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Deborah BROWN

Kansas City Here I Come


Deborah Brown at Ronnie Scott's, London, 19 janvier 2009 © David Sinclair
Deborah Brown at Ronnie Scott's, London, 19 janvier 2009 © David Sinclair


Dans Jazz Hot n°587 (2002), Deborah Brown avait raconté son apprentissage. Bien que native d’un des principaux creusets du jazz aux Etats-Unis, Kansas City, c’est une culture musicale classique que lui a transmise sa famille, notamment sa mère pianiste. Contrairement à nombre de chanteuses afro-américaines, Deborah Brown n’a pas non plus appris à chanter des spirituals à l’église. Pourtant, tout dans sa voix, dans ses inflexions, transpire le swing et le blues. On ne grandit pas à Kansas City sans en être marquée dans son expression!
2016. Kansas City Here I Come, Autoproduit
La chanteuse rend d’ailleurs hommage dans son dernier album, Kansas City Here I Come, à sa ville d’origine, celle de Charlie Parker, en compagnie de musiciens européens, heureux de remonter à la source du jazz, ainsi que d’un autre natif de Kansas City, l’excellent Kevin Mahogany.
Deborah Brown est à l’évidence l’une des grandes voix du jazz d’aujourd’hui. Son œuvre discographique est respectable même si on s’attendrait à plus d'enregistrements et à plus de curiosité de la part des producteurs de disques. On peut regretter également de ne pas la voir souvent sur les grandes scènes des festivals: affaire d’époque sans doute.
Deborah Brown ne manque pourtant pas d’activité; elle enchaîne les tournées aux Etats-Unis et sur le Vieux Continent, en particulier en Europe du Nord et de l’Est, où elle est appréciée. Elle y cultive, depuis des années, des liens étroits avec les musiciens.
Elle était, par ailleurs, cet été, l’une des têtes d’affiches du festival d’Ystad, en Suède, où elle a rendu un bel hommage à l’occasion du centenaire
d’Ella Fitzgerald. C’est là que nous l’avons rencontrée.

Propos recueillis par Jérôme Partage
Photos David Sinclair et Jérôme Partage


© Jazz Hot n°682, hiver 2017-2018


Rob Bargad et Deborah Brown, Ystad Sweden Jazz Festival, août 2017 © Jérôme Partage



Jazz Hot: Vous êtes originaire de Kansas City, mais vous avez longtemps vécu en Europe. Où habitez-vous aujourd’hui?

Deborah Brown: Je suis retournée vivre aux Etats-Unis en 1995, après avoir passée dix ans en Europe. J’ai habité à Atlanta pendant dix ans, puis je suis revenue à Kansas City. Comme vous le savez, cette ville a vu naître Charlie Parker, et le jazz y est toujours très présent, notamment grâce à l’American Jazz Museum (https://americanjazzmuseum.org/) qui propose une riche collection, et surtout grâce aux nombreux musiciens qui y sont en activité. C’est donc agréable d’habiter dans cette ville historique pour le jazz, et où celui-ci reste dynamique avec pas moins d’une quarantaine de lieux de concert. C’est une ville accueillante pour les musiciens, et il arrive qu’ils jouent au même endroit pendant plusieurs années. Par exemple, quand je vivais aux Pays-Bas, je jouais avec le pianiste Bram Wijnands, qui avait également accompagné une figure locale de Kansas City, que nous avions invitée en Europe, le chanteur Richard Ross, aujourd’hui décédé. Après quoi, Bram Wijnands s’est installé à Kansas City, et il a trouvé un engagement dans un restaurant qui a duré quinze ans! C’est un merveilleux pianiste, et il a depuis joué au Carnegie Hall, à Jazz at Lincoln Center, et il retourne régulièrement aux Pays-Bas. Il y a du travail à Kansas City, et cela attire notamment les jeunes musiciens. Beaucoup de musiciens de New York viennent présenter leurs projets. Bien sûr, nous ne sommes plus dans les années trente, quand Tom Pendergast dirigeait la ville1 et que le jazz était partout. Il n’en reste pas moins qu’il y a plus de jazz ici que dans la plupart des villes que j’ai parcourues dans le monde, y compris New York. Mais je continue à effectuer régulièrement des tournées en Europe.



Etes-vous personnellement impliquée dans la transmission de la mémoire du jazz de Kansas City?


