pubentetesite
Actualités
Rechercher   << Retour

Marly Jazz Festival 2012

9 mai 2012
Centre La Louvière, 9 au 13 mai 2012
Marly Jazz Festival 2012 Du 9 au 13 mai 2012, le Marly Jazz Festival a proposé sa 8ème édition au Centre La Louvière. Pour ce printemps ensoleillé en terre messine, ont été présentées huit formations, soit une cinquantaine de musiciens, ainsi que des groupes d'élèves d'établissements musicaux environnants, se produisant à 18 heures en avant-première des concerts en deux parties, qui débutaient à huit heures et demi.
En partenariat avec le Centre Pompidou de Metz, dont le maire de Marly, M. Thierry Hory, est administrateur, Patrice Winzenrieth, directeur artistique du MJF, a ouvert la manifestation avec une conférence de votre serviteur, consacré à l'année 1917, thème de la prochaine exposition du Centre Pompidou ; la causerie avait pour sujet Le Jazz et Europe. Une assistance nombreuse s'était déplacée pour découvrir les circonstances de l'implantation du jazz sur le Vieux continent et ses implications géopolitiques. Après un débat passionné avec l'assistance, fut présenté le film de Jean-Christophe Averty, Des rives de Pontchartrin au Mississippi.
Jeudi 10, la formation de Gautier Laurent (b), avec Pierre-Alain Goualch (p), Johannes Muller (sax) et Jean-Marc Robin (dm), a ouvert la soirée. Une musique jouée avec conviction. En seconde partie, le quartet du trompettiste Ambrose Akinmusire, accompagné par Sam Harris (p), Harish Raghavan (b) et Justin Brown (dm). Il joua plusieurs pièces de son album When the Heart Emerges Glistening, mais aussi « Richard », « Henya », « The Fire Next Time »… toutes compositions personnelles, ainsi que celle du batteur Justin Brown, « Snake Bite ». Nous retiendrons la jolie version de sa composition, « Regret no More » et le bis, « My Funny Valentine », où la musicalité du trompettiste s'est pleinement exprimée. Instrumentiste accompli, qui possède une belle sonorité, qui n'est pas sans rappeler Roy Hargrove (par le ton). Regrettons qu'il n'ait pas montré une plage plus large de son talent.
Vendredi 11, après le concert gratuit du Big Band de Woippy, la soirée continua avec le trio de Gregory Ott (p), Frank Bedez (b) et Mathieu Zirn (dm). Malgré une certaine réussite, l'aspect technique laisse une faible place au chant, au lyrisme : douze pièces originales ! Ce fut un peu long… Pourquoi ne pas varier un peu ? La soirée se prolongea avec la chanteuse Mélanie Dahan, accompagnée par Giovanni Mirabassi (p), Marc-Michel Le Bévillon (b), Lukmil Perez (dm), Eve-Marie Bodet (1er vln), Johan Renard (2nd vln), Frédéric Eymard (vla) et Clément Petit (cel). Un travail de qualité dans un programme « latin » (« Berimbau » de Baden Powell, « Luiza » de Jobim…) mais également de chanson française (« Utile » de Roda Gil, « Que feras-tu de ta vie » de Legrand, « Le prochain amour » de Brel ou « La Princesse et le croque note » de Brassens), extraits de ses deux albums Latine et La Princesse & les Croque-notes. Les arrangements du contrebassiste sont bien équilibrés. Le quatuor dialogue dans une belle complémentarité avec le piano. Le trio porte la chanteuse. Le Bévillon est parfait ; Perez accompagne avec intelligence et finesse ; quant à Mirabassi, ce fut un bonheur musical permanent, alternant lyrisme et trouvailles rythmiques. Un concert de belle musique.
Samedi 12, le Conservatoire régional de Metz présenta une formation de musiciens en herbe sympathiques et prometteurs. En première partie du concert, Grégory Privat (p) Group, avec Rafael Paseiro (b), Arnaud Dolmen (dm & perc), Renaud Gensane (tp) et Faustine Cressot (voc) ont joué Caribbean : « Ki Kote », « Kouté Pou Tann », « Pa Pé », « Nouvel Esclave »… des compositions personnelles. Ensemble agréable. La soirée se prolongea avec le quintet de l'accordéoniste Vincent Peirani. Entouré d'Emile Parisien (sax), Tony Paeleman ((clav), Julien Herne (b) et Yoan Serra, il joua essentiellement des compositions personnelles (« Some Monk », « Valse en chantier », « Air Song », « Miniature »), « Mutinerie » de Michel Portal et reprit la pièce pour piano de Duke Ellington, « Dancers in Love ». De bons musiciens jouant de la pop, du rock, accessoirement du jazz.

Dimanche 13, la dernière soirée commença avec le quartet du guitariste Anthony Winzenrieth, accompagné par Nicolas Dri (p), Sylvain Dubrez (b) et Baptiste de Chabaneix (dm). Mise à part l'adaptation de « La Marseillaise », toutes les pièces (« Hymne à la mort », « I'm Strong », « Corpus », « Barbe Blues »…) étaient des compositions originales ; certaines étaient bienvenues et le groupe tourne. Le festival se termina avec le quartet du batteur Aldo Romano qui, pour cette Complete Communion to Don Cherry, publié en 2010, avait convié les membres l'album, Géraldine Laurent (as), Fabrizio Bosso (tp) et Henri Texier (b). Ils ont donné « Rememberance », « Jayne » (une démarquage de « Out of Nowhere »), « Elephantasy », « Spring Is Here », « Music Man » pièces de Cherry mais également « Mothers of the Veil » (Ornette Coleman) et « Black & Blue » et en bis « Gush », composition personnelle. Concert remarquable par la tenue. Géraldine fut sobre mais très présente, tant dans les ensembles que dans ses solos. Fabrizio est un trompettiste d'exception : superbe aussi bien dans sa manière d'approcher la vieille, mais oh combien toujours jolie mélodie de Fats Waller (1929), que dans sa finesse musicale rattachant « Jayne » à sa mélodie d'origine. Henri a assuré derrière une assise impeccable. Quant à Aldo, il a été discret, accompagnant avec beaucoup d'efficacité. Les quatre ont été remarquables. Un excellent concert de jazz.
Cette édition 2012 constitue une étape importante dans le développement du Marly Jazz Festival. Organisée par une équipe motivée, disponible et compétente, cette manifestation ne demande qu'à grandir. Le maire de Marly, parait vouloir persévérer dans son action culturelle ; il lui donnera, à n'en pas douter, les moyens d'acquérir une place signifiante dans le calendrier national du jazz en Moselle.
Félix W. Sportis