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Encore un peu de courage…
Face à la dérive autoritaire d’un gouvernement français qui continue de manipuler la peur, les chiffres et d’utiliser le mensonge pour consolider une dictature de fait, qui décrète les interdictions à des fins de répression ciblée, nous sommes au stade de la prise de conscience ou de la fronde d’élu-e-s de grandes villes (Marseille, Paris, Aix-en-Provence…) sous la pression de leurs administré-e-s, et de quelques voix encore très rares sur ce processus de désagrégation à grande vitesse de tous les mécanismes républicains et des principes démocratiques:
Professeur Perronne, chef du service d’infectiologie de l'Hôpital de Garches
Jean-François Toussaint, professeur de physiologie-Université Paris-Descartes, médecin-cardiologue, directeur de l’Institut de recherche biomédicale
Ces réactions
, de moins en moins rares, sont lentes à se produire, encore insuffisantes après neuf mois d’une dérive autocratique transparente dès le premier jour. Car la démolition des restes de démocratie dans les Etats occidentaux, dont la France n’est qu’une des illustrations, est déjà effective. Bien que les résistances soient dispersées, pas toujours très approfondies sur le plan de l'analyse politique de ce coup d’Etat mondialisé de l’oligarchie, elles sont la confirmation tardive de ce que nous exprimons depuis plusieurs années par la simple observation des faits. 
Les complotistes ne sont pas ceux qui défendent les principes républicains et la démocratie avec des mots et par l'observation critique, mais ceux qui instrumentalisent la force et les outils du pouvoir pour en détruire les fondements depuis des années, par la corruption en particulier, et ont un intérêt direct (de pouvoir et financier) à comploter. La perversion de l’usage des mots par le pouvoir oligarchique et par sa propagande, pays par pays, minute par minute, ne saurait renverser la réalité des faits pour des gens honnêtes et de bon sens, même si on doute que le bon sens et l’honnêteté aient encore leur place dans ce chaos sciemment organisé par ceux qui en ont le pouvoir; organisé par l’oligarchie et ses petits soldats qui administrent pour son compte chacun des Etats, et non par les citoyen-ne-s. La mort économique et culturelle des vieilles démocraties est l’intérêt et l’objectif de l’oligarchie, en grande partie déjà réalisés, d’un monde sans contre-pouvoirs; le complot, c’est ça, il a commencé dès l'après-Seconde Guerre; et il se concrétise sous la forme d'une dictature de fait depuis neuf mois par la peur primale, l'instrumentalisation de la mort, par l’affolement, la répression des résistances, jusqu'à l'enfermement et le bâillon systémiques, sans résistance des peuples, en France moins qu’ailleurs.
Une partie cependant du monde scientifique, des soignants, dont l'éthique et la pratique sont quotidiennement bafouées par ce pouvoir, résiste et a entrepris de soigner, rassurer, informer et contredire la propagande massive. 
Ce premier frémissement de résistance mérite d’être salué, de ceux en particulier qui informent et soignent sans abandonner, aux injonctions du pouvoir, leur serment professionnel, leur liberté de prescrire et celle de leurs patients de choisir. Ce qui manque, c’est l’esprit de liberté et le courage du message de Nicolas Bedos, qui devrait être un leitmotiv du monde artistique et plus largement des citoyen-ne-s. Yves Sportis

Jazz Hot n°500, 1993

CHANTONS SOUS L'OCCUPATION?

