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Jérôme SABBAGH

15 déc. 2017
Instinctif


Jérôme Sabbagh © Patrick Martineau





Le saxophoniste Jérôme Sabbagh est né le 14 septembre 1973 à Boulogne-Billancourt (92). Après avoir étudié avec Philippe Chagne, Eric Barret et Jean-Louis Chautemps, il part étudier au Berklee College of Music, en 1993. A l’issue de sa formation, il s’installe à New York qu’il ne quitte que pour des tournées qui lui permettent notamment de renouer ponctuellement
avec la scène européenne et la France. Dès les premières années, il crée le collectif Flipside avec Greg Tuohey (g), Matt Penman (b) et Darren Beckett (dm) en compagnie desquels il se produit durant cinq ans. En 2000, il rencontre un autre Français expatrié, Laurent Coq (cf. Jazz Hot n°680). Intéressé tant par la relecture du répertoire que par l’écriture, il s’exprime depuis plus de dix ans au sein de son quartet formé de Ben Monder (g), Joe Martin (b) et Ted Poor (dm). Cette constance dans ses amitiés musicales et dans ses collaborations est l’une des caractéristiques du ténor. De son activité de sideman, on retient une semaine mémorable avec Paul Motian, au Village Vanguard, en septembre 2011, au sein de son New Trio. En outre, on le retrouve aux côtés de Victor Lewis, Greg Hutchinson, Bill Stewart, Reggie Workman, Guillermo Klein, Andrew Cyrille, Billy Drummond, Daniel Humair ou Jean-Michel Pilc. Musicien instinctif, il s’attache à ne pas dissocier le travail de studio de la scène, avec un rapport à la tradition qui nourrit son inspiration. Nous l’avons rencontré lors d’un concert parisien à l'Atelier de la Main d'Or (11e), avec le pianiste Danny Grissett (cf. Jazz Hot n°681).

Propos recueillis par Jean-Pierre Alenda
Photos Patrick Martineau


© Jazz Hot n°682, hiver 2017-2018





Jazz Hot: Etes-vous né dans une famille de mélomanes?


Jérôme Sabbagh:
De mélomanes oui, mais pas de musiciens. Mon père est amateur de musique classique, mais plutôt réfractaire au jazz. Ce qui a trait au groove ne le touche pas. Par ailleurs, je pense qu’il ne perçoit pas la forme dans le jazz, et ça le dérange.

1997. Flipside, Naxos


Vous avez étudié aux Etats-Unis…


J’ai été à Berklee pendant deux ans. J’y ai travaillé avec Joe Viola, Bill Pierce, George Garzone, Hal Crook et Herb Pomeroy. J'ai aussi fait deux stages avec Dave Liebman. Il m’arrive encore de prendre des cours. J’en ai également pris un auprès de Chris Potter, parce qu’il y a chez lui des choses spécifiques qui m'intéressent. Pendant plusieurs années, j'ai étudié avec Sophia Rosoff, pianiste classique avec laquelle ont travaillé Barry Harris et Fred Hersch, ainsi que des gens plus proches de ma génération comme Ben Street et Aaron Parks. Sophia avait une manière de tout ramener au chant, à l’instinct, qui m’a énormément aidé. Elle me faisait chanter la mélodie, battre le rythme sur ma poitrine en marquant la pulsation avec les pieds. C’est une façon de ne pas laisser l’intellect, la force des habitudes et les inhibitions faire obstacle à la musique que j’essaie à mon tour de transmettre à mes élèves.


Ce côté choral s’entend dans la relation que vous avez avec les standards...


Oui, quelle que soit la musique, j’essaie toujours de chanter. Pour les standards, il y aussi l'exemple des grands anciens: Ben Webster, par exemple, était vraiment un maître en la matière. Jouer une mélodie, c'est tout un art. Ça m'attire au fond plus que la virtuosité, la vélocité, la technique, même si celles-ci sont nécessaires aussi, particulièrement pour beaucoup de musiques actuelles, ainsi que pour le bebop, évidemment.


Il y a des musiciens qui ont probablement besoin de plus de notes pour s’exprimer, non?


