Err

pubentetesite
Roy Ayers, Festival de Nice 2007 © Umberto Germinale/Phocus
Roy Ayers, Festival de Nice 2007 © Umberto Germinale/Phocus

Roy AYERS

Good Vibes

Qui a reçu ses premiers maillets de Lionel Hampton à l’âge de 5 ans? Qui a travaillé avec les grands noms du jazz de Los Angeles dans les années 1960 (Curtis Amy, Phineas Newborn Jr., Gerald Wilson, Jack Wilson, etc.)? Avec Herbie Mann à New York pendant quatre ans (1966-1970), avant de quitter le monde du jazz dans les années 1970 pour s’épanouir avec sa formation Ubiquity dans le RnB, mélangeant le funk, la soul et le disco, enregistrant des albums devenus légendaires? Roy Ayers!
Considéré dans les années 1980 comme le pionnier de l’acid jazz, du neo soul et adulé depuis par les rappeurs et les stars du hip hop, le vibraphoniste compte parmi les musiciens les plus samplés au monde. Ses chansons «Everybody Loves the Sunshine» et «We Live in Brooklyn, Baby» sont des hymnes.
Né le 10 septembre 1940, à Los Angeles, Roy Edward Ayers Jr., nous raconte son aventure. Pas sa période RnB, la plus connue, mais les années jazz. Celles qui l’ancrent dans une tradition et vont faire émerger sa très forte personnalité musicale.

Propos recueillis par Mathieu Perez
Photos d’Umberto Germinale, Mathieu Perez et David Sinclair


© Jazz Hot n°685, automne 2018


Jazz Hot: Cette histoire que vous racontez, qu’à 5 ans Lionel Hampton vous a donné ses maillets, c’est vrai?

Roy Ayers: Bien sûr! C’était au Paramount Theatre à New York. J’étais assis au bout dans l’allée à la fin, pas dans la section du milieu. Il chantait «Hey-Ba-Ba-Re-Bop» et marchait dans l’allée avec ses soufflants et son bassiste. Le batteur, bien sûr, restait sur scène et continuait à jouer. Hamp traversait l’allée, dehors puis remontait sur scène. Et il m’a donné ses maillets. Ma mère m’a alors dit: «Cet homme vient de te donner des vibrations spirituelles, Roy.» Je pensais que c’était merveilleux. Je n’oublierai jamais ça! Puis, j’ai perdu ces maillets...

Roy Ayers, New Morning, Paris, 28 juillet 2016 © Mathieu Perez
Roy Ayers, New Morning, Paris, 28 juillet 2016 © Mathieu Perez

Vous avez joué avec lui?

J’ai joué avec Lionel Hampton en 1987 au Village Gate. Je jouais là-bas avec mon groupe. Et Lionel est venu un soir pour me voir jouer. C’était en bas, vous savez. Il y avait environ 600 personnes. A un moment, j’ai dit que j’avais besoin d’un autre vibraphoniste, et j’ai annoncé Lionel Hampton. Il ne savait pas que j’allais l’appeler sur scène. Avec le groupe, nous avions répété «Flying Home». C’est comme ça qu’on a joué ensemble.

Qu’aimiez-vous chez Lionel Hampton?

Sa personnalité. C’était l’entertainer par excellence! Tout le monde, y compris Sonny Stitt, Miles Davis, Dizzy Gillespie, a travaillé dans l’orchestre de Lionel Hampton. Et tout le monde voulait jouer avec lui. Hamp, comme Milt Jackson, chantait également. Oh là là! Il avait un groove! Avec juste quelques riffs, il vous faisait voyager. C’était le scat sur un vibraphone (He was scat on the vibe). Il était incroyable! Quel innovateur! Et il avait un grand respect pour le public. Miles aussi, même s’il lui arrivait de tourner le dos au public. Mais tous les deux aimaient profondément la musique. J’ai toujours voulu jouer avec Miles. Mais il ne m’a jamais appelé... Mais il a appelé Buddy Montgomery, le frère de Wes, qui était pianiste et vibraphoniste. Buddy n’aimait pas voyager en avion, alors il n’a jamais joué avec Miles. Il y a des musiciens qui sont comme ça. Aretha Franklin, Wes Montgomery, etc.

Avez-vous eu l’occasion de le connaître de plus près?

Pas vraiment. Des années plus tard, je l’ai croisé, je lui ai dit que j’avais un vibraphone Deagan. Il m’a tout de suite conseillé de prendre un Musser. (Rires) Ces derniers temps, je joue avec un KAT. Il est très facile à transporter.

Quelle est la dernière fois que vous avez vu Lionel Hampton?

J’ai vu Hamp quelques mois avant sa mort. Il avait 93 ans. Il a joué jusqu’au bout.

Vous avez toujours aimé sa musique?

Mon père jouait du trombone mais n’était pas professionnel. Ma mère enseignait le piano. Mes parents passaient les disques de Lionel Hampton tout le temps. Enfant, je voulais être Lionel Hampton!

