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Roy Hargrove

2 nov. 2018
16 octobre 1969, Waco, Texas - 2 novembre 2018, New York, NY
© Jazz Hot n°685, automne 2018

Roy Hargrove © Jacky Lepage

Moment to Moment


Roy Hargrove © Jacky Lepage



Roy Hargrove est mort le 2 novembre 2018, à New York. Comme Clifford Brown, il était né pour paraître éternellement jeune: son sourire, son allure de premier de la classe (version classique) ou décontractée avec tresses et baskets (version adolescente), son enthousiasme et son énergie lui conféraient une image juvénile et malicieuse. Sa disparition précoce, même à un âge plus avancé que son aîné, va figer pour les amateurs de jazz l’idée et la vision romantiques d’un jeune musicien de la légende du jazz trop tôt disparu, comme il y en eut de célèbres parmi les trompettistes.



Pourtant sa carrière artistique, digne de la légende, est déjà longue contrairement à celles de Brownie, Fats Navarro, Booker Little, Lee Morgan, puisqu’elle s’étend de 1987 à aujourd’hui, plus de trente ans déjà, et il laisse derrière lui une œuvre enregistrée de qualité, sans oublier l’impalpable et l’éphémère, le souvenir pour tous les publics d’un musicien qui n’a jamais déçu, jamais économisé son talent et sa santé, comme si, à l’instar de ses précoces devanciers ou de Boris Vian, il sentait l’urgence de tout donner, corps et âme, dans un passage sur terre qu’il sentait limité.


Roy Hargrove, 2002 © Pascal Kober



Roy Hargrove, 2002 © Pascal Kober


Né à Waco, au Texas, le 16 octobre 1969, c’est à Dallas, que Roy Anthony Hargrove a commencé, à 9 ans, à pratiquer la trompette et le cornet sous la férule de Dean Hill du Dallas Arts Magnet. C’est par Clifford Brown justement que ses curiosités s’éveillent, puis par Lee Morgan, Fats Navarro, Freddie Hubbard, Dizzy Gillespie et bien entendu par Louis Armstrong. Cet éveil n’est pas pour rien dans son style fait de virtuosité, de classicisme, de brillance, d’une expressivité qui trouve sa plénitude dans une énergie hors du commun, le sens du jeu et de la joute tel qu’il existe dans le jazz, non comme une rivalité mais comme un dépassement dans le cadre d’un échange avec ses pairs musiciens et son public.



Roy Hargrove © Umberto Germinale



Roy Hargrove © Umberto Germinale


Il appartient à la génération Marsalis, dont il est partout écrit qu’il lui mit le pied à l’étrier, même si Roy réfuta très tôt cette version (Jazz Hot n°489), sans nier que Wynton le découvrit avec étonnement en 1987, ni son admiration pour l’œuvre de Wynton Marsalis, musicale et de réactivation de la tradition musicale afro-américaine. Roy Hargrove fait en effet partie de ces musiciens, dans la foulée de Wynton Marsalis, qui ont acquis dans le cadre scolaire et académique les bases d’une connaissance musicale ne se limitant pas à la seule dimension technique mais s’étendant plus largement à la dimension culturelle (l’héritage afro-américain, la tradition du jazz), et qui a pu encore se frotter à des anciens nés dans un apprentissage beaucoup moins, voire pas, académique, où la transmission se faisait sur scène pour l’essentiel et dans l’apprentissage de la vie. Roy Hargrove est remarqué à 19 ans par les médias spécialisés dès 1988, même s’il continue son apprentissage auprès des anciens surtout, et parfois dans des écoles: Berklee School, New School. Dès cette époque, c’est auprès des plus grands qu’il se produit: George Coleman, Sonny Rollins, et ses formations sont très vite des all-stars réunissant les jeunes surdoués de sa génération (Christian McBride, Antonio Hart avec qui il forme un tandem de haut niveau, etc.) et parfois des aînés comme Larry Willis. Dans ses projets, il va toucher à toutes les dimensions possibles, le jazz afro-cubain après Dizzy Gillespie (Crisol), le quintet classique dans la lignée de Miles Davis et le rhythm & blues, le funk et le gospel dont il a savamment compris qu’ils sont des branches de la culture afro-américaine, des dimensions du jazz (RH Factor), nécessaires à l’enracinement de son expression. Trompettiste de haut niveau, il faut sans doute le rapprocher de ses admirations de jeunesse, Fats Navarro, Clifford Brown et Lee Morgan en particulier, dont il possède l’énergie, la technicité, la capacité à ouvrir des voies nouvelles et un lien fort avec le public par la magie de son expression; une qualité du père de tous les trompettistes de jazz et fondateur du jazz Louis Armstrong qu’il revendique. Son énergie ne l’a pas empêché d’être splendide sur les ballades et les thématiques plus intimes du jazz, proposant une sorte de perfection formelle dans les exposés sans jamais perdre ses qualités d’expression, son enracinement dans le blues et un swing inhérent à son être.


