pubentetesite

CDs INFOS

Le jazz dans toutes ses dimensions : en complément de nos chroniques de disques détaillées, Jérôme Partage vous dit l'essentiel sur une production discographique très éclectique qui relève parfois du jazz, parfois un peu moins ou pas du tout……

© Jazz Hot n°676, été 2016



Nouveauté

Danny Barron Trio

Retrouvailles
Autoproduit (dannybarrontrio@hotmail.fr)

Danny Barron joue de plusieurs instruments (parfois deux en même temps, du moins, en apparence) et manie avec brio l'art du «collage» en studio. Ses rythmiques sont complexes, certes, mais parfois un peu lassantes. Quant à son sens des mélodies, des harmonies, et du swing, il n'est pas très aisé de le discerner. Peut sans doute mieux faire. Daniel Chauvet
________

Nouveauté

John Colianni Quintet

After Hours
Patuxent 267 (www.pxrec.com)

Malgré un texte de livret qui expose les antécédents flatteurs du pianiste (il a notamment été convié à un enregistrement à Maybeck, le temple du beau piano), il s'agit d'un jazz ludique où le swing et le blues sont simplement des tournures stylistiques sans profondeur ni authenticité. En direct, ça doit pouvoir passer dans un cadre festif, le pianiste se défend et l’équipe semble très sympathique, mais pourquoi diffuser en dehors du cercle familial et amical ce qui n’a pas de raison d’être éternel? Yves Sportis

________
Nouveauté

Joseph Dailey / Warren Smith / Scott Robinson

The Tuba Trio Chronicles
Joda Music Records 004 (jodamusic.com)

Quand la musique est jouée pour les seuls instrumentistes, et malgré la dédicace à Sam Rivers, cela peut donner ce type d’enregistrement où le jazz ne fait pas partie de l’histoire, ou seulement par accident et par moment, malgré encore le haut niveau des musiciens. On le regrette forcément vu le personnel du disque, mais l’enregistrement intéressera peut-être les musiciens. Yves Sportis
________
Nouveauté

Ilhan Ersahin

Istanbul Sessions
Nublu Records (www.nublu.net)


Istanbul reste une ville de jazz malgré l'évolution inquiétante de la politique turque. Aussi se félicite-t-on que de jeunes musiciens stambouliotes décident de s'exprimer dans cet idiome. il leur reste encore à progresser, mais on remarque un bel enthousiasme, qu'il convient d'encourager. Daniel Chauvet
________
Nouveauté

Jean-Luc Oboman Fillon

Echoes of Freedom
Ad Lib Production 860283 (Socadisc)

Quand un hautbois (ou un cor anglais) et un violon sont présents dans un disque de jazz... Méfiance! Mais à l'écoute, si l'un ou l'autre des musiciens cite Coltrane de temps à autres, le danger s'écarte. Alors, l'auditeur baisse la garde et, bien lui en prend. Sortant des sentiers battus (mais ne les quittant pourtant pas trop de vue), ce CD, déborde de swing, regorge d'invention et distille d'agréables surprises. François Méchali (b) y joue un rôle déterminant. Daniel Chauvet
________
Nouveauté

Konstantin Ionenko

Deep Immersion
Fancymusic 034 (www.fancymusic.ru)

Daniel ChauveLa pochette évoque le design ECM, mais la prise de son n'est pas de la qualité espérée (piano trop artificiel et basse électrique un peu sourde). Dommage, car ces musiciens ukrainiens, enregistrés pour un label russe, montrent de réelles qualités dans le registre «méditatif/introspectif» ponctué de jaillissements fulgurants d'alto et de trompette. Les arrangements et le jeu de piano ne manquent pas de subtilité et quelques moments de pur swing (à la sauce post-bop) déclenchent l'enthousiasme. Daniel Chauvet

________
Nouveauté

Christine Jensen-Maggi Olin 11 Piece Band

Transatlantic Conversations
Linedown 006 (www.christinejensenmusic.com)

La saxophoniste canadienne Christine Jensen et la pianiste suédoise Maggi Olin mènent un «11 Piece Band» qui sonne comme un big band. La précision des arrangements fait penser au travail de Maria Schneider et la fougue de l'interprétation à celle de Charlie Mingus. Les huit titres signés de l'une ou de l'autre et enregistrés en concert en Suède sont d'une totale modernité et d'une précieuse originalité. La parité musiciens/musiciennes n'y étant, sans doute, pas pour rien. Remarquable et réjouissant. Daniel Chauvet