Quel était votre premier instrument?

Le piano. Nous avions eu un piano droit à la maison.

Roy Ayers at Ronnie Scott's, London,  24 february 2003 © David Sinclair
Roy Ayers at Ronnie Scott's, London, 24 february 2003 © David Sinclair

A quel âge achetez-vous votre premier vibraphone?

Ma mère et mon père m’ont acheté mon premier vibraphone en 1958. J’avais 17 ans. C’était ma dernière année à Jefferson High School. J’étais obsédé. Je rendais mes parents fous! Ils étaient cools. Ils me demandaient de ne pas jouer le soir pour pouvoir dormir. Ils travaillaient dur! J’ai trois sœurs. Toutes sont institutrices. Mes parents ont mis leurs enfants à l’université. J’ai étudié à Los Angeles City College, puis j’ai lâché pour devenir musicien professionnel.

Avec qui avez-vous étudié la musique?

J’ai eu d’abord un percussionniste classique. Mais c’était surtout Alma Hightower. Elle était très connue. Lionel Hampton allait la voir. Elle habitait à deux portes de chez moi. J’ai étudié avec elle brièvement.

Quelle a été
, pour vous, l’importance de l’enseignement de Sam Browne, professeur d’harmonie au Jefferson High School?

Sam Browne était incroyable! C’était un génie. Quand je lui ai demandé qui je devais rencontrer pour apprendre davantage, il m’a dit: «Apprenez par vous-même, Ayers». Alors j’ai appris par moi-même.

Quels étaient vos liens avec Bobby Hutcherson?

Bobby Hutcherson et moi avons le même âge. On est tous les deux de Californie, lui est de Pasadena. J’ai rencontré Bobby Hutcherson au lycée. Il jouait déjà. Il a commencé à jouer environ deux ans avant moi. Il a travaillé avec Curtis Amy et Gerald Wilson avant que je travaille avec eux.

Vous avez toujours été un passionné de jazz.

Toujours. J’ai été influencé par les musiciens de jazz, surtout Lionel Hampton et Miles Davis. Je connais l’histoire de cette musique.

Qu’écoutiez-vous à l’époque de Jefferson High School et du
Los Angeles City College?

J’étais curieux de tout.

Roy Ayers, Festival Jazz des 5 continents, Marseille, 2017 © Ellen Bertet
Roy Ayers, Festival Jazz des 5 continents, Marseille, 2017 © Ellen Bertet

Il y avait beaucoup de clubs de jazz à Los Angeles?

Oui, beaucoup. J’ai grandi à Vernon, dans l’est de Los Angeles. Au coin de chez moi, sur Vernon Avenue et Avalon Boulevard, il y avait un club de jazz où Dexter Gordon, Charlie Parker, etc., jouaient dans les années 1950. Enfant, je regardais par la fenêtre, je les voyais au loin. Je ne savais pas qui c’était. J’ai dû voir passer Charlie Parker bien des fois.

Quel a été votre premier gig en professionnel?

Curtis Amy. Bobby Hutcherson était dans le groupe, puis il est parti. J’étais dispo’. J’étais le seul vibraphoniste de Los Angeles. Il y avait Dave Pike, mais il était parti en Europe. Durant ces années, j’ai travaillé avec Curtis Amy, Gerald Wilson, Jack Wilson, Phineas Newborn Jr., Hampton Hawes, etc. J’ai joué avec Les McCann dans un endroit qui s’appelait «The Bit», à Hollywood. J’ai joué aussi avec Bobby Hutcherson. On jammait.

C’est Bobby Hutcherson qui vous a recommandé à Curtis Amy?

Non, je l’ai rencontré directement. Curtis a enregistré sur World Pacific Jazz, le même label que les Crusaders. Dick Bock était le proprio’.

Quel souvenir gardez-vous de Way Down de Curtis Amy, votre première expérience dans un studio d’enregistrement?

C’était une session sympa’. Le pianiste était Victor Feldman que j’adorais; il était aussi vibraphoniste. Marcus Belgrave était là. C’était ma première session, j’étais nerveux. Marcus est venu me voir et m’a dit en souriant: «Comment ça va, petit frère?» Il était cool, il a trouvé les mots pour détendre l’atmosphère. C’était
un grand musicien.

Quel souvenir gardez-vous de Phineas Newborn Jr.?

C’était un musicien magnifique. Il a joué sur mon vibraphone une fois! A l’entracte. Je jouais dans un club avec mon quartet. Herbie Lewis, Phil Moore III... C’était avant que je travaille avec lui.

Vous avez fait partie de la formation de Jack Wilson. Comment cela a-t-il débuté?

Il m’a contacté. J’ai enregistré beaucoup de séances avec lui. Certaines avec Antonio Carlos Jobim, Sergio Mendes. Sergio me faisait des compliments sur mon jeu. Un des albums que j’ai fait avec Jack s’intitule Brazilian Mancini. On jouait la musique d’Henry Mancini. Le guitariste était Antonio Carlos Jobim, mais pour des raisons politiques, son nom ne pouvait être mentionné. Alors ils l’ont appelé Tony Brazil!

