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Roger Guérin

6 fév. 2010
Sarrebrück, 9 janvier 1926 - Saintes-Maries-de-la-Mer, 6 février 2010

Né à Sarrebrück le 9 janvier 1926 Roger Guérin est décédé accidentellement le 6 février 2010 aux Saintes-Maries de la Mer. Il s’est noyé vers 4 heures du matin dans un petit canal proche de sa maison.
Il venait d’avoir 84 ans et il avait donné un concert-anniversaire à Nîmes le 15 janvier avec ses complices habituels, Gérard Saurel (as), Charles Tois (p, voc), Eric Gadet (b) et Didier Vallet (dm). Le 20, il jouait encore en concert, mais pour la dernière fois.
Evoquer l’homme et la carrière de Roger Guérin s’accommode mal d’un résumé. Des ouvrages lui ont heureusement été consacrés.
Nous avons d’abord découvert Roger Guérin comme d’autres, en tant qu’amateur de musique en 1964 à 1979, par les disques, la radio, la télévision parfois. Mais aussi en concert (1967 au Festival d’Antibes où il est passé en quintette ; Nice avant l’époque des Grandes Parades, en 1972, avec Kenny Clarke et le saxophoniste Bennie Maupin ; en 1978, au festival de Nîmes au sein du big band de Dino Cagnasso : il ne prit qu’un solo, mais avec une entrée fulgurante qui stupéfia ses collègues…et le public (1)). Ayant lancé la Guilde Française des Trompettistes en 1978, et assumant la fonction de secrétaire général j’avais choisi pour secrétaire adjoint mon idole, Roger Guérin. Dans ce rôle, puis dans la vie tout simplement, il fut loyal et très amical. C’est en juin 1979 que nous collaborons pour la première fois au Centre Culturel de Chatou. L’idole reste, l’ami apparaît. Je deviens l’un de ses élèves en 1979 et 1981. Entre-temps, Roger participe une nouvelle fois à l’une de mes initiatives, à Blois en 1980 jouant mes arrangements pour ensemble de trompettes et rythmique sur « By Night » et « I Remember Clifford » (2). Je le retrouve à Angers en juin 1980, à Lyon en mai 1981, puis dans le groupe de 4 trompettes, un ténor et rythmique de Fred Gérard, les New Old Sharks (le 21 juin 1984 à Arcueil (3) où je lui annonce que je travaille sur sa biographie (4) ; au Caveau de la Huchette le 1er juin 1986, à l’entracte, Roger en profite pour me refaire un cours de trompette). En 1993 sort la première plaquette biographique internationale sur lui (5), ce qui me vaudra une belle lettre de Roger (6). Ce n’est pas avant mars 2002 que je le retrouve, chez lui, aux Stes Maries de la Mer. Ce jour là fut l’occasion d’une interview de fond en compagnie de Félix Sportis et Laurent Rieu. Etonné d’autant d’intérêt soudain, avec humour, il se demandait s’il ne lui arrivait pas quelque chose de grave ! Roger était en excellente forme, il pratiquait beaucoup la marche à pied pour s’entretenir. Nous avons brièvement séjourné chez lui en mai 2009 et avons écouté ensemble ses disques avec Django Reinhardt et Jimmy Raney dont il était fier. Notre dernière conversation fut le 7 janvier 2010, il était très joyeux, un concert était prévu le lendemain (il sera repoussé pour cause de neige). Jusqu’au bout, jouer de la musique était le moteur de la vie pour Roger…sa phrase fétiche était : « quand est-ce qu’on joue ? ».
L’histoire de Roger Guérin met à mal bien des clichés, notamment celui, tenace, qui veut que l’on soit autodidacte pour jouer du jazz.
Roger qui a débuté par l’étude du violon a ensuite joué du saxhorn alto avant de passer à la trompette dans une harmonie à Beynes de fin 1937 à 1946 (7). Roger entre ensuite au 151ème Régiment d’Infanterie (octobre 1946 à avril 1947). Parallèlement Roger put suivre les cours de Mr Narbonne au conservatoire de Metz. Démobilisé, il retrouve Paris et il prend des cours privés auprès de Jean Greffin (1947-48) qui lui fait travailler les vocalises. Il entre ensuite au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Raymond Sabarich (Aimé Barelli et Eugène Foveau lui ont conseillé ce professeur). L’attention de Sabarich pour chaque élève va marquer Roger, qui se souvint lorsque son Maître lui disait : « écoutes celui-là. Oh, il n’a pas grand-chose, mais ce petit truc il le fait mieux que tous les autres ! ». Est-ce là une des origines de l’extrême tolérance de Roger à l’égard des « moins doués » ? Il obtient un premier prix de trompette en 1949 avec « Sarabande et Finale » de Gallois-Montbrun accompagné au piano par Serge Baudo. En 1950, il reçoit un premier prix de cornet, instrument qu’il a toujours pratiqué parallèlement à la trompette. Sabarich souhaitait qu’il fasse une carrière de trompettiste classique. Roger choisira le jazz, ce qui impliquait à l’époque ne serait-ce que pour vivre, d’officier aussi dans les variétés.
