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France, Espagne, Allemagne, Italie, Grèce, Grande-Bretagne 2018
La dérive totalitaire de l’Union Européenne…

7 décembre 2018
Gilets Jaunes, France, 2018
Notes sur la 4e semaine de lutte sociale

Source YouTube
La fessée
Au moment où l'Assemblée nationale vient de voter l'interdiction de
la fessée en franchissant la porte de la vie privée (car la maltraitance des enfants a par ailleurs déjà ses lois), le même pouvoir macronien qui est l’émanation et la source de cette Assemblée, met à genoux les enfants pour une humiliation et une punition collective sans fondement (la culpabilité collective n'existe pas en droit), s'octroyant un pouvoir de punir collectivement des enfants.
Ses forces de police (qui ne sont donc pas si exemplaires) se permettent également de les gazer, matraquer, sans nuance de traitement et sans légitime défense, sans que personne n'évoque la notion de maltraitance d'enfants.
La loi et le droit sont des réalités relatives. Les lois sont démocratiques dans un pays démocratique, les lois ne sont pas démocratiques dans une oligarchie, d'où la prudence avec laquelle on doit légiférer, même quand on pense être en démocratie, ce qui n'est pas le cas en France, car on ne sait jamais qui va avoir le pouvoir demain, ou aujourd'hui pour ce qui est de la France de Macron. https://www.youtube.com/watch?v=eQ7v43omodA


Veillée d'armes ou état de siège?
Samedi 8 décembre 2018
. De tous les plateaux TV et des médias affolés, en quasi totalité inféodés à l'oligarchie (Bouygues, Drahi, Bolloré, Křetínský, Niel-Pigasse, Etat, Europe), émanent un discours obsessionnel sur l'insécurité à Paris, visant à vider la Capitale, non seulement de ses habitants mais aussi des Gilets Jaunes, pendant que les forces de «l'ordre macronien» investissent en masse le terrain avec armes, blindés et probablement 10000 policiers, gendarmes, etc., pour Paris et 100000 pour la France. Un état de siège qui ne dit pas son nom. On empêche de manifester sans prendre le décret
d'état de siège pour l'imposer, qui aurait été de mauvais effet au niveau de l'opinion publique, pour ce qu'il reste de cette démocratie confisquée par l'oligarchie. Les Gilets Jaunes ont essayé timidement de maintenir leur manifestation, mais le pouvoir macronien et au premier étage son gouvernement, jouent sa survie dans cette épreuve de force dont il entend sortir vainqueur quels qu'en soient les risques. Les opposants à cet état de siège non décrété, ceux qui voudraient faire respecter la démocratie et le droit de manifester à Paris et en France, sont d'ores et déjà qualifiés d'irresponsables (pour ceux qui appellent à la manifestation) ou de casseurs (ceux qui s'y rendront librement). Ils doivent savoir qu'ils n'ont aucune compréhension à attendre de ce pouvoir et de son importante garde prétorienne (près de 100000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisés), payée pourtant par leurs impôts, ni d'une justice aux ordres car ils seront traduits devant les tribunaux express pour avoir défendu la démocratie (comme ce fut le cas en 3e semaine), une parodie de justice (à l'origine prévue pour le hooliganisme et les pilleurs). Tout le monde est prévenu. Rappelons que les membres des forces de l'ordre sont des sur-citoyens puisqu'ils sont assermentés.

La Constitution de la Ve République est-elle démocratique?
On se souvient que la démocratie s'appuie sur la nécessité de séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire, et même aujourd'hui, par extension, économique, médiatique, politique et syndical). Sans le savoir pour la plupart d'entre-eux, les Gilets Jaunes viennent de remettre en cause
la Constitution de la Ve République (par leur transgression de cette oligarchie de fait et leur compréhension intuitive qu'en France, le grand chef est Macron avec une série de pouvoirs asservis et plus ou moins corrompus). La Constitution de la Ve République, par sa logique, a transformé une république parlementaire  (les Ière, IIe, IIIe et IVe Républiques) en une monarchie élective où le pouvoir (législatif aussi bien qu'exécutif, en partie judiciaire et de fait médiatique et économique) est concentré sur le Président et l'oligarchie européenne qui lui donne ses ordres, même si l'Assemblée donne le théâtre, jusque dans son décor, d'un pseudo travail législatif (les lois, comme les choix sont décidés par le seul président et l'oligarchie européenne, même si le président les fait rédiger et enregistrer par sa majorité). Une telle concentration de pouvoirs voulue par un maurrassien, Charles de Gaulle, dans une vision archaïque du monarque et du chef aristocratique, a été un véritable coup d'état (en 1958, Mitterrand l'a évoqué avant de s'en repaître). Dans la configuration macronienne, cela devient un véritable danger de dictature, car la Constitution de la Ve République permet à Macron de prendre les pleins pouvoirs (article 16), ce qu'il ne va pas manquer de faire si la situation, ce samedi en particulier, ne lui donne pas satisfaction, c'est-à-dire la pacification du pays, avec au mieux pour les Gilets Jaunes quelques mesures dont l'effet ne durera pas très longtemps. C'est sans doute pour ça qu'il a remis son discours à lundi. Si la France a débordé le samedi: Article 16. Si le dentifrice est rentré dans le tube, avec une ville de Paris endormie et des provinces silencieuses, Macron rajoutera un peu de vaseline avant de préparer sa revanche. La traîtrise, il connaît, c'est ainsi qu'il a conquis le pouvoir. Contrairement aux Gilets Jaunes dont beaucoup sont pressés par la violence et l'urgence sociales de leur condition de prolétaires, Macron a le temps devant lui; il est confortablement nourri et logé à leurs frais, comme l'ensemble des pouvoirs, de la police et de la justice. Le temps est aussi un grand pouvoir qui devrait être compensé entre riches, moins riches et pauvres, en vraie démocratie.
Le chantier (une lutte) pour une démocratie en France n'a jamais été aussi désespéré, mais l'apparition des Gilets Jaunes reste une respiration démocratique sans équivalent depuis 1968 d'autant plus éruptive que le couvercle oligarchique européen et macronien est de plomb. Les gens, comme l'évoquait Carlo Levi dans son beau livre Les Mots sont des pierres, se sentent exister dans cette mobilisation. Ils parlent entre eux et ils parlent de l’organisation de leur vie. Comme en Mai 68, et avant depuis 1789, voire même comme dans toute révolte populaire. Mais les Gilets Jaunes, ils ne le savent pas tous, n'ont rien à attendre que ce qu'ils seront capables d'imposer, à Macron comme à l'Europe, et cela ne se fera jamais sans douleurs, comme c'est le cas depuis 4 semaines, à Paris et dans les permanences nuit et jour sur les rassemblements.

