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Pierre Lapijover

15 jan. 2011
18 mai 1936, Vienne (Autriche)–15 janvier 2011, Saint-Laurent-du-Var
« Lapi » n'est plus. Le photographe du jazz en Côte-d'Azur, Pierre Lapijover, est mort subitement samedi 15 janvier 2011 à Saint-Laurent-du-Var (06); il était âgé de 74 ans.
Pierre était né le 18 mai 1936 à Vienne (Autriche). Professeur de tourisme au lycée de Nice, il avait deux passions : le jazz et la photographie, qu'il pratiqua en les mariant toute sa vie avec bonheur, parallèlement à ses activités de pédagogue. Lorsqu'il prit sa retraite, il s'adonna encore davantage à son rôle d'acteur de la culture dans sa région en s'investissant dans la vie éditoriale locale. Il fut de ceux qui ont aidé à la naissance de La Strada, « L'Essentiel de la Culture au Pays des Paradoxes », en donnant de son temps, en prodiguant ses conseils avisés… en rédigeant des chroniques dans cette presse locale souvent en difficulté. Chroniqueur avisé, ses papiers ont contribué à en aider plus d'un à découvrir la musique de sa vie.
Car l'homme était curieux, passionné et généreux. Collaborateur fidèle de Jazz Forum International, il avait l'œil juste et l'esprit vif. Il ne se contentait pas de s'en tenir à sa sphère de compétence ; il continuait encore à apprendre et à élargir ses centres d'intérêt à d'autres formes musicales : le rock parfois, les musiques marginales, mais surtout à s'aventurer dans la musique classique et contemporaine auxquelles il prenait de plus en plus d'intérêt. Passionné de photographie comme il se doit, son regard ne regardait pas seulement dans le viseur, il était aussi féru de peinture.
Nous devons à Pierre Lapijover surtout d'avoir laissé des documents photographiques inestimables sur la vie du jazz dans sa région et notamment sur les deux grands évènements qui ont scandé la vie musicale locale depuis la guerre, le Festival de Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins, qu'il a couvert depuis le premier jour, et La Grande Parade du Jazz de Nice qu'il pratiqua depuis sa naissance en 1975. Témoin de son temps, il en a laissé une relation vivante et curieuse dans son ouvrage, Jazz à Nice. Photo-Parade (CCSM Cimiez/ACM, Nice 1980, 120 p), dans lequel ses clichés sont accompagnés des autographes des musiciens photographiés. On lui doit également, en collaboration avec Jonathan Duclos-Arkilovitch, Jazzin’ Riviera, une histoire du Jazz sur la Côte d’Azur (Rom Ldj Eds, 1997, 109p).
La Strada n° 47 (7 au 20 février 2011), lui consacre une édito plein de tendresse : « Be-bop plus là », titre le directeur de la publication, Michel Sajn; il y décrit les relations chaleureuses que ce patriarche entretenait avec la jeune équipe éditoriale à laquelle il ne se contentait pas seulement de donner quelques chroniques bien avisées.
Nous savions que « Lapi » n'allait plus très bien ces derniers mois mais pas au point, pensions-nous, de nous quitter si vite. sa disparition subite a attristé ses très nombreux amis. Jazz Hot partage la peine de son épouse et de ses enfants.
Félix W. Sportis

© Jazz Hot n°654, hiver 2010-2011