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Eric Alexander

21 décembre 2013
Jazz Inside Out
© Jazz Hot n°666, hiver 2013-2014


Eric Alexander, San Sebastian 2006 © Jose Horna


Eric Alexander a tous les talents. Leader, sideman, compositeur, éducateur, le ténor sait tout faire. Et plus que tout, il aime partager son amour du jazz. Né en 1968 à Galesburg, dans l'Illinois, le saxophoniste joue aux côtés des plus grands noms du jazz -de Pat Martino à McCoy Tyner en passant par Joe Chambers et Hank Jones, sans oublier les musiciens de sa génération, Vincent Herring, Peter Bernstein, Sam Yahel, pour n'en citer que quelques-uns- depuis son entrée en scène au début des années 1990. Durant ses études à l'université William Paterson, Eric Alexander reçoit l'enseignement de Harold Mabern et le saxophoniste n'a, depuis, jamais cessé d'affiner son amitié et son lien musical avec le pianiste de Memphis. Par son lyrisme, son élégance et son jeu solide, Eric Alexander se situe dans la lignée de George Coleman et de Sonny Stitt tout en parvenant à façonner son identité musicale. Son imposante discographie en fournit de nombreux exemples. Entre les tournées aux Etats-Unis, au Japon et en Europe, il cofonde One For All, avec Steve Davis, Jim Rotondi, David Hazeltine, John Webber et Joe Farnsworth, un groupe qui n'enregistre et ne joue que des compositions originales. En leader, on le retrouve aux côtés de Harold Mabern, John Webber et Joe Farnsworth pour des sessions intenses.


Propos recueillis par Mathieu Perez
Discographie Guy Reynard et Yves Sportis


Jazz Hot : Comment avez-vous été initié à la musique ?

Eric Alexander : Comme beaucoup d’enfants, j’ai découvert la musique grâce à mes parents. Mon père était un grand amateur de musique classique et appréciait le jazz. Ma mère jouait plus qu’elle n’écoutait. Elle chantait à l’église et jouait du piano. Ils n’étaient pas musiciens professionnels, juste des amateurs enthousiastes. Mais tous deux pensaient que la musique est une chose importante. Ma mère m’a forcé à apprendre le piano, de l’âge de 6 ans à 11 ans. Un jour, je lui ai dit que j’arrêtais et elle n’a pas fait d’objections. Elle en avait assez de toujours devoir me dire de m’exercer. Je me suis mis au saxophone plus tard. Au lycée, j’ai commencé le saxophone classique.

A quel moment avez-vous voulu devenir un musicien de jazz professionnel ?

Très tardivement ! J’avais au moins 19 ans.

Quel a été le déclic ?

J’étais comme beaucoup de jeunes qui s’impliquent dans la musique et savent au plus profond d’eux-mêmes qu’ils veulent jouer mais ils manquent de sources d’inspiration. Ils pourraient aimer Art Blakey and the Jazz Messengers mais ils ne l’ont jamais entendu. Aussitôt qu’on le leur montre, c’est un nouveau monde qui s’ouvre pour eux. La musique était en moi, elle ne demandait qu’à éclore. A l’université, dans l’Indiana, je ne m’étais pas spécialisé dans la musique mais j’avais rencontré des musiciens et, en les entendant jouer, je me suis dit que je ne pourrai jamais être aussi bon qu’eux. Puis je me suis dit que je devais trouver comment faire pour jouer aussi bien qu’eux. Et il y a une part énorme de motivation. On m’a fait découvrir un album de Sonny Stitt – qui est devenu l’une de mes premières influences – durant ma première année à l’université. C’était une révélation. C’était extraordinaire ! Avec le recul, quand je réécoute ces disques, je n’entends pas les mêmes choses parce que je sais ce qu’ils font mais quand j’écoute une mélodie de Sonny Stitt, je n’arrive toujours pas à croire à sa perfection !

Combien de temps vous exerciez-vous à cette époque ?