Roy Hargrove © David Sinclair
Roy Hargrove, 2007 © David Sinclair

Très tôt, Roy Hargrove est, sous son apparence adolescente, un musicien très mûr et très structuré sur le plan humain et artistique: toutes les interviews qu’il donna à Jazz Hot, et il y en eut régulièrement (cf. ci-dessous le rappel des articles parus), témoignent de cette sagesse précoce qui fit de lui, d’emblée, un leader, un catalyseur d’énergie, à l’instar d’un Marsalis, mais dans une autre dimension, plus naturellement inscrite dans l’histoire du jazz, en devenant un passeur dans ses groupes où il réunissait toujours des aînés, des contemporains et des plus jeunes, restituant à sa mesure l’état d’esprit du jazz depuis sa création, n’hésitant pas à participer en «sideman» à un nombre considérable de projets, enregistrés ou pas. En fait, sa voix porte si évidemment que son statut est rapidement celui de leader associé, invité de marque, et Roy est un boulimique de rencontres les plus diverses, un curieux de tout et de tous, de musique et de jazz.


Roy Hargrove © Ellen Bertet
Roy Hargrove, Marseille, 2013 © Ellen Bertet


Enfin s’il faut une trace indélébile de cette maturité précoce sur le plan artistique, on la trouve dans son enregistrement avec cordes (Moment to Moment, 1999), en référence toujours à Clifford Brown et à Charlie Parker, où il fait aussi bien que Charlie Parker et Wynton Marsalis dans le genre et mieux que son modèle, Brownie, il est vrai plus jeune que lui au moment de l’enregistrement avec cordes.


Roy Hargrove © Michel Laplace
Roy Hargrove © Michel Laplace

Sa maturité et sa structuration précoces ont également fait de lui un homme libre: libre de ses choix artistiques, de ses rencontres, nombreuses et multidimensionnelles, de son esthétique et de sa génération. Il aimait le jazz depuis ses origines, sans exclusive, empruntant sur le plan stylistique et technique à toutes les générations, classique parmi les classiques, moderne parmi les contemporains, enthousiaste parmi les jeunes. Il aimait aussi la musique de son adolescence et de son environnement (soul, rhythm and blues, rap) et en retira la matière à enrichir sa création, à élargir son horizon, sans aucune complaisance, sans jamais renoncer à la qualité d’une expression profondément ancrée dans le jazz. Il est l’un des très rares à avoir ouvert des voies, sur ce difficile chemin de créer en incorporant les musiques du moment, sans céder aux phénomènes de mode, et même quand les projets ne portent pas la griffe de sa maturité, il a le doigté de respecter l’esthétique, de se fondre dans l’ensemble, en donnant le maximum de lui pour enrichir le contenu, simplement pour le plaisir de la rencontre humaine et l’amour de la perfection.


