maguire, Jasmine, Truspace Records 9703
CD 1997. Lafayette Harris, Jr., Christmastime Is Here, Airmen 6
CD 1998. Sam Rivers, Inspiration, RCA 74321 64717-2
CD 1998. Sam Rivers, Culmination, RCA 74321 68311-2
CD 1999. Von Freeman, Live at the Blue Note: 75th Birthday Celebration, HalfNote 4903
CD 1999. Gary Lamb, Lavender Skies, Earthtone 7906
CD 1999. The Harlem Gospel Singers, Happiness, Smm 4966442
CD 1999. Bill Sims, Bill Sims, Warner Bros. 47418
CD 1999-2003. Cheick Tidiane Seck, Mandingroove, EmArcy 9801171
CD 2000. New York Latin Jazz Allstars, Feliz Navidad, Consolidated Artists Productions 946
CD 2000. Natalie Carter, Mind Body and Soul I Surrender, Orchard 801672
CD 2000. Hilton Ruiz, Enchantment, Arabesque 157
CD 2003. Avery Sharpe, Dragon Fly, JKN Music 89895
CD 2004. Me 3, Me 3, Metonic 00009
CD 2006. Marguerite Mariama, Wild Women Never Get the Blues... Well, Not Anymore!, From The Inside Music 101
CD 2008. Rent Romus, Rent Romus' Jazz on the Line: Thundershine, Edgetone 003


VIDEOS

1982 Chico & Von Freeman Montreux 1982
https://www.youtube.com/watch?v=GicEAP04pVk


1986. Chico Freeman Live @ Ronnie Scotts (concert complet 1 h 08)
https://www.youtube.com/watch?v=ytxN0AZFuPw


1992 Roots: Sam Rivers/Arthur Blythe/Chico Freeman/Don Pullen...
https://www.youtube.com/watch?v=XU_eKFPsdaY


2001 Chico & Von Freeman Den Haag 2001
https://www.youtube.com/watch?v=baHnnySM-qY


2002. Chico Freeman y Guataca - Jazzwoche Burghausen 2002 (concert complet)
https://www.youtube.com/watch?v=-qaRhdJStSE

2007 Chico Freeman Burghausen 2007 The Leaders
https://www.youtube.com/watch?v=NRVDMKjHcxg


2014 Chico Freeman 2 juillet 2014 / Isola Del Cantone
https://www.youtube.com/watch?v=gBKThegJbkc


The Chico Freeman 4Tet
https://www.youtube.com/watch?v=ACCmm8wHLNI


McCoy Tyner and Chico Freeman - Changes
https://www.youtube.com/watch?v=ubSu157Q7Vo

Chico Freeman Lonnie's Lament
https://www.youtube.com/watch?v=_pEIzxPdK7w

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