Certainement. Mais même –et surtout– sur des tempos rapides et dans la volubilité, chez les plus grands, c’est surtout dans la manière dont ils jouent les notes que quelque chose se passe. Le plus important, c’est ce qu'il y a entre les notes, le phrasé, les inflexions, les subtilités rythmiques qui sont impossibles à écrire. Au fond, c’est ce qui distingue le jazz d’autres musiques.
Chez les musiciens qui me touchent le plus, de Frank Wess à Marc Ducret en passant par Tom Harrell, Billie Holiday ou Allan Holdsworth, il y a surtout une adéquation de tous les instants entre la forme et le fond. Il y a une évidence d’expression; beaucoup plus que le style dans lequel ils jouent. Le style m'importe peu, ainsi que le nombre de notes à la minute. J'ai surtout envie d’entendre des gens qui savent qui ils sont.

Etre installé aux Etats-Unis, est-ce une forme de positionnement?


Non, pas vraiment. C’est là que j'ai fait ma vie. J'avais envie de faire l'expérience de New York après Berklee et, en tant que musicien de jazz, après avoir goûté à l'excellence de la scène new-yorkaise, il est difficile d'en partir. Je m’y sens bien.
La plupart de mes projets musicaux sont nés ici, et je continue de les faire avancer. Je fais des sessions, je rencontre de nouveaux musiciens. Je peux répéter chez moi avec un groupe complet, et je n’ai jamais de problème avec les voisins. C’est très new-yorkais, cet état d’esprit. Il y a une acceptation de la musique au quotidien et une connaissance de cette musique qui font partie des habitudes, sans parler de la possibilité d'écouter et de côtoyer les meilleurs musiciens de jazz du monde tous les soirs.

Jérôme Sabbagh © Patrick Martineau

Vous semblez privilégier les petites formations…


En général, oui. Par ailleurs, un lieu comme l'Atelier de la Main d'Or à Paris met particulièrement en valeur des formations sans batterie, comme la nôtre. Ce n’est pas un hasard si Fred Hersch ou Martial Solal y ont aussi joué en solo ou en duo.


Vous préoccupez-vous du son dans votre musique?


L’attention au son, au timbre du saxophone fait clairement partie de mes préoccupations majeures. J’ai toujours été inspiré par la voix humaine. D’une façon générale, si j’écoute Billie Holiday, ça m’inspire autant que l’écoute de John Coltrane. Parfois, je joue aussi du soprano avec Danny, ce qui rajoute une couleur différente.
Interpréter les mélodies comme si j’étais un chanteur, c'est ce que je cherche à faire, oui. Les musiciens que j’admire travaillent de cette façon, notamment sur les ballades. J’ai un ami qui joue avec Houston Person. Comme beaucoup de gens de cette génération, il connaît les paroles de tous les standards qu’il joue, et ça informe la manière dont il les joue.

Est-ce que cette démarche vous amène à composer avec le souci d’obtenir des mélodies mémorisables?


Ce n’est pas un choix conscient, c’est lié à la manière dont j’écris: quand je compose, je chante et je me mets au piano; ça m’amène, en effet, à écrire des morceaux qui ont une mélodie reconnaissable. Il m’arrive aussi d’en composer qui, malgré l’attachement que je porte aux standards, s’en éloignent. Le groupe que j’ai depuis 2004 avec Ben Monder, Joe Martin et Ted Poor illustre bien cette esthétique qui reflète des influences variées. Je mène en parallèle un travail sur les standards qui s’illustre dans le duo avec Danny Grissett, dans mon expérience du trio avec contrebasse, batterie, ainsi qu’un travail qui s’articule autour de mes compositions, en quartet avec guitare. Ça reflète mes intérêts; de plus, s’efforcer d’être soi-même dans des contextes différents enrichit énormément. Je crois aussi que les groupes qui durent font la force du jazz. Jouer de manière régulière ensemble permet plus de prises de risques. C’est donc sur la durée que j’essaie de penser mes projets, quels qu’ils soient. Avec le quartet, on a fait beaucoup de tournées. Il faut du temps pour construire un groupe. Ce n’est pas un hasard pour moi si des groupes révolutionnaires, comme les quintets de Miles ou le quartet de Coltrane, ont été des formations durables. Après, il n’est pas facile d’arriver à faire durer une formation –et encore moins plusieurs– dans le contexte d’aujourd’hui. Le marché du jazz privilégie la nouveauté.