Et le jazz dans tous ça?
Il est certain que certains amateurs de jazz se posent, encore, la question du rapport entre le jazz et ce que nous vivons, et pourquoi Jazz Hot en parle. Ils n'ont pas bien lu sans doute cette revue depuis ses origines et depuis 30 ans en particulier. Ils n'ont pas bien écouté leurs disques de jazz et pas compris que le peuple et ses revendications d'égalité sont à la source de cette grande musique qu'est le jazz. C'est une musique de la vie, pas à consommer et cela vaut pour les amateurs comme pour les critiques ou les artistes eux-mêmes dont l'œuvre ne vaut dans le jazz que par la réalité de vie qu'ils auront été capables d'y mettre.
Je me contente ici de restituer la parole de James Baldwin dont nous faisons état dans un compte rendu de lecture (Jazz Hot n°685): «La musique ne commence pas comme une chanson… Oublie toutes les conneries que tu entends. La musique peut devenir une chanson, mais elle commence par un cri. C’est tout. Ça peut être le cri d’un nouveau né, ou le bruit d’un cochon qu’on tue, ou celui d’un homme à qui on coupe les couilles. Et ce son est partout. Les gens passent des vies entières à essayer d’étouffer ce son.» C'est si bien dit que je vais me passer de commentaires…

Yves Sportis/Jazz Hot

©Jazz Hot n°685, Automne 2018

2 décembre 2018

Gilets Jaunes-Regard sur trois semaines de luttes sociales

Le soutien des Français(es) ne se dément pas
Selon le premier sondage du lendemain du 1er décembre 2018, 72% des Français(es) soutiennent les Gilets jaunes, 90% pensent que le pouvoir est incapable de faire face aux problèmes du pays et 15% soutiennent la résistance violente des Gilets jaunes à l’Arc de Triomphe (ce qui est certainement sous-évalué, étant donné la peur de répondre franchement à cette question). De nombreuses réactions en direct (chaînes d’infos en continus, malgré elles) pendant les manifestations témoignent de ce soutien, y compris parfois d’une compréhension de cette résistance à la violence policière, par des Français(es) par des personnes non violentes, âgées, mères de famille, de nombreuses femmes. La présence de nombreuses femmes et de toutes les générations témoigne du caractère démocratique des Gilets jaunes.

En Province
Le mouvement ne s'est pas démenti, malgré là aussi une falsification des chiffres de participation depuis le premier jour. On a pu constater à Toulouse, Marseille et ailleurs que la police avait les mêmes consignes, c'est-à-dire de gazer et de charger des manifestations pacifiques réunissant une population de tous les âges et de tous les sexes, engendrant des scènes de violence dont l"origine est doublement le président et son gouvernement: d'abord par la politique de spoliation des classes populaires, ensuite par les ordres transmis aux forces de l'ordre. Les barrages se poursuivent avec beaucoup de courage en ce mois de décembre, aussi froid que d'habitude en dépit du réchauffement du climat.
 
COPS 24
Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, la pollution, les particules fines et le dioxyde de carbone, les cops du président Macron balancent 10000 grenades lacrymogènes sur Paris (payées par les impôts des Gilets jaunes) et ils laissent leurs cartouches de gaz vides sur le terrain à ramasser par des Gilets jaunes payés par les contribuables de Paris. On n’a pas entendu le Maire de Paris ni les écologistes sur la question de la pollution atmosphérique et la santé des Français, si tant est qu'il soit légitime de gazer et charger des Français(es) en 2018. Les Gilets jaunes, eux, n’ont pas balancé de gaz et n'ont pas chargé. Le titre est en référence à la COP24 qui se déroule en Pologne en ce moment et qui, comme les précédentes, laisse une empreinte carbone particulièrement salée, et des frais de réception et de déplacements élevés. En référence aussi à «cops» qui, en argot américain, signifie «flics», comme chacun sait.

L’Arc de Triomphe, un symbole républicain?
Petit retour sur l’Histoire de France. Contrairement à ce que dit le pouvoir en ce 1er décembre 2018, l’Arc de Triomphe n’est pas un symbole républicain, mais de l’empire napoléonien dans sa volonté de singer l'Empire romain. En revanche, le monument au Soldat Inconnu, la Flamme (cf. les circonstances de sa création après la guerre de 14-18), à ses pieds, est un symbole républicain. Les Gilets jaunes ne s’y sont pas trompés en taguant l’Arc de Triomphe et en protégeant la flamme du soldat inconnu, avec un chant de La Marseillaise très émouvant et de circonstance. Un tel discernement dans cette confusion installée par les forces du désordre macronien, relève de l’intuition épique des foules quand elles défendent de bonnes causes.
Devant ce monument symbole de la Grande Guerre, défigurée dans son récit macronien quelques jours avant, où le pouvoir s’autorise à gazer une partie de son propre peuple, cela dit assez le mépris du pouvoir pour ce peuple de France, et le manque de respect des morts de cette guerre dont beaucoup ont justement été gazés.

Allez les bleus !
Moment d’humour surréaliste dans la bataille de l’Arc de Triomphe: les Gilets jaunes sont au contact des forces de «police» qui balancent moult grenades lacrymogènes depuis l’Arc de Triomphe. Des Gilets jaunes shootent sur les grenades pour les renvoyer à leurs expéditeurs, et les forces de police shootent à leur tour sur ces grenades. A ce moment, les Gilets jaunes entonnent un «Allez les bleus !» goguenard, témoignant de cet humour à la Gavroche qu’on croyait disparu des pavés de Paris… (vidéos sur internet).

Le bidouillage des chiffres du Ministère de l’intérieur
Samedi soir tard, les autorités annonçaient finalement avoir mobilisé 66000 membres des forces de l’ordre, dont 6000 à Paris et devant l’Arc de Triomphe principalement, pour 75000 manifestants dans la France entière, soit un policier par manifestant. Ils annonçaient 1000 manifestants à la Bastille avec la CGT et les Gilets jaunes, et 1500 Gilets jaunes, dont quelques centaines de casseurs (200 à 500 selon les moments).
Donc, si on comprend bien, les 6000 membres des forces de l’ordre armés jusqu’aux dents, avec une artillerie lourde de 10000 grenades lacrymogènes, assourdissantes et de dispersion, canons à eau, chargeurs, camions et 6000 matraques, ne sont pas en mesure de contrôler pacifiquement si peu de manifestants sans recourir à leurs projectiles. Difficile à croire. Tellement difficile, que le lendemain, le chiffre des manifestants avait doublé sans explication. Comme tous ces chiffres sont bidonnés, il est raisonnable de penser, d’après les témoignages, qu’il y avait environ 5000-15000 manifestants à la Bastille (si on compte évidemment ceux qui arrivent et ceux qui partent pendant le cours de la manifestation), et probablement beaucoup plus que ce qui a été annoncé à l’Arc de Triomphe, faute de quoi, il y aurait des questions à se poser sur l’efficacité des ordres et des forces du maintien de l’ordre, ou plutôt du désordre en l'occurrence. Enfin, après coup, la majeure partie des 400 à 500 arrestations sont des Gilets jaunes (dixit les chaînes d'information), donc pas venus pour casser, mais qui n’ont simplement pas accepté, avec courage, de se faire canarder à faible distance avec 10000 grenades lacrymogènes à partir de 8h du matin, puis charger. Le droit de manifester ne souffre pas de contrôle d'identité systématique et de palpations au corps, sauf en Turquie ou en Tchétchénie, peut-être…
Yves Sportis

