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4 novembre 2017

Honte à l'Europe et à ses dirigeants! L'enterrement de la démocratie européenne.

Les dirigeants pacifiques du parlement de Catalogne légalement élusdemeurés en Espagne, ont été incarcérés au mépris du respect des principes les plus élémentaires de la démocratie (des dirigeants politiques élus jouissent d'une immunité en démocratie, et la séparation des pouvoirs fait que ce n'est pas l'exécutif qui commande le judiciaire et qui peut décider de l'enfermement des opposants), sans que l'Europe ou l'un des dirigeants politiques de ces nations désavouent l'acte de dictature du gouvernement espagnol qui confirme sa filiation franquiste.

Les autres dirigeants du Parlement de Catalogne, tout aussi légalement élus, en visite à Bruxelles pour informer l'Europe et le monde de ce coup de force antidémocratique du gouvernement espagnol contre le suffrage populaire (en dehors du référendum, ces dirigeants sont légalement élus), sont sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, comme des bandits de droit commun ou des terroristes. L'Europe et ses dirigeants n'ont pas condamné cette demande et n'ont pas refusé à l'Espagne ce déni de démocratie; mieux, ils vont l'examiner. 

Cette double action confirme avec clarté que l'Europe et les dirigeants des nations qui s'en solidarisent ont désormais assumé le fait de quitter les rangs déjà clairsemés des démocraties et se situent au niveau des dictatures de Corée du Nord, turque, chinoise, russe, religieuses du moyen-orient ou africaines, et au niveau des intentions anti-démocratiques de Trump.

Il reste encore aux populations européennes dans leur ensemble à prendre conscience de cette réalité européenne oligarchique et dictatoriale, aboutissement d'un long processus dégénératif de la démocratie européenne et mondiale initié dès l'après-guerre après une victoire sur le totalitarisme, comme une revanche même. Il n'est pas innocent que l'Allemagne soit encore à la manœuvre pour imposer son hégémonie politique et économique en Europe. 

Ce régime politique antidémocratique en Europe trouve aujourd'hui, dans la crise en Catalogne, après différentes actions antidémocratiques (détournement de tous les référendums défavorables à ce 
glissement vers l'oligarchie, privation de l'indépendance portugaise, italienne, grecque, chypriote…) sa manifestation la plus claire avec la crise grecque.

Il y a encore moins de responsables politiques et syndicaux en Europe pour défendre la Catalogne que pour défendre les peuples grec, portugais… Ne pas défendre les peuples et les principes démocratiques a toujours, historiquement, fini en catastrophe (cf. les années 1930). Le réveil va être brutal et comme d'habitude trop tardif.

L’Angleterre, enfin, qui s'est pourtant sauvée de l'ensemble européen par le miracle de ses électeurs, n'a pas de Churchill pour relever le gant de cet ordre nouveau (avec toutes les connotations de ce mot) qui s'installe sur l'Europe. Elle est d'ailleurs, comme le reste du monde, sous la botte oligarchique qui étudie la manière dont elle va détourner la volonté exprimée par le Brexit.

Yves Sportis

© Jazz Hot n°682, automne 2017