2013. The Turn, Sunnyside

Comment vivez-vous cette évolution?


J’arrive à faire des tournées et des disques, et à faire vivre mes projets, ce n’est déjà pas mal. Malgré une notoriété plus grande qu'il y a vingt ans, tout est de plus en plus difficile, en partie parce que le jazz est concurrencé par d’autres formes musicales jusque dans les festivals dit «de jazz». Sans être aussi restrictif que Wynton Marsalis sur ce qui est du jazz ou pas, on peut se dire qu'il y a un problème quand les festivals de jazz sont de plus en plus envahis par la pop, la variété et les musiques du monde. Je n’ai rien contre ces musiques, mais force est de constater qu’il y a moins de place pour le jazz qu'avant. Il y a de moins en moins de festivals qui font un travail d'éducation du public, qui font confiance à des artistes en émergence ou qui, simplement, ne cèdent pas à la tentation de la rentabilité maximale. Il est vrai que ça n'est pas facile d'équilibrer les comptes, j'en suis bien conscient, mais c’est un cercle vicieux. Le jazz est moins populaire qu'avant, d’où la tentation de programmer d'autres musiques et/ou les projets les plus vendeurs possibles, souvent au détriment de la qualité, mais moins on programme de jazz, moins il sera populaire. Par ailleurs, l'avènement du numérique et du streaming a condamné beaucoup de maisons de disques à la faillite. Pour moi, il faut réinventer l’économie du disque dans le jazz en revenant vers l'objet. Personne ne peut gagner d'argent ou financer un disque avec le numérique, ni en téléchargement et encore moins en streaming, sans en vendre des tonnes. En jazz, personne n'en vend des tonnes. Tout ça n'est pas viable financièrement.


Comment le musicien de jazz peut-il défendre son art dans ce contexte?


Pour ma part, je suis encouragé par le succès remporté par l'édition en vinyle –financée par une levée de fonds sur internet– du dernier disque de mon quartet, The Turn, qui a élargi mon public en séduisant beaucoup d’audiophiles et la presse de ce secteur. Je me préoccupe beaucoup du son de mes disques; au final, le soin apporté à l'enregistrement et la qualité de la réalisation du vinyle sont précisément ce qui a permis à ce projet d'être bénéficiaire. Sans le vinyle, j'aurais perdu de l’argent, alors que personne n'y croyait quand j’ai proposé de réaliser un vinyle. Je pense que dans ce qui est aujourd'hui une musique de niche, comme le jazz, il y a matière à présenter un bel objet, enregistré avec soin, que les gens auront envie d'acheter plus que d'écouter plus ou moins gratuitement en streaming à une qualité inférieure. Ça n'est pas un hasard si un label comme ECM, qui continue d'investir dans des productions de qualité, ne permet pas à ses disques d'être à disposition sur les plateformes de streaming. Quoi qu’il en soit, il faut arriver à trouver son public. Le crowdfunding peut y aider et permettre de rester assez libre. Je pense que ma musique est au final accessible. Les retours enthousiastes que j'ai à la sortie des concerts m'encouragent. C'est malgré tout un défi, dans le monde d'aujourd'hui, de convaincre les directeurs de festivals et les programmateurs de radio de me faire confiance.
De manière générale, je m'intéresse à l'économie du jazz. J'aimerais à terme m’impliquer dans la gestion d'un club ou créer un label. Pour moi, la prochaine étape est d'enregistrer un disque avec le nouveau projet que je dirige avec le guitariste Greg Tuohey, avec Joe Martin et Kush Abadey. Je vais le faire à l’ancienne, sur bandes analogiques, et essayer de consolider le succès remporté par The Turn en le sortant en vinyle. Si ça marche, pourquoi ne pas essayer d'en faire profiter d'autres musiciens que j'aime en créant un label?