Sources (On vous laisse copier et activer les liens, s'ils ne sont pas désactivés ou filtrés par la police de la pensée sur internet, ce qui est à prévoir. Mais nous devons citer nos sources, même quand elles sont balayées, comme les rues de Paris, après les manifestations):
https://www.youtube.com/watch?v=euYtLs2LthQ (La guerre des Gilets jaunes, AdcaZz)
https://www.youtube.com/watch?v=iK7jn7feVYE (Le Monde)
https://www.youtube.com/watch?v=4OOVx-oRp9M (Gilets jaunes : les dégâts à Paris après les violences-CL Press)
https://www.youtube.com/watch?v=DxhxOwZHBVk (Gilets jaunes : guérilla urbaine et chaos autour des Champs-Elysées-CL Press)
Chaînes d’informations en continu en général, et «journaux télévisés» à regarder avec discernement et recul tant leurs commentaires sont unilatéralement orientés en faveur du pouvoir en place, au point que certains députés de la majorité semblent plus douter du bien-fondé de l’acharnement macronien contre les classes populaires que la plupart des journalistes des médias de l’oligarchie (Bouygues, Bolloré, Drahi, etc., chaînes d’Etat, Chaîne de l'oligarchie européenne, etc.). La puissance du mouvement des Gilets jaunes a cependant réussit à quelque peu pénétrer les plateaux TV, non sans une mauvaise foi certaine et le manque d'objectivité systématique des journalistes défendant le pouvoir au lieu d'ouvrir sans commentaire autre que nécessaire à l'organisation, ses plateaux aux débats entre le peuple et ses élites (des personnalités soutenant Macron, aux ministres de Macron et députés de Macron principalement).



C'est une révolte?,– Non, Sire, c'est une Révolution. Dialogue, la nuit du 14 juillet 1789, entre Louis XVI et le Duc de La Rochefoucauld-Liancourt faisant suite à la prise de la Bastille.17 novembre 2018
France, 2018
Solidarité avec les Gilets Jaunes!

C’est une révolte?,– Non, Sire, c’est une Révolution.
Dialogue, la nuit du 14 juillet 1789, entre Louis XVI et le Duc de La Rochefoucauld-Liancourt,
faisant suite à la prise de la Bastille.


Jazz Hot est solidaire, par essence, avec les Gilets Jaunes, mouvement populaire des pauvres de notre pays «riche», la France, comme Jazz Hot est solidaire de tous les mouvements d’essence populaire, en France et dans le monde, de toute nature, contre le sexisme (incapacité à seulement aligner le salaire d’un homme et d’une femme par une loi en France, en Europe et dans le monde, et de répartir les responsabilités politiques, sociales entre les deux sexes), sociaux (les Zadistes, comme à Nantes, la CGT pour la défense de la SNCF, un vrai enjeu écologique, du droit des travailleurs, du patrimoine industriel, de l’eau…), politiques (la République catalane, le Brexit, le vote des Grecs trahis par Tsipras, des Italiens pour lutter contre l’oligarchie européenne, quand la France insoumise est victime, comme récemment, du pillage du fichier de ses militants et sympathisants par la police et la justice politiques, macroniennes, ou contre la falsification de l’histoire, des données par des médias inféodés, etc.),  esthétique (le jazz qui est une des formes d’expression les plus abouties de culture populaire qui conteste le pouvoir des suprémacistes aux Etats-Unis; le cinéma italien qui depuis Umberto D. de Vittorio de Sica à Le Confessioni de Roberto Ando, en passant par Ci siamo tanti amati d’Ettore Scola, etc., qui rappellent que l’art est une expression populaire contre les pouvoirs par essence), toutes résistances qui opposent, comme le mouvement des Gilets Jaunes aujourd’hui, la morale de l’égalité, de l’intérêt collectif, du bien public et de la liberté individuelle et collective à la logique de pouvoir absolu de l’oligarchie qui règne sur la planète sans partage par le mensonge, la corruption et l’abus.

Ce ne sont que quelques exemples des luttes admirables qui tout autour de la planète se déroulent quotidiennement,
depuis des siècles, et depuis des années en particulier pour résister au rouleau compresseur de la société de consommation totalitaire, oligarchique sur le plan de son organisation, de ceux qui pensent qu’un humain n’est pas l’égal d’un autre humain, qu’une femme n’est pas l’égal d’un homme, qu’un Afro-Américain n’est pas l’égal d’un Euro-Américain, qu’un pauvre n’est pas l’égal d’un riche, qu’un citoyen n’est pas l’égal d’un autre citoyen qui détient un mandat plus ou moins démocratique. Les élections ne sont pas organisées à la proportionnelle intégrale, le régime présidentiel est incompatible avec la démocratie, etc., plus toutes les manipulations électorales (Obama, Trump, Macron, Bolsonaro) qui pervertissent, corrompent l’idée même de délégation de pouvoir et qui signifient bien que le vote n’est qu’une dimension de la démocratie, et que cette dimension élémentaire a même disparu, même dans l’imaginaire (cf. le taux d’abstention) en regard des manipulations et des trahisons des mandats.

Ce sont ceux aussi qui, sous le faux prétexte de simplification (car l’oligarchie produit de la norme seconde après seconde dans la culture comme dans la vie quotidienne, administrative, politique) organisent la déréglementation, la destruction des conquêtes sociales, la destruction des constructions sociales parfois millénaires, en favorisant le chaos planétaire, en engageant les peuples à procréer, à se battre entre eux, à migrer en masse, d’abord pour consommer et après pour alimenter un marché esclavagiste planétaire du travail, en organisant le plus grand trafic de main d’œuvre et de population jamais organisé sur la planète et devant lequel les humanistes les plus sincères sont désarmés, sans solution, perdant toute lucidité et toute imagination, car il s’agit, c’est vrai, de l’organisation du chaos planétaire au moyen de la misère humaine. Une prise d’otages à échelle planétaire contre l’humanisme forcé d’accepter l’inacceptable, ce trafic humain, sous peine d’être disqualifié de «racisme» par les médias aux ordres de l’oligarchie. Ce mécanisme déjà identifié au XIXe et XXe siècle, et qui avait pour but de casser les mouvements sociaux, est aujourd’hui, avec la procréation et la corruption, l’arme fatale de l’oligarchie contre les peuples, organisant, avec la complicité objective des organisations dites «humanitaires» et de la plupart des organisations de gauche, la destruction des résistances dans les pays de départs par la désertion des forces vives et des mouvements sociaux, et la destruction des acquis sociaux dans les pays d’arrivée, par une pression sur l’emploi, une concurrence entre pauvres, avec au passage, dans ce trafic, la tragédie de ceux qui y laissent leur vie comme dans la traite d’esclaves transatlantique ou transsharienne.