Il y a une bonne raison à cela. Un coup de foudre. Fin 1946 !, il entend à la radio l’émission Voix de l’Amérique qui diffuse un disque de Dizzy Gillespie-Charlie Parker. Il tombe sous cette influence, ce qui fait de lui le tout premier trompettiste bop français de valeur. Au 151ème Régiment, il monte avec le saxophoniste Teddy Hameline un petit combo de jazz. Toute sa vie, Roger aura une préférence pour le be bop, genre par lequel il a débuté avant de faire le métier en professionnel à partir du 1er octobre 1947 aux Ambassadeurs comme trompette et violon chez Aimé Barelli et avant de découvrir grâce à Charles Delaunay puis Guy deFatto les disques de Louis Armstrong en 1948 !. Ses études classiques lui donnent un projet : « je voulais apporter ma connaissance classique au monde du jazz et de la variété alors en plein essor ».
Roger Guérin s’impose dans les jam sessions notamment au Club St Germain dès l’ouverture en 1948, alors que Jean-Claude Fohrenbach y est le chef d’orchestre. A partir de mars 1953, Roger s’y produira à son tour en tant que leader. Bien sûr, Roger Guérin a assisté au concert donné à Pleyel par le big band de Dizzy Gillespie. Il m’apprit qu’ayant fréquenté le trompettiste Solon Gonzalvès dès 1947, il avait déjà assimilé des rythmes latins (brésiliens en l’occurrence) ce qui a émoussé l’impact de la tendance afro-cubaine d’une partie du répertoire de Dizzy. En 1948 Roger loupe l’occasion de se lier à son idole Dizzy Gillespie qu’il accompagne avec l’orchestre Barelli en 1953 avant de le fréquenter bien plus tard. Roger a l’occasion de diriger un groupe à La Roulotte (1948). Il entre le 1er avril 1949 chez Tony Proteau où déjà on joue des arrangements de John Lewis et Tadd Dameron, le batteur n’est autre que Kenny Clarke qui deviendra son ami pour la vie. En mai 1949, il joue à l’historique Paris Jazz Festival, salle Pleyel. Il se produit avec Géo Daly à la Rose Rouge (décembre 1949). Dès décembre 1949, il commence une activité de studio pour la radio surtout, puis pour les disques et musiques de film. Dans la période 1949-51, Roger a joué dans le big band des frères Fol, avec James Moody et le trompette Bernard Hulin, très proche de Roger stylistiquement. Au décours de sa tournée en Scandinavie, Charlie Parker passe à Paris pour faire une émission de radio, Avant-Première, avec le grand orchestre de Maurice Mouflard qui à cette époque (fin 1950) emploie la célèbre section de trompettes Robert Fassin, Georges Jouvin, Yves Lalouette et Roger Guérin (celle-là même qui fait sensation au Gaumont). Roger se souvient que le Bird avait amené un arrangement imprimé de « Lady Bird » joué en lecture à vue (Spotlight LP 118). En 1951, Roger joue à la RDF avec Pierre Michelot et Gérard Pochonet pour le saxophoniste Harry Perret. En février-avril 951, il passe à L’Arlequin avec Don Byas. En juillet 1951, Roger joue au Club St-Germain avec Django Reinhardt (à la place de son ami Hulin qui le remplace chez Ray Ventura). Puis en août, en ces lieux, Roger joue pour James Moody (et a l’occasion de faire le bœuf avec Johnny Mandel, trompette basse). C’est à cette date qu’il rencontre André Hodeir. En 1951, il épouse aussi Monique, ex-compagne de Bernard Peiffer, qui deviendra ensuite la femme de Louis Aldebert. Roger et Monique donnent naissance à un fils, Jean-Michel Guérin (en 1952). Monique est chanteuse, le fils sera pianiste amateur. Roger enregistre avec Hubert Fol ses premières pièces maîtresses avec Django Reinhardt (1952 : « Keep Cool » , « Troublant Boléro 
», « Crazy Rhythm », « Fine & Dandy », Jazz Gitanes 018427-2). On peut noter l’influence de Fats Navarro sur sa sonorité, ce que Roger lui-même m’a confirmé. Début 1953, Roger entre comme lead trompette dans l’orchestre de Tony Proteau et constitue avec Bernard Hulin, Jean Liesse et Fernand Verstraete une solide section de trompettes. Cette formation donne des émissions publiques depuis l’Alhambra et le cinéma Rex, avec des invités de marque comme Django Reinhardt et Sidney Bechet (1er février 1953). En avril 1953, au Club St Germain, Roger dirige un combo (dont René Urtreger, Jean-Louis Viale) qui alterne avec Bernard Peiffer en solo. Fin 1953, Bobby Jaspar et Roger Paraboschi sont dans son groupe lorsqu’ Art Farmer et Clifford Brown viennent faire le bœuf. En 1953 et jusqu’en 1960, Roger vit à l’hôtel, Le Grand Balcon, rue Dauphine, incroyable lieu de concentration d’artistes (Proteau, Fol, Kenny Clarke,…). Il y rencontrera Chet Baker avec qui il trouvera l’occasion de faire le bœuf. En 1953-54, il commence « sa petite carrière » de « vocaliste » au sein des Blue Stars (Blossom Dearie, Christiane Legrand, Fats Sadi, Christian Chevallier), un groupe qui enregistre de 1954 à 1955. Le trompettiste Roger Guérin enregistre aussi pour Dave Pochonet (février 1953, avec Hulin), Jimmy Raney (février 1954, avec Jaspar –Vogue), Bernard Peiffer (janvier 1954, un bijou de trompette : « Paris je t’aime »), Bobby Jaspar (avril et octobre 