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Benny Green au Ronnie Scott's 2010 © David Sinclair


Benny GREEN


Green is blue

Le jazz de Benny Green est quasi mythologique, peuplé de héros, riche de légendes et de formidables histoires. Les héros, ce sont Art Blakey, Thelonious Monk, Cedar Walton, Horace Silver et les grandes histoires, celles des années 1950, ou plus tard de ses collaborations avec Oscar Peterson, Betty Carter, Freddie Hubbard, Ray Brown…

Chez Benny Green, le jazz est un art à part entière et une pratique artistique où la musique, le feeling du jazz et la technique du musicien sont aussi décisifs que le choix du titre des mélodies et des pochettes de disques. Benny Green est un passionné qui se nourrit inlassablement de l'histoire du jazz pour mieux s'y inscrire et trouver sa place, son identité et sa voix. Son dernier album, Magic Beans (2013), reflète bien son état d'esprit. Composé de dix compositions originales, le pianiste évoque de façon personnelle, profonde et sensible Kenny Drew, Jackie McLean, Harold Land, Sonny Clark, Elmo Hope, inspiré par une esthétique, des sons et des images du jazz des années 1950 et 1960.
 
Propos recueillis par Mathieu Perez
Discographie de Guy Reynard
Photos David Sinclair, Jose Horna et Pascal Kober


© Jazz Hot n°673, automne 2015


Jazz Hot: Votre nouveau trio se compose de David Wong et Rodney Green.

Benny Green: Dave et Rodney m’inspirent beaucoup. Je pense que si le batteur est heureux, alors le groupe va bien sonner. Je veux que le bassiste et le batteur soient bien dans ce groupe. On passe du temps ensemble, et on écoute de la musique, on a beaucoup de points communs.

Qu’aimez-vous chez eux?

Tous les deux sont très motivés. Comme moi, ils veulent se rapprocher du son authentique du vrai jazz. Ils sont aussi assoiffés de musique et veulent vivre dans la musique. Ce sont de vrais artistes. Leurs choix musicaux dans une situation donnée reflètent bien le type de personne qu’ils sont hors de scène. J’aime leur intégrité. Et j’apprends beaucoup de leur façon d’être. Je me sens porté par eux, respecté et admiré. Voir que je les inspire, ça me donne envie de faire mieux.

Magic Beans, 2013

Dans votre album Magic Beans, vous nommez certaines compositions du nom de musicien. Comment avez-vous conçu «Kenny Drew»?

Vers 1960-1961, Kenny Drew avait un certain son sur les disques Blue Note. Je pense à Whistle Stop de Kenny Dorham, McLean’s Bag de Jackie McLean, Dexter Calling… de Dexter Gordon, Back to the Tracks de Tina Brooks. Blue Train est plus tôt, en 1957. En 1960-1961, il avait un son qui avait un certain génie. Bluesnik de Jackie McLean est aussi un autre excellent exemple. Un jour, j’écoutais Sunday Mornin’ de Grant Green. Sur un des titres, Kenny Drew joue à la fin d’un solo un accord très caractéristique, très personnel. J’étais si emballé, parce que ça avait tellement la saveur de Kenny, que j’ai eu envie d’embrasser ce sentiment et cette texture, et de mettre dans une chanson tout ce que ça signifiait pour moi.
J’avais aussi une image en tête. Il y a quelques années, on m’a raconté une histoire qui m’a beaucoup aidé à écrire, à jouer et à façonner mon son. C’est le saxophoniste alto Jeff Clayton qui me l’a raconté. Dans les années 1970, Jeff jouait dans la section de cuivres de Stevie Wonder. Ils répétaient le matin dans son studio à Los Angeles et arrêtaient l’après-midi. Mais Stevie autorisait ses musiciens à rester pour le voir composer s’ils gardaient le silence. Jeff restait et le voyait faire. Stevie pouvait passer des heures sur une seule note à chercher la bonne note qui devait la suivre. Et on savait quand il l’avait trouvé quand il avait un grand sourire sur le visage. Donc, si on a une image, une émotion ou une histoire qu’on veut décrire, comme cette essence de Kenny Drew que j’ai senti sur ces quelques accords, si on reste avec ça, alors les notes et les rythmes sont là devant nous, et ils n’ont plus qu’à être trouvés. Mais il faut vraiment rester avec et vouloir les trouver. Cette histoire m’inspire.