Roy Hargrove, 2002 © Pascal Kober



Roy Hargrove, 2002 © Pascal Kober



Comme dans la vie, c’est-à-dire pour nous dans le cadre des tournées où nous avons pu le côtoyer, il restait simple, authentique, direct. Il existe mille anecdotes et visions de Roy Hargrove, sa trompette à la main, s’invitant sur la scène d’un grand ou d’un petit festival, d’un grand ou d’un petit club, pour des jam sessions sans fin et sans retenue. La vie du jazz pour Roy Hargrove était visiblement sa vie tout court, toute entière. Chaque membre de l’équipe de Jazz Hot a eu une anecdote à relater lors de sa disparition sur sa rencontre avec Roy Hargrove, un grand musicien qui apparaît à chacun comme le copain qu’on a quitté la veille, une proximité et une générosité qui caractérisent l’esprit du jazz dans ce qu’il a de plus populaire, l’échange indispensable avec le public sur une base égalitaire, d’être humain à être humain. Je me souviens, pour Jazz Hot, du jour où je lui ai remis le numéro Spécial 2006 consacré à Clifford Brown; nous étions au Pays Basque, côté espagnol. Il s’est simplement assis sur une chaise au milieu de la salle, a feuilleté posément la revue, s’est concentré sur la discographie détaillée et a commenté chaque disque, s’arrêtant sur tel ou tel titre, avec l’enthousiasme de n’importe quel amateur de jazz connaisseur de Brownie, poussant une exclamation juvénile par ci par là, soit qu’il connaisse, soit qu’il ait joué le thème (il connaît son Clifford sur le bout des doigts), soit qu’il découvre un titre inconnu de lui. Un artiste humain parmi les humains, l’incarnation du jazz, de la proximité chaleureuse.


Roy Hargrove © Jacky Lepage

Roy Hargrove © Jacky Lepage

Compte tenu de la maladie qui l’a handicapé depuis de nombreuses années, et sans doute aussi à cause d’elle, il a vécu intensément une vie artistique avec un vrai respect et amour du public qu’il n’a jamais oublié dans ses commentaires, les désignant comme les partenaires indispensables de l’échange artistique, leur donnant tout, et pour cette fois recevant beaucoup, car, comme Louis Armstrong, son modèle artistique, il a tout donné de ce qu’il était.


Roy Hargrove et l'orchestre de Chucho Valdés, Marseille © Ellen Bertet



Roy Hargrove et l’orchestre de Chucho Valdés
Marseille, 2013 © Ellen Bertet



Son jeu de trompette, au-delà de la virtuosité, tout aussi ouvert, expressif que celui du père du jazz, devait beaucoup à une personnalité rayonnante et épanouie, à sa conception de l’art en tant que sublimation de la condition humaine, à sa conception de l’art et du jazz en tant qu’expression populaire, en tant que terrain de partage humain. Une de ses interviews pour Jazz Hot était justement titrée «Le bonheur et le don». Il excellait par son énergie autant que par sa retenue dans les ballades, autant en petite formation qu’en big band, autant en leader que sideman, mais comme le disait Louis Hayes, en jazz, certains artistes ne sont que des leaders.
On ne saurait trop vous conseiller de relire les interviews qu’il nous accorda, elles reflètent, dans leur périodicité et régularité pendant ces trente ans de création, la générosité et la sagesse qui ressortent de son parcours.




Jean-Marie Hacquier et Roy Hargrove © Nathalie Hacquier by courtesy


Il nous reste aujourd’hui son œuvre enregistrée, elle est déjà consistante, surtout en sideman; c’est étonnant, car Roy a finalement peu enregistré en leader, et pas du tout depuis 2009; Moment to Moment reste comme l'un de ses plus beaux albums, l’un des plus beaux du jazz de ces 20 dernières années, et si le blues vous gagne pour cette perte inestimable, prenez le temps de le réécouter, c'est émouvant et splendide! Comme pour tous les grands artistes du jazz, Louis, Duke, Ella, Bessie, Billie, Ray Charles, Dizzy, Coltrane, Randy Weston, etc., ou d’autres moins connus, il manquera maintenant, pour l’apprécier dans son entièreté, une dimension importante de Roy Hargrove, la présence humaine; ça donne à sa disparition un caractère de perte irréparable.

Jazz Hot partage la peine de ses proches.

Jean-Marie Hacquier et Roy Hargrove, 1999
© Nathalie Hacquier by courtesy

Yves Sportis
Photos Ellen Bertet, Umberto Germinale, Nathalie Hacquier,
Pascal Kober, Michel Laplace, Jacky Lepage, David Sinclair


