Caligari882
Marquis HILL

Chicago after dark

Depuis deux ans, Marquis Hill fait parler de lui à New York. Le lauréat de la Thelonious Monk International Jazz Trumpet Competition en 2014 surprend par son jeu fluide, lyrique, cette façon de ne jamais en mettre plein la vue côté technique, cette soif de composer. Il fait partie, avec Josh Evans et Keyon Harrold, de cette jeune génération de trompettistes très solides qui émergent.
Né le 15 avril 1987, Hill est d’abord un enfant de Chicago formé avec ce que la ville fait de mieux en matière de jazz, de Willie Pickens à Bobby Broome. Ancré dans la tradition, imprégné de l’état d’esprit de l’AACM dès le plus jeune âge, son éducation s’est faite dans les clubs de Fred Anderson (le Velvet Lounge) et de Von Freeman (l’Apartment Lounge).
A 29 ans, il compte aujourd’hui cinq albums en leader, autant de recherches pour combiner post-bop et hip-hop. Avec les musiciens qu’il côtoie depuis ses années à Chicago –Christopher Mcbride (as), Justin Thomas (vib), Joshua Ramos (b), Makaya McCraven (dm)–, il a monté un quintet qui a développé un son et des saveurs qui permettent au leader d’approfondir une écriture personnelle dans des propositions toujours cohérentes.
Dans cette interview, Marquis Hill nous présente son dernier album The Way We Play (Concord, 2016), revient sur son parcours et sur la place des musiciens de Chicago dans son apprentissage…

Propos recueillis par Mathieu Perez
Photo Mathieu Perez

© Jazz Hot n° 678, hiver 2016-2017



Marquis Hill, 14 octobre 2016, Duc des Lombards, Paris © Mathieu Perez


Jazz Hot: A quel âge avez-vous commencé à jouer de la musique?

Marquis Hill: A 9, 10 ans. C’est grâce à Diane Ellis qui s’occupait de l’orchestre à la Dixon Elementary School de Chicago. Elle laissait les élèves choisir leur instrument. Je me suis bien sûr jeté sur la batterie! (Rires). Mais à l’âge de 10 ans, je suis passé à la trompette parce que mon cousin, qui était plus âgé que moi, en jouait. Je voulais lui ressembler. Je suis très content de ce changement parce que je suis tombé amoureux de cet instrument. Madame Ellis enseigne le jazz dès le plus jeune âge. Elle a l’une des seules écoles élémentaires de Chicago avec un programme éducatif de jazz. C’est elle qui m’a donné mon premier album de jazz.

Lequel était-ce?

C’était The Sidewinder de Lee Morgan. Je me souviens être tombé amoureux de la piste 2. Une ballade magnifique. Je n’avais jamais rien entendu de si beau. A partir de là, je n’ai plus lâché la trompette.

Vos parents jouent-ils d’un instrument?

Mon grand-père, du côté paternel, jouait de la trompette. Autrement, il n’y a pas de musiciens dans ma famille. J’ai tout appris à l’école. C’est pour ça qu’il est si important pour moi de transmettre cette musique aux enfants, pour qu’elle s’inscrive en eux et qu’ils en tombent amoureux.

Quand décidez-vous de devenir musicien professionnel?

Au lycée, j’ai pris ça au sérieux. Je faisais aussi du sport. Je n’oublierai jamais cette histoire. Mon prof de trompette était Tito Carrillo. Je jouais dans l’équipe de football, et j’arrivais après au cours de trompette avec des bleus partout et des blessures aux mains. Tito m’a dit que je devais choisir entre le sport et la musique. Après réflexion, j’ai choisi la musique et arrêté le sport. Depuis le début du lycée, je savais que je voulais faire quelque chose en lien avec la musique. Plus tard, j’ai eu un diplôme en enseignement musical. A Chicago, tous mes mentors m’ont beaucoup marqué de ce côté-là. Ils m’ont transmis l’importance d’enseigner et de transmettre cette musique, cette culture, cette tradition aux plus jeunes.