Pour «Jackie McLean»?

Je pensais à la section cuivre avec Jackie et Bill Hardman, quand ils étaient dans les Jazz Messengers, vers 1957. J’imaginais juste le son. Jackie a une certaine façon de jouer en mineur. Billy Higgins m’a raconté une histoire. Il avait entendu les auditions de ce groupe. Un soir sur scène, Art a joué un press roll. Une telle énergie est passée dans les airs à ce moment-là que Jackie et Bill se sont retournés en même temps, comme soufflés. C’était puissant à ce point, raconte Billy. Alors j’ai imaginé Jackie, et je suis resté avec ce feeling. Et je me suis demandé comment ça sonnerait au piano.

Benny Green accompagne Benny Carter, San Sebastian 1994 © Jose Horna


«Harold Land»?

J’étais inspiré par le son des disques de Curtis Counce avec Carl Perkins au piano. Il y avait aussi Jack Sheldon à la trompette. Il y a un son sec chez Harold Land. Avec un cri. Tous les grands solistes de jazz ont une sorte de cri dans leur son, mais il y a quelque chose de très sec chez Harold Land. Sa sonorité est si originale. Je pensais à un air que ce quintet pourrait jouer. Ça se passe à la fin des années 1950, avant qu’on ne se mette à faire du modal. Vers 1960-1961, avant My Favorite Things de Coltrane, et avant qu’on ne soit autant fasciné par McCoy Tyner, on se demandait toujours comment s’y prendre avec «So What». Donc je pensais à ce son, et j’en ai écrit mon impression. Ce n’est pas quelque chose de littéral. Donc ce qui me paraissait le plus honnête était d’appeler ces mélodies du nom de ces musiciens.

«Flying Saucer»?

J’avais une image pour ça. J’essayais d’imaginer un croisement entre Elmo Hope et Tadd Dameron. Que feraient-ils s’ils avaient une session d’enregistrement avec Philly Joe Jones à la batterie? Et rythmiquement, cette composition est faite pour la batterie. La mélodie est comme un accompagnement pour la batterie. Et puis, le titre dépeint cette représentation américaine des années 1950 avec les Martiens. Cette composition a l’affirmation joyeuse, la chaleur et la simplicité de l’écriture de Tadd Dameron et l’audace d’Elmo Hope. Ça s’est fait naturellement.

En concert, vous aimez jouer les compositions de Cedar Walton.

Jouer sa musique est très stimulant. C’est un défi, mais il a ce groove. J’adore aussi jouer la musique de Monk, mais elle est plus ardue et un peu intimidante. Mais c’est bien. C’est le grand prêtre.

Quel est votre rapport à la composition?

C’est naturel. Je ne me force pas. J’ai toujours mon magnétophone avec moi. Quand je m’exerce, je suis prêt à l’allumer à tout moment. Le magnétophone est très important pour moi. J’enregistre toujours mes concerts, et je tiens un journal de ce que nous jouons. J’apprends beaucoup quand j’écoute le groupe, et j’écoute la différence d’un soir à l’autre.

Quelles sont vos relations avec David Wong et Rodney Green en leader?

Je ne peux pas décrire à quel point j’apprends sur le leadership en ce moment. Je veux me reposer davantage sur mes musiciens, mais sur un plan musical, en donnant moins d’indications verbales. Dave et Rodney sont plus jeunes, mais ce sont des adultes. C’est donc important qu’ils pensent par eux-mêmes. Et j’ai une autre perspective. Quand je travaillais avec Art Blakey et Ray Brown, ils me laissaient essayer les choses par moi-même.

Benny Green, Russell Malone, festival de Jazz de Vitoria 2003 © Jose Horna


Pourquoi avoir choisi ces musiciens en particulier? Sur l’album Magic Beans, le batteur était alors Kenny Washington.

