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Denise King ©Patrick Martineau
Denise KING


My Destiny

Denise King est un pur produit de Philadelphie, où elle a vu le jour le 31 Octobre 1954. On peut la qualifier de «natural singer» car elle s’est formée seule au chant, en dehors de tout circuit pédagogique, par son seul contact direct avec le jazz. Et c’est «sur le tard» (à 30 ans) qu’elle a débuté sa carrière de chanteuse, sans l’avoir préméditée (comme elle l’explique ici). C’est que Denise King est avant tout une nature. Un petit bout de femme débordant d’énergie, de bonne humeur et de swing! S’inscrivant dans une tradition ancrée dans l’histoire du jazz, elle est de ces personnages qui ont su sublimer les épreuves de l’existence par leur art, dans un rapport authentique à l’expression jazzique. Car Denise King ne surjoue pas, n’utilise pas d’artifices, elle vit pleinement les chansons qu’elle interprète.

La chanteuse est également le témoignage vivant que l’Europe reste, malgré tout, une terre promise –particulièrement Paris– pour les musiciens américains. Que ce sentiment perdure alors que le dynamisme du jazz aux Etats-Unis est sans commune mesure avec ce qu’il est de ce côté-ci de l’Atlantique, a de quoi étonner. Mais le rêve européen demeure fort de son histoire –et toujours synonyme d’émancipation pour les artistes afro-américains– alors que les tensions racistes continuent de hanter l’Amérique d’Obama.

Lors de sa première venue à Paris, au milieu des années quatre-vingt-dix, pour une semaine, Denise King se produit à La Villa, le club de St-Germain-des-Prés. Rentrée à Philadelphie, elle inonde le patron du club de matériel promotionnel pour y revenir. Quand il accepte, suite à un désistement, elle saute dans un avion pour honorer son engagement. Là, elle rencontre le pianiste Olivier Hutman. Quelques années plus tard, en 2008, il la contacte pour lui proposer de travailler ensemble. C’est l’occasion pour la chanteuse de s’installer à Paris. S’en suit une collaboration d’environ six ans et des tournées à travers l’Europe.
Aujourd’hui, elle sort, au fil des mois, un album en quatre parties, Seasons of Jazz (Dot Time Records), soit quatre mini-albums (EP), dont le Volume 1 (l’automne) est disponible depuis novembre dernier. Elle se produira, par ailleurs, dans le cadre de l’International Jazz Day, le 30 avril, au Très Honoré (35, place du Marché St-Honoré, Paris 1er).

Propos recueillis par Jérôme Partage
Photos Patrick Martineau


© Jazz Hot n°675, printemps 2016


Jazz Hot: Vous venez de Philadelphie…

Denise King: Je suis née et j’ai grandi à Philadelphie. J’y ai été scolarisée, je m’y suis mariée, j’y ai divorcé, et j’y ai élevé mes enfants. La plupart de mes idoles viennent également de Philadelphie. C’est chez moi! J’avais un oncle qui jouait du saxophone, mais pas à un niveau professionnel. Ma tante également jouait du piano. Mais je ne les ai pas entendus jouer. Mon père chantait ainsi que ma mère; elle chantait dans une chorale. Nous n’étions pas vraiment une famille musicale; on jouait un peu de piano pour les repas de famille, mais pas plus.

Denise King ©Patrick Martineau


Avez-vous appris à chanter à l’église?

Non. Je vais vous dire un secret: mon frère et moi faisions l’église buissonnière. Ma mère nous envoyait à l’église, nous partions bien apprêtés, nous entrions et nous ressortions aussitôt pour aller manger un hamburger! Ce n’est donc pas un endroit où j’ai passé beaucoup de temps (rires)! J’ai appris à chanter en écoutant des disques. Je ne suis pas allée au conservatoire, et je ne sais toujours pas lire la musique. J’ai découvert le jazz quand j’avais 12 ou 13 ans. Je devais aller chez mon oncle et ma tante, dans la banlieue de Philadelphie. Mon oncle avait une imposante collection de disques de jazz. Un jour, j’ai mis un de ces disques. C’était The Sidewinder de Lee Morgan. J’étais complètement prise par la musique. Plus tard, une cousine, qui aimait chanter, m’a fait découvrir Nina Simone. Elle a mis «I Love You Porgy». Et là, j’avais découvert le jazz vocal. Sinon, il y avait aussi à Philadelphie une radio qui diffusait un programme jazz tous les vendredis et dimanches: Frank Sinatra, Dinah Washington, Sarah Vaughan, Billie Holiday, etc. Ça a été mon éducation.