Si je ne jouais pas, j’écoutais de la musique. Je m’exerçais cinq, six, sept heures par jour. Ce n’est pas exceptionnel mais j’étais très concentré et je travaillais avec l’intention d’apprendre. J’allais aussi à des concerts et je voyais les musiciens jouer. C’était très inspirant. Je baignais dans la musique.

Avez-vous apprécié vos études à William Paterson College?

J’avais 20 ans quand j’y suis allé. Mes professeurs étaient Harold Mabern, Joe Lovano, Rufus Reid, Steve Turre, Gary Smulyan, Ralph Lalama, Norman Simmons, entre autres. Ce qui était magnifique à William Paterson, c’était que les étudiants étaient en contact avec des musiciens qui jouaient tous les soirs à New York. C’étaient les vrais de vrai, ceux qui ont un lien fort avec la musique.

Harold Mabern, Darryl Hall, Eric Alexander, Joe Farnsworth, Fort Napoléon-La Seyne/mer 2011 © Yves SportisCombien de temps avez-vous mis avant de vous lier à Harold Mabern ?

Une seconde ! A la première classe ! D’une certaine manière, j’ai eu de la chance parce qu’il a l’habitude de demander à ses étudiants de nommer leurs musiciens préférés. Les trois premiers noms qui me sont venus à l’esprit étaient John Coltrane, George Coleman et Sonny Rollins. C’était un coup de génie parce qu’il avait travaillé avec George Coleman. Il m’a adopté tout de suite ! Autrement je ne sais pas pourquoi il m’a apprécié parce que je pouvais jouer que dalle ! (rires) Je ne savais rien jouer. Mais certains professeurs sont perspicaces et voient certaines choses…

Quelle était sa méthode ?

Il enseignait à des ensembles. Chaque semaine, il venait avec un air ou un motif et nous le faisait écouter puis jouer à l’oreille. Certains étudiants, comme moi, adoraient cette méthode. Je me souviens de tout ce qu’il m’a appris. D’autres n’aimaient pas ça car c’est une autre manière de traiter l’information. Pour moi, ça a été très important parce que je me reposais toujours sur les partitions et il m’a appris à utiliser mon oreille et ma tête, ce que je fais aujourd’hui. Si on me donne une partition, je l’analyse avec mon cerveau et mon oreille. J’essaie de me détacher de l’écrit. Donc pour moi, cette méthode était fantastique.

Qu’avez-vous appris de lui à cette époque ?

C’était une source d’inspiration sur un plan personnel. Il était si enthousiaste sur le jazz, ses héros, ses histoires. Ça vous porte et vous donne envie d’aller plus loin. Il a été mon premier père dans le métier et il l’est toujours. Il m’a appris l’enthousiasme et une certaine prise de conscience.

Combien de temps s’est écoulé avant que Mabern et vous ayez travaillé ensemble ?

Pas beaucoup de temps. J’avais toujours espéré être en mesure de l’appeler un jour. J’ai eu mon diplôme en juin 1990 et, en août 1992, j’enregistrais avec lui [Straight Up, Delmark].

Au fil des années, comment s’est développée votre relation avec Mabern ?

Quand un saxophoniste joue avec un pianiste, la première chose qu’il doit faire est de l’accompagner et le rendre meilleur. Parfois, un saxophoniste donne beaucoup d’informations au pianiste et il doit comprendre ce qu’ils jouent pour que l’harmonie fonctionne. Avec Harold, il y a un peu de ça. Il contrôle aussi beaucoup la situation. Je sais, par expérience, que beaucoup de musiciens n’aiment pas ça. Ça les intimide. Sur un plan esthétique, certains aiment être seul en charge de l’improvisation. En ce qui me concerne, j’ai toujours pensé que ce qu’il fait pour améliorer la musique est très précieux. Donc j’essaie de comprendre ce qu’il fait et je me lance. Il me semble qu’à ce jour, je suis, avec très peu de musiciens, très proche de lui d’un point de vue harmonique. Il y a George Coleman, bien sûr ! C’est un génie. Je suis un étudiant comparé à lui. Mais à ce jour, je ne pense pas qu’il y a beaucoup de musiciens qui jouent avec lui comme moi je peux le faire. Et vice versa. Nous aimons jouer ensemble parce qu’il sait que j’entends ce qu’il joue. En quelques notes, on se fait des signes et on change ce qui se passe. 

