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Draguignan (Var)

19 jan. 2013
Draguignan Jazz Festival, 13 au 15 décembre 2012
Draguignan (Var) Les 13, 14 et 15 décembre dernier au Théâtre municipal, le Jazz Club Dracénois a présenté le 26ème Festival de Jazz de Draguignan. Prélude aux festivités de Noël, cette manifestation permet à la population de la ville de faire une répétition générale. Malgré le temps défavorable cette année, les spectateurs ont une fois encore répondu présents à l'invite, manifestant ainsi leur attachement à une échéance maintenant bien installée dans le calendrier annuel de la vie locale pour applaudir un beau programme toujours aussi bien équilibré.
En 2011, le maire de la ville, Max Piselli, avait promis de fournir à André Fanelli et son équipe les moyens de leur activité. Il a tenu parole : le Festival a programmé sa troisième soirée, jeudi 13 : l'enfant du pays, le saxophoniste Jean-Philippe Scali a donné un concert gratuit. Il a permis à un public inhabituel de venir nombreux pour voir et entendre la formation « du petit » interpréter ses compositions mais également une relecture très personnelle de « When the Saints » (Trad), « Fables of Faubus » (C. Mingus), « Evidence » (T. Monk)… Ce fut émouvant, le musicien engageant une série d'explications sur les œuvres interprétées. Puis arriva la remise de la Médaille de la ville : le conseiller municipal adjoint à la culture, Richard Strambio, la remit à son vieux professeur de musique, M. Quanata : réunion familiale affectueuse et sympathique.
La soirée du vendredi 14 décembre était consacrée aux grands solistes du jazz. En première partie, le trio du vibraphoniste David Patrois, composé de Bruno Short (b) et Benjamin Hénocq (dm), accompagnait en guest star Rick Margitza (ts). Ils donnèrent deux pièces originale du leader, « A ciel ouvert » et « Tribute to Bobby Hutcherson » ; ensuite, le ténor entama la composition de Fats Waller « Jitterbug Waltz » sur un tempo de bossa nova. Il enchaîna ensuite sur la très belle ballade d’Arthur Hamilton « Cry Me a River » (1953). En bis, le quartet donna un « Blue Monk » bien soutenu par la partie du contrebassiste. En seconde partie, était invité le quintet du trompettiste et chanteur Ronald Baker, une formation régulière de plus de quinze ans, composée de Jean-Jacques Taïb (ts), Alain Mayeras (p), David Salesse (b) et Thierry La Rosa (dm) ; en invité, arrivé tout droit de New York, Antonio Hart (as). Pendant une heure et demi, le public fut régalé de musique hard bop et de blues : « Endless Story », « Quintet City », « I Call Her », « Be Cool »… et la composition de Jule Styne « It's You Or No One » (1948). Bien présenté par un Ronald Baker toujours amusant, la prestation se termina sur un rappel en forme de blues où tous les musiciens mirent leur talent au service de la musique et notamment Antonio Hart dont le solo ne fut pas sans évoquer le style du regretté Ray Charles sur cet instrument.

Comme chaque année, la dernière soirée, samedi 15, était consacrée au blues. En première partie, le groupe français, venu de Toulouse, AWEK (« à fond » en occitan), qui s'est nourri de la tradition de Chicago a ouvert le bal. Bernard Sellam, chanteur généreux, est un formidable guitariste. Il était accompagné par une belle section rythmique composée de Joël « Jo » Ferron (b) et Olivier Trebel (dm). Mais la révélation est venue de Stéphane Bertolino, formidable harmoniciste, notamment dans « Early Mornin’ » (Sonny Boy Williamson - 1937). La salle s'enflamma comme il se doit. En seconde partie, les organisateurs, avec la complicité de Didier Tricard, avait invité de son Mississippi natal, le chanteur et guitariste Vasti Jackson. Il était pour l'occasion accompagné du groupe local, qui avait déjà conquis le public l’an dernier, McMannus BBB. Pendant plus d'une heure, ce showman accompli, qui retraça l’histoire de la guitare blues, et ses petits camarades ont emballé l'assistance avec des interprétations généreuses et bien enlevées de « That's It », « Say Goodbye », « Can You See », « Route 66 », « Stimulus Man », « Hurricane Season », « Ain't no Sunshine »… Il y eut un intermède en solo pendant lequel Vasti joua deux morceaux bottleneck sur le dobro prêté par André Fanelli : moment intense où l’artiste évoqua la musique de son grand père. En bis, le groupe joua « Hey Joy » ; le public ovationna les artistes qui ne quittaient plus la scène.
Ce 26ème Draguignan Jazz Festival s’est terminé dans l’allégresse. 2012 a été une excellente année : en chacune de ses soirées et pour chaque forme musicale, une très belle réussite. Avec une programmation aussi talentueuse et si bien équilibrée, le millésime 2013 connaîtra, à n'en pas douter, un autre très grand succès.
Félix W. Sportis
Photo : Vasti Jackson ©Félix W. Sportis