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Benny Goodman Orchestra

20 déc. 2013
Feat. Anita O’Day
© Jazz Hot n°665, automne 2013

Réédition-Sélection
15 titres
Titres et personnel communiqués sur le livret
Enregistré le 15 octobre 1959, Freiburg (Allemagne)
Durée : 1h 16' 07''

Jazzhaus 101704 (www.jazzhaus-label.com)

Que ce soit dit une bonne fois pour toutes. Je bénis Goodman sans retenue contre ceux qui l’ont condamné jadis et le condamnent encore pour ce qu’il était. Sans jamais l’écouter. Je bénis Goodman, soir et matin, pour son immense talent, pour sa musique de danse exigeante comme pour ses petites formations dont le fantastique quartet avec Lionel Hampton, Teddy Wilson et Gene Krupa. Je bénis Goodman sans restriction pour son swing même s’il n’en était pas le King, pour avoir donné à la clarinette un style et un son qui continuent de faire école, pour son esprit d’ouverture, son courage et pour tout ce que j’ai pu oublier. C’est sans appel.
En 1959, le très actif clarinettiste, étoile pâlissante aux USA mais populaire à l’étranger, en déplacement musical perpétuel, vient tout juste de passer la cinquantaine alors que sa consœur, Anita O’ Day, sa benjamine de dix ans, connaît, après des années de galère – nonobstant une très intense et remarquable activité discographique – une notoriété retrouvée en 58 lors de son passage au festival de Newport. Deux carrières deux individualités différentes, deux philosophies de vie opposées qui vont ainsi se croiser le temps d’une tournée en Europe. Un simple gig pour l’une, une tournée de plus pour l’autre. Rien, hors ce bel enregistrement, pris lors du premier concert, ne transpirera de cette cohabitation qui les conduit après Fribourg à Stockholm, Brême, Berlin, Bâle et Vienne.
Avec une moyenne formation subtilement dosée – les anciens, légèrement minoritaires côtoient, les jeunes be-boppers, inconnus pour certains – et un répertoire que le public veut entendre – du « Let’s Dance » d’ouverture au medley de fermeture ( de « Don’t Be That Way » à « Bei mir bist du scheen ») – la musique, sans être exceptionnelle, n’en est pas moins très soignée.
Benny Goodman, détendu, est égal à lui-même, oubliant même les paroles sur « Gotta be this or that ». Comme à l’accoutumée, les solistes, tous excellents, ont la part belle. Si le vétéran Red Norvo n’est pas en reste, Jack Sheldon à la trompette, – amusant dans le rôle de Roy Eldridge sur « Let Me off Uptown » – Jerry Dodgion à la flûte et l’élégant Russ Freeman au piano insufflent une énergie supplémentaire à l’orchestre.
Quant à Anita O’ Day, présente seulement sur 5 plages, elle se conduit en grande professionnelle. Outre, un bel exposé d’ « Honeysuckle Rose » avec la basse, elle se montre particulièrement inspirée sur « Come Rain or Come Shine » et impériale dans son scat sur « Four Brothers ». Grands regrets de ne pas l’entendre un peu plus !
PS : Une erreur, un détail, un rien à signaler : le bassiste se nomme Red Wooten et non Wootton comme le mentionne le livret.

Jean-Jacques Taïb