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Jackie McLean

30 juin 2014
par Guillaume Belhomme
Jackie McLean © Jazz Hot n°668, été 2014

Jackie McLean, par Guillaume Belhomme, Editions Lenka Lente, Nantes, 2014, 120 p. www.lenkalente.com

Voici un ouvrage sympathique, format que sais-je?, consacré à Jackie McLean, grand saxophoniste alto (1931-2006), qui côtoya Charlie Parker, Bud Powell, Charles Mingus, et vécut l'âge d'or du jazz, qui fait partie de ces nombreux musiciens de grand talent qui apportent au jazz son extrême diversité sans jamais atteindre le statut de la célébrité. L'idée de dresser des biographies de musiciens est essentielle à la mémoire du jazz, et consacrer un ouvrage à Jackie McLean, ou à d'autres musiciens de ce niveau, plutôt qu'une énième visite de la musique de Miles Davis, voilà qui est original.
Guillaume Belhomme, qui a fait partie de l'équipe Jazz Hot il y a quelques années, a donc fait un bon choix, après celui d'Eric Dolphy, et réunit ici des centaines d'informations, des anecdotes ou récits, pour nous dépeindre une personnalité forte, un passeur aussi, et ce que fut la trajectoire de Jackie McLean. On retrouve ici la fougue et une certaine forme de mythologie propre à l'amateur de jazz sincère pour dépeindre une époque, et c'est pour cela que l'ouvrage est aussi sympathique.
On regrettera une rédaction au fil de la plume, trop journalistique pour un livre y compris pour les corrections, manquant parfois de clarté dans les exposés ou de recul, et aussi la faiblesse de l'appareil documentaire – une discographie détaillée par exemple est indispensable à une bonne biographie, surtout quand la plupart des éléments sont disponibles et réédités et qu'une bonne partie de cet essai est fondée sur le commentaire des sessions d'enregistrement.
On ne discutera pas ici les partis pris, chacun a les siens, même s'il est souhaitable de mieux les argumenter. Guillaume Belhomme est un adepte de la création comme valeur essentielle du jazz, mais il y a d'autres valeurs tout aussi fondamentales, comme les racines.
Au-delà de ces remarques, on ne parle pas assez de Jackie McLean et de tous ces bons musiciens qui font la beauté du jazz, et l'auteur a raison de nous rappeler ces grands artistes, signalons donc cet essai sur Jackie McLean qui mériterait un jour d'être approfondi et retravaillé.
Yves Sportis