L’oligarchie régnant aujourd’hui sur le monde est une régression de la condition humaine: des Etats-Unis de Trump, le pollueur, le suprémaciste, après Obama, le pollueur, qui n’a pas fait avancer d’un centimètre l’égalité entre les communautés, en régression depuis que Martin Luther King a quitté le plancher des vaches, au Brésil de Bolsonaro, le raciste qui se propose sans fard de détruire la forêt amazonienne et d’accroître la pauvreté, en passant par la France de Macron qui utilise aujourd’hui, pour surexploiter les pauvres et les soumettre, une écologie prétexte de bazar, dont le discours a été élaboré par un animateur de TV (même s’il a démissionné récemment) qui n’a jamais compté ses déplacements en hélicoptère ou en avion, comme tous les membres de ce pouvoir, pour aller emmerder les Mongols ou les Indiens d’Amazonie au fin fond de leur tranquillité et de leur pauvreté; pendant que son gouvernement développe et vend le nucléaire dont il ne chiffre pas les conséquences dramatiques à tous points de vue; pendant que ce gouvernement vend des armes de destructions plus massives les unes que les autres, alimentant sans limite les guerres les plus absurdes entre dictateurs religieux (Yémen, Syrie…); pendant que ce gouvernement continue – et c’est une tare de tous les partis politiques– de flatter la procréation à tout crin tout autour de la planète (pour la France jusque pour ceux qui sont dans l’incapacité d’en faire naturellement, les couples infertiles, les couples homosexuels, les femmes seules, qui pourraient tout aussi bien adopter si leur désir n’était pas égoïste et normalisateur); et pendant que ce gouvernement «oublie» de dire que ce sont les plus riches qui polluent le plus, à commencer par ce gouvernement qui culpabilise les pauvres, alors que la voiture électrique pollue le plus et surtout si on la change souvent; pendant que ce gouvernement dévaste aussi l’Afrique, l’Amérique du Sud pour la construire (comme le smartphone).


Au Royaume pas si uni de Theresa May, l’oligarchie et la City trahissent le Brexit, voté par les plus pauvres contre les riches de cette société inégalitaire par essence (une monarchie avec des sujets), une oligarchie qui déshonore la mémoire de la défense héroïque des démocraties voulue par le seul Churchill (côté politique), et mise en œuvre par son peuple, par les pauvres qu’elle méprise aujourd’hui.

Dans cette Allemagne rétablie dans ses rêves les plus fous de puissance hégémonique régnant sur l’Europe, aujourd’hui par l’économie, demain par les armes (après avoir racheté la plupart des fleurons de l’industrie européenne, même militaire, l’Allemagne va simplement racheter la force nucléaire française, dernier fleuron à vendre, par un anschluss économique), l'oligarchie et le gouvernement, son exécutif, importe massivement de la main d’œuvre socialement esclavagisée pour satisfaire le confort de la race aryenne, exporte ses vieux pauvres en Pologne pour les faire garder par des Ukrainien(ne)s, ses vieux riches en Espagne, au Maroc et au Portugal pour les faire garder par ses nouveaux colonisé(e)s.

On peut aller jusqu’à la nouvelle Chine de la corruption des Banksters (cf. un reportage sur HSBC, https://www.youtube.com/watch?v=obMynVkqfWM) et des Mandarins, pas plus communistes que Trump, jusqu’à ce monde arabo-musulman de la guerre permanente contre les peuples, à commencer par les siens, ce monde archaïque de l’esclavage, de l’inégalité des sexes, de la corruption à ciel ouvert, du terrorisme contre les peuples (si pratique pour tuer l'idée de démocratie en justifiant les lois liberticides de l’oligarchie qui servent essentiellement à contrôler les vrais écologistes –pas ceux de la cour du roi comme le seigneur de Rugy– ou à perquisitionner les partis d’opposition); ce monde de la misère absolue face à la richesse absolue où se déroulera la prochaine coupe du monde de football dans des stades
dont les gradins sont remplis du sang des esclaves qui les ont construits…

On peut continuer ce tour du monde macabre des malheurs organisés au quotidien par l’oligarchie, pas du tout multilatérale, contrairement au discours qu’elle prône, avec sa corruption à caractère mafieux et ses dépenses exorbitantes, comme le fonctionnement de cette oligarchie sans restrictions de budget pour ses petites fêtes régulières, pour ces guerres qui font du commerce des armes le secteur le plus en croissance de la planète, la recherche et l’exploration de l’espace qui n’en sont qu’une partie, et pas la moindre en terme de richesse perdue par le collectif, toutes ces actions génératrices d’inégalités, de misère et de mort. Notre Macron à 24% pense, avec ses serviteurs d’une servilité affligeante et au QI de fourmis, limité à un tableau recettes-dépenses, qu’il peut toujours et encore pomper les pauvres, leur travail, leur santé, leur corps, pour assurer le train de vie monarchique de l’oligarchie en France, avec la complicité et le soutien entier de l’oligarchie européenne qui dirige la Communauté européenne; le tout en culpabilisant les pauvres de la planète responsables pour la pollution. Pour lui aussi, les émissions de gaz s’arrêtent non plus à la frontière comme dans les années 1980, mais à la sortie du pot d’échappement des Français. Les centrales nucléaires, thermiques, le gaz de schistes, le kérozène, les tankers, etc., tout ça c’est à cause des Gilets Jaunes et de leur pot d’échappement pour aller travailler pour les profits de l’oligarchie, et les Gilets Jaunes doivent payer, comme les pauvres doivent accepter que les immeubles des pauvres s’effondrent à Marseille sous la pression de la spéculation foncière, pendant qu’il fait des discours en rade sur un Porte-Avions et transporte, héberge tout ce beau monde des quatre coins du monde pour des cérémonies «pour la paix» où trônent les puissances vendeuses d’armes (dont la France), et où il insulte la mémoire des déportés de France en honorant le souvenir honteux de Pétain qui a sali la mémoire collective de la France. On ne peut témoigner d’autant de mépris pour le peuple et d’abord pour son intelligence que ne le fait celui qui s’est autonommé avec vanité «Jupiter». Et ce mépris est en train de lui revenir dans la figure.*

Jazz Hot est donc très logiquement solidaire de ce combat des Gilets Jaunes, comme nous le serons toujours de tous les combats qui œuvrent pour le principe d’égalité si déterminant des deux autres pôles des principes républicains: la liberté, la fraternité, et de l’outil indispensable à l’égalité, une laïcité intransigeante d’une France qui lutte encore, parce qu’elle est née dans la résistance à l’Empire romain en projet d’un certain Jules César, un Européen convaincu déjà comme l’ont été ensuite Charlemagne, Charles Quint et Hitler, et qu’en dehors de Louis XVI qui fut arrêté à Varennes dans sa trahison et dans sa fuite vers l’émigration en Allemagne, d’Adolphe Thiers qui extermina la Commune pour satisfaire l’Allemagne et la bourgeoisie, de Pétain qui trahit la France pour la collaboration avec l’Allemagne et son idée de l’ordre nouveau européen, cette France conserve encore quelque chose du Gavroche de Victor Hugo, cet irréductible rêveur du Grand Soir qui permet aux peuples de ne pas se suicider devant une réalité sans horizon et qui les empêche de se soumettre à l’espoir martelé par les pouvoirs d’un monde meilleur au-delà de la mort et dans la perspective d’un monde de consommation, de robotisation des humains pris en charge par les machines du pouvoir, où le choix se réduit à l’obéissance binaire de l'intelligence artificielle, des robots.