Qui étaient vos héros?

J’écoutais toutes sortes de musique. Au début de mon apprentissage de la trompette, Donald Byrd était mon influence principale. J’adore le son qu’il a et sa façon d’articuler entre les changements d’accord. Ce son-là m’a touché immédiatement. Et puis, il y a eu Art Farmer, Lee Morgan, Freddie Hubbard, tous les géants, Louis Armstrong, Woody Shaw, Carmell Jones… Dans cette musique, il faut être curieux et polyvalent. J’écoutais bien sûr Joe Henderson, Bird, Diz, Monk.

Vous avez suivi le programme Ravinia Jazz Scholars. En quoi consistait-il?

J’ai débuté ça au lycée. Je devais avoir 15, 16 ans. Ce programme se passait après les cours. Trois fois par semaine, on allait dans une des universités les plus proches, et on répétait quelques heures. C’est comme ça qu’on a rencontré certains des grands musiciens de la scène de Chicago.

Qui par exemple?

Willie Pickens, Bobby Broom, Tito Carrillo, Pharez Whitted, Arnie Adams. Ils m’ont beaucoup marqué.

Qui vous a le plus marqué dans ces années de formation?

Diane Ellis bien sûr. Le professeur Ronald Carter. Il a dirigé le département de jazz à l’Université de Northern Illinois pendant quinze ans. Je l’ai rencontré quand j’avais 12, 13 ans. Il s’occupait du South Shore Youth Jazz Ensemble. Ce programme se déroulait l’été. Des lycéens musiciens étaient embauchés pour répéter cinq jours par semaine et donner un concert les samedis. C’était une sorte de job d’été financé par le Chicago Park District. Du coup, on a pu jouer dans un big band chaque année. Le professeur Carter m’a pris sous son aile. Comme il enseignait à l’Université de Northern Illinois, c’est là que je voulais étudier.

Vous êtes aussi très proche de Bobby Broome…

J’adore le son qu’il a. C’est un son unique à la guitare. Tous mes mentors m’ont vraiment poussé à chercher mon propre son. Ils m’ont toujours dit de faire des transcriptions, d’apprendre l’histoire de cette culture, mais le but est d’avoir sa voix. Bobby en est le parfait exemple. Il ne sonne comme personne d’autre. Il a son langage. Il m’a beaucoup appris.

… Et de Willie Pickens.

Il vit toujours à Chicago. Je l’ai rencontré au Ravinia Jazz Scholars et, depuis, nous sommes devenus très proches. Je me souviens d’avoir passé des samedis chez lui. On jouait en duo. Il m’a beaucoup appris sur l’histoire de cette musique et de cette culture.

Quand avez-vous pris conscience de l’importance historique de la scène de Chicago?

Quand j’étais au lycée, j’ai commencé à jouer avec Ernest Dawkins (1953, saxophoniste, cf. Jazz Hot n°653). Il avait un big band qui s’appelait le New Horizon Ensemble. Ernest est un autre de mes mentors. Son rôle dans la communauté jazz est très important. Il m’a pris sous son aile; moi et d’autres. Il m’a d’ailleurs donné mon premier gig professionnel. C’est avec Ernest que j’ai appris ce que l’AACM était. Il y a quelque chose dans le son des musiciens de Chicago que je peux reconnaître. Ça fait partie de ce lien avec l’AACM. C’est un honneur d’être né dans la ville où elle a été créée et d’avoir pu partager la scène avec certains de ses membres.

Vous parlez beaucoup du rôle de vos mentors. Lesquels ont le plus compté pour vous durant votre apprentissage?

