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Lisa Kirchner

6 avril 2013
Something to Sing About-Umbrellas In Mint
© Jazz Hot n°663, printemps 2013

Nouveauté-Sélection


Lisa Kirchner
Something to Sing About
In Autumn, Prince of the City, The Cloisters: Fort Tryon Park: September, Sigh No More-Ladies, Suicide in C minor, Early in the Morning, I was Looking at the Ceiling and Then I Saw the Sky: Leila's Song, Crazy Love, Crazy Heart, Old American Songs II: I. The Little Horses, Final Alice: Acrostic Song, Barefoot, Lily, The Great Gatsby: Strange, Elephant Steps: Photograph Song, Casino Paradise: Night Make My Day, Sophie Rose-Rosalee, Under the Willow Tree, Old American Songs I: III. Long Time Ago
Lisa Kirchner (voc), Sherman Irby (as), William Schimmel (acc), Joel Fan (p), Xavier Davis (p), Dwayne Burno (b), Vicente Archer (b), Ron Jackson (g), Willie Jones III (dm)
Enregistré les 10 et 12 août 2010, Avatar Studio, New York, NY
Durée : 1h 09’ 53”
Albany/Troy1288 (www.albanyrecords.com)


Nouveauté-Sélection

Lisa Kirchner
Umbrellas In Mint
Salty and Blue (I Don't Believe in Romance), A Billion Stars Ago (In the Shadow of a Cow), What About You?, The Hudson Bay Inn, Umbrellas in Mint, Tim, Let Us Go Then, Under The Paris Moon (Manhattan Under the Paris Moon), At the Closing of the Fair, Old Shoes, Southern Starlight (Charleston For You), Quarters and Dimes
Lisa Kirchner (voc), Sherman Irby (as), Bill Schimmel (acc) Xavier Davis (p), Ron Jackson (g), Vicente Archer (b), Willie Jones III (dm)
Enregistré le 21 août 2013, Avatar Studios, New York, NY
Durée : 56’ 14”
Verdant World Records 003 (www.verdantworldrecords.com)

Lisa Kirchner qu’on connaît des deux côtés de l’Atlantique est une incarnation de la tradition américaine musicale dans ce qu’elle a de plus universel. Née dans une famille musicale (son père, Leon Kirchner, est un grand compositeur classique, sa mère, Gertrude, une cantatrice, cf. Jazz Hot n° 644), elle possède en effet non seulement ce background très exigent, mais également une excellente connaissance de l’ensemble de la tradition populaire, si riche aux Etats-Unis, jazz compris, car c’est dans ce dernier environnement que se déroule une partie essentielle de sa carrière. Cela explique sans doute que pour être « cataloguée » dans le jazz, la nature de sa voix, son expression sont « transversales », c’est-à-dire qu’on retrouve des qualité de cantatrice classique (justesse), de chanteuse populaire (timbre, répertoire), de chanteuse de jazz (pulsation rythmique, phrasé, formation). Elle ajoute à cette variété de qualités son parcours qui l’a vu devenir parisienne à temps partiel, ce qui explique son attirance pour certaines atmosphères et thématiques du Paris populaire, et tout cela n’est en rien contradictoire, car c’est tout simplement son histoire, sa personnalité. Sa sincérité évidente apporte une réelle sensibilité à ses enregistrements qu’elle propose avec régularité et professionnalisme, car elle en est le plus souvent la productrice et la réalisatrice. Elle choisit ainsi avec soin un entourage musical de haut niveau, le plus souvent issu du jazz mais aussi de la musique populaire ou classique selon l’atmosphère.
Le premier enregistrement de 2010, réalisé peu après le décès de son père (septembre 2009), un révérence sans aucun doute, réunit ainsi musiciens de jazz (Xavier Davis, Sherman Irby, Vicente Archer, Dwayne Burno, Willie Jones III), et classiques (Joel Fan, William Schimmel). C’est une belle réussite, sans doute celui qui correspond le mieux à cette personnalité si riche de musiques, mais aussi si accompli en terme d’arrangements. Compositions classiques, populaires, de jazz, traditionnels, de Charles Ives, Aaron Copland et Leon Kirchner à Wynton Marsalis, s’y côtoient sans discordance, car Lisa Kirchner s’approprie l’ensemble du répertoire, et comme elle laisse beaucoup de place à ses musiciens, chacun apporte sa voix pour un résultat cohérent, y compris dans un beau « Crazy Love, Crazy Heart », le seul original de Lisa Kirchner. C’est un travail exceptionnel d’arrangement pour arriver à une telle unité de ton, avec de belles réussites (magnifique « Lily » de Leon Kirchner, « Suicide in C minor » de Schimmel, mais il y a d’autres belles compositions). C’est vraiment un album essentiel pour définir l’origine musicale et la personnalité musicale de Lisa Kirchner, et au-delà qui évoque un siècle de musique américaine avec naturel.
Deux ans plus tard, on retrouve pratiquement les mêmes musiciens dans le même studio new-yorkais pour un enregistrement centré sur le jazz et la musique populaire, entièrement composé et écrit par Lisa Kirchner. Le ton en est bien sûr plus dégagé, mais on retrouve les qualités définies plus haut de chanteuse populaire dans le sens noble de la tradition américaine, avec ses composantes lyriques (« Tim », « Quarters and Dimes »), parisiennes (« Under the Paris Moon »), ses thématiques populaires, avec le bel accordéon de William Schimmel qui apporte beaucoup à un ensemble où le jazz est bien sûr la couleur principale et les musiciens toujours à l’écoute (remarquable Willie Jones III, comme d’habitude, Sherman Irby). C’est une musique sensible, authentique, et l’ensemble construit une atmosphère où la voix de Lisa Kirchner pose ses mots avec délicatesse.
Yves Sportis