Comment avez-vous débuté professionnellement?

Je n’ai jamais imaginé faire une carrière professionnelle. C’est arrivé comme ça. J’avais 30 ans. J’étais assistante médicale, élevant seule mes trois fils. Un jour, j’étais devant ma maison, je balayais en chantant. Un de mes amis, Rahman Rasheed, un guitariste, passait par-là. Il s’est arrêté et il m’a dit: «Tu sais chanter!». J’étais surprise. Je lui ai dit que je chantais juste quand je faisais le ménage. Il m’a répondu: «Ok, écoute: j’ai un gig qui arrive –je ne savais pas ce qu’étais un "gig”– et je veux t’auditionner. Et il m’a dit qu’il me paierait pour chanter. Pour moi, c’était la possibilité d’avoir plus d’argent pour élever mes enfants. Il m’a donc auditionnée, et j’ai été engagée. J’étais pétrifiée. C’était terrible!
(rires) Je ne sais pas comment je suis arrivée à faire sortir ma voix. Mais je n’ai pas laissé tomber parce que j’avais besoin de l’argent. Et c’est allé de mieux en mieux. J’ai d’abord eu une série d’engagements non payés; j’étais prête à abandonner, mais j’ai eu un gig au Dino’s1. Là, j’ai rencontré Sam Reed (ts) qui dirigeait l’orchestre de l’Upton Theater. Il m’a dit: «J’aime vraiment ta façon de chanter. Je t’appellerai.» Je n’y ai pas cru sur le moment. Mais il m’a appelée, et il m’a donné un engagement. J’ai commencé à travailler avec lui autour de Philadelphie, dans les clubs, pour des fêtes privées. Je faisais enfin ce que je voulais faire. J’ai donc commencé ma carrière de chanteuse comme un travail à mi-temps; mais ça représentait plus pour moi. Cela faisait partie de moi. J’adorais travailler à l’hôpital avec mes patients car j’aime aider les gens. Ça me convenait d’avoir une double carrière. Mais plus j’entrais profondément dans la musique, plus je sentais que c’était ma destinée.

Chris Culpo, Denise King, Peter Giron, Petit Journal Montparnasse, février 2016 ©Patrick Martineau


Avec qui avez-vous joué à vos débuts?

J’ai eu beaucoup de chance car dès mes premiers concerts, j’ai eu l’opportunité de travailler avec les plus grands musiciens: Bootsie Barns (ts), Sam Dockery (p), Shirley Scott (org), Lex Humphries (dm), Mickey Roker (dm)... Ils ont été mes professeurs. Ils m’ont appris que ma voix était un instrument.
Quand j’ai commencé à jouer avec Sam Reed, j’étais très timide. Comme vous le savez, un chanteur doit engager le contact avec le public. Il ne peut pas rester planté derrière son micro comme un mannequin. Il doit faire en sorte d’inclure le public dans le concert. Je me souviens, lors d’un gig avec Sam Reed, je me tenais debout, les musiciens jouaient, ça swinguait, c’était chouette! Entre les morceaux, les musiciens discutaient de ce qu’ils allaient jouer ensuite. Et pendant ce temps, je restais figée. Le public me regardait, et je le regardais. Alors, Sam s’est tourné vers moi: 
«Qu’est-ce que tu fais? Il faut que tu parles aux gens. Tu ne peux pas rester plantée comme ça! Dis quelque chose!
— Qu’est-ce que je dois dire? Ils ne me connaissent pas, et je ne les connais pas non plus!
— Dis bonjour! Dis quelque chose!
— Je ne peux pas faire ça! Je n’y arriverai pas!»
Sam n’a plus rien dit, mais il s’est glissé derrière moi, et il m’a piqué les fesses en faisant un bruit affreux
avec son sax. J’ai fait un bon en l’air et crié. Bien entendu, tout le monde a rigolé. Alors j’ai dit au public: «Je crois qu’il faut vraiment que je vous parle les amis sinon Sam va recommencer!». Et c’était parti. J’avais oublié ma timidité.

