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Big Jay McNeely

16 sep. 2018
29 avril 1927, Los Angeles, CA – 16 septembre 2018, Moreno Valley, CA
© Jazz Hot n°685, automne 2018

1955. Big Jay McNeely, Savoy


L’une des dernières personnalités du saxophone rhythm’n blues/rock’n roll, Cecil James «Big Jay» McNeely s’est éteinte à 91 ans des suites d’un cancer.

Il était un showman exubérant, prodigue en facéties notamment acrobatiques. Cecil James McNeely, né dans le quatier Watts de Los Angeles, dans une famille de musiciens, s’est mis à la pratique du saxophone comme son frère Bob (1923-1984) quand celui-ci lui laisse son alto pour entrer dans l’armée. Après des leçons privées, il joue dans les orchestres de la Thomas Jefferson High School. Il a étudié auprès de Joseph Cadaly, un musicien des studios RKO d’Hollywood («a little bit of theory, harmonics... got so legit I felt like I was playing cello on the saxophone», Big Jay). En 1946, McNeely est impressionné par Charlie Parker engagé pour six semaines au Billy Berg’s. Et en 1947, il se produit en compagnie de Sonny Criss (as) et Hampton Hawes (p). Mais, il préfère faire danser que de se lancer dans l’aventure bop. Il entre dans le big band de Johnny Otis, lequel gère le Barrelhouse Club à quelque mètres de chez lui. C’est avec Johnny Otis que McNeely fait ses premiers disques (1947, «Barrelhouse Stomp», «Play Day Blues», «The Jelly Roll»). A travers le pays, se développe un engouement pour les solos de saxophone ténor torrides, hyper hot. Ces instrumentistes sont qualifiés de «honkers» et de «screamers» (hurleurs) et placés dans les bacs de disques «rhythm’n blues» (Red Prysock, Maxwell Davis, Freddie Mitchell, Jack McVea, Hal Singer, Lee Allen, etc). McNeely développe donc un mode expressif conforme à la tendance du moment allant jusqu’à tenir la même note sur de nombreuses mesures et à jouer des motifs répétés jusqu’à l’exacerbation. McNeely cède quelque temps son poste de soliste dans le remarquable orchestre de Johnny Otis à Paul Quinichette puis Lorenzo Holden mais, il le retrouve pour des séances hot en 1949 et 1950 (coffret Midnight at the Barrelhouse, JSP7713). Ses tours de force sont repérés par Ralph Bass de Savoy Records. C’est là qu’Herman Lubinsky lui trouve le surnom de «Big Jay» pour faire plus commercial. Il enregistre en novembre 1948 avec un groupe de studio comprenant son frère Bob au sax baryton («Wild Wig»/«Benson’s Groove», Savoy 682). Début 1949, «Deacon’s Hop» est son premier succès classé en tête du R&B Chart de Billboard. A l’automne de 1949, Big Jay fait des tournées avec des ensembles aux divers noms: Cool Cats, Deacon Hoppers, Mad-Cap Deacons. Sa popularité est renforcée par une série de 78 tours et 45 tours simples publiés sous son nom: «Strip Tease Swing», «Nervous Man Nervous», «Let’s Work», «3-D». Nous ne saurons trop conseiller l’écoute de «Jay Walk», «Blow, blow, blow», «Jet Fury», «Deacon Rides Again» (1951), «Deacon Express», «The Goof», «Just Crazy», «Big Jay Shuffle» (1952). Dans ces années 1950-60, Big Jay enregistre pour les labels Exclusive, Aladdin, Imperial, Federal (1954, Big Jay McNeely; 1956, Big Jay McNeely in 3D), Savoy (1955, A Rhythm and Blues Concert, MG 15045), Vee-Jay. Le son est massif, le jeu hargneux et l’influence d’Illinois Jacquet est perceptible. La presse le surnomme: «Big Jay McSquealy,» «the Go Go Go Man», «the Deacon of Tenor Sax» et le «King of the Honkers». S’il passe au Birdland à New York (1953), il est surtout absorbée par la vague nationale du rock’n roll pour un public mixte. Ce qui n’est pas pour plaire aux critiques progressistes, ni aux forces de l’ordre au détour de ces concerts tumultueux. Malgré le succès de la ballade «There Is Something on Your Mind» avec le chanteur Little Sonny Warner (1959) puis d’un album pour Warner Bros (1963, Live at Cisco’s, Warner 1523), Big Jay est victime des modes que l’on crée et que l’on jette, la règle du show business. Dès lors, Il joue surtout dans des clubs autour de Los Angeles. Puis il abandonne la scène au milieu des années soixante et devient facteur en 1971. Grâce à une nostalgie pour le Rhythm’n Blues au début des années 1980 qui remplit à nouveau les salles et les festivals, Big Jay put retourner à l’activité musicale. En 1989, il joue avec Detroit Gary Wiggins (European Saxomania Tour II). Ensemble, ils jouent en Allemagne et en Italie, et ils enregistrent l’album Fool for the Ladies. Big Jay participe régulièrement à l’International Boogie Woogie Festival en Hollande, et il enregistre pour Axel Zwingenberger & the Bad Boys (2008, Saxy Boogie Woogie, Vagabond 8.08033). En 2009, il enregistre l’album Party Time. En 2011, on a pu le voir à JazzAscona. Big Jay participe au disque de la chanteuse Miss T et ses Mad Tubes, She’s That Gorgeous (Vintage Roots 0003). Il réalise aussi deux albums sous son nom, Blowin’ Down The House-Big Jay’s Latest & Greatest (2016) et Honkin’ & Jivin’ at the Palomino (2017, Cleopatra Blues 0613). Big Jay McNeely a continué de jouer jusqu’en juin 2018. Représentant d’un style bien typé et d’une époque qui ne le fut pas moins, Big Jay McNeely est aussi au cœur d’un mode d’expression qui allie parfaitement le feeling pour le blues et le swing.