Roy Ayers, Festival de Nice 2007 © Umberto Germinale/Phocus
Roy Ayers, Festival de Nice 2007 © Umberto Germinale/Phocus

Cal Tjader est un autre vibraphoniste qui a beaucoup compté pour vous.

J’ai tapé le bœuf plusieurs fois avec Cal Tjader. C’était quand il y avait Willie Bobo, Mongo Santamaria, Lonnie Hewitt, Al McKibbon et Paul Horn. Je connaissais par cœur tout ce qu’il avait enregistré. Je connaissais aussi toutes les chansons de Miles. J’étais prêt pour lui, mais il ne m’a pas appelé. Herbie Mann m’a appelé. Ce que personne ne sait à propos d’Herbie, c’est qu’il voulait être comme Miles Davis.

Quelle a été l’importance de Gerald Wilson (1965-1966) dans votre parcours?

J’ai fait deux enregistrements avec Gerald, On Stage et The Golden Sword. Il a écrit une composition pour moi. On a également enregistré un disque live avec Nancy Wilson. Nous avons fait plusieurs concerts ensemble! Il écrit de la belle musique. Être avec lui est un régal. C’est un livre d’histoire!

Votre première tournée à l’étranger, c’était avec quel leader?

Après Curtis, vers 1964-1965, je suis parti en tournée avec Chico Hamilton. On est venu à New York, et on a fait une tournée au Japon pendant 21 jours.

Quels étaient les musiciens de cette formation?

C’était Chico, moi, Stan Gilbert (b) et un saxophoniste dont j’ai oublié le nom. On jouait tous les tubes de Chico, «Forest Flowers», «Sunset», etc. Avec Chico, je suis allé au Japon et à New York. Puis, je suis revenu à Los Angeles. Un jour, Reggie Workman m’appelle et me dit qu’Herbie Mann a besoin d’un vibraphoniste et d’aller le voir au Lighthouse, à Hermosa Beach. Donc j’y suis allé avec mon vibraphone. Tout le monde au club savait qui j’étais. C’était incroyable! Je suis un enfant de Los Angeles.

J’ai entendu une autre version: Jimmy Owens vous a recommandé à Herbie Mann.

Oui, Jimmy était dans le groupe de Herbie. Il a toujours été là pour moi.

C’est donc pour travailler avec Herbie Mann que vous vous installez à New York?

Oui, j’ai travaillé avec Herbie, de 1966 à 1970. La plupart des musiciens qui s’installent à New York n’ont pas de travail. Moi, j’en avais. Pendant quatre ans, on a dû travailler chaque semaine. Herbie travaillait tout le temps. Parfois, nous faisions des sessions d’enregistrement, et nous utilisions Herbie Hancock, Chick Corea, d’autres gars qui étaient phénoménaux.

Roy Ayers at Ronnie Scott's, London, 24 february 2003 © David Sinclair
Roy Ayers at Ronnie Scott's, London, 24 february 2003 © David Sinclair

Où jouiez-vous?

Au Village Gate, à Carnegie Hall. Moi, j’ai dû y jouer six fois. Une fois avec Patti LaBelle, une autre avec Tito Puente, Roberta Flack, etc.

Pour vos premiers disques en leader, produits par Herbie Mann, Virgo Vibes, Stoned Soul Picnic et Daddy Bug, vous étiez imbibé de jazz. Il suffit de voir vos sidemen.

Charles Tolliver est sur Stoned Soul Picnic. Il y a aussi Gary Bartz, Ron Carter, Miroslav Vitous, Hubert Laws, Grady Tate. Sur Virgo Vibes, j’avais Joe Henderson, Harold Land, Charles Tolliver, Reggie Workman, Buster Williams, Jack Wilson, Herbie Hancock, Donald Bailey et Bruno Carr. Des grands musiciens! Je savais qu’ils feraient du bon travail. Je voulais que mes albums soient aussi branchés que possible. Blue Note refusait qu’Atlantic utilise Herbie Hancock. Nous l’avons donc rebaptisé Ronnie Clark!

Vous avez aussi été le road manager d’Herbie Mann.

Je l’ai fait pour lui, et je le fais pour moi maintenant. Avec Herbie, on était cinq dans le groupe. Je louais une voiture, etc. Tout s’est bien passé.

Pourquoi avoir quitté la formation d’Herbie Mann?

Il était temps pour moi de passer à autre chose. Mais tout allait très bien entre nous. D’ailleurs, plus tard, j’ai fait des concerts avec lui.

Où?

Par exemple, en 1992, Herbie fêtait son 40e anniversaire au Blue Note. Il avait monté un reunion group avec Les McCann, Cornell DuPree, David Fathead Newman, et d’autres.

Quel leader était-il?