Avez-vous rencontré d’autres musiciens importants de Philadelphie?

J’ai rencontré Ted Curson à New York, quand il animait la jam-session du Blue Note. Je lui ai demandé timidement si je pouvais chanter. Il était tellement gentil et bienveillant! Il m’a invité sur scène, et nous avons joué «Misty». Il m’a regardé, il a souri et m’a fait un «OK» d’un signe de tête. Il était très encourageant. Percy Heath était aussi comme ça. Je l’ai rencontré lors d’un festival à Philadelphie. Je jouais avec Cecil McBee (b) quelques standards très swing. Avant de monter sur scène, Cecil m’a fait:
«C’est toi, la chanteuse?
— Oui.
— Très bien, on va voir ça.»
Je sentais la pression sur moi! Mais il m’a encouragée quand je suis entrée en scène. Et, après le concert, un homme très élégant est venu vers moi et m’a fait un baisemain: «Merci. Merci de faire vivre la tradition.» Cet homme, c’était Percy Heath. C’était très fort, ça voulait dire que mon travail comptait. Et c’est vrai, c’est mon boulot de faire vivre le jazz, de le rendre accessible aux gens plus jeunes. Bien sûr, je peux chanter du gospel, de la soul ou du R’n’B. Mais il n’y a plus tellement de jeunes chanteurs pour interpréter cette musique. Ma crainte, c’est que le jazz sombre dans l’obscurité…

Anthony Wonsey, Duane Eubanks, Denise King au South Jazz Parlor, Philadelphie, décembre 2015 ©Aleta Eubanks by courtesy


A Philadelphie, avez-vous l’occasion de transmettre cette tradition aux jeunes musiciens?

Un été, j’ai été invitée par le Kimmel Center pour enseigner durant leurs camps jazz d’été. C’était une expérience formidable. J’ai expliqué à de jeunes chanteurs que, bien entendu, un apprentissage scolaire était nécessaire mais qu’ils avaient également besoin d’un savoir puisé directement dans la vie des clubs. Qu’il leur fallait aller aux jam-sessions et rencontrer les musiciens.

Avez-vous travaillé avec le Clef Club de Lovett Hines2?

Bien sûr! J’adore Lovett! Son travail est essentiel: il fait découvrir le jazz aux nouvelles générations. Je n’ai jamais enseigné au Clef Club mais j’y ai joué de nombreuses fois et j’ai travaillé avec les gamins: Jordan Williams (p), Nazir Zbo (dm), Justin Faulkner (dm) viennent du Clef Club, et j’ai travaillé avec chacun d’eux. Les jeunes musiciens ont besoin d’apprendre à écouter. C’est très important. Tous les musiciens ne sont pas capables d’accompagner un chanteur, alors que ce devrait être un prérequis. J’ai vu certains musiciens, même des grands: vous mettez une chanteuse sur scène avec eux et c’est une catastrophe! Les chanteurs doivent prêter attention aux musiciens, écouter ce qui se passe. Mais les musiciens doivent aussi écouter les chanteurs. Récemment, je me suis produite avec un musicien qui ne faisait que jouer, il ne prêtait pas attention à ce que je faisais. C’est important de communiquer.

Comment la scène jazz de Philadelphie a-t-elle évolué ces trente dernières années?

Philly est une ville de jazz. Mais elle l’était davantage encore quand j’ai commencé à chanter. Il y a moins d’endroits où jouer. Comme partout dans le monde (rires). La scène jazz devrait être plus ouverte. Ce devrait être plus facile pour les gens d’entrer sans réservation, de se sentir bienvenus. Quand j’ai débuté, tous les jeunes musiciens pouvaient se rendre à un concert, rencontrer des musiciens plus âgés, et ça ne posait aucun problème. Ça n’existe plus aujourd’hui, ou seulement à partir d’un certain niveau. Avant, c’était différent: Evelyn Simms était une grande chanteuse de Philadelphie. Elle était adorable. Au début de ma carrière, c’était difficile de rentrer dans le milieu, personne ne me connaissait. Evelyn m’a appelée pour que je vienne la voir sur scène et pour passer du temps avec elle. Peu de jeunes musiciens ont aujourd’hui encore l’opportunité de bénéficier de la sagesse des plus anciens. Les gens à présent sont davantage autocentrés. Mais j’ai quitté Philly en 2008, alors peut-être que les choses se sont arrangées depuis.