1954), Roy Haynes (octobre 1954, avec Urtreger et Maurice Meunier). Il double alors au saxhorn baryton, avec une grande aisance !. Vers 1954-55, il joue au Caméléon avec Henri Renaud. Ce groupe étoffé passe au 3ème Salon du Jazz en juin 1954 (Christian Kellens, tb, William Boucaya, as, Jay Cameron, bs, Benoît Quersin, b, J.L. Viale, dm, arrangements d’Al Cohn et Quincy Jones). En 1954, Roger joue dans le Grand Orchestre Pierre Michelot (avec Christian Bellest, Benny Vasseur, Teddy Hameline, Sacha Distel, etc), le Grand Orchestre de Jack Diéval (avec Christian Bellest, Christian Kellens, etc) et surtout, d’un point de vue historique, il participe aux débuts du Jazz Groupe de Paris d’André Hodeir, qui copie la démarche du Domaine Musical de Boulez. On connaît Roger Guérin pour son extrême décontraction. Il s’est mis au yoga dès 1955 (après avoir pratiqué le judo). Il participe à un excellent disque de Christian Chevallier (1955, Formidable : « Night In Tunisia » =  \* FUSIONFORMAT , Col. LP 1067). Même Claude Bolling, arrangeur, s’essaye au genre West Coast pour une séance du 28 mai 1956 avec Roger, Martial Solal au piano et deux ténors, Fohrenbach et Pierre Gossez. La capacité d’adaptation de Roger est exceptionnelle. Et son bagage classique lui permet d’assurer cette expressivité clean et d’aborder l’écriture ambitieuse d’Hodeir (juin 1956, Jazz Groupe de Paris joue André Hodeir, avec Jean Liesse : « Jordu », etc ; Kenny Clarke joue André Hodeir, octobre-novembre 1956 : « Round Midnight ») ou désormais aussi de Martial Solal (mai 1956, Quelle heure est-il ? en big band avec Fred Gérard et Hulin). Un hasard heureux permet à Roger de réaliser le premier 45tours sous son nom, le 30 mai 1956. Un chanteur fait défaut pour une séance et on optimise le temps de studio grâce aux musiciens présents (Versailles 5128 : « Night in Tunisia »). Roger Guérin chanteur enregistre pour Mimi Perrin (1956-57, Pardon my English) et au bugle, il participe à un disque de Christian Chevallier (novembre 1957, 6+6). Roger Guérin est alors choisi pour représenter la France dans l’International Youth Band (dont Dusko Gojkovic, tp, Albert Mangelsdorff, tb) qui joue à New York (pendant son temps libre, Roger va écouter Monk au Five Spots, Maynard Ferguson jouant Slide Hampton, Miles Davis au Small Paradise), à Newport (dont un titre avec Louis Armstrong !), Bruxelles (avec Bechet) et en Hollande. Avec Monique Aldebert, Roger passe ensuite au Casino de Biarritz et en décembre 1958, il enregistre en co-leader avec Benny Golson (« I Remember Clifford », …Swing 8418) un disque qui reçoit le Prix Django Reinhardt (il y place pour compléter le minutage, sa composition « Not Serious »). Il a aussi enregistré avec Milt Jackson. Fin 1958, il collabore avec Jef Gilson et surtout, plus étroitement avec Martial Solal au Club St Germain dont la programmation est assumée par Marcel Romano. En 1959, Martial Solal et Roger Guérin aboutissent à la Suite en Ré bémol pour Quartette de Jazz  (Columbia, réédition Swing CD 856490-2). Il s’agit d’une œuvre, au sens exact du terme, répétée et mémorisée séquences après séquences de plusieurs mesures (8). Dans notre CD-Rom, toute polémique de genre écartée, nous avons placé un extrait de cette pièce entre le Concertino de Jolivet par Roger Delmotte et le 2ème Concerto de Jolivet par Maurice André, pour illustrer la qualité de la musique et le niveau du trompettiste Roger Guérin, égal de ses deux prestigieux confrères classiques (pour lesquels il nourrissait la plus grande admiration). Le disque reçoit le Prix Stan Kenton. Il place surtout Roger Guérin au centre d’un concept de modernité propre à l’époque, fondé sur les expérimentations (très écrites) d’Hodeir, Gilson et surtout Solal. En 1959, Roger chante avec les Double Six, et joue en duo de trompettes avec Bernard Hulin pour Jack Diéval. Il participe aux séances Barclay dont l’arrangeur est Quincy Jones (aux côtés de Pierre Thibaud, Loulou Vezant, Vincent Casino, tp). En 1960, il remplace Clark Terry dans le Big Band de Quincy Jones (Leonard Johnson, dit « La Joue », 1er tp). L’orchestre joue en Suisse (20 mai 1960, DVD Live in ’60, Jazz Icons ; mars 1961, disque). En février 1961, Roger joue en quartette à Montpellier avec Bud Powell, Michelot et Kenny Clarke, puis il passe à Antibes avec Michel Hausser. Roger aime les festivals car ça lui permet d’être en contact avec ses collègues américains. Dès décembre 1961, il enregistre avec Kenny Clarke-Francy Boland Big Band (aux côtés de son ami Benny Bailey). En février 1962, Roger épouse en secondes noces, la danseuse Liliane Stevens (leur témoin est Albert Raisner qui emploie Roger dans Age Tendre et Tête de Bois). Lily est amie avec Maurice Mouflard qui lui présenta Dizzy Gillespie avant de connaître Roger. En 1962, grâce à Lily, Roger peut enfin se lier d’amitié avec son idole des premiers jours. Dizzy engage Roger dans une grande formation très cuivrée qui enregistre à Paris et passe au Festival