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La Velle

4 fév. 2016
22 mai 1944, Kankakee, Illinois - 4 février 2016, St-Cergue, Canton de Vaud, Suisse
© Jazz Hot n°674, Hiver 2015-2016
La Velle © Pascal Kober



La chanteuse La Velle, qui ne s’était par présentée à un concert où elle était programmée, a été retrouvée morte le 4 février 2016 à son domicile de St-Cergue, en Suisse. Elle était âgée de 71 ans.

Louise Lavelle McKinnie Duggan est née le 22 mai 1944 à Kankakee, Illinois, dans une famille de musiciens. Son père, qui était guitariste professionnel, joua un temps avec Nat King Cole. Sa mère, qui chantait et dansait, travailla entre autres au Cotton Club. «Etant tombée dans la marmite», elle entra en musique à sa naissance.

Elle avait tout naturellement commencé en chantant, d’abord dans la chorale de l’église baptiste familiale
, à 3 ans disait-elle –La Velle était une fervente croyante. Et c’est à 5 ans que ses parents la mirent au piano. Tout au long de sa jeunesse, et jusqu’à l’adolescence, quand elle décida de se consacrer au travail de sa voix, La Velle a mené de front et en parallèle les deux activités, chant et piano. Cette formation musicale, à la fois éducative et corporelle, a fait d’elle une musicienne d’exception. Elle possédait cette qualité rare d’entendre et d’exprimer la musique dans la musique.

Elle entra à 11 ans à l’American Conservatory of Music et en sortit parmi les plus jeunes diplômés de l’établissement1. Charles E. Moore2 fut son professeur de piano et Robert Speaker, son maître de chant. Déjà remarquée pour la qualité de sa voix, elle fut choisie comme lead soprano dans Le Messie de Händel dirigé par Georg Solti qui venait de prendre la direction du Chicago Symphony Orchestra en 1969. Elle obtint alors une bourse de la Fondation Ford qui lui permit d’approfondir sa formation musicale à la Juilliard School de New York. Néanmoins, bien qu’ayant choisi une carrière de chanteuse classique, Louise Duggan n’en continua pas moins à  participer au travail de plusieurs gospel choirs à Chicago et même à assurer la direction de certains. Ainsi, pourvu d’un bagage musical classique très solide, d’une expérience déjà certaine et d’une voix exceptionnelle (sa tessiture couvrait trois octaves et demi), La Velle était, à 20 ans, promise à une très brillante carrière de soprano classique si...

Elle commença donc sa vie professionnelle en tant que cantatrice, interprétant les grands rôles du répertoire: Madame Butterfly, Carmen, Tosca au Metropolitan Opera de New York, étant même dans la distribution d’une tournée du Met’ à La Scala de Milan. Cependant, comme le violoniste Eddie South et le pianiste Earl Hines dans les années 1930, le violoncelliste Charles Mingus dans les années 1950, et quelques autres avant elle, celle qui était encore Louise Duggan arriva trop tôt dans le calendrier de l’histoire sociale américaine pour s’imposer dans l’univers lyrique classique particulièrement consensuel et encore trop souvent ségrégatif. D’autant qu’elle était très impatiente  de «réussir» et que la conjoncture politique du moment (années 1970) attiraient les jeunes musiciens afro-américains vers d’autres horizons plus conflictuels que le monde classique largement dominé par la société blanche conservatrice.