Au début des années 1990, vous êtes parti vivre à Chicago.

C’était après l’université et je ne trouvais pas de travail. Ma mère y habitait et j’y avais des amis qui avaient fini leurs études. La scène de Chicago était toujours de qualité à cette époque. Je connaissais un peu l’histoire du jazz de Chicago et il y avait des musiciens que je voulais voir. C’était une bonne alternative. Je ne voulais pas rester à New York. Je ne me sentais pas prêt. Je voulais apprendre beaucoup d’autres morceaux, m’exercer et approfondir mes improvisations et mon son. Je suis retourné à New York en mai 1992. Je suis resté à Chicago moins de deux ans.

L’une de vos premières expériences professionnelles était avec Charles Earland. Qu’avez-vous appris de cette expérience ?

Charles Earland était très enthousiaste et plein de vie. J’ai joué avec lui jusqu’à la fin de sa vie. Il a traversé différentes périodes. Quand j’ai commencé à travailler avec lui, c’était encore un fêtard puis, vers la fin de sa vie, il devenait un prêtre baptiste et nous priions avant de jouer. D’un point de vue musical, il n’a pas changé. Il était intense, avait un groove incroyable et se donnait toujours à 100 %. C’était une vraie source d’inspiration. On jouait du blues. On jouait pour les gens plutôt que pour les musiciens. Beaucoup de jeunes musiciens se développent en essayant d’impressionner leurs pairs et de les dépasser par la technique. Il faut jouer en créant un lien avec le public car on essaie de lui faire passer quelque chose. Vous devez être créatif et tirer le meilleur d’un morceau ordinaire et peu compliqué. Harold est comme ça aussi. Au milieu d’un set exigeant, il jouera un peu de boogaloo.

En 1991, vous prenez la deuxième place au Monk Competition. Quelle a été l’importance de cet événement pour vous ?

J’ai concouru la deuxième année de la création de la compétition. Martin Krivin, qui dirigeait le département de jazz à William Paterson, m’en avait parlé avant l’obtention de mon diplôme. Et Mabern m’avait encouragé à la tenter aussi. C’était important. A l’époque, si vous pensiez être un bon musicien, il fallait passer par les canaux officiels et par un événement comme ça pour faire ses preuves ou être signé par un des grands labels pour enregistrer votre disque. C’était une autre ère. On ne pouvait pas enregistrer son propre disque et le vendre sur internet. Aujourd’hui, vous pouvez le faire par vous-même et peut-être faire sensation.

Steve Turre, Wallace roney, Donald Harrison, Eric Alexander : San Sebastian 2006 © Jose HornaComment s’est fait votre premier album Straight Up ?

Bob Koester, le propriétaire de Delmark Records, vivait à Chicago et m’avait toujours fait comprendre qu’il m’enregistrerait. Et à mon retour à New York, il s’est décidé à m’enregistrer. Pour cet album, je me suis entièrement reposé sur Mabern. Je n’étais pas prêt pour faire un disque ! J’avais quelques idées pour les titres mais c’est lui qui a à peu près tout trouvé. C’est arrivé quelques fois. Notre dernier album, Touching, ne contient que des ballades. J’ai demandé à Mabern des perles rares et il m’a donné une liste de treize titres ! De Barbra Streisand à « Dinner for One Please, James » et « September of My Years ».

V
ous avez récemment tourné avec Al Foster. Combien de temps avez-vous mis avant de vous sentir à l’aise avec lui musicalement ?

Je ne pense pas avoir jamais joué avec un batteur comme Al qui est straight ahead et traditionnel et super moderne à la fois. Selon son concept musical, rien ne doit se répéter. Joe Chambers est un peu comme ça. Al a des tendances idiosyncrasiques auxquelles il faut s’habituer. Quand ça commence à groover, il a cette façon de mettre la pulsation le plus arrière possible sans jamais nous ralentir. C’est une sensation très étrange. Al est un grand batteur !