JAZZ HOT N°489-1990JAZZ HOT n°507-1991


Roy Hargrove et Jazz Hot:489-1990, 507-1991, 594-2002, 632-2006, 676-2016









DISCOGRAPHIE
Leader/Coleader
CD 1989.
Manhattan Projects, Dreamboat, Timeless SJP327 (Roy Hargrove, Kenny Garrett, Donald Brown, Ira Coleman, Carl Allen)
CD 1989. Diamond in the Rough, Novus 90471/3082-2
CD 1989-93. Approaching Standards, Novus 63178-2
CD 1990. Public Eye, Novus 3113-2
CD 1990. Various Artists, A Merry Jazzmas, Jazz Heritage 513159T (1 titre)
CD 1991. The Jazz Futures, Live in Concert, Novus 63158 (Roy Hargrove, Marlon Jordan, Antonio Hart, Tim Warfield, Mark Whitfield, Benny Green, Christian McBride, Carl Allen)
CD 1991. The Tokyo Sessions, Novus 63164-2
CD 1992. Monterey Jazz Festival 40 Legendary Years, Malpaso 46703-2
CD 1992. The Jazz Networks, Beauty and the Beast, Novus 13147-2
CD 1992. The Vibe, Novus 63132-2
CD 1993. Of Kindred Souls : Live, Novus 63154-2
CD 1994. Roy Hargrove Quintet With the Tenors of Our Time, Verve 523 019-2
CD 1995. Family, Verve 527 630-2
CD 1995. Parker’s Mood, Verve 527 907-2
CD 1995. Dream Session-The All-Stars Plays Miles Davis Classics: Roy Hargrove/Eddie Henderson/Nicholas Payton, Milestone 9264
CD 1997. Roy Hargrove’s Crisol, Habana, Verve 537 563-2
CD 1999. Moment to Moment, Verve 543 540-2
CD 2001. Herbie Hancock, Michael Brecker & Roy Hargrove/Directions in Music: Live at Massey Hall, Verve 589 654-2
EP 2003. Roy Hargrove & The RH Factor, Hard Groove, Verve 065 192
EP 2004. Roy Hargrove & The RH Factor, Strengh, Verve 1362-2
CD 2004. Roy Hargrove & The RH Factor, Distractions, Verve 98885062
CD 2005. Roy Hargrove Quintet, Nothing Serious, Verve 98885097
CD 2007. Roy Hargrove Quintet:
Earfood, Groovin’ High 0602517641815
CD 2009. Roy Hargrove Big Band, Emergence, EmArcy 0602527079240


1989. Diamond in the Rough1990. Public Eye1992. The Vibe1992-93. With the Tenors of Our Time








1993. Of Kindred Souls

1995. Family1995. Parker’s Mood1997. Habana








1999. Moment to Moment2001. Directions in Music: Live at Massey Hall

2003. The RH Factor

2004. The RH Factor Strength






2004. The RH Factor: Distractions

2005. Nothing Serious

2007. Earfood

2009. Emergence









Sideman
CD 1986. Generations, Montreux Jazz Festival, ACT 9001-2
CD 1986. Arts Magnet High School Jazz Combo, Dallas Arts Jazz 1986, AMHS 1986
CD 1988. Don Sickler, Superblue, Blue Note CDP7 91731-2
CD 1988. Bobby Watson And Horizon, No Question About It, Blue Note B1-90262