Avant de monter un groupe avec Peter Washington et Kenny Washington, je ne m’étais jamais préoccupé de devenir un leader. J’avais fait des duos avec Russell Malone, et je travaillais en freelance. Puis, j’ai eu mon groupe avec Peter et Kenny. Peter est devenu moins disponible. Dave était un choix logique. C’était le bon choix musical. Pas seulement en termes de style, mais dans sa façon de sentir la musique. Et après Peter, c’était sans doute le meilleur choix pour Kenny. Kenny est un type de batteur très spécifique. On ne peut pas le faire jouer avec n’importe quel bassiste. Donc Dave et Kenny étaient mon trio pendant quelques mois. Mais je voulais jouer autant que possible, et je ne pouvais offrir à Kenny le meilleur traitement en tournée. Puis Rodney a voulu jouer avec moi. Il jouait dans mon groupe en 2000. Donc, ça remonte à loin; c’était un choix naturel. Le jeu de Rodney est toujours très sexy, funky, branché. Rodney et David jouent très bien ensemble. Ils s’amusent sur scène et se respectent mutuellement. Pour moi, la basse et la batterie sont le cœur d’un groupe de jazz.

Avec quels autres musiciens avez-vous senti un lien si fort?

Le seul autre trio avec lequel j’ai senti un lien aussi fort était avec Christian McBride et Carl Allen. Autrement, je n’ai pas ressenti autant de liberté créative. Il y a une vraie alchimie avec Dave et Rodney, sur scène et hors scène.

Que se passe-t-il sur scène?

J’espère toujours que les notes vont bien sortir! (Rires) Autrement, je pense au son, à la texture, à l’attaque, à suivre la forme de leur son, qui a une tonalité légèrement différente d’un soir à l’autre. Ce n’est jamais pareil. Comme dans la vie. Je pense à remarquer les éléments de leur personnalité, la façon dont David joue avec le temps et les idées, la façon dont Rodney joue avec ou contre ce que je fais. C’est comme une danse.

Vous disiez avoir le sentiment, aujourd’hui, d’apprendre beaucoup sur le leadership. Que retenez-vous des autres leaders avec lesquels vous avez travaillez?

Il y a des éléments de présentation que j’ai appris d’eux. Ce que j’ai appris d’Art Blakey, c’est qu’il est important que les sidemen soient non seulement inspirés mais surtout mis au défi. Pendant la balance, Art me faisait jouer très dur. Avec lui, on était toujours dans la musique. La balance est la seule occasion pour nous de répéter. Alors avec mon trio, on va travailler sur des détails, en général avec le batteur.
Une autre leçon: Benny Golson me disait que la première note et la dernière note peuvent faire une rupture nette avec le public. Alors si vous ratez la première note ou la dernière… C’est crucial. C’est un petit détail, mais d’une importance capitale.
Oscar Peterson m’a raconté une histoire quand il faisait la transition entre Ray Brown et Sam Jones. Ray et Oscar m’ont tous les deux juré que sur ces disques classiques, ces arrangements terribles n’avaient pas été transcrits. Et quand Sam est arrivé, il a hérité des arrangements qui avaient été faits pour Ray. Mais Sam n’articulait pas aussi bien que Ray. Il s’en est rendu compte et a demandé à Oscar quelques jours pour y travailler. Plus tard, Sam l’a appelé mais ce n’était toujours pas ça. Et plutôt que de lui dire qu’il avait encore besoin de travailler, Oscar a dit: «Tu vois! Je savais que tu y arriverais.» Il a senti que ça lui donnerait de l’assurance… Des trucs comme ça m’ont influencé.
J’ai vu une interview de Count Basie sur YouTube. Vers la fin, le journaliste lui demande comment il aimerait qu’on se souvienne de lui. Il a répondu: «En deux mots: mec sympa.» Je pense à ce genre de choses. C’est important que mes musiciens s’amusent parce que ce sont d’excellents musiciens. Et ça fait toute la différence quand on se sent bien sur scène. Je dois donc trouver cet équilibre entre les laisser être ce qu’ils sont et ne pas trop les embêter avec de petits détails. Mais bon, je dois gérer ça. Je dois être patient.

Benny Green, Vitoria, Espagne, 2003 © Jose Horna


Vous êtes un excellent connaisseur du jazz des années 1950-1960. Quel est votre rapport au jazz des années 1920-1940?