Travailler avec Herbie était un vrai plaisir. C’était vraiment un type bien, un grand leader. Il ne disait du mal de personne. Sauf au moment de la Guerre des Six Jours en Israël. Sur scène, il se mettait à parler des Palestiniens, des Israéliens etc. Je lui avais dit qu’il ne devrait pas parler de ce genre de truc. On ne sait jamais qui est là dans la salle. Quelqu’un aurait pu avoir un flingue et lui tirer dessus... Mon vibraphone était à côté de lui. Je lui ai dit que j’allais le déplacer à l’autre bout de la scène. (Rires) Puis, il a cessé d’en parler. Plus tard, nous avons fait l’album Impressions of the Middle East. Il était fier d’être juif.

Quels sont les leaders qui vous ont le plus marqué?

Herbie Mann et Gerald Wilson. Je me suis beaucoup inspiré d’eux pour mes groupes.

Roy Ayers, 28 juillet 2016 New Morning, Paris © Mathieu Perez
Roy Ayers, 28 juillet 2016 New Morning, Paris © Mathieu Perez


Où étiez-vous quand Coltrane est mort?

Je travaillais avec Reggie Workman et Herbie Mann. Je pense que nous étions au Jazz Workshop à Boston... Coltrane était un gars très sympa’. Je l’ai rencontré une fois au Shelly’s Manne-Hole à Hollywood. Tout le monde était en admiration devant lui.

A partir des années 1970, vous créez votre formation Ubiquity et vous vous détachez du jazz pour vous diriger vers le RnB.

J’ai toujours senti que je pouvais jouer n’importe quel type de groove, du jazz, du blues, de la soul, du gospel, etc. C’est essentiel pour être un interprète. Avec Ubiquity, je savais exactement ce que je voulais faire. Et puis, je produisais mes disques. Je vivais dans le studio. On était toujours quatre ou cinq dans le studio. On travaillait jour et nuit. Parfois, 28 heures d’affilée! Mais, à un moment donné, il faut se calmer, arrêter la drogue. C’est la drogue qui a tué tous les grands musiciens de jazz. Mais personne n’en parlait vraiment, ne disait jamais dit qu’il fallait faire attention. J’ai compris bien plus tard. En 2004, j’ai senti une douleur à la poitrine. Je suis allé voir un spécialiste: deux artères du cœur ne fonctionnaient quasiment plus. Il m’a envoyé immédiatement à l’hôpital presbytérien de New York. On m’a fait un double pontage cardiaque.

Les années 1970, c’est l’époque où vous travaillez avec Harry Whitaker.

Harry n’était pas quelqu’un d’agressif professionnellement. Il était très détendu. Une de mes chansons les plus connus, «We Live in Brooklyn, Baby», c’est lui qui l’a écrite. Puis il est sorti du mainstream. Il vivait un peu à l’écart. C’était un vrai créatif.

Qui étaient vos collaborateurs les plus proches à cette époque?

Harry Whitaker, Edwin Birdsong, William Allen. Tous trois étaient de grands compositeurs et de grands musiciens. Harry jouait du piano, Edwin chantait, William jouait de la basse...

Votre rencontre avec Fela Kuti est importante. De quand date-t-elle?

Fela, je l’ai rencontré au Nigeria.

Roy Ayers, London, 2003 © David Sinclair
Roy Ayers, London, 2003 © David Sinclair


Combien de temps êtes-vous resté au Nigéria?

La première fois que je suis allé au Nigéria, c’était en 1979 pour rencontrer Fela. Je suis revenu aux Etats-Unis en novembre puis je suis reparti. Je suis resté un mois.

Quel personnage était-il?

C’était un mec très heureux. Il avait 27 femmes, dont quatre favorites qui gardaient les choses en ordre... Il parlait de l’apartheid en Afrique du Sud. Ça le préoccupait beaucoup. Après ce voyage, je suis allé au Nigeria à quatre reprises. L’Afrique, c’est très dur…

Quel leader était-il?

Son groupe jouait sans partition. Il a très bien formé ses musiciens. Au Nigeria, il y avait souvent des coupures de courant, mais le batteur continuait de jouer et le groupe allait se détendre puis ils revenaient quand le courant était rétabli.

Vous avez tourné ensemble au Nigéria. Comment s’organisait la soirée?

Je jouais d’abord avec mon groupe puis Fela avec le sien. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme lui. Il était très vif, très brillant. Il savait ce qu’il voulait faire. Il a fondé un parti politique, le M.O.P. pour «Movement of the People»...

Quel est votre rapport à l’Afrique?

La conscience de l’Afrique a toujours été présente chez moi. J’ai toujours été intéressé par l’aspect spirituel de l’appartenance, le pouvoir de la parole.

Roy Ayers, 28 juillet 2016 New Morning, Paris © Mathieu Perez
Roy Ayers, 28 juillet 2016 New Morning, Paris © Mathieu Perez

Quels étaient vos liens avec les musiciens africains expatriés à New York, comme Hugh Masekela?

Je l’ai bien connu, Hugh. On a travaillé ensemble plusieurs fois. C’était un gars formidable!