d’Antibes (sur la VHS Ina, les trompettistes ne sont pas comme indiqués mais clairement Jimmy Nottingham, Roger Guérin et Bernard Hulin). C’est là que se situe une anecdote savoureuse que Roger et Lily aiment raconter. Roger et Dizzy sont des admirateurs d’Aimé Barelli, les Guérin proposent donc de faire un saut pour aller l’écouter à Monaco. Lorraine Gillespie n’est pas facile à convaincre, mais les deux couples partent écouter Aimé. Et oh surprise !, en entendant Aimé Barelli, Lorraine se retourne vers Dizzy et lui lance un « ça c’est de la trompette ! tu devrais jouer comme ça ! ». En 1963, à côtés d’expérience d’Hodeir, Roger participe à un excellent disque de Pierre Michelot (juillet : « Sous les ponts de Paris » =    \* FUSIONFORMAT , Mercury 125500). Il laisse aussi une vidéo en quintette avec Barney Wilen. En 1964, il participe à des séances (Boulou Ferré,…) et co-dirige un big band avec le trombone Luis Fuentes jusqu’à l’année suivante. A partir de 1965, il est systématiquement classé premier au referendum des lecteurs de Jazz Hot. En 1965, il enregistre avec Jef Gilson (salle Gaveau en mai, avec Woody Shaw), joue avec le Clarke-Boland Big Band (Lugano) et il organise, en août, le Festival de Jazz en Ré (à l’île de Ré) où il joue en All-Stars (Bernard Vitet, Hubert Fol, Eddy Louiss, Jimmy Woode, Charles Bellonzi). En novembre, il participe au Jazz Workshop de Hambourg. Roger Guérin a une stature internationale. Issu de l’essai avec Fuentes, le 12 janvier 1966, Roger dirige les débuts du Grand Orchestre de Jazz de Paris, de concept démocratique, qui rapidement devient un tremplin pour Ivan Jullien sous le nom du Paris Jazz All Star qui réalise un excellent disque, Paris Point Zero (février 1966). Ce big band joue pour Donald Byrd, Lou Bennett. Roger prête son savoir faire à toutes les expériences. Soit pour André Hodeir qui donne le 9 novembre 1966 à la radio, sa première cantate joycienne, « Anna Livia Plurabelle » (Roger participera aussi, au bugle, à le seconde, « Bitter Ending » en 1971). Soit pour le « mouvement free », notamment à la Mutualité pour François Tusque (29 mars 1966 avec Michel Portal), puis pour Portal (Mutualité, juin 1967 ; Théâtre de la Ville, 1968) ou pour Bernard Vitet (mai 1968 !). Ce qui ne l’empêche pas aussi d’être fait « trompette d’or » à Antibes (1967, avec Michel Roques, Bernard Lubat, Benoît Charvet et Franco Manzecchi), de jouer avec le Big Band Sonny Grey (1968 à Barcelone avec Loulou Vezant) ou de faire une tournée JMF avec Jack Diéval (1968). En 1969, il fait un séjour aux Etats-Unis où il joue au Donte’s de Los Angeles (avec John Guerin, sans parenté, dm), mais fait aussi un saut à New Orleans. Après un Jazz Workshop à Hambourg avec Allan Botschinsky (novembre 1969), il joue à l’ORTF, à Paris, dans le Brass Band de Slide Hampton (février 1970). Il se produit avec Michel Graillier à l’Apollo de Paris (avril 1970) et participe en novembre 1970 à une prestation de l’Ebony Concerto de Stravinsky dirigée par John Lewis. Il joue à Nice avec Bennie Maupin (Jack Diéval et Kenny Clarke, 1972) et à la TV il assume pour les Old Sharks de Fred Gérard un solo « free » sur « Brouchniouff » (19 août 1972). Parfaitement à l’aise dans cet exercice où il délivre une consistance musicale, il nous a toujours confié ses réserves à propos du « sérieux » de mouvement « free ». En 1974, curieux de tout, il participe à la création d’une œuvre d’avant-garde, radiodiffusée, Diminuendo, opéra-comique de B. Gillet et G. Perrec. En 1975, il participe au film Blues, Blanc, Rouge, de J.C. Brisson, J.L. Cavalier, B. Dumont et R. Réa (avec Eddy Louiss, Bob Garcia, Jacky Samson, Charles Bellonzi et Kenny Clarke, vidéo VIP MU 0546). Il joue aussi en duos de trompettes avec Sonny Grey ou avec Benny Bailey (à la Comédie des Champs Elysées) pour Jack Diéval. Et surtout, retour au bop des débuts, il monte le Neo Jazz Quartet avec Michel DeVillers, Pierre Michelot et Christian Garros (1975-80). En 1978, il joue pour Dino Cagnasso (aux côtés des Kako Bessot, Michel Barrot, Michel Bos, tp) puis le Big Band Didier Levallet. Il travaille pour Gunther Schuller (1979) et intègre le Dodecaband de Martial Solal (1980-97) qui lui dédie « Pour trompette solo ». La section de trompettes Tony Russo, Eric LeLann et Roger Guérin est un atout. A ce propos et concernant cet orchestre où les trompettistes jouaient debout, Roger ne put s’empêcher le mot d’esprit lorsqu’un journaliste lui demanda s’il n’était pas gêné de ne pas jouer assis, il répondit : « non, mais ce serait bien que le tempo soit assis ! ». En juin 1980, il y eut la confrontation amicale au Petit Journal avec Jean-Loup Longnon et Eric LeLann. On retrouve ces trois là dans une TV de Claude Nougaro (1981, « Time Square »). En 1980-81, il retrouve aussi Kenny Clarke en quintet (passage au 4ème Jazz in Marciac, 1981). Puis c’est un tournant pour Roger qui s’implique de plus en plus dans l’enseignement et la transmission de son acquis.