Notre Macron, qui n’en rate pas une sur le plan des symboles, part à Berlin le lendemain de la colère des Gilets Jaunes et, avant ça, honore Pétain dans une révision improbable de l’histoire du XXe siècle, comme notre de Gaulle, le premier monarque français de l'oligarchie européenne naissante, moins gaffeur, était parti en Allemagne au lendemain de la colère de Mai 68. Ils nous rappellent que seuls les pouvoirs ont trahi dans l’histoire de France, un pays dont la résistance populaire, qui même si elle n’est pas unanime, permanente et même majoritaire –qui sait?, car la prise de conscience est difficile avec une propagande aussi massive– reste une sorte d’atavisme magnifique, une mémoire populaire, comme le Brexit au Royaume-Uni, reste un réflexe îlien et même «churchîlien», comme les Républicains en Catalogne, Les Grecs trahis par Tsipras, etc.

Etant donné le peu de soutien médiatique de ce mouvement, qui fait pourtant preuve d’une imagination et d’une énergie sans limite, autant dans ses messages que dans son organisation, et d’un courage remarquable, c’est enfin un devoir naturel et essentiel, pour défendre aussi une autre idée du journalisme, que Jazz Hot est engagé dans l’ensemble de ces mouvements de solidarité, avec la CGt, la France insoumise, les Infirmières, les cheminots, ceux, quels qu'ils soient qui défendent sincèrement le collectif, le bien public, qui luttent pour l’égalité: car les médias actuels, dans leur quasi-totalité appartiennent à l’oligarchie, et ils participent comme un pouvoir de plus, unanimes, serviles et soumis, à la domination de l’oligarchie et à la falsification des faits au quotidien, et sur tous les plans, comme l’outil de propagande que tous les pouvoirs totalitaires rêvent, inventent et manipulent depuis un certain Adolphe Hitler.

Le rôle critique de la presse, à l’origine des médias, a complètement été annihilé, et ce n’est pas le discours pervers et caricatural par son caractère monolithique et répétitif jusqu’au moindre mot, qui a pour vocation d’user, de diviser les résistances, les oppositions, qui peut masquer aujourd’hui cette réalité.

Ceux, parmi les oppositions revendiquées, qui ne sont pas capables de solidarité sans restriction pour tous ces mouvements de résistance et pour le fond des revendications qui est l’égalité, quels qu’ils soient, la gauche infantilisée par les jeux de pouvoirs, ou ceux qui instrumentalisent cette colère (la droite est la traditionnelle alliée de l’oligarchie, les fascismes les plus divers qui cultivent la mythologie du chef à l’opposé de l’égalité, ou la gauche corrompue, de Gerhard Schröder à François Hollande en passant par Tony Blair, mais aussi souvent le monde syndical, associatif, humanitaire, religieux) participent au renforcement de l’oligarchie et sont de fait disqualifiés pour prendre part à ce mouvement des Gilets Jaunes.
La défense du principe d’égalité, du courage dans la lutte contre la corruption, partout, pour tous et tout le temps, sans restriction, sans distinction d’origine géographique, est la ligne rouge qui sépare la Gauche de la droite, qui sépare les humanistes des gens de pouvoirs (et ceux qui se soumettent), qui sépare l’humanité (les autres espèces comprises) de ses prédateurs (et des robots à l'apparence humaine qui les servent).
Yves Sportis/Jazz Hot

* M. Macron vient encore de déclarer à propos des Gilets Jaunes, après l'écriture de ce texte, ce qui justifie l'ajout de cette note, que «L'Etat français sera intraitable.» Soit inculture, soit adhésion profonde à un changement de régime précédant une prochaine révision de la constitution, soit lapsus révélateur de ses souhaits profonds qui rappellent cette tentative de réhabilitation de Pétain contrariée des cérémonies du centenaire du 11 novembre, il faut rappeler que «L'Etat français» renvoie spécifiquement à la France de Vichy et à Pétain qui le décréta en remplacement de la République française. Il aurait simplement pu dire: «L'état», «les services de l'état», voire encore plus simplement «les autorités publiques», etc. Mais l'inconscient du Président parle décidément très clairement, sans filtre.

©Jazz Hot n°685, Automne 2018

16 octobre 2018
France, 2018
Perquisitions aux sièges du mouvement de la France insoumise et aux domiciles de ses responsables…

Dernier épisode en date de la descente aux enfers de la démocratie en Europe, le principal mouvement d’opposition politique à l’oligarchie en France, La France insoumise, vient de faire l’objet d’une atteinte aux principes fondamentaux de la liberté démocratique: une intervention de police sous contrôle judiciaire, avec perquisition et saisie de fichiers, opération qui renvoie, dans sa forme, à la période de Pétain et Vichy en France concernant un parti politique représenté à l’Assemblée Nationale, et dont le leader a lui-même été perquisitionné à son domicile personnel. Tout ça, sans un début de justification.

Contrairement à Jean-Luc Mélenchon et à ses collègues, je ne parlerai pas d’une atteinte «aux droits» ou à l’état de droit, un concept mal maîtrisé car on oublie souvent que même et d’abord la justice doit respecter la loi, mais bien aux principes démocratiques, car la loi est très largement aux mains de serviteurs de l’oligarchie, qui ne sont pas plus un corps indépendant, comme le voudraient les principes de séparation des pouvoirs édictés par Montesquieu, que ne le sont les autres pouvoirs (législatif), le pouvoir médiatique en particulier; ils sont quasi-totalement sous |’influence principale de l’oligarchie, à l’exception de quelques francs tireurs très isolés. 

Plus on avance en temps dans ce XXIe siècle, et plus l’usage de la loi devient un instrument au service du pouvoir, celui de l’oligarchie, et il est conforme à l’adage de La Fontaine: «selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir». Nous sommes aujourd’hui dans une marche forcée, économique et politique, vers une société de pouvoir absolu de nature oligarchique et planétaire, disposant de tous les pouvoirs, judiciaire compris. La soumission des humains et l’effacement de la démocratie en sont les objectifs, déjà atteints pour une large part et dans l’ensemble du monde, malgré quelques résistances dispersées. 

La loi devient ainsi l’instrument de l’abus politique, au lieu d’être un facteur d'équilibre comme en société démocratique: contraindre toute forme d’opposition à l’oligarchie par la corruption sous toutes ses formes (le financement public des partis par la collectivité en est une forme), et/ou par la menace et la répression (retirer ces financements sous les prétextes les plus arbitraires en est une autre). Se prévaloir du contrôle de ces financements pour violer le principe des libertés publiques et privées –la saisie des ordinateurs, des données des adhérents, sympathisants, correspondants, agendas– quand les hommes ou les partis ne se plient pas à l’oligarchie, est devenu la règle dans une mécanique qui a habilement utilisé le levier du terrorisme pour contrevenir aux libertés publiques, on l'a vu dans l'épisode des ZAD, des manifestations de printemps. 

L’enchaînement corruption-clientélisme-contrôle-menace-soumission est l’un des outils préférés de l’oligarchie, européenne en particulier. C'est vrai de la Grèce aux événements actuels.

L’Europe, position avancée de l’oligarchie (le financement des partis par l’Europe), est à l’origine de l’atteinte aux principes de la démocratie de ce triste 16 octobre 2018 mais pas seulement, car tous les actes du quotidien sont aujourd’hui frappés du sceau du talon de fer oligarchique, de son siège européen.