Vous aviez un lien particulier avec James Baldwin.

Ici, c’est l’ancien appartement de James Baldwin! (Upper West Side) James est mort le premier. Puis, son frère David est mort. Son frère a travaillé avec moi en tant que road manager. J’ai dit à son fils que je voulais garder l’appartement. Il a dit d’accord.

Comment l’avez-vous rencontré?

J’ai rencontré James avec David. Il parlait très bien. Il utilisait des citations suggestives: «Avez-vous pensé à cela comme ça?»… Il savait écouter. Il aimait boire du scotch. Il n’était pas du tout porté sur la drogue.

Vous lisiez ses livres?

Pas vraiment. On ne parlait pas de ses livres. Lui parlait beaucoup de politique.

Comment vous êtes-vous retrouvé à un meeting de Malcolm X?

Une situation unique. Je ne savais rien des objectifs de Nation of Islam quand je suis allé à la réunion à la mosquée de Los Angeles. Tout était très sérieux. Nous étions fouillés avant d’entrer. Malcolm X était sous haute protection. Il parlait. Des choses sur l’illumination.
Mes parents nous ont autorisés, ma sœur et moi, à aller dans toutes les églises que nous voulions. Beaucoup de gens avec qui j’ai grandi se sont convertis à l’islam. Je trouvais que ce qu’ils disaient de la façon dont les Noirs étaient traités était très juste, mais cette religion n’était pas pour moi...

Vos rapports avec les maisons de disque ont toujours été tumultueux?

L’industrie est tellement corrompue! Il y a tellement de triche! J’ai fait trois disques pour Atlantic Records produits par Herbie Mann. Puis, j’ai rejoint Polydor où je suis resté 12 ans. À un moment donné, je gagnais 200 000 dollars par album. Je faisais deux albums par an. Quand ils me payaient autant d’argent, au départ, ils écoutaient le disque. Puis, ils me faisaient des chèques sans même l’écouter! (Rires) C’était incroyable! (Rires)

Votre premier gros succès?

En 1973, le président de Polydor me dit que j’ai vendu 70 000 exemplaires de Red, Black & Green rien qu’à New York. Mais est-ce que ce sont les vrais chiffres? On ne le sait jamais.

Roy Ayers, Festival de Nice 2007 © Umberto Germinale/Phocus
Roy Ayers, Festival de Nice 2007 © Umberto Germinale/Phocus

A partir de quand produisez-vous vos disques chez Polydor?
 
A partir de 1975. Puis, en 1980, j’ai fait Africa, Center of the World. Polydor m’a dit que les ventes avaient chuté et me demandait de faire appel à Stevie Wonder, Quincy Jones etc., pour le disque suivant. Mais ils ne voulaient pas les payer... Je leur ai dit que je pouvais demander à Herbie Hancock d’enregistrer quatre chansons et à Patrice Rushen quatre autres. Mais Polydor trouvait qu’ils n’entraient pas dans ma «catégorie musicale»! Alors qu’ils étaient parfaits pour moi! Quand ils m’ont dit ça, j’ai compris qu’ils n’y connaissaient rien! C’était le début de la fin avec cette maison de disques.

A partir des années 1980, vous êtes devenu l’idole de la scène acid jazz à Londres (Gilles Peterson, James Taylor Quartet, Omar Lye-Fook, etc.), dont vous êtes considéré le pionnier, comme du Neo Soul. Beaucoup ont enregistré avec vous ou repris vos chansons. Vous comptez aussi parmi les musiciens les plus samplés («Everybody Loves the Sunshine») par les rappeurs, les stars de hip hop et du RnB (N.W.A., Chicago E Rule, Mary J. Blige, Pharrell Williams, etc.).

Ouais, c’est génial!

Quels sont vos liens avec les rappeurs et les stars de hip-hop?

Certains veulent m’acheter des compos. Le problème des chanteurs de hip hop, c’est qu’ils ne composent pas. Ils trouvent que ma musique fonctionne bien avec leurs paroles.

C’est avec des chanteurs de hip hop que vous avez enregistré pour la première fois avec Donald Byrd.

Oui, j’ai rencontré Donald très tard. La première fois que je l’ai rencontré, c’était à Londres. Je l’ai croisé dans la rue... Il a fait de belles choses avec les Blackbyrds. Puis, nous avons enregistré ensemble pour l’album de Guru en 1992.

Vous avez enregistré des centaines d’heures en studio dans les années 1970. En 2005, vous avez sorti Virgin Ubiquity: Unreleased Recordings 1976-1981 en deux volumes. Qu’avez-vous en réserve?