Voilà bien l’histoire telle qu’on la présentera et qui fait en effet de Roger Guérin un acteur essentiel de la musique dite « moderne » au XXe Siècle. En rester là est réducteur. A côté de ce novateur, et en parallèle de façon constante, Roger Guérin a non seulement respecté le jazz traditionnel, mais il l’a pratiqué avec conviction et inspiration. Comme bien plus tard Wynton Marsalis l’a fait, ce qui fut pour Roger une raison d’admiration et respect (en plus de leur exigence commune concernant le niveau instrumental). Si Roger Guérin a écrit la meilleure analyse sur Dizzy Gillespie (« Dizzy Gillespie toujours actuel ? », Jazz Hot 244, 1968), il laisse aussi l’un des meilleurs textes sur Louis Armstrong (« Le style d’Armstrong », les Cahiers du Jazz no1, 1959) (9). Roger qui a joué pour Louis à Newport en 1958, le retrouvera le 14 décembre 1960 en studio pour la musique du film Paris Blues et il saura écouter Louis s’échauffer dans sa loge sur des notes tenues. Notons que ces artistes recrutés par Billy Byers jouaient la musique de Duke Ellington. Avec d’autres interprètes français comme Fred Gérard, Vincent Casino et André Paquinet, Roger a enregistré sous la direction du Duke, Turcaret (1961). Jouer pour Django, Louis, Sidney et Duke suffirait à beaucoup pour entrer dans la légende. Mais ce n’est pas tout. Roger joue dès 1948 pour Claude Bolling grâce à qui il enregistre en janvier 1949 avec Rex Stewart. L’utilisation par Rex des notes pédales sur le cornet a évidemment retenu l’attention de Roger. A l’époque l’un de ses meilleurs copains est Bernard Hulin et ils se remplacent volontiers (entre Django et Ray Ventura, par exemple). Roger joue avec Roy Eldridge (1950), enregistre pour Alix Combelle (février 1953), Don Byas avec Tony Proteau (juin 1953), Buck Clayton avec Dave Pochonet (novembre 1953 et 1954), Hubert Rostaing (vers fin 1953), Jonah Jones avec Pochonet (juillet 1954) et plusieurs fois chez Ducretet-Thomson pour Maxim Saury (juin 1954, mars 1955) notamment en compagnie de Peanuts Holland et de Jean-Claude Naude. Il y a un très beau disque, original dans l’instrumentation, sous la direction du tromboniste Bernard Zacharias (1954, Gitanes Jazz 013042-2) et où Roger joue superbement du bugle. A cette date, il est avec Shorty Rogers et Kenny Baker parmi les premiers à jouer du bugle en soliste dans le « jazz », avant Clark Terry, Art Farmer et Bill Coleman.