Diane Ellis m’a introduit à cette musique. Elle est ma seconde mère. Le professeur Carter m’a appris l’importance du feeling, à partir de l’histoire de cette musique. Pharez Whitted (tp, 1960) a été mon premier prof’ de trompette. Il m’a formé techniquement. Je le suivais à des jam sessions. Tito Carrillo (1972, tp) a été mon second prof’ de trompette. Il m’a transmis l’importance de trouver son propre son tout en pensant à la continuité avec les générations antérieures, les Roy Eldridge, Louis Armstrong, Donald Byrd. J’ai beaucoup de chance d’avoir ces mentors dans ma vie.

Fred Anderson (cf. Jazz Hot n°653) a beaucoup compté pour vous. Vous lui avez dédié «Goodbye Fred» dans votre premier album, New Gospel, en 2011.

Fred est mort pendant que j’enregistrais l’album.

Quand l’avez-vous rencontré pour la première fois?

Je devais avoir 13, 14 ans. Il nous laissait entrer au Velvet Lounge. Il savait qu’on était là pour la musique, qu’on avait faim de ça, et qu’on voulait apprendre. Les musiciens appelaient ce club «l’université». C’est là qu’on allait pour apprendre la musique, l’histoire. Fred m’a beaucoup marqué. Il m’a beaucoup appris sur l’AACM aussi. C’était la même chose avec Von Freeman et son Apartment Lounge. Des gens comme Fred et Ernest Dawkins m’ont poussé à monter sur scène. J’étais très nerveux au début. J’y allais chaque semaine. J’apprenais.

Les Freeman tiennent une grande place à Chicago.

Une fois, j’étais chez Fred au vieux Velvet Lounge, et il passait un enregistrement de Charlie Parker que je n’avais jamais entendu. Bird jouait avec George Freeman. Je ne savais pas que George avait joué avec lui. Fred avait toute une collection d’enregistrements pirates des deux. C’est comme ça que j’ai découvert George (cf. Jazz Hot n°675, interview de Chico Freeman).

Combien de musiciens de votre âge fréquentaient ces lieux?

Quand j’ai commencé à y aller, on devait être une poignée, peut-être trois ou quatre. Il y avait les saxophonistes Ryan Nyther et Jabari Powell. Peut-être un ou deux de plus.

Combien de clubs y avait-il?

Il y avait le Green Mill, Andy’s Jazz Club, le Apartment Lounge, le Velvet Lounge, le Jazz Showcase. On y allait souvent. Mais, encore une fois, nous étions mineurs. Fred Anderson et Von Freeman nous laissaient entrer parce qu’ils savaient qu’on venait là pour absorber l’énergie que ces musiciens créaient.

Ari Brown est un autre de ces personnages que vous avez fréquentés.

Ari est un de ces grands ténors de Chicago. J’ai eu la chance de prendre des cours avec lui et de jouer avec lui plusieurs fois. A chaque fois, j’apprends quelque chose. Ce rapport mentor-élève est très fort à Chicago. Les anciens mettent un point d’honneur à transmettre ce qu’ils savent. C’est comme ça que cette musique continuera d’exister. Ça me fait penser à cette histoire que m’avait racontée Steve Coleman. Je l’avais rencontré à Chicago. Il me parlait de ses débuts et des liens qu’il avait avec ses mentors. Max Roach lui avait dit de faire les choses comme lui les sentait. Peu importe si ça ne plaît pas aux autres. Steve me disait qu’il n’avait jamais oublié cette réflexion. C’est très inspirant.

Dans vos albums, vous fusionnez jazz et hip-hop. Pourquoi ce choix?

Le jazz, le blues, le hip-hop, la soul, le gospel ont les mêmes racines. Les combiner, c’était pour moi très naturel. Je suis né en 1987, j’ai grandi en écoutant du hip-hop. D’ailleurs, si vous écoutez du hip-hop, tout comme certains MC et rappeurs, si vous les considérez avec des musiciens de jazz, vous pourrez entendre des similitudes. Si vous écoutez le rythme, le comparez par exemple à un solo de Kenny Dorham, vous serez très surpris. Le hip-hop est la musique populaire d’aujourd’hui, comme le jazz l’était hier. Je pense qu’aujourd’hui le hip-hop est la musique d’une communauté comme le jazz a pu l’être. La musique devrait refléter ce qui se passe dans le monde et dans une culture.