J’ai un disque inédit avec Rick James. Un autre avec Erykah Badu qui chante trois ou quatre chansons. Avec Betty Wright. Des trucs avec Fela. J’ai pas mal de choses en réserve. (Rires)

*

CONTACT: www.royayers.net

SELECTION DISCOGRAPHIQUE
Leader/coleader
LP 1963. West Coast Vibes, United Artists 3325/UAS 6325
LP 1967. Virgo Vibes, Atlantic 1488
LP 1968. Stoned Soul Picnic, Atlantic 1514
LP 1969. Daddy Bug, Atlantic 1538
LP 1969. Comin’ Home Baby, Nippon Columbia (J) 45-PX-2008-AX
LP 1969. All Blues, Nippon Columbia (J) 45-PX-2009-AX
LP 1969. Unchain My Heart, Nippon Columbia (J) YS-2276-AX  
LP 1970. Ubiquity, Polydor 24-4049
LP 1971. Live at the Montreux Jazz Festival, Polydor (J) MP 2310, (J) LEX-9376
LP 1972. He’s Coming, Polydor 5022
LP 1973. Red, Black & Green, Polydor 5045/6078
LP 1973. Coffy (Soundtrack), Polydor 5048
LP 1973. Virgo Red, Polydor 6016
LP 1974. Change Up The Groove, Polydor 6032
LP 1975. A Tear to a Smile, Polydor 6046
LP 1975. Mystic Voyage, Polydor 6057
LP 1976. Daddy Bug And Friends, Atlantic 1692
LP 1976. Everybody Loves The Sunshine, Polydor 1-6070
LP 1976. Vibrations, Polydor 1-6091
LP 1977. Lifeline, Polydor 1-6108
LP 1978. Starbooty, Elektra 6E-120
LP 1978. Let’s Do It, Polydor 1-6126
LP 1978. You Send Me, Polydor 1-6159
LP 1978. Step in to Our Life, Polydor 1-6179 (avec Wayne Henderson)
LP 1979. Fever, Polydor 1-6204
LP 1979. No Stranger to Love, Polydor 1-6246
LP 1980. Prime Time, Polydor 1-6276 (avec Wayne Henderson)
LP 1980. Love Fantasy, Polydor 1-6301
LP 1981. Africa, Center of the World, Polydor 1-6327  
LP 1982. Feeling Good, Polydor 1-6348
LP 1983. Lots of Love, Uno Melodic Records 8002
LP 1983. Silver Vibrations, Uno Melodic Records 1  
LP 1983. Drivin’ On Up, Uno Melodic Records 2  
LP 1984. In the Dark, Columbia 39422
LP 1985. You Might Be Surprised, Columbia 40022
LP 1987. I’m The One (For Your Love Tonight), Columbia 40423
CD 1988. Live at Ronnie Scott’s. London 1988, Castle Music 153
CD 1988. Drive, Ichiban Records 1028

CD 1989. Wake Up, Ichiban Records 1040
CD 1990. Fast Money, Essential 017
CD 1991. Searchin’, Ronnie Scott’s Jazz House 013
CD 1992. Hot, Ronnie Scott’s Jazz House 021
CD 1992. Double Trouble, Uno Melodic Records 9000 (avec Rick James)
CD 1993. Good Vibrations, Ronnie Scott’s Jazz House 028
CD 1994. The Essential Groove, Ronnie Scott’s Jazz House 039
CD 1995. Vibesman. Live at Ronnie Scott’s, Music Club 215
CD 1995. Nasté, Groovetown 07863 66613-2, RCA 07863 66613-2
CD 1995. Proceed II, GRP/GRD-5176 (avec The Roots)
CD 1998. Spoken Word, AFI 0001
CD 1998. The Uno Melodic Story, Charly Records 121
CD 1999. Juice, Charly Records 280
CD 1999. Smooth Jazz, AFI 2020
CD 2000. Perfection, AFI 2022
CD 2003. Good Vibrations, Madhouse Records, Inc. KCT 1118 (avec Kerri Chandler)
CD 2003. Mahogany Vibe, AFI 224
CD 2003. Snoop, Chrysalis Music AFI 222
CD 2005. My Vibes, Snapper Music 257
CD 2005. Sunshine Man, AIM 1080
CD 2005. Virgin Ubiquity. Unreleased Recordings 1976-1981, Rapster Records 26
CD 2005. Virgin Ubiquity II. Unreleased Recordings 1976-1981, Rapster Records 42
CD 2008. Live at Arturo’s, autoproduction
CD 2011. King of the Vibesautoproduction