Oui, et particulièrement avec mon dernier album, Kansas City Here I Come, et la tournée qui en découle.  J’ai enregistré ce disque avec des musiciens polonais, comme le saxophoniste Sylwester Ostrowski et le NFM Leopoldinum Orchestra ainsi que des musiciens américains, comme le chanteur de Kansas City Kevin Mahogany ou le pianiste Rob Bargad; il y a également le contrebassiste Joris Teepe qui est néerlandais. Du temps du communisme, j’ai enregistré en Pologne l’album Double Trouble2 qui a été une introduction au jazz pour beaucoup de jeunes gens, notamment Sylwester Ostrowski qui a décidé de se tourner vers le jazz à cause de ce disque. Pour en revenir à mon dernier album, le projet est né de la venue à Kansas City de ces musiciens polonais. Ils ont été impressionnés par le musée, et de là est née l’idée d’un enregistrement centré sur le jazz de Kansas City. Il met en avant un répertoire familier au public. Par ailleurs, nous Américains, apprécions énormément la curiosité des Européens pour Kansas City. Il est également stimulant que des musiciens de chez nous puissent aller jouer en Europe et particulièrement à Paris. Je pense notamment à de jeunes artistes comme le trompettiste Hermon Mehari, le guitariste Matt Hopper ou la chanteuse Eboni Fondren.

Quelle est la spécificité du jazz de Kansas City?

Ce que j’appelle le «Kansas City lilt» –rythme, inflexion–, ce qui fait référence à la façon de marcher, et donc, s’agissant du jazz, à la façon de jouer. Le meilleur représentant de ce style aujourd’hui est Bobby Watson. Il s’agit d’une certaine approche du bebop, très reconnaissable. J’imagine que je sonne également comme ça. C’est comme un accent (rires).

Deborah Brown, Ystad Sweden Jazz Festival, août 2017 © Jérôme Partage
Deborah Brown, Ystad Sweden Jazz Festival, août 2017 © Jérôme Partage

Vous avez d’ailleurs enregistré avec Bobby Watson…

Oui, c’était mon album All Too Soon, avec également mon équipe néerlandaise, dirigée par le batteur Eric Ineke. Bobby Watson est quelqu’un de généreux et entier dans sa façon de jouer. Par exemple, pour ce disque, nous avons enregistré «The Peacocks» qui n’est pas un morceau facile. Je pensais donc qu’il aurait besoin d’un certain temps pour  le travailler. En fait, il le connaissait déjà; il aurait pu le jouer en dormant! (Rires) Par ailleurs, nous allons jouer ensemble, en février prochain, avec le Kansas City Symphony Orchestra, pour un hommage au jazz de Kansas City, de Basie au bebop.

1988. Jazz 4 Jazz, Timeless

Quand vous viviez aux Pays-Bas, vous avez travaillé avec plusieurs musiciens américains, dont Johnny Griffin…



Oh, oui… Johnny a été quelqu’un de particulier dans ma vie. Il me mettait sans arrêt au défi. Il voulait être sûr que je connaissais tous les morceaux qu’on allait jouer. Il a fait de moi une meilleure chanteuse. J’étais allée le voir dans le splendide château où il vivait. Il était vraiment «the Little Giant». C’était un grand saxophoniste, l’un des plus véloces. Il était également généreux. A la différence de certains compositeurs, il offrait ses originaux aux autres musiciens pour qu’ils soient joués. Parce qu’il savait que c’était de cette façon qu’il ferait vivre sa musique. A cette époque, j’ai également enregistré avec un autre géant, Benny Bailey. Quincy Jones lui a d’ailleurs dédié un morceau: «Meet Benny Bailey». C’était un trompettiste si important; son embouchure était parfaite. Il adorait raconter des histoires, c’était un bavard! (Rires) J’ai aussi joué, en Suède, avec Red Mitchell. Quand il trouvait une erreur dans un article sur le jazz, il allait trouver le journaliste pour lui expliquer qu’il s’était trompé! (Rires) Mais c’était en fait quelqu’un de sensible avec une approche originale de la contrebasse. Et bien entendu, il y a eu également le merveilleux Horace Parlan, le plus émouvant des pianistes. J’ai eu la chance de lui rendre visite dans sa maison de repos, au Danemark, quelques mois avant sa disparition. Je n’imaginais pas qu’il allait partir bientôt… Il était entouré de disques. Le personnel médical s’occupait bien de lui. Quand il avait envie d’aller écouter un concert, ils l’accompagnaient à Copenhague, qui était à une heure de là. Il connaissait vraiment le jazz. Et enfin, mon tendre ami Ed Thigpen (dm), encore une figure historique du jazz. Lui aussi, je lui ai rendu visite à Copenhague, quelques mois avant sa disparition. Quand il était dans l’orchestre, la standing ovation était garantie. Je lui demandais: «Comment est-ce possible? », et il me répondait: «C’est pour cela que tu m’as engagé!» (Rires) Sinon, il y a eu aussi Art Farmer, Clark Terry… C’était magique de côtoyer toutes ces légendes du jazz.