Formée à la tradition du chant sacré afro-américain, elle n’éprouva aucune difficulté pour se reconvertir et s’imposer dans le paysage musical du moment en recherche de phénomènes vocaux rares. C’est ainsi qu’elle finit par devenir La Velle, travaillant à Broadway dans la comédie musicale Hello Dolly, participant aux shows de célébrités (Sammy Davis Jr., Ray Charles, Frank Sinatra, Joe Williams…). Et, contrainte par les nécessités économiques, elle se mit à explorer des secteurs musicaux plus commerciaux, en répondant trop facilement aux sirènes du show business. Le rhythm and blues lui tendit les bras; elle y réussit et se produisit sur tout le territoire des Etats-Unis, de New York à Los Angeles et de Chicago à Las Vegas, dans les clubs et les salles de spectacles. D’autant que La Velle aimait aussi charmer. La chanteuse-musicienne, très tôt repérée, fut aussi engagée dans les meilleurs orchestres de jazz. On la vit alors avec Quincy Jones, chez Lionel Hampton, Buddy Rich, Maynard Ferguson…

La Velle © Pascal Kober


Lassée des ces gigs alimentaires répondant peu à ses ambitions et n’ayant d’avenir que le temps de sa jeunesse, comme beaucoup d’Afro-américains en ces années 1970, La Velle tenta l’aventure européenne; elle pensait y trouver des pays plus attentifs à la culture, des sociétés moins sensibles à la ségrégation.

Elle arriva en France en 1977 et s’y installa; à Paris d’abord, puis dans le Midi. Elle y demeura une bonne quinzaine d’années, de façon plus ou moins permanente3, faisant le bonheur et la joie des amateurs de jazz et de gospel de l’hexagone et de tout le Vieux Continent; ils découvraient une authentique perle. Cependant, n’ayant pas défini de façon claire son orientation de carrière, elle fut sollicitée pour enregistrer des disques peu en rapport avec son immense talent. C’est ainsi qu’on la vit graver des disques de disco, limite rock, qui ne convenaient ni à son art ni à ce qu’elle était réellement en tant que femme. Elle répondit trop souvent à des sollicitations sans intérêt et fut parfois, et même souvent, trompée dans ses attentes. Par ailleurs, elle se trouva en France dans une période défavorable tant au plan sociopolitique que culturel.

En effet, la tradition culturelle afro-américaine du jazz qui, depuis la fin de la Seconde Guerre, avait largement occupé l’espace culturel français, enregistrait, depuis la nouvelle diplomatie du Président de Gaulle et le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1965, un recul accentué de son influence; elle subissait, au travers d’une attaque idéologique en règle de l’Oncle Sam4, les contrecoups d’une nouvelle orientation très européenne de la France. Dans cet environnement idéologique particulièrement agressif, certains prescripteurs d’opinion, politicards cultureux et passablement franchouillards, qui prétendaient, de Paris, non seulement montrer l’orientation qu’il convenait de donner au jazz, mais plus encore contestaient sa légitimité et la présence de ses artistes, trouvèrent en un prétendument jazz européen la justification de leur contestation corporatisme xénophobe. Malgré l’accueil très favorable qu’elle reçut auprès du public français, et plus largement européen cultivé, La Velle se trouva ainsi en butte à des difficultés de compréhension et même à l’ostracisme d’un certain milieu manipulé par les tenants du jazz français d’un autre temps. D’autant que cette confrérie, en phase d’implantation, faisait feu de tout bois pour occuper et monopoliser l’espace jazzique médiatique français. Le caractère entier de la chanteuse entraîna quelques malentendus, voire des grincements de dents et des claquements de portes.

Malgré ce contexte peu favorable, La Velle s’imposa par son talent. Elle n’avait pratiquement pas publié de disque aux Etats-Unis, si ce n’est, semble-t-il, Gospel Today (1974) en compagnie de Bessie Griffin. Elle arriva en France avec un album, Winter’s Mind (1977), qui venait de sortir. Elle eut assez rapidement une activité professionnelle soutenue avec des enregistrements de disques plutôt soul ou disco: Hooked Liberty (Carrère, 1978), Right Now ‎(Yona, 1979), Play Girl (EMI, 1979), Rastafair (1983), Brand New Star (CDA Music Intern, 1983); elle se produisit en solo au Casino de Paris en 1981 dans Daemonia; elle participa à la bande du film de Michel Blanc, Marche à l’ombre (1984)…