Michel Laplace



DISCOGRAPHIE SELECTIVE

Sideman
CD 1946-1951, Midnight at the Barrelhouse. Rockin’ California Rhythm & Blues, JSP 7713

Leader
LP 1948-1949, A Rhythm and Blues Concert, Savoy MG 15045
78t 1951, Deacon Ride Again/Blow blow blow, Imperial 5170
78t 1951, Jay Walk/Night ride, Imperial 5176
78t 1951, Jet Fury/Deacon’s Express, Imperial 5219
78t 1952, The Goof/Big Jay Shuffle, Federal 12102
78t 1952, Earthquake/Just Crazy, Federal 12111
78t 1953, Nervous Man Nervous/Rock Candy, Federal 12141
78t 1953, 3-D/Texas Turkey, Federal 12151
78t 1954, Let’s Work/Hard Tack, Federal 12186
78t 1954, Strip Tease Swing/Beachcomber, Federal 12191
LP 1963, Live at Cisco’s, Warner Bros WM8143

VIDEOS

1947, Johnny Otis orchestra feat. Big Jay McNeely, Barrelhouse Stomp
https://www.youtube.com/watch?v=rtSsdnCLcGY

1951, Big Jay McNeely, Blow blow blow
https://www.youtube.com/watch?v=PC_ejR92y7c

1952, Big Jay & Bob McNeely, Just Crazy
https://www.youtube.com/watch?v=cVo7J4c2R9w

1953, Big Jay McNeely, Nervous Man Nervous, Federal
https://www.youtube.com/watch?v=rlrFy6epHTs

1959, Big Jay McNeely, There Is Smothing In Your Mind
https://www.youtube.com/watch?v=LpsM3IkbrfE

c.1989, Big Jay McNeely & Detroit Gary Wiggins, Deacon’s Hop
https://www.youtube.com/watch?v=tmiZEZJoxGQ

2011, Big Jay McNeely’s R&B Explosion – JazzAscona
https://www.youtube.com/watch?v=RM80hE8sGvE

2011, interview (JazzAscona)
https://www.youtube.com/watch?v=-zgLTdQZqeA

documentaire d’Andreas Kollenbroich (Brisk Film)
https://www.youtube.com/watch?v=pr2Z_xQrR_A


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