2011, New-Gospel

Comment s’est fait votre premier album en leader, New Gospel, en 2011?

A cette époque, je composais beaucoup et j’avais envie d’enregistrer. Mes mentors m’encourageaient à trouver ma voix, et je pensais être prêt à sortir un album. Avec le recul, je me dis que j’aurais peut-être dû attendre un peu! (Rires) C’est un processus. J’avais composé ces titres, j’avais mon diplôme de l’Université, j’avais monté un groupe avec des amis.

Quand avez-vous commencé à composer?

Au lycée, mais ce n’est qu’à l’Université que j’ai appris ce qu’il fallait de théorie. Une fois capable de composer avec le piano et la trompette, j’étais plus à l’aise.

Qu’écoutiez-vous alors comme musique?

Beaucoup de hip-hop et de jazz. Je cherchais mon son. Pour moi, la direction ou la forme que prend une musique importe peu, il faut qu’elle soit enracinée. C’est là que la question du groove intervient. J’expérimentais différents types de groove avec mes mélodies.

2012, Sounds of the City


Dans votre dernier album, The Way We Play, il y a le saxophoniste Christopher McBride. Vous vous connaissez depuis Chicago…

Oui, je l’ai rencontré à l’Université de Northern Illinois. Nous avons des sons similaires. A la trompette, j’ai un son plus sombre. Pour moi, la trompette est ce qui se rapproche le plus de la voix humaine. Quand je joue, j’entends donc un son plus sombre. Chris aussi à un son assez sombre. Quand j’ai monté mon groupe, c’est lui que je voulais.

Quel était le concept de Sounds of the City (2012)?

Depuis mon premier album, j’ai tout sorti de façon indépendante. Sounds of the City s’est fait dans la continuité de New Gospel. Je cherchais toujours à combiner les différents sons de Chicago. Je voulais que mon projet soit ma version de ces sons.

La place des chanteurs semble de plus en plus importante chez vous.

J’adore le rap, le RnB. Quand j’étais enfant, ma mère écoutait tous les classiques des années 1960 et 1970. Motown, les Isley Brothers, Marvin Gaye, les Jackson Five, Barry White, les Stylistics, Earth Wind and Fire. J’ai toujours aimé les chanteurs. Et j’adore accompagner des chanteurs. Ça fait sortir de moi un son différent, et ça m’incite à vouloir jouer comme un chanteur. C’est ce qu’on cherche tous. On veut parler et chanter avec notre instrument. Milton Suggs est un excellent chanteur. Le message passe aussi plus facilement.

2013 The PoetComment vous est venue l’idée d’inclure un vibraphone dans votre quintet?

Justin Thomas a enregistré une piste sur Sounds of the City. Ça m’a ouvert les oreilles. C’est pour ça qu’il y du vibraphone dans tout l’album The Poet. Ce que j’aime avec le vibraphone, c’est qu’il donne une ouverture et un côté onirique à la musique. Ça permet aux musiciens d’être plus libres.

Dans The Poet, il y a 14 compositions originales. Vous les aviez sous la main?

J’ai composé le premier titre «The Poet», et ça a donné le ton de l’album. Il y avait aussi des interludes à la trompette, au piano, aux percussions, au vibraphone. Les musiciens pouvaient jouer ce qu’ils voulaient. Tout s’est bien passé.

Joshua Ramos est aussi une ancienne connaissance.

Je connaissais Joshua avant d’enregistrer The Poet. On avait joué ensemble plusieurs fois. Pour cet album-là, je voulais une nouvelle section rythmique pour ancrer la musique davantage et renforcer le groove. Joshua Ramos et Makaya McCraven ont ces racines. C’est un de mes albums préférés.