E. Alexander on tour avec D. Hall, H. Mabern, Joe Farnsworth, La Seyne/mer 2011 © Alain Dupuy-RaufasteVous passez beaucoup de temps sur les routes, en Europe et au Japon, quand vous ne jouez pas aux Etats-Unis, et vous enregistrez beaucoup en leader et sideman, quelle est la complémentarité entre le concert et le studio ?

Vous savez, quand vous jouez en concert, un morceau peut être très différent d’un autre. Dans l’un, on se sent bien, dans l’autre, on est mal. Jouer en concert vous apprend certains éléments de la musique que vous n’auriez jamais trouvé si vous ne jouiez qu’en studio. Mais vice versa, jouer en studio est très précieux. C’est là qu’on découvre comment on sonne. C’est une expérience instructive parce que vous y apprenez comment parvenir au meilleur son que vous pouvez atteindre. Par exemple, aujourd’hui quand je suis en studio, je joue mezzo piano ou mezzo forte au plus. Joe Henderson jouait pianissimo, super pianissimo. Je préfère que l’ingénieur du son rende le micro plus sensible afin que je puisse jouer en douceur et couvrir un spectre acoustique plus large. Si vous jouez trop fort, vous aurez des distorsions et vous ne pouvez plus penser. Enregistrer en studio est un art à part entière. Certains musiciens sont très bons en studio, d’autres moins. Michael Brecker, par exemple, à sa grande époque, dans les années 1970 et 1980, était un maître pour enregistrer des solos parfaits en studio. Il savait comment faire et comment atteindre ce son. Certains sont très nerveux en studio. Je suis plus nerveux en sideman qu’en leader parce qu’en sideman, n’importe quelle prise peut être retenue par le leader…

En mars dernier, Melvin Rhyne s’est éteint. Vous aviez enregistré avec lui, au début des années 1990, vingt ans après son dernier album en studio, This Rather Than That de Buddy Montgomery en 1969, quand il a ré-émergé sur la scène new-yorkaise. Quel souvenir gardez-vous de lui ?

Melvin était un excellent musicien. Il avait un swing incroyable ! Il était sans doute plus un pianiste qu’un organiste. C’était ce qu’il disait. Il avait des compositions exceptionnelles qui avaient tant de sens et ne ressemblaient à aucune autre. Il avait beaucoup de qualités.


*


Site : www.ericalexanderjazz.com

Sélection discographique

Leader/coleader
CD 1992. Straight Up, Delmark 461
CD 1992. New York Calling, Criss Cross 1077
CD 1994. Full Range, Criss Cross 1098
CD 1995. Eric Alexander in Europe, Criss Cross 1114
CD 1995. Up, Over & Out, Delmark 476
CD 1995. Stablemates, Delmark 488
CD 1996. Two of a Kind, Criss Cross 1133
CD 1998. Mode For Mabes, Delmark 500
CD 1998. Solid!, Milestone 9283 (coleaders John Hicks, Idris Muhammad, George Mraz)
CD 1999. Live at the Keynote, Video Arts 1144
CD 1999. Man With a Horn, Milestone 9293
CD 1999. Alexander the Great, HighNote 757013
CD 2000. The First Milestone, Milestone 9302
CD 2001. The Second Milestone, Milestone 9315
CD 2002. Summit Meeting, Milestone 9322
CD 2003. Heavy Hitters, Pony Canyon 30199
CD 2003. Nightlife in Tokyo, Fantasy/Milestone 9330
CD 2004. Dead Center, HighNote 7131
CD 2005. Sunday in New York, Venus 2042
CD 2005. The Battle, HighNote (coleader Vincent Herring)
CD 2005. Gentle Ballads, Venus 2020
CD 2006. Gentle Ballads II, Venus 2092
CD 2006. It's All in the Game, HighNote 7148
CD 2007. Temple of Olympic Zeus, HighNote 7172
CD 2007. My Favorite Things, Venus 3011
CD 2007. Gentle Ballads III, Venus 1011
CD 2008. Prime Time, HighNote 7201
CD 2008. Lazy Afternoon, Gentle Ballads IV, Venus 1027
CD 2009. Chim Chim Cheree, Venus 1038
CD 2008. Live at Marians, Bemsha Music 0902
CD 2009. Revival of the Fittest, HighNote 7205