Denise King, Peter Giron au Petit Journal Montparnasse, février 2016 ©Patrick Martineau


En 2008, vous vous êtes installée à Paris…

Oui. J’ai deux amours (en français)3. Paris a été une porte d’entrée pour moi. Aux Etats-Unis, les gens ont cette idée de Paris avec plein de clubs de jazz, sa vie artistique à Montmartre, Saint-Germain-des-Prés, etc. Bien sûr, ce n’est plus ça aujourd’hui: moins de clubs et pas d’argent… Mais ça a été une expérience extraordinaire sur le plan musical et générateur de beaucoup d’opportunités. Je suis reconnaissante d’avoir pu rencontrer tant d’excellents musiciens ici: Sylvain Beuf, Alain Jean-Marie, Julien Coriatt, Michel Rosciglione, Ahmet Gulbay et tant d’autres. C’est plus facile de travailler en Europe. Je peux rayonner dans différents pays sur le continent. Si je pouvais, je resterai à Paris pour toujours. Ma famille est à Philly, mais j’ai une seconde famille en Europe. Mon cœur est partagé entre deux lieux.

En fait, vous venez régulièrement à Paris depuis une vingtaine d’années…

Oui. La première fois que je suis venue, quelque chose m’a sauté à l’esprit. «Whow! C’est ça! C’est ici que je devrais être!» C’était une drôle de sensation. Je me sentais chez moi. Et c’était la première fois de ma vie que je marchais sur terre comme une femme, pas comme une femme noire: une femme! C’est le sentiment le plus libérateur que j’ai jamais eu. J’étais libre d’entrer dans une boutique de luxe sans être surveillée ni suivie par quelqu’un. Je pouvais me renseigner sur les prix. Et la dame de me répondre gentiment : «Celui-ci est à 10 000 euros». Elle ne m’a pas fait sentir que je n’étais pas à ma place, même si je n’avais que 200 euros en poche!
(Rires) Je me souviens de l’un de mes premiers concerts à Paris: je chantais et le public était si silencieux… C’était troublant. Ça m’a rendu nerveuse. Alors, je me suis tournée vers le pianiste:
« Tout va bien? Parce que… ils sont tellement calmes!
— C’est parce qu’ils écoutent. »
C’était inhabituel pour moi. La même chose s’est produite en Italie. Il y avait un public de deux mille personnes, et on pouvait entendre une mouche voler. C’est impressionnant deux mille personnes qui écoutent silencieusement du jazz. Il est difficile aux Etats-Unis de faire comprendre aux gens pourquoi il y a tant de musiciens américains en Europe… Les gars, vous ne réalisez pas que le niveau de reconnaissance du jazz est beaucoup plus élevé en Europe! La vie est tellement plus simple ici! Et il y a le bon vin et le fromage (rires)!

Il y a encore une communauté de jazzmen américains à Paris…

Oui, j’ai joué ici avec Christopher Culpo, Darryl Hall, Wayne Dockery, Kirk Lightsey, Boney Fields, Rasul Siddik, John Betsch, Peter Giron, Tony Match, Archie Shepp… Jouer avec Archie était une expérience! Il est génial! Il peut faire un concert de deux heures à plus de 70 ans.

Denise King avec le chorégraphe Larry Vickers, Petit Journal Montaparnasse, Février 2016 ©Patrick Martineau


Vous êtes attachée au lien entre jazz et danse…

A ses débuts, le jazz était considéré comme une musique de danse. Dans les années vingt, durant la swing era, le jazz était la danse du moment. En France et en Europe, il a eu un impact énorme sur les foules. Louis Armstrong, Sidney Bechet, Josephine Baker, Bricktop, The Harlem Hellfighters ont introduit cette musique auprès d’un public enthousiaste. Mes parents ont dansé sur cette elle. Avec le temps, le jazz a évolué vers une musique davantage faite pour l’écoute. Je crois que lorsque nous avons perdu la dimension dansante du jazz, nous avons perdu une partie importante de son public. Ce que j’essaie donc de faire, c’est d’encourager les gens qui assistent à mes concerts à se lever et à danser. Parce que le jazz ça doit être ça. Et ça me réchauffe le cœur quand je regarde vers l’assistance que je vois des gens danser. Je suis également une danseuse, et je ne perds jamais une occasion! Et je pense que la danse peut permettre d’attirer plus de jeunes vers le jazz.