________
Nouveauté
Goran Kajfes Subtropic Arkestra
The Reason Why Vol. 2
Headspin Recordings 021 (www.headspinrecordings.com)

Trompettiste suédois d'origine croate, Goran Kajfes s'exprime au travers d'un jazz-rock orchestral et flamboyant où se mêlent des couleurs orientales, funk, psychédéliques, avec un soupçon de Lalo Schifrin. Pour autant qu'il soit hétéroclite, l'assemblage fonctionne: la musique est superbe, envoûtante. La créativité de Kajfes ne s'exprime certes pas à l'intérieur du jazz (qui reste cependant un élément déterminant) mais le trompettiste ne pratique pas un métissage pour le simple affichage. Chaque élément est dosé avec goût et fait sens. Un beau voyage.
________

Nouveauté

Oddjob

Jazzoo
Little Village 69020002
(Harmonia Mundi)

Le quintet suédois mené par l'excellent Goran Kajfes (tp) livre ici un disque destiné aux enfants où treize morceaux illustrent treize animaux, comme autant de petites histoires sans parole. L'album est à l'image de son leader: inventif et séduisant. En revanche, si ce CD très ludique ravira les petits, il ne leur permettra pas vraiment de s'initier au jazz (qui n'est qu'une influence parmi d'autres pour ces musiciens), sauf à produire de la confusion dans les (jeunes) esprits, ce qui est une responsabilité collective.
________
Nouveauté

Jorge Pardo

Historias de Radha y Krishna
Folmusic 1068
(http://jorgepardo.com)

Posons le cadre: Radha et Krishna sont une sorte de Roméo et Juliette hindú. Pardo en a lu l’histoire et de là a crée les dix thèmes du disque, comme des chapitres, qui en réalité sont bien éloignés de tout esprit oriental quant à la musique. Près d’une quarantaine de musiciens ont œuvré au déroulement de l’histoire musicale. Le jazzman, pianiste, Albert Sanz et surtout des flamencos comme Carmona, Amador, «Bandolero»… et une foule de très bons musiciens inconnus de l’auteur de ces lignes. Jorge Pardo intervient à la flûte (Krishna savait jouer de la flûte!) aux saxophones soprano et ténor ainsi qu’à l’orgue et à divers moyens contemporains de faire des sons. Car ce disque - qui n’est pas un disque de jazz –, s’il s’inspire comme toujours du flamenco – avec quelques phrases proches des premiers enregistrements tels que Las Cigarrasson quizás sordas ou Veloz hasta su sino, laisse une place inhabituelle chez Pardo à des ordinateurs grandement présents. Jorge a fait appel pour cette occasion au fabricant de sons Manuel «Baghira» Sánchez connu en Espagne dans le monde du hip hop. Le point fort de ce travail est sans aucun doute l’excellent groove qu’a recherché Jorge Pardo dans pratiquement tous les thèmes. Il est bon de s’attacher à l’écoute attentive des interprètes pour en apprécier l’immense valeur; à commencer par Pardo de plus en plus brillant dans la maîtrise de ses trois instruments de prédilection. Les gitanos sont également au meilleur de leur forme comme les deux guitaristes Josemi Carmona et Raimundo Amador. On n’écoute malheureusement qu’une seule fois le cajón de «Bandolero» mais c’est dans l’un des plus beaux morceaux, «Afrokrishnabeat», le seul aussi à inclure le sitar. Les amateurs de jazz chercheront au cœur du thème «Una razón» - thème pourtant bien flamenco- des références à Coltrane, plus précisément à la ligne de basse de «A Love Supreme». C’est aussi sur ce thème que la prestation au ténor est la plus remarquable. Ce disque fort agréable à écouter est destiné à ceux qui n’ont pas d’objections à donner de temps en temps un coup de canif dans le contrat qui les lie au jazz ou au flamenco ou… à Pardo lui-même. Patrick Dalmace
________

Nouveauté

Gabriel Vicéns

Days
Inner Circle Music 055
(innercirclemusic.com)

Beau casting encore pour cet enregistrement avec des invités de marque comme David Sanchez et Alex Sipiagin, mais voilà le jazz n’y est qu’un accessoire très épisodique de décoration, dans une musique, qui ne manque pas d’intérêt pour les amateurs d’atmosphère modale planante dénuée de blues et de swing. Le jazz est ici un donnée technique qui intervient parfois dans le discours de l’un ou l’autre, mais il n’y a rien d’essentiel au jazz, et même à la musique. Yves Sportis