| Red Holloway
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25 fév. 2012 |
| 31 mai 1927, Helena (Arkansas)-25 février 2012, Morro Bay (CA) |
L e saxophoniste James Wesley « Red » Holloway, né le 31 mai 1927 à Helena (Arkansas) est décédé le 25 février 2012 à Morro Bay (CA). Le récit de son enfance n’est guère enthousiasmant : fils d’une mère célibataire de 13 ans, sa demeure se limitait à une seule pièce. Il lui est même arrivé de dormir sur le piano de sa mère. Sa mère s’établit à Chicago quand Red Holloway a 5 ans. Elle lui enseigne le piano et il apprend également le banjo et l’harmonica puis le saxophone à l’âge de 12 ans. Catholique, il fréquente l’église où sa mère joue de l’orgue Il développe son apprentissage auprès du légendaire Captain Walter Dyett à la DuSable High School, aux côtés de Johnny Griffin. Son premier engagement professionnel se fait auprès des Dukes of Swing de Eugene Wright (b) en 1943. Il part à l’armée en 1946 et dirige l’orchestre de la 5e armée. En 1948, il part en tournée avec le pianiste de boogie et de blues Roosevelt Sykes, qui avait été à l’école avec sa mère. Grâce aux facilités offertes aux GIs après la guerre, il peut étudier au conservatoire de Chicago. Parallèlement, il participe à tout ce que la scène blues de Chicago peut offrir et joue avec Memphis Slim ou B.B. King. Avec son quartet, Red Holloway accompagne les musiciens en tournée à Chicago, comme Billie Holiday ou Ben Webster. Il fait partie des musiciens de référence de la scène locale et accompagne les groupes de doo-wop, de blues ou de rhythm and blues dont Jimmy Reed, Willie Dixon, Junior Parker, Bobby « Blue » Bland ou Chuck Berry. Durant cette période très riche, il joue et tourne avec Muddy Waters, Jimmy Rushing, Arthur Prysock, Cleanhead Vinson, Wardell Gray, Sonny Rollins, Lester Young, Joe Williams, Aretha Franklin ou Lionel Hampton. Ce n’est qu’en 1960 qu’il s’installe à New York, participant au big band de rhythm and blues de Lloyd Price (voc) ou au groupe de Bill Doggett (org). Toujours ancré dans le blues, il se produit pendant trois ans dans le groupe de Jack McDuff (org) aux côtés de George Benson. Il retrouve son compatriote de Chicago Johnny Griffin pour un enregistrement en 1963 (The Burner) dans la veine des grandes rencontres entre ténors qu’il affectionne. Il s’installe à Los Angeles en 1967 et s’occupe d’un club, le Parisian Room, pendant quinze années. Il est même sollicité par le guitariste de blues britannique John Mayall et tourne avec ses Bluesbreakers. Toujours prêt à batailler avec d’autres ténors, comme Gene Ammons (1972, Free Again), il collabore avec Sonny Stitt pendant cinq ans pour de mémorables et épiques batailles de saxophone (1977, Just Friends). Musicien reconnu, tournant régulièrement dans le monde entier et participant à divers all-stars, il sera même candidat à la mairie de Cambria (CAZ). Il participe à des croisières avec notamment Benny Carter et enregistre quelques albums dans ce cadre (1995, Live at the Floating Jazz Festival 95 avec Harry Sweets Edison ; 1998, Standing Room Only, avec Junior Mance, et O.C. Smith). Durant les années quatre-vingt, il est fréquemment associé à Clark Terry, Ray Brown, Carmen McRae, Etta James dans des contextes entre mainstream, blues et bebop. Il enregistre avec de superbes rythmiques (1987, Red Holloway & Company, avec Cedar Walton ; 1998, In the Red avec Norman Simmons, Peter Washington et Kenny Washington) et continue les belles rencontres entre ténors (2001, Keep That Groove Going! Avec Plas Johnson). Il continue à enregistrer avec des vétérans, retrouvant même Jack McDuff (2001, Brotherly Love avec Pat Martino et Joey DeFrencesco) ou d’autres organistes (2003, Coast to Coast, avec Dr. Lonnie Smith, Frank Wess, Melvin Sparks et Paul Humphrey). Il s’illustre aussi dans le groupe de Horace Silver (1994, Pencil Packing Papa). S’il évoque parfois Johnny Hodges à l’alto, c’est au ténor qu’il affirme sa personnalité, s’exprimant avec fluidité dans le registre bebop où il possède sa propre originalité, à l’instar de ses partenaires comme Johnny Griffin ou Sonny Stitt. En sideman ou en leader, c’est un musicien amoureux de la musique dont l’énergie et l’enthousiasme traverse chacune de ses interventions. Il représente la synthèse insouciante et permanente de nombreuses dimensions du jazz, à savoir le bebop, le blues, le rhythm and blues sans jamais se poser de questions formalistes. Il s’était fréquemment produit à Paris, avec Spanky Wilson et Philippe Milanta, et avait accordé une longue et passionnante interview à Jazz Hot en 1996 (n°535).
Jean Szlamowicz Photo ©David Sinclair
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