CD 2011. Don't Follow the Crowd, HighNote 7220
CD 2011. Reeds and Deeds, Criss Cross 1332 (coleader Grant Stewart)
CD 2011. Gentle Ballades V, Venus 1054
CD 2012. Friendly Fire, HighNote 7232 (coleader Vincent Herring)
CD 2013. Touching, HighNote 7248
CD 2013. Blues at Midnight, Venus 1124






































































































Coleader
avec le groupe One for All
Eric Alexander (ts), Jim Rotondi (tp), Steve Davis (tb), David Hazeltine (p), John Webber (b), Peter Washington (b), Joe Farnsworth (dm)
CD 1997. Too Soon to Tell, Sharp Nine 1006
CD 1998. Optimism, Sharp Nine 1010
CD 1999. Upward 1 Onward,
Criss Cross 1172
CD 2000. The Long Haul, Criss Cross 1193
CD 2001. Live at Smoke: Vol. 1,
Criss Cross 1211
CD 2001. The End of a Love Affair, Venus 2043
CD 2003. Wide Horizons, Criss Cross 1234
CD 2004. Blueslike, Criss Cross 1256
CD 2004. No Problem, Venus 35176
CD 2006. The Lineup, Sharp Nine 1037
CD 2006. Killer Joe, Venus 35351
CD 2007. What's Going On?, Venus 3022
CD 2009. Return of the Lineup, Sharp Nine 1042
CD 2010. Alexis Cole with One for All, You'd Be So Nice to Come Home To, Venus 1046
CD 2010. Incorrigible, Jazz Legacy 1001005
CD 2011. Invades Vancouver!, Cellar Live 91210






