Mon père m’a fait découvrir la musique de Lester Young. C’était son héros. Et j’ai grandi en écoutant les disques de Fats Waller, Art Tatum et beaucoup de Duke Ellington, Count Basie. La musique des années 1930 est très avancée. D’une certaine manière, la technique développée par les musiciens de la fin des années 1930 est presque plus avancée que celle de certains musiciens de bebop. Je ne parle pas des génies comme Dizzy et Bird. Certains pianistes qui sont venus après Bud Powell n’avaient pas vraiment une bonne technique de main gauche. Dans les années 1930, on n’aurait jamais pu s’en tirer avec ça. C’est juste un exemple. Mes penchants, ma personnalité de musicien me font graviter plutôt du côté de l’audace de Monk. Je pense qu’avoir été influencé par Oscar Peterson et Hank Jones me relie d’une certaine manière avec ce qu’il y avait avant, avec Tatum, Teddy Wilson, Nat Cole.

Dans Magic Beans, qui évoque ces musiciens des années 1950-1960, vous n’utilisez pas de cuivres, de saxophone, de trompette.

On sait qu’Horace Silver était d’abord un ténor. C’est ce qu’on nous dit. Et on peut l’entendre à sa façon unique d’utiliser le registre moyen quand il joue ses lignes. Sonny Clark aussi jouait dans le registre des ténors et des trompettistes. J’ai écouté l’un de mes enregistrements et, sur un titre, j’ai entendu le son que je voulais atteindre: j’essayais d’imiter au piano le son de Dexter Gordon au saxophone. Ça m’a pris plusieurs notes pour arriver à ce son, mais j’ai trouvé quelque chose, et ça sonnait comme un piano. Etre inspiré par ces sons, fait que je ne vois pas seulement le piano comme un piano mais comme un orchestre où j’assimile tous les sons du jazz. Ça doit dater de la période où j’ai commencé à écouter des saxophonistes, Charlie Parker, Charlie Rouse… Un de mes grands titres préférés est «St. Vitus Dance» d’Horace Silver dans Blowin’ the Blues Away. Même si c’est un piano, il sonne aussi comme un saxophone. Tout se fond ensemble, que ce soit un cuivre ou un piano. Ça colore la palette qui m’inspire à faire tout ça.

Magic Beans est votre premier album composé uniquement de compositions originales.

C’était un défi que je me suis donné en préparant Magic Beans parce que je n’avais pas écrit depuis si longtemps à ce moment-là. Je voulais écrire tout un ensemble de musique à enregistrer. J’ai écrit plus que les dix morceaux qui se trouvent sur l’album. C’était un vrai projet. 2011-2012 ont été une période très productive.

Comment composiez-vous avec Ray Brown et Art Blakey?

Quand on a enregistré Some of My Best Friends Are… The Piano Players, Ray Brown m’a dit que je pouvais apporter une composition originale. Il ne l’a même pas écoutée. Il croyait en moi à ce point. J’ai écrit «Ray of Light» le jour même de la session d’enregistrement. Je croyais alors en moi à ce point.
Art Blakey ne demandait pas qu’on écrive pour lui. Une fois que vous étiez dans les Messengers, c’est ce que vous faisiez. Si vous n’écriviez pas, Art ne vous respectait pas. Cela dit, je ne connais pas de composition de Jymie Merritt ou Peter Washington mais j’imagine que les bassistes s’en sont tirés en écrivant moins… Les pianistes et les cuivres devaient écrire. Ça faisait partie du Messenger.
Et quand j’ai eu le groupe avec Christian McBride et Carl Allen, j’ai écrit pour eux en fonction de leurs personnalités. Pour Magic Beans, j’ai écrit en ayant en tête Peter Washington et Kenny Washington.

Mulgrew Miller, Kenny Barron, Benny Green, Eric Reed, Jazz à Vienne 2012 © Pascal Kober


Quel regard portez-vous aujourd’hui sur Kenny Drew, Jackie McLean, Harold Land?

Les influences que je revendique directement sont Monk, Bud Powell, Horace Silver, Kenny Drew, Wynton Kelly, Red Garland, Sonny Clark, Bobby Timmons et Cedar Walton. Ils m’ont toujours influencé, mais je me concentre sur eux aujourd’hui. Ils m’ont indiqué le chemin. Et puis l’idée de devenir un Messenger, qui était un but très spécifique dès l’âge de 18-19 ans, a grandi en moi en écoutant les pianistes des Messengers que j’évoquais, Horace Silver, Bobby Timmons, Cedar Walton. Quand j’ai commencé à jouer avec Art, il y avait certains beats qu’il jouait qui me reliaient directement à ce que j’avais entendu sur ces disques. Art a commencé comme pianiste avant de jouer de la batterie. Il savait vraiment écouter le piano.