Son activité consistait surtout à donner des concerts à Paris et en province, avec les musiciens les plus représentatifs du jazz dans le pays et sur le Vieux Continent. On a ainsi pu l’entendre avec Ivan Jullien Big Band, Philippe Combelle (dm), Guy Lafitte (ts), le Big Band de Gérard Badini, exceptionnellement avec celui de Claude Bolling, Mark Taylor (dm)… et les petits jeunes d’alors, Pierre Boussaguet (b), Jacky Terrasson (p).
Le New Morning, dans la Capitale, devint pour elle un endroit familier dans ces années 1980. Les autres clubs comme les salles les plus prestigieuses du pays lui furent ouverts. Elle finit même par s’installer dans le Midi dont elle appréciait tout autant le climat que l’ambiance et le mode de vie. En sorte que dans les années 1980, elle travailla beaucoup: elle joua dans un opéra rock, Nostradamus (1985), fut invitée dans les plus grands festivals français: les Francofolies de La Rochelle, Marciac (1986), Festival Django Reinhardt de Samois (piano-voix, 1987), Jazz à Vienne, Festival de Jazz de Besançon (1989, avec Steve Lacy Sextet), Festival de Jazz de Montauban (dans la cathédrale en juillet 1995)...

Profitant de la présence de trois chanteuses américaines –Liz McComb, Dee Dee Bridgewater, La Velle– sur le territoire national, certains promoteurs tentèrent de les réunir dans des programmes ou dans des spectacles communs… C’est ainsi qu’elle partagea le plateau avec Dee Dee Bridgewater, avec Liz McComb en compagnie de Jerome Van Jones et de Greg Hunter, elle participa à un quartet sans lendemain, Psalms, qui n’enregistra qu’un seul opus, Psalms, album de gospel sérieux et très enraciné dans le negro spiritual (EPM, 1987). Elle fut dans l’album Jazzille de Nicole Croisille (CY Records, 1987). Son rayonnement s’étendit tout naturellement à l’ensemble de l’Europe et même à la Russie5 où elle fit une tournée.

Cependant le climat délétère et xénophobe d'alors en France et dans le jazz, qui aboutit à la création de l’UMJ6 au début des années 1990, eut pour effet de ralentir l’arrivée et le séjour des musiciens américains en même temps que d’éloigner ceux qui résidaient déjà dans le pays; certains les présentaient comme des occupants sans droit de séjour. Pour mettre un terme aux ambiguïtés, aux incompréhensions professionnelles et supprimer certaines difficultés hexagonales d’ordre personnel, La Velle décida de quitter la France et de s’installer à St-Cergue, dans le canton de Vaud en Suisse, où elle trouva un accueil plus en rapport avec ce qu’elle était et ce dont elle ressentait le besoin. Elle put ainsi se reconstruire une nouvelle existence.

La Velle, concert au Kremlin, Moscou, février 1991-La photo du livret du CD est de Pascal Kober


C’est à l’articulation de son installation en Suisse, en 1990-1991, qu’elle décida seule l’enregistrement du premier de ses trois seuls vrais albums gravés en plus de 50 ans de carrière! Profitant de la présence du contrebassiste Ray Brown, elle se décida à réaliser avec lui un album en souvenir de son père, auquel elle donna le titre Straight Singin’: Tribute to Nat «King» Cole. Les prises de ce phonogramme furent enregistrées en deux phases: la première les 10 et 11 juillet 1990 à Cordes (Midi-Pyrénées-81), la seconde le 11 novembre 1991 à Paris. Ces faces furent réunies et publiées chez OMD
7 (1528). Sa sortie fut l’occasion d’une tournée durant l’été 1992 dans les festivals français et européens. Jack Lang, alors ministre de la culture, lui remit à cette occasion le titre de Chevalier des Arts et Lettres.