Sideman
CD 1991. Charles Earland, Unforgettable, Muse 5455
CD 1992. Charles Earland, I Ain't Jivin' I'm Jammin', Muse 5481
CD 1992. Randy Johnston, Jubilation, Muse 5495
CD 1993. Cecil Payne, Cerupa, Delmark 478
CD 1994. Randy Johnston, In-A-Chord, Muse 5512
CD 1995. Joe Magnarelli, Why Not 1104
CD 1995. Charles Earland, Ready'n'Able, Muse 5499
CD 1997. Steve Davis, The Jaunt, Criss Cross 1113
CD 1997. Cecil Payne, Scotch and Milk, Delmark 494
CD 1997. Melvin Rhyne, Stick to the Kick, Criss Cross 1137
CD 1997. Jim Rotondi, Introducing Jim Rotondi, Criss Cross 1128
CD 1997. Steve Davis, Dig Deep, Criss Cross 1136
CD 1997. Peter Bernstein, Brain Dance, Criss Cross 1130
CD 1997. Charles Earland, Blowing the Blues Away, HighNote 7010
CD 1998. Pat Martino, Stone Blue, Blue Note 53082
CD 1998. Sam Yahel, Searchin', Naxos Jazz, 86004
CD 1998. Jim Rotondi, Jim's Bop, Criss Cross 1156
CD 1999. Cecil Payne, Payne's Window, Delmark 509
CD 1999. Charles Earland, Cookin' with the Mighty Burner, HighNote 7014
CD 2000. Joe Farnsworth, Beautiful Friendship, Criss Cross 1166
CD 2000. Mike LeDonne, Then and Now, Double Time, 153
CD 2000. Freddy Cole, Merry-Go-Round, Telarc 83493
CD 2000. Jim Rotondi, Excursions, Criss Cross 1184
CD 2000. Melvin Rhyne, Classmasters, Criss Cross 1183
CD 2001. Ian Shaw, Soho Stories, Milestone 9316
CD 2001. Freddy Cole, Rio de Janeiro Blue, Telarc 83525
CD 2001. Harold Mabern, Kiss of Fire, Venus 2011
CD 2002. David Hazeltine, The Classic Trio Meets Eric Alexander, Sharp Nine 1023
CD 2002. Norman Simmons, Synthesis, Savant 2043
CD 2003. David Hazeltine, Manhattan Autumn, Sharp Nine 1026
CD 2003. Jimmy Cobb, Cobb's Groove, Universal 9334
CD 2003. Ian Shaw, A World Still Turning, 441 Records 20
CD 2004. Mike LeDonne, Smokin' Out Loud, Savant 2055
CD 2004. Jon Weber, Simple Complex, 2nd Century Jazz 5637348673
CD 2004. Joe Magnarelli, New York-Philly Junction, Criss Cross 1150
CD 2004. Joe Farnsworth, It's Prime Time, 441 Records 26
CD 2005. Freddy Cole, This Love of Mine, High Note 7140
CD 2005. Terry Gibbs, Feelin' Good, Mack Avenue 31022
CD 2006. Mike LeDonne, On Fire, Savant 2080
CD 2006. Grant Stewart, Estate, Videoarts Music 1282
CD 2007. David Hazeltine, The Inspirational Suite, Sharp Nine 1039
CD 2008. Larry Willis, The Offering, HighNote 7178
CD 2010. David Hazeltine, Inversions, Criss Cross 1326
CD 2010. Joe Chambers, Horace to Max, Savant 2107
CD 2011. Pat Martino, Undeniable, HighNote 7231
CD 2012. Harold Mabern, Mr. Lucky, HighNote 7237
CD 2013. Jim Rotondi, Hard Hittin' at the Bird's Eye, Sharp Nine Records 1050
CD 2013. Champian Fulton, Sings and Swings, Sharp Nine 1049
CD 2013. Dee Daniels, State of the Art, Criss Cross 1362















Vidéos

Number Three : Eric Alexander (ts), John Swana (tp), Peter Bernstein (g), Kenny Barron (p), Peter Washington (b), Carl Allen (dm), extrait de l'album "Full Range" (2001)

Where or When : Eric Alexander (ts), Harold Mabern (p), Nat Reeves (b), Joe Farnsworth (dm), extrait de l'album "It's All In The Game" (2006)

How Are You? : One For All, Steve Davis (tb), Eric Alexander (ts), Jim Rotondi (tp), David Hazeltine (p), Peter Washington (b), Joe Farnsworth (dm), extrait de l'album "The End Of A Love Affair" (2008)

Big G :  One For All, Eric Alexander (ts) Jim Rotondi (tp), Steve Davis (tb), David Hazeltine (p), John Webber (b), Joe Farnsworth (dm), extrait de l'album "Invades Vancouver!" (2010)

Cheese Cake : Harold Mabern (p), Eric Alexander (ts), Nat Reeves (b), Joe Farnsworth (dm), extrait de l'album "Kiss Of Fire" (2001)

Ritual Dance : Eric Alexander & Vincent Herring, Eric Alexander (ts), Vincent Herring (as), Mike LeDonne, John Webber, Carl Allen (dm), extrait de l'album "The Battle. Live At Smoke" (2005)

Blues For All : Jim Rotondi Quintet, Eric Alexander (ts), David Hazeltine (p), John Webber (b), Joe Farnsworth (dm), Smalls 2009

Amsterdam After Dark : Eric Alexander Quartet, Eric Alexander (ts), Grant Stewart (ts), David Wong (b), Philip Stewart (dm), Festival Internacional de Jazz de Punta del Este 2012, Uruguay

Edward Lee : Eric Alexander/Vincent Herring Quintet, Eric Alexander (ts), Vincent Herring (as), Harold Mabern (p), Joris Teepe (b), Joris Dudli (dm), Aneby Konserthall Sweden, 2012

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