On ne va pas vous redire ce qu’ont dit Jean-Luc Mélenchon et ses insoumis, qu’il est le représentant de la Nation, un élu du peuple, donc inviolable, et qu’en l’absence d’aucune enquête de police attestant d’un quelconque délit, les principes démocratiques (et non pas l’utilisation des lois à la tête du client) auraient supposé une démarche d’une autre nature envers un parti d’opposition siégeant à l’Assemblée Nationale. Nous n’en sommes malheureusement déjà plus à pouvoir arguer de ces principes démocratiques, désuets dans la France de 2018.

L’opération judiciaire et financière contre le mouvement des insoumis qui se dessine est conforme aux plans de l’oligarchie: calomnier un mouvement d’opposition à l'oligarchie dans son ensemble par une opération de police, du genre antigang ou antiterroriste, l’amalgamant au passage à l’ex-FN également mis sous pression (avec succès, cela l’a fait éclater), à quelques mois d’une échéance électorale, européenne justement, en attendant de le priver des fonds, et en mettant ses dirigeants sous pression judiciaire permanente (Jean-Luc Mélenchon était déjà convoqué le matin du 18 octobre 2018) pour le forcer à rentrer dans le rang européen, à ne plus contester l’ordre européen nouveau, totalitaire.
La financiarisation et la judiciarisation de la répression politique ne sont qu’une des dimensions de la financiarisation et de la judiciarisation de la vie publique et privée, des citoyens au quotidien, pour forcer le citoyen à devenir un sujet, à se soumettre aux décisions des technocrates de l’oligarchie (la loi imposant au citoyen l’obligation de se plier à la machine informatique dans le cadre de l’administration en est un autre exemple).
On sait la justice être de classe, ce n'est pas nouveau, et que statistiquement ses jugements le sont, malgré quelques incorruptibles. On sait maintenant qu'elle est au service de l'oligarchie. On a vu la machine se mettre en marche au service de la répression syndicale, maintenant dans le cadre politique contre l’ex-FN, puis contre le mouvement des insoumis, et dans le cadre privé contre les lanceurs d’alerte de tous les horizons. Il n’y a d’autres limites à la volonté de pouvoir absolu de l’oligarchie que celles que fixent les luttes et les citoyens qui méritent encore cette appellation par leur résistance, non pas sur la base de la loi, qui n’est qu’une variable (le droit positif, les lois à un moment donné du rapport de forces social), mais en s’attachant aux principes de la démocratie et aux droits de l’homme qui sont la seule constante en matière de loi universelle pour l’humanité, au-delà de ce qui peut advenir de la démocratie dans le monde, en Europe et en France.
Dans cette résistance, en France, il n’y a plus guère que quelques individus isolés, des groupuscules et le mouvement des insoumis, quelles que soient ses imperfections. Il est le dernier îlot
antitotalitaire, avec la CGT (le pouvoir vient de régler le cas de FO par des manœuvres florentines). Les médias dans leur totalité, Canard enchaîné compris, les autres syndicats, sont déjà inféodés à la machine totalitaire de l’oligarchie.

Aujourd’hui, l’oligarchie a violé par l’entremise d’officiers de justice les principes démocratiques en France car le pays grince encore, sur ses franges, contre l’oligarchie malgré le petit prince. Ce 16 octobre 2018, le constat est clair:

– Violation des locaux d’un parti politique d’opposition, en l’absence de toute début de preuve d’une quelconque malversation, comme dans toutes les dictatures de la planète, la Turquie, l’Iran, la Syrie, par exemple…

– Violation des fichiers de la France insoumise qui comportent des millions de données personnelles, celles de ses militants, sympathisants, correspondants, donateurs, qui sont étrangers à la supposée affaire qui n'en est pas encore une (il va falloir la fabriquer et on peut faire confiance à l'oligarchie).

– Violation des informations à caractère confidentiel contenues dans ces ordinateurs, comme les agendas, les réflexions, les programmes politiques, la stratégie, les choix politiques, les correspondances, privées, la vie privée de millions de personnes en France, insoumises, sympathisantes ou autres, violation des correspondances du Mouvement des insoumis qui ne relèvent pas d’une enquête sur des faits qui ne sont pas avérés à ce jour, alors qu’il n’y a pas d’enquête sur des faits avérés concernant les partis inféodés à l’oligarchie.

Il n’y a aucune garantie de confidentialité dans les fonctionnements de la justice, ni dans ceux de la police qui en dépend. Chaque jour en apporte les preuves, dans tous les pays et en France. Les victimes pourront peut-être défendre, avec un bon avocat, leur honneur dans un tribunal à défaut de leur réputation déjà faite dans les médias, mais ils ne pourront par faire respecter leurs droits déjà bafoués, et les principes démocratiques déjà violés pour des millions de citoyens, militants, sympathisants, étrangers à cette perquisition, pour lesquels il n’y a aucune réparation possible. Car la machine oligarchique a pour elle tous les moyens de pouvoir, le temps et les serviteurs zélés, directs ou indirects comme tous ceux qui ne méritent certainement pas le nom de journalistes, parce qu’ils n’informent pas, n’interrogent pas et ne critiquent pas avec honnêteté, en conscience, la seule définition du journalisme.

Cette intervention aux sièges des insoumis est la violation de millions de données, dont la plus grande partie ne concerne ni la pseudo-enquête, ni même les insoumis. Pour tous ceux-là, il n’y aura aucune justice et aucune réparation de cet abus de pouvoir à grande échelle.

Si la loi le permet, c’est qu’elle n’est pas démocratique, et à ce titre n’est pas opposable aux démocrates et aux citoyens. Si elle ne le permet pas –mais qui va le dire? La justice qui a commis l'abus?– c’est un abus de pouvoir commis par ceux qui ont en charge de la faire respecter. Qui va les condamner? Vont-ils se condamner eux-mêmes? Ils sont juges et parties.
On s’habitue tous les jours à voir des pans entiers des libertés démocratiques s’effondrer comme un château de cartes, à voir les grandes puissances fuir, en toute impunité et même avec le tapis rouge des subventions publiques, l’impôt (les fraudeurs jouissent même de la reconnaissance nationale). On s'habitue à voir les grands réseaux sociaux brader, en toute impunité, la confidentialité des données privées de leurs abonnés, encore ceux-ci ont-ils eu la bêtise (au sens étymologique: le panurgisme) de s’y affilier volontairement sans aucune garantie réelle, sans aucun principe véritable en dehors de quelques mots d’affichage en petits caractères et qui changent tous les 15 jours. Mais la vie politique n’est pas un réseau social. C’est, dans le principe, une dimension essentielle de la société démocratique, du contrat social, dans son ensemble dont nous faisons tous partie, un choix de conscience. La liberté de conscience individuelle est un principe démocratique encore, qui dépasse notre pays, qui s’impose aux lois, en démocratie, ce qui semblait être le type de régime politique précisé dans notre constitution jusqu'à ce jour encore. Mais on peut vider les mots de leur sens, en ajoutant tous les textes de lois qui en limitent la portée ou simplement autorisent par leur multiplication n'importe quel abus de pouvoir.

Dans tous les cas, cette opération est une atteinte aux droits de l’homme et aux principes de la démocratie.