2014. Lean, Music Wizards

Beaucoup de personnes ne savent même pas qui joue sur les fichiers qui encombrent leur disque dur…


Absolument. On prête plus d'attention à un disque quand l'acte de commencer à l’écouter demande un –léger– effort, comme celui de mettre un vinyle sur une platine. Il y a moins de zapping avec des supports physiques. C’est tellement facile de passer d'une plage à l'autre sur un ordinateur, ça l'est beaucoup moins sur un vinyle. Il me semble qu’écouter de la musique est devenu tellement facile que c'est complètement galvaudé. On ne fait plus attention. Et surtout, on ne veut pas payer pour la musique. Ça va ensemble. Quand j'étais adolescent ou jeune adulte, la parution d'un album était un véritable événement culturel. On l'écoutait, seul ou à plusieurs. On en parlait. Je repense avec nostalgie à ce qu’a représenté pour moi la parution d’un album comme Amandla de Miles Davis ou OK Computer de Radiohead…


Parlez-nous de votre expérience avec Daniel Humair…


C’était enthousiasmant! Daniel a une grosse expérience de l’improvisation, et il a joué avec les plus grands, dans tous les styles. Ça s’entend. Il est peintre et je pense que ça influence aussi sa musique. Il a un sens de l’architecture des improvisations qui est très sûr. Il sait quand continuer, quand partir sur autre chose et quand s'arrêter. Ce sens instinctif de la forme est une qualité que j'apprécie chez des batteurs très différents et qui est un vrai critère de choix pour moi. Suite au disque I Will Follow You avec Ben Monder et Daniel, j’ai aussi joué en trio avec Ben et Paul Motian.


Comment s’est passé cette collaboration avec Paul Motian?


Après un concert en trio pour lequel je l'avais appelé, Paul nous a booké une semaine au Village Vanguard sous le nom de «New Trio», ce qui, soit dit en passant, nous a un peu mis la pression à Ben et moi, qui sommes fans du trio Motian-Lovano-Frisell. Cela dit, il était aussi beaucoup plus facile de jouer avec Paul Motian que je l’aurais cru. Bien qu'ils soient très différents, comme chez Daniel, il y avait une clarté d’intention et une force d’inspiration qui montraient vraiment le chemin. Par ailleurs, le tempo était d’une solidité à toute épreuve, même s’il n’était pas toujours explicite. Il m’avait dit de choisir dans ses morceaux ceux que je voulais jouer et, du coup, j'avais eu la chance de pouvoir les apprendre par cœur et les travailler. On a joué certains des miens, aussi. Nous n’avions pas de répétition, et la liste des morceaux a été établie dix minutes avant le concert. L’avant-dernier soir, Chick Corea vient nous voir et me demande: «C’était quoi ce morceau à la fin?» C’était une de mes compositions. Ça lui avait plu… Paul était déjà malade, mais je n’en ai rien ressenti; il était complètement investi dans la musique, à tous les instants. Tout ce qu'il faisait était juste. J'ai senti qu'il me faisait confiance, qu'il voulait que je donne le meilleur, sans jamais en parler. Ça a été une semaine importante pour moi, qui a fait germer d'autres choses.


2003. Laurent Coq, Like a Tree in the City, Sunnyside

Vous avez également travaillé avec Laurent Coq…


Oui, j’ai fait partie de son quartet. On a enregistré deux disques ensemble, avec Damion Reid à la batterie et Brandon Owens, puis Joe Sanders à la contrebasse. J’étais très impliqué dans ce quartet. J’ai beaucoup joué la musique de Laurent. C’est un ami et on se suit mutuellement. Il a une voix originale, au piano et comme compositeur. J'aime beaucoup son dernier disque en trio, Kinship. Par ailleurs, c'est quelqu'un d’entier, qui n’a pas peur de dire les choses. C’est rafraîchissant.


Vous considérez-vous comme un musicien cérébral?