Sideman
LP 1962. Curtis Amy featuring Victor Feldman, Way Down, Pacific Jazz 46
LP 1962. Vi Redd, Bird Call, United Artists Records 669 016
LP 1962. Curtis Amy, Tippin’ On Through, Pacific Jazz 62
LP 1963. The Jack Wilson Quartet Featuring Roy Ayers, Atlantic 1406
LP 1963. Jack Wilson, Jackleg/Corcovado, Atlantic 5035  
LP 1963. Leroy Vinnegar Quintet, Leroy Walks Again!!, Contemporary Records ‎7608
LP 1963. Curtis Amy & Dupree Bolton, Katanga!, Pacific Jazz ‎70
LP 1964. Leroy Vinnegar, Jazz’s Great Walker, Vee Jay Records 2502   
LP 1965. Gerald Wilson Orchestra, On Stage, Pacific Jazz 88
LP 1965.  Jack Wilson, Plays Brazilian Mancini, Vault 9001
LP 1965. The Jack Wilson Quartet Featuring Roy Ayers, Ramblin’, Vault 9002
LP/CD 1966. Jack Wilson, Something Personal, Blue Note 4251/7243 8 52436 2 2
LP 1966. Gerald Wilson Orchestra, The Golden Sword, Pacific Jazz 10111
LP 1967. Herbie Mann, Impressions of the Middle East, Atlantic 1475
LP 1967. Herbie Mann, The Beat Goes On, Atlantic 1483
LP 1967. Herbie Mann, The Wailing Dervishes, Atlantic 1497
LP 1968. Herbie Mann, Windows Opened, Atlantic 1507
LP 1969. Herbie Mann, Memphis Underground, Atlantic 1522
LP 1969. Herbie Mann, Live at the Whisky A Go Go, Atlantic 1536
LP 1969. Herbie Mann, Mann: Concerto Grosso in D Blues, Atlantic 1540
LP 1970. Herbie Mann, Stone Flute, Embryo Records 520
LP 1970. Herbie Mann, Muscle Shoals Nitty Gritty, Embryo Records 526
LP 1971. Herbie Mann, Memphis Two-Step, Embryo Records 531
LP 1972. David "Fathead" Newman, Lonely Avenue, Atlantic 1600
LP 1976. Buster Williams, Crystal Reflections, Muse Records 5101
LP 1978. Ronnie Foster, Love Satellite, Columbia 35373
LP 1978. Herbie Mann, Sunbelt, Atlantic 19204
LP 1982. Rick James, Throwin’ Down, Gordy 6005
LP 1984. Terri Wells, Just Like Dreamin’, Philly World Record 90189-1
LP 1985. Whitney Houston, Whitney Houston, Arista 8212 
LP 1985. Loose Ends, So Where Are You?, Virgin 2340
LP 1987. Whitney Houston, Whitney, Arista ‎258 141
LP 1987. Miles Jaye, Miles, Island Records, 90615-1, 7 90615-1
LP 1987. Herbie Mann, Opalescence, Gaia Records 13-9020-1
LP 1987. Zachary Breaux, Groovin’, NYC Records 6003 2
CD 1993. Guru, Jazzmatazz Volume 1, Chrysalis 0946 3 21998 2
CD 1994. Jazz Crusaders, Happy Again, Sin-Drome Records 8909
CD 1994. Fishbelly Black, Get Up, Get Down, Backbeat Records 72112
CD 1994. Klaus Doldinger, Doldinger in New York, WEA 4509-97577-2
CD 1994. Vanessa Williams, Sweetest Days, Mercury 314 526 172-2
CD 1995. James Moody, Moody’s Party, Telarc Records 83382
CD 1996. Lord Finesse, Gameplan/Actual Facts, Penalty Recordings 0172
CD 1996. Byron Miller, Until…, WEA Japan 1409
CD 1997. Mary J. Blige, Share My World, MCA Records 08811 16022
CD 1997. Nuyorican Soul, Nuyorican Soul, Talkin’ Loud ‎534 460-2
CD 1998. Scott Grooves, Pieces of a Dream, Soma Quality Recordings 10
CD 1999. Eric Benét, A Day in the Life, Warner Bros. ‎9 47072-2
CD 1999. James Taylor Quartet, A Bigger Picture, Gut Records 10
CD 1999. Ray Gaskins, Live From West Port Jazzfestival Hamburg, Henry Records 544234
CD 2000. Ronny Jordan, A Brighter Day, Blue Note 7243 5 20208 2
CD 2000. Rufus Harley, The Pied Piper of Jazz, Label M 5710
CD 2000. Erykah Badu, Mama’s Gun, Motown 012 153 259-2
CD 2000. Brian Jackson, Gotta Play, Roberts Music Group 669311101822
CD 2000. Club 1600, N-Coded Music 4206-2
CD 2000. George Benson, Absolute Benson, Verve 314 543 586-2
CD 2001. Marley Marl, Re-Entry, BBE 004
CD 2001. Jody Watley, Midnight Lounge, Shanachie 5748
CD 2001. Bernard "Pretty" Purdie, King of the Beat, Pretty Media 1
CD 2001. Sandra St. Victor, Gemini: Both Sides, Expansion 32
CD 2001. 4 Hero, Creating Patterns, Talkin’ Loud 586 212-2
CD 2001. Masters at Work, Our Time Is Coming, Tommy Boy 1536
CD 2002. The V.I.P. Club, Urban Life, Instinct Records 598-2
CD 2002. Bob Baldwin, Standing Tall, Narada Jazz 72438-12575-2
CD 2002. Kathleen Bertrand, No Regrets, Gold Circle Records 50008-2
CD 2002. Gerald Levert, G-Spot, Elektra 62795-2
CD 2002. Ray Chew and the Crew, Feelin’ It, Charu 5031
CD 2002. James Taylor Quartet, Room At The Top, Sanctuary Records 117
LP 2003. James Taylor Quartet, Get Down To The Floor, Freestyle Records 002
CD 2003. Najee, Embrace, N-Coded Music 4248-2
CD 2004. Jazz Crusaders, Soul Axess, True Life Jazz 100152
CD 2004. 3D, Soulride, 215 Records 2006
CD 2005. Cafe Soul All Stars, Love Pages, You Entertainment 2-40011
CD 2005. Postmodern Jazz, Love Not Truth, Postmodern Jazz 0002
CD 2007. Down to the Bone, Supercharged, Narada Jazz 0946 3 65123 2
CD 2007. Souleymane Diamanka, L’Hiver Peul, Universal 9847375
CD 2007. Talib Kweli, Eardrum, Warner Bros. 277244-2
CD 2007. Will Downing, After Tonight, Peak Records 30561   
CD 2009. Down to the Bone, Future Boogie, Shanachie 5173
CD 2009. Ray Gaskins, A Night in the Life, Expansion 51   
CD 2009. Cro-Magnon, 4U, Lastrum 0158
CD 2015. Tyler, the Creator, Cherry Bomb, Odd Future Records 88875 08464 2
CD 2015. Kobi Arad, Superflow, Greenpath Musical Productions 1221
CD 2015. Alicia Keys, Here, RCA 88843-09878-2