Quand, dans un pays, les principes ne s’imposent plus aux lois ni aux hommes, de manière aussi caricaturale, c’est que ce pays n’est plus une démocratie. C’est donc officiellement le cas de la France depuis le 16 octobre 2018, depuis plus longtemps dans les faits, comme dans cette Europe qui n’a rien d’un espace démocratique, ni par les institutions, ni par le fonctionnement depuis son origine nébuleuse, post-nazie parce qu’il y a au fond une logique historique à cette société totalitaire dans laquelle nous sommes, même si sa forme n’est pas celle des précédentes: l’oligarchie a appris plus vite que les peuples, notamment les moyens pervers (corruption de la société de consommation) de les soumettre. 

Enfin, il est consternant que du monde politique, médiatique, de celui des intellectuels, des artistes dans son ensemble, français ou européens, il s’élève si peu de voix pour dénoncer cet événement d’une gravité sans précédent en France. Elles étaient plus nombreuses il y a peu pour les dictatures archaïques, celle d’Erdogan par exemple : il n’y a pourtant aucune différence de fond sauf que ça concerne la France du XXIe siècle. Trump, Erdogan et Jair Bolsonaro ne sont pas les seuls marqueurs de la débandade démocratique planétaire. L’Europe en donne de nombreux exemples, de l’Allemagne et la Hollande à l’Autriche, de la Pologne à la Hongrie, de l’Espagne à l’Italie et à la Grèce, et même en Angleterre qui organise un après Brexit sans Brexit, avec la complicité d'un monde politique délabré et d'une partie des sujets de sa majesté, car l’oligarchie règne aussi outre-Manche, et n’en a rien à faire du vote des peuples quand par hasard il n’est pas conforme à la propagande oligarchique et qu'il refuse par réflexe atavique le monde totalitaire qu'on lui propose.
La France vient de tristement s’illustrer dans ce même registre, en ce 16 octobre 2018, qui restera l’une des flétrissures de notre histoire, une haute marche de la descente aux enfers de la démocratie dans le monde, car la France n’est pas n’importe quel pays: la plus haute marche après les attentats contre Charlie Hebdo

Quel que soit l’habillage qui en est fait par une presse servile et corrompue, et par un gouvernement aux ordres de l’oligarchie, ce qui vient de se produire contre le mouvement des insoumis est une atteinte à la démocratie et aux libertés publiques qui plombe le cercueil de la démocratie en France. Il est en effet peu probable que ce mouvement, juvénile, ait les moyens idéologiques de s’en relever, qu’on soit ou non d’accord avec tout ou rien de son action d’ailleurs, car c’est une simple mais fondamentale question de respect des principes démocratiques.

Yves Sportis


© Jazz Hot n°685, automne 2018
fin juillet 2018
Catalogne, 2018
La république en marche en Catalogne…
Malgré les déclarations et les pressions des dirigeants européens, de la communauté aussi bien que des gouvernements de 25 pays sur 27, quasi-unanimes, en dehors de la Belgique et de l'Ecosse  qui ont sauvé leur honneur, une partie de la justice allemande, contrairement à la police allemande, n'a pas cru bon ni d’emprisonner Carles Puigdemont, le dirigeant de l'assemblée de Catalogne, illégalement dissoute par le pouvoir non démocratique royaliste et post franquiste espagnol, ni de le retenir en Allemagne.
Les Catalans ayant reconduit avec courage, malgré les pressions européennes, à l'identique leur majorité à l'assemblée, et malgré les entraves imposées par Madrid, C'est donc en cette fin juillet l'ancien et le nouveau président de l'assemblée catalane qui ont pu donner une conférence de presse ensemble pour affirmer, avec constance, qu'ils feraient tout pour honorer leur mandat démocratique, à savoir à terme, la promulgation de la République de Catalogne.
La route est encore longue pour la République de Catalogne, mais les victoires de la démocratie sont si rares en ce moment en Europe, qu'il faut les souligner.
Car la presse française a été aussi unanime à dénigrer le vote et la résistance des Catalans à grands renforts de gros titres et d'articles de mauvaise foi, que de faire silence sur cette victoire de la démocratie.
Pendant que la République régresse en France sous le pouvoir absolu de SAS le méprisant de la République, elle fait de petits pas en Catalogne. N'est pas républicain qui veut, le dit ou l'usurpe.
Yves Sportis

© Jazz Hot n°684, été 2018



juin-juillet 2018
Grande-Bretagne, 2018
Le vote démocratique mis en cause, suite…
Pendant ce temps, toujours sous la même pression antidémocratique des dirigeants européens, Anglais compris, on remet en cause le résultat du Brexit, un vote de refus de cette oligarchie européenne, comme le fut le referendum français en 2005, puis les différents votes du Portugal, de la Grèce, de l'Espagne, de l'Italie récemment, comme celui de la présidentielle française au 1er tour qui donna une majorité aux anti-européens, même si par le jeu des peurs, c'est finalement le petit prince de l'oligarchie qui a été élu. Ce vote des pauvres contres les moins pauvres et les riches, mal interprété par une presse unanime et aux ordres aussi débile dans ses analyses, de droite à gauche, qu'elle l'a été sur la Catalogne, devrait être protégé par tous les démocrates comme l'expression d'un suffrage direct sans ambiguïté, comme les deux votes de la Catalogne. Mais il semble que les démocrates ne sont plus nombreux en Europe, et la pseudo-gauche préfère laisser l'extrême-droite instrumentaliser ces deux victoires de la démocratie, aussi bien en Catalogne qu'en Grande-Bretagne, comme elle l'avait fait pour les votes en Grèce. S'il faut des marqueurs de la disparition de la gauche en Europe, en voici au moins deux majeurs, et sans alternative de gauche en Europe, il n'y a pas de démocratie possible.
Yves Sportis

© Jazz Hot n°684, été 2018



juin 2018
Italie, 2018
Le vote démocratique mis en cause…
Malgré la pression des dirigeants de la Communauté européenne sur le vote des italiens (https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/29/italie-les-marches-vont-ils-apprendre-aux-italiens-a-voter-la-phrase-de-ce-commissaire-europeen-indigne_a_23446077/), les Italiens ont choisi de condamner la politique antidémocratique et de privilèges de la Communauté européenne. Malgré les efforts de l'establishment européen et italien, un gouvernement improbable fédère cette opposition, mais la route des Italiens vers une amélioration de leur situation et de la démocratie est toujours aussi difficile, car la majorité élue est plus un refus de l'oligarchie qu'un choix de changement en l'absence d'alternative de gauche (même phénomène qu'en France et en Grande-Bretagne). La corruption omniprésente, et on en parle plus ouvertement en Italie qu'ailleurs en Europe où elle existe de la même manière, est une autre difficulté de ce pays, sans oublier la pression religieuse.
Le temps des espoirs qu'ouvraient le choix de la République en Italie («Une vie difficile» de Dino Risi, «Nous nous sommes tant aimés» d'Ettore Scola) ou d'une alternative de gauche porteuse d'espoirs (l'Eurocommunisme d'Enrico Berlinguer) est bien passé…
Yves Sportis