Cette rentrée masquée, le symbole de l'asservissement le plus absurde de la mise en place accélérée de la dictature mondialisée (il faut bâillonner l'expression au propre et au figuré, éviter toute expression individuelle ou collective d'une alternative) nous contraint à modifier nos fonctionnements. Empêchés de faire librement notre travail d'information et de soutien à une création artistique vivante et libre, par les conditions mêmes de l'expression (simulacres de concerts avec publics et parfois musiciens masqués et/ou en virtuel), le jazz en particulier qui symbolisa la victoire sur le précédent projet de dictature planétaire, JAZZ HOT suspend donc les comptes-rendus à compter de ce jour. Cela durera tant que le port du masque sera obligatoire et la liberté de circulation restreinte par des décisions liberticides. JAZZ HOT ne sera ni complice ni caution ni spectateur muet de cette mutation forcée.
JAZZ HOT garde son cap et ses principes malgré cette destruction économique organisée par l'oligarchie, sur fond d'une crise économique de surproduction de biens de consommation, sans utilité dans ces quantités (automobiles, écrans, smartphones, jeux, pseudo-culture commerciale de consommation ou d'élite, etc.), et dans la perspective de faire payer à la collectivité, par un endettement éternel qui soumet les peuples (exemple la Grèce), l'accumulation aberrante des profits dans les paradis fiscaux des quelques centaines d’oligarques qui dirigent aujourd'hui le monde sans contre-pouvoirs.
Nous aimerions vous dire que cette chronique reprendra bientôt, mais nous ne le pensons pas. Le seul jazz vivant et libre qui se diffuse aujourd'hui passe par le disque (pas encore totalement contrôlé), car les liens que nous vous donnons –de musiciens ou de lieux qui résistent– se font sous la contrainte des réseaux de domination eux-mêmes (réseaux sociaux, virtualité du streaming, etc.). Nous l’avons souligné à chaque compte-rendu, et nous n'entendons plus banaliser la virtualisation de l'expression du jazz, une contradiction fondamentale et un mauvais service, en rendant compte de ces concerts dans le cadre de ces contraintes. C'est contraire même à l'esprit du jazz, à l’expression artistique.  Même si la liberté du jazz a toujours été contingentée par la réalité, notamment dans sa réalité afro-américaine, dans les clubs, dans les églises comme dans la rue et dans les bordels, jamais l'expression artistique n'a vécu un tel interdit, un tel enfermement, une telle restriction d'expression, même dans les périodes les  plus sombres de l'histoire de l'humanité. Django a joué du Django sous l'Occupation devant un public non sélectionné et non masqué, prenant ses risques. Sauf à ce que le virus soit évalué comme plus dangereux que le nazisme, la disproportion des mesures liberticides prises en France et sur la planète devrait sauter aux yeux. Ce n'est pas le cas et c’est le plus inquiétant.
En suspendant cette rubrique des comptes-rendus de l'expression jazzique, nous avons conscience que ce n'est pas sans conséquence, mais, justement et en raison même de cette dérive liberticide, d’une nécessité absolue de marquer dans JAZZ HOT, revue historique, cette période de dictature d'une pierre, aujourd'hui où ce qui a fait la réalité du jazz –la rencontre libre entre artistes et avec le public, la libre expression– a été banni de la planète, et où trop peu d'acteurs, artistes compris, ont pris conscience de cette réalité inacceptable sur le plan des libertés publiques, et alors même que 
le dommage économique est irréversible en matière d'art.
En attendant, il sera toujours utile de relire des numéros anciens pour apprécier ce que furent les périodes fertiles du jazz et du monde, malgré un contexte plus difficile objectivement qu'aujourd'hui sur le plan politique, social, économique et sanitaire. Vous aiderez ainsi JAZZ HOT à lutter dans cette épreuve, à poursuivre son œuvre de mémoire, de défense des valeurs, dont la liberté de pensée et de création, une réponse alternative qui
, malgré sa marginalité, contrarie encore profondément et radicalement cette oligarchie, ce nouvel ordre mondial, car il témoigne de la beauté de l'héritage, apporté par des hommes et des femmes qui ont lutté pour s'exprimer et conquérir leur liberté, dans une recherche d'égalité jamais atteinte. Les acteurs du jazz en particulier ont légué au monde une philosophie alternative d'une exceptionnelle profondeur, contrairement à ce qui est dit dans les discours plaintifs et culpabilisants des jeunistes et écologistes. Les générations actuelles, et pas seulement celles du jazz, ont l'impérieuse nécessité de se saisir de cet héritage de lutte et d'anticonformisme, qui ne se limite pas au jazz, de recouvrer leur mémoire, pour pouvoir penser un jour reconquérir leur liberté.

JAZZ HOT

le jazz de 1935 à nos jours


Jazz Hot/Hot Jazz (comme l'avait dessiné Charles Delaunay) est un grand voyage de près d'un siècle. C'est une histoire de revue devenue site depuis 2013 et maintenant plateforme dédiée au jazz. Jazz Hot vogue en toute liberté et indépendance. Vous avez accès dans notre boutique à la collection complète parue en édition papier depuis 1935, plus de 700 numéros, plus de très beaux numéros hors-série, des suppléments téléchargeables. Les numéros de Jazz Hot postérieurs à l'année 2012 (n°662) jusqu'à nos jours sont en accès libre et gratuit sur notre site, ainsi que la totalité des articles parus sur notre site depuis 2010. Nous avons créé des répertoires spécifiques vous permettant d'accéder aux contenus en ligne avec plus de précision, de clarté et de rapidité. Le traitement des archives est un processus permanent. Nous facilitons les accès par une infinité de liens et de données, à la musique elle-même, en live (vidéos) et en disques, à des commentaires d'époque, à des livres et encyclopédies, pour une meilleure connaissance de la passionnante histoire du jazz, autant musicale que philosophique, un art essentiel à l'humanité.
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