Au contraire, je suis très instinctif, je n’ai pas de système et je le revendique. Quand je joue, je ne pense pas aux accords, aux notes et aux gammes. J'espère avoir suffisamment travaillé pour pouvoir me laisser aller et que mon oreille me guide. Je suis plus proche de ce que j’appellerais, en simplifiant, des improvisateurs mélodiques que des gens qui ont un système harmonique très élaboré, même si des musiciens comme John Coltrane ou Joe Henderson transcendent ces clivages.



Avez-vous des projets avec Danny Grissett?


Oui, nous allons certainement enregistrer, mais je ne sais pas encore quand. Cette tournée nous a vraiment cimentés.
Danny est un de mes pianistes préférés aujourd’hui. Il est pour moi l'héritier de certains grands pianistes américains: Hank Jones, Tommy Flanagan et plus proche de nous, Mulgrew Miller et Kenny Kirkland, mais il a aussi trouvé sa voix. Il a commencé par le piano classique; il est très ouvert, tout en restant attaché à la tradition. En fait, nous avons en grande partie la même culture musicale et des valeurs communes. C’est ce qui fait que nous jouons ensemble. Chez beaucoup de musiciens qui me touchent, il y a une vraie connaissance de la tradition, un vrai lien avec l'histoire, même si ça ne s'entend pas toujours de manière directe.


Danny Grissett et Jérôme Sabbagh © Patrick Martineau


Contact:
www.jeromesabbagh.com



DISCOGRAPHIE

Leader/coleader

CD 1997. Flipside, Naxos Jazz 86013-2
CD 2004. North, Fresh Sound New Talent 203
CD 2006. Pogo, Bee Jazz 019
CD 2008. One Two Three, Bee Jazz 028
CD 2010. I Will Follow You, Bee Jazz 034
CD 2011. Plugged In, Bee Jazz 049
CD 2013. The Turn, Sunnyside 1385
CD 2014. Lean, Music Wizards (avec Simon Jermyn et Allison Miller)

2004. North, Fresh Sound New Talent   2006. Pogo, Bee Jazz   2008. One Two Three, Bee Jazz   2011. Plugged In, Bee Jazz












Sideman

CD 2001. Pablo Ablanedo Octet, From Down There, Fresh Sound New Talent 109
CD 2002 .Pablo Ablanedo Octet, Alegria, Fresh Sound New Talent 156
CD 2003. Laurent Coq Quartet, Like a Tree in the City, Sunnyside 1117
CD 2009. Laurent Coq Quartet, Eight Fragments of Summer, 88 Trees 88TREES01
CD 2009. Guilherme Monteiro, Air, BJU Records 007
CD 2014. Marta Sanchez Quintet, Partenika, Fresh Sound New Talent 470
CD 2017. Marta Sanchez Quintet, Danza Imposible, Fresh Sound New Talent 533


VIDEOS


2003. Laurent Coq Quartet, «Sweet Sounds of Summer», Duc des Lombards (Paris, 10 octobre 2003)
Laurent Coq (p), Jérôme Sabbagh (ts), Brandon Owens (b), Damion Reid (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=CJ5ZFx5Kb6o

2008. Jérôme Sabbagh Quartet, «Rooftops», Washington (USA, 14 avril 2008)
Jérôme Sabbagh (ts), Ben Monder (g), Joe Martin (b), Ted Poor (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=n8-Bbx570A0&list=PLE1879DD9B59A82DB

2011. Jérôme Sabbagh / Ben Monder / Daniel Humair , «Comptine», Sunside (Paris, 9 avril 2011)
Jérôme Sabbagh (ts), Ben Monder (g), Daniel Humair (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=GAVAsBjE4pU

2014. Jérome Sabbagh & Danny Grissett, «It Could Happen to You», Drawing Room (New York, USA, 2 février 2014)
Jérôme Sabbagh (ts), Danny Grissett (p)
https://www.youtube.com/watch?v=2buS__E8-O0

2014. Jérôme Sabbagh Quartet, Jazz Gallery (New York, USA, 14 juin 2014)
Jérôme Sabbagh (ts), Ben Monder (g), Joe Martin (b), Jochen Rueckert (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=_XQyLsiZt1o



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