2005. I Found My Thrill, Jazz Voix Records

En 2005, vous avez enregistré I Found My Thrill avec Joe Beck…


Il était formidable, inventif, toujours à la recherche de nouvelles choses à essayer. Je pense que c’est pour ça qu’il a travaillé avec Miles Davis à une période où il voulait se renouveler en électrifiant sa musique.  Et c’est Gil Evans qui a parlé de Joe Beck à Miles. Il a toujours été un innovateur, jusqu’à la fin de sa vie. Il avait fabriqué sa propre guitare, avec un accord des cordes particulier. Aucune guitare ne sonnait comme celle-là. Et ils ne sont pas nombreux ceux qui sont capables de jouer sur ce modèle, car il faut penser différemment. Mais quel plaisir de travailler avec lui. Il jouait toujours au plus haut niveau, toujours à fond. Nous avons beaucoup tourné ensemble.

2007. For The Love of Ivie, Daybreak Records

En 2007, vous avez rendu hommage à Ivie Anderson (1905-1949) sur For the Love of Ivie, laquelle fut la première chanteuse de l’orchestre de Duke Ellington. Pouvez-vous expliquer ce choix?


C’est venu d’Eric Ineke qui travaille beaucoup aux Pays-Bas avec le label Challenge. Il se trouve qu’Ivie Anderson est la chanteuse préférée de l’un des responsables du label. Eric et Challenge m’ont ainsi proposé ce projet. Je me suis alors renseignée sur elle, je l’ai écoutée. Elle chante de façon très reconnaissable. Et sa voix a marqué les Etats-Unis, même les gens de ma génération. Car en l’écoutant je me suis souvenue de son timbre. J’ai alors réalisé combien la musique de Duke Ellington était importante. Nous avons d’ailleurs enregistré une chanson que mon père jouait au piano (il ne connaissait que le refrain): «All God’s Chillun» (https://www.youtube.com/watch?v=wSK508WDkM8). Je voulais qu’elle figure dans cet album qui a pour moi une grande dimension émotionnelle.

1996. Live in Tivoli, Intermusic 058

Qu’a de particulier l’exercice consistant à chanter avec un big band?


C’est comme chanter avec un avion qui décolle derrière vous! (Rires) Il est difficile de chanter avec un big band. Et je respecte tous ceux qui y parviennent. Il faut être attentif au big band, et il doit être attentif à vous. Cela doit fonctionner de manière réciproque. J’ai enregistré deux disques avec des big bands: The Song Is You avec le Sandvick Big Band, en Suède et Live in Tivoli avec le Klüvers Big Band, au Danemark.  

Lors de votre concert au festival d’Ystad, vous avez rendu hommage à Ella Fitzgerald. Que représente-t-elle pour vous?

Elle a toujours été l’une de mes chanteuses préférées. Elle est si précise sur le plan rythmique et son don pour le scat est tellement extraordinaire. Mais sa précision n’était pas seulement due à son talent naturel mais surtout à son entraînement. A ses débuts, les musiciens enregistraient toutes les semaines, et chacun devait apprendre les solos des autres. Quelle école! Et les musiciens l’appréciaient car elle aussi apprenait leurs solos; elle savait ce qu’ils allaient jouer. Ed Thigpen, qui l’a accompagnée, m’a dit qu’elle était également généreuse. Elle lui avait ainsi proposé de financer les études de ses enfants, pour qu’ils puissent aller à l’université. Il a finalement décliné son offre car il s’est installé au Danemark. Ed m’a aussi raconté que lors d’une tournée en Suisse, elle avait offert une Rolex à chacun de ses musiciens! Elle ne vivait que pour la musique. Il n’y avait rien d’autre dans sa vie. Malheureusement, je n’ai jamais eu l’occasion de la rencontrer ou de la voir sur scène.

Deborah Brown, Ystad Sweden Jazz Festival, août 2017 © Jérôme Partage

Quelles autres chanteuses admirez-vous?