CD 1989. Carl Allen and Manhattan Projects, Piccadilly Square, Timeless SJP406 (Alfa Jazz 29R2-40)
CD 1989. Ricky Ford, Hard Groovin’, Muse 5373
CD 1989. Carmen McRae, Dream of Live, Qwest 46340
CD 1989. Carl Allen, Piccadilly Square, Timeless 406
CD 1990. Ralph Moore, Furthermore, Landmark 1526
CD 1990. Frank Morgan, Lovesome Thing, Antilles 422-848 213-2
CD 1991. Teresa Brewer, Memories of Louis, Red Baron 469283
CD 1991. Stephen Scott, Something to Consider, Verve 849 557-2
CD 1991. Sonny Rollins, Here’s to the People, Milestone 9194-2
CD 1991. James Clay, Cookin’ at the Continental, Antilles 314-510 724-2
CD 1991. Charles Fambrough, The Proper Angle, Rhino 79476
CD 1991. Charles Fambrough, The Charmer, Rhino 79484
CD 1991. Antonio Hart, For the First Time, Novus 83120
CD 1991. Pride of Lions, Sony 48192
CD 1991. The Jazz Networks, Straight to the Standards, Novus BVCJ-117
CD 1992. Jackie McLean, Rhythm of the Earth, Birdology 513 916-2
CD 1992. Danny Gatton, New York Stories Vol 1, Blue Note 7 98959-2
CD 1992. James Clay, Cookin at the Continental, Antilles 314-510 724-2
CD 1993. Slide Hampton & The Jazzmasters, Dedicated to Diz, Telarc 83323
CD 1993. Rodney Kendrick, The Secrets of Rodney Kendrick, Verve 517 588-2
CD 1993. Dave Brubeck, Triple Play, Telarc 83449
CD 1993. Steve Coleman and Five Elements, The Tao of Mad Phat, Novus 163 160-2
CD 1993. Diana Ross, Diana Ross Live : Stolen Moments, Motown 6340
CD 1993. Branford Marsalis, Buckshot LeFonque, Columbia 476532-2
CD 1993. The Bob Thiele Collective, Lion Hearted, Red Baron 57335
CD 1994. Marc Cary, Cary On !, Enja 9023-2
CD 1994. Christian McBride, Gettin’ to It, Verve 523 989-2
CD 1994. Johnny Griffin, Chicago-New York-Paris, Verve 527 367-2
CD 1994. Dave Brubeck-Gerry Mulligan, Young Lions & Old Tigers, Telarc 83349
CD 1994. Teodross Avery, In Other Words, GRP 97982
CD 1994. Helen Merrill, Brownie: Homage to Clifford Brown, Verve 522 363-2
CD 1994. Abbey Lincoln, A Turtle’s Dream, Verve 527 382-2
CD 1994. David Sanchez, Sketches of Dreams, Columbia 480 325-2 (67021)
CD 1994. The Jazz Networks, Blues ’n Ballads, Novus 616
CD 1994. The Carnegie Hall Jazz Band, Salutes the Jazz Masters, Verve 523 150-2
CD 1995. Jimmy Smith, Damn!, Verve 527 631-2
CD 1995. Barbara Dennerlein, Take Off, Verve 527 664-2
CD 1995. Shirley Horn, The Main Ingredient, Verve 529 555-2
CD 1995. Jimmy Smith, Angel Eyes-Ballads & Slow Jams, Verve 527 632-2
CD 1995. Vanessa Williams, Sweetest Days, Mercury 526 172-2
CD 1995. Dianne Reeves, Quiet After the Storm, Blue Note 8 29511-2
CD 1995. Dave Brubeck, Young Lions and Old Tigers, Telarc 83349
CD 1995. Kitty Margolis, Straight Up With a Twist, Madkat 1006
CD 1996. Clint Eastwood After Hours, Live at Carnegie Hall, Malpaso 9-46546
CD 1996. Oscar Peterson, Meets Roy Hargrove and Ralph Moore, Telarc 83399
CD 1996. Cedar Walton, Composer, Astor Place 4001
CD 1996. A Verve Christmas Album, Jazz For Joy, Verve 531 960-2
CD 1996. Oscar Peterson, A Tribute to, Telarc 83401
CD 1997. Jon Faddis, Eastwood After Hours Live at Carnegie Hall, Malpaso 46546-2
CD 1997. T.S. Monk, Monk on Monk, N2K Encoded Music 10017
CD 1997. Shirley Horn, I Remember Miles, Verve 557 109-2
CD 1997. Vincent Herring, Change the World, MusicMasters 65163-2
CD 1997. Doc Powell, Don’t Let the Smooth Jazz Fool You, Discovery 77067
CD 1997. Fred Sanders, East of Vilbig, Leaning House Jazz 7
CD 1997. Original Soundtrack, Men in Black Original Soundtrack, Sony Music 68169
CD 1997-98. Nicholas Payton, Payton’s Place, Verve 557 327-2
CD 1998. Shirley Horn, Jazz ’Round Midnight, Verve 539 678-2
CD 1998. Sherman Irby, Big Mama’s Biscuits, Blue Note 7243 8 56234-2
CD 1998. Bread & Butter, Adventures of Bread & Butter Vol. 1, Jazzeteria 299
CD 1998-99. Nils Landgren Funk Unit With Guests, 5000 Miles, ACT 9271-2
CD 1999. Curtis Lundy, Against All Odds, Justin Time 129-2
CD 1999. Marc Cary, Rhodes Ahead Vol. 1, Jazzeteria 20303-2
CD 2000. Ray Brown, Some of My Best Friends Are the Trumpet Players, Telarc 83495
CD 2000. Erykah Badu, Mama’s Gun, Kedar 153259
CD 2000. Common, Like Water for Chocolate, MCA 111970
CD 2000. D’Angelo, Voodoo, Virgin 48499
CD 2000. Dave Glasser, First Strike, Nagel Hayer 2003
CD 2001. Roy Haynes, Bird of a Feather, A Tribute to Charlie Parker, Dreyfus Jazz 36625-2
CD 2001. Phil Woods With the Bill Charlap Trio, Voyage, Chiaroscuro 468
CD 2001. Patrick William’s New York Band, Original Soundtrack, Blonde, Playboy Jazz 7500-2
CD 2002. D.J. Rodgers Jr., Emosoul, Universal 016702
CD 2002. Ron Trent, Musical Reflections, R2 203
CD 2002. Kenny Rankin, A Song For You, Verve 589 540-2
CD 2002. Natalie Cole, Ask A Woman Who Knows, Verve 589 774-2
CD 2003. Shirley Horn, May the Music Never End, Verve 076 028-2
CD 2003. Aaron Neville, Nature Boy: The Standards Album, Verve 065 633-2
CD 2003. It Runs in the Family: Original Movie Picture Soundtrack, Verve 440-065 567-2
CD 2005. Steve Davis, Update, Criss Cross Jazz 1282
CD 2006. Anke Helfrich Trio Feat. Roy Hargrove, Better Times Ahead, Double Moon 71053
CD 2006. John Mayer, Continuum, Columbia ‎– CK82876790192
CD 2007. Jimmy Cobb Quartet, Cobb’s Corner, Chesky Records 327
CD 2008. John Beasley, Letter to Herbie, Resonance Records ‎1003
CD 2008. Johnny Griffin, Live at Ronnie Scott’s, In+Out Records 77095-2
CD 2008. Roy Assaf & Eddy Khaimovich Quartet, Andarta, Origin Records ‎82515
CD 2009. Jimmy Cobb Quartet, Jazz in the Key of Blue, Chesky Records ‎344
CD 2009. Roberta Gambarini, So in Love, Groovin’ High 060251 7960107 (James Moody, Roy Hargrove)
CD 2011. Marcus Miller With Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Feat. Roy Hargrove and Raul Midón: A Night in Monte-Carlo, Concord Jazz 32660-02
CD 2011. Cyrille Aimée, Live at Smalls, Smallslive 0018
CD 2011. Roy Haynes, Roy-Alty, Dreyfus Jazz-FDM 46050 36977 2
CD 2011. Stan Killian, Unified, Sunnyside ‎1282
CD 2014. D’Angelo and the Vanguard, Black Messiah, RCA 88875-05655-2
CD 2017. Johnny O’Neal, In the Moment, Smoke Sessions Records 1707