2014, Modern Flows


Makaya McCraven?

Je l’ai rencontré à Chicago. La scène n’est pas très grande. Si vous jouez beaucoup, vous allez vous croiser assez souvent. J’adorais son jeu. Il jouait à l’époque avec Bobby Broome. Il avait un gros son, avec ce swing et ce groove. Ma musique a besoin de ça.

Quel était le concept de Modern Flows (2014)?

Je voulais m’attaquer au concept de flow (trad. flux). Quand vous écoutez du hip-hop et les MC, ils se réfèrent au flow comme cette façon d’entendre le beat, d’articuler les idées avec le beat. Je voulais voir comment les musiciens de jazz pouvaient articuler les mélodies et le flow.

Quel a été le plus difficile?

Le plus difficile était de rendre fluide la transition entre le jazz et le hip-hop. Ce concept n’est pas nouveau. Ça a été beaucoup fait et refait. Je voulais juste le faire à ma façon parce que le jazz et le hip-hop tiennent une place si importante dans ma vie et dans ma musique. Des musiciens comme Makaya McCraven et Robert Glasper mêlent aussi cet idiome au jazz. Du côté du hip-hop, il y a Kendrick Lamarr (
Kendrick Lamarr Duckworth, né en 1987 à Compton, CA) et aussi Mac Miller (Malcolm McCormick, né en 1992 à Pittsburgh, Penn). Dans son dernier album, il a fait appel à Keyon Harrold. C’est génial de voir un super trompettiste improviser sur chaque morceau d’un album de hip-hop mainstream.


Votre dernier album, The Way We Play (2016), est fait de reprises. Pourquoi ce choix?

L’idée était de reprendre d’anciennes mélodies et les jouer comme on peut le faire en 2016.

Pourquoi avoir repris «Moon Rays» d’Horace Silver?

J’adore ce titre! Je l’ai découvert au lycée. Cette mélodie est une rêverie. Tout l’album est magnifique! Il y a Art Farmer…

Et «Minority»?

J’ai appris ce morceau de Gigi Gryce au Velvet Lounge. On le jouait beaucoup dans les jam sessions. C’est comme ça que j’ai découvert Gigi Gryce. En faisant des recherches, j’ai appris qu’il avait joué avec Donald Byrd. Et comme j’adore Donald Byrd, j’ai acheté tous les albums dans lesquels ils jouent ensemble.

Depuis quand jouez-vous avec Christopher McBride (as), Joshua Ramos (b), Justin Thomas (vib) et Makaya McCraven (dm)?

Le groupe dans cette version, ça doit faire un an et demi. Je les connais tous de Chicago. J’adore jouer avec eux. Je compose pour eux parce que je sais l’énergie qu’ils vont apporter.

Vous êtes parti à New York…

Je me suis installé à New York en 2014, avant d’entendre parler de la Monk Competition.

Pourquoi avoir décidé de vous présenter à la Monk Competition?

Il était temps pour moi de le faire.

Quel a été l’impact de la scène new-yorkaise sur votre jeu?

Je voulais jouer dans un nouvel environnement avec d’autres musiciens. Cet environnement-là vous pousse plus loin dans votre jeu. A New York, l’énergie est très différente. C’est électrisant. Et le nombre d’excellents musiciens vous incite à toujours bien jouer.

Quel a été votre premier gig?

Un de mes premiers gigs était avec le pianiste Willerm Delisfort. En fait, je l’ai rencontré à Chicago. Il est de Miami, mais il a étudié à l’Université de Northern Illinois puis s’est installé à New York. Un autre de mes gigs, c’était avec Josh Evans (tp) et son big band. Quand j’étais à Chicago, je pouvais voir ce qui se passait au Smalls grâce au web. Je savais que je voulais jouer dans le big band de Josh Evans!

Qu’aimez-vous chez Josh Evans?

Son jeu est excellent. Il est dans la lignée de Woody Shaw et de Freddie Hubbard. Il pousse la musique en avant.