En s’installant en Suisse, les difficultés personnelles s’estompèrent; La Velle put à nouveau travailler plus sereinement. En sortant de l’orbite jazzique française et des turbulences qu’elle y connaissait, elle fut plus disponible pour chanter ailleurs. Elle découvrit d’autres univers, d’autres musiciens: Emil Spanyl (p), Christophe Lincontang (b), Matthieu Michel (tp)… La sérénité retrouvée, elle s’investit davantage dans son nouvel environnement. Elle commença à vouloir transmettre son savoir tout en continuant sa carrière d’interprète; elle donna des master classes, notamment en matière de chant, qui étaient particulièrement appréciées à l’Ecole Jazz & Musique Actuelle. Elle s’investit également dans la découverte du negro spiritual et du gospel song en Suisse. A Lausanne, elle prit en charge une chorale et elle collabora à la School of Vocal Arts, animant régulièrement en tant que soliste et pianiste le SOVA Gospel Choir, avec lequel elle tourna régulièrement en Suisse et dans toute l’Europe.

Rhoda Scott et La Velle © Pascal Kober


Elle participa également à des programmations exceptionnelles. Ainsi, en mai 2008, Jean-Pierre Vignola eut la possibilité d’organiser sa rencontre musicale avec une autre talentueuse musicienne américaine résidant en Europe, l’organiste Rhoda Scott. On put à l’occasion réentendre la chanteuse fabuleuse et surtout découvrir la pianiste exceptionnelle qu’était La Velle. Les prises furent consignées dans un remarquable album Soul Sisters8, qui eut pour effet de la remettre sur le devant de la scène en programmant ce duo dans tous les Festivals de France et d’Europe où elles reçurent un accueil mérité.

En 2009 et 2010, elle prêta son concours à son vieux complice, le batteur Sangoma Everett, venu à Ollon (Canton de Vaud) pour l’enregistrement d’un album au contenu très particulier, La Velle Special. Artiste complète, chanteuse d’expérience, les organisateurs lui commandaient
périodiquement des concerts thématiques. Ce fut le cas à Bayonne, en 2011 (hommage à Nat King Cole) et au Festival de Montreux, en 2013 (Billie Holiday).


En consultant la discographie de La Velle, les lecteurs seront étonnés de la minceur de son œuvre enregistrée. Cette réalité qui privera tout ceux qui n’eurent pas le bonheur de l’entendre et de la voir (car c’était une artiste qui donnait autant à voir qu’à entendre) d’un témoignage sonore à la hauteur de son talent, tient au fait qu’elle fut souvent sollicitée et peu retenue; ses exigences, ses hésitations (souvent à contretemps), sa méfiance parfois, son «mauvais caractère» pour les uns, ses «prétentions de diva» pour les autres, n’y furent pas étrangères.

La Velle n’était pas détachée; ses relations tenaient de l’affectif avec ce que cela comporte de fusion et de fission dans les relations. Elle-même ne laissait pas indifférents ceux qu’elle approchait et qu’elle testait; c’était une provocatrice. On n’était pas ami(e) avec La Velle, on le devenait après longtemps; souvent, pour ne pas dire toujours, après de «grosses engueulades» car le conflit, la dispute, portait toujours sur l’essentiel qu’elle percevait ou croyait percevoir dans le propos. C’était une écorchée, une «femme à vif». Ses emportements et ses colères ont fait que cette immense cantatrice est passée à côté d’une carrière exceptionnelle et que le jazz a été partiellement privé d’un de ses plus grands talents. Car La Velle était une artiste extraordinaire dans tous les sens du terme. Vocalement, elle était dans la catégorie des plus grandes, comparable à Mahalia Jackson et Jessie Norman9. Son feeling hors du commun en faisait une interprète d’exception. Et la pianiste était rare: swing et mise en place, justesse du placement.

Comme la richesse de l’être humain était à la hauteur de son  talent, il était difficile d’échapper à sa générosité chaleureuse, envahissante même pour certains. Je garde de nos «disputes» à propos de la musique afro-américaine le souvenir ému de moments passionnants. Le jazz vient de perdre une très grande artiste.