Betty Carter. Elle avait une approche totalement différente de celle d’Ella. Bien entendu, tout le monde connaît cet album magnifique qu’elle a enregistré à Paris avec Ray Charles. Je l’adore! J’ai eu la chance de la rencontrer. Je lui ai demandé comment elle écrivait ses arrangements. Elle m’a répondu: «C’est simple. Demandez à votre pianiste de dire aux autres musiciens de faire ce qu’ils font le mieux». Elle n’était pas du genre à écrire les arrangements pour tout l’orchestre. En fait, elle les avait en tête, et elle faisait savoir aux musiciens ce qu’elle voulait pour qu’ils le traduisent avec leurs instruments. C’est original. Mais, pour moi, c’est avant tout celle qui a brisé la barrière du temps. Elle a déconstruit les chansons en modulant le rythme, ce qui concentre l’attention sur les mots.

Et Billie Holiday?

J’ai entendu l’enregistrement d’une de ses interviews. Le journaliste lui demandait: «Billie, quelle vie terrible vous devez avoir pour chanter des chansons aussi tristes.» Elle lui a répondu: «Effectivement, j’aurais une bien triste vie si je vivais ce que je chante. Mais c’est mon métier de vous faire croire que j’ai vécu ces chansons.» Il est à noter qu’elle ne se voyait pas comme quelqu’un de malheureux, malgré les épreuves réelles qu’elle a traversées et malgré l’idée qu’on s’est fait de sa vie.   

Pensez-vous qu’il y a des familles de chanteuses qu’on peut regrouper par sensibilité?

(Rires) C’est une question respectable, mais il serait contre-productif d’y répondre! La plupart des chanteuses pensent qu’elles sont uniques. Mais vous avez raison, il y a des catégories de chanteuses. Par exemple, certaines sont des chanteuses commerciales, et il faut qu’elles en soient contentes. Si leur voix est faite pour la musique commerciale, c’est bien. Il faut faire ce pour quoi on est fait. Récemment, j’étais dans un festival de jazz, et j’ai rencontré une chanteuse formidable que j’écoute souvent: Patti Austin. J’adore sa façon de chanter de la musique commerciale. Elle donnait un concert en hommage à Ella Fitzgerald que j’ai apprécié, car elle disait qu’Ella était une chanteuse commerciale. Ce n’est pas l’image que l’on a d’elle et pourtant, à son époque, c’est bien ce qu’elle était. En fait, tout le jazz était commercial car c’était la musique à la mode. Il est d’ailleurs certain qu’Ella ne s’est jamais demandée quelle sorte de chanteuse elle était. Elle était heureuse de ce qu’elle faisait. Et donc Patti Austin peut être heureuse d’être une chanteuse commerciale car elle l’est à l’instar d’Ella.

Il y a une famille à laquelle vous appartenez, c’est celle des chanteurs-pianistes!

J’aime beaucoup Diana Krall, Dena DeRose, Shirley Horn. Je joue également du piano mais pas autant que celles-là.

Deborah Brown, Ystad Sweden Jazz Festival, août 2017 © Jérôme Partage
Deborah Brown, Ystad Sweden Jazz Festival, août 2017 © Jérôme Partage

Suivez-vous la carrière de certaines chanteuses de la nouvelle génération?

Des chanteuses différentes, de tous les âges… Pour autant, mon cœur va d’abord aux «jazz warriors» comme Nancy King, qui est très malade…

Quels sont vos projets?

Je vais prendre une année sabbatique. Je ne donnerai que des concerts autour de Kansas City et réfléchir à mon prochain projet. Je sais ce que j’aimerais faire, mais je vais prendre le temps de faire mûrir mes idées. 

*

1. Thomas Joseph Pendergast (1873-1945) exerça un contrôle de fait sur la ville de Kansas City et le comté de Jackson entre 1925 et 1939, en présidant le Jackson County Democratic Party, véritable siège du pouvoir local. S’il fut élu conseiller municipal pour quelques temps, il ne fut jamais le maire en titre. Par son large réseau d’influence, des pratiques de corruption et de fraude électorale, il fit fructifier ses affaires (débits de boisson, jeu), tout en veillant à une forme de redistribution envers les plus modestes, et fut à l’origine du grand dynamisme des clubs, des dancings et des cabarets (la ville en compte une centaine dans les années 1930) qui pouvaient, grâce à lui, contourner la Prohibition. Cette prospérité profita largement aux musiciens de jazz auxquels les clubs fournissaient du travail en abondance et même des logements. La carrière de Tom Pendergast prit fin en 1939 avec une condamnation, pour évasion fiscale, à quinze mois de prison. Cette figure controversée reste associée à «l’âge d’or» de Kansas City et sa mémoire est entretenue avec nostalgie.
2. L’album
Double Trouble a été enregistré en janvier 1989, avec des musiciens polonais, quelques mois avant les premières élections semi-libres de juin 1989 qui donnèrent une large victoire à Solidarność et ses alliés.