Roger intègrera une fameuse section de trompettes qui s’est fortuitement montée à l’occasion d’une séance de Ben et sa Tumba en 1954 : Fred Gérard, Robert Fassin, Fernand Verstraete et Roger Guérin (« Skookian », « Pobre Luna »). Elle officie encore en février 1956 pour enregistrer « C Jam Blues » sous la direction de Claude Bolling (avec un break époustouflant de Roger avant son solo). Il est lead trompette dans le big band de Moustache le 10 mars 1956 au Vel d’Hiv pour un « Bugle Call Rag » fameux avec Bernard Hulin, Louis Henry (tp), Raymond Fonsèque, Luis Fuentes, Claude Gousset (tb), Bernard Hérout, Gérard Badini (cl), Raymond Fol (p) et Pierre Michelot (b) (cet extrait du 1er Festival Européen de Jazz Nouvelle Orleans se trouve en DVD Morgane Prod. curieusement baptisé Antibes et le Jazz 1950-1960) (10). Roger enregistre pour Lucky Thompson (mars 1956), Benny Vasseur (avril 1956), Guy Lafitte (avril 1956, puis septembre 1959). Toujours avec Roger, en avril 1956, Claude Bolling enregistre les thèmes de Django (il fera ensuite les thèmes de jazz traditionnel en janvier-mars-mai 1957). Entre temps Roger a aussi travaillé pour Henri Crolla (avec Hubert Rostaing, octobre 1956). Une variante de la précédente section de Fred Gérard s’est montée pour Michel Legrand (septembre 1956) avec cette fois Maurice Thomas, René Léger, Fernand Verstraete et Roger. Dans « Panorama du Jazz » réalisé au printemps de 1957 pour Philips, chacun des trompettistes prend un solo !. Avec Michel Legrand, Roger tourne en URSS (juillet 1957). Roger apparaît au sein du big band de Claude Bolling pour une télévision avec Sidney Bechet (mai 1958, avec Robert Fassin, Henri Van Haeke, René Léger et Maurice Thomas, tp, VHS Ina). Roger s’illustre avec Nat King Cole (Olympia, 1960), Mickey Baker (1962), Jean Constantin dans une évocation de Fats Waller (1965, (11)), Claude Luter (45t Vogue 8594) et Gus Viseur (mai 1969) !. Il a joué six mois au Club St Germain avec Guy Lafitte (1969), enregistré avec le Big Band d’Ivan Jullien (1969), puis avec le Big Band de Jean-Claude Naude (1971, Special Blend ; 1975, A New Kind of Band). C’est en 1972 que Roger a mis sur pied le Big Band de St Germain-en-Laye. Le Big Band de St-Germain-en-Laye aura en Sam Woodyard et Kenny Clarke d’illustres invités !. Il joue au sein des New Old Sharks de Fred Gérard (1981, avec Baissat et initialement Patrick Artero, cf supra) (12). On retrouve Roger au sein du Swing Limited Co pour une prestation avec Cat Anderson (février 1979), il accompagne Ella Fitzgerald (1980, Salon-de-Provence), joue sous l’impulsion du signataire avec Bill Coleman (1980), renforce le Big Band de Marseille (1980), joue pour Jean Lorieau (notamment 1981-84 avec Benny Powell, Joe Newman, Michel Attenoux), remplace le lead trompette dans le Big Band Marc Laferrière (1985). Dès 1988, Roger enregistre pour l’excellent multi-instrumentiste Henri Chenuet, dans un studio à Cholet (Chenuet réalisera quatre excellent CDs avec Roger, un extrait de l’un d’eux fut diffusé aux obsèques). Roger joue avec le Big Band de Rouen (1989, G. Zabesinski, lead trompette), enregistre « September Song » avec Jacques Doudelle (octobre 1989). Le 14 mai 1989, Roger termine sa carrière parisienne de façon très traditionnelle, avec une parade pour Sidney Bechet organisée par Moustache et à laquelle Raymond Fonsèque a bien sûr prêté son concours. En 1990, Roger et Lily partent aux Stes Maries de la Mer. Et Roger commence alors une nouvelle carrière avec les orchestres régionaux. Le tromboniste Alain Rattier emploie Roger à partir de 1991, avec son big band et avec son Jazz Band (augmenté d’invités comme Marc Laferrière ou Maxim Saury). Roger succède à Jef Gilson à la tête du Big Band de Nîmes (où il rencontre Gérard Saurel, as), et cela pendant quatre ans. Avec le sax ténor James Darlays, il joue au Ghana (2001). Roger a joué avec Eric Luter (2008), boeufé avec le Hot Antic Jazz Band de Michel Bastide (2009) et est apparu avec Bob Wilber et Dany Doriz (septembre 2009, en compagnie de Marcel Blanche, dm)
Entre bop et jazz traditionnel Roger Guérin poursuit son chemin. On ne peut passer sous silence deux autres aspects de son éclectisme. Son activité de trompettiste tout terrain et sa croisade de pédagogue.