L’équipe de Jazz Hot est triste. Elle s’associe à la douleur de sa famille et à la peine de ses proches.
Félix W. Sportis
Photos Pascal Kober


1. L’ACM avait été fondé en 1886 par John James Hattstaed. Plusieurs ses étudiants firent des carrières brillantes: Lennie Tristano (p) fréquenta l’établissement de 1938 à 1943; il y obtint le bachelor’s degree in music performance. Jack DeJonhette (dm) y fut diplômé en classe de piano. L’institution fut contrainte de fermer ses portes et de se dissoudre en 1991.
2. Charles Ethelbert Moore (1930-1995). Pianiste classique reconnu, il fut Président (1980-1987) de cette célèbre institution (ACM) lorsqu’elle déposa le bilan.
3. Pendant sa «période française», La Velle tourna également beaucoup en Europe: Italie, Allemagne, Suisse, Belgique, Royaume-Uni… En sorte qu’elle quittait son «domicile» français pour des périodes relativement longues.
4. Les attaques venaient de toutes parts: de la droite nationaliste, de la gauche tiers-mondiste et de la gauche communiste.
5. Cf. Pascal Kober, Keep on swingin’, La Velle, 8 février 2016 http://www.pascalkober.com/index.php/keep-on-swingin-la-velle.html
6. Union des Musiciens de Jazz et des musiques improvisées, pour donner son intitulé complet, fut créé en 1992. Plus que syndicale, cette association corporative, qui, en l’article 2 de ses statuts, «a pour objet d’améliorer les conditions de création, de production, de diffusion, et l’image de la musique de jazz», intervint dans les faits, comme un lobby, auprès des autorités culturelles et économiques françaises pour protéger le marché du travail intérieur des musiciens français. Par ailleurs, cette association œuvra à dépouiller le jazz de sa réalité civilisationnelle étatsunienne pour en faire un genre musical mondial sans racines sociohistoriques: jazz, générique de toutes les formes musicales non-classiques.
7. Chronique Félix W. Sportis, in Jazz Hot n° 487, mars 1992, p 46.
8. Chronique Félix W. Sportis, in Jazz Hot n° 655, Printemps 2011, 16 mars 2011.
9. Jean-Michel Reisser, le producteur suisse, racontait qu’en 1992, lors de l’Exposition Universelle de Séville, il avait assisté au concert de La Velle. Elle était accompagnée par un All Stars qui comprenait, entre autres, Ray Brown et Wynton Marsalis. Son micro ne fonctionnant pas, elle chanta tout le concert devant 5000 personnes sans micro; Wynton, qui la connaissait peu, en était abasourdi.




DISCOGRAPHIE
Cette discographie ne mentionne que les phonogrammes sur lesquels La Velle figure expressément.
Quatre seulement sont représentatifs de son art*.

Leader-coleader
LP
1977. Winter Mind
LP 1979. Right Now, Yona 1085
LP 1979. Play Girl, EMI 2C 06814.707
45t1983. Rastafair, Blue Silver 3510
LP 1981. Brand New Start, Blue Silver 3010
LP 1982. Hooked Liberty, M&C Records/Carrère 13.195
LP 1987. *Psalms (Liz McComb, La Velle, Jerome Van Jones, Greg Hunter 4t), Psalms, EPM 5506
CD 1990. *La Velle, Straight Singin’. Tribute to Nat King Cole, OMD 1528
CD 2008. *La Velle & Rhoda Scott, Soul Sisters, Must Records 6205-2
CD 2012. *La Velle, Special, En Face 71110

Sidewoman
LP 1982. Ivan Jullien Big Band, L’Orchestre, «*Blues in the night» by La Velle, Bingow 3356
1984 45t. Marche à l’Ombre-bande originale du film, Milan 220/8126
LP 1987. Nicole Croisille, Jazzille, CY Records 733620
CD 1996. B-One Feat. La Velle, It’s a Shame, Polygram 192 172-2