Un autre pianiste qui a beaucoup compté pour vous est Walter Bishop, Jr.

J’ai tellement appris de lui, à tant de niveaux. Voilà un type qui a joué avec Charlie Parker, Miles Davis, Kenny Dorham, Jackie McLean… Il a grandi avec Jackie, Sonny Rollins, Kenny Drew et Art Taylor. C’est un vrai musicos de New York. Il m’aimait beaucoup et me traitait comme un membre de sa famille. Il ne voulait pas que je sois juste son protégé. Alors il m’a encouragé à transcrire McCoy Tyner et Herbie Hancock. Il voulait que je sois informé. Il voulait que j’aie de la ressource. Et quand vous jouez avec Freddie Hubbard, il faut avoir de la ressource. Il a ouvert mon imaginaire. Une fois, je suis allé à une jam session avec lui. Il ne m’avait jamais entendu accompagner. Ce soir-là, j’étais assez imbu de moi-même. Je pensais qu’il allait dire combien il m’avait trouvé bon. Il m’a dit que j’avais été très mauvais et que nous allions devoir travailler l’accompagnement. Il a dit «nous». Ça m’a beaucoup touché. Il aurait pu ne rien dire et laisser tomber. Il m’était très attaché.

Kenny Barron, Mulgrew Miller, Eric Reed et Benny Green, Jazz à Vienne 2012 © Pascal Kober


Jouait-il beaucoup à cette époque?

Pas mal. J’allais le voir jouer. J’étais une sorte de fan mais j’allais voir d’autres pianistes aussi. Il comprenait que j’aille voir Kenny Barron et Mulgrew Miller. Mais c’était plus difficile pour lui quand je me suis intéressé à Walter Davis, Jr., et qu’il est devenu mon prof. Walter Davis a été un prof important pour moi.

Ces deux personnages vous amenaient directement à la source.

Tout à fait. Walter m’avait raconté par exemple que Bud Powell lui avait appris ses compositions note par note. Il pouvait ainsi se lever du piano en laissant Walter jouer et écouter ses harmonies du point de vue de l’auditeur. C’est du lourd. Walter était un peu mystique. Parfois il faisait le bœuf avec Art Blakey au Sweet Basil. Ils jouaient à fond, ils riaient… C’était très fort!


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Jazz Hot et Benny Green: n° 559 (1999) et n°642 (2007)

Site: bennygreenmusic.com


Discographie par Guy Reynard

Leader
CD 1993. Blue Notes-Trio, Toshiba 68043
CD 1997. Funky!, Toshiba
CD 1998. Oscar and Benny, Telarc 83406 (coleader Oscar Peterson)
CD 1999. These Are Soulful Days, Blue Note 499 527-2
CD 2000. Naturally, Telarc 83498
CD 2001. Green's Blues, Telarc 83539
CD 2002. Jazz at the Bistro, Telarc 83560
CD 2004. Bluebird, Telarc 83604
CD 2010. Source, Jazz Legacy Productions JLP 1001014
CD 2012. Magic Beans, Sunnyside 1338
CD 2013-14. Live in Santa Cruz!, Sunnyside 1401











