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Moi, je ne le signerai pas. Je naime pas le chantage. Une signature arrachée sous la menace dun résultat électoral et dune candidature na aucune valeur. Question déthique donc. Et puis, quelle hypocrisie et quelle schizophrénie de parler de sauver la terre sans évoquer lindispensable diminution dune population humaine qui a plus que doublé en 40 ans ; quand ces écolos, en désaccord déjà avec leurs cosignataires, parlent de décroissance, de diminution de la production, de la consommation dénergie, de la destruction des OGM, de la fin du nucléaire, et autres nécessités bien réelles mais impraticables si on ne commence pas par le facteur premier : la décroissance de la population et donc une politique de dénatalité. Comme si cette question nengageait pas un débat planétaire, une lutte contre les pouvoirs religieux et politiques, et dabord le fait que les femmes puissent librement choisir ; comme si, nous étions seuls sur terre - les Français - à décider de lordre du monde. On en revient aux vieilles lunes de lAn 01, à peine 40 ans plus tard, la naïveté et lindividualisme en moins, car aujourdhui les propagandistes de ce " pacte ", les M. Hulot, Bové, etc., sont tout sauf naïfs.
Le retour à la terre, labstraction mythique, le dernier qui en a parlé comme solution universelle en France, cest Pétain. Cest le signe que la mémoire devient de plus en plus courte, mais ça on le sait avec les antijuifs de toutes obédiences, avec ce président larmoyant à tout propos qui bafouille sur le nucléaire Iranien (en accord avec Le Pen), avec la mesquinerie antitzigane au quotidien de nos maires, avec ces mouvements associatifs fondés sur la couleur de peau, et avec cette tolérance de plus en plus grande pour les discours, les actes racistes-sexistes contre les personnes.
On le sait avec le procès de Charlie Hebdo, pour lequel on attendrait non pas une relaxe de Charlie Hebdo mais une condamnation de ceux qui attentent à la laïcité, à légalité des sexes, avec une interdiction de mouvements tels que lUOIF. On attendrait aussi de Charlie Hebdo quil nait pas besoin dun curé et dun rabbin en couverture pour justifier son refus du fanatisme islamique et de lIslam comme des autres religions. Mais les libres-penseurs ne sont plus libres ; ils sexcusent de penser ce quils pensent.
Les écolos pleurent sur les émissions de pets ozonophages de la vache-bouc émissaire (car la vache nourrit les hommes). Demandons-leur sils font des enfants, et si ces enfants, et ceux des pays pauvres, doivent ou non boire du lait, avoir des écoles, voyager, sinstruire, travailler sur des ordinateurs, etc. M. Hulot sest-il seulement demandé si ses émissions cucul à lui ne consomment pas du kérosène et de la pellicule, et ne contribuent pas à dégrader la planète en vendant au tourisme prédateur des terres, vierges de touristes, qui devraient le rester pour permettre au genre humain de pouvoir continuer à rêver, respirer, découvrir, individuellement, par libre curiosité. M. Hulot vend des lieux communs à des nuées de consommateurs abrutis par la publicité et un mode de vie à la con, qui vont vandaliser lespace dautres populations (on nous le rend bien, la France est la première destination touristique), avec la complicité dédiles ou potentats locaux véreux qui bétonnent à l'envi pour distraire les abrutis de tous standings de ce quest leur vie et devrait être leur principal sujet dintérêt : le quotidien.
La pollution commence par cette manipulation. Et M. Hulot est une bénédiction pour les politiques quil exonère en France de leurs responsabilités, et crédibilise par une signature sans contenu. Il contribue à ramener la politique à son degré zéro : du Don Camillo pervers, où le plus important est de pigeonner, de piquer le client à létalage du voisin. Sarkozy fait du social dans les usines que ses amis et ceux du PS délocalisent ; Royal fait de la préférence régionale aux Antilles (un thème lepéniste), exalte les valeurs ethniques des ados violents des banlieues dont on constate tous les jours " lhumanitude " pour le corps enseignant, le matériel éducatif ou leurs propres concitoyen(nes), famille comprise ; Bayrou fait de la laïcité en se déclarant croyant à la sortie de la messe médiatique du procès Charlie Hebdo (vu à la télé), pendant que Le Pen avec son marxiste de service (il a une panoplie complète dalibis, de toutes les couleurs, idéologies et religions) fait du national-ouvriérisme, fauchant le thème des délocalisations sauvages à la gauche et lextrême-gauche qui ont oublié que la religion est lopium du peuple, même en banlieue, et que le mouvement ouvrier a eu à se battre contre les jaunes* et le sous-prolétariat pour préserver lidéal politique ayant permis ses conquêtes sociales universelles (et non la corruption par des avantages corporatistes). Et pour boucler cette chaîne dabsurdités, la gauche reproche à Sarkozy de condamner lexcision et la polygamie
comme si ce nétait pas un combat lui aussi essentiel, universel !
Pendant ce temps, M. Hulot focalise et réduit le débat à la fonte des glaces, utilisé par des politiques hypocrites et servi par des chercheurs soumis qui viennent à 500 (on n'a pas parlé du gaspillage) enfoncer pendant une semaine la porte ouverte par notre bafouilleur larmoyant.
Non, je ne signerai pas le pacte de M. Hulot. Cest vrai, il a lavenir devant lui : il y aura toujours des inondations, des avalanches, du soleil, de la pluie, de la sécheresse, de la pauvreté, de la laideur, de la maladie, de la vieillesse, et on peut tout expliquer, avec la complicité des politiques et des médias, par le réchauffement de la planète - en vérité, certains pensent davantage aux Américains et, au fond, aux Juifs. Il suffit de glisser " Katrina " ou " Rothschild " dans un texte. En l'absence de rationalité et de responsabilité collective assumée politiquement, on en revient aux symboles et aux slogans. Fonder lanalyse de létat du monde sur le pacte de M. Hulot est la couche-culotte d'une société incontinente : le matin, on ouvre sa radio sur la météo des hommes politiques, et on part au travail plutôt inquiet - le but est dinquiéter - en remerciant ces grands hommes inaccessibles de soccuper de nous et en maudissant linnommable (vu dans Le Monde).
Mais je suis un peu injuste avec notre époque, il y a aussi de bonnes nouvelles : nos politiques et nos grands groupes oublient les mauvaises odeurs des banlieues depuis quils commercent avec les dictatures huileuses qui pactisent dAmérique du Sud à la Chine, en passant par lIran, toutes idéologies confondues. Le pétrole est un bon déodorant. Et la France fait des bébés. Tout le monde est étonné et content de droite à gauche : les futurs vieux sont rassurés sur leur retraite, les partis et les syndicats constatent le renouvellement de leurs contributeurs obligés, les marchands de canons de leurs victimes et les femmes vont pouvoir retourner à leurs couches. Vivement les vacances de M. Hulot !
* Pour désigner les ouvriers que le patronat amenait, parfois de l'étranger, pour casser les luttes et les conquêtes sociales. On ne voit pas ce qui diffère avec les pratiques actuelles, si ce n'est quaujourd'hui, pour mieux exploiter, on déplace les usines et les capitaux plutôt que les hommes.
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