Roger Guérin a beaucoup travaillé l’improvisation, seul dans sa chambre puis avec le pianiste Jacques Denjean (1943), ce qui lui a donné un savoir faire exceptionnel. Ce sera souvent pour ses capacités de soliste qu’il va intégrer les meilleures sections de trompettes et les orchestres les plus en vue. Roger a joué pour Noël Chiboust (1949), Franck Pourcel (avril 1950), au Gaumont (premier trimestre 1950). En 1951-52, Roger joue les mambos de Perez Prado au Moulin Rouge pour Hubert Rostaing, puis il fait la bande son du film Les Orgueilleux avec Gérard Philippe et Michèle Morgan en trois séances le 8 août 1953 (musique « mexicaine » de Paul Misraki). En juin 1957, Roger fait un passage chez Jacques Hélian. Il participe à des séances pour Edith Piaf, Charles Aznavour, Line Renaud, André Verchuren, Annie Cordy, Annie Fratellini (1958), Jo Moutet (1957-58) et il fait même un excellent 45t sous son nom, Roger Guérin et sa trompette Harmon pour Bel-Air (« Petite mèche de cheveux », « le temps des Lilas », etc…). A l’Olympia, il accompagne Judy Garland (1960). Voici le yéyé, et Roger Guérin dirige l’orchestre de l’émission télévisée Age Tendre et Tête de Bois d’Albert Raisner, dès la première au Golf Drouot avec les Chaussettes Noires (30 mai 1961, Roger joue « Nuit de Chine/Yes Sir, That’s My Baby »). Une émission le 22 mai 1962 est tournée à Toulouse avec des musiciens locaux comme Claude Guilhot (vib) et Guy Lafitte (ts), et « venu de Paris » Roger Guérin !. Nouvelle mode, on aime jazzer les classiques ! Roger est là pour les Quatre Saisons de Vivaldi revues par Raymond Fol (juillet 1965 avec Johnny Griffin, chez Philips) ou le disque des Baroques (Roger Guérin et Ivan Jullien) d’après Bach, Corelli (Vogue, 1965). Et puis il y a l’épisode Claude Nougaro (1963-66) avec Michel Portal, Maurice Vander, Pierre Cullaz et René Nan. En 1965 pour Nougaro, il enregistre une superbe partie de trompette sur « Armstrong » (Go Down Moses) que tout le monde connaît (13). Du 1er janvier 1970 à 1975, il est chef d’orchestre au Casino de Paris pour la revue de Zizi Jeanmaire (arrangements de Michel Colombier). Le 21 février 1970, il fait une télévision consacrée à la trompette, Côte à Côte avec Maurice André (et Marie-Claire Alain) d’un côté, son quintette de l’autre (il joue cornet, trompette et bugle sur « Woody’n you »). En avril 1971, apparaissent à l’écran, les Trompettes de Paris réunissant Jouvin, Guérin et Roger Delmotte. Les passages par Roger Guérin, sur des thèmes classiques, parfois avec la sourdine plunger, sont époustouflants d’inspiration, drive et swing. On signalera sa participation à « Disco Dream » de Max Berlin’s (J.P. Cerrone) en 1978 et des affaires pour Yves Montand, Maxim LeForestier ou Jacques Bertin (1984). On l’entend aussi dans le Concerto for Jazz Band & Orchestra de Rolf Liebermann en novembre 1979 avec Armando Belloto, Bernard Marchais, Alain Brunet (tp) et l’Orchestre National de France. Si l’avant-garde se maintient ainsi que les concerts classiques (14), le métier et les variétés ont décliné ; avec réalisme Roger qui ne fait plus de studio dit à Lily en 1975 : « on est juste en avance sur les autres ». Tard dans sa carrière, il jouera surtout aux côtés du jeune chanteur-pianiste Charles Tois (émission de Pascal Sevran en 2005). Avec Tois, il fait un beau CD, Chansons sans dessous (avril 2005). Il participe à l’Orchestre de l’Olympia reconstitué pour un concert à Najac (5 août 2006). A cette occasion il jouera « Tenderly » en duo avec Maurice André.
En marge de tout cela, il y a fait de nombreuses musiques de film. Outre celles déjà citées, on peut signaler  Deux Hommes à Manhattan de Jean-Pierre Melville (1958, générique en duo avec Hulin), A bout de souffle de Godard (1959), J’irai cracher sur vos tombes (1959, Alain Goraguer), Les tripes au soleil (1959-60), Les Ennemis d’Edouard Molinaro (1961, musique de Solal), Mélodie en sous-sol  (Orchestre Jean Gitton), le désordre et la nuit de Gilles Grangier avec Jean Gabin (1957, musique Jean Yatov). Roger Guérin apparaît à l’écran dans quelques films : Les Œufs Brouillés (1976), Crimes passionnels : Angèle  (1986, de J.-P. Prévost).
Ce qui a sauvé Roger Guérin c’est son goût du partage, donc de l’enseignement. Il fut un pionnier lorsqu’on lui confia en 1968, une classe de jazz au conservatoire de St.Germain-en-Laye, qui avec le concours de Kenny Clarke devint en 1970 une Ecole de Jazz dans le conservatoire. Roger y lance des répétitions en big band. Le succès est tel que des professionnels y viennent, comme Jean-Loup Longnon ou François Rilhac. La force de Roger est de s’adapter aux gens comme ils sont, et en tirer le meilleur. La contribution de Roger Guérin est alors considérable ! Il enseigne au Mesnil-St Denis (le samedi, 1971-97), à Lonjumeau avec Diéval, au CIM (1976-80 et réalise une excellente cassette pédagogique avec Philippe Baudoin, 1981), Aulnay (1976-91), à Souillac (1976-80), au Mans (cours privés, 1976-77), à Nîmes (1979-88), à Châtenay-Malabry (1980), à Evron (1980-83), au conservatoire du Xe (1981-91), du XIe arrondissement (1984-91), à Nice (1984), Charenton, Aiguillon (1988) !.
Sa phrase habituelle était : « la trompette ça a un avantage, c’est que c’est très dur ! ». D’où un esprit de famille avec ceux qui en bave sur cet instrument.
Roger Guérin avait étudié auprès de Jean Barraqué et était très compétent en harmonie. Et il avait une oreille extraordinaire.
Sa « top » liste était Louis Armstrong, Roy Eldridge, Dizzy Gillespie, Clifford Brown, Miles Davis, Freddie Hubbard, Wynton Marsalis (15).