Jazz Hot n°587, 2002CONTACT: http://deborah.jazzvox.com

DEBORAH BROWN et JAZZ HOT: n°587-2002


DISCOGRAPHIE
Leader/Coleader
CD 1986. My One and Only Love, JazzCats 6985 013
CD 1986. Euroboppin’, Alfa Jazz 32R-25
CD 1987. Deborah!, September 5103
CD 1988. Jazz 4 Jazz, Timeless SJP 409
CD 1989. Double Trouble, Polijazz 253
CD 1989. The Song Is You, Four Leaf Clover 110 (avec le Sandvik Big Band)
CD 1993. «Live», St. Jazz Club, DB 007
CD 1996. Live in Tivoli, Intermusic 058 (avec le Klüvers Big Band)
CD 1996. Live @ the Blue Note, VH Records 1603 (avec le New Look Trio)
CD 2002. Songbird, Jazz ’N Pulz 397
CD 2003. International Incident, 33 Jazz Records 78
CD 2005. I Found My Thrill, Jazz Voix Records (avec Joe Beck)
CD 2007. For the Love of Ivie, Daybreak Records 75424 (avec le Eric Ineke JazzXpress)

CD 2012. All Too Soon, Jazz Voix Records
CD 2012. Deborah Brown Meets the Beets Brothers: Brown Beats, Maxanter 75997
CD 2016. Kansas City Here I Come, Autoproduit


1986. My One and Only Love, JazzCats  1986. Euroboppin’, Alfa Jazz 3  1987. Deborah!, September  1989. Double Trouble, Polijazz












1989. The Song Is You, Four Leaf Clover  1993. «Live». St. Jazz Club, Autoproduit  Live @ The Blue Note, VH Records  2002. Songbird, Jazz ‘N Pulz












2003. International Incident, 33 Jazz Records  2012. All Too Soon, Jazz Voix Records  1986-87. James Baldwin, David Linx, Pierre Van Dormael, A Lover’s Question, Les Disques du Crépuscule  2000. Jan Lundgren, Plays the Music of Victor Young, Sittel






Sidewoman
CD 1986-87. James Baldwin, David Linx, Pierre Van Dormael, A Lover’s Question, Les Disques du Crépuscule 928-2
CD 1992. Big Band Bos, The Ten Year Itch,
Hillstreet Jazz 3004

CD 1993. Sandvik Big Band, 25 Years Later, Four Leaf Clover 12
CD 1995. Big Band Hilversum Conservatory, The Music of Duke Ellington, YSL 001
CD 1995. Doky Brothers, Blue Note 7243 8 36909-2
CD 2000. Snooze, Quiet Alone, SSR 229
CD 2000. Jan Lundgren, Plays the Music of Victor Young, Sittel 9269


VIDEOS
2012. Deborah Brown & Yakov Okun Trio, «How Deep Is the Ocean», Esse Jazz Club (Moscou, Russie, 24 novembre 2012)
Deborah Brown (voc), Yakov Okun (p), Nickolay Zatolochnyi (b), Alexander Zinger (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=fhnI9tiCbXE

2015. Deborah Brown & Jazz Union (Szczecin, Pologne, 18 septembre 2015)
Deborah Brown (voc), Sylwester Ostrowski (ts), Piotr Wojtasik (tp), Kelvin Sholar (p), Joris Teepe (b), Eric Allen (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=dkMQXrZuR28

2016. Deborah Brown Quartet + Bobby Watson, festival Szczecin Jazz (Pologne, mars 2016)
Deborah Brown (voc), Rob Bargad (p), Essiet Okon Esdiet (b), Newman Taylor Baker (dm), Bobby Watson (ts)
https://www.youtube.com/watch?v=wxdRD0xzGa0

2016. Deborah Brown Quartet + Kevin Mahogany, festival Szczecin Jazz (Pologne, mars 2016)
Deborah Brown (voc), Rob Bargad (p), Essiet Okon Esdiet (b), Newman Taylor Baker (dm), Kevin Mahogany (voc)
https://www.youtube.com/watch?v=GfWsbVUokg8

2017. Vincent Bourgeyx Trio avec Deborah Brown et Dominick Farinacci, festival Jazz on the Dnieper (Kiev, Ukraine, 23 juillet 2017)
Deborah Brown (voc), Dominick Farinacci (tp),  Vincent Bourgeyx (p), Darryl Hall (b), Obed Calvaire (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=YaX_LY-DOWk

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