Avec quels musiciens de votre génération vous sentez-vous le plus proche?

Josh Evans, Keyon Harrold, Maurice Brown, Philip Dizack. Ce sont tous des trompettistes! (Rires) Willerm Delisfort, Marcus Strickland. Il y en a tant!

Quels sont les musiciens que vous avez voulu voir en concert sitôt installé à New York?

Il y en a beaucoup. Johnny O’Neal est incroyable. Barry Harris…

Vous jouez régulièrement au Smalls avec votre groupe en leader.

Peu de temps après m’être installé à New York, je jouais au Smalls avec différents musiciens. Spike est très sympa’. Je lui ai demandé si je pouvais jouer avec mon groupe. Il a accepté tout de suite. J’y joue de temps en temps en leader.

Dans ce contexte-là, on peut entendre le pianiste Victor Gould.

Victor est un excellent pianiste! Très musical, très lyrique. J’adore sa façon de jouer. C’est un des premiers pianistes que j’ai rencontrés au Smalls avec Theo Hill. Smalls, c’est là que ça se passe! (Rires)

Quels sont vos projets?

L’album The Way We Play vient de sortir, mais je pense déjà au prochain projet. Ce sera sans doute Modern Flows, Volume 2. Aujourd’hui, j’en suis là musicalement. En ce qui concerne mon groupe, on a fait une tournée en Europe. Après, j’ai suivi Makaya pour quelques dates. En sideman, je tourne avec Marcus Miller. J’ai une tournée sur la Côte Ouest avec Dee Dee Bridgewater. Le Hyde Park Jazz Festival de Chicago m’a aussi fait une commandé pour septembre 2017. Je vais monter un big band. Je voudrais aussi inclure de l’art visuel et de la danse. Ça devrait être sympa’.

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CONTACT: http://www.marquishill.com/


DISCOGRAPHIE

Leader-coleader
2011. New Gospel, autoproduction
2012. Sounds of the City
, autoproduction
2013. The Poet
, autoproduction
2014. Modern Flows EP Vol. 1
, autoproduction
2016. The Way We Play
, autoproduction

Sideman
2009. Willerm Delisfort, Freedom Riders
2010. Milton Suggs, Things to Come
2011. Ernest Dawkins’ New Horizon Ensemble, The Prairie Prophet
2012. Milton Suggs, Lyrical Vol. 1
2013. Chicago Jazz Orchestra, Burstin’ Out!
2013. Matt Ulery’s Loom, Wake an Echo
2014. Juan Pastor, Chinchano
2015. Mike Reed’s People, Places & Things, A New Kind of Dance
2015. Makaya McCraven, In the Moment
2015. Rajiv Halim, Foundation
2015. Boney James, Futuresoul
2016. Larry Brown Jr., The Music and the Moment


VIDEOS

Marquis Hill, «Smile»
https://www.youtube.com/watch?v=1AbYFLYSsmE


Marquis Hill, «White Shadows»
https://www.youtube.com/watch?v=hvfgwTfZfR4


Marquis Hill, «Stablemates»
https://www.youtube.com/watch?v=O40YwIfqJUI


Marquis Hill, «Return of the Student»
https://www.youtube.com/watch?v=rcL8dyQbaUo


Marquis Hill, «Rose», Jazz Showcase, Chicago, 2012
https://www.youtube.com/watch?v=0oaiQmymSjY


DeLancey/Nowosad Quartet, «Minority»
https://www.youtube.com/watch?v=1DpygELGyn4


2014 Monk Competition
https://www.youtube.com/watch?v=mjcgBH877ts


Marquis Hill Quintet, Live at Dizzy’s, NYC, Dec 2015,
Marquis Hill (tp), Christopher McBride (as), Victor Gould (p), Eric Wheeler (b), Makaya McCraven (dm)
https://www.youtube.com/watch?v=OZNaYTWMpE0

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