Roger n’a jamais pris parti dans les polémiques de styles même sous les questions pressantes chères aux « critiques de jazz » : « Je connais pas mal de Noirs américains. Ils ne parlent que de Musique, pas de jazz. J’ai remarqué cela chez Quincy : il ne prononçait jamais le mot jazz, il disait musique » (1980-81, in Jazzophone 9/10).
Roger Guérin, bon vivant, plein d’humour, aimait depuis ses premiers cachetons obtenus à Pigalle le contact avec les musiciens. Pour lui fraternité n’était pas un vain mot. En outre il sût réunir hommes et artistes par-delà leurs différences. Ceux qui l’on fréquenté se souviennent de moments de « grande pensée », à propos de toute chose de la vie.
C’est donc un homme et un musicien hors du commun qui s’est éteint. Cette évocation permet de comprendre ses obsèques en musique le mercredi 10 janvier 2010. La famille a reçu un télégramme du Ministre de la Culture et un autre de Maurice André. A  9h45 devant l’église des Stes Maries, s’est formée une haie d’honneur d’un brass band dirigé par Jean-Jacques Martimort (« Down By the Riverside », « Christopher Columbus » et « Who’s Sorry Now »). A l’entrée du cercueil dans l’église, le quintette Roger Guérin a pris le relais. On pouvait noter la présence de personnalités comme Félix Sportis (Jazz Hot) et Raphael Lemonier. Beaucoup de gerbes et couronnes dont celles des Trompettes de Paris, du Big Band de St.Germain-en-Laye et de l’Orchestre de l’Olympia (James Darlays) notamment. Deux guitaristes des Gipsy Kings ont magnifiquement joué. Nouvelle haie d’honneur par les mêmes musiciens pour la sortie du cercueil (« The Saints », « St James Infirmary »). Puis, c’est une parade derrière la calèche qui amène Roger au cimetière (« Bourbon Street Parade », « Rues d’Antibes », « I’ve Found a New Baby, « Basin Street Blues » et « Shine »). La cérémonie a été couverte par FR3-Marseille. Certains se sont retrouvés à 15h30 au funérarium/crématorium de Nîmes. Sur la demande de la famille (Lily, Jean-Michel, Patrick Stevens, Frédérique Peiffer, Laurent Clarke) une jam session s’est organisée autour d’Eric Luter (« Roger Guérin Blues », « The Preacher », « Carry Me Back to old Virginia », « When You’re Smiling », « Careless Love » et « Royal Garden Blues »).
Roger Guérin a été fait Chevallier des Arts et des Lettres (1985). Il a écrit une belle page de l’histoire de la musique au XXe Siècle. Nos pensées vont à sa famille.
Michel Laplace

(1) un extrait mp3 de ce solo figure dans Trompette, Cuivres & XXe Siècle (CD-Rom,  LIENHYPERTEXTE "mailto:michellaplace@neuf.fr" michellaplace@neuf.fr).
(2) cette version est audible sur :  LIENHYPERTEXTE "http://www.myspace.com/laplacetrumpetworkshop" http://www.myspace.com/laplacetrumpetworkshop
(3) photo p102 de la biographie Roger Guérin/Laurent Rieu, Roger Guérin. Une vie dans le jazz (2005, Mémoire d’Oc Editions).
(4) publiée dans le New Grove Dictionary of Jazz (1988).
(5) ROGER GUERIN or The Jazz Trumpet 1946-1988 (der Jazzfreund) qui servira de fil conducteur à la biographie de Laurent Rieu et dont s’inspira (sans crédit) Scott Yanow dans Trumpet Kings (2001, Backbeat)
(6) comme beaucoup Roger préférait le téléphone, mais, chose rare avec lui, j’ai quelques lettres dont une de 1980 dressant un très lucide tableau de l’évolution du métier.
(7) se reporter au Jazz Hot 593, Roger Guérin, Monsieur Trompette de Michel Laplace et Félix Sportis, septembre 2002, p26-29
(8)  LIENHYPERTEXTE "http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=54607344" http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=54607344 (extrait vidéo de l’interview)
(9) il participe aussi à une table ronde avec Ivan Jullien, Christian Bellest et Irakli : « Quatre trompettistes parlent d’Armstrong », Jazz Hot 263, 1970.
(10) un extrait aurait dû figurer dans le montage de 20 secondes que nous avons réalisé avec Nancy Wahl pour le journal télé du 20h sur TF1 le dimanche 7 janvier…mais l’actualité a réduit l’annonce pour Roger à 13 secondes.
(11) Roger nous confiera avoir un peu peiné pour obtenir un gros son à la Herman Autrey.
(12) pour les New Old Sharks, Gérard Poncet a écrit un arrangement sur « I Remember Clifford », thème parfait pour Roger.
(13) personne ne connaissait Roger à TF1 pour le journal télévisé du 7 janvier, faire référence à ce disque de Nougaro fut le révélateur.
(14) Roger m’a dit qu’il avait pensé un moment donner des concerts trompette et orgue. Mais il ne s’est jamais adapté à la trompette piccolo.
(15) nous avons découvert ensemble, Wynton Marsalis en concert en 1981. Comme Roger, Wynton parti du « moderne » a ensuite découvert le « traditionnel » et l’a intégré à son univers.

© Jazz Hot n°650, hiver 2009-2010