© Jazz Hot n°684, été 2018
9 avril 2018
France, 2018
La république à réaction (la république en marche-arrière)
Si l'on avait encore des doutes sur les dérives autoritaires dans l'Union européenne, la France, après l'Allemagne et l'Espagne, vient d'en donner une illustration armée en ce 9 avril 2018, avec la multiplication de ses interventions musclées aussi bien contre les Etudiants à Nanterre que dans la ZAD de Notre-Dame des Landes, renouant avec des pratiques qu'on pensait éteintes 50 ans après 1968 et la lutte du Larzac… C'est sans doute la manière de M. Macron «le moderne» de souhaiter un bon anniversaire aux CRS.
L'usage de la violence unilatérale par l'autorité élue, comme dans le cas récent de la Catalogne (voir ci-dessous), confirme la dérive antidémocratique, quoi qu'en disent les autorités, car l'exercice de la violence unilatérale contre une population pacifique est un pur abus de pouvoir, et donc antidémocratique. 
Le candidat Macron avait intitulé son ouvrage de campagne électorale «Révolution»; c'est en fait «Réaction» qu'il voulait dire, avec sa manie de dire tout et le contraire de tout «en même temps».  C'est en fait une vision réactionnaire de la pire espèce qu'il propose, des riches et des puissants contre les pauvres et les faibles, quand on déplace une telle troupe pour démolir des habitations de pauvres gens qui ne dérangent personne au fin fond d'une campagne abandonnée, et d'abord par l'Etat et ce gouvernement en particulier. L'autoritarisme d'un système et des hommes qui l'incarnent empêchent également l'exercice et l'apprentissage démocratique dans les Universités (la tenue d’une assemblée générale).
La méthode Erdogan à la française, c'est la modernité macronienne qui renoue avec les pratiques répressives du siècle passé, et toujours contre les plus faibles.

Yves Sportis

1. Sources:
https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/09/a-notre-dame-des-landes-la-bergerie-des-100-noms-symbole-de-lincomprehension_a_23406727/
https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/09/les-crs-interviennent-a-la-fac-de-nanterre-pour-deloger-des-etudiants_a_23406704/

© Jazz Hot n°683, printemps 2018

25 mars 2018
Catalogne, 2018
Les 
indépendantistes catalans, démocratiquement élus, chassés aux quatre coins de l'Europe par les polices espagnoles et allemandes, avec la bénédiction de la France. Jordi Turull arrêté en Espagne, Carles Puigdemont arrêté en Allemagne, Marta Rovira et Anna Gabriel se réfugient en Suisse.
Quand la Catalogne est le révélateur de l’émergence de la dictature dans l’Union européenne. La revanche des dictatures européennes fascistes, partiellement défaites en 1945, ne fait que commencer…

Après avoir bafoué le résultat du referendum d'indépendance d’octobre 2017 en Catalogne, puis le résultat du second referendum de décembre 2017 (l'élection imposée d'une nouvelle assemblée équivalait à un referendum) confirmant le résultat du premier, favorable pour une république catalane indépendante, malgré son organisation sous la menace de la police, de la justice de Madrid et des milices franquistes, l’Etat post-franquiste espagnol arrête les dirigeants nouvellement élus de la nouvelle assemblée pour bloquer le processus démocratique en Catalogne. 25 indépendantistes élus ont été inculpés, 5 ont été placés en détention provisoire par le Tribunal suprême de Madrid, dont Jordi Turull, le candidat principal et en cours d'élection des indépendantistes pour la présidence de l'Assemblée catalane –Carles Puigdemont, le candidat choisi, en exil à Bruxelles, étant empêché par le pouvoir de Madrid. La police espagnole a réprimé violemment dans la rue les manifestants catalans protestant contre ces arrestations sans fondement.

La secrétaire générale d’Esquerra (principal parti favorable à l'indépendance), Marta Rovira, a elle aussi choisi l'exil en Suisse afin d’éviter une interpellation. Egalement pressentie comme une des autres candidates possibles pour présider la Catalogne, la leader indépendantiste a été suivie par Anna Gabriel, de la CUP, autre formation favorable à l'indépendance, et dont les députés sont nécessaires à la coalition indépendantiste majoritaire en Catalogne.

Enfin, le pouvoir espagnol post-franquiste a obtenu de l'Etat allemand l’arrestation de Carles Puigdemont alors qu'il traversait le soi-disant «espace libre» de l'Union européenne, par l’émission d’un mandat d’arrêt contre le dirigeant de l’assemblée catalane légitimement élu et illégitimement déchu par la royauté espagnole (imposée par Franco à sa mort), puis empêché de se représenter au même poste de président de l'Assemblée catalane où il avait été confirmé par le suffrage populaire et démocratique.

Il a fallu que Carles Puigdemont traverse l’Allemagne, alors que ni la Belgique, ni la Finlande, ni le Danemark ne s'en étaient mêlés, pour que se reconstitue le pacte odieux des anciennes puissances fascistes. Carles Puigdemont aurait pu et dû s’y attendre, car l'histoire est têtue, mais il semble parfois naïf sur la réalité de l'Union européenne. Peut-être ce fait, plus que l'épisode grec où les dirigeants se sont soumis, ne sera pas inutile pour ouvrir les yeux des plus de 300 millions d’Européens, voire de quelques millions d'Allemands et d'Espagnols si tous ne sont pas des nostalgiques du IIIe Reich et de Franco, sur la vraie nature politique de leur Etat et de l'Union européenne.

Car l'Union européenne est, malgré tous les discours pervers, une entité oligarchique antidémocratique, fondée par des hommes qui ont trempé dans la collaboration avec le nazisme, et dont les «enfants» ont le souci de prendre leur revanche sur 1945. Actuellement aux mains d’une bande de post-fascistes qui ont instrumentalisé les faiblesses des démocraties occidentales pour installer une dictature supra-nationale du XXIe siècle, ces petits soldats sont aussi habiles que leurs ancêtres hitlériens pour la propagande, 
beaucoup plus doués pour la finance et la corruption, moyens par lesquels ils ont entrepris la conquête et la domination du monde, avec le concours de l'islamisme, autre réactivation des alliances qui ont fait l'histoire.

Ni la Belgique (la presse continue d'y faire un travail d'information honorable contrairement à la presse française 1), où Carlos Puigdemont s'est déjà présenté aux autorités et a été laissé libre de circuler, ni le Danemark, ni la Finlande n’ont accédé, par un reste de souci démocratique, aux desiderata de l’état post-franquiste espagnol. Il a donc fallu que se réactivent des sympathies millénaires (Charles Quint) et plus près de nous entre Hitler et Franco pour que, 73 ans après la défaite du nazisme, l'Europe renoue, sans aucun fard ni vergogne, avec son plus sombre passé. On n'attend plus que la France réactive ses mânes collaborationnistes (de Daladier à Pétain), ce qui est probable, M. Macron ayant déjà inféodé la position de la France à celle de l'Etat Espagnol et de l'Allemagne, pour que se reconstitue un tableau mis à jour de l'état de l'Europe entre 1935 et 1940, le Front Populaire en moins et le Brexit venant confirmer que la démocratie n'a plus qu'une île pour son éventuelle sauvegarde. En revanche, Churchill risque de se faire attendre outre-manche dans un monde politique aussi délabré que leurs chemins de fer privatisés, et il ne faudra pas compter sur Trump pour endosser le pardessus de Roosevelt, ce n'est pas son genre ni ses idées.

Yves Sportis


© Jazz Hot n°683, printemps 2018

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