Sideman
CD 1987. Chris Pasin, Detour Ahead, h2O Productions 01
CD 1987-94. Jimmy Ponder, Steel City Soul, 32Jazz 32075
CD 1988. Art Blakey / Freddie Hubbard, Feel the Wind, Timeless 307
CD 1988. Art Blakey, I Get a Kick Out of Bu, Soul Note 121155-2
CD 1991. Freddie Hubbard, Live at Fat Tuesday's, Musicmasters 65075
CD 1994. WDR Big Band, The World of Duke Ellington, Vol. 2, BHM Productions 10232
CD 1994. Milt Jackson, Burnin' in the Woodhouse, Qwest 45918
CD 1994. Etta Jones, My Gentleman Friend, Muse 5534
CD 1996. Mark Elf, A Minor Scramble, Jen Bay Records 0003
CD 1997. Tim Hagans, Hub Songs: The Music of Freddie Hubbard, Blue Note 59509B
CD 1998. Freddie Hubbard, God Bless the Child, Musicmasters 65176)
CD 1999. Ann Hampton Callaway, Easy Living, Shanachie Records 5126
CD 1999. Flip Phillips, Swing Is the Thing!, Verve 543 477-2
CD 1999. Clark Terry, One on One, Chesky 198
CD 2002. Geoff Keezer, Sublime: Honoring the Music of Hank Jones, Telarc 83563
CD 2002. Gerald Wiggins, Gerry Wiggins & Friends: Celebrating Wig's 80th at the Jazz Bakery, Madwig Music 0006
CD 2002. Mark Murphy, Dim the Lights, Millennium 1
CD 2003. Ray Brown, Walk On, Telarc 83515
CD 2004. Holly Cole, The Holly Cole Collection, Vol. 1, Magada 81040
CD 2006. Randy Napoleon, Between Friends, Azica Records 72236
CD 2006-2010. Hilary Kole, You Are There: Duets, Justin Time 85612
CD 2007. Matt Haviland, Beyond Good and Evil, Connotation Records 10011
CD 2007. Terence Blanchard/Nnenna Freelon, Monterey Jazz Festival: 50th Anniversary All-Stars, Monterey Jazz Festival Records 7230433
CD 2008. Dione Taylor, I Love Being Here with You, Marquis Records 81363
CD 2008. Belinda Underwood, Greenspace, Cosmik Muse 10032
CD 2008. Tiger Onitsuka, A Time in New York, Columbia 323
CD 2008. Kenny Burrell, Be Yourself: Live at Dizzy's Club Coca-Cola, HighNote 7208
CD 2009. Anat Cohen, Clarinetwork: Live at the Village Vanguard, Anzic Records 1203


Vidéos

1988 Art Blakey & The Jazz Messengers/Moanin'
Art Blakey (dm), 
Philip Harper (tp), 
Robin Eubanks (tb), 
Javon Jackson (ts), 
Benny Green (p), 
Peter Washington (b
)
Mt. Fuji Jazz Festival With Blue Note

https://www.youtube.com/watch?v=WwbTB_RX-j4

1994 Brown & Green - Cottontail & WDR Big Band dirigé par John Clayton
Ray Brown (b), Benny Green (p), Jeff Hamilton (dm)

https://www.youtube.com/watch?v=nIPDQ_FWmSc

1999 Russell Malone, Christian McBride & Benny Green-Jingles
https://www.youtube.com/watch?v=BfpVi7QJ8yw

2009 Christian McBride performing with Benny Green

https://www.youtube.com/watch?v=DAUl5jF4GoM

2010 Tribute to Ray Brown with Christian McBride, Benny Green and Karriem Riggins - Buhaina, Buhaina
Christian McBride (b), 
Benny Green (p), 
Karriem Riggins (dm)

https://www.youtube.com/watch?v=Pbs3yDpBL1k

2010 Green, Wind, Wilson Trio with Potter, Strickland - JazzBaltica, Salzau, Germany, 2010-07-04
https://www.youtube.com/watch?v=JsZv-m8yDe4

2011 Russell Malone Benny Green

https://www.youtube.com/watch?v=L1IejiPjBHo

2011 "Monk's Dream" - Benny Green solo Live at KPLU
https://www.youtube.com/watch?v=iUB1odbIqiU

2012 'Magic Beans' by Benny Green
Benny Green (p), Ben Wolf (b), Rodney Green (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=rNaSRK_MJ0I

2012 Benny Green, «Kenny Drew», Thailand International Jazz Conference, Bangkok
Benny Green (p), Ben Wolf (b), Rodney Green (dm)

https://www.youtube.com/watch?v=2Uqc0EB1_Fc

2012 Benny Green, «Jackie McLean», Thailand International Jazz Conference, Bangkok
Benny Green (p), Ben Wolf (b), Rodney Green (dm)

https://www.youtube.com/watch?v=-coXir8VjRE

2012 Benny Green, «Flyer Saucer», Thailand International Jazz Conference, Bangkok
Benny Green (p), Ben Wolf (b), Rodney Green (dm)

https://www.youtube.com/watch?v=ToIqYb05JPo

2012 Benny Green, «Benny's Crib», Thailand International Jazz Conference, Bangkok
Benny Green (p), Ben Wolf (b), Rodney Green (dm)

https://www.youtube.com/watch?v=3Ycqow0CTfo

2012 Benny Green - Golden Flamingo - Jazz à Vienne 2012
https://www.youtube.com/watch?v=VrkmEyMbh6U

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