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Gerry Mulligan & The Concert Jazz Band

20 déc. 2013
Santa Monica 1960
© Jazz Hot n°665, automne 2013

Réédition-Indispensable
19 titres

Titres et personnel communiqués sur le livret
Enregistré le 1er octobre 1960, Californie
Durée : 57' 50'' + 1h 03' 34''

Fresh Sound Records 710 (www.freshsoundrecords.com)

Sans vouloir contrarier l’histoire officielle, on pourrait suggérer d’ajouter au, déjà chargé, samedi 1er octobre 1960 – indépendance du Nigéria, condamnation à mort de Francis Jeanson (gracié et amnistié), grande grève des syndicats de l’électricité aux USA etc. – ce superbe concert donné par The Concert Jazz Band de Gerald Joseph "Gerry" Mulligan (1927-1996) at The Santa Monica Civic Auditorium pour le plaisir sans cesse renouvelé qu’il procure à nos oreilles. Ce ne serait déjà pas mal !
En quête perpétuelle de nouvelles aventures sonores, Gerald Joseph n’est jamais resté les doigts rivés sur son baryton ou accroché à son fabuleux quartet pianoless. Ingénieux alchimiste du son depuis l’âge de19 ans, il a eu le temps avec Gene Krupa, Miles Davis, Elliot Lawrence, Stan Kenton de soigner ses travaux d’écriture. Homme de challenge, il réussit, en 1960, la gageure de faire sonner une moyenne formation – treize musiciens – comme un grande tout en précisant aussi que : « my idea…[is] that we have a big-band feel in the way that a big-band ought to be ». Une double exigence liée en partie aux conditions économiques et humaines comme un formidable défi d‘autant mieux atteints que l’immense talent d’écriture trouve a dream team à sa mesure pour l’exprimer. Et ce qui ne gâte rien, with a frange on top : brother Zoot Sims en vacances provisoires de grands orchestres, comme invité. Arrangés aussi par quelques grands maîtres californiens : Bill Holman, Bob Brookmeyer, présent sur scène, Johnny Mandel, Al Cohn, les dix-neuf thèmes, ici présents, jamais surjoués, "sursoufflés" – "une ligne rouge" à ne pas essayer de franchir chez l’intransigeant Mulligan ! – ont tous cette particularité d’être interprétés de manière aérienne. Issus ou pas du répertoire habituel du saxophoniste, marqués parfois du sceau de l’originalité due à l’utilisation particulière d’une seule clarinette à l’octave – tenue ici par Gene Quill – trempés dans la meilleure des fontaines de jouvence, ils ouvrent aux solistes un vaste espace de liberté dans lequel ils s’engouffrent tous en choeur. Outre le patron qui se taille la part du lion, ce sont les envolées bien enlevées de Brookmeyer, de Zoot Sims et de Conté Candoli qui retiennent l’attention avec une mention spéciale pour le sous-estimé et pré-cité Gene Quill à l’alto, particulièrement en verve sur ces « Eightheen Carrots for Rabbit » destinées à Johnny Hodges.
Ces deux CDs – de très bonne qualité sonore – complètent les 6 des 19 performances enregistrées à Santa Monica et éditées, il y a quelques années, par Mosaïc.

Jean-Jacques Taïb