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Ursula Vian Kübler,

18 jan. 2010
née en Suisse, c. 1930 - Eus (66), 18 janvier 2010
Ursula Vian Kübler, Le 18 janvier 2010, Ursula Vian Kübler, s’est éteinte à 81 ans dans sa maison d’Eus, un petit village des Pyrénées-Orientales. Danseuse et comédienne, elle avait consacré une grande partie de sa vie à la promotion de l’œuvre de Boris Vian dont elle fut la seconde épouse.
Le 8 juin 1950, Boris Vian, en proie à des difficultés financières, juridiques et conjugales, est invité à un cocktail chez Gallimard. Il y croise une jeune danseuse zurichoise à la figure en triangle « d’Euclide » : Ursula Kübler, qui n’a jamais entendu parler ni de Boris Vian ni surtout de Vernon Sullivan. Née dans une famille d’artistes, elle danse depuis l’âge de 4 ans ; sa mère, suédoise, est professeur d’éducation physique, et son père est rédacteur en chef de la revue d’art Du. A 20 ans, elle quitte la Suisse pour venir danser le modern jazz à Paris. Elle rencontre Maurice Béjart au studio Wacker, et Roland Petit l’engage rapidement dans ses « Ballets de Paris ». L’Ours et le Bison s’installent cité Véron à Montmartre et se marient le 8 février 1954. Femme « moderne », Ursula part souvent en tournée, notamment avec les « Ballets Ho » de Georges Reich, tandis que Boris Vian démultiplie ses activités artistiques: théâtre, opéra, scénarios, arguments de ballets, direction musicale chez Philips et chansons. A partir de 1957, Ursula met en veille sa carrière de danseuse pour rester auprès de Boris Vian de plus en plus malade. Le 23 juin 1959, il est victime d’une crise d’œdème fatale lors de la projection privée du film J’irai cracher sur vos tombes.
Deux ans plus tard, Ursula Vian Kübler réintègre la troupe de Maurice Béjart qui créé à Bruxelles Les Sept péchés capitaux de Brecht et Weil. Artiste complète, elle enchaîne les collaborations tant chorégraphiques que théâtrales ou cinématographiques, avec Louis Malle, Pierre Kast, Agnès Varda, Roger Vadim, Pierre Prévert, Ariane Mnouchkine…
Parallèlement, nommée Régente d’Orchestique du Collège de ‘Pataphysique en 1961, elle va tenter, avec quelques pataphysiciens et amis, de faire connaitre l’œuvre de Boris Vian au plus grand nombre. Dès 1962, les grands romans renaissent chez Jean-Jacques Pauvert : L’Herbe rouge, L’Arrache-cœur, et surtout L’Ecume des jours rencontrent enfin leur public. Avec une première association (« Les Amis de Boris Vian », 1963) puis avec la « Fond’action Boris Vian » (1981), qu’elle préside avec son conseil et ami Monsieur d’Déé, Ursula Vian Kübler a souhaité rencontrer, aider, promouvoir les chercheurs, artistes et passionnés du monde entier, et cela jusqu’à la publication des Œuvres Complètes chez Fayard qu’elle « haute-autorite » de 1999 à 2003. Les yeux perçants de l’Ourson n’auront pas eu la patience d’attendre l’entrée de Boris Vian à la Pléiade, en octobre prochain.
Christelle Gonzalo
(photo by courtesy of Archives Cohérie Boris Vian, D.R. )

© Jazz Hot n°650, hiver 2009-2010