DVD
DVD 1988. Live At Ronnie Scott’s. London 1988, Sanctuary Visual Entertainment SDE2021 (sorti en 2002)
DVD 1992. Roy Ayers Live. Brewhouse Jazz, VAJ ‎AYE 010LD
DVD 1994. In Concert, in-akustik INAK 6537-3 (sorti en 2005)
DVD 2009. Live & Documentary Vol.1 (Roy Ayers Japan Tour 2009), Contrarede ‎024, Wax Poetics Japan

VIDEOS
1962. Vi Redd, «Now’s the Time»
Vi Redd (as, voc), Carmell Jones (tp), Herb Ellis (g), Roy Ayers (vib), Leroy Vinnegar (b), Russ Freeman (p), Richie Goldberg (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=51fuqGoXXYQ

1963. Roy Ayers, «Out of Sight»
Roy Ayers (vib), Curtis Amy (ss), Jack Wilson (p), Bill Plummer (b), Tony Bazley (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=oLNRQDjGgBQ

1966. Jack Wilson, «Pensativa»
Jack Wilson (p), Monk Montgomery (b), Roy Ayers (vib), Varner Barlow (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=Y0AvtCIaYDw

1967. Roy Ayers, «The Ringer»
Roy Ayers (vib), Charles Tolliver (tp), Joe Henderson (ts), Herbie Hancock (p), Reggie Workman (b), Bruno Carr (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=hQ0x_4V8Jyk

1968. Roy Ayers, «Lil’s Paradise»
Roy Ayers (vib), Charles Tolliver (tp), Hubert Laws (fl), Gary Bartz (as), Herbie Hancock (p), Miroslav Vitous (b), Grady Tate (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=cI8LZa6dcC0

1971. Herbie Mann, «Can You Dig It»
Herbie Mann (fl), Andrew Love (ts), James Mitchell (bs), Jimmy Johnson (g), Barry Beckett (p), David Hood (b), Roger Hawkins (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=OkzIn7fP-3g

1971. Roy Ayers, «Sweet Tears»
Roy Ayers (vib, voc), Sonny Fortune (ss, fl), Samuel Brown (g), Selwart Clarke (vl), Harry Whitaker (elp, org, voc), John Williams (b), Billy Cobham (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=Tiw7njHxzxk

1976. Roy Ayers, «Everybody Loves the Sunshine»
Roy Ayers (vib, elp, key, voc), Philip Woo (elp, key), Chano O’Ferral (cng, perc, voc), Ronald «Head» Drayton (g), John «Shaun» Solomon (eb), Doug Rhodes (dm), Chicas (Debbie Darby) (voc)
https://www.youtube.com/watch?v=M36OGCfYp3A

1978. Roy Ayers, «Starbooty»
John Mosley (tp), Justo Almario (ts, voc), Philip Woo (elp, voc), Greg Moore (g, voc), Kerry Turman (b, voc), Ricky Lawson (dm, voc), Chano O’Ferral (cng, perc, voc), Jimmy Haslip (voc), Sylvia Cox (voc)
https://www.youtube.com/watch?v=IdP2mxPGa6w

1980. Roy Ayers & Fela Kuti, «2000 Blacks Got to Be Free»
https://www.youtube.com/watch?v=9Tq28s3T8aE

1981. Roy Ayers, «Destination Motherland»
https://www.youtube.com/watch?v=jtr61hYR05E

1995. Roy Ayers, «Mystic Voyage», Live at Ronnie Scott’s
https://www.youtube.com/watch?v=rFUwfkv7lbE

*