VIDEOS

Il y a énormément de vidéos de Roy Hargrove en concert. Voici quelques liens vers YouTube pour retrouver un excellent concert donné à Bruxelles en 2015 par le Quintet de Roy Hargrove. On peut par ailleurs passer d’excellentes journées en retrouvant Roy Hargrove en live sur la toile. Vous pouvez enfin allez consulter le Jazz Hot n°676 où figure déjà, dans l'article consacré à Roy Hargrove, une sélection de vidéos publiées sur YouTube.

Roy Hargrove Quintet au Théâtre Molière,  Bruxelles, 8 juillet 2015
Roy Hargrove (tp), Justin Robinson (as), Sullivan Fortner (p), Ameen Saleem (b), Quincy Phillips (dm)

«Tom Cat»
https://www.youtube.com/watch?v=5Gve56l81Dk&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Homelife Revisited»
https://www.youtube.com/watch?v=c2s7fTKD8E4&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Once Forgotten»
https://www.youtube.com/watch?v=luB3WzF_bTQ&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«A Simple Task»
https://www.youtube.com/watch?v=Z-ICoK1u8a0&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Cape Town Ambush»
https://www.youtube.com/watch?v=Z6jx1Hg7BEI&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Phoebe’s Samba»
https://www.youtube.com/watch?v=n8SP4f14K7I&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Strasbourg St-Denis»
https://www.youtube.com/watch?v=CQ6dbUmU__o&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Never Let Me Go»
https://www.youtube.com/watch?v=A9MYWmPOc8g&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Soothe Me»
https://www.youtube.com/watch?v=nilDOKymoPw&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Parker’s Mood»
https://www.youtube.com/watch?v=8dtJdbAR7Bw&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x
«Soulful»
https://www.youtube.com/watch?v=-JbVeNlQhrY&list=PLHPHpESQx-meu5KtUEZKW3J4NNzbRhC9x


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