2015


Parlez-nous de votre nouveau projet avec Dot Time Records…

Ce concept de quatre EP4, un pour chaque saison, est né d’une conversation avec mon amie Aleta Eubanks, épouse et manager de Duane Eubanks (tp), et avec une de ses relations de travail, Becca Helm. Je leur ai expliqué que je n’avais pas de label, et Aleta m’a dit qu’elle me mettrait en relation avec Dot Time Records. Mais je n’avais pas de projet à présenter. Alors nous avons imaginé ce concept de saisons du jazz. C’est une chance que Dot Time Records ait signé avec une femme de plus de 30 ans! Il y a tant de talents qui sont ignorés parce que les majors recherchent de jeunes et jolies chanteuses. C’est ridicule! Alors que ce qui compte, c’est la voix et les histoires. C’est le principal problème avec beaucoup de jeunes chanteurs: quand ils chantent, ils ne racontent pas d’histoire. Chaque fois que j’interprète une des chansons de ce projet, je pleure. Pas parce que la musique est mauvaise (rires), parce que j’ai vécu ces histoires. C’est pourquoi je peux les raconter. (Elle récite les paroles de «Fly Me to the Moon»). Avec ce projet, j’espère obtenir la reconnaissance dont j’ai besoin. Je veux travailler davantage aux Etats-Unis, obtenir des engagements plus importants. Sinon, j’ai également ce projet sur Sarah Vaughan avec un big band. Mais cela nécessite que je trouve le budget pour le mener à bien.



1. Dino’s Bar & Grill est une chaîne de restaurants.
2. Le Clef Club est une institution éducative de Philadelphie avec un auditorium pour accueillir des concerts (cf. Jazz Hot n°658).
3. Référence à Joséphine Baker.
4. EP: Extended Play, format d'enregistrement entre le single (un titre) et l'album CD.


CONTACT:
 http://denisekingsings.com


DISCOGRAPHIE

Leader/coleader
CD 1994. Now...Ain't That Love, R.E.D.D. King Records
CD 1996. Simply Mellow, R.E.D.D. King Records
CD 2002. Fever, R.E.D.D. King Records
CD 2010. No Tricks, Cristal Records 178 (coleader Olivier Hutman)
CD 2012. Give Me the High Sign, Cristal Records 209 (coleader Olivier Hutman)
EP 2015. Seasons of Jazz. Volume 1, Dot Time Records

1994200220102012







VIDEOS

2009. Denise King & Olivier Hutman Trio, «Take the A Train», Duc des Lombards, Paris 
Denise King (voc), Olivier Hutman (p), Philippe Brassoud (b), Andy Barron (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=eaKFgHeb3Oc

2010. Denise King «All of Me»: https://www.youtube.com/watch?v=VWKtJMsj70w

2010. Philly jazz vocalist Denise King shares some of her personal story and jams at the Jazz Bridge Cheltenham Concert Series in April 2010.
https://www.youtube.com/watch?v=L45hGkswHrk

2012. Denise King Quartet, «What a Difference a Day Made», Society Hill Playhouse, Philadelphie 
Denise King (voc), Aaron Graves (p), Jon Michel (b), Khary Shahid (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=dy6nVCUqHqM

2014. Denise King & Tony Match Trio, «Watermelon Man», River Jazz Café, Issy-les-Moulineaux 
Denise King (voc), Chris Culpo (p), Peter Giron (b), Tony Match (dm)
 https://www.youtube.com/watch?v=ITTWt2h8W_w

2015. Denise King & Evgeny Vladimirov (tb) Ensemble, «The Nearness of you», Evgeny Vladimirov Jazz-Club, Minsk (Biélorussie)
https://www.youtube.com/watch?v=o1D2WsQPqqw



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